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Echos des internationaux béninois : Gounongbé et Koukou buteurs

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Gounongbé encore buteur, Westerlo battu


Il aura fait de son mieux mais son équipe a enregistré un revers face au club Genk, lors de la 4è journée de Ligue Jupiler belge. Pourtant, l’international béninois Frédéric Gounongbé a égalisé aux siens à la 39è minute. Mais Buffel  a aggravé le score pour sa formation. Une contre-performance qui plonge Frédéric Gounongbé et ses partenaires au 12è rang du classement avec 4 points. L’international béninois a disputé les 90 minutes de jeu et a écopé d’un carton jaune.

Koukou ouvre son compteur, Niort évite le revers


Début de championnat catastrophique pour Niort et ses internationaux béninois. Les niortais enchaînent des défaites sur des défaites. Mais pour le compte de la 3è journée de Ligue 2 de France, l’équipe a évité le pire. Ceci, grâce au Béninois Djiman Koukou qui a rétabli la parité à cinq minutes de la fin du match (85è). Un point qui fera du bien àune équipe Chamoise qui gémit dans les profondeurs du classement avec l’avant dernière place au classement général (1 point).A noter que David Djigla est entré en jeu à la 62e minute et que Saturnin Allagbé était sur le banc mais  David Kiki n’était pas convoqué dans le groupe des chamois.

Imorou et Adéoti présents, et de deux pour Caen


Deuxième victoire en autant de journées pour Emmanuel Imorou et Jordan Adéoti de Caen. En accueillant Toulouse à domicile après avoir surpris Marseille une semaine plus tôt sur ses propres installations (0-1), les Caennais ont confirmé leur bonne forme en ce début de championnat en battant l’équipe de Toulouse (1-0), but de la tête de David Da Silva. Emmanuel Imorou et Jordan Adéoti ont été remplacés respectivement par Alhadhur sur blessure (51è) et Seube (75è). Grâce à ce succès, Caen retrouve le top 5 de la Ligue 1 en France.

Réalisation : A.F.S

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Débats d’orientation budgétaire : Le parlement nigérien à l’école du Bénin

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Une délégation du parlement nigérien était depuis hier au Palais des gouverneurs à Porto-Novo pour s’enquérir de la gestion du déroulement et de la gestion des débats pour l’orientation budgétaire au Bénin. A la tête d’une délégation de dix-huit (18) députés de l’Assemblée nationale du Niger, en compagnie de quelques techniciens de commissions, le député Hamani Harouna, membre de la commission des finances disposent de cinq jours pour s’enquérir de l’expérience du Bénin, en matière de débat d’orientation budgétaire.

« Nous sommes ici au Bénin, pour nous enquérir de votre expérience et très souvent le Bénin, vous êtes en avance, c’est vrai, il faut le dire. Il y a ce qu’on appelle le débat d’orientation budgétaire, que l’Uemoa cherche à instaurer dans le cadre de ses réformes comptables et financières dans l’union, qui consiste à demander au gouvernement, de ne plus faire des budgets élitistes mais plutôt ouvrir le débat et populariser davantage le budget afin qu’il reflète les besoins réels du peuple. Dans la préparation, toutes les couches de la société puissent participer à cette élaboration. La société civile, les sociétés d’Etat, le gouvernement, l’Assemblée. Puisse que vous êtes à votre deuxième expérience et que nous, nous ne l’avions pas expérimenté au Niger, on a voulu à travers ce voyage d’étude, de venir nous enquérir un peu de comment vous l’organiser pour pouvoir expérimenter. La délégation est composée, non seulement de députés, mais de techniciens de commissions. Il y a dix-huit (18) députés à peu près qui sont venus à la mission. Avec la commission des finances, plus deux autres commissions, notamment, la commission des affaires sociales et culturelles et la commission des affaires économiques et du plan » dixit Hamani Harouna, député membre de la commission des finances.

