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Economie

Chute du Naira : Lueur d'espoir pour notre économie

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La chute du Naira, en réduisant le pouvoir d’achat des nigérians sur le marché béninois avec 1 Naira valant à peine 1,5 FCFA (contre 3FCFA en temps normal, ndlr) aura plongé l’économie béninoise dans une détresse sans nom avec la mort de certaines filières. Mais plus le temps avance, moins cette donnée semble représenter une faiblesse pour l’économie béninoise avec un ajustement des prix à venir.

*Hausse des prix à venir au Nigeria*

Si les secteurs comme la filière véhicules d’occasion resteront en berne pendant longtemps du fait de l’absence d’alternatives directes sur le marché nigérian, il convient toutefois de remarquer que les prix s’ajusteront bientôt à cause de la fin des stocks achetés avant le début de la crise. Un naira fort avait permis au Nigeria de disposer de stocks de produits dans plusieurs domaines, stocks qui auront permis de maintenir une relative stabilité des prix sur le marché intérieur, créant le déséquilibre avec le CFA à parité fixe. Des produits nigérians entraient même au Benin comme la bière, le ciment, le lait, etc. La fin de ces stocks sonne la fin des prix bas qui exerçaient une pression sur le Bénin et pourrait sonner le nouveau départ pour les produits béninois qui avec le réajustement de prix pourraient, pour certaines filières, redevenir compétitifs. Les stocks du Nigeria avaient été achetés lorsque le Naira était dans une parité fixe avec le dollar de l’ordre d’1 Dollar pour 185 Nairas. Cette parité aujourd’hui avoisine sur le marché noir, 400 nairas pour 1 Dollar. Autant dire le double quand il s’agira de renouveler les stocks, une augmentation à compenser nécessairement sur le marché local par un réajustement des prix sur le consommateur final.

*Des secteurs déjà en ébullition au Nigeria*

Selon un article du Daily Trust, un quotidien du Nigeria, dans sa parution du 31 Août 2016, le prix du ciment serait déjà passé de 1500 Nairas le sac à 2200 Nairas. Cette hausse de plus de 40 % est commune à toutes les marques de ciment sur place. Selon le responsable communication groupe de Dangote Cement, Anthony Chiejina, l’augmentation serait due au manque de devises, à l’augmentation du prix de l’énergie due à la dépréciation du naira. D’autres secteurs comme ceux de l’immobilier résidentiel ont également connu une hausse du loyer. Selon l’index des prix des biens de consommation, le Nigeria devrait connaître une augmentation des prix du panier de la ménagère de l’ordre de 20,2% au dernier trimestre 2016, les prix en Juillet étant déjà de 15,8% plus cher que l’année dernière à la même période.

*Les conséquences pour le Bénin*

Cette situation permet surtout de réaliser le caractère durable de la crise. En effet, même si certains secteurs vont se réajuster, la filière des véhicules d’occasion qui apportait le plus de ressources, restera durablement dans le rouge. C’est donc un changement complet d’approches sur le Nigeria qui va être demandé à tous les acteurs béninois, que ce soit des politiques ou des acteurs économiques. La République du Benin doit se faire à l’idée que la réexportation est terminée en tout cas pour un bon moment. Dans ces conditions, les seuls choix restants sont ceux de la mise en place d’une politique pour développer le tissu économique béninois sur le long terme. Mais à court terme, c’est la consommation intérieure et la relance du transit vers les pays de l’hinterland qui doivent dicter les changements. En ce qui concerne la consommation intérieure, il s’agit, par les mécanismes habituels : commandes publiques, lancement de grands travaux à haute intensité de main d’œuvre ; d’injecter des capitaux sur le marché béninois afin d’encourager la consommation et donc l’importation qui apporte des devises au cordon douanier. Les relations avec nos pays voisins de l’hinterland se sont dégradées avec l’état du corridor Cotonou Malanville ainsi que les divers barrages sur le trajet. La mise en place de la voie de contournement des failles d’Aledjo au Togo a également entraîné une fuite du trafic vers le Port de Lomé connu par ailleurs pour ses bonnes conditions aussi bien pour les compagnies maritimes que pour les importateurs. C’est donc à une politique agressive de séduction du Niger, du Burkina-Faso et du Mali que nous devons nous atteler à nouveau.

*Le Nigeria, toujours le Nigeria*

Les relations avec notre voisin de l’Est sont appelées à changer. Il s’agit de prendre les sujets avec réalisme. Pourquoi importer depuis la Chine, ce que nous avons au Nigeria au même prix sinon beaucoup moins en ce moment avec le Naira ? Pourquoi Sèmè semble être délaissé par l’Etat béninois et ressemble plus à une zone de non droit qu’à une frontière avec nos voisins économiquement les plus importants ? Le réalisme pourrait être d’importer le lait Peak ou le Coca Cola depuis le Nigeria. La SOBEBRA a toujours acheté des licences pour brasser des produits de marque européennes, elle devrait inclure dans sa nouvelle politique, de brasser la Goldberg ou encore de détenir les licences exclusives de vente des produits des brasseurs nigérians. Le Port de Cotonou était le poumon économique du Bénin, il n’y a pas de raison que la frontière de Sèmè, ne puisse prendre le relais pour nous apporter des droits de douane sur la base des importations faites à partir du Nigeria.

