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Economie

Dévaluation à 50%du Naïra : « Des démarches urgentes s’imposent », selon Nicéphore Soglo

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La dépréciation du naira au Nigeria a de lourdes conséquences sur les économies des pays comme le Bénin dont le commerce extérieur repose en majeure partie sur la santé économique du géant de l’est.
L’ancien président et ancien fonctionnaire au FMI Nicéphore Soglo s’en préoccupe. Sa solution, c’est une action concertée et urgente des gouvernements africains en partenariat avec les institutions de Breton Wood afin de parer au pire.
Lire sa déclaration

Déclaration

Béninois, Béninoises, Chers compatriotes,

L’heure est grave, et il me faut tirer la sonnette d’alarme. Les gouvernements de la zone franc et la France ne peuvent plus rester les bras croisés devant la dévaluation de 50% du naira. Face à la réduction brutale et dramatique des prix du pétrole brut et donc de leurs revenus, la plupart des pays pétroliers, ont avec l’aide du FMI, pris les mesures de correction, d’ajustement, en un mot de vérité monétaire qui s’impose. Quid de leurs clients ? Ces derniers doivent au plus vite prendre des mesures qui s’imposent car leur monnaie est désormais surévaluée par rapport au naira. Imagine-t-on les pays du monde se croiser les bras devant la dévaluation du dollar ? Ne disait-on pas au sortir de la deuxième guerre mondiale, que quand l’Amérique toussait, l’Europe avait une fluxion de poitrine ? Or, notre Amérique c’est le Nigéria. Des démarches urgentes s’imposent donc avec nos partenaires africains et européens et avec les institutions de Breton Wood, la Banque Mondiale et le FMI si l’on ne veut pas assister à la ruine de nos économies. La balle est à présent dans notre camp et le temps presse, sinon beaucoup de producteurs et de commerçants risquent de connaitre de graves difficultés et même de déposer leur bilan. Je vous remercie.

Nicéphore D. SOGLO Ancien Président de la République Ancien Maire de la ville de Cotonou Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats, Créé en 2006 à Maputo par Nelson MANDELA

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Fin de la réunion annuelle du CAUCUS AFRICAIN : Pour une amélioration de la croissance et la transformation du continent africain

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La réunion annuelle des Gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international a connu son épilogue, vendredi 05 août 2016, au Palais des Congrès de Cotonou. A l’issu de la rencontre, les Gouverneurs africains du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale se sont engagés à mobiliser les ressources pour la transformation du continent africain et à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement.

A Cotonou, les Gouverneurs ont pris acte du contexte actuel marqué par la multiplicité des chocs notamment la chute des cours des matières premières, le resserrement des conditions financières sur les marchés de capitaux, les défis d’ordre sécuritaire et le changement climatique. Ils reconnaissent par conséquent que pour prendre en charge  ces chocs, il est nécessaire de promouvoir la diversification et le développement inclusif des économies ainsi que le renforcement des Communautés économiques régionales. Les Gouverneurs s’engagent donc à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement, afin de préserver et de renforcer les avancées réalisées par les économies africaines au cours de la dernière décennie. Au demeurant, l’appel de Cotonou  est  lancé à l’endroit des institutions  de  Bretton Woods pour accompagner la transformation structurelle des économies des pays africains, notamment par le financement et la facilitation d’investissements massifs à taux concessionnel dans les secteurs clés. Une nouvelle approche est recommandée à cet effet pour de nouveaux instruments adaptés aux besoins réels du continent avec un cadre de gestion de la dette plus souple et une solide reconstitution de l’IDA18. Les Gouverneurs sollicitent par ailleurs, des renforcements des capacités techniques adaptés des institutions de Bretton Woods pour rendre les économies africaines plus résilientes aux chocs notamment exogènes. Les Gouverneurs appellent enfin les institutions de BrettonWoods à rendre effectifs les engagements pris en matière de diversité et de représentativité du continent africain dans leurs instances de décisions. Pour le Président du CAUCUS AFRICAIN et ministre du Développement du Bénin Abdoulaye Bio Tchané, ces conclusions cadrent bien avec le souhait du Chef de l'Etat de voir les assises de Cotonou marquer définitivement le point de départ de la transformation du continent. Il exprime donc le souhait que le Fmi et la Banque mondiale tiennent grand compte de ces orientations pour cadrer leurs interventions sur le continent. Abdoulaye Bio Tchané lance pour finir, un appel au FMI et au Groupe de la Banque Mondiale pour porter la voix du continent auprès de la communauté des bailleurs pour un financement plus intensif en faveur de l'Afrique.

Thomas AZANMASSO

Quelques impressions


Jean Baden Dubois, Gouverneur de la Banque centrale d’Haïti
« Ensemble, les 54 pays peuvent défendre leurs intérêts »
Un pays tout seul ne peut avoir une certaine influence, mais quand les 54 pays semettent ensemble, ilspeuventfacilement défendre les politiquesvis-à-vis des institutions de BrettonWoods, ils peuvent facilement avoir une plus grande voix, ils peuvent plus facilement défendre leurs intérêts que ce soient les intérêts des pays les plus émergents ou des pays qui ont une certaine fragilité. Ensemble, ils peuvent être une force extrêmement convaincante pour rapatrier les aides et les prêts que procurent ces institutions vers les pays d’Afrique.

