TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

SGB MAF GIF 1000x250px

A+ A A-

Forum de l’Entrepreneuriat 2017 : La Fondation Elumelu clôt la plus grande rencontre des entrepreneurs africains

Fondation-Elumelu

-    LE 3ème FORUM ANNUEL DE L’ENTREPRENEURIAT DE LA TEF s’est tenu du 13 au 14 octobre à LAGOS
-     1 300 PME AFRICAINES, DECIDEURS, INCUBATEURS DE 54 PAYS PARTICIPANTS

Lagos, Nigeria, 16 octobre 2017 – La Fondation Tony Elumelu (TEF), la plus importante organisation philanthropique d’Afrique dédiée au soutien à l’entrepreneuriat, a tenu son 3ème Forum annuel de l’entreprenariat (TEF) le 14 octobre 2017 à Lagos.

Le Forum a accueilli plus de 1 300 participants de 54 pays africains. Le rassemblement le plus diversifié et le plus inclusif des entrepreneurs africains sur le continent, le Forum a continué sa forte tradition de présenter l’innovation dans tous les secteurs, y compris l’agriculture, la technologie, la santé, la mode et l’énergie / génération d’énergie.

Lancé en 2015, le Forum est né de l’engagement de la Fondation à investir au cours d’une décennie 100 millions de dollars pour identifier, former, encadrer et financer 10 000 entrepreneurs africains, dans le cadre du programme TEF Entrepreneurship.

Tony O. Elumelu, CON, philanthrope et fondateur, qui est également le président de United Bank for Africa, a exprimé sa conviction qu’un secteur privé dynamique dirigé par l’Afrique est la clé pour développer l’économie et le potentiel social.

«Le développement de l’Afrique, qui doit être dirigé par le secteur privé et axé sur l’esprit d’entreprise, aura pour fondement de jeunes innovateurs africains et leurs idées transformatrices. Ainsi, ils créeront les millions d’emplois dont l’Afrique a besoin. Le Forum a réuni la plus importante force de développement de l’Afrique, ses jeunes entrepreneurs qui deviendront des catalyseurs de la libération économique de l’Afrique.

Nous avons réuni l’écosystème de l’entrepreneuriat africain, mettant les entrepreneurs au centre de la scène. Je tiens à remercier les chefs de gouvernement et les autres décideurs politiques qui ont soutenu notre conviction que le secteur privé est le moteur de la croissance et ses acteurs sont des modèles de notre philosophie de l’afrocapitalisme.  Ce changement doit apporter une richesse économique et sociale », a-t-il expliqué.

L’événement de deux jours, qui comprenait des panels en séances plénières et des masterclasses, a fourni aux entrepreneurs de Tony Elumelu une plate-forme pour établir des liens entre eux mais également établir des liens avec des chefs d’entreprise, des décideurs et des investisseurs.

En se concentrant sur le thème de la formation et du mentorat du Forum, les conférenciers ont discuté des sujets qui ont éduqué, responsabilisé et inspiré les entrepreneurs, en abordant les étapes clés nécessaires au lancement réussi d’une entreprise.

Le programme parlant a mis l’accent sur le rôle de la Fondation consistant à unir les entrepreneurs et les décideurs politiques afin de s’assurer que les secteurs privé et public travaillent ensemble pour créer le meilleur environnement opérationnel possible pour que l’entrepreneuriat prospère. Les dirigeants politiques et du secteur privé de toute l’Afrique, y compris Son Excellence Aminu Bello Masari, Gouverneur de l’Etat de Katsina; Son Excellence   Abdulaziz Abubakar Yari, Gouverneur, Etat de Zamfara; M. Lionel Zinsou, ancien Premier Ministre, République du Bénin; Oba Otudeko, président, Honeywell Group; Alhaji Aliko Dangote, Président du groupe Dangote, a abordé directement les conditions nécessaires pour stimuler la croissance entrepreneuriale, tandis que les membres seniors des institutions mondiales de développement, y compris Wale Ayeni, Senior Investment Office, de la Société financière internationale; Stephen Tio Kauma, directeur des ressources humaines, Afrexim Bank et André Hue, directeur de pays adjoint à l’Agence française de développement, ont parlé d’un nouveau paradigme, motivé par la nécessité d’un changement mené par le secteur privé.

« Le secteur privé travaillant avec le secteur public peut réaliser tellement de choses par le biais du développement. Les gouvernements africains devraient aller au-delà de la rhétorique et mettre en œuvre leurs idées, s’enthousiasme Oba Otudeko.

S’adressant à la troisième cohorte d’entrepreneurs du TEF, le vice-président du Nigeria, le professeur Yemi Osinbajo a déclaré : « Cette génération de jeunes fera l’exceptionnel. Vous êtes la raison pour laquelle l’Afrique va travailler. La longueur et la largeur de l’exposition du talent ont montré qu’il y a effectivement de l’espoir ».

Le Forum a également été témoin de multiples partenariats entre le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Fondation, ainsi qu’entre la Banque de développement bilatérale française, l’Agence Française de Développement (AFD) et le TEF. Félicitant les deux agences pour leur engagement à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique, Elumelu a appelé d’autres individus et institutions de développement à s’associer à la Fondation et à élargir l’ampleur de son impact. « Nous appelons nos amis d’Afrique à s’associer à la Fondation, afin d’augmenter notre impact au-delà des 1 000 entrepreneurs par an. Il existe une réelle opportunité à puiser dans le potentiel de l’Afrique et nos entrepreneurs offrent une porte à la fois à la réussite économique et à la création de richesse sociale ».
Les partenaires du TEF, dont Microsoft, Sage One et Greentec, ont également organisé des ateliers de formation et des événements parallèles visant à développer stratégiquement les activités. La United Bank for Africa (UBA) est fière d’être associée à cet important évènement.

En savoir plus...

137ème session de l’Union interparlementaire en Russie : Poutine félicite Guy Mitokpè

Guy-Mitokpe-et-Vladmir-Poutine

La 137ème session de l’Union interparlementaire (Uip) se tient à St Pétersbourg en Russie. Une rencontre qui a connu la participation d’une forte délégation béninoise et au cours de laquelle l’éloquence du jeune député Guy Dossou Mitokpè a séduit le Président russe Vladimir Poutine.

Guy Mitokpè a séduit le Président russe Vladimir Poutine lors de la 137ème session de l’Union interparlementaire, qui se tient àSt Pétersbourg en Russie. A cette occasion, l’élu de la 16eme circonscription s’est prononcé au nom du Bénin. Une intervention qui n’a pas laissé indifférent le président russe, Vladimir Poutine : « Je suis fier de toi », a lancé Vladimir Poutine à l’endroit du jeune député béninois, avec admiration. « Monsieur le Président, vous incarnez pour beaucoup de jeunes, la résistance et je voudrais que mon peuple soit aussi fort que le vôtre… », lui répliquera Guy Mitokpè. La rencontre prévue pour durer 10 jours a également été marquée par le discours très ovationné du Président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji, chef de la  délégation béninoise. Elle va connaître le renouvellement de la présidence de l’Union dont le poste revient à l’Amérique Latine. Ivonne Passada de l’Uruguay et Gabriella Cuevas Barron du Mexique sont les deux candidats en lice.

Th. A.

En savoir plus...

Qui a fait tuer Sankara ? : Sur les traces d’un assassinat

Thomas-Sankara

Thomas Sankara a été tué par des éléments de la sécurité présidentielle, dirigée à l’époque par Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré. L’implication de Blaise Compaoré a été immédiatement posée. Il reste aujourd’hui encore considéré comme le suspect numéro 1. L’ancien président du Burkina et son adjoint affirment qu’ils n’ont donné aucune instruction. 30 ans plus tard, les témoignages se contredisent.

L’amitié fusionnelle

Pourtant, Thomas Sankara et Blaise Compaoré étaient bien plus que de simples camarades. Fidèle Kientega, un compagnon de la première heure de Thomas Sankara, se souvient de leurs liens de fraternité et d’amitié : « Thomas lui faisait confiance de façon absolue. » Les parents de Thomas Sankara avaient même « adopté » Blaise Compaoré comme leur fils. « On disait même que ses parents préféraient Blaise ! C’était dans nos coutumes. Ici quand vous avez un fils qui a un ami et que vous l’adoptez, c’est cet ami que vous considérez d’abord comme votre fils et votre propre fils vient après. C’est dans le sens sacré et noble. »

Fidèle Kientega, qui occupait le poste de conseiller diplomatique à la présidence, les voyait tous les deux au quotidien « bras dessus, bras dessous, emmêlés. » Il précise qu’à la présidence, dans un cadre plus officiel, quand on les croisait, les rapports étaient plus « policés. » Les deux hommes affichaient moins leur complicité, la connivence, la camaraderie. « Mais en privé, en famille, ils pouvaient se disputer comme des petits gamins. . » Et Fidèle Kientega de conclure : « C’était la confiance totale. Ça se sentait. C’étaient des gens qui avaient fait un long chemin ensemble et que rien ne sépare. Et que rien ne sépare », répète-t-il.

« Thomas lui faisait confiance de façon absolue. » Témoignage de Fidèle Kientega, compagnon de la première heure de Sankara

Fidèle Toe, un ami d’enfance de Sankara – les deux hommes se sont rencontrés au Lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo Dioulasso –, se souvient lui aussi de ces moments d’amitié quand il est rentré en 1979, à la fin de ses études en France.