*Le gouvernement interpellé*

Dans une région aussi interconnectée socialement, la question de la monnaie unique devient majeure avec l’impact de cette crise du Naira sur l’économie béninoise. Le rapport du Togo avec le Ghana est souvent passé sous silence mais subit les mêmes effets que le Benin avec le Nigeria. Il est temps donc de poser cette question pour en finir avec un environnement qui fait cohabiter des monnaies à parité fixe sur l’Euro et des monnaies fluctuantes sur le Dollar. En outre, la question de la coopération au-delà des poignées de main et des photos en haute définition, mérite un cadre clair qui prenne en compte l’impact des économies les unes sur les autres et les solutions à y apporter. Le débat est relancé !


Worou BORO

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Les acteurs économiques du Maroc et d’Afrique-Subsaharienne s'associent au sein du Morocco Africa Business Club

economie

Lors du discours du Trône de 2014, Sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc a clairement exprimé sa volonté d'intensifier les échanges entre son pays et le reste de l'Afrique. Dans cette dynamique, les opérateurs économiques Marocains et sub sahariens ont créés le Morocco Africa Business Club. L'objectif de cette association est de faciliter l'intégration commerciale et économique du Maroc en Afrique Sub saharienne. 

Siégeant à Lomé, le club va permettre de :

•    fournir des informations économiques et financières détaillées sur les pays africains, favoriser les rencontres B to B,
•    évaluer le niveau de collaboration entre opérateurs économiques,
•    Assister ses membres dans la recherche ou le développement d’opportunités d’affaires et toutes autres missions favorisant la coopération entre le Maroc et le reste de l'Afrique.

Le lancement du Morocco Africa Business Club se fera  dans la deuxième quinzaine de Septembre à Casablanca au Maroc.
Fin.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Kwame SENOU
Co-Président
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Daniel DJAGOUE
Directeur Exécutif
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Selon le président de la Banque mondiale : La rivalité entre la Chine et le Japon est bénéfique pour l'Afrique

Jim-Yong-Kim

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a estimé que la rivalité entre la Chine et le Japon en Afrique constitue une «saine compétition», bénéfique pour ce continent qui a besoin de plus de 90 milliards de dollars par an d’investissements dans les infrastructures.

«Je ne crois pas qu'il y ait un manque d’opportunités pour la Chine et le Japon à la fois, en Afrique. Donc, je pense qu'il s’agit d’une saine compétition qui est très bien accueillie parce qu’elle signifie de bonnes choses pour l'Afrique», a-t-il déclaré dans un entretien publié le 1er septembre sur les colonnes du magazine économique japonais Nikkei Asian Review.

«Je pense que nous avons besoin de plus d’intérêt pour l’Afrique de la part de tous les pays. Alors si on considère qu’il s’agit d’une compétition, je pense qu’elle aboutira à de bons résultats  pour toutes les parties concernées», a-t-il ajouté.

M. Kim a également fait remarquer qu’il est erroné de considérer que toutes les opportunités d’affaires en Afrique présentent des risques.

«Le rôle du groupe de la Banque mondiale est de rendre ces investissements non risqués. Cela constitue notre principal rôle lorsqu’on travaille avec des entreprises privées», a-t-il dit, citant l’exemple de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), une filiale du groupe de la banque mondiale qui offre des garanties sur les risques politiques.

Le président de la Banque mondiale a, par ailleurs, fait savoir que la croissance du PIB de l’Afrique va ralentir à environ 2,5% en 2016 contre une moyenne supérieure à 5%  par an entre 2008 et 2014, en raison de la chute des prix des matières premières et du ralentissement de l’économie chinoise.  

«Le boom économique que nous avons vu ces dernières années en Afrique était, dans une large mesure, lié à l'essor de la Chine, et je ne sais pas si cela va se produire à nouveau dans un avenir proche. Je pense que les prix des matières premières vont se redresser mais lentement», a-t-il prédit, tout en recommandant aux pays africains de «se préparer à un avenir marqué des prix de matières premières bas».

Source : Agence ecofin

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Marchés de capitaux de la Cedeao : La Commission réaffirme son soutien au processus d’intégration

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Abuja, 30 Août 2016 : Les autorités de régulation regroupées au sein du WASRA (West African Securities Regulators Association) et les bourses regroupées au sein du WACMIC (West African Capital Markets Integration Council) ont tenu une réunion de travail ce jour au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja au Nigéria.

Cette réunion a été l’occasion de faire le point de l’état d’avancement du processus d’intégration des marchés financiers de l’Afrique de l’Ouest et d’identifier les étapes prochaines à franchir en vue de  rendre effective cette intégration.*

Sous l’égide de la CEDEAO les autorités de régulation et gestionnaires des bourses ont également retenu de définir le cadre de coopération entre elles en vue de l’accélération du processus.

*Le Président de la Commission de la CEDEAO, Son Excellence Monsieur Marcel Alain de SOUZA a, lors de la clôture de la réunion, réaffirmé son soutien au projet qui constitue selon lui l’un des chantiers majeurs devant favoriser la mobilisation des ressources au niveau régional et le renforcement de la culture boursière dans les pays concernés. Il a exhorté les responsables des autorités de régulation et des bourses à tout mettre en œuvre pour faire aboutir l’intégration des marchés de capitaux de la sous-région afin d’apporter une solution au financement des projets régionaux de développement.

Les travaux ont été dirigés par le Commissaire pour l’Industrie et la Promotion du Secteur Privé, Monsieur Kalilou TRAORE.

Le WASRA est présidé par Monsieur Mory SOUMAHORO, Secrétaire Général du Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) et le WACMIC par Monsieur Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM et du

DC/BR

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Economie/Classement FMI : L’Afrique du Sud, désormais la 1ère économie africaine devant le Nigeria

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La nation arc-en-ciel traverse depuis quelques mois une crise économique avec un taux de chômage très élevé, les scandales de son président Jacob Zuma, des grèves dans le secteur pétrolier et l’échec cuisant aux dernières élections municipales de l’African National Congress (ANC) le parti au pouvoir. Elle vient toutefois de reprendre sa place de première puissance économique du continent, au Nigéria qui l’avait détrônée il y a deux ans.

Grâce à un calcul réalisé par le Fonds monétaire international (FMI), à partir du PIB et sur les taux de change de l’Afrique du Sud et du Nigéria, la nation arc-en-ciel devance le géant de l’ouest. Le PIB 2015 du Nigeria converti en dollar au cours actuel s’élève à 296 milliards $ tandis que celui de l’Afrique du Sud est de 301 milliards $ soit 5 milliards de plus. En effet, depuis que le FMI calcule le PIB de chaque pays en monnaie locale avant de les convertir en dollar, la comparaison entre les différentes économies est devenue plus simple et compréhensible.

En effet, depuis le début de l’année 2016, le naira a perdu plus d’un tiers de sa valeur par rapport au dollar soit 30%, alors que dans le même temps le rand (la devise sud-africaine) en a gagné plus de 16% au cours de la même période. Aussi, pendant que le PIB de l’Afrique du sud enregistrait un recul de 0,2% l’économie nigériane plongeait de 0,4%.

Ce revers économique du pays de Buhari est dû à l’effondrement du naira et à la chute des cours mondiaux du pétrole qui constitue la principale source de devise de l’économie (70% des revenus du pays sont tirés de l’or noir). En cause également à des troubles politiques notamment liés à l’insécurité dans les régions d’extraction du pétrole, causée par les militants armés du Delta du Niger et le terrorisme de Boko Haram.

Par ailleurs, le FMI prédit pour l’année 2016 une croissance qui ne dépassera pas 0,6% pour l’économie la plus industrialisée du continent contre une chute du PIB de -1,8% pour le Nigéria, ce qui va permettre à l’Afrique du Sud de conserver ce statut.

Pour rappel, le Nigéria avait ravi la première place à l’Afrique du sud en 2014 avec un PIB de 568,499 milliards $ contre 349,873 milliards $ pour la nation arc-en-ciel selon les chiffres de la Banque mondiale,  suite à un changement  dans les méthodes de calcul du PIB. A l’époque, le Bureau national des statistiques avait inclus des secteurs d’activités qui n’étaient pris en compte auparavant, tels que les télécommunications, l’immobilier ou encore ‘’Nollywood’’ l’immense industrie de cinéma nigérian.

Source externe

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Dévaluation à 50%du Naïra : « Des démarches urgentes s’imposent », selon Nicéphore Soglo

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La dépréciation du naira au Nigeria a de lourdes conséquences sur les économies des pays comme le Bénin dont le commerce extérieur repose en majeure partie sur la santé économique du géant de l’est.
L’ancien président et ancien fonctionnaire au FMI Nicéphore Soglo s’en préoccupe. Sa solution, c’est une action concertée et urgente des gouvernements africains en partenariat avec les institutions de Breton Wood afin de parer au pire.
Lire sa déclaration

Déclaration

Béninois, Béninoises, Chers compatriotes,

L’heure est grave, et il me faut tirer la sonnette d’alarme. Les gouvernements de la zone franc et la France ne peuvent plus rester les bras croisés devant la dévaluation de 50% du naira. Face à la réduction brutale et dramatique des prix du pétrole brut et donc de leurs revenus, la plupart des pays pétroliers, ont avec l’aide du FMI, pris les mesures de correction, d’ajustement, en un mot de vérité monétaire qui s’impose. Quid de leurs clients ? Ces derniers doivent au plus vite prendre des mesures qui s’imposent car leur monnaie est désormais surévaluée par rapport au naira. Imagine-t-on les pays du monde se croiser les bras devant la dévaluation du dollar ? Ne disait-on pas au sortir de la deuxième guerre mondiale, que quand l’Amérique toussait, l’Europe avait une fluxion de poitrine ? Or, notre Amérique c’est le Nigéria. Des démarches urgentes s’imposent donc avec nos partenaires africains et européens et avec les institutions de Breton Wood, la Banque Mondiale et le FMI si l’on ne veut pas assister à la ruine de nos économies. La balle est à présent dans notre camp et le temps presse, sinon beaucoup de producteurs et de commerçants risquent de connaitre de graves difficultés et même de déposer leur bilan. Je vous remercie.

Nicéphore D. SOGLO Ancien Président de la République Ancien Maire de la ville de Cotonou Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats, Créé en 2006 à Maputo par Nelson MANDELA

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Fin de la réunion annuelle du CAUCUS AFRICAIN : Pour une amélioration de la croissance et la transformation du continent africain

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La réunion annuelle des Gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international a connu son épilogue, vendredi 05 août 2016, au Palais des Congrès de Cotonou. A l’issu de la rencontre, les Gouverneurs africains du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale se sont engagés à mobiliser les ressources pour la transformation du continent africain et à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement.

A Cotonou, les Gouverneurs ont pris acte du contexte actuel marqué par la multiplicité des chocs notamment la chute des cours des matières premières, le resserrement des conditions financières sur les marchés de capitaux, les défis d’ordre sécuritaire et le changement climatique. Ils reconnaissent par conséquent que pour prendre en charge  ces chocs, il est nécessaire de promouvoir la diversification et le développement inclusif des économies ainsi que le renforcement des Communautés économiques régionales. Les Gouverneurs s’engagent donc à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement, afin de préserver et de renforcer les avancées réalisées par les économies africaines au cours de la dernière décennie. Au demeurant, l’appel de Cotonou  est  lancé à l’endroit des institutions  de  Bretton Woods pour accompagner la transformation structurelle des économies des pays africains, notamment par le financement et la facilitation d’investissements massifs à taux concessionnel dans les secteurs clés. Une nouvelle approche est recommandée à cet effet pour de nouveaux instruments adaptés aux besoins réels du continent avec un cadre de gestion de la dette plus souple et une solide reconstitution de l’IDA18. Les Gouverneurs sollicitent par ailleurs, des renforcements des capacités techniques adaptés des institutions de Bretton Woods pour rendre les économies africaines plus résilientes aux chocs notamment exogènes. Les Gouverneurs appellent enfin les institutions de BrettonWoods à rendre effectifs les engagements pris en matière de diversité et de représentativité du continent africain dans leurs instances de décisions. Pour le Président du CAUCUS AFRICAIN et ministre du Développement du Bénin Abdoulaye Bio Tchané, ces conclusions cadrent bien avec le souhait du Chef de l'Etat de voir les assises de Cotonou marquer définitivement le point de départ de la transformation du continent. Il exprime donc le souhait que le Fmi et la Banque mondiale tiennent grand compte de ces orientations pour cadrer leurs interventions sur le continent. Abdoulaye Bio Tchané lance pour finir, un appel au FMI et au Groupe de la Banque Mondiale pour porter la voix du continent auprès de la communauté des bailleurs pour un financement plus intensif en faveur de l'Afrique.

Thomas AZANMASSO

Quelques impressions


Jean Baden Dubois, Gouverneur de la Banque centrale d’Haïti
« Ensemble, les 54 pays peuvent défendre leurs intérêts »
Un pays tout seul ne peut avoir une certaine influence, mais quand les 54 pays semettent ensemble, ilspeuventfacilement défendre les politiquesvis-à-vis des institutions de BrettonWoods, ils peuvent facilement avoir une plus grande voix, ils peuvent plus facilement défendre leurs intérêts que ce soient les intérêts des pays les plus émergents ou des pays qui ont une certaine fragilité. Ensemble, ils peuvent être une force extrêmement convaincante pour rapatrier les aides et les prêts que procurent ces institutions vers les pays d’Afrique.

Ruffino D’Almeida, Président du comité d’organisation
« C’est surement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire »
C’est un immense honneur pour le Bénin d’organiser le CAUCUS africain. Vous avez pu constater que ce sommet n’a souffert d’aucune carence. Vous constatez aussi que nos hôtes ont décernéun satisfecit total au gouvernement du Bénin et au comité d’organisation. Les administrateurs du Fmi et de la Banque mondiale ont fait savoir que c’est sûrement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire. Le Bénin a su par cette manifestation, montrer la capacité de ses fils et filles à organiser et à acuelillir dans de très bonnes conditions ses hôtes. Ceci devrait nous instruire pour la suite.

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Réunion annuelle de haut niveau du Caucus africain à Cotonou : Les contributions de Reckya Madougou

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Les 4 et 5 août, au Palais des Congrès de Cotonou, s'est tenu la réunion annuelle du Caucus des gouverneurs africains du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, que sont les ministres en charge des finances ou du développement des 54 pays de notre continent. Cette rencontre de haut niveau dont l'objectif principal indiqué se résumait à proposer un mémorandum aux dirigeants desdites institutions afin d' <<accroître l'appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et accélérer la transformation de l'Afrique>>, fut rythmée par d'enrichissants débats.

Il me plait d'une part de reconnaitre la bonne organisation de cet événement - qui honore notre pays - sous le leadership du Ministre d'Etat Abdoulaye Bio Tchané, et d'autre part, de saluer la grande qualité des échanges qui rassure de ce que ceux qui élaborent les politiques publiques en Afrique, ne sont plus - pour la plupart - seulement des "consommateurs" de programmes-pays mais des décideurs capables de vision, nonobstant le défaut de flexibilité déploré au niveau des institutions de Bretton Woods.

Le panel de la session 2 auquel j'ai participé fut brillamment modéré par Dr. Donald Kaberuka, ancien Président de la Banque Africaine de Développement ( BAD) et s'est penché sur une problématique éminemment actuelle: <<répondre aux besoins de capacités pour accélérer la transformation structurelle de l'Afrique>>. Mes contributions à ce titre sont articulées autour des points ci-après.

Pour aborder une telle préoccupation, il me paraît indispensable et préalable que soient mieux appréhendé les spécificités des économies africaines dont je rappelle certaines caractéristiques:

Sur le plan macroéconomique:
•    une croissance basée sur trois moteurs communément désignés en Anglais par les 3C (Commodities-Consumption-Coridors), c'est-à-dire, les matières premières (dont les prix sont bien souvent en souffrance), la consommation qui mérite d'être stimulée et les couloirs économiques, véritables opportunités d'accélération de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB);
•    un ralentissement du taux de croissance du PIB de l'Afrique subsaharienne (2,5% prévus pour 2016 par la Banque Mondiale); un taux qui avait déjà connu sa plus mauvaise performance en 2015 (3%) - en considérant la période de référence 2009-2015 - face à une Asie de l'Est et Pacifique (6,3% prévus) et (Asie) du sud (7,1% prévus), dont les économies résistent remarquablement aux chocs;
•    une difficulté de maîtrise de l'inflation surtout dans les pays exportateurs de matières premières et dont les cours ont drastiquement chuté (cas du Nigeria qui connaît actuellement un taux d'inflation allant jusqu'à 16%, ayant engendré une forte dépréciation de sa monnaie par rapport au dollar et entraîné cette économie locomotive du continent dans une récession);
•    tout comme les économies émergentes d'Asie non exportatrices de pétrole, les pays d'Afrique subsaharienne importateurs de pétrole devraient être plus résilients et savoir profiter de l'opportunité de maîtrise de leurs taux d'inflation pour doper la consommation, moteur de croissance.

Sur le plan microéconomique:

•    une typologie assez spéciale des entreprises avec une extrême prédominance en nombre de Très Petites Entreprises (TPE) et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), à côté de quelques grandes entreprises qui sont pour l'essentiel des multinationales et des sociétés publiques caporalisant le maximum des attentions en matière d'accompagnements. Or est-il besoin de rappeler qu'en Afrique, ce sont les TPE/PME/PMI qui emploient autour de 80% de la population active?
•    Une offre de services financiers peu diversifiée avec un taux de bancarisation des plus faibles au monde.
•    La prépondérance d'un secteur dit informel que les pays ont du mal à organiser et surtout dont ils peinent à capitaliser le potentiel des unités économiques qui le composent.

En me gardant de d'ouvrir de nouveau l'éternel débat relatif à la nécessité/efficacité ou non de l'aide au développement, je nous convie à réfléchir à comment les institutions de BrettonWoods peuvent mieux répondre aux besoins de capacités dans la perspective d'une transformation structurelle, face aux défis qu'imposent les constats rappelés supra.

1- D'abord, relevons que mieux que la quantité des appuis attendus, il s'agit surtout de leur nature et de leurs orientations. Les pays africains doivent définir eux-mêmes leurs priorités qui feront l'objet d'appuis et veiller à leur respect. Cela exige une totale prise en compte du principe de l'appropriation qui veut que chacun des pays bénéficiaires d'aide au développement se dote de stratégie nationale dans chaque secteur. Une telle exigence devient d'autant plus aisée qu'aujourd'hui, à l'avantage de l'Afrique, il existe une diversité de sources et d'origines de financements, avec des conditionnalités diverses, certaines plus avantageuses que d'autres.

2- De ce fait, les renforcements de capacités humaines, institutionnelles et en logiciels (soft) nécessaires ne doivent se faire qu'en fonction des priorités nationales: le principe de l'alignement mérite d'être mieux ancré auprès des bailleurs, avec un accent particulier sur la prévalence des systèmes nationaux sur laquelle nos Etats ne devraient plus transiger. Car si l'aide continue autant de contourner les dispositifs nationaux, à quand le transfert des compétences et une véritable capacitation des économies en développement?

Par ailleurs, les appuis doivent rentrer dans le cadre d'une meilleure prévisibilité. Aller vers une meilleure prévisibilité de l'aide revient à ce que les donneurs informent les pays au moins 3 ans à l'avance de l'aide précise qu'ils envisagent accorder sur la base des perspectives émanant des politiques nationales. Ce qui suppose en effet au préalable aussi que nos pays disposent de documents de prospective et de planification à court, moyen et long terme. Des documents de politique de qualité appellent quant à eux la disponibilité de statistiques fiables, fréquemment actualisées. D'ailleurs un appui utile des institutions de Breton Woods en Afrique pourrait consister en l'intensification de leur accompagnement en matière d'enquêtes et de statistiques.

Aussi la nécessité d'harmonisation des appuis devient-elle de nos jours un soucis récurrent du fait de la concurrence destructrice entre les donneurs: simplifier les procédures et éviter la concurrence nuisible entre les bailleurs dont l'une des désastreuses conséquences est le délaissement de certains secteurs en faveur d'autres secteurs selon l'approche "effet de mode", sur fond de saupoudrage de ressources.

3- Savoir Identifier les Secteurs priorita que mieux que la quantité des appuis attendus, il s’agit surtout de leur nature et de leurs orientations ires susceptibles de favoriser une transformation structurelle rapide du continent :
•    Éducation / recherche car le capital humain est la première ressource indispensable
•    Énergie en qualité et quantité suffisante (le mix énergétique comme une condition sine qua none)
•    Agriculture (agriculture moderne, diversification, et agro business)
•    Technologie de l'Information et de la Communication (TIC) pour développer une véritable économie circulaire vecteur de transformation.
Tout ceci devant se développer dans un contexte d'assainissement des finances publiques en veillant à la qualité de la dépense et d'amélioration de la gouvernance en luttant contre l'impunité avec la "complicité indépendante" de la justice.

4- Fort de la prédominance des TPE/PME en Afrique, l'inclusion financière est une solution incontournable en matière d'appui à fournir aux économies africaines. Le développement ne se montrera pas au rendez-vous sans un véritable accompagnement du secteur privé. Il est important de tenir compte de la grande masse de nos entreprises pour concevoir une politique d'intermédiation financière appropriée. Il serait bien à propos de citer en guise d'exemple le récent accord de prêt que la BAD a accordé le 13 juillet à la Tunisie pour contribuer à la relance de son économie:

268 millions d'euros destinés à la modernisation du secteur financier, principalement en renforçant le marché des capitaux et développer la microfinance. Justement les conditionnalités d'un tel emprunt pour la période 2016-2017, favorise cet objectif salutaire avec un taux annuel concessionnel de 0,56%; emprunt remboursable sur 25 ans assorti d'une période de grâce de 7 ans.

Permettre à des ménages à faible revenu et aux TPE/PME d'accéder à des services financiers variés adaptés à leurs besoins reste généralement le parent pauvre des politiques économiques en Afrique subsaharienne. Or aucune économie ne peut prospérer sans une vitalité de son secteur privé car c'est lui qui génère la richesse et les emplois durables.

5- Il urge donc d'accompagner les réformes pays qui renforcent le secteur privé comme créateur de richesse et pourvoyeur d'emplois, et pas seulement le soumettre aux actions coercitives telles que les impôts prohibitifs:
•    Avons-nous des codes des investissements appropriés à la typologie de nos entreprises ?
•    Induire des mesures incitatives dans les secteurs accélérateurs de transformation et de croissance
•    Faciliter l'accès au crédit à taux bonifié
•    Promouvoir l'inclusion financière en favorisant le développement des marchés de capitaux, le refinancement des institutions de microfinance (IMF) à des conditions appropriées de taux, de durée, etc. Les IMF en se refinançant sur le marché des capitaux ont besoin de ressources "bon marché" de longue durée pour le financement de l'écrasante majorité des entreprises africaines qui sont des TPE, sans devoir recourir à des taux prohibitifs.
•    Les mesures incitatives en faveur de l'entreprenariat des jeunes doivent être durables et agir aussi sur l'environnement des affaires de façon profonde et pérenne.

6- Accompagner les pays dans des réformes consensuelles en vue de la Formalisation du secteur extra légal ("l'informel" est une terminologie péjorative qui tend à mépriser un pan aussi important de nos économies).
Il est question non pas de "folklores" à visées électoralistes mais de réformes profondes devant permettre de transformer nos capitaux intérieurs en capital vif car une part importante de notre capital est du "capital mort", inutile pour l'activité économique. Il n'y a qu'à imaginer au Bénin le nombre d'immeubles non immatriculés ou non référencés à leur juste prix pour comprendre les difficultés d'accès au crédit par exemple. Dans les pays développés, ces mêmes immeubles serviraient de domiciliation de sièges commerciaux, et mieux, de garantis bancaires pour des prêts conséquents et à long terme.

7- La mobilisation de l'épargne intérieure et des transferts de la diaspora peut apporter une contribution substantielle au financement des économies africaines, à condition que les pays mettent en place des dispositifs efficients à cette fin.
Par ailleurs les financements innovants pour de développement sont une source d'auto financement non négligeable que les pays gagneraient à savoir opérationnaliser.

8- Promouvoir une croissance inclusive. Le paradoxe en est que, selon une étude de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l'Afrique est la région du monde où les investissements sont le plus rentables, ajouté au fait qu'elle fait partie des régions qui présentent un meilleur taux de croissance depuis quelques années. En revanche, globalement, L'Afrique est aussi la région du monde où la croissance contribue le moins à la réduction de la pauvreté . Interrogeons-nous alors sur nos choix de politiques publiques et priorités. D'où la nécessité de promouvoir des mécanismes d'économie inclusive porteuse d'une croissance elle-même inclusive pour une véritable résilience des populations. La quête de la croissance est un objectif noble mais mieux que cela, c'est la qualité de ladite croissance qui devrait davantage mobiliser nos énergies car la création de la richesse n'a véritablement de sens que lorsqu'elle est équitablement redistribuée, surtout dans le contexte des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire où l'on manque presque de tout.

