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Economie

L'avenir du CFA se joue le 2 Octobre à Paris : A Cotonou, des économistes tarés ?

FRANCS-CFA

Le Franc CFA, cette monnaie issue de la colonisation française et arrimée à l’Euro après la disparition du Franc français, est en débat le 2 Octobre à Paris. « Il y a aujourd’hui le franc CFA, qui est garanti par le Trésor français. Mais cette monnaie, elle est africaine… Il faut maintenant que réellement, dans les faits, cette monnaie soit la nôtre… Une monnaie qui permet à tous ces pays qui utilisent encore le franc CFA de se développer », avait déclaré le président, le 11 août, à l’occasion de la célébration des 55 ans de l’indépendance du Tchad. Cette déclaration de haut niveau a lancé le débat sur la question du Franc CFA qui sera donc au menu du Sommet de la Zone Franc.

S’il y a bien un pays dont l’avenir dépend avant tout de la question monétaire, c’est bien la République du Bénin, dont la position d’état de transit vers le marché nigérian utilisant le Naira arrimé au Dollar, est fragilisé à chaque glissement sur le marché des devises comme il est le cas en ce moment. La crise actuelle qui se secoue le Bénin du fait de l’affaiblissement du Naira par rapport au Dollar et donc à l’Euro devrait donc ouvrir la voie au Bénin à une expression vigoureuse de notre choix monétaire lié à notre politique nationale de développement. Curieusement, c’est le silence radio et n’eût été la presse internationale, personne n’aurait entendu parler d’un quelconque sommet de la zone Franc à part la lecture sobre du relevé du conseil des ministres autorisant la participation d’une délégation gouvernementale.

Les économistes béninois sont absents des débats et ne semblent même pas s’y intéresser. Il est même à se demander quelles sont les connaissances qui sont les leurs sur le sujet. Incapables de formuler une réponse académique à la crise du Naira et à la contre offensive béninoise sur le sujet, ils sont encore moins actifs à déterminer notre place dans la zone Franc dans un contexte économique où le pays a désespérément besoin de solutions scientifiques, tant on l’a compris, la crise ne verra pas son épilogue pour demain. Kako Nubukpo, économiste et ancien ministre togolais de la Prospective a fait des propositions concrètes sur le sujet. Avec le Camerounais Martial Zé Belinga et le Sénégalais Demba Moussa Dembélé, il s’est particulièrement illustré ces derniers temps sur la question monétaire. En faisant de l’opposition à la politique monétaire actuelle, son cheval de bataille, il a donné là, matière à s’inspirer ou à s’opposer mais en tout cas d’une manière ou d’une autre, une invitation à prendre part au débat.

Où sont-ils passés nos économistes ? Nicéphore Soglo en tête, cadre de la banque mondiale, ancien ministre des finances, ancien premier ministre et ancien Président dont la gestion fut appréciée dans le temps, doit avoir un minimum de propositions sur la question, de part sa vaste expérience. Au gouvernement de Monsieur Patrice Talon, Abdoulaye Bio Tchane, Pascal Irenée Koupaki et Romuald Wadagni sont desdits experts dont nous attendons les preuves, les 3 ayant été ou étant ministre des finances, ils sont au cœur des réalités et disposent de tous les angles possibles pour faire des analyses concrètes, qui à défaut d’être efficaces, auront le mérite d’être exprimées.  Le Professeur Géro Amoussouga et ses collègues de la FASEG,  au-delà de terroriser les étudiants et de choisir dans une sorte de cooptation les nouveaux agrégés, ont le devoir de nous proposer des idées viables à mettre en œuvre. Le Général, paix à son âme, avait-il raison de parler de nos intellectuels en les traitant de tarés ? Là est la question, lorsqu’il ne s’agit que de diplômes et pas de contenu.

Woru Boro

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Béninois dans le monde des affaires : Hervé Cossi parle des opportunités pour investir au Ghana

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Les béninois s’expatrient bien, dis-t-on souvent et de plus en plus dans la sous-région. L’un d’eux installé au Ghana a répondu à nos questions. La trentaine, souvent pressé, une tradition anglophone de ne pas perdre du temps, c’est entre deux rendez-vous avec des clients dans le plus grand hôtel d’Accra qu’il a accepté partager son expérience et donner un point de vue sur les opportunités dans la région. Il se fait appeler « Vetcho » par ses proches et multiplie les initiatives pour mettre en relation les pays francophones et anglophones de la sous-région.

M. Herve Cossi, vous êtes installé depuis environ 5 ans au Ghana, quelle différence cela fait-il avec un pays comme le nôtre ?

Pour avoir commencé les affaires au Benin avant de venir ici, je n’ai pas tardé à comprendre que le Ghana est plus sécurisant pour les entreprises du fait de son système administratif, éducatif et de gouvernement. Ce système est d’abord et avant tout au service de la promotion des affaires.La question de la langue est tout aussi importante, l’anglais reste la langue la mieux parlée au monde alors forcément vous faites mieux affaire à travers le monde quand vous parlez la langue que les affaires comprennent le mieux.

La communauté béninoise au Ghana serait en pleine croissance, surtout pour l'apprentissage de l'anglais. Comment expliquez-vous cet état de choses quand le Bénin est le voisin du Nigeria ?