Ruffino D’Almeida, Président du comité d’organisation
« C’est surement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire »
C’est un immense honneur pour le Bénin d’organiser le CAUCUS africain. Vous avez pu constater que ce sommet n’a souffert d’aucune carence. Vous constatez aussi que nos hôtes ont décernéun satisfecit total au gouvernement du Bénin et au comité d’organisation. Les administrateurs du Fmi et de la Banque mondiale ont fait savoir que c’est sûrement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire. Le Bénin a su par cette manifestation, montrer la capacité de ses fils et filles à organiser et à acuelillir dans de très bonnes conditions ses hôtes. Ceci devrait nous instruire pour la suite.

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Réunion annuelle de haut niveau du Caucus africain à Cotonou : Les contributions de Reckya Madougou

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Les 4 et 5 août, au Palais des Congrès de Cotonou, s'est tenu la réunion annuelle du Caucus des gouverneurs africains du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, que sont les ministres en charge des finances ou du développement des 54 pays de notre continent. Cette rencontre de haut niveau dont l'objectif principal indiqué se résumait à proposer un mémorandum aux dirigeants desdites institutions afin d' <<accroître l'appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et accélérer la transformation de l'Afrique>>, fut rythmée par d'enrichissants débats.

Il me plait d'une part de reconnaitre la bonne organisation de cet événement - qui honore notre pays - sous le leadership du Ministre d'Etat Abdoulaye Bio Tchané, et d'autre part, de saluer la grande qualité des échanges qui rassure de ce que ceux qui élaborent les politiques publiques en Afrique, ne sont plus - pour la plupart - seulement des "consommateurs" de programmes-pays mais des décideurs capables de vision, nonobstant le défaut de flexibilité déploré au niveau des institutions de Bretton Woods.

Le panel de la session 2 auquel j'ai participé fut brillamment modéré par Dr. Donald Kaberuka, ancien Président de la Banque Africaine de Développement ( BAD) et s'est penché sur une problématique éminemment actuelle: <<répondre aux besoins de capacités pour accélérer la transformation structurelle de l'Afrique>>. Mes contributions à ce titre sont articulées autour des points ci-après.

Pour aborder une telle préoccupation, il me paraît indispensable et préalable que soient mieux appréhendé les spécificités des économies africaines dont je rappelle certaines caractéristiques:

Sur le plan macroéconomique:
•    une croissance basée sur trois moteurs communément désignés en Anglais par les 3C (Commodities-Consumption-Coridors), c'est-à-dire, les matières premières (dont les prix sont bien souvent en souffrance), la consommation qui mérite d'être stimulée et les couloirs économiques, véritables opportunités d'accélération de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB);
•    un ralentissement du taux de croissance du PIB de l'Afrique subsaharienne (2,5% prévus pour 2016 par la Banque Mondiale); un taux qui avait déjà connu sa plus mauvaise performance en 2015 (3%) - en considérant la période de référence 2009-2015 - face à une Asie de l'Est et Pacifique (6,3% prévus) et (Asie) du sud (7,1% prévus), dont les économies résistent remarquablement aux chocs;
•    une difficulté de maîtrise de l'inflation surtout dans les pays exportateurs de matières premières et dont les cours ont drastiquement chuté (cas du Nigeria qui connaît actuellement un taux d'inflation allant jusqu'à 16%, ayant engendré une forte dépréciation de sa monnaie par rapport au dollar et entraîné cette économie locomotive du continent dans une récession);
•    tout comme les économies émergentes d'Asie non exportatrices de pétrole, les pays d'Afrique subsaharienne importateurs de pétrole devraient être plus résilients et savoir profiter de l'opportunité de maîtrise de leurs taux d'inflation pour doper la consommation, moteur de croissance.

Sur le plan microéconomique:

•    une typologie assez spéciale des entreprises avec une extrême prédominance en nombre de Très Petites Entreprises (TPE) et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), à côté de quelques grandes entreprises qui sont pour l'essentiel des multinationales et des sociétés publiques caporalisant le maximum des attentions en matière d'accompagnements. Or est-il besoin de rappeler qu'en Afrique, ce sont les TPE/PME/PMI qui emploient autour de 80% de la population active?
•    Une offre de services financiers peu diversifiée avec un taux de bancarisation des plus faibles au monde.
•    La prépondérance d'un secteur dit informel que les pays ont du mal à organiser et surtout dont ils peinent à capitaliser le potentiel des unités économiques qui le composent.

En me gardant de d'ouvrir de nouveau l'éternel débat relatif à la nécessité/efficacité ou non de l'aide au développement, je nous convie à réfléchir à comment les institutions de BrettonWoods peuvent mieux répondre aux besoins de capacités dans la perspective d'une transformation structurelle, face aux défis qu'imposent les constats rappelés supra.

1- D'abord, relevons que mieux que la quantité des appuis attendus, il s'agit surtout de leur nature et de leurs orientations. Les pays africains doivent définir eux-mêmes leurs priorités qui feront l'objet d'appuis et veiller à leur respect. Cela exige une totale prise en compte du principe de l'appropriation qui veut que chacun des pays bénéficiaires d'aide au développement se dote de stratégie nationale dans chaque secteur. Une telle exigence devient d'autant plus aisée qu'aujourd'hui, à l'avantage de l'Afrique, il existe une diversité de sources et d'origines de financements, avec des conditionnalités diverses, certaines plus avantageuses que d'autres.

2- De ce fait, les renforcements de capacités humaines, institutionnelles et en logiciels (soft) nécessaires ne doivent se faire qu'en fonction des priorités nationales: le principe de l'alignement mérite d'être mieux ancré auprès des bailleurs, avec un accent particulier sur la prévalence des systèmes nationaux sur laquelle nos Etats ne devraient plus transiger. Car si l'aide continue autant de contourner les dispositifs nationaux, à quand le transfert des compétences et une véritable capacitation des économies en développement?