« Thomas louait une maison - qui se trouvait à Samandin -, trois pièces, un salon, une cuisine. Blaise avait sa chambre là-bas. Nous nous retrouvions certains soirs avec Mariam. On buvait un peu de bière. Mais Thomas Sankara était toujours avec son Fanta coupé avec de l’eau car c’était trop sucré. Il ne buvait ni alcool, ni café. Du reste, je sais très bien que, quand on était au lycée, c’est moi qui buvais son café au lait. Thomas ne voulait pas boire de café, parce qu’on disait que ça faisait trembler les mains et lui voulait avoir une main sûre pour être adroit. »

« Quand Blaise Compaoré rentrait de Pô, c’est là [chez Thomas Sankara] qu’il dormait. » Fidèle Toe, ami d’enfance de Sankara

Fidèle Toe rappelle l’atmosphère qui régnait alors au cours de ces soirées. « Nous parlions du monde, de la politique. D’autres amis venaient aussi comme feu le professeur Somé Valère. Blaise était là et personne ne pouvait soupçonner que Blaise un jour pouvait se retourner contre Thomas Sankara. »

« La confiance était absolue », insiste Fidèle Kientega. « Ils se voyaient tous les jours et quand Thomas n’était pas là, c’est Blaise qui venait le remplacer dans son bureau, sur le fauteuil présidentiel. Il présidait les réunions et prenait les décisions ».

La brouille

Que ce soit du côté des proches de Thomas Sankara ou du côté des soutiens de Blaise Compaoré, il est clair que la relation entre les deux hommes s’est distendue au fil des quatre années de pouvoir. Et qu’une crise s’est installée sans que l’on en sache avec certitude ni les raisons ni l’origine.

Basile Guissou, qui fut dans tous les gouvernements du 24 août 1983 au 4 août 1987, d’abord à l’Environnement, ensuite aux Affaires étrangères et enfin à l’Information, l’atteste : « L’attelage portait les germes de la crise. C’était le roi et le faiseur de roi. Tout le monde savait que le coup d’Etat du 4 août 1983 qui porta Thomas Sankara au pouvoir était d’abord l’œuvre de Blaise Compaoré et de ses commandos. Sankara, lui, était le roi. Donc il y avait ce rapport : "qui t’a fait roi". Même en Conseil des ministres, on ne s’adressait pas à Blaise Compaoré comme aux autres ministres ». Selon lui, le conflit était « latent » et, même s’il n’était pas ouvert, il était là. « Au fil de l’exercice du pouvoir, l’un ou l’autre veut s’affirmer. »

« C’était le roi et le faiseur de roi. » Basile Guissou, ancien ministre

Le capitaine Pierre Ouédraogo, patron des Comités de défense de la Révolution (CDR), un des personnages clés de cette époque, a décelé pour sa part des signes de changement chez Blaise Compaoré, surtout après son mariage, le 29 juin 1985, avec la Franco-Ivoirienne Chantal Terrasson de Fougères, dont on disait que la famille était proche de Félix Houphouët-Boigny, président de la Côte d’Ivoire.

« C’est après ce mariage qu’on a commencé à voir quelques "signes d’embourgeoisement" dans le langage de l’époque. Blaise a commencé à avoir un niveau de vie avec le confort autour qui avait changé. Blaise Compaoré, on le connaissait très bien. Quand on allait chez lui à Pô, par exemple, les verres, il n’y en avait pas deux qui se ressemblaient. C’était tellement rustique… que ce changement m’a paru quelque chose de significatif [...] Quelque chose était en train de changer. »

« C’est après ce mariage qu’on a commencé à voir quelques "signes d’embourgeoisement" dans le langage de l’époque. » Pierre Ouédraogo, ancien patron des Comités de défense de la Révolution

A partir de 1985, avec ce mariage, les relations entre Blaise Compaoré et l’entourage du chef de l’Etat se dégradent, mais la révolution se poursuit. Au fil des mois, avec les erreurs et les abus de la révolution, l’enthousiasme populaire commence, lui aussi, à faiblir. Les frustrations s’accumulent. Le mécontentement grandit, comme l’observe Etienne Traoré, secrétaire général du Syndicat national du secondaire et du supérieur (SNES) : « Des gens disaient qu’ils n’étaient pas contents de la révolution. Sankara en était conscient. Les travailleurs devaient subir beaucoup de sacrifices. Les salaires, il fallait les augmenter au lieu de passer le temps à égratigner des parties ». Quant aux chefs traditionnels, le régime s’était attaqué à leurs pouvoirs. « Dès le départ, ils se sont recroquevillés sur eux-mêmes. » Le syndicaliste parle de « rupture totale ».

Témoignage du syndicaliste Etienne Traoré

Certains affirment que Blaise Compaoré a alimenté ces frustrations pour rendre le président impopulaire. Sans aller jusque-là, la plupart des collaborateurs de Thomas Sankara estiment que Blaise Compaoré a au moins surfé sur le mécontentement. Ils pensent notamment à ceux qui, nombreux, espéraient jouir des avantages du pouvoir pour améliorer leur quotidien et pour qui la rigueur du chef devenait insupportable. « Quand vous voulez l’intégrité jusqu’au bout, à un moment donné, vous êtes embêté », affirme Fidèle Toe et, pour l’illustrer, l’ami d’enfance relate une anecdote au moment où le bouillant capitaine a dû se résoudre à changer sa vieille R5. Il se souvient de ses propos de l’époque : « C’est un problème parce que cette voiture, je ne peux pas la vendre. Un président qui met sa voiture en vente, ça paraît ridicule. Mais si je me mets à acheter un véhicule, on va penser que j’ai volé, que j’ai puisé de l’argent dans les fonds de l’Etat. » Il est arrivé que des chefs d’Etat, comme Mouammar Kadhafi, lui donnent des véhicules, mais Thomas Sankara les affectait immédiatement au parc de l’Etat. « Est-ce qu’il faut que j’achète un véhicule d’occasion depuis un pays européen ? », s’est alors interrogé Thomas Sankara. « Il m’a dit : "Sincèrement, Fidèle, je ne trouve pas de solution". »

« Cette voiture, je ne peux pas la vendre. » Fidèle Toe, ami d’enfance de Sankara

Si au début de 1987, la crise n’est pas véritablement ouverte entre les deux hommes, elle n’est plus un secret pour personne. Le pouvoir se divise entre pro-Sankara et pro-Compaoré. « On était entrés dans une logique d’affrontement, explique le ministre Basile Guissou. C’est difficile à expliciter. C’était par les non-dits plutôt que par les dits. Mais tout le monde sentait qu’il y avait un malaise. Ce n’était pas comme au départ où il y avait l’enthousiasme. L’atmosphère était vraiment malsaine. »

En ville, des tracts circulent, plus violents les uns que les autres. On y discrédite l’orientation de la révolution. On vilipende les dérives. On dénonce de soi-disant comportements antirévolutionnaires. On en appelle au réveil du peuple.

Des rumeurs se répandent à telle enseigne qu’interpellé par les journalistes lors d’une conférence de presse, Thomas Sankara déclare :

« Le jour où vous apprendrez que Blaise prépare un coup d’Etat contre moi… Ce ne sera pas la peine de chercher à vous y opposer ou même de me prévenir. Ça voudra dire que c’est trop tard et que ce sera imparable. »

« À partir du mois d’août surtout, on sentait que ça n’allait pas », se souvient Nongma Ernest Ouédraogo, ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, un fidèle de Thomas Sankara. « Il y avait les fiches de renseignement. On devait organiser l’anniversaire de la révolution à Bobo Dioulasso. Il y avait beaucoup de tension. »

Début octobre 1987, les deux hommes ne se parlent quasiment plus. Blaise Compaoré se dit malade. Il n’assiste d’ailleurs presque plus aux activités officielles. Pierre Ouédraogo, qui était très lié aux deux hommes, prend alors l’initiative de tenter de les réconcilier. « J’ai toujours cru au dialogue, explique le secrétaire général des Comités de défense de la Révolution (CDR). Il fallait quand même que les deux puissent s’entendre puisque, derrière, les camps s’étaient déjà divisés. On entendait beaucoup d’informations. Il fallait que tout ça s’arrête. ». Le patron des CDR se rend notamment chez Blaise Compaoré pour lui proposer d’assister à un meeting commun. Compaoré refuse. « Je lui ai dit que Thomas me demandait de ses nouvelles. Mais Blaise, ce n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup. Il dit : "Oui, oui, d’accord" mais, regrette-t-il, on n’est pas arrivé à bouger. »

Les points de désaccords ? Certains évoquent des questions d’argent : la rigueur de Sankara dans la lutte contre la corruption, ou le problème des petites rémunérations des responsables du Conseil national de la Révolution. « Là où Thomas Sankara voulait aller, il sentait qu’il y avait de moins en moins d’enthousiasme pour aller », se souvient Basile Guissou. « En Conseil des ministres, à maintes reprises, ça, il le disait : "J’empêche les gens de manger [au sens de s’enrichir, NDLR], ils veulent manger… Mais il faudra me tuer avant de manger". » L’ancien ministre fait ensuite référence aux propos de Thomas Sankara, lors d’une interview télévisée : « Je me retrouve un peu comme un cycliste qui grimpe une pente raide et qui a, à gauche et à droite, deux précipices. Pour rester moi-même, pour me sentir moi-même, je suis obligé de continuer dans cette lancée. » Pour Basile Guissou, cette déclaration est révélatrice : « C’est exactement la situation dans laquelle il se trouvait. Il se sentait pris dans un piège. »

« Il se sentait pris dans un piège. » Basile Guissou, ancien ministre

C’est dans ce contexte qu’est mise en place la FIMATS, la Force d’intervention du ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité. Pour Pierre Ouédraogo, cette création a peut-être été un élément déclencheur.