Le député Hamani Harouna a reconnu aussi que les relations entre les deux Nations sont aux beaux fixes. Pour ce qui est de la coloration politique de la délégation, « il y a aussi bien des membres de la majorité parlementaire. Moi, je suis membre de la majorité parlementaire du gouvernement, à l’Assemblée. Mais, nous avons aussi des députés de l’opposition qui sont avec nous. Nous avons 113 députés avec un quota de 12% pour les femmes, qui sont au nombre maintenant de 14 sur les 113 » a-t-il ajouté pour conclure.

K. P.

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Entre l’Association des ressortissants nigériens au Bénin et l’Ambassade : Qui est habilité à délivrer les cartes consulaires?

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Conformément au chronogramme arrêté par le Gouvernement, à travers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), la République du  Niger organise le premier tour de l’élection présidentielle couplée aux législatives le 21 février 2016. Le second tour, lui, est prévu pour le dimanche 20 mars 2016, tandis que les locales sont programmées pour le lundi 9 mais 2016. Près de 7,5 millions d’électeurs, sur une population estimée à plus de 17 millions de personnes, ont été recensés début juin dans tout le pays pour constituer la liste électorale pour les prochains scrutins. Ces élections générales concernent, en plus des populations en âge de voter vivant sur le territoire nigérien, les ressortissants nigériens de l’extérieur. C’est une grande première dans l’histoire démocratique du pays puisque c’est la toute première fois que les nigériens de la diaspora ont droit de vote à la présidentielle et aux législatives. Malheureusement, eu regard au constat fait en ce qui concerne le déroulement du processus dans certains pays de la sous-région,  des questions méritent d’être posées. Tenez ! Au Bénin, c’est une Association des ressortissants nigériens qui s’adonne à la délivrance des cartes consulaires au lieu de l’Ambassade, au point où des voix s’élèvent pour savoir laquelle des deux structure est habilitée à le faire Non, les élections générales sont trop importantes pour qu’on les banalisent à ce point. Car, nul n’ignore que les cartes consulaires à l’extérieur sont un préalable pour détenir sa carte d’électeur. Si n’importe quelle institution ou structure doit se mettre à en délivrer, alors là, c’est la porte ouverte à la fraude et aux contestations postélectorales. Le Niger qui est en train d’écrire ses belles pages démocratiques à la face du monde n’a plus besoin de régresser. Pour ce faire, les autorités au haut sommet doivent prendre le taureau par les cornes, et corriger cette anomalie.

M.M

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Echos des internationaux béninois : Rudy Gestede et Frédéric Gounongbé, buteurs !

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(Bonne entame de saison des joueurs béninois)
Après plus de deux mois de pause, votre rubrique « Echos des internationaux béninois » revient de plus belle avec les prestations des joueurs béninois qui évoluent dans les championnats européens et africains. Et pour cette reprise, les internationaux béninois ont bien entamé leur saison. Et pour cause !!!

Rudy Gestede: 1er match et 1er but

Transféré cette saison à hauteur de 8,4 millions d’euros, l’international béninois n’a pas tardé à justifier son arrivée à Aston Villa. En déplacement chez le promu Bournemouth, l’attaquant béninois, Rudy Gestede a permis à son nouveau club de prendre les trois premiers points de la saison. Sur une tête à la 72è minute de jeu, le N°39 d’Aston Villa a permis à son équipe de réaliser le hold-up,10 minutes après son entrée à la place de Jordan Ayew. Cerise sur le gâteau, Gestede a été désigné «Homme of the match» par nos confrères de Canal +. Signe annonciateur des couleurs d’une saison époustouflante.

87’mn de jeu : Gounongbé encore buteur

A l’image de Rudy Gestede, l’attaquant béninois Frédéric Gounongbé a encore marqué ce week-end en Ligue Jupiler belge. Auteur de 9 buts en 17 matches la saison dernière, Gounongbé a retrouvé ses sensations en ce début de championnat, après ses déboires de la saison dernière (blessures qui l’ont éloigné des pelouses). Pour le compte de l’acte n°3 du championnat belge, Frédéric Gounongbé a contribué au succès de son club Westerlo face à Leuven (3-2). Le  Béninois, averti à la 26è mn, a été buteur à la 67è mn de jeu, son deuxième but en trois journées. Il a été remplacé peu avant la fin de la rencontre (87è mn).

