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Economie

Rapport Africa’s Pulse de la Banque mondiale : 18 pays exposés à un risque élevé de surendettement

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La Banque mondiale en rendu public hier, mercredi 18 avril 2018, à son siège à Washington, le contenu de son rapport semestriel sur l’état des économies africaines. La cérémonie est suivie en direct par vidéoconférence dans toutes les grandes capitales africaines.

De l’analyse faite par Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale, trois messages importants se dégagent du rapport Africa’s Pulse d’avril 2018. D’abord une bonne nouvelle. La croissance économique rebondit en Afrique. Elle devrait s’établir autour de 3,1% en 2018 et 3,6% en moyenne sur 2019-2020 contre une croissance de 1,5% en 2016 et 2,6% en 2017. En Afrique au sud du Sahara, les pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal sont les moteurs de cette croissance avec un taux de 7 à 8%. Cependant, bien que cette croissance soit positive, l’expert note qu’elle est trop lente et insuffisante pour accélérer les réformes macro-économiques et budgétaires pour  éradiquer la pauvreté dans un avenir proche. Le deuxième message concerne l’augmentation de la dette publique sur le Pib. Contrairement aux années 2000 où la dette est concessionnelle, on note un changement de la structure de la dette. De plus en plus, les pays africains se tournent vers les marchés pour émettre des bons. En moins de 5ans, plusieurs pays africains ont doublé leur dette. Cette situation a entraîné un problème croissant de soutenabilité de la dette. 18 pays sont classés en mars 2018 comme étant exposés à un risque élevé de surendettement, contre 08 en 2013.La troisième information tirée de l’analyse du rapport est liée à l’accès à l’électricité. En 2016, 42% des ménages en Afrique ont accès à l’électricité et 2/3 des entreprises situées dans les grandes métropoles africaines n’ont pas accès à de l’électricité fiable. Ce qui constitue un frein à la création de l’emploi. Le présent rapport Africa’s Pulse s’intéresse particulièrement au rôle que peut jouer l’innovation pour accélérer l’électrification de l’Afrique subsaharienne. Ce qui devrait accélérer la lutte contre la pauvreté grâce à une croissance économique solidaire. « Si l’Afrique adopte la technologie et met à profit l’innovation, elle peut accroître la productivité entre les secteurs et à l’intérieur de ceux-ci, et accélérer la croissance », a affirmé l’expert Albert Zeufack avant de partager avec les journalistes quelques pistes de solution aux problèmes énumérés par le rapport et les projets de la Banque mondiale en cours sur le continent pour accroître l’électrification de l’Afrique. Un autre rapport sera publié en octobre 2018.

Bertrand HOUANHO

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Banque digitale en Afrique rurale : Les obstacles au nouveau défi panafricain

romuald-wadagni

A Cotonou ou à Rabat encore à Abidjan ou Sowéto, une révolution est en marche, celle de la finance digitale. C’est-à-dire faire des transactions financières à partir d’un téléphone portable. Quand on observe les capitales africaines, le réflexe devient de plus en plus digital. Il s’agit d’une solution majeure aux tracasseries des services financiers traditionnels et aux agacements des services de la clientèle. Si les centres urbains sont bien pourvus, il reste à couvrir les zones rurales de l’Afrique. Loin de la coupe aux lèvres, il y a bien des obstacles à franchir malgré quelques chiffres rassurants. En effet, environ 46 % des 1,17 milliard d’Africains avaient souscrit à des offres de téléphonie mobile à la fin de l’année 2015, soit 557 millions d’abonnés uniques, selon des chiffres présentés par le réseau mondial des opérateurs de téléphonie mobile, GSMA, à Dar-es-Salam du 26 au 28 juillet 2016. La statistique rendue publique montre qu’un bond a été enregistré de  +70,34 % par rapport aux 327 millions d’abonnés uniques de 2010. Les projections les plus optimistes font penser que l’accroissement pourrait atteindre  725 millions d’abonnés uniques en 2020. Et les pays qui feront le champ de telle attraction sont le  Nigeria, l’Éthiopie, l’Égypte, le  Kenya, la Tanzanie, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Algérie. Selon la même source citée par Jeune Afrique, en termes de  nombre de cartes de SIM en circulation, les comptes du marché africain mobile sont encore plus élevés. Les usagers africains, qui possèdent souvent plusieurs cartes, cumulaient 965 millions de SIM à la fin 2015. Ce nombre atteindra 1,3 milliard fin 2020. C’est dire que le marché de la banque digitale est disponible. Il est donc important d’ouvrir le service financier digital à la ruralité (I) tout en les risques de  piratage des systèmes d’informations (II) à l’ère de l’ingéniosité des cybercriminels