Le 14 octobre, la veille de la mort de Sankara, le Conseil des ministres adopte un projet de création d’une force de police d’intervention, rattachée au ministère de l’Intérieur, la FIMATS, sorte de brigade anti-putsch. Son commandement est confié à Vincent Sigué, considéré comme le véritable « chien de garde » de Thomas Sankara. Blaise Compaoré s'oppose à la création de cette force. Les paras commandos de Pô, qui sont sous le commandement du capitaine Compaoré, sont alors la principale force d’intervention. La FIMATS représente à ses yeux une force concurrente qui peut faire contrepoids. Le projet de loi entérinant la création de la FIMATS est d’ailleurs adopté en l’absence de Blaise Compaoré.

Selon Nongma Ernest Ouédraogo, le puissant ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, il s’agissait juste de reconstituer une Compagnie républicaine de sécurité pour veiller à la sécurité. La CRS avait été dissoute. Le ministre reconnaît toutefois que la création de cette force était très mal perçue dans le camp de Blaise Compaoré. « Ils disaient qu’on créait une nouvelle force, à un moment où la tension montait, pour attaquer l’autre clan. Alors que ce n’était pas vrai », insiste Nongma Ernest Ouédraogo, qui dit avoir appris par la suite que Blaise Compaoré était « furax » quand on lui a dit que le projet avait été adopté.

Nongma Ernest Ouédraogo, ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité.

Lors du Conseil des ministres du 14 octobre 1987, Nongma Ernest Ouédraogo a ces mots : « Pendant longtemps, nous nous sommes occupés de nos ennemis, maintenant nous allons nous occuper de nos amis ». Aujourd’hui, l’ex-ministre, un peu gêné, précise dans un sourire : « C’était juste pour plaisanter. Ils me connaissaient mais ils ont pris ça à la lettre ».

« Maintenant nous allons nous occuper de nos amis. » Nongma Ernest Ouédraogo, ancien ministre de la Sécurité

Blaise Compaoré n’avait peut-être pas tout à fait tort de s’inquiéter. « Il est probable qu’il ait interprété ça comme un acte hostile », analyse le capitaine Pierre Ouédraogo, patron des Comité de défense de la Révolution : « On allait avoir l’escadron de transport et d’intervention rapide avec le lieutenant Michel Kouama, qui était fidèle à Thomas Sankara. On allait avoir la FIMATS, sans compter le BIA, le Bataillon d’intervention aéroportée, à Koudougou, qui était en appui, même si c’est à une centaine de kilomètres de Ouagadougou. Ça faisait que la position prédominante du CNEC [le Centre national d'entraînement commando que commandait Blaise Compaoré, NDLR] allait être remise en cause tôt ou tard ».

« La réforme de la FIMATS : « Un acte hostile » Capitaine Pierre Ouédraogo, patron des Comités de défense de la Révolution

Le projet de loi sur la FIMATS est donc formellement adopté ce 14 octobre. Lors de ce même Conseil des ministres, Fidèle Toe, l’ami d’enfance de Thomas Sankara, qui était alors ministre du Travail, se souvient également de la sortie de Thomas Sankara. Ce jour-là, alors que la capitale bruisse de rumeurs, que les tracts les plus violents circulent en ville, Thomas Sankara critique ses ministres qui ne posent aucune question sur le sujet. Il déclare : « On dit que j’ai tiré sur le commandant Lingani, on dit que j’ai tiré sur le capitaine Henri Zongo [ministre de Promotion économique, un des quatre principaux responsables de la révolution, qui était dans la salle, NDLR] et que je l’ai raté. » Et avec un certain humour, Thomas Sankara ajoute : « Si j’attrape ces gens, je porte plainte contre eux. Penser que je puisse tirer sur un ami et le rater en plus, c’est-à-dire que je suis maladroit. C’est une insulte à mon adresse !. » Fidèle Toe raconte : « Cela a détendu l’atmosphère ». Puis Thomas Sankara rassure les ministres : « Les choses sont en train de se calmer. Tout est entré dans l’ordre. Nous nous sommes vus et nous allons repartir de plus belle ensemble ». Commentaire de Fidèle Toe : « Moi en tout cas, je me suis senti soulagé et j’ai raconté l’anecdote autour de moi. Vous imaginez ma surprise le lendemain. »

« Il y a eu un 15 octobre et il y a eu un 14 octobre au Conseil des ministres. » Fidèle Toe, ministre et ami d’enfance de Sankara

Ce 14 octobre, ni Fidèle Toe, ni Nongma Ernest Ouédraogo, ni Pierre Ouédraogo n’ont imaginé ce qui allait se passer. Un sentiment que le patron des CDR exprime ainsi : « Je ne pensais pas que cela puisse arriver, jusqu’à ce que cela arrive. »

Le camp Compaoré accuse

Officiellement, au moment de l’attaque, Blaise Compaoré se trouve chez lui. Il est souffrant. Il a une crise de paludisme, selon plusieurs sources. Dans les semaines qui suivent le coup d’État, il accorde quelques rares interviews, affirme qu’il n’a jamais donné l’ordre d’assassiner son ami, qu’il n’était pas informé d’un quelconque projet et qu’il a dû assumer le pouvoir.

« Je reproche à Thomas Sankara d’avoir par moment méprisé son peuple. » Interview de Blaise Compaoré, RFI, 20 octobre 1987

Achille Tapsoba est actuellement président par intérim du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré. Sous la révolution, il était directeur des « CDR (Comités de défense de la Révolution) géographiques » – 7 000 comités de base sur l’ensemble du territoire -, avant de devenir commissaire politique chargé de l’organisation et de la planification du secrétariat général des CDR. Il défend la version soutenue par Compaoré : « Moi, j’ai confiance en sa déclaration, et je suis convaincu que, s’il a dit qu’il n’avait pas donné d’instructions, il ne l’a pas fait. Parce que, connaissant l’homme, si c’était lui qui avait donné les instructions pour éliminer Thomas Sankara, après la mort de Thomas Sankara, il aurait eu le courage de le dire. Des témoins ou du moins des acteurs de l’époque nous confirment qu’ils ont dû écarter Blaise Compaoré pour pouvoir agir sinon, s’il avait été tenu au courant de ce qui allait se passer, certainement qu’il aurait dissuadé ceux qui voulaient le faire ».

Pour Achille Tapsoba, c’est pour cette raison que Compaoré n’a pas été informé, ni associé. « Le 15 octobre 1987, poursuit-il, ses hommes ont posé un acte dans une contradiction où c’était l’un ou l’autre… et c’est son camp qui a gagné. Ceux qui sont tombés sont tombés en pensant qu’ils avaient la vérité avec eux et que c’était pour l’amour de leur pays. Et ceux qui les ont fait tomber, eux aussi ils étaient convaincus qu’ils le faisaient pour l’amour du pays et parce qu’ils avaient la vérité avec eux ». Le président par intérim du CDP justifie également le fait que Blaise Compaoré ait accepté d’« endosser » : « Il y a eu un petit silence entre les premiers coups de feu et la situation qui s’est imposée… et après, la proclamation a été signée par Blaise Compaoré parce qu’il n’y avait plus rien à faire. Objectivement, il a dû endosser, prendre la responsabilité. Même s’il n’en est pas l’auteur, il en est le responsable. » Et Achille Tapsoba d’ajouter : « Il a pris l’État dans des circonstances assez douloureuses, il y a toujours eu l’adversité, cette question s’est toujours invitée au niveau de l’opposition pour contrecarrer le travail de son régime. »

« Si c’était lui, il aurait eu le courage de le dire. » Achille Tapsoba, président par intérim du CDP

Dans le camp des partisans de Blaise Compaoré, on évoque ce que l’on a appelé le « complot du 20 heures ». Ce 15 octobre 1987, Thomas Sankara aurait décidé de passer à l’action. Des tracts et des rumeurs d’attaque circulent alors en ville. Le bruit court que la garde de Thomas Sankara, épaulée par des forces de police de la FIMATS et les militaires du camp Kamboinsin, à une quinzaine de kilomètres du centre de la capitale, s’apprête à agir afin de neutraliser Blaise Compaoré et ses partisans. Face à cette menace, il faut agir vite. Convaincus de l’imminence de l’opération, des militaires de la garde rapprochée de Blaise Compaoré auraient décidé d’« anticiper » sans en avoir reçu l’ordre de Compaoré lui-même.

Pour les fidèles de Thomas Sankara, Blaise Compaoré a tout fait pour étouffer l’affaire. Pas de sépulture décente, pas d’hommage. Aucune sanction, encore moins de procès. Achille Tapsoba, le président par intérim du CDP, explique que c’est notamment parce que les hommes qui avaient pu agir l’avaient fait en situation de légitime défense, dans un contexte particulier : « C’est une crise politique qui a été réglée par les armes. C’était soit tirer sur l’autre, soit être tiré par l’autre. Je crois que c’est cet esprit qui est resté ». D’où l’absence de sanctions contre les militaires qui ont tiré sur le président Sankara, selon Achille Tapsoba.

« C’était soit tirer sur l’autre, soit se faire tirer dessus. » Achille Tapsoba, président par intérim du CDP

Jean Marc Palm était membre du CNR pendant la révolution. Après l’assassinat de Thomas Sankara, il est devenu ministre des Affaires étrangères. A ce titre, il a effectué de nombreuses missions à l’étranger pour expliquer ce qui s’était passé, pour rassurer aussi les différentes capitales. « Il fallait rassurer les pays voisins sur le bon voisinage, les pays disons progressistes et les pays comme la France, c’est ce qui a été fait. »

« Il fallait rassurer les pays comme la France. » Jean-Marc Palm, ministre des Affaires étrangères sous Blaise Compaor

Et Blaise Compaoré n’a pas eu de mal à convaincre les chancelleries. Il peut s’installer au palais au présidentiel, pour 27 ans mais il restera considéré comme le suspect numéro un.

Le camp Sankara se défend

Pour les proches de Thomas Sankara, cette thèse n’est pas crédible. Secrétaire général national des CDR, les Comités de défense de la Révolution, le capitaine Pierre Ouédraogo était en contact permanent avec Thomas Sankara. Il énumère les failles de cette version des faits : pour lui l’implication de Blaise Compaoré ne fait guère de doute. D’abord, fait remarquer Pierre Ouédraogo, Blaise Compaoré n’a jamais dénoncé l’acte en tant que tel. Il a plutôt tenté de le justifier. Autre élément tangible, selon lui : « Les hommes qui l’ont fait [tuer Sankara, NDLR], ce sont ses hommes à lui, pas à quelqu’un d’autre, des gens de son unité qui ont agi contre le président du Faso et ces gens étaient en liberté. Par contre, nous, on a été mis en prison pour moins que ça, juste pour avoir dit que nous ne le suivions pas. »

Pour le patron des CDR, Blaise Compaoré a bel et bien organisé un coup d’Etat : « Dans la normale, à supposer qu’il ait été totalement surpris par cet événement, le minimum, c’est que ce même Conseil national de la Révolution se réunisse pour voir quelles sont les mesures à prendre. Il n’y pas eu cette réunion. Au Burkina, on sait quand même ce qui se passe après un coup d’Etat, on démet le gouvernement, on suspend la Constitution, les points névralgiques sont occupés. C’est exactement ce qui s’est passé. Le fait qu’il y ait eu des actions simultanées comme la mort du capitaine Kouama Michel, commandant de l’escadron de transport et d’intervention rapide, qui aurait été tué presqu’en même temps que le président. C’est une coïncidence qui peut laisser penser qu’il y avait une organisation assez avancée pour permettre que cela se passe. D’autant plus qu’on sait que cette unité était prévue pour intervenir la première en cas de difficultés, en cas d’attaque du Conseil de l’Entente, en cas de mise en cause des institutions. C’est cette unité qui disposait des moyens pour venir rétablir l’ordre. Au lieu de cela, le commandant de cette unité a été tué presqu’en même temps. » Et Pierre Ouédraogo de conclure sur ces doutes plus que sérieux : « Ça pourrait avoir été coordonné ».

« Les hommes qui l’ont fait, ce sont ses hommes à lui [Blaise Compaoré]. » Capitaine Pierre Ouédraogo, ex-secrétaire général national des CDR

Le Conseil de l’entente est aujourd’hui une zone militaire à l’abandon, le long du boulevard Charles-de-Gaulle. Les bâtiments sont vides, délabrés. Sous le régime de Blaise Compaoré, c’était une caserne affectée au RSP, le Régiment de la sécurité présidentielle, qui a remplacé le CNEC et qui, depuis, a été dissout. La zone a été rétrocédée au Comité international pour le mémorial Thomas Sankara, qui n’a pas encore pris possession des lieux. Président de cette association qui se bat pour la mémoire de Thomas Sankara, le colonel major Bernard Sanou est toujours ému quand il arrive au pied du bâtiment du Burkina, là où Thomas Sankara a été abattu. Quant à la salle où se tenait la réunion, la justice militaire en interdit l’accès.

Le 15 octobre 1987, le colonel-major Bernard Sanou était le chef de corps du génie militaire. « Moi, j’avais reçu effectivement l’information de notre secrétariat comme quoi nous étions convoqués à une réunion militaire à 20 heures. Mais quand on me dit que Sankara avait prévu à cette réunion d’éliminer les Blaise Compaoré, moi je n’y crois pas ». Le colonel-major Bernard Sanou ne croit pas non plus que des hommes aient pu agir par eux-mêmes.

« Hyacinthe Kafando était un sergent à l’époque. Un simple sergent peut mobiliser des gens et décider d’aller arrêter un capitaine, de surcroît chef de l’Etat ? Soyons sérieux ! » Et d’expliquer : « Hyacinthe Kafando appartenait à une unité et tous ces éléments-là étaient issus d’un même corps, le CNEC de Pô. Et ils avaient un chef, Gilbert Diendéré. Ou bien ils auraient désobéi ! Je ne sais pas mais s’ils ont désobéi aux ordres de Gilbert Diendéré, cela veut dire que par la suite ils devaient être sanctionnés. Nous sommes une armée ! On n’a jamais pris de sanctions contre ces éléments-là. » Le président du Comité international pour le mémorial Thomas Sankara se souvient également n’avoir jamais cru aux explications avancées à l’époque sur une tentative d’arrestation qui aurait mal tourné : « C’était clair que l’élimination physique de Thomas Sankara avait été planifiée, ordonnée […] et exécutée par des éléments de Blaise Compaoré. Autre chose, ce n’est que du dilatoire et ce n’est pas la vérité. »

« C’était clair que l’élimination physique de Thomas Sankara avait été planifiée, ordonnée. » Colonel Bernard Sanou, président du Comité international pour le mémorial Thomas

« Cette théorie du complot, c’est du bidon. »
Jean-Hubert Bazié, journaliste-écrivain

Pour le journaliste écrivain Jean-Hubert Bazié, directeur de publication de l’hebdomadaire L’intrus, qui jouait le rôle de conseiller en communication de Thomas Sankara - « un conseiller et un ami », précise-t-il -, cette théorie du complot, « c’est du bidon. S’il y a un complot, il faut quand même se protéger ! Il faut un dispositif spécial. On ne va pas à l’attaque sans un minimum de protection ou de dispositif de repli. De toute évidence, il [Thomas Sankara] n’avait pas ce dispositif-là ».

Témoignage de Jean-Hubert Bazié, journaliste écrivain

Le pharmacien-colonel Abdou Salam Kaboré, ministre de la Santé puis des Sports de Thomas Sankara, était un ami du chef de l’Etat. Les deux hommes se connaissaient depuis leur passage au PMK, le Prytanée militaire de Kadiogo. Au début des années 1970, Abdou Salam Kaboré a créé avec Thomas Sankara, dans la clandestinité, le groupe des jeunes officiers que Blaise Compaoré rejoindra par la suite. Abdou Salam Kaboré avait également des rapports amicaux avec Compaoré : « On jouait à la pétanque ensemble à Zianaré – le village natal de Blaise Compaoré. On avait peut-être 17-18 ans. » Abdou Salam Kaboré ne croit pas non plus qu’un complot anti-Compaoré puisse avoir été programmé. D’ailleurs, il se souvient avoir assisté à une scène où « deux militaires étaient prêts à se rendre à Pô, avec leur détachement, pour en découdre avec Blaise, pour empêcher Blaise de nuire à Thomas. Ils ont dit : "Nous, on va monter à Pô et on va régler ce qu’il faut régler." Thomas les a empêchés de le faire. Il leur a dit : "Vous ne ferez pas ça, je ne veux pas qu’il y ait du sang versé." Comme les deux gradés insistaient, il a dit : "Vous n’irez pas au péril de ma vie", en sortant son pistolet ! » Selon le pharmacien-colonel Abdou Salam Kaboré, cela signifiait : « Si vous quittez chez moi pour aller descendre Blaise, moi je vous descends avant. »

« Deux militaires étaient prêts à se rendre à Pô pour empêcher Blaise de nuire. » Abdou Salam Kaboré, pharmacien-colonel et ami de Sankara

Même démenti du côté de l’ancien aide de camp de Thomas Sankara, le lieutenant Moussa Diallo, qui était en octobre 1987 l’adjoint du commandant de la gendarmerie. Moussa Diallo reconnaît qu’au sein des partisans de Thomas Sankara, il est possible que certains aient pu penser à passer à l’action, « ne serait-ce que du point de vue de leur propre sécurité, que deviendraient-ils après ? ». Mais il assure qu’il n’y a jamais eu de « complot du 20 heures ». « Ça n’a pas été planifié, affirme-t-il. Si une personne avait voulu franchir l’étape de la conception d’un projet pour passer à l’exécution, elle nous aurait associés, nous la gendarmerie. Parce que nous étions fiables et parce que nous avions, à la gendarmerie, des services de renseignements et des unités de combat. Donc il n’y avait pas d’intérêt à agir sans nous. Nous étions vraiment proches de tous les partisans de Thomas Sankara qui nous faisaient confiance. »

Le camp Sankara contre-attaque

En revanche, dans son témoignage, le numéro 2 de la gendarmerie affirme que le camp de Blaise Compaoré préparait bel et bien une opération. « En tant que gendarmerie, nous avions l’information que quelque chose se tramait. Nous avions des preuves certaines, qu’il y avait un complot contre Sankara et personnellement j’ai eu à le lui dire. Mieux, j’avais des enregistrements de conversations qui faisaient état de ce complot-là. J’ai pris un magnétophone, j’ai mis la cassette. J’ai demandé un rendez-vous. Il n’a pas voulu me recevoir pendant des jours, puisqu’il savait bien de quoi je voulais lui parler. J’ai monté un coup avec son aide de camp, celui qui m’a remplacé, Etienne Zongo. Je suis allé dans le bureau d’Etienne. Quand il n’y avait personne dans son bureau [quand nous avons vu que Thomas Sankara était seul dans son bureau, NDLR], Etienne a ouvert la porte, je suis rentré. Je lui ai dit : "Camarade président, je voudrais juste que vous écoutiez cette cassette-là. Ça ne prendra pas cinq minutes." »

« Nous avions des preuves certaines, qu’il y avait un complot contre Sankara »
Moussa Diallo, ex-commandant adjoint de la gendarmerie