Par ailleurs, les appuis doivent rentrer dans le cadre d'une meilleure prévisibilité. Aller vers une meilleure prévisibilité de l'aide revient à ce que les donneurs informent les pays au moins 3 ans à l'avance de l'aide précise qu'ils envisagent accorder sur la base des perspectives émanant des politiques nationales. Ce qui suppose en effet au préalable aussi que nos pays disposent de documents de prospective et de planification à court, moyen et long terme. Des documents de politique de qualité appellent quant à eux la disponibilité de statistiques fiables, fréquemment actualisées. D'ailleurs un appui utile des institutions de Breton Woods en Afrique pourrait consister en l'intensification de leur accompagnement en matière d'enquêtes et de statistiques.

Aussi la nécessité d'harmonisation des appuis devient-elle de nos jours un soucis récurrent du fait de la concurrence destructrice entre les donneurs: simplifier les procédures et éviter la concurrence nuisible entre les bailleurs dont l'une des désastreuses conséquences est le délaissement de certains secteurs en faveur d'autres secteurs selon l'approche "effet de mode", sur fond de saupoudrage de ressources.

3- Savoir Identifier les Secteurs priorita que mieux que la quantité des appuis attendus, il s’agit surtout de leur nature et de leurs orientations ires susceptibles de favoriser une transformation structurelle rapide du continent :
•    Éducation / recherche car le capital humain est la première ressource indispensable
•    Énergie en qualité et quantité suffisante (le mix énergétique comme une condition sine qua none)
•    Agriculture (agriculture moderne, diversification, et agro business)
•    Technologie de l'Information et de la Communication (TIC) pour développer une véritable économie circulaire vecteur de transformation.
Tout ceci devant se développer dans un contexte d'assainissement des finances publiques en veillant à la qualité de la dépense et d'amélioration de la gouvernance en luttant contre l'impunité avec la "complicité indépendante" de la justice.

4- Fort de la prédominance des TPE/PME en Afrique, l'inclusion financière est une solution incontournable en matière d'appui à fournir aux économies africaines. Le développement ne se montrera pas au rendez-vous sans un véritable accompagnement du secteur privé. Il est important de tenir compte de la grande masse de nos entreprises pour concevoir une politique d'intermédiation financière appropriée. Il serait bien à propos de citer en guise d'exemple le récent accord de prêt que la BAD a accordé le 13 juillet à la Tunisie pour contribuer à la relance de son économie:

268 millions d'euros destinés à la modernisation du secteur financier, principalement en renforçant le marché des capitaux et développer la microfinance. Justement les conditionnalités d'un tel emprunt pour la période 2016-2017, favorise cet objectif salutaire avec un taux annuel concessionnel de 0,56%; emprunt remboursable sur 25 ans assorti d'une période de grâce de 7 ans.

Permettre à des ménages à faible revenu et aux TPE/PME d'accéder à des services financiers variés adaptés à leurs besoins reste généralement le parent pauvre des politiques économiques en Afrique subsaharienne. Or aucune économie ne peut prospérer sans une vitalité de son secteur privé car c'est lui qui génère la richesse et les emplois durables.

5- Il urge donc d'accompagner les réformes pays qui renforcent le secteur privé comme créateur de richesse et pourvoyeur d'emplois, et pas seulement le soumettre aux actions coercitives telles que les impôts prohibitifs:
•    Avons-nous des codes des investissements appropriés à la typologie de nos entreprises ?
•    Induire des mesures incitatives dans les secteurs accélérateurs de transformation et de croissance
•    Faciliter l'accès au crédit à taux bonifié
•    Promouvoir l'inclusion financière en favorisant le développement des marchés de capitaux, le refinancement des institutions de microfinance (IMF) à des conditions appropriées de taux, de durée, etc. Les IMF en se refinançant sur le marché des capitaux ont besoin de ressources "bon marché" de longue durée pour le financement de l'écrasante majorité des entreprises africaines qui sont des TPE, sans devoir recourir à des taux prohibitifs.
•    Les mesures incitatives en faveur de l'entreprenariat des jeunes doivent être durables et agir aussi sur l'environnement des affaires de façon profonde et pérenne.

6- Accompagner les pays dans des réformes consensuelles en vue de la Formalisation du secteur extra légal ("l'informel" est une terminologie péjorative qui tend à mépriser un pan aussi important de nos économies).
Il est question non pas de "folklores" à visées électoralistes mais de réformes profondes devant permettre de transformer nos capitaux intérieurs en capital vif car une part importante de notre capital est du "capital mort", inutile pour l'activité économique. Il n'y a qu'à imaginer au Bénin le nombre d'immeubles non immatriculés ou non référencés à leur juste prix pour comprendre les difficultés d'accès au crédit par exemple. Dans les pays développés, ces mêmes immeubles serviraient de domiciliation de sièges commerciaux, et mieux, de garantis bancaires pour des prêts conséquents et à long terme.

7- La mobilisation de l'épargne intérieure et des transferts de la diaspora peut apporter une contribution substantielle au financement des économies africaines, à condition que les pays mettent en place des dispositifs efficients à cette fin.
Par ailleurs les financements innovants pour de développement sont une source d'auto financement non négligeable que les pays gagneraient à savoir opérationnaliser.