C’est un réel plaisir que de voir beaucoup de béninois s’intéresser à l’apprentissage de l’anglais ici contrairement au Nigeria notre voisin. Les béninois n’ont jamais vraiment réussi à développer une relation de confiance avec le Nigeria, qui aurait pu être logiquement le pays où apprendre l’anglais de part sa proximité. Ceci s’explique simplement par le fait que le Ghana séduit beaucoup plus de par sa stabilité et son accueil légendaire réservé aux étrangers avec par exemple le fameux AKWABA une fierté nationale mondialement connue.

A Accra, Cape Coast, Kumasi et bien d'autres villes du Ghana, vous vous êtes découvert une passion pour l'immobilier. En quoi consiste ce métier au Ghana ?

C’est un secteur un peu vaste qui touche le logement, la construction, la promotion, le conseil, l'urbanisme, l'architecture, la gérance, etc., mais en résumé il consiste à mener des activités de gestion et de transaction sur des biens immobiliers. J’ai axé mes activités sur un opportunisme simple, répondre aux demandes des uns et des autres. Il s’agit pour ceux qui cherchent un bien, soit pour le louer, soit pour l’acheter, à les assister vers la meilleure transaction possible. De l’autre côté pour les propriétaires ou vendeurs, c’est s’assurer que leur bien est conforme aux demandes du marché et que la possibilité de vendre soit concrétisée le plus tôt possible dans des conditions correctes.

Quelles sont les opportunités pour les béninois qui souhaitent investir ou simplement acquérir un bien dans ce pays ?

Les opportunités sont multiples, déjà la sécurité foncière, ensuite la croissance permanente de ce pays qui accroit la demande chaque jour plus le coût de vie. Pour expliquer la chose de façon basique, cela coûte pratiquement le même montant pour construire un immeuble commercial à Accra qu’à Cotonou. Mais ici les parcelles les plus petites font au moins 600m2, alors vous avez plus d’espace à exploiter. Aussi la location est 2 fois au moins plus rentable ici qu’à Cotonou sans compter le fait qu’ici le bail est d’un minimum d’un an alors que chez nous il faut à la fin de chaque mois aller taper à la porte du locataire.

M. Herve Cossi, au cours de votre expérience, avez-vous déjà accompagné des béninois dans cette démarche et quels étaient leurs objectifs en prenant un bien au Ghana ?

Les béninois sont les plus difficiles quand il s’agit de faire affaire, alors ils sont très peu avoir acheter des biens immobiliers avec moi mais beaucoup plus à avoir louer avec moi (je présume que c’est dans le besoin qu’on reconnait son FRERE béninois rire). Que ce soit pour mes clients béninois ou d’ailleurs, l’objectif premier c’est d’abord la rentabilité. Personne n’est mécontent à l’idée de se faire beaucoup plus d’argent. Ensuite il y a le fait que le Ghana offre plus de sécurité aux investissements.

Aujourd'hui plus que jamais l'Anglais est devenu la langue "franche" parlée par toutes les communautés lorsqu'elles se retrouvent dans un contexte international, quel est votre avis sur ce sujet, vous qui êtes francophone et vivez dans un pays anglophone ?

Comme je le disais l’anglais est aujourd’hui indispensable surtout à l’ère de l’économie numérique des réalités comme l’Union Africaine ou la mondialisation. Il l’est beaucoup plus pour les béninois car notre émergence dépend de notre relation avec le Nigeria voisin. Plutôt on commencera à parler leur langue mieux ce sera pour nous. Tenez, nous avons tellement à offrir aux nigérians si nous pouvions déjà leur expliquer. L’entente est une base dans les relations économiques et vous conviendrez qu’il est difficile de la construire lorsqu’il n’y a pas de compréhension. Entente et Compréhension sont mêmes synonymes en français, nous ne pouvons pas continuer à handicaper nos acteurs économiques en les privant de la langue du monde des affaires au-delà du Nigéria.

Dans ce cadre, votre entreprise est partenaire d’une école d'Anglais pour faciliter des programmes de formation en Anglais pour des francophones. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Pour ma part l’anglais a été déterminant dans mon adaptation ici alors j’ai voulu mettre mon expérience au profit de la communauté francophone.  Les problèmes d’hébergement restent les premières difficultés que les gens rencontrent en venant ici surtout les béninois car ils ont tendance à comparer le coût de la location, alors je me suis associe à une des meilleures écoles de langue ici (Eagle Vision Network) pour permettre aux francophones d’apprendre plus facilement l’anglais dans de bonnes conditions.

La première phase du programme est basée sur l’acquisition de l’anglais fonctionnel et du vocabulaire utilisé au cours des différents projets dans leur secteur d’activité. L’apprentissage passe par des jeux de rôles, discussions, développement du vocabulaire et analyse du langage dans leur profession.  Pendant la formation les participants sont amenés à mettre en pratique le nouveau langage de façon intensive à l’oral pendant les cours présentiels et dans leur lieu de résidence. Les cours traitent des situations courantes de la communication au cours d’un projet (réunions, discussions, téléconférences, entretiens individuels, échange de mails).

La seconde phase, consiste a mettre a relation les apprenants avec les acteurs ghanéens exerçant dans le même secteur d’activité pour leur permettre d’apprendre du savoir-faire d’ici.

Quelles projections quant à l’avenir de la sous-région ?