Imorou et Adéoti présents, hold-up de Caen à Marseille

Bonne entame de saison pour les internationaux béninois de Caen. Titulaires d’entrée pour le compte de la première journée du championnat français, Emmanuel Imorou et Jordan Adéoti ont brillé par leur présence sur la pelouse marseillaise, contribuant au succès des caennais. Le seul but marqué à la 22è minute de jeu a été largement suffisant pour les internationaux béninois et leurs coéquipiers qui remportent leur première victoire de la saison en déplacement. Ils devront confirmer leur bonne forme de début de saison le week-end prochain pour le compte de la 2è journée de Ligue 1.

Steve Mounier présent, Montpellier battu par Angers

Si Gestede, Imorou, Adéoti et Gounongbé ont connu des succès avec leur équipe respective, tel n’est pas le cas de l’attaquant béninois Steve Mounier avec son club Montpellier. Pourtant, le Béninois était titulaire mais n’a pu éviter le revers à ses coéquipiers. Le promu Angers a été plus entreprenant et a infligé d’entrée une défaite aux Montpelliérains (2-0).  Steve Mounier a donc l’obligation de vite trouver ses sensations de buteur pour conserver la confiance de son entraineur.

Réalisation : Abdul Fataï SANNI

 
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Assemblée Générale constitutive de la Fimaa : Louan Jean Charlemagne Bleu plébiscité

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(Le Béninois Philippe Totondé élu 2è vice-président)
En marge de la 4è édition de la Can de maracana, il a été procédé à la mise en place de la Fédération internationale de maracana associations (Fimaa). Au terme du Congrès constitutif et électif qui a eu lieu mercredi 05 août 2015 à l’hôtel Ibis de Lomé au Togo, c’est l’Ivoirien Louan Jean Charlemagne Bleu qui a été élu premier président de l’institution.

Sans grande surprise, le président de la Fédération ivoirienne de maracana et disciplines associées (Fimada), Louan Jean Charlemagne Bleu a été porté à la tête de la Fimaa par les 12 délégués venus d’Afrique, d’Europe, de l’Amérique du Sud. Seul candidat à la présidence, l’initiateur de cette discipline sportive en Afrique, a reçu l’aval de ses pairs qui ont fait le déplacement de la capitale Togolaise. Outre le poste de la présidence, il y en avait quatre autres. C’est ainsi que le président de la Fédération béninoise de maracana (Fébéma) Philippe Totondé s’est vu confier le poste de deuxième vice-président. Le Togolais Etienne Bafaï, le Nigérien Saadou Maguizo, le Burkinabé André Baddo et le Malien Mali Dipa Fané sont respectivement 1er, 3e, 4e et 5e vice-président. Notons que le Maracana, tout comme le football de plage (Beach soccer) ou le football de salle (Futsal), est une variante du football qui se joue sur une aire de jeu réduite (terrain de hand-Ball).

A.F.S.

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Premier League / Aston Villa : Gestede, enfin dans la lumière !

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La semaine passée, Rudy Gestede s’est engagé pour cinq saisons avec Aston Villa. A 26 ans, l’attaquant international béninois connaît enfin la consécration.  

Rudy Gestede fait partie de ces joueurs pour qui, le succès est passé par un exil hors de l’hexagone. Né à quelques kilomètres de Nancy en 1988, le joueur d’origine béninoise passe sa formation chez le voisin messin. A 19 ans, l'adolescent aux dreadlocks effectue ses premiers pas en match officiel avec le groupe pro. Deux saisons, trente matchs et quatre buts plus tard, l’attaquant est prêté à Cannes, en National, pour s’aguerrir. A l’époque déjà, son sens du but séduisait en Angleterre, du côté de Reading notamment.

Un tir au but manqué en finale

C’est finalement à l’été 2011 que le joueur de 1m 93 a traversé la Manche, pour poser ses valises à Cardiff City. En Championship, le joueur se fait peu à peu sa place, et se paye même le luxe de disputer la finale de la Coupe de la Ligue, contre Liverpool au printemps 2012. Malheureusement, il ratera son tir au but face à Pepe Reina, et les Gallois s’inclineront. Pas abattu pour autant, celui qui décidera l'année suivante d'opter pour les Ecureuils du Bénin saura se rendre utile au sein de l’équipe. Les Bluebirds accrocheront même la promotion en Premier League.