I. Ouvrir le service financier digital à la ruralité

Les districts ruraux de l’Afrique ne sauraient être en marge de la révolution digitale. Elle renferme des avantages. Le premier est le temps des transactions. En  Afrique, les  pistes rurales si elles ne sont pas inexistantes, elles sont  impraticables. Très souvent, les commerçants font de longues distances pour payer les fournisseurs. En plus, le tontinier du village aussi, devra parcourir de grandes distances pour recouvrer les tontines journalières. Les tracasseries administratives pour l’ouverture d’un compte dans un établissement financier sont de nature à s’intéresser davantage au mécanisme de fonctionnement de la finance digitale. Pratique, fluide, rapide, la finance digitale est une solution inespérée. En milieu rural, elle peut apparaître comme une solution  aux problèmes financiers locaux de paiement et de remboursement. Pour son efficacité trois conditions sont à remplir. Il y a d’abord, l’identification de la population qui passe par la biométrie. Ensuite l’accès à la téléphonie et à l’internet. Et enfin la disponibilité de l’énergie pour charger les  téléphones portables. Les cibles, ce sont les femmes, les vraies amazones de l’économie locale. Ce sont vers elles que toute réflexion, en la matière devrait aller. Les centres urbains ont déjà donné le top. Les volumes d’échanges croissants à très grande échelle et des systèmes d’information de plus en plus ouverts, ont cessé de convaincre de l’efficacité de l’outil.   Il n’ya pas d’avantages sans inconvénients. Voilà pourquoi il faudrait veiller sur les tentatives de piratage du système d’informations.

II. Les risques de  piratage des sys-tèmes d’informations

La  révolution digitale ne renferme pas uniquement que des avantages car les inconvénients ne manquent pas. Les cybercriminels qui font actuellement l’actualité en Afrique de l’Ouest sont toujours aux aguets.

Voilà pourquoi, il nous semble nécessaire de  réduire strictement les risques d’attaques et vols de données.  La révolution  digitale  montre une fois encore que le numérique constitue un levier de croissance pour nos économies. Le  numérique peut participer grandement à l’inclusion financière. Sa sécurisation incombe bien à l’Etat qu’aux promoteurs.  

L’intelligence commence par l’imitation. C’est pourquoi, il est fortement recommandé de s’inspirer des expériences et expertises déjà avérées en la matière notamment en banque digitale, en paiement mobile, la monnaie électronique, les services de transfert de fonds, la cybersécurité.

La nouvelle bataille de positionnement des fournisseurs de solutions financières rurales s’annonce épique.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET
INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Intégration économique africaine : La preuve par neuf de la puissance du privé

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Bonne nouvelle pour les panafricanistes de tous bords que le rapport de Boston Consulting Group (BCG) qui jette un regard rassurant sur l’avenir économique du continent africain  vu sous l’angle de ce qu’on ne développe pas un pays mais un pays se développe. Ce rapport rendu public le 04 avril 2018 a des raisons d’arracher quelque sourire aux éditorialistes africains  par l’autorité de ses chiffres et les domaines qui donnent de l’espérance. L’étude montre que les périodes de 2006-2007 et 2015-2016, ont connu un rebond d’investissements directs  qui viennent de plusieurs pays africains. Ainsi on est passé de  3,7 milliards de dollars à 10 milliards de dollars. Ces chiffres prouvent une fois encore que l’avenir de l’intégration passe par le privé (I) qui n’attend qu’un pragmatisme flamboyant de la diplomatie économique(II).

I. L’avenir de l’intégration africaine  par le privé

Loin des discours souvent ennuyeux de politiques à double langage, le privé sur le continent s’effraie un chemin pour réaliser l’impossible. Le rapport publié le 4 avril 2018  par  Boston Consulting Group (BCG) est un document décisif qui devrait éclairer les politiques de ce qu’ils sont en retard sur l’attente des acteurs économiques du continent. Tenez ! Au cours des périodes 2006-2007 et 2015-2016, l’étude nous informe que : « La moyenne annuelle des exportations intra-africaines a augmenté de 41 milliards de dollars à 65 milliards de dollars par an. Le nombre annuel moyen de touristes africains (Africains voyageant en Afrique) est, quant à lui, passé de 19 millions à 30 millions ». Le potentiel est là. Les opérateurs économiques africains travaillent sans bruits. Le bruit ne fait pas du bien. C’est le message essentiel. C’est-à-dire que les acteurs de l’économie africaine croient en l’Afrique et travaillent pour sans qu’ils aient besoin de négocier d’hypothétiques décrets de complaisance. La cerise sur le gâteau c’est que le rapport en question met en lettres feu les plus grandes entreprises du continent en pointant le curseur sur les champs géographiques d’activité. C’est ainsi par exemple que les 30 plus grandes entreprises africaines ont actuellement des activités dans 16 pays africains, contre une moyenne de seulement 8 pays en 2008. On faisant une projection, toutes choses égales par ailleurs on peut estimer que chacune des grandes entreprises élargit ses tentacules dans un autre pays africain chaque année. Les compagnies aériennes ne sont pas du reste. On cite conformément à la loi de l’offre et de la demande, Ethiopian Airways qui dessert  36 pays du continent en 2016 contre 24 en 2006,  Royal Air Maroc quant à lui atterrit à  30  aéroports africains  contre 15 en  2006.  Pas d’intégration africaine sans les finances. Les banques ne sont pas du reste. C’est le Maroc qui retient le plus d’attention avec trois banques qui ont été le ferment des exportations du royaume chérifien vers l’Afrique de l’Ouest.  Si Bolloré a quelques difficultés dans le domaine du rail en Afrique de l’Ouest ; il reste un acteur majeur qui a favorisé le commerce intra-africain. Il n’est pas le  seul. A lui, il convient d’ajouter d’autres géants très sérieux dans la logistique et le transport comme    Maersk,  Barloworld et Imperial Logistics International. BCG  évoque des chiffres à lire avec des lunettes : Ils (Maersk,  Barloworld, Boloré et Imperial Logistics International ) ont contribué à accroître de  120% les chiffres  du commerce intra-africain, qui est passé 30 à 64 milliards de dollars.  BCG a fait une statistique qui devrait faire réfléchir les Ministres de l’Uemoa.  Les pionniers panafricains de l’intégration économique sont répartis comme suit : Afrique du Sud (32 entreprises), le Maroc (10), le Kenya (6), le Nigeria (6), l’Egypte (4), Côte d’Ivoire (2) Maurice (2), Tanzanie (2), Tunisie (2).

II. La diplomatie économique flamboyante

Comment accompagner l’essor du privé en mettant la diplomatie au service du rayonnement économique et financier des entreprises privées africaines ? La problématique est saisissante et donne une nouvelle tournure à ce qu’il convient d’appeler la diplomatie économique flamboyante de l’Afrique. Ce qu’on attend des diplomates c’est moins d’ajuster leurs cravates autour de longues discussions interminables et de cocktail dinatoire que de produire des notes verbales d’utilité économique. Les défis du continent sont immenses. Tout le monde en est conscient. Mais personne ne veut poser de pas décisifs. Le privé indique le chemin. Il convient de l’accompagner. Au-lieu de détruire le privé par un harcèlement fiscal, il convient d’adopter une politique économique  et financière qui promeut l’initiative privée. Par exemple, il faut sortir des petits jeux de déstabilisation des concurrents  pour engager les vrais débats.

A titre d’illustration, le rapport du BCG montre  que , la distance moyenne entre les villes africaines qui abritent une population supérieure à 4 millions d’habitants est de 4100 km, contre 1300 en Europe, 2200 en Amérique du Nord, 3400 en Amérique du Sud, et 3700 en Asie de l’Est. Pire, le coût moyen d’expédition et de distribution de biens en Afrique est égal à 320% de leur valeur, contre 200% en Amérique du Sud et 140% en Asie de l’Est et en Amérique du Nord. Ainsi, expédier une voiture de Paris vers  Lagos coûte moins cher qu'entre Accra et Lagos. En plus, c’est que  la majeure partie de l'Europe s'est regroupée en un seul marché commun. Pendant ce temps, l'Afrique compte 16 zones commerciales, soit beaucoup plus que l'Amérique du Sud (6) et l'Asie de l'Est (1). C’est sur ces  problèmes qu’on souhaiterait plus d’attentions et de réflexions pratiques de ceux qui ont la charge  de conduire la  diplomatie qu’on souhaite économiquement flamboyante.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES

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En 2018/2019 : Les prix du coton pourraient atteindre leur plus haut niveau depuis 5 ans

coton

En 2018/2019, les prix du coton marqueront un nouveau record en se chiffrant à leur plus haut niveau depuis près de 5 ans, a annoncé le Comité consultatif international sur le coton (ICAC).

D’après les informations publiées par le site Agrimoney, l’indice A de Cotlook, qui mesure les cours de la fibre, pourrait se situer autour de 84 centimes la livre, une performance jamais observée depuis la saison 2013/2014.

Cette envolée tient à une contraction des stocks mondiaux de coton, de 220 000 tonnes à 17,9 millions de tonnes, la prochaine saison.    

De son côté, la production devrait en revanche maintenir le cap, en affichant une hausse de 320 000 tonnes à 25,3 millions de tonnes en 2018/2019, malgré la baisse attendue des superficies ensemencées en Inde, liée à des dommages parasitaires.

Selon l’ICAC, la demande sera toujours vigoureuse, en 2018/2019, en progression de plus de 1,1 million de tonnes contre 880 000 tonnes en 2017/2018.

agenceecofin

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Foncier et accès aux Tic : Le Togo décroche un programme de seuil de 35 millions $ du MCC

Jonathan-Nash

Après avoir été retardé en décembre 2017, en raison de la crise politique, le programme de seuil du Togo vient enfin d’être approuvé par le conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (MCC).  

« Je suis ravi d'annoncer que le conseil d'administration du MCC a approuvé l'octroi d'un programme de seuil au Togo », a annoncé Jonathan Nash (photo), le directeur général par intérim du MCC, dans un communiqué de l'agence américaine.

Préalablement donc à l'approbation du programme MCC, qui devrait démarrer avant la fin de cette année, les autorités togolaises ont dû conduire, avec l'aide des USA, des réformes politiques et  institutionnelles que le MCC se dit prêt à accompagner davantage.

Ce programme adossé à une enveloppe de 35 millions de dollars (18,7 milliards FCFA) est destiné à stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté dans le pays. Il se dote ainsi de la mission de soutenir deux secteurs clés de l’économie togolaise : le foncier et l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Concrètement, dans le secteur des TIC, le programme vise à améliorer l'accès des populations à des services TIC de qualité et abordables, tout en encourageant les investissements privés pour un développement plus inclusif. En ce qui concerne le foncier, le Treshold veut favoriser la formalisation de l’accès à la terre, en légitimant les droits fonciers coutumiers et en élargissant l’accès inclusif dans le secteur, entre autres. Et ce, grâce au nouveau code foncier actuellement au parlement.

Toutefois, le MCC gardera un œil sur le Togo, en ce qui concerne les droits de l’Homme et les libertés d'expression et d'association.  
Plus petit programme de subvention du MCC, le Threshold est conçu pour les pays qui ont démontré leur engagement à améliorer leur performance en matière de politique, mais ne respectent pas encore les critères d'éligibilité stricts pour des investissements plus importants.   

agenceecofin

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Construit et réceptionné depuis un an à la frontière : Le poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké non opérationnel

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S’il y a une preuve de la mauvaise santé des relations entre le Bénin et le Nigéria, c’est celle-là :La non mise en service depuis un an du poste de contrôle juxtaposé à la frontière Sèmè-Kraké. Qu’est-ce qui peut être à la base de cette situation ? La question, sans réponse, est sur les lèvres des acteurs de la facilitation du commerce transfrontalier entre le Bénin et le Nigéria. « Et pourtant, le Chef de l’Etat nigérian et son homologue béninois ( Jonathan Goodluck et Boni Yayi dans le temps, Ndlr) étaient tous présents au lancement des travaux de l’infrastructure », a laissé entendre, dépité, Justin Bayili, Secrétaire exécutif de l’Alliance Borderless.

Initiative de la Commission de la Cedeao et de l’Uemoa, l’idée de la construction d’une infrastructure qui abrite les bureaux des agents de la Douane et de la Police des deux pays dans le no man’s land est née du souci de réduire les tracasseries administratives et routières dont font face les commerçants et leur faciliter l’accès sur les marchés du Nigéria et du Bénin. Les agents des deux pays se faisant face et travaillant en synergie pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés leurs ressortissants qui vont faire du commerce sur les deux marchés, cela pourrait avoir le mérite de réduire les abus, les rackets, les longs fils d’attente, les tracasseries diverses. Les deux Etats avaient donc adhéré au projet qui a reçu l’accompagnement financier de l’Union européenne. Mais depuis qu’il est devenu une réalité avec des bâtiments flambant neufs, le Nigéria et le Bénin hésitent à vraiment s’engager pour la levée des entraves à la libre circulation des personnes et des biens. Résultat, depuis un an, l’infrastructure attend toujours ses occupants. Au cours des échanges entre les acteurs de la facilitation du commerce transfrontalier, lundi 19 mars dernier, lors de l’atelier organisé par l’Alliance Borderless surla facilitation du commerce, un agent de la Douane nigériane a voulu savoir à qui appartient l’infrastructure. Selon ses dires, les hommes en uniforme du Bénin disent que c’est leur infrastructure et viennent armés sur le site alors qu’eux, Nigérians, viennent sans arme. L’infrastructure étant construite dans le no man’s land, on se demande d’où vient encore cette guerre de paternité alors qu’il s’agit de travailler ensemble chacun dans ses bureaux recevant les ressortissants de son propre pays et ceux du pays voisin qui veulent faire des formalités.

Pendant ce temps, le calvaire continue pour les transporteurs et commerçants Béninois. En dehors des tracasseries et abus de pouvoir dont ils sont victimes de la part des agents en uniforme du Nigéria, du côté du Bénin, leur malheur réside dans la défectuosité de la voie de contournement qu’ils empruntent pour se rendre au Nigéria. Alors que, selon leurs témoignages, la mairie de Sèmè-Podji prend 5000FCFA sur chaque camion en partance pour le Nigéria, elle ne fait rien pour l’aménagement et le rechargement des voies. « Pendant la saison des pluies, si le camion fonce, il faut attendre le retour de la saison sèche pour le sortir », s’est plaint un transporteur.

Bertrand HOUANHO

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USA- 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium : Trump mène une politique de tigre sans griffes

Donald-Trump

Comme si c’était une mesure de rétorsion dans le cadre de  l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Président des Etats-Unis, Donal Trump  a mis son plan de chantage à exécution en signant le jeudi 08 mars 2018 le décret augmentant de25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. Raison évoquée par l’hôte de  la Maison-Blanche, « Il s’agit d’une promesse de campagne ! ». Raison tout aussi insolite qu’elle ne se fonde sur rien de démontrable à part que la taxe infligée vise à sécuriser les Etats-Unis, dit-il et à protéger les producteurs locaux d’aciers et d’aluminium. La décision unilatérale de Trumpne manque cependant pas de stratagème  de politique intérieure (I) dont les conséquences sur l’économie mondiale seront effroyables tant, la Maison Blanche provoque un conflit commercial international volcanique de grande portée (II).

I.    Un stratagème de politique intérieure

Le visage victorieux, le Président des USA brandit son décret d’augmentation des droits de taxe de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Il est content d’avoir posé un acte qui protégerait des producteurs locaux en acier et en aluminium. Pour expliquer le fondement de cette mesure commerciale,Trump  s’écarte de l’analyse de la balance commerciale pour enfourcher les  sifflets de la campagne électorale. En effet, Trump est en campagne. Son parti en bas dans les sondages a besoin d’un souffle, de l’oxygène pour rebondir. Il a trouvé une formule peu originale, la flatterie par l’acier et l’aluminium.  En disant que l’acier, c’est l’Amérique, il prend le lobby industriel en la matière pour un corbeau. Lui, le renard en feu ou en furie, voudrait exprimer combien de fois, il aime l’Amérique et il tient à la sécurité de ses travailleurs.   "Nous devons protéger notre pays et nos travailleurs", a twitté Donald Trump vendredi 09 mars 2018 pour justifier l'imposition de taxes. La formule ne manque pas de panache et reçoit un écho chez l’extrême droite. C’est du chantage ! La mesure laisse entrevoir des flexibilités et des exemptions. C’est ainsi que les voisins des Etats-Unis comme le Canada et le Mexique ne sont pas concernés. Les autres, l’Europe, la Chine, peuvent négocier. Cela se  nomme : « Appel à la Négociation ». Visiblement, Trump est conscient qu’il mène une politique de tigre sans griffes qui n’est pas de nature à conforter les secteurs manufacturier et de construction qui utilisent assez d’aluminium et d’acier que le marché intérieur est loin de couvrir. In fine, c’est bien le consommateur final américain qui va faire les frais à court terme.

La politique protectionniste de Trump n’est pas inédite. Avant lui, Le Président Bush, républicain comme lui, en 2002 avait aussi augmenté les droits de douanes pendant plus d’un an. Les objectifs de cette politique commerciale n’ont pas été atteints. La perte de plusieurs emplois en est le corollaire car quand l’acier devient plus cher à l’imploration, il faut rééquilibrer les budgets et procéder à des coupes sombres. Le licenciement pour raison économique s’invite dans les restructurations. Adieu les emplois ! Mais on gagne les suffrages des radicaux d’extrême droite. Cette mesure vient renforcer le sentiment anti-mexicain chez plusieurs américains qui sont résolus à ne pas voir les Etats-Unis envahis pas les Mexicains et les Canadiens. Autrement dit, Trump  n’a pas agi en l’air. Ce décret est un signal fort à la renégociation du traité de libre-échange nord-américain en vigueur de puis 1994.
 

Le Parti de Trump n’est pas en phase avec lui. De Paul Ryan, Président de la Chambre des représentants à Jeff Flake, le spécialiste des propositions des lois à effet d’annulation, la ligne contestataire de la mesure  est maintenue. Mais le Président américain s’en moque et reste droit dans ses bottes. Il  connait les américains et a gagné les élections sans suivre les lignes directrices de son parti. Cette stratégie de politique intérieure ne manquera pas de provoquer un conflit commercial international aux conséquences lourdes.

II.    Un conflit commercial international volcanique

La mesure d’augmentation de la taxe de l’acier et de l’aluminium  a provoqué déjà des réactions légitimes contre le décret attentatoire au libre-échange. L’Europe tout en privilégiant la voie du droit international dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) tient à montrer le biceps comme la Chine qui plus pratique ouvre une consultation contre le dumping sur les importations du sorgho et du soja en provenance des  Etats-Unis. Pour mémoire, le dumping (de l'anglais to dump, « déverser », « se débarrasser de ») désigne la minimisation des contraintes légales en matière de fiscalité, de protection sociale ou de protection de l’environnement par un État.Comme on peut bien l’apercevoir, la Chine annonce les couleurs de protection de ses exportateurs de l’acier et de l’aluminium. Le couple franco-allemand n’est pas du reste.Le ministre  français de l'Économie Bruno Le Maire s’est fait plutôt diplomate : « nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter". La solution diplomatique c’est bien celle qui est recommandée par  l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais il n’y a pas de négociation si les rapports de forces ne sont pas visibles. C’est ce qu’a compris l’Union Européenne qui a dû comprendre qu’être  flegmatique en la matière serait préjudiciable pour les Etats de l’Union.  Le  vice-président de la Commission européenne, JyrkiKatainen est monté au créneau pour montrer la capacité de l’Europe à prendre des mesures de rééquilibrage sur les jeans et le beurre de cacahuète. Comme pour dire à Trump si tu taxes l’acier et l’aluminium, nous aussi nous taxons vos jeans et votre beurre de cacahuète. C’est l’équilibre de la terreur. Le front asiatique s’est annoncé avec la chine sur le soja et le sorgho. La guerre commerciale entre dans sa phase préliminaire avec  la liste de produits que l’UE pourrait taxer en riposte.

La guerre commerciale est plutôt dévastatrice pour l’économie mondiale.   Car l’économie est un tout. Ce qui se joue aux Etats-Unis a des effets sur tout le monde. Et singulièrement sur l’Afrique. La conséquence visible est la hausse des prix. Ce sont les consommateurs  qui en feront les frais. Voilà pourquoi la voie diplomatique du dialogue est nécessaire tout comme le règlement du litige par l’Omc qui reste la  clef de voûte du système commercial multilatéral. On peut toujours garder l’espoir qu’elle contribuera (Omc)  une fois encore à stabiliser l’économie mondiale.  La procédure de l’OMC consacre le règne du droit et permet de rendre le système commercial plus sûr et plus prévisible.  Le principal n’est pas de de rendre un jugement.  La priorité en  la matière, c’est de trouver des solutions aux litiges principalement par voie de consultations. Le tableau statistique  de règlements  des différends de l’OMC est plutôt rassurant.   En janvier 2008, environ 136 seulement des 369 affaires avaient atteint le stade de la procédure de groupe spécial. Plusieurs affaires ont   été réglées à l’amiable ou restent au stade de la phase de consultation prolongée — depuis 1995 pour certaines.

En somme, Trump ne peut pas de son propre chef déconstruire le commercial international par des décrets préjudiciables aussi bien à l’économie américaine qu’à l’économie mondiale. L’usage de la taxe douanière comme une nouvelle arme d’hégémonie est limité et contenu par le droit international et la démocratie multilatérale. Le sénat américain devrait le faire savoir en adoptant la loi de rectification de Jeff Flake.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Forum Bénin-Tunisie : Les liens économiques entre les deux pays se solidifient…

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Tunisia African Business Council (Tabc) organise du 13 au 15 décembre 2017, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) et du ministère tunisien des transports, le Forum économique Bénin-Tunisie à GodenTulip hôtel à Cotonou. Ceci, à la suite du vol inaugural Tunis-Cotonou de la compagnie Tunis air. Cet évènement de grande portée économique devra permettre le renforcement des échanges commerciaux et de la coopération entre les deux pays…

La présente mission de prospection multisectorielle de la partie tunisienne au Bénin devra permettre d’impulser une nouvelle dynamique dans les relations bilatérales entre les deux pays. En témoigne d’ailleurs, l’effectivité du vol inaugural Tunis-Cotonou. Ainsi, il est prévu dans le cadre dudit Forum qui se tient à Cotonou, des rencontres de haut niveau entre les autorités béninoises et tunisiennes, des rencontres Be to Be, des visites d’entreprises, des partenariats d’affaires. A en croire le premier vice-président de l’Institution consulaire du Bénin, Soulé Yacoubou, la présente assise témoigne de l’existence d’excellentes relations économiques entre les deux pays et il s’impose de créer une nouvelle dynamique de courants d’échanges commerciaux. Tout en réitérant l’engagement de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin à œuvrer pour le renforcement de la coopération entre les communautés d’affaires, il a rassuré la délégation tunisienne des opportunités d’investissement qui s’offre à elle au Bénin. « Le Bénin est un pays économiquement stable avec une croissance économique soutenue, une inflation maitrisée, un environnement des affaires assaini et propice aux investissements étrangers », a-t-il rassuré. Il a, par ailleurs, soutenu que le développement national passe par la production de biens et service : ce qui implique des partenariats internationaux pour renforcer les liens économiques. Quant au Consul honoraire de la Tunisie au Bénin, il s’est réjoui de la tenue du Forum et se dit convaincu que cela sera fructueux et stimulera davantage l’essor économique des deux pays. Pour le président de Tunisia African Business Council (Tabc), Boussem Loukil, il s’agit d’un grand évènement qui rapproche réellement deux pays dans l’optique de gagner la bataille du sous-développement. Il faut, selon lui, se donner les moyens de renforcer ce rapprochement à travers le transfert des compétences, la libre circulation des biens et services, la promotion des échanges commerciaux. « Le continent africain recèle potentiellement, à l’échelle planétaire, des gisements les plus importants de développement et de progrès pour les 50 prochaines années », a-t-il déclaré pour appeler les africains à se donner les moyens d’exploitation des ressources du continent. « Aucun de nous, en se battant seul, ne parviendra au succès. Réussissons ensemble » a-t-il lancé. Le ministre tunisien des affaires étrangères invite les deux pays à un partenariat exemplaire de coopération sud-sud. Son collègue des transports, Radhouane Ayara a présenté les grands projets lancés par le gouvernement tunisien ainsi que les opportunités d’affaires que pourraient saisir les opérateurs économiques béninois. Si pour le représentant du ministre béninois du commerce, Nicolas Dandoga, le vol inaugural Tunis-Cotonou est un acte fort du renforcement de la coopération, le Forum reste capital pour solidifier davantage les relations économiques. Soulignons que les travaux du Forum prennent fin ce jour, vendredi 15 décembre 2017.

Aziz BADAROU

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La Chambre Consulaire régionale au siège de l’Uemoa : Le secteur privé sous régional au cœur des échanges

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Conduite par son président Jean-Baptiste Satchivi, une délégation du Bureau de la Chambre Consulaire Régionale (Ccr) a effectué une visite importante au siège de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) à Ouagadougou au Burkina Faso mercredi dernier. Au cœur des échanges  avec M. Ibrahima DIEME, Président par intérim, et par ailleurs, Commissaire chargé du Département du Marché Régional, du Commerce, de la Concurrence et de la Coopération (DMRC), les préoccupations du secteur privé sous régional. Le Bureau de la Ccr/UEMOA a félicité la nouvelle Commission nommée par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement le 10 avril 2017 à Abidjan. Les deux délégations ont profité de cette occasion pour évoquer un certain nombre de sujets qui ont porté, entre autres sur le programme immobilier de la Ccr, le financement de certaines activités et l’accès de la Ccr à une meilleure connexion internet et à l’intranet. Ces points ont fait l’objet de larges débats et échanges. A l’issue de ces échanges, les deux Organes de l’Union se sont réjouies de la concertation permanente qui existe entre eux. Pour Jean-Baptiste SATCHIVI, «la CCR est satisfaite des réponses apportées aux préoccupations du secteur privé sousrégional, et se tient prête à poursuivre et à renforcer son rôle dans le processus de l’intégration.» Pour sa part, le Président par intérim de la Commission a remercié la Ccrde sa démarche. M. Ibrahima DIEME a réitéré la volonté de la Commission de l’UEMOA de «s’appuyer sur la Ccr pour faire du secteur du commerce un véritable outil de développement économique». Selon le Commissaire chargé du Département du Marché Régional, du Commerce, de la Concurrence et de la Coopération, qui avait à ses côtés son collègue, Essowè BARCOLA, Commissaire chargé du Département des Services Administratifs et Financiers (DSAF), «il ne peut y avoir de développement économique dans notre sous-région sans l’implication effective du secteur privé.» Les deux délégations ont enfin réaffirmé leur disponibilité à poursuivre leur collaboration pour relever les défis de l’intégration.

A.B

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Lutte contre le FCfa : Kèmi Séba et le panafricanisme

kemi-seba

Né Stellio Gilles Robert CAPO CHICHI le 9 Décembre 1981 à Strasbourg, Kemi Seba est un activiste politique Français d’origine Béninoise qui s’est donné pour cause la lutte contre l’impérialisme. Chez Kemi Séba, le militantisme ne date pas d’aujourd’hui. Mais c’est le 28 Mai 2006 qu’il a vraiment fait parler de lui lorsqu’il avait effectué une descente à Paris Rue des Rosiers où se trouvent de nombreux commerçants Juifs. Ce jour-là, Kemi Seba accompagné d’autres membres de la TRIBU KA s’était rendu dans le quartier Juif avec la ferme volonté d’en découdre avec le Betar, un mouvement de jeunesse juif radical sioniste et la Ligue de défense juive avec lesquels des échanges vifs avaient eu lieu sur le net un peu plus tôt. La provocation est une arme qu’il utilise souvent, comme l’atteste son dernier fait d’armes le 19 Août dernier lors d’un rassemblement à Dakar où il a brûlé publiquement un billet de 5.000 FCFA afin de se faire entendre dans sa lutte contre le franc CFA, son nouveau cheval de bataille. Après quelques jours en garde à vue, il a été acquitté par un tribunal de Dakar le 29 Août, puis expulsé le 6 Septembre vers la France par le gouvernement Sénégalais qui considère qu’il était une menace pour l’ordre public. Son geste, applaudi par certains et condamné par d’autres a eu le mérite de faire parler de cette monnaie utilisée par les pays de la Zone Franc mais frappée en France. Doté d’une capacité d’orateur, acquise au sein de Nation of Islam qu’il a fréquenté à ses débuts, Kemi Séba se montre volontaire polémiste dans ses déclarations. Dites lui qu’il tient des propos racistes, il vous rétorquera qu’être antisioniste ne fait pas de soi un antisémite argumentant que dans ce cas tous les anticommunistes seraient de facto antirusses.Habitué à être traîné devant les tribunaux, il n’hésite pas à clamer, un brin provocateur que les procès sont ses meilleurs meetings et c’est la preuve qu’il s’attaque au système. Depuis ses débuts, Kémi Séba a fait du chemin. Il anime aujourd’hui des conférences, des talk show et est auteur de nombreux ouvrages dont Supra Négritudes son premier essai et Black Nihilism dont il a offert un exemplaire à l’ancien président Iranien Ahmadinejad lors de leur rencontre. Quand on l’écoute on découvre qu’il a une grande connaissance en ce qui concerne l’histoire des luttes des résistants Noirs. Très courageux avec une audace dialectique évidente, son message reçoit un écho favorable auprès d’une partie de la jeunesse africaine pour qui il représente le miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, parce qu’elle retrouve dans ses discours une affirmation et une revalorisation d’une identité noire. Lui-même, prônant à ses débuts, le kémitisme qui est un courant qui cherche à faire connaître et renaître la philosophie des anciens Egyptiens ou kémites, en tant qu’héritage culturel de l’Afrique, d’où l’appellation KEMI SEBA.

Mais Kémi Séba n’a pas que des partisans. Si la justesse de sa lutte n’est pas remise en cause, certains n’épousent pas ses méthodes. Son dernier coup d’éclat à Dakar par exemple n’a pas reçu l’assentiment de tout le monde en Afrique. Pour ses pourfendeurs l’argent est sacré et certains fondamentaux ne sauraient être bafoués sur l’autel d’une lutte, fut-elle panafricaniste. A ce niveau, il convient de souligner que la stigmatisation systématique à laquelle s’adonnent ses partisans à l’encontre de ceux qui ne sont pas d’accord avec ce moyen de lutte qui est de brûler de l’argent est contre-productive. Aussi, par le passé, certaines de ses prises de positions avaient dérouté une partie de ses partisans qui n’avaient pas compris son rapprochement avec les polémistes d’extrême droite Dieudonné et Alain Soral. De même lors de l’affaire Ilan Halimi, du nom de ce jeune juif mort des suites des sévices que lui ont fait subis Le gang des barbares de Youssouf Fofana, Kémi Séba avait tenu des propos ambigus refusant de condamner ce geste abject et ignoble. Côté justice, il a été condamné en France pour diffusion de propos antisémites et négationnistes, n’hésitant pas à reprendre les propos négationnistes du sulfureux Jean-Marie Le Pen sur la Shoah. Quand on évoque sa violence, il aime rappeler que jusque-là il n’a été condamné que pour des délits d’opinion et non pour des faits de violence. N’étant pas à une contradiction près, celui qui avait pointé la responsabilité du coran et de la bible dans l’esclavagisme s’est depuis converti à l’islam. Son radicalisme poussé à l’extrême l’avait amené à ne prendre dans ses mouvements que des Noirs, même si depuis quelques années comme il le dit lui-même il a abandonné le prisme limité de frustrations de l’afrocentricité pour s’élever vers le prisme plus universel et plus rationnel du panafricanisme. De fait, il a délaissé depuis peu ses prises de position les plus radicales sur la suprématie des Noirs et s’adresse désormais à l’ensemble des déshérités et des opprimés.

Le panafricanisme étant une doctrine qui tend à développer l’unité et la solidarité africaine, d’aucuns aimeraient que la lutte de Kémi Séba soit plus orientée contre les dictateurs Africains. L’argument avancé est que même si nous arrachons nos droits après de hautes luttes contre l’impérialisme, la situation des peuples africains ne changerait pas si nous continuons à avoir à la tête de nos pays des chefs d’état corrompus qui oppriment les populations et s’accaparent nos richesses qu’ils dilapident avec leurs clans. L’on ne saurait donner tort à ceux qui veulent que sa lutte soit dirigée beaucoup plus contre les apparatchiks qui nous gouvernent quand on assiste à ces drames de migrants qui, fuyant la misère chez eux, perdent la vie en voulant traverser coûte que coûte la méditerranée pour rejoindre l’Europe. Le système qu’il dit combattre n’est pas seulement en occident, mais il y a aussi le même système chez nous ici, sous sa forme la plus dangereuse et nuisible.

En dehors de ces déclarations à l’emporte-pièce notamment à ses débuts et de certains errements dus à sa fougue de jeunesse à l’époque, Kémi Séba, quoi qu’on dise compte aujourd’hui quand on parle du panafricanisme. Qu’on l’aime ou pas, il a le don de faire bouger les choses. Ce qu’il peut apporter de nos jours à la jeunesse africaine est son courage et cette combativité qu’il démontre dans ses luttes. On en a besoin pour nous combattre les dérives qu’on observe sous les tropiques.

MM

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