Je ne peux vraiment pas deviner vu les changements constants entre les devises, le coût des matières premières et les instabilités politiques. Tenez ! Un président vient et annule les décisions de son prédécesseur, ce n’est pas du tout rassurant pour le monde des affaires. Par contre, j’ai quelques souhaits, c’est de voir plus de transactions entre le Bénin et le Ghana, le Bénin et le Togo à travers une combinaison des langues officielles et de nos langues locales. Il faudrait que nous puissions investir dans chacun de nos pays sans crainte aucune et je crois que, sans avoir besoin de mandat de mes pairs du monde des affaires, je peux dire que nous sommes prêts, la balle est dans le camp des gouvernants.

Propos recueillis par K.S (Coll)

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Chute du Naira : Lueur d'espoir pour notre économie

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La chute du Naira, en réduisant le pouvoir d’achat des nigérians sur le marché béninois avec 1 Naira valant à peine 1,5 FCFA (contre 3FCFA en temps normal, ndlr) aura plongé l’économie béninoise dans une détresse sans nom avec la mort de certaines filières. Mais plus le temps avance, moins cette donnée semble représenter une faiblesse pour l’économie béninoise avec un ajustement des prix à venir.

*Hausse des prix à venir au Nigeria*

Si les secteurs comme la filière véhicules d’occasion resteront en berne pendant longtemps du fait de l’absence d’alternatives directes sur le marché nigérian, il convient toutefois de remarquer que les prix s’ajusteront bientôt à cause de la fin des stocks achetés avant le début de la crise. Un naira fort avait permis au Nigeria de disposer de stocks de produits dans plusieurs domaines, stocks qui auront permis de maintenir une relative stabilité des prix sur le marché intérieur, créant le déséquilibre avec le CFA à parité fixe. Des produits nigérians entraient même au Benin comme la bière, le ciment, le lait, etc. La fin de ces stocks sonne la fin des prix bas qui exerçaient une pression sur le Bénin et pourrait sonner le nouveau départ pour les produits béninois qui avec le réajustement de prix pourraient, pour certaines filières, redevenir compétitifs. Les stocks du Nigeria avaient été achetés lorsque le Naira était dans une parité fixe avec le dollar de l’ordre d’1 Dollar pour 185 Nairas. Cette parité aujourd’hui avoisine sur le marché noir, 400 nairas pour 1 Dollar. Autant dire le double quand il s’agira de renouveler les stocks, une augmentation à compenser nécessairement sur le marché local par un réajustement des prix sur le consommateur final.

*Des secteurs déjà en ébullition au Nigeria*

Selon un article du Daily Trust, un quotidien du Nigeria, dans sa parution du 31 Août 2016, le prix du ciment serait déjà passé de 1500 Nairas le sac à 2200 Nairas. Cette hausse de plus de 40 % est commune à toutes les marques de ciment sur place. Selon le responsable communication groupe de Dangote Cement, Anthony Chiejina, l’augmentation serait due au manque de devises, à l’augmentation du prix de l’énergie due à la dépréciation du naira. D’autres secteurs comme ceux de l’immobilier résidentiel ont également connu une hausse du loyer. Selon l’index des prix des biens de consommation, le Nigeria devrait connaître une augmentation des prix du panier de la ménagère de l’ordre de 20,2% au dernier trimestre 2016, les prix en Juillet étant déjà de 15,8% plus cher que l’année dernière à la même période.

*Les conséquences pour le Bénin*

Cette situation permet surtout de réaliser le caractère durable de la crise. En effet, même si certains secteurs vont se réajuster, la filière des véhicules d’occasion qui apportait le plus de ressources, restera durablement dans le rouge. C’est donc un changement complet d’approches sur le Nigeria qui va être demandé à tous les acteurs béninois, que ce soit des politiques ou des acteurs économiques. La République du Benin doit se faire à l’idée que la réexportation est terminée en tout cas pour un bon moment. Dans ces conditions, les seuls choix restants sont ceux de la mise en place d’une politique pour développer le tissu économique béninois sur le long terme. Mais à court terme, c’est la consommation intérieure et la relance du transit vers les pays de l’hinterland qui doivent dicter les changements. En ce qui concerne la consommation intérieure, il s’agit, par les mécanismes habituels : commandes publiques, lancement de grands travaux à haute intensité de main d’œuvre ; d’injecter des capitaux sur le marché béninois afin d’encourager la consommation et donc l’importation qui apporte des devises au cordon douanier. Les relations avec nos pays voisins de l’hinterland se sont dégradées avec l’état du corridor Cotonou Malanville ainsi que les divers barrages sur le trajet. La mise en place de la voie de contournement des failles d’Aledjo au Togo a également entraîné une fuite du trafic vers le Port de Lomé connu par ailleurs pour ses bonnes conditions aussi bien pour les compagnies maritimes que pour les importateurs. C’est donc à une politique agressive de séduction du Niger, du Burkina-Faso et du Mali que nous devons nous atteler à nouveau.

*Le Nigeria, toujours le Nigeria*

Les relations avec notre voisin de l’Est sont appelées à changer. Il s’agit de prendre les sujets avec réalisme. Pourquoi importer depuis la Chine, ce que nous avons au Nigeria au même prix sinon beaucoup moins en ce moment avec le Naira ? Pourquoi Sèmè semble être délaissé par l’Etat béninois et ressemble plus à une zone de non droit qu’à une frontière avec nos voisins économiquement les plus importants ? Le réalisme pourrait être d’importer le lait Peak ou le Coca Cola depuis le Nigeria. La SOBEBRA a toujours acheté des licences pour brasser des produits de marque européennes, elle devrait inclure dans sa nouvelle politique, de brasser la Goldberg ou encore de détenir les licences exclusives de vente des produits des brasseurs nigérians. Le Port de Cotonou était le poumon économique du Bénin, il n’y a pas de raison que la frontière de Sèmè, ne puisse prendre le relais pour nous apporter des droits de douane sur la base des importations faites à partir du Nigeria.

*Le gouvernement interpellé*

Dans une région aussi interconnectée socialement, la question de la monnaie unique devient majeure avec l’impact de cette crise du Naira sur l’économie béninoise. Le rapport du Togo avec le Ghana est souvent passé sous silence mais subit les mêmes effets que le Benin avec le Nigeria. Il est temps donc de poser cette question pour en finir avec un environnement qui fait cohabiter des monnaies à parité fixe sur l’Euro et des monnaies fluctuantes sur le Dollar. En outre, la question de la coopération au-delà des poignées de main et des photos en haute définition, mérite un cadre clair qui prenne en compte l’impact des économies les unes sur les autres et les solutions à y apporter. Le débat est relancé !


Worou BORO

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Les acteurs économiques du Maroc et d’Afrique-Subsaharienne s'associent au sein du Morocco Africa Business Club

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Lors du discours du Trône de 2014, Sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc a clairement exprimé sa volonté d'intensifier les échanges entre son pays et le reste de l'Afrique. Dans cette dynamique, les opérateurs économiques Marocains et sub sahariens ont créés le Morocco Africa Business Club. L'objectif de cette association est de faciliter l'intégration commerciale et économique du Maroc en Afrique Sub saharienne. 

Siégeant à Lomé, le club va permettre de :

•    fournir des informations économiques et financières détaillées sur les pays africains, favoriser les rencontres B to B,
•    évaluer le niveau de collaboration entre opérateurs économiques,
•    Assister ses membres dans la recherche ou le développement d’opportunités d’affaires et toutes autres missions favorisant la coopération entre le Maroc et le reste de l'Afrique.

Le lancement du Morocco Africa Business Club se fera  dans la deuxième quinzaine de Septembre à Casablanca au Maroc.
Fin.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Kwame SENOU
Co-Président
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Daniel DJAGOUE
Directeur Exécutif
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Selon le président de la Banque mondiale : La rivalité entre la Chine et le Japon est bénéfique pour l'Afrique

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Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a estimé que la rivalité entre la Chine et le Japon en Afrique constitue une «saine compétition», bénéfique pour ce continent qui a besoin de plus de 90 milliards de dollars par an d’investissements dans les infrastructures.

«Je ne crois pas qu'il y ait un manque d’opportunités pour la Chine et le Japon à la fois, en Afrique. Donc, je pense qu'il s’agit d’une saine compétition qui est très bien accueillie parce qu’elle signifie de bonnes choses pour l'Afrique», a-t-il déclaré dans un entretien publié le 1er septembre sur les colonnes du magazine économique japonais Nikkei Asian Review.

«Je pense que nous avons besoin de plus d’intérêt pour l’Afrique de la part de tous les pays. Alors si on considère qu’il s’agit d’une compétition, je pense qu’elle aboutira à de bons résultats  pour toutes les parties concernées», a-t-il ajouté.

M. Kim a également fait remarquer qu’il est erroné de considérer que toutes les opportunités d’affaires en Afrique présentent des risques.

«Le rôle du groupe de la Banque mondiale est de rendre ces investissements non risqués. Cela constitue notre principal rôle lorsqu’on travaille avec des entreprises privées», a-t-il dit, citant l’exemple de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), une filiale du groupe de la banque mondiale qui offre des garanties sur les risques politiques.

Le président de la Banque mondiale a, par ailleurs, fait savoir que la croissance du PIB de l’Afrique va ralentir à environ 2,5% en 2016 contre une moyenne supérieure à 5%  par an entre 2008 et 2014, en raison de la chute des prix des matières premières et du ralentissement de l’économie chinoise.  

«Le boom économique que nous avons vu ces dernières années en Afrique était, dans une large mesure, lié à l'essor de la Chine, et je ne sais pas si cela va se produire à nouveau dans un avenir proche. Je pense que les prix des matières premières vont se redresser mais lentement», a-t-il prédit, tout en recommandant aux pays africains de «se préparer à un avenir marqué des prix de matières premières bas».

Source : Agence ecofin

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Marchés de capitaux de la Cedeao : La Commission réaffirme son soutien au processus d’intégration

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Abuja, 30 Août 2016 : Les autorités de régulation regroupées au sein du WASRA (West African Securities Regulators Association) et les bourses regroupées au sein du WACMIC (West African Capital Markets Integration Council) ont tenu une réunion de travail ce jour au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja au Nigéria.

Cette réunion a été l’occasion de faire le point de l’état d’avancement du processus d’intégration des marchés financiers de l’Afrique de l’Ouest et d’identifier les étapes prochaines à franchir en vue de  rendre effective cette intégration.*

Sous l’égide de la CEDEAO les autorités de régulation et gestionnaires des bourses ont également retenu de définir le cadre de coopération entre elles en vue de l’accélération du processus.

*Le Président de la Commission de la CEDEAO, Son Excellence Monsieur Marcel Alain de SOUZA a, lors de la clôture de la réunion, réaffirmé son soutien au projet qui constitue selon lui l’un des chantiers majeurs devant favoriser la mobilisation des ressources au niveau régional et le renforcement de la culture boursière dans les pays concernés. Il a exhorté les responsables des autorités de régulation et des bourses à tout mettre en œuvre pour faire aboutir l’intégration des marchés de capitaux de la sous-région afin d’apporter une solution au financement des projets régionaux de développement.