Le choix des Ecureuils

Mais Rudy Gestede ne profitera pas de cette nouvelle exposition. Avec un temps de jeu réduit, il décide de redescendre d’un échelon, lors d’un prêt à Blackburn. A peine plus d’un mois après le début de sa pige chez les Rovers, il y signe un contrat. Epanoui au sein de sa nouvelle formation, l’international français dans les catégories des jeunes va exploser, étant même élu joueur du mois d’avril 2014, où il a marqué 6 buts en 7 matchs, dont un triplé contre Birmingham. La saison suivante sera celle de la confirmation avec 20 buts en 39 matchs, et l’intérêt des plus grands. C’est finalement du côté d’Aston Villa que le Béninois a posé ses valises, avec pour objectif, d’enfin s’imposer en Premier League. Il a cinq ans pour y parvenir…

 Football365/FootSud

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La Sirène de Faso Fani, de Michel K. Zongo : Raviver le rêve

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Le documentaire aborde rarement l’économie, encore moins l’entreprise : les portes ne s’en ouvrent pas aisément, les sujets sont complexes. L’originalité de La Sirène de Faso Fani est dans son titre : il aborde à la fois l’histoire d’une entreprise et ce qu’elle a signifié pour un peuple. Mais l’intérêt de ce film est aussi de saisir les tentatives actuelles de raviver la filière et de les situer dans cette histoire qui n’aurait pu exister sans une bonne dose de rêve et de foi.

C’est une aventure industrielle que nous dépeint Michel K. Zongo mais aussi ce qui a motivé son succès : le rêve d’une production locale de tissu indépendante dans le Burkina Faso de Thomas Sankara. C’est donc par lui que commence le film, ses discours pleins d’humour et d’engagement : «Je ne fais pas un défilé de mode, mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes». Le Faso dan Fani (pagne tissé au pays) sera un tissu sans fil extérieur : l’usine de Koudougou, au cœur de la région cotonnière du Centre-Ouest, agit comme fleuron d’une révolution.

Olivier BARLET

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Jean-François Donzier, Dg de l’Office international de l’eau (OIE) : « Les données sont indispensables pour concevoir les politiques »

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La collecte des données est un préalable important pour une bonne gestion des ressources en eau. C’est ce que  le Directeur général de l’Office international de l’eau (OIE) et  Secrétaire général mondial du Réseau international des organismes de bassins (Riob), Jean-François Donzier, soutient dans cet entretien qu’il nous a accordé au cours de son passage à Cotonou. Se fondant sur l’expérience du Riob, il défend que la gestion par bassin constitue une panacée pour une meilleure gouvernance des ressources en eau.

Aujourd’hui que peut-on retenir comme acquis du travail que fait l’Office international de l’eau?

Il y a plusieurs points. Le premier, c’est le travail que nous faisons au niveau international avec pour particularité d’être uniquement le conseil des gouvernements ou des autorités locales pour conduire des réformes visant à mieux gérer l’eau. Cela passe par la mise en place de structures de bassins, que ce soit au niveau des bassins nationaux ou des bassins transfrontaliers, en particulier en Afrique. Donc, nous travaillons pratiquement avec tous les grands fleuves transfrontaliers africains de façon à leur faciliter la vie et à les aider dans la mise en place de leurs outils pour leur permettre de faire face aux enjeux majeurs auxquels ils sont confrontés.

Nous travaillons sur deux autres sujets à savoir la production de données sur l’eau et la mise en place de système d’information sur l’eau, également au niveau local ou au niveau national, voire transfrontalier, puisque l’échange de données entre pays riverains de grands fleuves est très important. C’est véritablement un enjeu majeur aujourd’hui parce qu’on ne sait pas gérer si on ne sait pas mesurer. Donc, on essaie de pousser les gouvernements à mettre en place ce nouveau système lorsqu’ils n’en ont pas déjà de préétabli cohérent. Bien entendu, nous avons tous les outils, que ce soient les outils traditionnels ou les outils plus modernes avec les images de satellites ou l’utilisation des grises qui peuvent utiliser pour produire des données de qualité. Le troisième point très important sur lequel nous travaillons, c’est la formation professionnelle des administrations et des organismes de bassins. Mais aussi formation professionnelles des employés des services des eaux, que ce soient les services d’irrigation collective ou les services de l’eau potable et de l’assainissement des villes et des campagnes. Nous savons que beaucoup d’investissements réalisés ne marchent pas, ou marchent très mal, et surtout se dégradent dès leur construction parce qu’il n’y a pas sur place d’équipes formées pour assurer toutes les tâches d’exploitation et de maintenance de sorte à ce que le bon fonctionnement soit assuré 24H/24. Donc, il y a un gros effort à faire surtout à l’endroit des employés du bas de niveau, c’est-à-dire des ouvriers, et des employés de bureau pour les tâches administratives. Mais j’insiste sur les ouvriers parce que ce sont eux qui ont les mains dans l’eau et pas les ingénieurs.

Peut-on dire que l’office international est une structure de plaidoyer ?

Oui, c’est une structure de plaidoyer, car nous avons nos idées et notamment nous travaillons beaucoup avec les agences des Nations Unies, en particulier l’UNESCO, la Commission des Nations Unies pour l’Europe, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’OCDE sur les évolutions et principes qui doivent être mis en avant au niveau international. Nous sommes aussi un opérateur, un fournisseur de services, à la fois des services de conseil aux gouvernements pour conduire des réformes, mise en place de systèmes d’informations sur l’eau de façon très concrète avec les mesures, le transfert de données, le traitement de données pour qu’elles soient utilisables et puis cet aspect formation professionnelle qui va à la fois de la formation directe à la demande d’un grand nombre d’organismes chez eux, mais aussi de l’aide à la création dans les pays qui le souhaitent de centres de formation spécialisés pour de personnels techniques qui ne sont pas à l’aise dans les grandes écoles et dans les grandes universités.

Dans les pays africains, il est remarqué qu’il n’y a pas un système efficace de collecte de données. Quels conseils donnez-vous pour arriver à la production de ces données qui permettent de suivre la gestion des ressources en eau ?

Les données sont indispensables pour concevoir les politiques. Elles permettent d’établir les états des lieux et de pouvoir évaluer l’efficacité des politiques qui sont conduites. Le problème, c’est que la production des données et leur traitement supposent des dépenses importantes. C’est à la fois des dépenses en investissements, mais ce n’est pas à la limite les plus lourdes, et surtout des dépenses de fonctionnement courant. Tous les pays sont confrontés à cette question de coût de la production des données et de la comparaison entre l’investissement dans un système d’informations et le besoin de donner l’eau potable pour permettre aux agriculteurs d’irriguer. Les deux coûtant la même chose, les gouvernements, s’ils ne peuvent pas se payer les deux en même temps, choisissent évidemment le service direct aux populations. Cela équivaut naturellement à une façon de reculer pour mieux sauter parce que tôt ou tard, ils auront besoin des données. Le souci, c’est qu’ils vont faire des erreurs dans la conception des ouvrages et dans leur mode de mise en place de leurs politiques s’ils n’ont pas un bon diagnostic de ce qui se passe de vrai sur le terrain et dans les différents services des eaux. Aujourd’hui, on sait comment faire et ce n’est absolument pas un problème technique. Nous avons tous les systèmes et nous savons comment faire. Dans chaque cas particulier, l’Office international de l’eau peut conseiller les gouvernements sur la mise en place des choses les plus appropriées. Une des difficultés qu’on rencontre en Afrique, c’est que les gouvernements ne vont pas très loin dans le financement de ce système avec leurs moyens propres et sont complètement dépendants des bailleurs internationaux. Le drame, c’est que les bailleurs payent pour des projets, en général, de trois ou quatre ans et puis après arrêtent. Conséquence, tout ce qui a été fait s’arrête. Non seulement que ces projets s’arrêtent, mais se dégradent pendant qu’on attend peut-être le prochain financement. Il y a des appareils sur le terrain qui ne sont pas entretenus, voire qui ne sont pas surveillés, très vite les gens vont en prendre des morceaux ou les détraquer. Donc, trois ans et trois ans et rien ne progresse. Surtout que dans certaines zones les choses sont compliquées parce que l’autorité n’est pas forcément assurée. Dans les zones qui sont réellement calmes et sous contrôle, on sait bien faire le travail et il faut qu’on arrive à changer ce problème du financement du système d’informations.