« Il m’a dit : "Je ne veux pas écouter". J’ai salué, je suis ressorti. Et c’est le lendemain, le soir qu’il m’a appelé de chez lui. Il m’a dit : "Diallo, je sais bien ce dont tu veux me parler, tout le monde en parle maintenant, mais je crois qu’il ne faut pas s’inquiéter, les choses vont rentrer dans l’ordre." Je lui ai dit : "Non, les choses ne vont pas rentrer dans l’ordre. Ne vous trompez pas, on va vous faire un enterrement de première classe", parce que moi je ne croyais pas qu’ils allaient commettre un coup d’Etat aussi bête. Pour moi, ils allaient l’éliminer en douce, par exemple bombarder son avion et mettre ça sur le dos de l’impérialisme. Et quand j’ai commencé à aborder cette question, il a pris la guitare, il a commencé à jouer. Il ne me répondait plus… "Oui","Non", et puis on est passé à autre chose. J’ai compris qu’il ne voulait pas en discuter. Il avait déjà son opinion arrêtée. J’ai pris mes clefs et je suis parti. »

L’enregistrement ? Une interception téléphonique. Le domicile de Blaise Compaoré a été mis sur écoute, la gendarmerie sentant que quelque chose n’allait pas. Et ce jour-là, raconte Moussa Diallo, la gendarmerie a fait une prise de choix. « C’était la conversation de quelqu’un - dont je tairai le nom pour le moment - qui était chez Blaise, au domicile de Blaise et qui appelait Blaise qui était à Pô ce jour-là, et qui lui faisait état des contacts et de l’évolution de la situation… et de la nécessité d’agir au plus vite ! Ce Monsieur était un civil, en fait. Ce n’était pas un militaire, c’était un civil qui avait ses entrées chez Blaise et qui disait "Voilà, j’ai contacté untel, ils sont favorables, mais tout le monde est inquiet puisque Sankara est au courant. Il faut passer à l’action plus vite. Très tôt." »

« C’était la conversation de quelqu’un - dont je tairai le nom pour le moment - qui était au domicile de Blaise. » Moussa Diallo ex-commandant adjoint de la gendarmerie

Quel rôle pour Gilbert Diendéré ?

A Ouagadougou, aujourd’hui, il est difficile de trouver des acteurs du camp de Blaise Compaoré qui acceptent de livrer leur témoignage. La justice militaire est saisie, le dossier est encore à l’instruction. Certains préfèrent se faire oublier, ne pas « remuer la boue sur la place publique », explique un proche de Blaise Compaoré.

Il faut dire que Blaise Compaoré n’est plus là  et que son fidèle adjoint Gilbert Diendéré est détenu à la MACA, la Maison d’arrêt et de correction des armées, dans l’affaire du putsch manqué de septembre 2015. Le général Diendéré, l’ex-chef d'état-major particulier du président Compaoré, le fidèle d’entre les fidèles, a été inculpé en 2015 dans le dossier Sankara.

Flashback : en août 1983, après la prise du pouvoir par Thomas Sankara, un détachement de la garde présidentielle a été installé au Conseil de l’entente pour assurer la sécurité du chef de l’Etat. Ce corps d’élite était divisé en deux branches, la sécurité « rapprochée » et la sécurité « éloignée », selon les termes militaires utilisés à l’époque. La crise entre Thomas Sankara et Blaise Compaoré s’est répercutée au niveau des hommes, notamment entre la sécurité « rapprochée » (celle de Thomas Sankara) et une partie de la sécurité « éloignée » (celle de Blaise Compaoré).

Gilbert Diendéré était à l’époque commandant en second du CNEC, le Centre national d’entraînement commando de Pô. Il était en quelque sorte l’adjoint de Blaise Compaoré. C’est lui qui commandait les deux branches de la sécurité présidentielle.

« Je pense que c’était une équipe conduite par Hyacinthe Kafando et qui n’a pas reçu d’instructions de qui que ce soit. »
Me Mathieu Somé

Que faisait Gilbert Diendéré ce 15 octobre à 16 heures ? « Du sport », répond son avocat Me Mathieu Somé, mais le matin, il avait organisé une réunion entre les deux sécurités. « Le 15 octobre 1987, affirme l’avocat, dans la matinée, Gilbert Diendéré, à la demande de certains militaires, a présidé une réunion des deux gardes rapprochées pour les inviter à rester unies, pour ne pas participer au conflit qui opposait les deux chefs historiques. Dans l’après-midi, il allait au sport, il était vers l’ENAM, en dehors du Conseil de l’entente, lorsque les tirs ont retenti. Il est revenu sur ses pas pour constater ce qui s’est passé. »

« Sur l’attaque, ce qu’il a expliqué au juge, c’est que c’est un mouvement parti de la garde de Blaise Compaoré – je pense que c’était une équipe conduite par Hyacinthe Kafando – et qui n’a pas reçu d’instructions de qui que ce soit. Ce qui s’est passé, c’est que les tracts et les rumeurs que les civils ont laissé courir ont créé une tension telle que ceux qui devaient être attaqués à 20 heures ont préféré anticiper. Mais ils n’ont pas reçu d’instruction de qui que ce soit. Hyacinthe Kafando a refusé de participer à la réunion du matin où il était question d’amener les uns et les autres à mieux se comprendre, à se solidariser. Il était retranché dans l’immeuble du Togo du Conseil de l’entente avec des hommes. Quand il est sorti de là-bas, il était à la tête de plusieurs personnes dans un 4x4 et les autres suivaient à pied. Et c’est ainsi qu’ils sont allés vers la salle où Thomas Sankara était en réunion avec certains de ses collaborateurs. Et quand ils sont arrivés, ils ont ouvert le feu. » Interrogé sur de précédents propos de Gilbert Diendéré ayant décrit une autre version, une tentative d’arrestation de Sankara qui aurait mal tournée ce jour-là, l’avocat botte en touche.

« Ceux qui devaient être attaqués à 20 heures ont préféré anticiper. » Me Mathieu Somé, avocat de Gilbert Diendéré

D’après son avocat, Gilbert Diendéré a donc présidé une réunion entre militaires, le matin du 15 octobre, afin de faire en sorte que la tension s’apaise entre les deux corps de sécurité, la sécurité « rapprochée » et la sécurité « éloignée ».

Cette information est confirmée par un sous-officier de la garde présidentielle qui a assisté à cette réunion. Exceptionnellement, ce militaire a accepté de parler à RFI sous couvert de l’anonymat.

« Il fallait procéder à son arrestation […] C’est Diendéré lui-même qui a parlé de ça  »
Un sous-officier qui souhaite garder l’anonymat

Quels ont été les résultats de cette rencontre ? « Les gens n’ont pas été satisfaits dans la mesure où il y a des idées fortes qui ont été dégagées, des propositions qui ont été faites et lui Diendéré, en tant que chef de corps, en tant que responsable de la sécurité devait au moins prendre cela en compte et le mettre en pratique. »

Le 15, selon ce témoin, après la réunion regroupant les deux sécurités, l’idée de mettre la main sur Sankara pour le placer en résidence surveillée à Pô est formulée pour éviter l’effusion de sang. « C’est Diendéré lui-même qui a parlé de ça. » Ce n’est pas quelqu’un d’autre. Selon lui, il y a eu des informations de sources qu’il a reçues faisant état d’un complot que Thomas Sankara aurait organisé contre Blaise et qui devait se passer au cours de la réunion de 20 heures. Il fallait procéder à son arrestation. »


« Je ne pense pas que les choses puissent se faire comme ça […] sans qu’il y ait une main derrière. » Témoignage d’un militaire qui a requis l’anonymat

« On s’est dit que peut-être ce n’était pas l’arrestation qu’on voulait, peut-être que c’était autre chose. Sinon, si c’était pour arrêter Thomas Sankara, lui il est à l’intérieur en réunion avec son staff, sa sécurité rapprochée, ils n’étaient même pas aussi nombreux que ça. » Le sous-officier ne croit pas non plus que des éléments aient pu agir sans ordre : « Je ne pense pas que les choses puissent se faire comme ça, que des éléments puissent se lever d’eux-mêmes comme ça pour faire ce genre de chose, sans qu’il y ait une main derrière. C’est pas possible. »

Source rfi.fr

En savoir plus...

Après sa nomination à la tête de la Cab : Clément Sossa dévoile ses ambitions lors d’une Ag extraordinaire

Clement-Sossa

Depuis mercredi 11 octobre 2017, l'actuel président nommé de la Confédération africaine de boxe (Cab) Clément SossaSiwamanga, séjourne au Bénin. Un séjour qui lui permettra d'échanger avec la famille de la boxe béninoise et africaine afinde dévoiler ses ambitions pour le noble art africain.En effet, selon ses dires, le moment est  arrivé pour unir tous les efforts afin que  l'Afrique révèle ses grands champions. Pour cela, la politique à mettre en place pour  ces défis sera dévoilée au cours de l'assemblée générale extraordinaire de la Cab que va accueillir Cotonou  du 28 octobre au 1er novembre 2017. «J’ai décidé d’organiser ma première assemblée générale extraordinaire au Bénin pour confirmer que je suis Béninois, Gabonais, voire même Togolais. Ma frontière se retrouve un peu partout parce que je suis Africain », a-t-il laissé entendre dès sa descente à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. A l'en croire, la boxe sera  la plaque tournante des grandes compétitions pugilistiques avec les nouvelles orientations qu’il entend donner à la Cab. «Les gens ne peuvent plus continuer à prendre notre discipline comme la discipline des voyous, la discipline des analphabètes, la discipline des incultes. Nous n’allons plus continuer avec ça. Nous devons assainir le milieu aujourd’hui», a-t-il affirmé avant d’ajouter : «Nous devons tout faire pour  tabler sur  les statuts pour fonder une grande confédération. Nous avons des ressources, nous sommes capables. Mais simplement que les gens bafouent,  bravent parfois, les statuts, les textes. Donc, moi je suis venu pour appliquer les statuts et le règlement », a clarifié Clément Sossa dont le mandat va connaître son épilogue en 2019.Pour rappel, Clément SossaSiwamanga a été nommé suivant  les directives de  l’article 37 des  statuts de la Cab qui stipule que : ‘’lorsque le président de la Confédération africaine de Boxe est malade, absent, sanctionné, c’est  le Vice-président quiprend  la présidence et termine son mandat’’, en remplacement du Togolais BayorKéla.

Abdul Fataï SANNI

En savoir plus...

Suite à sa déculottée de Paris : Kaboré et Ouattara consolent Talon

Kabore-et-Talon

Patrice Talon a fait du 09 au 11 octobre dernier, une tournée sous régionale ; tournée non révélée par le communiqué officiel signé du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères qui annonçait la visite du Chef de l’Etat en France. Il a parcouru quatre pays de l’Afrique de l’Ouest. Ce sont des visites de courtoisie probablement improvisées après la débâcle de Paris.

Quatre pays africains ont dressé cette semaine le tapis rouge au Chef de l’Etat.    Le Burkina- Faso, la Côte d’ivoire, le Ghana et le Togo ont reçu le président du Bénin. Certaines sources soulignent que le président de la République est  allé relancer les relations existant entre le Bénin et ses différents Etats. C’est curieux. Patrice Talon qui n’avait cure jusque-là des rapports de bon voisinage depuis son élection en avril 2016 a brusquement trouvé l’intérêt de célébrer l’amitié. Il ne faut se pas leurrer. Le président Talon est plutôt  allé chercher du réconfort chez ses pairs après la déculottée de Paris (Lire : Après le fiasco de Paris : Talon doit faire le grand ménage dans le quotidien Matin Libre du 10 octobre 2017). Le président français Emmanuel Macron avait laissé poiroter à Paris toute la délégation présidentielle venue de Cotonou durant plusieurs jours. Et Patrice Talon qui déteste les échecs et les humiliations a bien voulu sauver les apparences. Le « compétiteur né » a dû négocier auprès de certains de ses homologues des visites de courtoisie, donc sans grands intérêts pour le Bénin. Certains canards reprenant des informations lâchées par des propagandistes, ont tenté de faire croire que Talon a obtenu des accords de principe à Ouagadougou. Rien n’est clair. Roch Marc Christian Kaboré a certainement pu consoler  Patrice Talon très déçu. Le président Alassane Ouattara a dû jouer le même rôle lors du dîner offert à son jeune frère à Abidjan dans la nuit du mardi au mercredi. Les deux ont peut-être évoqué le dossier épine dorsale qui défraie actuellement la chronique judiciaire. Ils auraient  discuté des implications de la décision prononcée par la justice béninoise contre le groupe Bolloré. Patrice Talon a échangé aussi avec le président Faure Gnassingbé.  Les tensions notées à Lomé et d’autres villes ces derniers jours devraient auraient été au centre des discussions. Au Ghana avec le président Nana Akuffo Addo, le Chef de l’Etat a dû parler de questions bilatérales. Toutes ces rencontres avaient un objectif : feindre de noyer la mésaventure de Paris.  En réalité, le président Talon n’a pu rien faire d’utile à l’extérieur si ce n’est la rencontre organisée avec ses partisans à Paris. S’il n’a pu rien ramener de la 6ème puissance économique mondiale, beaucoup se demandent ce qu’il pourrait bien obtenir de conséquent dans ces quatre Etats. L’économie nationale n’a rien gagné du long et couteux séjour de Patrice Talon à l’extérieur du 02 au 11 octobre dernier. Patrice Talon déçoit. Et vu le bilan piteux de sa gouvernance depuis avril 2016, les Béninois pourraient encore craindre des résultats frustrants.        

Mike MAHOUNA

En savoir plus...

Liberia : Un 2nd tour se profile entre Weah et le vice-président Boakai

Weah-Boakai

Un second tour semble se profiler à l'élection présidentielle du Liberia pour départager les deux principaux candidats, que sont le vice-président Joseph Boakai du Parti de l'unité (sortant) et George Weah, candidat de la Coalition pour le changement démocratique.

Selon la télévision nationale « LiberianBroadcasting System » on s’achemine vers un second tour, qui va opposer les deux principaux candidats qui ont tous les deux remporté largement leurs fiefs respectifs.

Toutefois les chiffres avancés par la télévision ne sont pas officiels. Ils sont donnés sur la base des rapports des correspondants déployés dans différentes parties du pays.

D’après la LBS Boakai, âgé de 72 ans, semble être en tête à Lofa, son comté natal dans la partie septentrionale du Libéria.

L'ancienne gloire du football, Weah, 52 ans, serait en tête dans certaines parties de la capitale, Monrovia et dans la ville de Clara où il est né.

L'ancien chef de guerre Prince Johnson, âgé de 65 ans, aurait également un meilleur score que ses rivaux dans son comté natal de Nimba, au nord-est du Liberia.

Selon la loi électorale libérienne, il faut recueillir plus de 50 pour cent des suffrages pour être élu président dès le premier tour. Si aucun des candidats n’arrive à atteindre ce chiffre, un second tour sera organisé deux semaines après la publication des résultats officiels.

20 candidats sont en lice pour présider aux destinées du Liberia, dirigé depuis douze années par Ellen Johnson-Sirleaf, la première femme présidente démocratiquement élue en Afrique.

La Commission électorale nationale (NEC) a déclaré que les résultats provisoires pourraient être annoncés ce mercredi dans l’après-midi ou au cours de la semaine étant donné les défis liés au dépouillement.

En raison des délestages, l’on a dû recourir à des lampes torches dans plusieurs bureaux de vote pour procéder au dépouillement des bulletins.

S'exprimant lors d'une conférence de presse mardi soir, le président de la NEC, JeromeKorkoya, a déclaré que le taux de participation a été « très fort » sans toutefois  avancer aucun chiffre.

Le scrutin a cependant été entaché par quelques manquements.

Dans plusieurs parties du pays, y compris le comté de Nimba, celui de Sinoe et même une partie de la capitale, le vote a commencé très tard en raison de l'arrivée tardive du matériel électoral.

Plus de 2,1 millions de Libériens étaient appelés aux urnes pour choisir leur prochain président et renouveler les 73 sièges dans la Chambre des représentants. Quelque 984 candidats étaient en lice pour briguer un siège à la Chambre.

Contrairement aux élections précédentes, ce scrutin s’est tenu sans la supervision de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).
Le Liberia, qui l’une des premiers républiques créées sous l’impulsion des Etats-Unis pour des esclaves affranchis au 19ème siècle, a connu deux guerres civiles sanglantes qui ont pris fin en 2003.
 
SOURCE: WN/as/pn/of/APA

En savoir plus...

Liberia : Participation « très forte », les résultats de la présidentielle attendus

elections-liberia

(Les favoris : George Weah et le vice-président Joseph Boakai)
Les Libériens attendent les premiers résultats de l’élection présidentielle qui s’est tenue dans le calme, mardi 10 octobre, et qui doit désigner le successeur pour six ans d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’Etat en Afriqueet Prix Nobel de la paix 2011. La Commission électorale nationale (NEC) doit annoncer mercredi après-midi les premiers résultats du scrutin, qui conclut un processus historique de transfert démocratique des pouvoirs après les deux mandats remportés par Mme Sirleaf depuis 2005.

Parmi les favoris, sur une vingtaine de candidats, figure le sénateur George Weah, légende du football africain, battu par Mme Sirleaf au second tour en 2005, puis comme candidat à la vice-présidence en 2011. En lice également, le vice-président Joseph Boakai, l’avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine et les puissants hommes d’affaires Benoni Urey et Alexander Cummings. Dans la plus ancienne république d’Afrique subsaharienne, fondée en 1822 sous l’impulsion des Etats-Unis pour des esclaves noirs affranchis, le nouveau président sera le premier en soixante-dix ans à succéder à un autre dirigeant issu des urnes.

Une campagne animée

Plus de 2 millions d’électeurs de ce petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest étaient appelés aux urnes pour désigner le chef de l’Etat et renouveler les 73 sièges de la Chambre des représentants. Le président de la Commission électorale, JeromeKorkoya, a qualifié mardi la participation de « très forte », sans donner de chiffres. En 2011, au premier tour de la précédente élection présidentielle, le taux de participation avait atteint 71,6 %.

Dès le début de la matinée, de longues files s’étaient formées devant les bureaux de vote de ce pays très pauvre, où la campagne a été animée mais exempte d’incidents graves. L’Union européenne, l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et les Etats-Unis ont déployé de nombreux observateurs électoraux.

Le scrutin présidentiel se déroule en deux tours, à moins qu’un candidat n’obtienne la majorité absolue dès le premier. Le « plus probable » est qu’un second tour oppose George Weah à Joseph Boakai, estime Ibrahim Al-Bakri Nyei, un politologue libérien de la School of Oriental and AfricanStudies (SOAS) de Londres, soulignant l’importance de la troisième place, celle du « faiseur de roi ». Cette position devrait revenir à Alexander Cummings, ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, selon l’analyste.

A Monrovia, George Weah, facilement élu en 2014 sénateur de la province où se trouve la capitale face à un fils de Mme Sirleaf, devrait remporter de nombreux suffrages. « Je pense qu’il apportera le développement », affirme Grace Dennis, une étudiante de 24 ans, déplorant que « les gens obtiennent des diplômes mais ne trouvent pas d’emploi ».

Fantômes de la guerre civile

Après plusieurs années de forte croissance, avec un sommet à 15,7 % en 2007, l’économie libérienne a stagné entre 2014 et 2016, affectée par l’épidémie d’Ebola et la chute du prix des matières premières. Pour redresseréconomiquement le pays, ravagé en 2014-2016 par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, chacun des candidats a insisté sur une recette simple : le développement des routes pour M. Boakai, de l’agriculture pour M. Urey, de l’éducation et de la formation professionnelle pour MM. Weah et Cummings.

Après avoir voté, George Weah a promis en cas de victoire de commencer par « réconcilier les Libériens », avant de « former un gouvernement d’inclusion, auquel tous puissent participer ». « Je suis satisfait qu’autant de Libériens soient venus élire leur dirigeant », a déclaré de son côté M. Boakai, s’engageant à respecter le verdict des urnes.

Mardi, la présidente sortante, 78 ans, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats, a estimé que le Liberia était « prêt pour la transition ». Elle avait déjà appelé lundi les Libériens à mesurer « le chemin parcouru » depuis la guerre civile qui a fait quelque 250 000 morts entre 1989 et 2003. Comme beaucoup d’électeurs de sa génération, Samuel Gbazeki, 64 ans, se dit reconnaissant à l’équipe sortante pour avoir « reconstruit après la guerre », confiant voterpour M. Boakai.

Les fantômes de la guerre civile hantent encore le pays, comme en témoigne la présence parmi les 20 candidats de l’ex-chef de milice Prince Johnson, 65 ans. Aujourd’hui sénateur, il est resté tristement célèbre pour une vidéo le montrant en train de siroter une bière pendant que ses hommes torturaient à mort le président Samuel Doe en 1990.

SOURCE : lemonde.fr

En savoir plus...

Carnet de route : Lomé, la belle, la délurée et la libertine

Lome

Lomé, 27 Août 2017. Une heure de route après avoir subi les formalités douanières, franchi la frontière en provenance du Bénin, contemplé et même saisi d’envie devant les étalages de différentes formes de grillades, la capitale offre son accueil. Pas en tapis rouge mais en un ruban noir de bitume fourché en deux qui borde le littoral sur moins d’une dizaine de kilomètres avant de choir aux portes du Ghana. De l’autre côté, et dans le décor lointain de l’horizon, la mer tient prisonniers des navires en rade. Au compteur du temps de cette journée, 33°C. Le ciel est aux couleurs mauves. Rien de comparable à ces journées qui annoncent l’automne mais dont on ne sait s’il sera humide ou sec. De toute façon, elles contrastent avec la chanson un peu déshydratée des vagues qui plaisantent avec le paysage étalé en natte de sable. Mais aussi les cris innocents de ces jeunes enfants bayant dans la mer ou l’insouciance du regard des adultes désemplissant des bouteilles et emplissant des verres non loin. Un décor qui contraste et qui ne ressemble en rien aux enragées et violentes manifestations qui ont lieu une semaine plutôt dans plusieurs villes de ce petit pays coincé entre le Bénin et le Ghana pour exiger des réformes politiques sinon et surtout, constitutionnelles et institutionnelles. Et pourtant, Lomé dans ses attributs est belle et élégante au point de livrer d’elle une réalité aussi saisissante que mouvante...Surtout dans l’extension vertigineuse qu’elle a connue aux termes du décret n°71/63 du 1er Avril 1971 et désormais délimitée par le siège du Groupement Togolais d’Assurances (GTA) et la Présidence de la République au Nord, l’Océan Atlantique au Sud, la Raffinerie de pétrole Lomé à l’Est et par la Frontière du Togo-Ghana à l’Ouest avec une superficie de 333km² dont 30km² de zone lagunaire.  

Un accueil chaleureux et une atmosphère plaisante

Sorti d’au loin d’un international embargo de quatorze années en novembre 2007, la République Togolaise revit d’abord à travers sa population en apparence calme et normale. 1.754.589 habitants selon les estimations de 2012. Et chacun vaque à ses occupations. Des hommes, tantôt préoccupés à pied ou à moto et même en voiture sous les larges blessures du soleil ; tantôt attablés devant un étalage dans une boutique à côté. Des femmes, joviales et belles dans ses multiples coutures ; tantôt chaleureuses et spontanées à vous tendre la main pour satisfaire l’inquiétude et l’attente de l’étranger qu’elles lisent sur vos visages. Mais la République Togolaise revit aussi et surtout désormais au rythme de ses grandes avenues évasées, bitumées ; de ses artères réaménagées et mieux éclairées ; dans ses nouveaux quartiers implantés, sur ses plages remises en valeur et dans ses nuits rembobinées et en couleurs. C’est le cas du boulevard du 13 Janvier qui alterne ses allures de carte postale à celle d’une route commerciale. Sur le bord de la chaussée des deux côtés, des restaurants s’époumonent, des bars et des buvettes inlassablement se décomptent, des boutiques et des échoppes revendiquent aussi des places tandis que de grandes sociétés imposent aussi leurs enseignes. Mais l’atmosphère y est paisible. Un détail cependant : c’est non seulement l’un des grands épicentres de la prostitution à Lomé mais aussi l’un des grands centres commerciaux. "C’est ici qu’on consomme de la bonne bière mais aussi de la bonne chair. La bonne, oui", confie un béninois installé à Lomé depuis deux ans. Mais pas seulement ici. Vers le nord, c’est le large boulevard Faure Gnassingbé, qui s’offre à l’admiration du regard surtout la nuit avec un éclairage dimensionné avant bifurquer pour joindre celui du 30 Août situé à l’Ouest de la ville. A l’Est, le boulevard Gnassingbé-Eyadéma entièrement asphalté et affecté aussi d’un éclairage urbain. Lomé livre ainsi sa nudité et se laisse offrir à l’esthétique des touristes, la nuit. Mais comme pour alterner et contrebalancer ce décor nocturne, le grand rond-point de la Colombe-de-la-Paix se livre en pleine journée avec ses fresques signé du plasticien et musicien Jimmy Hope.

L’inconscient collectif de la femme togolaise

Des signes extérieurs qui traduisent et révèlent un pays en mouvement mais dont la compréhension et l’appréciation sont sollicitées que chez la femme. Et non les hommes. Elles ; selon l’enquête QUIBB de 2006 reprise dans le cadre de l’élaboration du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), travaillent plus que les hommes dans la mesure où le taux d’activité chez les femmes est de 79,1 contre 78,5% chez les hommes. Son regard sur son environnement en mouvement semble plus pertinent et ceci encore parce que leur poids démographique (51%) est aussi élevé. "La société togolaise est une société traditionnelle dont le système matrimonial est profondément ancré sur le patriarcat. Les schèmes de cette culture persiste et continue de façonner les relations humaines. Etant donné que le système patriarcat accule les femmes dans la sphère privée ou domestique et délègue aux hommes le monopole du rôle politique du commandement, alors Alilou TCHAFARAM, maître assistant au département de sociologie à l’Université de Lomé pense que la femme est importante dans la citoyenneté. Elle est présente partout et nulle part. C’est celle qui chaque matin dans un élan de devoir citoyen et communautaire fait parfois et plus souvent plus de dix kilomètres de trajet pour se rendre au grand marché de la ville. Sa survie sociale et celle de sa famille y plaident. "Depuis le père, les affaires politiques m’importent peu. Mais avec de grands enfants tous désormais à l’Université, je comprends l’intérêt qu’il me revient de porter aux questions de ce pays. Je me sens concernée. Certes, le Togo est en mouvement. Mais est ce le cas du togolais. C’est là la question. Et toute la question.", lâche Madeleine Tchao. C’est celle qui encore sous les fantasmes de l’adolescence et avec un regain encore frais d’insouciance quitte la zone portuaire et brave chaque matin les innombrables feux tricolores pour finalement franchir le grand portail de l’Université de Lomé. "Je suis fière d’être togolaise. Fière de tout ce qu’on voit. Oui. Mais inquiète du lendemain. Jeunes, nous sommes encore dans un contexte politique de crise permanente", se désole Happy Gnani, étudiante en Faculté de droit. C’est celle qui pour légitimer sa quête de l’emploi et donner de l’assurance à des parents inquiets sort par intermittence de la maison pour des stages académiques ou professionnels dans telle ou telle entreprise. "Au delà des indicateurs et des exagérations macro économiques et des questions de démocratie, nous vivons une réelle résignation, un vrai renoncement dont l’explosion même si elle n’est pas souhaitée finira par être bénéfique", dénonce Ahouéfa Assin en stage professionnel dans un hôtel de Lomé. C’est celle qui pour échapper à l’extravagance des frais de loyer réside dans le Ghana voisin mais doit chaque matin enjamber la frontière d’Aflao pour rejoindre son lieu de travail. "L’évolution sociale de notre pays et les différentes fractures politiques ont imposé une certaine suspicion dans nos relations citoyennes. On se soupçonne désormais", explique Akouvi Mensah. C’est celle qui pour diverses raisons se retrouve désormais femme et citoyenne d’un pays qui n’est pas le sien. "C’est mon mari qui est togolais. Je l’ai suivi ici depuis 07 ans. Les togolais sont mous. Ils ne sont pas assez forts et moins rebelles pour leur propre épanouissement", constate Alice Nounagnon. C’est celle qui dans le confort de sa voiture roulant à pleins gaz et à l’abri de la pollution des gaz se rend à son bureau situé dans le quartier administratif, mais dont l’humeur influe et oriente les décisions politiques dans ce petit pays coincé entre le Bénin et le Ghana : "C’est celle qui pour survivre à la grisaille sociale et tromper un lendemain qu’elle-même redoute incertain est obligée d’affronter les nuits sur le Boulevard du 13 janvier et les libidineux d’un soir dans les hôtels ou dans sa chambre de tolérance pour arrondir les fins de mois : "Lomé est devenu un centre d’intérêts. Et moi, j’y suis pour ses nuits agitées, joyeuses et propices à mon job. Et en ce domaine, Cotonou n’a pas le prestige de Lomé", se réjouit Tiara, jeune ghanéenne.