8- Promouvoir une croissance inclusive. Le paradoxe en est que, selon une étude de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l'Afrique est la région du monde où les investissements sont le plus rentables, ajouté au fait qu'elle fait partie des régions qui présentent un meilleur taux de croissance depuis quelques années. En revanche, globalement, L'Afrique est aussi la région du monde où la croissance contribue le moins à la réduction de la pauvreté . Interrogeons-nous alors sur nos choix de politiques publiques et priorités. D'où la nécessité de promouvoir des mécanismes d'économie inclusive porteuse d'une croissance elle-même inclusive pour une véritable résilience des populations. La quête de la croissance est un objectif noble mais mieux que cela, c'est la qualité de ladite croissance qui devrait davantage mobiliser nos énergies car la création de la richesse n'a véritablement de sens que lorsqu'elle est équitablement redistribuée, surtout dans le contexte des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire où l'on manque presque de tout.

La croissance inclusive que nous appelons de tous nos vœux cessera d'être un simple voeu pieux lorsque nous aurions compris que nous gagnerions à renforcer notre secteur privé grâce à des financements appropriés et la promotion de contrats de partenariat public privé. Le défi majeur est de favoriser l'émergence d'une classe moyenne densifiée, pour ainsi dire, agir sur les leviers multiplicateurs de la consommation. Agir sur la consommation, revient à produire autrement, diversifier et transformer. La transformation qui est un processus de valeur ajoutée est la clé de voûte de l'émergence.

Si le FMI et la Banque Mondiale souhaitent véritablement accompagner l'Afrique, ces défis méritent une meilleure attention. Il n'y a donc pas que la qualité de la gouvernance locale en Afrique à revoir mais aussi celle de l'orientation des ressources par les institutions de BrettonWoods, pour une efficience programmée.

ReckyaMadougou
Expert international en Finance Inclusive et Développement

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Réunion annuelle du CAUCUS AFRICAIN : Cotonou, plateforme économique des décideurs du monde

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Le Palais des Congrès de Cotonou abrite depuis hier, jeudi 4 août 2016, la réunion annuelle du Groupe des gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fmi (Caucus). Cette réunion annuelle regroupe,pendantdeux jours, les Directeursdes institutions de Bretton Woods, les ministres des finances, de l’économie, du développement et les gouverneurs des banques centrales des 54 pays d’Afrique, autour des questions liées au financement du développement de l’Afrique. C’est le Président de la République, Patrice Talon qui a procédé au lancement des travaux.

Tribune par excellence de discussion des questions liées à l’économie et aux  finances, le CAUCUS AFRICAIN a pour objectif majeur, le renforcement du pouvoir des gouverneurs africains sur les questions de développement, au sein du Fmi et de la Banque Mondiale. Ainsi à Cotonou, les participants, autour du thème « Accroitre l’appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et promouvoir la transformation de l’Afrique », à travers des communications, dialogues de haut niveau et sessions plénières, auront à traiter des questions liées au développement de l’Afrique.

S’engager pour le développement de l’Afrique

Pour le Président du CAUCUS AFRICAIN et ministre béninois du Développement Abdoulaye Bio Tchané, l’assise de Cotonou est à la fois un moment de réflexion et d’innovation  sur la transformation structurelle de  l’Afrique. Cependant, à l’en croire, elle se tient dans un contexte où les pays africains se trouvent confrontés à 3 chocs exogènes notamment le changement climatique, la chute du cours des matières premières et le terrorisme. Il invite donc le groupe à faire preuve de leadership et de détermination et à mener des discussions et réflexions pour la transformation de l’Afrique. Pour le Chef de l’Etat Patrice Talon, la rencontre de Cotonou revêt une importance capitale en ce sens qu’elle s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des ressources pour le financement du développement durable et inclusif de l’Afrique. Les engagements et résolutions prises lors du CAUCUS 2015à Luanda en Angola n’ont pas été atteints, en raison des chocs exogènes liés à la chute du cours des matières premières, au déficit énergétique et à l’insécurité, a fait savoir le Chef de l’Etat ;  un constat alarmant, ayant mis en évidence la vulnérabilité du continent africain. Il en appelle donc à l’accroissement de l’appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et promouvoir  la transformation économique du continent.  Patrice Talon exhorte enfin les participants à intervenir auprès du monde occidental et des institutions internationales, afin qu’un réel plan de développement, un « Plan Marshall » soit mis en place pour le développement de l’Afrique. Plusieurs communications liées à la mobilisation des ressources, le rôle des institutions de Bretton Woods et à la lutte contre l’évitement fiscal ont marqué la première journée. Des opportunités d’affaires et des visites touristiques sont également au menu des activités

Thomas AZANMASSO

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Echanges commerciaux - Bénin-Nigeria : Il faut aller plus loin

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Le Nigeria et le Bénin entretiennent historiquement d’étroites relations socio- économiques pour des motifs géographiques et culturels. Les deux pays partagent en effet une frontière de 704 km à travers laquelle s’exerce un important commerce semi informel avec un fort impact sur le budget du Bénin, essentiellement douanier et fiscal. Il s’agit du commerce de réexportation du Bénin vers le Nigeria de divers produits-  notamment alimentaires, textiles et véhicules d’occasion - la demande sur les marchés béninois étant fortement tributaire du pouvoir d’achat des clients nigérians et donc  du cours du naira, monnaie nigériane.

Suite au repli du cours du  Naira,observé depuis un semestre, avec pour conséquence une certaine morosité sur nos marchés, nous avions préconisé dans notre précédente tribune qu’il était temps pour le Bénin d’apporter des réponses structurelles à ses relations économiques avec le Nigeria.