La croissance inclusive que nous appelons de tous nos vœux cessera d'être un simple voeu pieux lorsque nous aurions compris que nous gagnerions à renforcer notre secteur privé grâce à des financements appropriés et la promotion de contrats de partenariat public privé. Le défi majeur est de favoriser l'émergence d'une classe moyenne densifiée, pour ainsi dire, agir sur les leviers multiplicateurs de la consommation. Agir sur la consommation, revient à produire autrement, diversifier et transformer. La transformation qui est un processus de valeur ajoutée est la clé de voûte de l'émergence.

Si le FMI et la Banque Mondiale souhaitent véritablement accompagner l'Afrique, ces défis méritent une meilleure attention. Il n'y a donc pas que la qualité de la gouvernance locale en Afrique à revoir mais aussi celle de l'orientation des ressources par les institutions de BrettonWoods, pour une efficience programmée.

ReckyaMadougou
Expert international en Finance Inclusive et Développement

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Réunion annuelle du CAUCUS AFRICAIN : Cotonou, plateforme économique des décideurs du monde

caucus-africain

Le Palais des Congrès de Cotonou abrite depuis hier, jeudi 4 août 2016, la réunion annuelle du Groupe des gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fmi (Caucus). Cette réunion annuelle regroupe,pendantdeux jours, les Directeursdes institutions de Bretton Woods, les ministres des finances, de l’économie, du développement et les gouverneurs des banques centrales des 54 pays d’Afrique, autour des questions liées au financement du développement de l’Afrique. C’est le Président de la République, Patrice Talon qui a procédé au lancement des travaux.

Tribune par excellence de discussion des questions liées à l’économie et aux  finances, le CAUCUS AFRICAIN a pour objectif majeur, le renforcement du pouvoir des gouverneurs africains sur les questions de développement, au sein du Fmi et de la Banque Mondiale. Ainsi à Cotonou, les participants, autour du thème « Accroitre l’appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et promouvoir la transformation de l’Afrique », à travers des communications, dialogues de haut niveau et sessions plénières, auront à traiter des questions liées au développement de l’Afrique.

S’engager pour le développement de l’Afrique

Pour le Président du CAUCUS AFRICAIN et ministre béninois du Développement Abdoulaye Bio Tchané, l’assise de Cotonou est à la fois un moment de réflexion et d’innovation  sur la transformation structurelle de  l’Afrique. Cependant, à l’en croire, elle se tient dans un contexte où les pays africains se trouvent confrontés à 3 chocs exogènes notamment le changement climatique, la chute du cours des matières premières et le terrorisme. Il invite donc le groupe à faire preuve de leadership et de détermination et à mener des discussions et réflexions pour la transformation de l’Afrique. Pour le Chef de l’Etat Patrice Talon, la rencontre de Cotonou revêt une importance capitale en ce sens qu’elle s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des ressources pour le financement du développement durable et inclusif de l’Afrique. Les engagements et résolutions prises lors du CAUCUS 2015à Luanda en Angola n’ont pas été atteints, en raison des chocs exogènes liés à la chute du cours des matières premières, au déficit énergétique et à l’insécurité, a fait savoir le Chef de l’Etat ;  un constat alarmant, ayant mis en évidence la vulnérabilité du continent africain. Il en appelle donc à l’accroissement de l’appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et promouvoir  la transformation économique du continent.  Patrice Talon exhorte enfin les participants à intervenir auprès du monde occidental et des institutions internationales, afin qu’un réel plan de développement, un « Plan Marshall » soit mis en place pour le développement de l’Afrique. Plusieurs communications liées à la mobilisation des ressources, le rôle des institutions de Bretton Woods et à la lutte contre l’évitement fiscal ont marqué la première journée. Des opportunités d’affaires et des visites touristiques sont également au menu des activités

Thomas AZANMASSO

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Echanges commerciaux - Bénin-Nigeria : Il faut aller plus loin

alain-noudogbessi

Le Nigeria et le Bénin entretiennent historiquement d’étroites relations socio- économiques pour des motifs géographiques et culturels. Les deux pays partagent en effet une frontière de 704 km à travers laquelle s’exerce un important commerce semi informel avec un fort impact sur le budget du Bénin, essentiellement douanier et fiscal. Il s’agit du commerce de réexportation du Bénin vers le Nigeria de divers produits-  notamment alimentaires, textiles et véhicules d’occasion - la demande sur les marchés béninois étant fortement tributaire du pouvoir d’achat des clients nigérians et donc  du cours du naira, monnaie nigériane.

Suite au repli du cours du  Naira,observé depuis un semestre, avec pour conséquence une certaine morosité sur nos marchés, nous avions préconisé dans notre précédente tribune qu’il était temps pour le Bénin d’apporter des réponses structurelles à ses relations économiques avec le Nigeria.

Ces réponses devraient à notre avis s’articuler sur une stratégie  de productions et offres nationales en lieu et place de celle du statut actuel d’économie de transit que nous sommes pour notre voisin. Il convient en effet et enfin  d’offrir des produits et services compétitifs dont la commercialisation ne serait guère soumise aux fluctuations de la monnaie du Nigeria ni aux éternuements de son économie.

Pour juguler les effets néfastes de la crise actuelle sur notre économie (mévente sur nos marchés, baisse des recettes budgétaires notamment au cordon douanier et portuaire) le gouvernement béninois à travers son ministre des finances a récemment  annoncé deux mesures principales, à savoir :

1. Hausse de la taxation au niveau national
2. Projet de création d’un marché à la frontière avec le Nigeria avec pour objectifs de lancer les activités d’agro-industries de transformation et mettre fin à la pure réexportation ;

Augmenter la taxation au niveau national vise certainement à compenser les pertes de recettes budgétaires liées à la baisse du trafic commercial avec le Nigéria ; défendable techniquement du point de vue des objectifs financiers, cette mesure va accroitre la pression fiscale sur le contribuable béninois et impacter négativement son pouvoir d’achat. A terme, la consommation intérieure risque de prendre un coup et à son tour amplifier la « récession » intérieure. Eternel recommencement de l’histoire du serpent qui se mord la queue.

Décider de créer un marché dédié sur la frontière avec le Nigeria, même si ce marché existe déjà de fait, est appréciable surtout avec en arrière-plan l’idée de faire disparaitre la réexportation pure et promouvoir la valeur ajoutée locale.

Mais la question de l’offre nationale vis-à-vis du Nigeria n’est pas adresséeor elle est essentielle. Qu’allons-nous en effet vendre et proposer sur ce  ou ces marchés car ils doivent être multiples sur les 704 kilomètres de frontières que nous partageons avec ce pays.

Notre gouvernement actuel qui en a les moyens humains doit aller plus loin dans la réflexion sur ce volet et surtout dans l’action.

Nous précisons ci-après quelques pistes de réflexion et d’actions :

Production agricole notamment vivrière et élevage

C’est la piste la plus importante ; nous avons les terres  disponibles, nous disposons des ressources humaines - niveaux encadrement et exécution en la matière et des produits recherchés : mais, manioc, gari, palmistes, huile végétale, igname, fruits et légumes etc……

Sur le volet élevage, il y a du potentiel élevé sur les produits tels que le porc, le lapin, les poissons, les poulets et les œufs pour ne citer  que ceux-là.

D’autres productions de niche existent.Un seul exemple la variété d’ananas dite « pain de sucre » qui n’existe dans aucun pays au monde à part le Bénin.

Quelques préalables tout de même à régler : la question de la propriété foncière et de l’accès à la terre, l’organisation des producteurs agricoles et éleveurs en coopératives, la formation/encadrement, l’accès aux financements.

Tourisme de loisirs et d’affaires

Avec ses 180km de littoral donc de plages, ses sites touristiques uniques tels que Ganvié (Venise de l’Afrique), le parc W, les chutes du Pendjari, ses musées historiques (Ouidah,Abomey,Porto-Novo, Nikki…..), son patrimoine culturel et historique, le Bénin dispose incontestablement  d’un potentiel touristique intéressant ; il n’est donc pas normal que notre pays  continue d’enregistrer le même nombre de touristes que le  zoo d’oiseaux d’Athènes en Grèce  ou à peine 20% des visiteurs annuels  du seul château de Chambord en France.

Il est impératif  de transformer ce potentiel en produits. Cela nécessite certes d’importants investissements mais il faut déjà commencer par une vision, une politique et une stratégie touristique bien définie.

Prestations sanitaires

Il est établi que le Bénin regorge de compétences humaines dans ce domaine ; une politique volontariste basée sur les modèles tunisiens ou sud-africains avec des choix de métiers (centres de référence en cardiologie ou dialyse par exemples) devraient à terme être une source de revenus et de richesse pour notre pays.

Economie Numérique

Ceci peut paraitre anecdotique mais il faut y croire ; du talent existe ; il faut s’y pencher suivre et soutenir les startups qui s’investissent dans le domaine ; nos jeunes ont du talent en la matière.

Energie Electrique

Le noyau, le socle de tout ce qui précède. Aucun pays au monde ne s’est développé sans assurer au préalable son indépendance énergétique à bon coût. Le Bénin a les moyens naturels pour non seulement produire de l’énergie suffisante pour ses propres besoins mais aussi pour en vendre.

Techniquement, sur  six sources d’énergie électrique possibles, le Bénin dispose d’au moins quatre :l’hydraulique, le solaire, l’éolien et la biomasse. Il suffit ici de définir une politique cohérente et pertinente en la matière, de la mettre en œuvre avec les financements adéquats, et un excédent pourra être dégagé à terme et vendu ne serait qu’à la seule ville de Lagos qui compte plus de 21 millions d’habitants (2 fois le Bénin entier) et dans laquelle pullulent les groupes électrogènes, symbole du déficit observé là-bas dans la fourniture publique d’énergie électrique.

Mais il faut aller vite car rappelons que notre voisin est engagé dans un processus de modernisation qui pourrait davantage nous fragiliser si nous ne créons pas les premiers un minimum de dépendance en notre faveur. A en croire les déclarations du chef de l’Etat Béninois au soir de la fête de l’indépendance dans l’émission spéciale « A bâtons rompus » le gouvernement de la Rupture semble avoir pris la bonne mesure de ces enjeux.

Reste à passer des intentions aux actions. Passons résolument à la production, quittons  enfin le potentiel pour le produit.

Alain W. NOUDOGBESSI
Analyste Financier

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