Les travaux ont été dirigés par le Commissaire pour l’Industrie et la Promotion du Secteur Privé, Monsieur Kalilou TRAORE.

Le WASRA est présidé par Monsieur Mory SOUMAHORO, Secrétaire Général du Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) et le WACMIC par Monsieur Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM et du

DC/BR

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Economie/Classement FMI : L’Afrique du Sud, désormais la 1ère économie africaine devant le Nigeria

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La nation arc-en-ciel traverse depuis quelques mois une crise économique avec un taux de chômage très élevé, les scandales de son président Jacob Zuma, des grèves dans le secteur pétrolier et l’échec cuisant aux dernières élections municipales de l’African National Congress (ANC) le parti au pouvoir. Elle vient toutefois de reprendre sa place de première puissance économique du continent, au Nigéria qui l’avait détrônée il y a deux ans.

Grâce à un calcul réalisé par le Fonds monétaire international (FMI), à partir du PIB et sur les taux de change de l’Afrique du Sud et du Nigéria, la nation arc-en-ciel devance le géant de l’ouest. Le PIB 2015 du Nigeria converti en dollar au cours actuel s’élève à 296 milliards $ tandis que celui de l’Afrique du Sud est de 301 milliards $ soit 5 milliards de plus. En effet, depuis que le FMI calcule le PIB de chaque pays en monnaie locale avant de les convertir en dollar, la comparaison entre les différentes économies est devenue plus simple et compréhensible.

En effet, depuis le début de l’année 2016, le naira a perdu plus d’un tiers de sa valeur par rapport au dollar soit 30%, alors que dans le même temps le rand (la devise sud-africaine) en a gagné plus de 16% au cours de la même période. Aussi, pendant que le PIB de l’Afrique du sud enregistrait un recul de 0,2% l’économie nigériane plongeait de 0,4%.

Ce revers économique du pays de Buhari est dû à l’effondrement du naira et à la chute des cours mondiaux du pétrole qui constitue la principale source de devise de l’économie (70% des revenus du pays sont tirés de l’or noir). En cause également à des troubles politiques notamment liés à l’insécurité dans les régions d’extraction du pétrole, causée par les militants armés du Delta du Niger et le terrorisme de Boko Haram.

Par ailleurs, le FMI prédit pour l’année 2016 une croissance qui ne dépassera pas 0,6% pour l’économie la plus industrialisée du continent contre une chute du PIB de -1,8% pour le Nigéria, ce qui va permettre à l’Afrique du Sud de conserver ce statut.

Pour rappel, le Nigéria avait ravi la première place à l’Afrique du sud en 2014 avec un PIB de 568,499 milliards $ contre 349,873 milliards $ pour la nation arc-en-ciel selon les chiffres de la Banque mondiale,  suite à un changement  dans les méthodes de calcul du PIB. A l’époque, le Bureau national des statistiques avait inclus des secteurs d’activités qui n’étaient pris en compte auparavant, tels que les télécommunications, l’immobilier ou encore ‘’Nollywood’’ l’immense industrie de cinéma nigérian.

Source externe

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Dévaluation à 50%du Naïra : « Des démarches urgentes s’imposent », selon Nicéphore Soglo

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La dépréciation du naira au Nigeria a de lourdes conséquences sur les économies des pays comme le Bénin dont le commerce extérieur repose en majeure partie sur la santé économique du géant de l’est.
L’ancien président et ancien fonctionnaire au FMI Nicéphore Soglo s’en préoccupe. Sa solution, c’est une action concertée et urgente des gouvernements africains en partenariat avec les institutions de Breton Wood afin de parer au pire.
Lire sa déclaration

Déclaration

Béninois, Béninoises, Chers compatriotes,

L’heure est grave, et il me faut tirer la sonnette d’alarme. Les gouvernements de la zone franc et la France ne peuvent plus rester les bras croisés devant la dévaluation de 50% du naira. Face à la réduction brutale et dramatique des prix du pétrole brut et donc de leurs revenus, la plupart des pays pétroliers, ont avec l’aide du FMI, pris les mesures de correction, d’ajustement, en un mot de vérité monétaire qui s’impose. Quid de leurs clients ? Ces derniers doivent au plus vite prendre des mesures qui s’imposent car leur monnaie est désormais surévaluée par rapport au naira. Imagine-t-on les pays du monde se croiser les bras devant la dévaluation du dollar ? Ne disait-on pas au sortir de la deuxième guerre mondiale, que quand l’Amérique toussait, l’Europe avait une fluxion de poitrine ? Or, notre Amérique c’est le Nigéria. Des démarches urgentes s’imposent donc avec nos partenaires africains et européens et avec les institutions de Breton Wood, la Banque Mondiale et le FMI si l’on ne veut pas assister à la ruine de nos économies. La balle est à présent dans notre camp et le temps presse, sinon beaucoup de producteurs et de commerçants risquent de connaitre de graves difficultés et même de déposer leur bilan. Je vous remercie.

Nicéphore D. SOGLO Ancien Président de la République Ancien Maire de la ville de Cotonou Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats, Créé en 2006 à Maputo par Nelson MANDELA

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Fin de la réunion annuelle du CAUCUS AFRICAIN : Pour une amélioration de la croissance et la transformation du continent africain

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La réunion annuelle des Gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international a connu son épilogue, vendredi 05 août 2016, au Palais des Congrès de Cotonou. A l’issu de la rencontre, les Gouverneurs africains du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale se sont engagés à mobiliser les ressources pour la transformation du continent africain et à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement.

A Cotonou, les Gouverneurs ont pris acte du contexte actuel marqué par la multiplicité des chocs notamment la chute des cours des matières premières, le resserrement des conditions financières sur les marchés de capitaux, les défis d’ordre sécuritaire et le changement climatique. Ils reconnaissent par conséquent que pour prendre en charge  ces chocs, il est nécessaire de promouvoir la diversification et le développement inclusif des économies ainsi que le renforcement des Communautés économiques régionales. Les Gouverneurs s’engagent donc à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement, afin de préserver et de renforcer les avancées réalisées par les économies africaines au cours de la dernière décennie. Au demeurant, l’appel de Cotonou  est  lancé à l’endroit des institutions  de  Bretton Woods pour accompagner la transformation structurelle des économies des pays africains, notamment par le financement et la facilitation d’investissements massifs à taux concessionnel dans les secteurs clés. Une nouvelle approche est recommandée à cet effet pour de nouveaux instruments adaptés aux besoins réels du continent avec un cadre de gestion de la dette plus souple et une solide reconstitution de l’IDA18. Les Gouverneurs sollicitent par ailleurs, des renforcements des capacités techniques adaptés des institutions de Bretton Woods pour rendre les économies africaines plus résilientes aux chocs notamment exogènes. Les Gouverneurs appellent enfin les institutions de BrettonWoods à rendre effectifs les engagements pris en matière de diversité et de représentativité du continent africain dans leurs instances de décisions. Pour le Président du CAUCUS AFRICAIN et ministre du Développement du Bénin Abdoulaye Bio Tchané, ces conclusions cadrent bien avec le souhait du Chef de l'Etat de voir les assises de Cotonou marquer définitivement le point de départ de la transformation du continent. Il exprime donc le souhait que le Fmi et la Banque mondiale tiennent grand compte de ces orientations pour cadrer leurs interventions sur le continent. Abdoulaye Bio Tchané lance pour finir, un appel au FMI et au Groupe de la Banque Mondiale pour porter la voix du continent auprès de la communauté des bailleurs pour un financement plus intensif en faveur de l'Afrique.

Thomas AZANMASSO

Quelques impressions


Jean Baden Dubois, Gouverneur de la Banque centrale d’Haïti
« Ensemble, les 54 pays peuvent défendre leurs intérêts »
Un pays tout seul ne peut avoir une certaine influence, mais quand les 54 pays semettent ensemble, ilspeuventfacilement défendre les politiquesvis-à-vis des institutions de BrettonWoods, ils peuvent facilement avoir une plus grande voix, ils peuvent plus facilement défendre leurs intérêts que ce soient les intérêts des pays les plus émergents ou des pays qui ont une certaine fragilité. Ensemble, ils peuvent être une force extrêmement convaincante pour rapatrier les aides et les prêts que procurent ces institutions vers les pays d’Afrique.

Ruffino D’Almeida, Président du comité d’organisation
« C’est surement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire »
C’est un immense honneur pour le Bénin d’organiser le CAUCUS africain. Vous avez pu constater que ce sommet n’a souffert d’aucune carence. Vous constatez aussi que nos hôtes ont décernéun satisfecit total au gouvernement du Bénin et au comité d’organisation. Les administrateurs du Fmi et de la Banque mondiale ont fait savoir que c’est sûrement la plus belle organisation du CAUCUS de l’histoire. Le Bénin a su par cette manifestation, montrer la capacité de ses fils et filles à organiser et à acuelillir dans de très bonnes conditions ses hôtes. Ceci devrait nous instruire pour la suite.

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Réunion annuelle de haut niveau du Caucus africain à Cotonou : Les contributions de Reckya Madougou

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Les 4 et 5 août, au Palais des Congrès de Cotonou, s'est tenu la réunion annuelle du Caucus des gouverneurs africains du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, que sont les ministres en charge des finances ou du développement des 54 pays de notre continent. Cette rencontre de haut niveau dont l'objectif principal indiqué se résumait à proposer un mémorandum aux dirigeants desdites institutions afin d' <<accroître l'appui des institutions de Bretton Woods en vue de répondre aux chocs, renforcer la croissance et accélérer la transformation de l'Afrique>>, fut rythmée par d'enrichissants débats.

Il me plait d'une part de reconnaitre la bonne organisation de cet événement - qui honore notre pays - sous le leadership du Ministre d'Etat Abdoulaye Bio Tchané, et d'autre part, de saluer la grande qualité des échanges qui rassure de ce que ceux qui élaborent les politiques publiques en Afrique, ne sont plus - pour la plupart - seulement des "consommateurs" de programmes-pays mais des décideurs capables de vision, nonobstant le défaut de flexibilité déploré au niveau des institutions de Bretton Woods.

Le panel de la session 2 auquel j'ai participé fut brillamment modéré par Dr. Donald Kaberuka, ancien Président de la Banque Africaine de Développement ( BAD) et s'est penché sur une problématique éminemment actuelle: <<répondre aux besoins de capacités pour accélérer la transformation structurelle de l'Afrique>>. Mes contributions à ce titre sont articulées autour des points ci-après.

Pour aborder une telle préoccupation, il me paraît indispensable et préalable que soient mieux appréhendé les spécificités des économies africaines dont je rappelle certaines caractéristiques:

Sur le plan macroéconomique:
•    une croissance basée sur trois moteurs communément désignés en Anglais par les 3C (Commodities-Consumption-Coridors), c'est-à-dire, les matières premières (dont les prix sont bien souvent en souffrance), la consommation qui mérite d'être stimulée et les couloirs économiques, véritables opportunités d'accélération de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB);
•    un ralentissement du taux de croissance du PIB de l'Afrique subsaharienne (2,5% prévus pour 2016 par la Banque Mondiale); un taux qui avait déjà connu sa plus mauvaise performance en 2015 (3%) - en considérant la période de référence 2009-2015 - face à une Asie de l'Est et Pacifique (6,3% prévus) et (Asie) du sud (7,1% prévus), dont les économies résistent remarquablement aux chocs;
•    une difficulté de maîtrise de l'inflation surtout dans les pays exportateurs de matières premières et dont les cours ont drastiquement chuté (cas du Nigeria qui connaît actuellement un taux d'inflation allant jusqu'à 16%, ayant engendré une forte dépréciation de sa monnaie par rapport au dollar et entraîné cette économie locomotive du continent dans une récession);
•    tout comme les économies émergentes d'Asie non exportatrices de pétrole, les pays d'Afrique subsaharienne importateurs de pétrole devraient être plus résilients et savoir profiter de l'opportunité de maîtrise de leurs taux d'inflation pour doper la consommation, moteur de croissance.

Sur le plan microéconomique:

•    une typologie assez spéciale des entreprises avec une extrême prédominance en nombre de Très Petites Entreprises (TPE) et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), à côté de quelques grandes entreprises qui sont pour l'essentiel des multinationales et des sociétés publiques caporalisant le maximum des attentions en matière d'accompagnements. Or est-il besoin de rappeler qu'en Afrique, ce sont les TPE/PME/PMI qui emploient autour de 80% de la population active?
•    Une offre de services financiers peu diversifiée avec un taux de bancarisation des plus faibles au monde.
•    La prépondérance d'un secteur dit informel que les pays ont du mal à organiser et surtout dont ils peinent à capitaliser le potentiel des unités économiques qui le composent.

En me gardant de d'ouvrir de nouveau l'éternel débat relatif à la nécessité/efficacité ou non de l'aide au développement, je nous convie à réfléchir à comment les institutions de BrettonWoods peuvent mieux répondre aux besoins de capacités dans la perspective d'une transformation structurelle, face aux défis qu'imposent les constats rappelés supra.

1- D'abord, relevons que mieux que la quantité des appuis attendus, il s'agit surtout de leur nature et de leurs orientations. Les pays africains doivent définir eux-mêmes leurs priorités qui feront l'objet d'appuis et veiller à leur respect. Cela exige une totale prise en compte du principe de l'appropriation qui veut que chacun des pays bénéficiaires d'aide au développement se dote de stratégie nationale dans chaque secteur. Une telle exigence devient d'autant plus aisée qu'aujourd'hui, à l'avantage de l'Afrique, il existe une diversité de sources et d'origines de financements, avec des conditionnalités diverses, certaines plus avantageuses que d'autres.

2- De ce fait, les renforcements de capacités humaines, institutionnelles et en logiciels (soft) nécessaires ne doivent se faire qu'en fonction des priorités nationales: le principe de l'alignement mérite d'être mieux ancré auprès des bailleurs, avec un accent particulier sur la prévalence des systèmes nationaux sur laquelle nos Etats ne devraient plus transiger. Car si l'aide continue autant de contourner les dispositifs nationaux, à quand le transfert des compétences et une véritable capacitation des économies en développement?

Par ailleurs, les appuis doivent rentrer dans le cadre d'une meilleure prévisibilité. Aller vers une meilleure prévisibilité de l'aide revient à ce que les donneurs informent les pays au moins 3 ans à l'avance de l'aide précise qu'ils envisagent accorder sur la base des perspectives émanant des politiques nationales. Ce qui suppose en effet au préalable aussi que nos pays disposent de documents de prospective et de planification à court, moyen et long terme. Des documents de politique de qualité appellent quant à eux la disponibilité de statistiques fiables, fréquemment actualisées. D'ailleurs un appui utile des institutions de Breton Woods en Afrique pourrait consister en l'intensification de leur accompagnement en matière d'enquêtes et de statistiques.

Aussi la nécessité d'harmonisation des appuis devient-elle de nos jours un soucis récurrent du fait de la concurrence destructrice entre les donneurs: simplifier les procédures et éviter la concurrence nuisible entre les bailleurs dont l'une des désastreuses conséquences est le délaissement de certains secteurs en faveur d'autres secteurs selon l'approche "effet de mode", sur fond de saupoudrage de ressources.

3- Savoir Identifier les Secteurs priorita que mieux que la quantité des appuis attendus, il s’agit surtout de leur nature et de leurs orientations ires susceptibles de favoriser une transformation structurelle rapide du continent :
•    Éducation / recherche car le capital humain est la première ressource indispensable
•    Énergie en qualité et quantité suffisante (le mix énergétique comme une condition sine qua none)
•    Agriculture (agriculture moderne, diversification, et agro business)
•    Technologie de l'Information et de la Communication (TIC) pour développer une véritable économie circulaire vecteur de transformation.
Tout ceci devant se développer dans un contexte d'assainissement des finances publiques en veillant à la qualité de la dépense et d'amélioration de la gouvernance en luttant contre l'impunité avec la "complicité indépendante" de la justice.

4- Fort de la prédominance des TPE/PME en Afrique, l'inclusion financière est une solution incontournable en matière d'appui à fournir aux économies africaines. Le développement ne se montrera pas au rendez-vous sans un véritable accompagnement du secteur privé. Il est important de tenir compte de la grande masse de nos entreprises pour concevoir une politique d'intermédiation financière appropriée. Il serait bien à propos de citer en guise d'exemple le récent accord de prêt que la BAD a accordé le 13 juillet à la Tunisie pour contribuer à la relance de son économie:

268 millions d'euros destinés à la modernisation du secteur financier, principalement en renforçant le marché des capitaux et développer la microfinance. Justement les conditionnalités d'un tel emprunt pour la période 2016-2017, favorise cet objectif salutaire avec un taux annuel concessionnel de 0,56%; emprunt remboursable sur 25 ans assorti d'une période de grâce de 7 ans.

Permettre à des ménages à faible revenu et aux TPE/PME d'accéder à des services financiers variés adaptés à leurs besoins reste généralement le parent pauvre des politiques économiques en Afrique subsaharienne. Or aucune économie ne peut prospérer sans une vitalité de son secteur privé car c'est lui qui génère la richesse et les emplois durables.

5- Il urge donc d'accompagner les réformes pays qui renforcent le secteur privé comme créateur de richesse et pourvoyeur d'emplois, et pas seulement le soumettre aux actions coercitives telles que les impôts prohibitifs:
•    Avons-nous des codes des investissements appropriés à la typologie de nos entreprises ?
•    Induire des mesures incitatives dans les secteurs accélérateurs de transformation et de croissance
•    Faciliter l'accès au crédit à taux bonifié
•    Promouvoir l'inclusion financière en favorisant le développement des marchés de capitaux, le refinancement des institutions de microfinance (IMF) à des conditions appropriées de taux, de durée, etc. Les IMF en se refinançant sur le marché des capitaux ont besoin de ressources "bon marché" de longue durée pour le financement de l'écrasante majorité des entreprises africaines qui sont des TPE, sans devoir recourir à des taux prohibitifs.
•    Les mesures incitatives en faveur de l'entreprenariat des jeunes doivent être durables et agir aussi sur l'environnement des affaires de façon profonde et pérenne.

6- Accompagner les pays dans des réformes consensuelles en vue de la Formalisation du secteur extra légal ("l'informel" est une terminologie péjorative qui tend à mépriser un pan aussi important de nos économies).
Il est question non pas de "folklores" à visées électoralistes mais de réformes profondes devant permettre de transformer nos capitaux intérieurs en capital vif car une part importante de notre capital est du "capital mort", inutile pour l'activité économique. Il n'y a qu'à imaginer au Bénin le nombre d'immeubles non immatriculés ou non référencés à leur juste prix pour comprendre les difficultés d'accès au crédit par exemple. Dans les pays développés, ces mêmes immeubles serviraient de domiciliation de sièges commerciaux, et mieux, de garantis bancaires pour des prêts conséquents et à long terme.

7- La mobilisation de l'épargne intérieure et des transferts de la diaspora peut apporter une contribution substantielle au financement des économies africaines, à condition que les pays mettent en place des dispositifs efficients à cette fin.
Par ailleurs les financements innovants pour de développement sont une source d'auto financement non négligeable que les pays gagneraient à savoir opérationnaliser.

8- Promouvoir une croissance inclusive. Le paradoxe en est que, selon une étude de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), l'Afrique est la région du monde où les investissements sont le plus rentables, ajouté au fait qu'elle fait partie des régions qui présentent un meilleur taux de croissance depuis quelques années. En revanche, globalement, L'Afrique est aussi la région du monde où la croissance contribue le moins à la réduction de la pauvreté . Interrogeons-nous alors sur nos choix de politiques publiques et priorités. D'où la nécessité de promouvoir des mécanismes d'économie inclusive porteuse d'une croissance elle-même inclusive pour une véritable résilience des populations. La quête de la croissance est un objectif noble mais mieux que cela, c'est la qualité de ladite croissance qui devrait davantage mobiliser nos énergies car la création de la richesse n'a véritablement de sens que lorsqu'elle est équitablement redistribuée, surtout dans le contexte des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire où l'on manque presque de tout.

La croissance inclusive que nous appelons de tous nos vœux cessera d'être un simple voeu pieux lorsque nous aurions compris que nous gagnerions à renforcer notre secteur privé grâce à des financements appropriés et la promotion de contrats de partenariat public privé. Le défi majeur est de favoriser l'émergence d'une classe moyenne densifiée, pour ainsi dire, agir sur les leviers multiplicateurs de la consommation. Agir sur la consommation, revient à produire autrement, diversifier et transformer. La transformation qui est un processus de valeur ajoutée est la clé de voûte de l'émergence.

Si le FMI et la Banque Mondiale souhaitent véritablement accompagner l'Afrique, ces défis méritent une meilleure attention. Il n'y a donc pas que la qualité de la gouvernance locale en Afrique à revoir mais aussi celle de l'orientation des ressources par les institutions de BrettonWoods, pour une efficience programmée.

ReckyaMadougou
Expert international en Finance Inclusive et Développement

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