Ces réponses devraient à notre avis s’articuler sur une stratégie  de productions et offres nationales en lieu et place de celle du statut actuel d’économie de transit que nous sommes pour notre voisin. Il convient en effet et enfin  d’offrir des produits et services compétitifs dont la commercialisation ne serait guère soumise aux fluctuations de la monnaie du Nigeria ni aux éternuements de son économie.

Pour juguler les effets néfastes de la crise actuelle sur notre économie (mévente sur nos marchés, baisse des recettes budgétaires notamment au cordon douanier et portuaire) le gouvernement béninois à travers son ministre des finances a récemment  annoncé deux mesures principales, à savoir :

1. Hausse de la taxation au niveau national
2. Projet de création d’un marché à la frontière avec le Nigeria avec pour objectifs de lancer les activités d’agro-industries de transformation et mettre fin à la pure réexportation ;

Augmenter la taxation au niveau national vise certainement à compenser les pertes de recettes budgétaires liées à la baisse du trafic commercial avec le Nigéria ; défendable techniquement du point de vue des objectifs financiers, cette mesure va accroitre la pression fiscale sur le contribuable béninois et impacter négativement son pouvoir d’achat. A terme, la consommation intérieure risque de prendre un coup et à son tour amplifier la « récession » intérieure. Eternel recommencement de l’histoire du serpent qui se mord la queue.

Décider de créer un marché dédié sur la frontière avec le Nigeria, même si ce marché existe déjà de fait, est appréciable surtout avec en arrière-plan l’idée de faire disparaitre la réexportation pure et promouvoir la valeur ajoutée locale.

Mais la question de l’offre nationale vis-à-vis du Nigeria n’est pas adresséeor elle est essentielle. Qu’allons-nous en effet vendre et proposer sur ce  ou ces marchés car ils doivent être multiples sur les 704 kilomètres de frontières que nous partageons avec ce pays.

Notre gouvernement actuel qui en a les moyens humains doit aller plus loin dans la réflexion sur ce volet et surtout dans l’action.

Nous précisons ci-après quelques pistes de réflexion et d’actions :

Production agricole notamment vivrière et élevage

C’est la piste la plus importante ; nous avons les terres  disponibles, nous disposons des ressources humaines - niveaux encadrement et exécution en la matière et des produits recherchés : mais, manioc, gari, palmistes, huile végétale, igname, fruits et légumes etc……

Sur le volet élevage, il y a du potentiel élevé sur les produits tels que le porc, le lapin, les poissons, les poulets et les œufs pour ne citer  que ceux-là.

D’autres productions de niche existent.Un seul exemple la variété d’ananas dite « pain de sucre » qui n’existe dans aucun pays au monde à part le Bénin.

Quelques préalables tout de même à régler : la question de la propriété foncière et de l’accès à la terre, l’organisation des producteurs agricoles et éleveurs en coopératives, la formation/encadrement, l’accès aux financements.

Tourisme de loisirs et d’affaires

Avec ses 180km de littoral donc de plages, ses sites touristiques uniques tels que Ganvié (Venise de l’Afrique), le parc W, les chutes du Pendjari, ses musées historiques (Ouidah,Abomey,Porto-Novo, Nikki…..), son patrimoine culturel et historique, le Bénin dispose incontestablement  d’un potentiel touristique intéressant ; il n’est donc pas normal que notre pays  continue d’enregistrer le même nombre de touristes que le  zoo d’oiseaux d’Athènes en Grèce  ou à peine 20% des visiteurs annuels  du seul château de Chambord en France.

Il est impératif  de transformer ce potentiel en produits. Cela nécessite certes d’importants investissements mais il faut déjà commencer par une vision, une politique et une stratégie touristique bien définie.

Prestations sanitaires

Il est établi que le Bénin regorge de compétences humaines dans ce domaine ; une politique volontariste basée sur les modèles tunisiens ou sud-africains avec des choix de métiers (centres de référence en cardiologie ou dialyse par exemples) devraient à terme être une source de revenus et de richesse pour notre pays.

Economie Numérique

Ceci peut paraitre anecdotique mais il faut y croire ; du talent existe ; il faut s’y pencher suivre et soutenir les startups qui s’investissent dans le domaine ; nos jeunes ont du talent en la matière.

Energie Electrique

Le noyau, le socle de tout ce qui précède. Aucun pays au monde ne s’est développé sans assurer au préalable son indépendance énergétique à bon coût. Le Bénin a les moyens naturels pour non seulement produire de l’énergie suffisante pour ses propres besoins mais aussi pour en vendre.

Techniquement, sur  six sources d’énergie électrique possibles, le Bénin dispose d’au moins quatre :l’hydraulique, le solaire, l’éolien et la biomasse. Il suffit ici de définir une politique cohérente et pertinente en la matière, de la mettre en œuvre avec les financements adéquats, et un excédent pourra être dégagé à terme et vendu ne serait qu’à la seule ville de Lagos qui compte plus de 21 millions d’habitants (2 fois le Bénin entier) et dans laquelle pullulent les groupes électrogènes, symbole du déficit observé là-bas dans la fourniture publique d’énergie électrique.

Mais il faut aller vite car rappelons que notre voisin est engagé dans un processus de modernisation qui pourrait davantage nous fragiliser si nous ne créons pas les premiers un minimum de dépendance en notre faveur. A en croire les déclarations du chef de l’Etat Béninois au soir de la fête de l’indépendance dans l’émission spéciale « A bâtons rompus » le gouvernement de la Rupture semble avoir pris la bonne mesure de ces enjeux.

Reste à passer des intentions aux actions. Passons résolument à la production, quittons  enfin le potentiel pour le produit.

Alain W. NOUDOGBESSI
Analyste Financier

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Réunion annuelle du Groupe africain de la Banque Mondiale et du Fmi : Cotonou accueille l’événement jeudi prochain

banque

Le Bénin accueille du 04 au 05 août 2016, l’édition 2016 du caucus africain, Réunion annuelle  du Groupe africain de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international (Fmi). Cette première au Bénin, depuis près de 30 ans, regroupe plusieurs éminentes personnalités du monde des finances. C’est le Palais des Congrès de Cotonou qui abrite l’événement.

Sous le thème « Accroître l’appui des Institutions de Breton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et promouvoir la transformation de l’Afrique », la Réunion annuelle du Groupe africain de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international (Fmi), regroupe plus de 600 invités et constitue l’un des plus  grands événements jamais organisés au Bénin depuis une trentaine d’années. A en croire le Président du comité interministériel chargé de l’organisation, Ruffino D’Almeida, la rencontre se penchera essentiellement sur les questions liées  aux appuis du Fmi et de la Banque mondiale aux pays africains pour les soutenir lors des chocs et pour mobiliser les ressources pour soutenir leur développement. A l’en croire, Cette marque de confiance pour le Bénin se justifie par  sa stabilité et la relative bonne santé de son économie. Selon  les propos de Ruffino D’Almeida, le caucus sera l’occasion pour le Bénin, de prouver sa capacité à organiser sans faute des événements d’envergure, mais également de valoriser les atouts touristiques et culturels du pays. Tour à tour, les Présidents du sous-comité santé, le Colonel Martin Houénassi, de sécurité, le général Nazaire Hounnonkpè et le Directeur de cabinet du ministre des finances Servais Adjovi, membre du comité  d’organisation, sont montés au créneau pour apporter des précisons quant à a réussite de l’organisation.

Thomas AZANMASSO

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Renforcement des lois du Nigeria sur le travail : Une opportunité pour le Bénin d’attirer des multinationales

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Le leader de la majorité parlementaire nigériane, Femi Gbadjabiamila a introduit à la chambre basse du parlement du Nigeria, une proposition de loi visant à sécuriser l’emploi des nigérians. En effet, en deuxième lecture, le texte a été adopté pour limiter le recrutement de personnels étrangers par les entreprises et organisations travaillant au Nigeria. La proposition de loi, un amendement à la loi sur l'immigration, 2015, a accru la sanction en cas de sa violation de 1 à 2 millions de nairas. En outre, il prévoit que les étrangers seraient considérés pour un emploi seulement quand il a été prouvé qu'aucun Nigérian ne possédait les qualifications requises pour le poste. En Octobre de l'année dernière, la Chambre avait également adopté une résolution exhortant le gouvernement à déclarer "l'état d'urgence" sur le marché du travail dans le pays.

Le contenu du texte législatif

En défendant la dernière version du texte, le Député Gbajabiamila a dit qu'il participait d’une volonté d’une démarche supplémentaire du législateur pour trouver des solutions au chômage. Il a donné des précisions sur les dispositions du projet de loi. Par conséquent, l’article 36 est modifié essentiellement pour  restreindre davantage et réglementer l'emploi des nationaux et des étrangers et de prévoir des peines plus sévères pour les contrevenants aux dispositions de la Loi. Il a décrit les nouvelles dispositions. L'article 36 prévoit la résidence et l'emploi des ressortissants étrangers au Nigeria.

Article 36 (Sous-Section 1).

« Nul autre qu'un citoyen du Nigeria ne doit accepter un emploi (sauf emploi avec le gouvernement fédéral, l'état et les collectivités locales) sans le consentement écrit du contrôleur général de l'immigration, ou pour son propre compte ou en partenariat avec une autre personne, exercer une profession ou d'établir ou de reprendre une activité commerciale ou une entreprise que ce soit pour la création ou la direction de toute société à responsabilité limitée à ces fins sans le consentement écrit donné par toutes personnes que le ministre (en charge de l’immigration, ndlr) peut désigner. »

Article 36 (Sous-Section 2).

« Toute personne désireuse d'entrer au Nigeria pour l'une des fins de la sous-section (1) du présent article, doit produire le consentement du contrôleur général de l'immigration à un agent d'immigration; et l'incapacité de le faire est une infraction, et toute personne qui commet une telle infraction est passible d'une amende de N1m ou la déportation ou les deux à la fois comme un immigrant illégal ».

La « Sous-section 2 » ci-dessus est modifiée afin de veiller à ce que tous les ressortissants étrangers qui cherchent un emploi au Nigeria l’entreprennent selon la procédure prescrite par le contrôleur général de l'immigration pour se conformer aux dispositions de l'article 40 de la Loi.

« L'article 38 » est également modifié par la suppression des sous-sections existantes 3, 4, 5 et 6 et la création de nouvelles sous-sections 3, 4, 5 et 6, qui prévoient qu’avant qu’un ressortissant étranger soit employé, il doit être constaté qu'aucun nigérian n’est qualifié et disponible pour prendre le poste.

Femi Gbadjabiamila de continuer en disant que "Ceci est en ligne avec la motion sur le chômage votée demandant au gouvernement fédéral de déclarer l'état d'urgence.  Bien que, rappelle-t-il, il est réservé au Contrôleur Général le droit d'exempter toute personne de cette disposition mais que ce droit doit être exercé dans l'intérêt du Nigeria.

Les conséquences d’une telle loi

Le Nigeria, plus grand marché d’Afrique subsaharienne attire et abrite même déjà de nombreuses multinationales. La capacité de ces organisations à rester multiculturelles et à faire appel à des expériences provenant de plusieurs régions du monde sera limitée par une législation pareille. En effet, dans sa volonté de protéger le marché, elle ouvre une ère où les multinationales auront un terrain de choix limité aux seuls nationaux nigérians et ne pourront faire appel à des compétences étrangères dans des conditions draconiennes.
Saluée par les internautes nigérians qui pointent du doigt, les entreprises asiatiques notamment chinoises et indiennes, entre autres, cette loi représentera, dès sa mise en application, un casse-tête particulier pour ces entreprises qui maintiennent généralement un management expatrié, notamment chinois ou indien, en raison des proximités culturelles et des difficultés de la langue. Dans le cadre du renouvellement des titres de séjour de plusieurs expatriés travaillant au Nigeria, la mise en œuvre de la nouvelle mesure entrainera surement un nombre de rejet élevé auxquelles les organisations devront faire face.

Les opportunités pour le Bénin

Dans un contexte d’environnement restrictif pour des multinationales jalouses dans le contrôle du management, le Bénin à 80 kms de Lagos, avec l’autoroute Ibadan-Lagos est un pôle d’attractivité qui s’ignore. En effet, le Bénin pourrait démarcher les multinationales pour leur servir de zone franche, d’où il pourrait gérer les unités de production basées au Nigeria. Le dispositif pourrait leur permettre à partir d’une enclave juridique au Bénin, installer la partie administrative de leur entreprise en gardant la structure de leurs ressources humaines sans avoir à faire face à des lois contraignantes.

Cette opportunité si elle est bien gérée apportera à notre pays, des flux financiers, des ressources fiscales, de l’emploi, une activation des sociétés de services destinées à fournir aux multinationales des prestations. En outre, elle donnera l’occasion à des béninois de prendre part à l’activité de grandes entreprises mondiales ayant une pratique avérée dans des domaines spécifiques. Le Président Patrice Talon et son Ministre en charge du Commerce, doivent prendre la mesure de cette opportunité en confiant la réflexion à un comité d’experts bien sélectionnés.

Cette opportunité basée sur la proximité géographique, s’adresse non seulement au Bénin mais aussi à la République togolaise dont les infrastructures, l’environnement juridique et la célérité au sommet de l’Etat, représentent déjà de nombreux avantages en vue d’attirer plutôt vers Lomé. Des pôles comme Genève, Dubaï, Maurice ou plus récemment Casablanca ont fait de l’attraction des multinationales, leur stratégie. A leur fortune, on peut suggérer des pistes pareilles à nos dirigeants.

Worou BORO

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Non-paiement des salaires au Zimbabwe : Mugabe porte la faute sur l’Occident

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Des Zimbabwéens faisant la queue pour retirer du liquide aux distributeurs, à Harare, le 7 juillet 2016.

Au Zimbabwe, la tension sociale est toujours vive. Depuis une semaine, les mouvements de grève et les rassemblements se multiplient un peu partout dans le pays face au retard de paiement des salaires et à une situation économique désastreuse. Les appels à la démission de Robert Mugabe s'intensifient. Ce week-end, le président s'est exprimé pour la première fois.

Le chef de l'Etat nonagénaire a donné une explication claire. Si les travailleurs perçoivent leur salaire en retard, c'est à cause des pays occidentaux, c'est la faute aux sanctions internationales imposées par les Etats-Unis et l'Europe, les coupables, ce sont ces quelques pays qui interceptent les paiements destinés aux salariés. C'est ce qu'a déclaré Robert Mugabe ce week-end, devant une foule de supporters dans un stade situé non loin de la capitale Harare.

En grève depuis la semaine dernière, des fonctionnaires qui n'ont toujours pas été payés, multiplient les manifestations et les appels à la démission du président. Des médecins, des infirmiers et des enseignants descendent dans les rues un peu partout au Zimbabwe, rejoints par une population en colère et en détresse, victime d'une économie à terre où la survie fait partie de leur quotidien.

Le week-end dernier déjà, plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées à Beitbridge après l'annonce de nouvelles lois d'importation : il ne sera désormais plus possible de ramener d'Afrique du Sud certains produits, comme de la confiture ou des extensions capillaires, à moins d'avoir un permis spécial. Face aux protestations, la brutalité policière, le tabassage de manifestants et les arrestations arbitraires ont été observés tout au long de la semaine.

Source Rfi/Reuters

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Baisse du coût du Naira : Le temps de la réflexion

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Notre compatriote ShegunBakary, économiste-banquier et conseiller à l’économie du candidat ABT aux dernières élections présidentielles de notre pays, a publié dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » numéro 2894 du 26 Juin 2016 une tribune intitulée «  Arrimons le Bénin au Nigeria ! ». Dans cette analyse, il en appelle à une meilleure exploitation de notre position de proche voisinage avec le géant nigeria.

Pour ce faire, Shegun Bakary propose trois mesures phares portant sur la création d’un espace monétaire dédié à la mise en place d’un environnement  juridique en phase avec la réglementation nigériane et enfin l’adoption de l’anglais comme deuxième langue officielle afin de faciliter les échanges de toutes natures entre nos deux pays.

Ce plaidoyer mérite à nos yeux d’être relayé, commenté et enrichi car il offre  tout au moins l’opportunité d’un débat structuré sur nos relations socio-économiques avec notre grand voisin.

L’importance économique du Nigeria pour le Bénin n’est pas à démontrer : elle crève l’œil. Chaque fluctuation du naira ou tout phénomène économique et financier par là-bas impacte notre pays sur plusieurs secteurs tels que les produits alimentaires, le commerce de véhicules d’occasion et par ricochet le niveau des recettes budgétaires, socle de notre économie.

A propos des trois propositions de notre compatriote celle relative à l’adoption de l’anglais comme deuxième langue officielle au Bénin devrait rencontrer l’adhésion de tout esprit sensé, compte tenu justement du poids de cette langue dans le monde et particulièrement de notre voisinage au Nigeria. Par contre celles concernant la création d’un environnement juridique et d’un espace monétaire spécifique aux opérations avec le Nigeria sont fort discutables et techniquement difficiles à implémenter au regard des engagements actuels du Bénin liés à son appartenance à la zone UEMOA, à l’OHADA et à la zone franc CFA.

Le récent repli du  naira par rapport au franc CFA affecte négativement (comme d’habitude) les activités économiques au Bénin pour preuve la morosité sur nos marchés notamment le marché international de Dantokpa et  les parcs d’exposition/vente de véhicules d’occasion. Si historiquement  ce genre de situation a toujours été conjoncturel, cette fois-ci, il est à craindre que cela ne soit structurel, le Nigeria s’étant engagé résolument sur la voie de sérieuses réformes visant à assainir, moderniser et asseoir définitivement  les bases de son économie.

De fait la réponse cohérente doit aussi être structurelle de notre part car nous devons nous adapter aux évolutions de notre voisin d’où la pertinence du titre «  Arrimons le Bénin au Nigeria ! ».

Alors que faire ?

De notre point de vue, la situation actuelle doit être abordée et adressée comme une opportunité pour définir et mettre en œuvre une vision stratégique de notre relation socio-économique avec le Nigeria : Nous devons enfin passer du statut passif au statut actif dans nos échanges.

Le Nigeria, première économie du continent, est un marché de 200 millions d’habitants (quarante fois le Bénin et trois fois la zone Uemoa), c’est aussi 700 kilomètres de frontières et des mouvements socio-économiques que nous partageons depuis la nuit des temps.

Jusque-là économie de transit, nous devons nous attacher à devenir très rapidement économie de production et d’offres non seulement pour le Nigeria mais aussi pour l’ensemble de nos voisins et nous-mêmes.

D’importants  travaux et réflexions ont sans doute été réalisés par la passé sur le champ des opportunités économiques avec le Nigeria ; il s’agit maintenant de les retrouver, les regrouper, les harmoniser, les actualiser, opérer des choix et aboutir à une vision et une stratégie claires et précises.

Il faut le dire, le répéter, le marteler le Nigeria offre de multiples opportunités de croissance de notre Produit Intérieur Brut  et de nos recettes budgétaires. Il est temps de les saisir et arrêter de continuer de subir !

Le gouvernement béninois dit de la Rupture ou du Nouveau départ devrait urgemment mettre en place un « thinkthank » léger avec un agenda et un cahier de charges précis pour pondre une stratégie pertinente et cohérente  de développement de nos relations avec le Nigeria.

Que devons-nous vouloir être ? Un partenaire et non un point de passage.

Comment le devenir? En proposant des produits et services à avantages concurrentiels. Lesquels ? Ici commence la réflexion ; heureusement le potentiel et des pistes intéressantes existent ; à nous d’en faire des atouts
Elles se rapportent à la production agricole notamment les produits vivriers, l’élevage, le tourisme de loisirs et d’affaires, les prestations sanitaires, le numériqueet même l’énergie si nous arrivons à transformer notre potentiel en production. Ceci est un autre débat.

Alain W. NOUDOGBESSI
Analyste Financier- Administrateur de banques

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Coupe d'Afrique de rugby à 7 de la zone 2 : Difficile apprentissage pour le Bénin

rugby

L’équipe nationale de rugby était du côté de Lomé (Togo) pour prendre part à l’édition 2016 de la Coupe d’Afrique de rugby à 7 de la zone 2. Ce fut une expérience amère puisque la sélection béninoise est revenue au bercail la tête entre les jambes.
Au terme de la compétition qui a vu le Mali sacré vainqueur, le Bénin quant à lui se cherche dans les profondeurs du classement général. Il a préféré se contenter de la 5e place, après avoir subi des humiliations lors des phases de poules. D’abord, face au Mali, les Ecureuils rugbymen ont été tout simplement mis à genoux, battus par le score de 12 à 3. Scénario plus sombre lors de leur deuxième sortie où les protégés du président Léopold Olory-Togbé ont été carrément crucifiés par le Ghana. 19 à 0 ! Peu s’en est fallu pour qu’ils ne terminent derniers. En effet, les joueurs se sont réveillés lors du combat qui déterminera les 5e et 6e places. Face aux plus mauvais de la compétition, entendez les Burkinabè, les Ecureuils rugbymen ont enregistré leur seule victoire de la compétition (22-05). En clair, le Bénin poursuit son apprentissage à ce rendez-voussous-régional. Sur les six pays présents, il a évité de peu la lanterne rouge (5e).

Revoir les donnes…

Cette déculottée administrée aux rugbymen béninois en terre étrangère doit interpeler les différents acteurs du sport béninois. La vérité est que les joueurs ne sont pas les seuls responsables de cette humiliation. La politique mise en place n’arrange pas. Les infrastructures manquent cruellement pour véritablement pratiquer cette discipline sportive au Bénin. On ne peut pas demander de résultat à un joueur qui s’entraîne sur terre battue alors que le haut est tout autre. Il importe que le ministre des Sports assainisse le milieu.Le drapeau béninois ne doit plus subir une telle avanie.

A.F.S.

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