Pourquoi pensez-vous que la gestion de l’eau doit se faire par bassin ?

C’est très bête car l’eau coule de haut en bas. En général, elle coule des collines montagnes vers la mer. Des frontières ou des limites administratives existent depuis des millénaires, mais cela n’empêche pas l’eau de couler. L’eau ne connaît pas les frontières, qu’elles soient nationales ou administratives ou internes à chaque pays. Si on veut une gestion cohérente de la ressource, et aujourd’hui c’est indispensable avec les effets du changement climatique, il faut, à l’échelle où l’eau est naturellement disponible, s’organiser. Evidemment, cela change un certain nombre d’habitudes, mais cela paye. Surtout que la gestion par bassin n’est plus une trouvaille. On a beaucoup d’exemples : Depuis 50 ans, le système marche en France ; en Espagne, elle marche depuis plus longtemps encore, 70 ans environ. Dans beaucoup d’autres pays, c’est 20, 25 ou presque 30 ans d’expériences. Donc, aujourd’hui on sait que c’est gagnant.

Qu’est-ce qu’on gagne concrètement en choisissant de faire la gestion de l’eau par bassin?

Des choses qu’on gagne, il y a d’abord tout ce que l’on ne peut pas faire tout seul. Les pays d’aval ont besoin des pays d’amont pour lutter contre les sècheresses en créant des réservoirs, des barrages ; lutter contre la pollution. Les pays d’amont ont aussi besoin des pays d’aval pour la navigation et, éventuellement, pour le partage de la production hydraulique, comme la pêche. Il faut que les poissons puissent remonter les cours des rivières. Donc, tout le monde se tient. C’est comme une sorte de solidarité qui existe et si on casse cette solidarité, on ne peut plus assurer une bonne gestion de l’eau.

Aujourd’hui avec l’augmentation des phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques, il y a plus d’inondations, plus de sècheresses. Alors, indiscutablement tous les pays qui n’ont pas encore adopté ce type d’organisation pour leur gestion de l’eau s’y mettent le plus vite possible. Et on a aussi tous les outils et moyens pour les aider à faire vite dans la mise en œuvre des réformes.

Qu’est-ce qui bloque véritablement l’adoption de la gestion par bassin dans les pays africains?

Investir dans la gestion par bassin rapporte forcément. Alors pourquoi on n’y va plus vite ? La vraie réponse est d’abord politique parce qu’elle perturbe, bouleverse les habitudes. Dans beaucoup de cas, le principal frein à cette mise en place de cette nouvelle politique, c’est l’administration qui, elle-même, est organisée de façon différente. Quand on lui dit qu’il faut changer la façon dont ça marche, elle dit qu’elle gère bien et qu’il n’y a pas de raison pour qu’elle fasse autrement. Dans tous les pays du monde, une réforme institutionnelle est toujours longue. Il faut le temps d’y réfléchir, le temps de voter une loi nationale, mettre en place les textes d’application et créer les structures. Conséquence, il n’y a pas de réforme qui dure moins de 5 à 10 ans. Dans tous les pays du monde, même avec une volonté politique très forte d’aboutir, il faut 5 à 10 ans pour que les institutions nouvelles soient réellement opérationnelles sur le terrain. Par contre, aujourd’hui on a suffisamment d’exemples, et pas seulement les pays du Nord. Je vous citais tout à l’heure la France et l’Espagne. Aussi, on ne va pas proposer à un pays africain qui n’a pas encore développé ces pratiques de tout de suite adopter un système comme celui qu’il y a en Europe. Ce serait complètement absurde.

La gestion par bassin concerne plusieurs utilisateurs. Quelles sont les bonnes pratiques qui permettent de réussir à mettre tous ces utilisateurs autour d’une table pour fixer les modalités de gestion ?

Le meilleur moyen qu’on connaît aujourd’hui, c’est la création d’un comité de bassin. L’idée est de mettre ensemble des représentants, bien représentatifs, des différentes catégories professionnelles. Ces représentants ont pour responsabilité de parler au nom de ceux qu’ils représentent, mais ils doivent pouvoir aussi prendre des décisions en leur nom et de retourner les leur faire appliquer une fois à la maison. Pour faire avancer la discussion et éviter qu’elle se termine en plusieurs, où les utilisateurs s’accusent mutuellement de pollution, ou de gaspillage, etc., il faut la mise en place de système d’informations. Ainsi, à partir de celui-ci, différents scenarii pour solutionner les dysfonctionnements pourraient être mis en discussion. Tout cela permet aux différents acteurs d’avoir une vision commune. Le Niger, le Sénégal, etc., sont arrivés à cette étape. A partir de cette vision, on débite le temps par programme, et il faut que ce soit réaliste. La dernière question à se poser, c’est de savoir celui qui paye. C’est toujours compliqué de le savoir. Ce qui est pourtant sûr, c’est que si personne ne paye, il ne se passera rien parce que l’argent ne tombe pas du ciel. Il y a toujours quelqu’un, un groupe, des groupes ou tout le monde qui doit contribuer à payer. Mais très souvent l’argent doit venir du pays ou de la région. Et pour y arriver, il n’y a pas trente-six solutions, il faut payer les taxes. Il peut s’agir des taxes locales, des taxes nationales ou des taxes de bassin qu’on appelle généralement des redevances sur les prélèvements et les rejets. En gros, c’est la règle du pollueur, préleveur payeur. Il peut s’agir aussi des transferts parce que l’électricité qui est un secteur rentable peut au moins payer partiellement pour l’eau ; les mines peuvent également très bien payer pour l’eau, surtout avec tous les dégâts qu’elles occasionnent. De même, le transport fluvial peut payer pour l’eau. Pour faire fonctionner tout cela, il faut être courageux et discuter entre acteurs. C’est d’ailleurs l’objectif du comité de bassin. Chez nous en France, cela fait 50 ans que ça marche. Cela marche également au Maroc, au Mexique, au Brésil, en Roumanie, en Bulgarie et dans certains pays asiatiques. Donc, ce n’est pas de la science-fiction tout ce que nous disons là. On peut y arriver en ne faisant pas payer beaucoup.

Est-ce qu’il y a de ces modèles qui marchent en Afrique ?

Oui, il y a un exemple. En tout cas dans le cas des bassins frontaliers, il y a l’exemple du Sénégal. C’est au niveau du fleuve Sénégal. Mais la vraie question, c’est pourquoi les autres pays ne font pas pareille. Il y a les quatre pays, puisque la Guinée a rejoint l’organisation, il faut se rappeler qu’il y a une trentaine d’années, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal étaient prêts à se faire une vraie guerre. La situation était très tendue. Heureusement qu’ils ont eu le génie de créer l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et de surtout, faire la différence entre l’OMVS et les autres organisations, dire que les ouvrages qui seront construites seront des ouvrages communs et qu’ils n’appartiendront pas aux pays où ils sont construits mais à l’organisation. Donc, c’est l’OMVS qui est propriétaire des barrages, des systèmes de navigation fluviale et des principaux systèmes de transport d’énergie électrique et d’eau brute pour l’irrigation. Ceci donne une puissance considérable à l’organisme qui ne se pose pas la question de savoir comment il va faire pour payer ses employés à la fin du mois, parce que la propriété patrimoniale des ouvrages appartenant à l’organisme le fait marcher un système économique. Il touche des redevances sur l’électricité qu’il produit ; la navigation paye également. Donc, tous ces systèmes rapportent de l’argent qui évitent à l’organisme d’avoir à se poser des questions et d’aller mendier auprès des Etats qui ne sont pas eux-mêmes toujours très solvables. C’est donc un système que je trouve très intéressant, voire génial. J’ai même tendance à recommander des systèmes de type OMVS. On ne peut pas se plaindre que les organismes de bassins ne fonctionnent pas si on ne leur donne pas les moyens de fonctionner. On a aussi d’autres systèmes qui marchent aujourd’hui. J’ai en tête le Maroc qui tout en étant un pays en développement est un pays dynamique. Aujourd’hui, pour tout ce qui est rénovation des services urbains, non seulement ils ont fait appel à des entreprises privés avec des vrais contrats bien négociés, mais aussi ils ont mis en place des systèmes de tarifs progressifs qui font que les habitants des quartiers défavorisés ont l’eau potable à un coût qu’ils peuvent payer. Bien évidemment les hôtels de luxe, les grandes entreprises manufacturières payent beaucoup plus cher que le citoyen moyen. C’est parfaitement faisable. Ce n’est pas des solutions de pays riches.

Par exemple, en France toutes les habitations ont l’eau potable de robinet et quand je dis l’eau potable, c’est-à-dire qu’elle est aux normes européennes. Les agences de bassin prélèvent plus de 15% ou plus de 25% du tarif. Ce qui est quand même important. Dans le même temps, un m3 qui équivaut à une tonne d’eau, coûte  la moitié d’un paquet de cigarette ou deux litres d’essence. C’est cent fois moins cher au volume reconstitué. C’est le prix d’une bouteille de Coca dans la buvette du quartier. Pour arriver à ce niveau, il nous a fallu du temps. Mais en s’y mettant et en nous montrant persévérant dans l’effort et dans l’organisation, nous y sommes arrivés.

Entretien réalisé par Alain TOSSOUNON (Coll)

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Lutte contre Boko Haram : Buhari et Yayi harmonisent leurs points de vue à Cotonou

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«Notre détermination est inébranlable, car ce qui touche le Nigeria, touche le Bénin», c’est en ces termes que le Chef de l’Etat béninois a justifié ce samedi l’engagement du Bénin au sein de la force multinationale en préparation contre la secte Boko Haram qui frappe la sous-région. C’était à la faveur de la conférence de presse conjointe qu’il a animée avec son homologue nigérian qui avait participé à la célébration du 55ème anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. « Nous nous sommes retrouvés pour arrêter le code de conduite. C’est vrai nous faisons partie d’un espace qui se veut unifié, mais nous faisons partie du système des Nations unies. Nous avons besoin que nos actions soient légalisées au plan international. Le Conseil de sécurité doit valider l’existence de cette force. Ce qui est déjà presque le cas. Ce qui nous reste aujourd’hui, à notre avis c’est cet appui… Des moyens techniques, des moyens de renseignement etc», a déclaré le président Yayi Boni. Et de poursuivre : « la question de Boko Haram est une priorité au niveau de la Cedeao, au niveau du continent africain, au niveau de la Communauté internationale. Nous sommes convaincus que Boko Haram sera vaincue pour tenir compte de la détermination du président Buhari, de celle des autres Chefs d’Etat de la sous-région mais aussi celle de la Communauté internationale. J’en veux pour preuve les assurances qui m’ont été données par le président François Hollande». Le président Muhammadu Buhari  s’est dit lui rassuré par la capacité d’intervention des forces militaires béninoises. « J’ai apprécié l’attention que le Bénin porte pour les questions de sécurité et salue la décision de ce pays de se joindre aux pays du lac Tchad. Je salue surtout la décision du Bénin d’envoyer un régiment qui va se joindre à la force multinationale pour combattre le groupe terroriste Boko Haram. Je félicite le gouvernement béninois pour les investissements faits sur les questions de sécurité sur la base de ce que j’ai vu aujourd’hui (samedi dernier, Ndlr) sur le terrain lors du défilé militaire », a-t-il indiqué. Le président Yayi Boni, faut-il rappeler a promis d’engager 800 hommes contre Boko Haram.

Allégresse SASSE

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