Il fait bon vivre à Lomé

Tout un florilège d’inquiétudes discordantes et de regards épars mais longuement et perpétuellement réinventé, contrasté mais incorporé par les beaux jours et les nuits agitées de la capitale. Des beaux jours accrochés et rythmés d’abord par les infrastructures d’accueil qui répondent pour la plupart aux différents motifs de visite : un week-end de détente ou de repos, un voyage d’affaires ou touristique. Le tourisme d’affaire étant florissant avec l’entrée au Togo de 320 000 touristes, dont près de 80% sont venus pour des motifs professionnels. En façade de mer et donc sur le boulevard du Mono, s’alignent les établissements hôteliers de charme dont les plus prisés sont de 4 étoiles. Et même de 5. Ils sont tous dotés de chambres et des suites, des appartements et des résidences pour des conforts de luxe. Mais aussi des piscines extérieures, des spas, des salles de gymnastique et d’agréables jardins pour des moments de détente. Et plus encore des façades et des extérieurs massifs et offrants des vues imprenables et panoramiques sur la mer, sur le cœur bouillonnant de la ville, du Grand marché, sur la Marina, l’ancien wharf de Lomé. Et tout ça sur des dizaines d’étages dont les plus élevés sont  le Radisson Blu (35 étages), Eda-Oba (17 étages). Des cadres de repos au cadre de la bonne ambiance et des bouffes, un seul pas. Comme ses plages privées de sable blond. D’en face du carrefour Baguida jusqu’à la frontière en passant devant l’ancien siège de l’Assemblée Nationale, les enseignes s’enfilent pour identifier ces plages privées honorées par des transats, des bungalows, des bars, des paillotes et des piscines et même des hôtels. C’est l’exemple de Marcelo Beach Club le 03 septembre 2017 où dans une ambiance festive et décontractée, l’artiste congolais Fally Ipupa tenait un concert en faveur de la paix au Togo à la suite des manifestations publiques de l’opposition ayant fait des morts. A ce rendez-vous, on note  la présence de l’ancienne garde des sceaux et ministre de la justice béninoise, Reckya Madougou. A presque cinq kilomètres, beaucoup d’autres tels que le "Bar Place d’honneur", "Dynastie Beach", "Vis-à-vis Beach", "Bronco City", "Le Gouverneur", "Togo Star Beach"… Elles s’animent presque toujours les jours et plus intensément dans l’après midi. Au menu : du bon temps avec des regards portés sur la mer, des soirées à termes, des barbecues et de la bonne bière. Principalement celle du Togo : Pils ou Awooyo.  

Dans ses travers inquiétants, ses décors fantasques et ses sinuosités excentriques. Très enfiévré à cause de ses multiples échoppes et tables, le boulevard du 13 janvier est singulièrement festif le soir. Tout le long, les tables les plus appréciées surplombent l’éclairage urbain. Pour un choix culinaire de grillades des tapas dans un décor original sur une terrasse plaisante, la "Casa" ouvre ses portes. Tout aussi plaisante et propice pour des débuts de soirée conviviaux, La "Terrasse" avec son espace décontracté propose des buffets dînatoires. A contrario et pour des spécificités culinaires locales, le "Nopégali" s’offre dans un cadre relaxant avec en fond sonore les discussions des tantines derrière les fourneaux. Il est considéré comme la cantine de la ville. Ainsi que "Lomé-la-belle" ou encore du "Papayo". Pour les amateurs de vin, la "Route des vins" n’est pas loin. Sans oublier aussi le "Festival des glaces". Mais bien loin du brouhaha du centre ville et plus proche de la présidence de la République, on retrouve le "Patio". Un cadre calme et dédié à une certaine catégorie sociale. Et cela justifie peut être les exigences qu’il offre le soir surtout dans son restaurant dénommé “Le Jardin" : un décor élégant et pathétique pour un large éventail de menus aux poissons ou viandes pour des sauces variées. Coup de cœur pour le velouté de chou-fleur qui fond dans la bouche ou encore le bouillon togolais maison et sa mousse de citronnelle, le tout enrobé avec des cocktails aux saveurs délicates.  Mais pour une plongée plus lointaine et tardive dans la nuit, plusieurs bars d’ambiance se réclament comme les bonnes adresses. Non Loin du Commissariat central, la "Rumba" condense les émotions distractives de la nuit. En bas le restaurant avec sa clientèle métissée. Au rez-de-chaussée, le bar préféré par les jeunes togolais. Mais pour une discothèque avec des tables hautes et de la danse, rendez-vous au "Mad" situé sur l’avenue Nicolas Grunitsky avec en décor les 35 étages de Radisson Blu. Pareille ambiance mais délirante est retrouvée à Fief Pub Club sur la nouvelle pavée quittant l’ancien immeuble du "Cinéma le Togo" pour le marché de fruits Hanoukopé. Mais plus discrète et coquette, est "The King", la boite de nuit de l’hôtel "Ahouéfa". Ici des personnalités insoupçonnées convergent pour des coupes de champagne et de whisky sur fond de la bonne musique. Et ceci avec des noceurs. De la musique, c’est aussi des orchestres. Et bien de bars l’adoptent. C’est le cas de "Le Refuge" tous les vendredis et samedis soir au carrefour qui conduit vers le stade de Kégué en venant de la "Caisse". Non loin, "Seven Clash" réputé pour n’ouvrir que la nuit est une gîte éthylique très aimée par les béninois.

De l’alcool et de la prostitution

Des lieux éparpillés à travers la ville mais une identité commune : l’alcool. Mais aussi le sexe. Lomé est célèbre pour ses belles nuits surtout dans ses nouveaux quartiers. A Lomé, on appelle "les agoutos" ou les "gbolos". Et pour les découvrir, il est plus facile de recourir aux services d’un conducteur de taxi-motos. Ils connaissent la ville dans ses travers les plus pathétiques et ses recoins les plus agréables. Telle que constaté ce soir du 16 septembre 2017 d’abord dans le quartier Agoè devenu depuis en peu de temps un grand bazar de "night clubs" qui en réalité sont des niches de ses filles à la disponibilité de la libido de ceux qui en exprime. Une descente, seul dans un bar. Place est prise. Une bière est commandée. En moins de deux minutes, vous êtes servis.  Le temps de savourer la musique servie par les doigts agiles du "DJ" et vous êtes rejoins au bout de cinq minutes par une nymphe. Belle et élégante. Sourire aux lèvres, elle s’attable avec des gestes imprudemment lascifs. Mais entreprenante, elle commande une bière. Prudente, elle négocie et convoque par des mimiques, votre regard pour la compréhension de son geste. Et la suite est une invite à la passe. Des scènes ce genre rythment les soirées dans les bars loméens. Et si ce n’est pas un bar, c’est une ruelle, un coin de rue. Tout comme cette rue qui longe le bar Seven Clash à Dékon. C’est un marché de sexe à ciel ouvert. Ici, les enchères se négocient au gré des bouteilles de bières désemplies et des tiges de cigarettes brûlées. A la différence qu’un peu loin et devant le bar Panini près du night club Byblos, ce sont les filles aux formes sculpturales qui défilent sans cesse. Et il suffit d’héler. Pas besoin de ce geste derrière l’hôtel Palm Beach. Ici, il suffit de ralentir les pas pour que les de jeunes filles aux différentes nationalités surgissent de l’ombre pour te proposer leur service. La suite est sans équivoque. Mais pour des femmes moins belles et plus âgées, rendez-vous peut être pris sur le boulevard Jean-Paul II près du collège Saint Joseph. "Ici, s’animent trois marchés de prostitution au bord de la route. Mais deux ont été transférés dans les rues avoisinantes du stade", nous confie notre guide d’un soir. Et bien loin de ces tapineuses, de ces filles de trottoirs, pullulent une nouvelle race de prostituées. Les prostitués de luxe.
Si seulement Lomé pourrait faire sienne cette invite du Parlement européen aux pays européens en septembre 2014, le pays verrait ses indicateurs économiques bondir : revoir le calcul de leur PIB en intégrant les revenus issus de la prostitution. Simplement parce que comme Abidjan, Lomé est aussi un carrefour de la bonne ambiance. Donc du sexe et de l’alcool. De l’art de vivre et bien loin des faux clichés et des caricatures mensongères que tentent d’imposer au monde entier les manifestations de l’opposition.

Modeste TOFFOHOSSOU

En savoir plus...

Championnat d'Afrique d'Aviron à Tunis : La délégation béninoise déjà en Tunisie

aviron

Du 20 au 22 octobre 2017, Tunis, la capitale tunisienne va abriter les championnats d’Afrique d'aviron. Dans ce cadre, les rameurs béninois ont quitté Cotonou lundi 9 octobre 2017, direction la Tunisie.Selon une source proche de la Fédération béninoise d’aviron, la délégation du Bénin est constituée d'un entraîneur et de trois athlètes, un senior (Donatien Bessan) et deux juniors (Houngbo Arnaud et Adeline Satignon). Ils seront rejoints à Tunis par Privel Hinkati (le 19 octobre 2017), athlète international Béninois, résidant en France, médaillé d'or sur 500 mètres Skiff en 2015 lors du championnat d'Afrique. La même source nous renseigne, qu’avant les championnats d’Afrique, que le Bénin va prendre part à partir de demain, jeudi 12 octobre 2017, à un camp international de formation en aviron. Une initiative de la Fédération internationale des sociétés d'aviron (Fisa) et de la Solidarité Olympique. Pour ce camp de formation, le Bénin a engagéles deux athlètes juniors (Houngbo Arnaud, Adeline Satignon). A cet effet, leurs performances seront évaluées lors de la onzième régate internationale du lac Tunis, mercredi 18 octobre 2017, en vue d'une qualification aux Jeux Olympiques de la jeunesse de Buenos Aires en 2018. Rappelons que, ce sont Donatien Bessan et Privel Hinkati qui vont défendre les couleurs du Bénin lors des prochains championnats d’Afrique d’aviron (du 20 au 22 octobre 2017 à Tunis).


A.F.S.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !