TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

- cover VISUEL DE COMMUNICATION - MILLION AVEC FANICKO - by Axel DigitXplusFR 3

A+ A A-

Banniere web 728x90px-01

Economie

Présidence de la Ccr/Uemoa : Les dessous de la débâcle de Satchivi

jean-baptiste-satchivi

Mercredi 30 mai dernier s’est déroulée à Lomé, capitale du Togo, l’élection des membres du nouveau bureau de la Chambre consulaire régionale de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Ccr/Uemoa). En lice pour sa propre succession à la tête de la Ccr/Uemoa, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) Jean-Baptiste Satchivi a été battu par son homologue burkinabé. Il n’a obtenu que 09 voix contre 44 pour son challenger sur un total de 53 votants. Cette défaite, conséquence directe  de la mauvaise gestion de l’homme aussi bien à la tête de la Ccib qu’à la tête de la Ccr/Uemoa, trouve aussi son origine dans le mépris des textes qui régissent la Chambre consulaire régionale. En 2015, lors de la 14ème session ordinaire de l’Assemblée générale de la Ccr/Uemoa, les déléguées avaient recommandé que la présidence de la Chambre consulaire régionale soit assurée de manière rotativeà raison d’un seul mandat de trois (03) ans par Etat membre. C’était même la recommandation N°1 et Jean-Baptiste Satchivi avait posé sa signature en bas du document en qualité de président en exercice de la Ccr/Uemoa. Mais curieusement, quand vient le moment de mettre cette recommandation en application, il refuse de respecter les textes et se représente pour sa propre succession sous le regard médusé de ses pairs des pays de l’Uemoa. C’est alors que les autres présidents l’ont laissé poser sa candidature sachant bien qu’ils allaient lui barrer la voie dans les urnes.

Cette propension à marcher sur les textes, le président Satchivien est à la limite coutumier. Déjàà Cotonou, à l’Assemblée consulaire de la Ccib le 03 mars 2018, il a voulu modifier les textes. Soupçonnant de sa part une manœuvre pour rester à la tête de la Chambre malgré sa gestion décriée, les élus consulaires ont fait échec à cette initiative. Ils ont tout simplement rejeté à la majorité les nouveaux textes. A Lomé, on l’a laissé faire pour ensuite s’entendre pour contrecarrer son plan de se succéder à lui-même. Sauf qu’à travers cette manoeuvre, c’est l’image du Bénin qui a pris un coup lors de cette élection.

M.M

En savoir plus...

Renouvellement du bureau Ccr/Uemoa : Satchivi battu par 49 voix contre 01

Jean-Baptiste-Satchivi

Le Bénin perd la présidence de la Chambre consulaire régionale de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Ccr/Uemoa). Hier, mercredi 30 mai 2018,  s’est déroulée à Lomé l’élection des membres du nouveau bureau. En lice pour sa propre succession, le président de la Ccib Jean-Baptiste Satchivi a été battu par un score sans appel de 49 voix pour son challenger contre sa seule et unique voix. Un camouflet que le Bénin doit à la gestion solitaire, opaque et catastrophique que fait le président Satchivi de la Ccib, gestion que Matin Libre a décriée avec documents à l’appui durant toute une série de publications. Jean Baptiste Satchivi qui, pourtant, avait annoncé lors d’une  Assemblée consulaire qu’il n’allait plus se présenter, préparait en douce sa reconduction à la tête de la Ccr/Uemoa. Mais mal, lui en a pris. Sa gestion décriée à la Ccib, est tout aussi décriée par ses pairs de la Ccr/Uemoa. Conséquence, tous les autres pays se sont ligués contre le Bénin pour ne pas le reconduire à la tête de l’institution consulaire sous régionale. C’est ainsi qu’il a été battu par son homologue du Burkina-Faso alors qu’il était de tradition pour les pays de l’Uemoa de faire deux mandats à la tête de cette institution consulaire. Mais le Bénin n’aura pas cette chance du fait du président Satchivi qui a réussi par sa gestion à unir les autres pays contre sa reconduction et donc contre le Bénin.

Organe créé par les Chefs d’Etats de l’Uemoa, la Ccr/Uemoa est chargée de la réalisation et de l’implication effective du secteur privé dans le processus d’intégration. Jean-Baptiste Satchivi a été élu à la tête de la Ccr/Uemoa en mai 2014 pour un mandat de 4ans renouvelable. Défi qu’il n’a pu relever compte tenu de sa mauvaise gestion à la Ccib, révélations faites par Matin Libre et qui ont amené le ministre de tutelle à envoyer depuis un mois le Bureau d’analyse et d’investigation (Bai) à la Ccib pour un audit.

M.M

En savoir plus...

Makhtar Diop est nommé vice-président de la Banque mondiale pour les Infrastructures

Makhtar-Diop

Washington, 11 mai 2018 —Après six ans à la tête de la Région Afrique, où il gérait un portefeuille d’un montant de 70 milliards de dollars, Makhtar Diop vient d’être nommé vice-président de la Banque mondiale pour les Infrastructures. Cette vice-présidence regroupe les domaines du transport et de l’économie numérique, de l’énergie et du secteur extractif ainsi que le financement des infrastructures et les partenariats public-privé (PPP).

Dans ce poste stratégique, nouvellement créé, Makhtar Diop sera chargé des investissements de la Banque au niveau mondial dans le domaine des infrastructures et de développer des solutions durables pour combler le déficit en infrastructures dans les pays en développement et les pays émergents.

Au cours des six dernières années, Makhtar Diop a joué un rôle déterminant dans la mobilisation de financements privés pour soutenir le développement des infrastructures en Afrique, favoriser les écosystèmes d’innovation et accélérer l’adoption de nouvelles technologies. Champion des énergies renouvelables, Makhtar Diop a également encouragé les investissements dans ce domaine ainsi que l’interconnectivité régionale dans les secteurs de l’énergie et du transport.

Makhtar Diop apporte à ce poste sa connaissance approfondie des questions complexes liées au développement des infrastructures. M. Diop a été notamment directeur du secteur finances, secteur privé et infrastructure pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Il a occupé le poste de directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Brésil où la Banque mondiale a aidé à financer la construction d’infrastructures importantes et a été directeur des opérations pour le Kenya, l’Érythrée et la Somalie.

Reconnu pour son leadership dans le domaine du développement économique et social, il a été désigné comme l’un des Africains les plus influents.

Makhtar Diop prendra ses nouvelles fonctions le 1er juillet 2018.

Pour en savoir plus sur les activités de la Banque mondiale en Afrique, rendez-vous sur : http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr

Rejoignez-nous sur Facebook : http://www.facebook.com/BMAfrique/

En savoir plus...

Rapport Africa’s Pulse de la Banque mondiale : 18 pays exposés à un risque élevé de surendettement

economie

La Banque mondiale en rendu public hier, mercredi 18 avril 2018, à son siège à Washington, le contenu de son rapport semestriel sur l’état des économies africaines. La cérémonie est suivie en direct par vidéoconférence dans toutes les grandes capitales africaines.

De l’analyse faite par Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale, trois messages importants se dégagent du rapport Africa’s Pulse d’avril 2018. D’abord une bonne nouvelle. La croissance économique rebondit en Afrique. Elle devrait s’établir autour de 3,1% en 2018 et 3,6% en moyenne sur 2019-2020 contre une croissance de 1,5% en 2016 et 2,6% en 2017. En Afrique au sud du Sahara, les pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal sont les moteurs de cette croissance avec un taux de 7 à 8%. Cependant, bien que cette croissance soit positive, l’expert note qu’elle est trop lente et insuffisante pour accélérer les réformes macro-économiques et budgétaires pour  éradiquer la pauvreté dans un avenir proche. Le deuxième message concerne l’augmentation de la dette publique sur le Pib. Contrairement aux années 2000 où la dette est concessionnelle, on note un changement de la structure de la dette. De plus en plus, les pays africains se tournent vers les marchés pour émettre des bons. En moins de 5ans, plusieurs pays africains ont doublé leur dette. Cette situation a entraîné un problème croissant de soutenabilité de la dette. 18 pays sont classés en mars 2018 comme étant exposés à un risque élevé de surendettement, contre 08 en 2013.La troisième information tirée de l’analyse du rapport est liée à l’accès à l’électricité. En 2016, 42% des ménages en Afrique ont accès à l’électricité et 2/3 des entreprises situées dans les grandes métropoles africaines n’ont pas accès à de l’électricité fiable. Ce qui constitue un frein à la création de l’emploi. Le présent rapport Africa’s Pulse s’intéresse particulièrement au rôle que peut jouer l’innovation pour accélérer l’électrification de l’Afrique subsaharienne. Ce qui devrait accélérer la lutte contre la pauvreté grâce à une croissance économique solidaire. « Si l’Afrique adopte la technologie et met à profit l’innovation, elle peut accroître la productivité entre les secteurs et à l’intérieur de ceux-ci, et accélérer la croissance », a affirmé l’expert Albert Zeufack avant de partager avec les journalistes quelques pistes de solution aux problèmes énumérés par le rapport et les projets de la Banque mondiale en cours sur le continent pour accroître l’électrification de l’Afrique. Un autre rapport sera publié en octobre 2018.

Bertrand HOUANHO

En savoir plus...

Banque digitale en Afrique rurale : Les obstacles au nouveau défi panafricain

romuald-wadagni

A Cotonou ou à Rabat encore à Abidjan ou Sowéto, une révolution est en marche, celle de la finance digitale. C’est-à-dire faire des transactions financières à partir d’un téléphone portable. Quand on observe les capitales africaines, le réflexe devient de plus en plus digital. Il s’agit d’une solution majeure aux tracasseries des services financiers traditionnels et aux agacements des services de la clientèle. Si les centres urbains sont bien pourvus, il reste à couvrir les zones rurales de l’Afrique. Loin de la coupe aux lèvres, il y a bien des obstacles à franchir malgré quelques chiffres rassurants. En effet, environ 46 % des 1,17 milliard d’Africains avaient souscrit à des offres de téléphonie mobile à la fin de l’année 2015, soit 557 millions d’abonnés uniques, selon des chiffres présentés par le réseau mondial des opérateurs de téléphonie mobile, GSMA, à Dar-es-Salam du 26 au 28 juillet 2016. La statistique rendue publique montre qu’un bond a été enregistré de  +70,34 % par rapport aux 327 millions d’abonnés uniques de 2010. Les projections les plus optimistes font penser que l’accroissement pourrait atteindre  725 millions d’abonnés uniques en 2020. Et les pays qui feront le champ de telle attraction sont le  Nigeria, l’Éthiopie, l’Égypte, le  Kenya, la Tanzanie, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Algérie. Selon la même source citée par Jeune Afrique, en termes de  nombre de cartes de SIM en circulation, les comptes du marché africain mobile sont encore plus élevés. Les usagers africains, qui possèdent souvent plusieurs cartes, cumulaient 965 millions de SIM à la fin 2015. Ce nombre atteindra 1,3 milliard fin 2020. C’est dire que le marché de la banque digitale est disponible. Il est donc important d’ouvrir le service financier digital à la ruralité (I) tout en les risques de  piratage des systèmes d’informations (II) à l’ère de l’ingéniosité des cybercriminels

I. Ouvrir le service financier digital à la ruralité

Les districts ruraux de l’Afrique ne sauraient être en marge de la révolution digitale. Elle renferme des avantages. Le premier est le temps des transactions. En  Afrique, les  pistes rurales si elles ne sont pas inexistantes, elles sont  impraticables. Très souvent, les commerçants font de longues distances pour payer les fournisseurs. En plus, le tontinier du village aussi, devra parcourir de grandes distances pour recouvrer les tontines journalières. Les tracasseries administratives pour l’ouverture d’un compte dans un établissement financier sont de nature à s’intéresser davantage au mécanisme de fonctionnement de la finance digitale. Pratique, fluide, rapide, la finance digitale est une solution inespérée. En milieu rural, elle peut apparaître comme une solution  aux problèmes financiers locaux de paiement et de remboursement. Pour son efficacité trois conditions sont à remplir. Il y a d’abord, l’identification de la population qui passe par la biométrie. Ensuite l’accès à la téléphonie et à l’internet. Et enfin la disponibilité de l’énergie pour charger les  téléphones portables. Les cibles, ce sont les femmes, les vraies amazones de l’économie locale. Ce sont vers elles que toute réflexion, en la matière devrait aller. Les centres urbains ont déjà donné le top. Les volumes d’échanges croissants à très grande échelle et des systèmes d’information de plus en plus ouverts, ont cessé de convaincre de l’efficacité de l’outil.   Il n’ya pas d’avantages sans inconvénients. Voilà pourquoi il faudrait veiller sur les tentatives de piratage du système d’informations.

II. Les risques de  piratage des sys-tèmes d’informations

La  révolution digitale ne renferme pas uniquement que des avantages car les inconvénients ne manquent pas. Les cybercriminels qui font actuellement l’actualité en Afrique de l’Ouest sont toujours aux aguets.

Voilà pourquoi, il nous semble nécessaire de  réduire strictement les risques d’attaques et vols de données.  La révolution  digitale  montre une fois encore que le numérique constitue un levier de croissance pour nos économies. Le  numérique peut participer grandement à l’inclusion financière. Sa sécurisation incombe bien à l’Etat qu’aux promoteurs.  

L’intelligence commence par l’imitation. C’est pourquoi, il est fortement recommandé de s’inspirer des expériences et expertises déjà avérées en la matière notamment en banque digitale, en paiement mobile, la monnaie électronique, les services de transfert de fonds, la cybersécurité.

La nouvelle bataille de positionnement des fournisseurs de solutions financières rurales s’annonce épique.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET
INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En savoir plus...

Intégration économique africaine : La preuve par neuf de la puissance du privé

drapeaux-africains

Bonne nouvelle pour les panafricanistes de tous bords que le rapport de Boston Consulting Group (BCG) qui jette un regard rassurant sur l’avenir économique du continent africain  vu sous l’angle de ce qu’on ne développe pas un pays mais un pays se développe. Ce rapport rendu public le 04 avril 2018 a des raisons d’arracher quelque sourire aux éditorialistes africains  par l’autorité de ses chiffres et les domaines qui donnent de l’espérance. L’étude montre que les périodes de 2006-2007 et 2015-2016, ont connu un rebond d’investissements directs  qui viennent de plusieurs pays africains. Ainsi on est passé de  3,7 milliards de dollars à 10 milliards de dollars. Ces chiffres prouvent une fois encore que l’avenir de l’intégration passe par le privé (I) qui n’attend qu’un pragmatisme flamboyant de la diplomatie économique(II).

I. L’avenir de l’intégration africaine  par le privé

Loin des discours souvent ennuyeux de politiques à double langage, le privé sur le continent s’effraie un chemin pour réaliser l’impossible. Le rapport publié le 4 avril 2018  par  Boston Consulting Group (BCG) est un document décisif qui devrait éclairer les politiques de ce qu’ils sont en retard sur l’attente des acteurs économiques du continent. Tenez ! Au cours des périodes 2006-2007 et 2015-2016, l’étude nous informe que : « La moyenne annuelle des exportations intra-africaines a augmenté de 41 milliards de dollars à 65 milliards de dollars par an. Le nombre annuel moyen de touristes africains (Africains voyageant en Afrique) est, quant à lui, passé de 19 millions à 30 millions ». Le potentiel est là. Les opérateurs économiques africains travaillent sans bruits. Le bruit ne fait pas du bien. C’est le message essentiel. C’est-à-dire que les acteurs de l’économie africaine croient en l’Afrique et travaillent pour sans qu’ils aient besoin de négocier d’hypothétiques décrets de complaisance. La cerise sur le gâteau c’est que le rapport en question met en lettres feu les plus grandes entreprises du continent en pointant le curseur sur les champs géographiques d’activité. C’est ainsi par exemple que les 30 plus grandes entreprises africaines ont actuellement des activités dans 16 pays africains, contre une moyenne de seulement 8 pays en 2008. On faisant une projection, toutes choses égales par ailleurs on peut estimer que chacune des grandes entreprises élargit ses tentacules dans un autre pays africain chaque année. Les compagnies aériennes ne sont pas du reste. On cite conformément à la loi de l’offre et de la demande, Ethiopian Airways qui dessert  36 pays du continent en 2016 contre 24 en 2006,  Royal Air Maroc quant à lui atterrit à  30  aéroports africains  contre 15 en  2006.  Pas d’intégration africaine sans les finances. Les banques ne sont pas du reste. C’est le Maroc qui retient le plus d’attention avec trois banques qui ont été le ferment des exportations du royaume chérifien vers l’Afrique de l’Ouest.  Si Bolloré a quelques difficultés dans le domaine du rail en Afrique de l’Ouest ; il reste un acteur majeur qui a favorisé le commerce intra-africain. Il n’est pas le  seul. A lui, il convient d’ajouter d’autres géants très sérieux dans la logistique et le transport comme    Maersk,  Barloworld et Imperial Logistics International. BCG  évoque des chiffres à lire avec des lunettes : Ils (Maersk,  Barloworld, Boloré et Imperial Logistics International ) ont contribué à accroître de  120% les chiffres  du commerce intra-africain, qui est passé 30 à 64 milliards de dollars.  BCG a fait une statistique qui devrait faire réfléchir les Ministres de l’Uemoa.  Les pionniers panafricains de l’intégration économique sont répartis comme suit : Afrique du Sud (32 entreprises), le Maroc (10), le Kenya (6), le Nigeria (6), l’Egypte (4), Côte d’Ivoire (2) Maurice (2), Tanzanie (2), Tunisie (2).

II. La diplomatie économique flamboyante

Comment accompagner l’essor du privé en mettant la diplomatie au service du rayonnement économique et financier des entreprises privées africaines ? La problématique est saisissante et donne une nouvelle tournure à ce qu’il convient d’appeler la diplomatie économique flamboyante de l’Afrique. Ce qu’on attend des diplomates c’est moins d’ajuster leurs cravates autour de longues discussions interminables et de cocktail dinatoire que de produire des notes verbales d’utilité économique. Les défis du continent sont immenses. Tout le monde en est conscient. Mais personne ne veut poser de pas décisifs. Le privé indique le chemin. Il convient de l’accompagner. Au-lieu de détruire le privé par un harcèlement fiscal, il convient d’adopter une politique économique  et financière qui promeut l’initiative privée. Par exemple, il faut sortir des petits jeux de déstabilisation des concurrents  pour engager les vrais débats.

A titre d’illustration, le rapport du BCG montre  que , la distance moyenne entre les villes africaines qui abritent une population supérieure à 4 millions d’habitants est de 4100 km, contre 1300 en Europe, 2200 en Amérique du Nord, 3400 en Amérique du Sud, et 3700 en Asie de l’Est. Pire, le coût moyen d’expédition et de distribution de biens en Afrique est égal à 320% de leur valeur, contre 200% en Amérique du Sud et 140% en Asie de l’Est et en Amérique du Nord. Ainsi, expédier une voiture de Paris vers  Lagos coûte moins cher qu'entre Accra et Lagos. En plus, c’est que  la majeure partie de l'Europe s'est regroupée en un seul marché commun. Pendant ce temps, l'Afrique compte 16 zones commerciales, soit beaucoup plus que l'Amérique du Sud (6) et l'Asie de l'Est (1). C’est sur ces  problèmes qu’on souhaiterait plus d’attentions et de réflexions pratiques de ceux qui ont la charge  de conduire la  diplomatie qu’on souhaite économiquement flamboyante.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES

En savoir plus...

En 2018/2019 : Les prix du coton pourraient atteindre leur plus haut niveau depuis 5 ans

coton

En 2018/2019, les prix du coton marqueront un nouveau record en se chiffrant à leur plus haut niveau depuis près de 5 ans, a annoncé le Comité consultatif international sur le coton (ICAC).

D’après les informations publiées par le site Agrimoney, l’indice A de Cotlook, qui mesure les cours de la fibre, pourrait se situer autour de 84 centimes la livre, une performance jamais observée depuis la saison 2013/2014.

Cette envolée tient à une contraction des stocks mondiaux de coton, de 220 000 tonnes à 17,9 millions de tonnes, la prochaine saison.    

De son côté, la production devrait en revanche maintenir le cap, en affichant une hausse de 320 000 tonnes à 25,3 millions de tonnes en 2018/2019, malgré la baisse attendue des superficies ensemencées en Inde, liée à des dommages parasitaires.

Selon l’ICAC, la demande sera toujours vigoureuse, en 2018/2019, en progression de plus de 1,1 million de tonnes contre 880 000 tonnes en 2017/2018.

agenceecofin

En savoir plus...

Foncier et accès aux Tic : Le Togo décroche un programme de seuil de 35 millions $ du MCC

Jonathan-Nash

Après avoir été retardé en décembre 2017, en raison de la crise politique, le programme de seuil du Togo vient enfin d’être approuvé par le conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (MCC).  

« Je suis ravi d'annoncer que le conseil d'administration du MCC a approuvé l'octroi d'un programme de seuil au Togo », a annoncé Jonathan Nash (photo), le directeur général par intérim du MCC, dans un communiqué de l'agence américaine.

Préalablement donc à l'approbation du programme MCC, qui devrait démarrer avant la fin de cette année, les autorités togolaises ont dû conduire, avec l'aide des USA, des réformes politiques et  institutionnelles que le MCC se dit prêt à accompagner davantage.

Ce programme adossé à une enveloppe de 35 millions de dollars (18,7 milliards FCFA) est destiné à stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté dans le pays. Il se dote ainsi de la mission de soutenir deux secteurs clés de l’économie togolaise : le foncier et l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Concrètement, dans le secteur des TIC, le programme vise à améliorer l'accès des populations à des services TIC de qualité et abordables, tout en encourageant les investissements privés pour un développement plus inclusif. En ce qui concerne le foncier, le Treshold veut favoriser la formalisation de l’accès à la terre, en légitimant les droits fonciers coutumiers et en élargissant l’accès inclusif dans le secteur, entre autres. Et ce, grâce au nouveau code foncier actuellement au parlement.

Toutefois, le MCC gardera un œil sur le Togo, en ce qui concerne les droits de l’Homme et les libertés d'expression et d'association.  
Plus petit programme de subvention du MCC, le Threshold est conçu pour les pays qui ont démontré leur engagement à améliorer leur performance en matière de politique, mais ne respectent pas encore les critères d'éligibilité stricts pour des investissements plus importants.   

agenceecofin

En savoir plus...

Construit et réceptionné depuis un an à la frontière : Le poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké non opérationnel

yayi-boni-et-goodluck-jonhatan

S’il y a une preuve de la mauvaise santé des relations entre le Bénin et le Nigéria, c’est celle-là :La non mise en service depuis un an du poste de contrôle juxtaposé à la frontière Sèmè-Kraké. Qu’est-ce qui peut être à la base de cette situation ? La question, sans réponse, est sur les lèvres des acteurs de la facilitation du commerce transfrontalier entre le Bénin et le Nigéria. « Et pourtant, le Chef de l’Etat nigérian et son homologue béninois ( Jonathan Goodluck et Boni Yayi dans le temps, Ndlr) étaient tous présents au lancement des travaux de l’infrastructure », a laissé entendre, dépité, Justin Bayili, Secrétaire exécutif de l’Alliance Borderless.

Initiative de la Commission de la Cedeao et de l’Uemoa, l’idée de la construction d’une infrastructure qui abrite les bureaux des agents de la Douane et de la Police des deux pays dans le no man’s land est née du souci de réduire les tracasseries administratives et routières dont font face les commerçants et leur faciliter l’accès sur les marchés du Nigéria et du Bénin. Les agents des deux pays se faisant face et travaillant en synergie pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés leurs ressortissants qui vont faire du commerce sur les deux marchés, cela pourrait avoir le mérite de réduire les abus, les rackets, les longs fils d’attente, les tracasseries diverses. Les deux Etats avaient donc adhéré au projet qui a reçu l’accompagnement financier de l’Union européenne. Mais depuis qu’il est devenu une réalité avec des bâtiments flambant neufs, le Nigéria et le Bénin hésitent à vraiment s’engager pour la levée des entraves à la libre circulation des personnes et des biens. Résultat, depuis un an, l’infrastructure attend toujours ses occupants. Au cours des échanges entre les acteurs de la facilitation du commerce transfrontalier, lundi 19 mars dernier, lors de l’atelier organisé par l’Alliance Borderless surla facilitation du commerce, un agent de la Douane nigériane a voulu savoir à qui appartient l’infrastructure. Selon ses dires, les hommes en uniforme du Bénin disent que c’est leur infrastructure et viennent armés sur le site alors qu’eux, Nigérians, viennent sans arme. L’infrastructure étant construite dans le no man’s land, on se demande d’où vient encore cette guerre de paternité alors qu’il s’agit de travailler ensemble chacun dans ses bureaux recevant les ressortissants de son propre pays et ceux du pays voisin qui veulent faire des formalités.

Pendant ce temps, le calvaire continue pour les transporteurs et commerçants Béninois. En dehors des tracasseries et abus de pouvoir dont ils sont victimes de la part des agents en uniforme du Nigéria, du côté du Bénin, leur malheur réside dans la défectuosité de la voie de contournement qu’ils empruntent pour se rendre au Nigéria. Alors que, selon leurs témoignages, la mairie de Sèmè-Podji prend 5000FCFA sur chaque camion en partance pour le Nigéria, elle ne fait rien pour l’aménagement et le rechargement des voies. « Pendant la saison des pluies, si le camion fonce, il faut attendre le retour de la saison sèche pour le sortir », s’est plaint un transporteur.

Bertrand HOUANHO

En savoir plus...

USA- 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium : Trump mène une politique de tigre sans griffes

Donald-Trump

Comme si c’était une mesure de rétorsion dans le cadre de  l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Président des Etats-Unis, Donal Trump  a mis son plan de chantage à exécution en signant le jeudi 08 mars 2018 le décret augmentant de25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. Raison évoquée par l’hôte de  la Maison-Blanche, « Il s’agit d’une promesse de campagne ! ». Raison tout aussi insolite qu’elle ne se fonde sur rien de démontrable à part que la taxe infligée vise à sécuriser les Etats-Unis, dit-il et à protéger les producteurs locaux d’aciers et d’aluminium. La décision unilatérale de Trumpne manque cependant pas de stratagème  de politique intérieure (I) dont les conséquences sur l’économie mondiale seront effroyables tant, la Maison Blanche provoque un conflit commercial international volcanique de grande portée (II).

I.    Un stratagème de politique intérieure

Le visage victorieux, le Président des USA brandit son décret d’augmentation des droits de taxe de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Il est content d’avoir posé un acte qui protégerait des producteurs locaux en acier et en aluminium. Pour expliquer le fondement de cette mesure commerciale,Trump  s’écarte de l’analyse de la balance commerciale pour enfourcher les  sifflets de la campagne électorale. En effet, Trump est en campagne. Son parti en bas dans les sondages a besoin d’un souffle, de l’oxygène pour rebondir. Il a trouvé une formule peu originale, la flatterie par l’acier et l’aluminium.  En disant que l’acier, c’est l’Amérique, il prend le lobby industriel en la matière pour un corbeau. Lui, le renard en feu ou en furie, voudrait exprimer combien de fois, il aime l’Amérique et il tient à la sécurité de ses travailleurs.   "Nous devons protéger notre pays et nos travailleurs", a twitté Donald Trump vendredi 09 mars 2018 pour justifier l'imposition de taxes. La formule ne manque pas de panache et reçoit un écho chez l’extrême droite. C’est du chantage ! La mesure laisse entrevoir des flexibilités et des exemptions. C’est ainsi que les voisins des Etats-Unis comme le Canada et le Mexique ne sont pas concernés. Les autres, l’Europe, la Chine, peuvent négocier. Cela se  nomme : « Appel à la Négociation ». Visiblement, Trump est conscient qu’il mène une politique de tigre sans griffes qui n’est pas de nature à conforter les secteurs manufacturier et de construction qui utilisent assez d’aluminium et d’acier que le marché intérieur est loin de couvrir. In fine, c’est bien le consommateur final américain qui va faire les frais à court terme.

La politique protectionniste de Trump n’est pas inédite. Avant lui, Le Président Bush, républicain comme lui, en 2002 avait aussi augmenté les droits de douanes pendant plus d’un an. Les objectifs de cette politique commerciale n’ont pas été atteints. La perte de plusieurs emplois en est le corollaire car quand l’acier devient plus cher à l’imploration, il faut rééquilibrer les budgets et procéder à des coupes sombres. Le licenciement pour raison économique s’invite dans les restructurations. Adieu les emplois ! Mais on gagne les suffrages des radicaux d’extrême droite. Cette mesure vient renforcer le sentiment anti-mexicain chez plusieurs américains qui sont résolus à ne pas voir les Etats-Unis envahis pas les Mexicains et les Canadiens. Autrement dit, Trump  n’a pas agi en l’air. Ce décret est un signal fort à la renégociation du traité de libre-échange nord-américain en vigueur de puis 1994.
 

Le Parti de Trump n’est pas en phase avec lui. De Paul Ryan, Président de la Chambre des représentants à Jeff Flake, le spécialiste des propositions des lois à effet d’annulation, la ligne contestataire de la mesure  est maintenue. Mais le Président américain s’en moque et reste droit dans ses bottes. Il  connait les américains et a gagné les élections sans suivre les lignes directrices de son parti. Cette stratégie de politique intérieure ne manquera pas de provoquer un conflit commercial international aux conséquences lourdes.

II.    Un conflit commercial international volcanique

La mesure d’augmentation de la taxe de l’acier et de l’aluminium  a provoqué déjà des réactions légitimes contre le décret attentatoire au libre-échange. L’Europe tout en privilégiant la voie du droit international dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) tient à montrer le biceps comme la Chine qui plus pratique ouvre une consultation contre le dumping sur les importations du sorgho et du soja en provenance des  Etats-Unis. Pour mémoire, le dumping (de l'anglais to dump, « déverser », « se débarrasser de ») désigne la minimisation des contraintes légales en matière de fiscalité, de protection sociale ou de protection de l’environnement par un État.Comme on peut bien l’apercevoir, la Chine annonce les couleurs de protection de ses exportateurs de l’acier et de l’aluminium. Le couple franco-allemand n’est pas du reste.Le ministre  français de l'Économie Bruno Le Maire s’est fait plutôt diplomate : « nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter". La solution diplomatique c’est bien celle qui est recommandée par  l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais il n’y a pas de négociation si les rapports de forces ne sont pas visibles. C’est ce qu’a compris l’Union Européenne qui a dû comprendre qu’être  flegmatique en la matière serait préjudiciable pour les Etats de l’Union.  Le  vice-président de la Commission européenne, JyrkiKatainen est monté au créneau pour montrer la capacité de l’Europe à prendre des mesures de rééquilibrage sur les jeans et le beurre de cacahuète. Comme pour dire à Trump si tu taxes l’acier et l’aluminium, nous aussi nous taxons vos jeans et votre beurre de cacahuète. C’est l’équilibre de la terreur. Le front asiatique s’est annoncé avec la chine sur le soja et le sorgho. La guerre commerciale entre dans sa phase préliminaire avec  la liste de produits que l’UE pourrait taxer en riposte.

La guerre commerciale est plutôt dévastatrice pour l’économie mondiale.   Car l’économie est un tout. Ce qui se joue aux Etats-Unis a des effets sur tout le monde. Et singulièrement sur l’Afrique. La conséquence visible est la hausse des prix. Ce sont les consommateurs  qui en feront les frais. Voilà pourquoi la voie diplomatique du dialogue est nécessaire tout comme le règlement du litige par l’Omc qui reste la  clef de voûte du système commercial multilatéral. On peut toujours garder l’espoir qu’elle contribuera (Omc)  une fois encore à stabiliser l’économie mondiale.  La procédure de l’OMC consacre le règne du droit et permet de rendre le système commercial plus sûr et plus prévisible.  Le principal n’est pas de de rendre un jugement.  La priorité en  la matière, c’est de trouver des solutions aux litiges principalement par voie de consultations. Le tableau statistique  de règlements  des différends de l’OMC est plutôt rassurant.   En janvier 2008, environ 136 seulement des 369 affaires avaient atteint le stade de la procédure de groupe spécial. Plusieurs affaires ont   été réglées à l’amiable ou restent au stade de la phase de consultation prolongée — depuis 1995 pour certaines.

En somme, Trump ne peut pas de son propre chef déconstruire le commercial international par des décrets préjudiciables aussi bien à l’économie américaine qu’à l’économie mondiale. L’usage de la taxe douanière comme une nouvelle arme d’hégémonie est limité et contenu par le droit international et la démocratie multilatérale. Le sénat américain devrait le faire savoir en adoptant la loi de rectification de Jeff Flake.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !