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Société

Redistribution des terres en Afrique du Sud : Le Prophète Raël apporte son soutien au président Ramaphosa

rael

Raël, chef spirituel du Mouvement raëlien international (Mri), a exprimé son soutien au président de la République d’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, pour sa décision de redistribuer la terre aux noirs Sud-africains. <<Il a absolument raison!>>, a-t-il déclaré, avant de poursuivre : <<ce qui a été volé par les colonisateurs armés, doit être retourné au peuple natif d’Afrique sans aucune compensation>>. Rappelons qu'en 2011, le chef spirituel du Mri avait exprimé un soutien similaire au Président Mugabe du Zimbabwe qui avait initié “ la politique de nationalisation des programmes et des cadres pour s’assurer que les ressources du pays soient gérées, contrôlées, et exploitées par le Zimbabwe afin qu’elles bénéficient à la majorité de la population.” En effet, pour le prophète, <<L’Afrique appartient aux africains, pas aux ex-colons qui continuent d’exercer  leur comportement de colonisateurs déguisé à travers les puissants conglomérats multinationaux>>.

M.M

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Fin de l’apatridie ou déni de nationalité en Afrique de l’Ouest d’ici 2024 : Les réformes administratives et législatives idoines

apatridie

Entendons-nous bien ! L’apatridie, c’est le fait de ne pas avoir de nationalité. Ce n’est pas le fait de détester les dirigeants de son pays ! Cette mise au point aidant, combien sont-ils , les Béninois, Togolais, Ghanéens, Nigériens, Burkinabè, Sénégalais , Maliens, Nigérians, Sierra-Léonais, Ivoiriens, Capverdiens, Libériens, Gambiens , Guinéens, Bissau-guinéens à ne pas avoir de nationalité et donc empêchés d’avoir accès à l’école, aux soins ou à un travail faute de papiers d’identité ?  Le Haut Commissariat des Nations pour les Réfugiés a donné un aperçu du nombre ce dimanche 25 février 2018.  « Au moins 700.000 personnes sont apatrides en Afrique de l’Ouest, et beaucoup plus sont estimées être à risque d’apatridie ». Ce chiffre contient des problèmes  qui appellent des réformes d’ordre administratif (I) et législatif (II) qui plombent les efforts pour éradiquer l’apatridie dans six (06) dans toute l’Afrique de l’Ouest.

I. Les réformes administratives conséquentes  

Cela fait trois ans déjà que la déclaration d’Abidjan a été adoptée.  Autrement dit, en 2015, les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont engagés pour remédier à la situation de plusieurs ouest africains sans papiers donc non identifiables par rapport à un pays parce que sans pièces justificatives.  L’objectif de performance est d’arrivé d’ici 2024 à avoir pour chaque ouest-africain, un identifiant administratif. Les chiffres ne sont pas reluisants : ils sont nombreux à ne pas être capables de  prouver leur nationalité.  Ce n’est ni une fatalité ni une négligence. C’est  d’abord une défaite des services administratifs hospitaliers  et  des collectivités territoriales.

Au commencement était la femme enceinte. C’est elle qui porte le futur enfant sans papier. C’est elle qui connaît le père de l’enfant. A moins d’un cas exceptionnel psychiatrique.  La femme dispose d’informations à communiquer sur elle-même et sur  le père de la grossesse.  Pour les zones disposant de dispensaires et d’hôpitaux,  les fiches de maternité   constituent des mines importantes d’identification.  Les services administratifs des dispensaires et hôpitaux  sont pour la plupart  dans une fonctionnalité relative.  C’est là, un handicap majeur à la reconstitution. Les archives soumises à des intempéries, s’érodent au fur et à mesure et effacent la mémoire si essentielle à reculer la frontière de l’apatridie.  Dans les contrées rurales de l’Afrique de l’Ouest, plusieurs familles et collectivités continuent de faire accoucher les femmes dans les couvents  et les enclos de fortune suivant des rites.  Les chefs de couvents et de collectivités familiales ont l’obligation d’informer le représentant de l’Etat. Car l’Etat, partout est chez lui. Cette méconnaissance des précautions biaise le processus d’identification. On peut y remédier  en confiant une plus grande responsabilité aux  collectivités territoriales  pour assurer un service d’Etat civil fiable et procéder au recensement administratif à vocation d’identification des citoyens résidant partiellement ou totalement sur le territoire de la collectivité locale.  

Les vagues de décentralisation et de déconcentration  qui saisissent de plus  les Etats de droit constituent une opportunité à saisir pour asseoir d’efficaces services d’Etat Civil. La sécurité et la fiabilité de l’Etat civil  dépendent de trois facteurs majeurs. La formation à la procédure de déclaration des naissances, la coordination intelligente entre les services de maternité et leurs répondants au niveau des collectivités territoriales, et la tenue d’une archive manuelle et informatisée.  Ce n’est pas assez, le législatif tient l’administratif en respect.

II. Les réformes législatives souhaitées

Obtenir la nationalité est du domaine de loi. C’est la loi qui décrit les conditions de son obtention. On se souviendra comme si c’était hier, ce que le « Et » et le « Ou » ont pu causer comme  drame en Côte d’Ivoire dans le cadre du code électoral présidentiel  pour définir qui est ivoirien et qui ne l’est pas. C’est dans  cette perspective qu’il convient d’insister sur l’immense responsabilité de la majorité  parlementaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest.  

La mise en conformité des législations avec les conventions internationales sur l’apatridie est un fait au niveau du dispositif législatif de plusieurs pays. On peut citer à titre d’illustrations,  la  Sierra Leone, le Burkina Faso ou la Côte d'Ivoire. A titre d’effort, notons que  la législation de la Sierra Leone, en 2017,  a été révisée  pour donner le droit  aux femmes –mères  de transmettre la nationalité à leurs enfants. Jusque là, c’était un droit  exclusif du père.  Le Bénin a entamé le processus. En effet, le  Conseil des Ministres du mercredi 08 février  2017 a adopté le projet de décret portant transmission à l’Assemblée nationale du projet de loi portant code de la nationalité béninoise.

En effet, le code de la nationalité béninoise date de 1965. Avec l’adoption de la Constitution du 11 décembre 1990, certaines de ses dispositions se sont révélées contraires au principe d’égalité des citoyens devant la loi. La  Cour constitutionnelle du Bénin a rendu la décision DCC 14-172 du 16 septembre 2014, par laquelle elle  a jugé que les articles 8, 12.2, 13 et 18 du Code sont contraires à la Constitution, parce que violant le principe d’égalité. Aussi, le Gouvernement du Bénin s’est-il  mis  en phase avec la  Convention des Nations Unies sur la réduction des cas d’apatridie ratifiée par le Bénin le 05 décembre 2011. La volonté politique de l’Exécutif béninois est manifeste.

Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont passés à la phase active. Ainsi conformément à la loi, le gouvernement burkinabè a procédé à la  distribution d’actes d’état civil et d’actes de naissance à des enfants et à des jeunes adultes qui n’en possédaient pas. La  Côte d’Ivoire n’est pas du reste avec  au moins 8 000 personnes qui étaient apatrides se sont vues remettre un certificat de nationalité, au terme d’une procédure spéciale.  

Trois réformes législatives majeures peuvent permettre d’atteindre l’objectif spécifique de 2024, Zéro apatride.  Pour y parvenir, il faut une initiative pédagogique réelle et efficiente pour engager le parlement de la CEDEAO  à accéder aux textes internationaux relatifs à l’apatridie. Une telle initiative devrait aboutir à une résolution opposable.  La deuxième réforme revient aux protocoles décisionnels au sein de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des personnes. En ce sens, les apatrides pourraient bénéficier en attendant leur régularisation des avantages de leur présomption de nationalité. La troisième réforme, est l’harmonisation des principes d’égalité de sexe dans la transmission de la nationalité dans toutes les législations des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
En somme, l’apatridie n’est ni une maladie ni une fatalité. Elle a un remède : la loi.

Tauyé de Saint Herbert HOUNGNIBO
Editorialiste
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques

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Irlande : Les Irlandais plus favorables à l’avortement à l’approche d’un référendum

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Les Irlandais seront appelés aux urnes avant l'été pour un référendum sur l'avortement. Le gouvernement a pris l'engagement de tenir un scrutin fin mai afin de décider l'avenir du 8e amendement. Un texte qui a inscrit en 1983 l'interdiction de l'IVG dans la Constitution irlandaise. Elle est illégale et passible de 14 ans de prison. Un texte que beaucoup jugent obsolète alors que les pouvoirs publics et les citoyens semblent prêts à libéraliser la loi parmi les plus restrictives d'Europe. Le 8e amendement a longtemps bénéficié d'un soutien massif en Irlande. Très largement adopté à une époque où l'Eglise catholique imprégnait plus fortement la société, il allait alors à contre-courant de la direction prise par les autres pays européens.

Mais durant les dix dernières années, les Irlandais ont été choqués par plusieurs affaires, dont le cas d'une jeune femme, décédée en 2012 d'une grossesse à problème et qui s'était vu refuser une IVG d'urgence. Depuis, le mouvement des pro-avortement a grandi et la société en général y est plus favorable. Selon de récents sondages, plus d'un Irlandais sur deux souhaite l'accès à l'IVG jusqu'à 12 semaines de grossesse alors qu'un tiers est contre une libéralisation de la loi. Signe de cette évolution, les leaders politiques s'affichent presque unanimement en faveur de l'avortement, chose encore impensable il y a peu.

Mais les anti-IVG sont très mobilisés et pourraient peser dans la longue campagne qui s'annonce avant le référendum à la fin mai.

rfi.fr

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Trafic illicite de faune sauvage en Afrique de l’Ouest : Un vietnamien et ses complices arrêtés à Abidjan

braconnage

(Un réseau criminel transnational bientôt démantelé)  
578 kg d'ivoire,  plus d’une demi tonne d'écailles de pangolins dont certaines quantités déjà emballées et prêtes à être exportées, quatre armes illégales, des peaux de panthère et d'autres objets de contrebande ont été saisis à Abidjan. Ce sont les produits retrouvés chez de présumés trafiquants après leur arrestation mis janvier 2018 à Abidjan (Côte d’Ivoire). En effet, c’est un réseau de criminels qui opérait dans l’ombre dans plusieurs pays depuis sept ans et qui est à l’origine de massacre de milliers d’éléphants. Un vietnamien est à la tête de ce réseau qui dépeuple la faune sauvage que protègent les lois dans plusieurs pays. L’arrestation du vietnamien et de cinq autres personnes, présumées membres de sa bande a été faite grâce à l’implication active de l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (Uct), avec l’appui du ministère des Eaux et forêts de Côte d’Ivoire. L’action a été soutenue par l’assistance technique d’Eagle Network, une Ong internationale spécialisée dans la protection de la faune. Des informations reçues, il ressort que le chef de cette organisation criminelle enCôte d'Ivoire est directement lié à deux saisies antérieures, l'une au Vietnam et l'autre au Cambodge où 619 kg et 941 kg d'ivoire ont été respectivement saisis. Pour exporter les produits, selon nos sources, le réseau criminel a l’habitude de créer de l’espace à l’intérieur des bois destinés à l’exportation. Après avoir coupé et soigneusement rangé les ivoires dans les espaces aménagés à cet effet, les intervalles restantes sont occupées avec de la cire et ils se servent de la colle pour refermer les bois. Mélangée à d’autres bois dans des conteneurs, la marchandise est convoyée en Asie. Une fois à destination, l’équipe en place en Asie prend la relève. Après leur arrestation, les services spécialisés ont procédé à l’analyse des informations téléphoniques. Ce qui a révélé qu’ils sont en lien avec trois pays reconnus comme des paradis fiscaux. Les informations montrent que le réseau mène des opérations de blanchiment d’argent.  L’autre découverte faite est que l’un des présumés trafiquants, un chinois, avait en sa possession une liste de noms de jeunes femmes ivoiriennes avec des informations précises sur leur taille, leur poids et leur photo. Cela devrait amener les services spécialisés de Côte d’Ivoire à ouvrir des enquêtes pour démanteler ce probable réseau de proxénétisme. Les activistes, de leurs côtés, sont décidés à en découdre avec ces criminels. Il faut signaler qu’au Bénin, les membres du réseau d’Eagle Network ne baissent pas aussi les bras en appuyant le gouvernement contre ces criminels. La justice accompagne par des décisions répressives. Dans un passé récent, le tribunal de Natitingou a condamné deux trafiquants d’ivoires, l’un à 4 ans et l’autre à 3 ans 4 mois de prison ferme avec des amendes.

M.M

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Rôle des médias dans le développement de l’Afrique : La Déclaration d’Addis Abeba

Franck-Kpocheme

Nous, journalistes et participants au Troisième Dialogue pour les Médias de haut niveau en Afrique, nous nous sommes réunis ces 16 et 17 novembre 2017 à AddisAbeba (Éthiopie) pour discuter du “Rôle des médias dans le développement de l’Afrique, dans l’autonomisation des femmes et de notre soutien à l’Agenda 2063”.

Conscients de la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des recommandations contenues dans le « Consensus du Vaal » et dans la « Déclaration de Maseru » adoptées respectivement en Afrique du Sud en 2009 et au Lesotho en 2011 lors des deux précédentes éditions du Dialogue pour les Médias de haut niveau en Afrique.

Se rappelant la décision prise au Sommet de l’Union africaine en janvier 2015 par les Chefs d’États africains établissant l’Agenda 2063 comme programme phare de l’Union africaine pour le Développement de l’Afrique.

Réaffirmant la liberté d’expression, l’accès à l’information comme étant des Droits de l’Homme fondamentaux, tout en soulignant le rôle central qu’occupent les femmes dans le développement de l’Afrique.

Sensibles au fait que l’autonomisation des femmes se heurte souvent à des barrières sociales et comportementales qui ne peuvent être franchies que grâce à des campagnes continues de sensibilisation, des programmes éducatifs et autres outils permettant une prise de conscience active du problème.

Préoccupés par un niveau de sécurité des journalistes particulièrement bas en ce moment et dangereusement couplé à un niveau inacceptable d’impunité qui se retrouve dans tous les pays d’Afrique.

Nous positionnant comme garants de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique dans le domaine social, politique, économique et administratif.

Conscients de notre responsabilité collective quand il s’agit de changer et de s’approprier le discours sur le continent, tout en restant des observateurs critiques et impartiaux de cette société à laquelle nous appartenons.

Reconnaissant le manque de reportages sur les questions africaines, y compris parfois sur les problèmes affectant nos voisins immédiats.

Nous nous engageons, dans un délai de 24 mois à compter du jour de la signature de cette déclaration à :

1.     S’engager dans un partenariat structuré et engagé avec le Mécanisme régional de coordination pour l’Afrique avec, pour objectif, d’encourager l’échange d’informations et assurer une communication régulière avec le système des Nations Unies et l’Union Africaine ;
2.     Promouvoir et s’approprier l’Agenda 2063 et sa devise “ L’Afrique que nous voulons ” comme notre pacte commun ;
3.     Développer une plateforme libre de droits pour échanger du contenu et des connaissances entre journalistes africains ;
4.     Identifier des programmes prioritaires de formation pour renforcer les connaissances professionnelles des journalistes ;
5.     Promouvoir un environnement plus sécurisé pour les journalistes à travers un plaidoyer soutenu et intensif du programme dit des 3 P qui préconise la Prévention, la Protection et la Poursuite judiciaire, avec pour but qu’aucun cas de violence contre un journaliste en Afrique ne puisse être laissé de côté ou ignoré ;
6.     Combattre sans cesse l’inacceptable niveau d’impunité actuel qui, telle la peste, empoisonne le continent, décourageant les vocations parmi les jeunes et exposant les journalistes en exercice à la peur ou aux tentations des faveurs ;
7.     Publier des histoires vendeuses sur les accomplissements des femmes et accorder plus d’espace éditorial à la voix des femmes ;
8.     Promouvoir un discours plus positif sur le continent, en encourageant, sans toutefois se départir de la rigueur professionnelle requise, un compte-rendu plus équilibré sur le côté « bonne nouvelle » de l’information que certains définissent par « Journalisme de solutions » ou « Journalisme de développement » ;
9.     La FAJ, en tant qu’organisme le plus représentatif des médias en Afrique, s’engage à prendre fait et cause pour la Déclaration d’AddisAbeba, à la diffuser et à la populariser auprès des médias et de la population au sens large.
10.  Evaluer, à mi-chemin, (12 mois à compter de la signature) les progrès enregistrés sur les neuf engagements ci-dessus et, pour chaque signataire, remettre un rapport succinct mais individuel sur les progrès enregistrés et les défis rencontrés, rapport qui sera discuté lors de la prochaine édition du Dialogue pour les médias de haut niveau en Afrique.

Addis Abeba
17 Novembre 2017

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Fondation Tony Elumelu : Pour l’émergence d’entrepreneurs africains

Tony-Elumelu

Lancé en 2015, le programme d’entreprenariat de la Fondation Tony Elumelu est à sa 4ème édition cette année. Ce programme vise à encadrer et financer 10 000 entrepreneurs africains de 2015 à 2024, soit 1000 entrepreneurs par an. Avec pour objectif de créer 1 million de nouveaux emplois, il a fait déjà des milliers de bénéficiaires. Au Bénin, sur trois ans, seulement 34 personnes ont bénéficié de financement. Un nombre très faible par rapport à d’autres pays comme le Nigéria, le Kenya, l’Ougandan. D’où l’appel à la jeunesse béninoise qui entreprend afin qu’elle postule massivement pour ce programme dont l’édition 2018 est lancée le 1er janvier pour prendre fin le 1er mars 2018. C’était à la faveur d’une séance de présentation du programme à la presse, vendredi 19 janvier 2018, au siège de l’UBA Patte d’Oie.

Apôtre de l’Afrique capitaliste, Tony Elumelu veut faire du secteur privé la clé du développement du continent. Le programme d’entreprenariat de la Fondation Tony Elumelu a pour mission d’identifier, développer et créer à travers l’Afrique 10 000 startups qui ont développé des solutions ingénieuses à des défis économiques pressants de leurs communautés. Pour cela, Tony Elumelu s’est engagé à débloquer 100 millions de dollars sur 10 ans au profit des 10 000 entrepreneurs dont les projets auront été sélectionnés. Les projets doivent apporter une plus-value, résoudre un problème dans un secteur précis. Le programme est axé sur trois domaines. Il s’agit de l’autonomisation des entrepreneurs, la promotion d’un leadership éclairé sur l’entreprenariat à travers le plaidoyer et la recherche fondée sur des preuves, la création d’un écosystème entrepreneurial intégré qui favorise la promotion de l’entreprenariat africain.

Au lancement du programme en 2015, 10 projets de jeunes entrepreneurs béninois ont bénéficié de financement. En 2016, 04 projets et 10 projets en 2017. Ce qui fait 34 projets au total financés en trois ans alors qu’au Nigéria 13 276 projets ont été financés, 1000 projets au Kenya, 539 en Ougadan. La Fondation Tony Elumelu veut inverser la tendance. Son objectif cette année, c’est corriger le faible taux de participation des jeunes entrepreneurs béninois, doubler tout au moins le nombre de projets qui seront sélectionnés et soumis au financement. Dans ce cadre, en collaboration avec les anciens bénéficiaires du programme, elle organise des séances de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national. La première s’est tenue, samedi 20 janvier dernier dans l’enceinte du campus d’Abomey-Calavi. Pour Roméo Azonhoumon dont le projet en énergie renouvelable, charbon vert, et panneaux solaires a bénéficié de financement, c’est l’occasion pour les jeunes qui veulent entreprendre de saisir cette opportunité qu’offre la Fondation Tony Elumelu en présentant des projets structurants, viables qui créent de la valeur ajoutée, des emplois directs et indirects. Et à Hoda Steve, un autre bénéficiaire d’ajouter que lorsque vous présentez et défendez bien votre projet et qu’il est sélectionné, vous bénéficiez gratuitement de 5 000 dollars, soit 2,5 millions FCFA pour vous lancer. Mais cela ne s’arrête pas là. La fondation Tony Elumelu continue d’accompagner l’entreprise par des séances de formation en ligne, vous met en contact avec des mentors venant d’Afrique et de l’Etranger et qui ont affronté des défis similaires.

Tony Elumelu a fait fortune, il y a une vingtaine d’années en rachetant une banque en difficulté au Nigéria. Il a réussi à la fusionner à United Bank for Africa (UBA) présent dans 19 pays africains. Il a aussi créé une société d’investissement Heirs Holding qui a des parts dans plusieurs secteurs économiques au Nigéria. En 2017, il est classé au 7e rang des meilleures fortunes du Nigéria avec une valeur estimée à 1,4 milliards de dollars.

Bertrand HOUANHO

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Cop 23 à Bonn : Des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris

COP-23-Bonn

La conférence (COP23, du 06 au 17 novembre) a lieu cette année dans un contexte marqué par de nombreux phénomènes climatiques extrêmes parmi lesquels des ouragans dévastateurs, des incendies, des inondations, des sécheresses, une perte de glace, avec des effets sur l’agriculture qui menacent la sécurité alimentaire. A Bonn, les gouvernements et les acteurs non-étatiques doivent prendre des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

A l’ouverture de la Cop 23, la Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques, Patricia Espinosa, a donné l’alerte et indiqué le chemin pour l’atteinte des objectifs : « De concert avec l’Agenda du Développement durable, nous connaissons le chemin que nous devons emprunter pour faire face au changement climatique et au développement durable. », a-t-elle déclaré. Patricia Espinosa, a donné un aperçu du travail qui incombera aux gouvernements à Bonn - principalement d'avancer sur les règles d'application de l'Accord de Paris - phase technique - en temps et en heure, et de renforcer les méthodes et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Toute chose devant permettre de réaliser l’ambition principale de l’Accord de Paris puisse être atteinte, à savoir maintenir l'élévation de la température mondiale bien en dessous des objectifs de l’Accord de deux degrés Celsius et de mener des efforts encore plus poussés pour limiter cette augmentation à 1,5 degré Celsius.La Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques a souligné l’urgence d’enregistrer des progrès immédiats. « Nous devons aussi progresser pour concrétiser les engagements prévus pour 2020. À cet égard la finance et les promesses d’atténuation sont essentiels, » a-t-elle ajouté.

Faire preuve d’ambitions à la hausse pour l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris

Selon une nouvelle étude de l’Onu, les gouvernements et les acteurs non-étatiques devraientfaire preuve d’ambitions à la hausse afin de garantir que les objectifs de l’Accord de Paris puissent encore être atteints. Ainsi, La huitième édition du rapport annuel de l’Onu sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, publié en amont de la Conférence de l’Onu sur les changements climatiques à Bonn, révèle que les engagements pris par les pays au niveau national ne représentent qu’un tiers des réductions d’émissions nécessaires à l’horizon 2030 pour respecter les objectifs relatifs à la lutte contre les changements climatiques. Les mesures prises par le secteur privé et les mesures à l’échelle infranationales ne se multiplient pas à un rythme qui permettrait de combler cet écart inquiétant. L’Accord de Paris vise certes à limiter le réchauffement climatique en-deçà des 2°C, mais un objectif encore plus ambitieux de 1,5°C est également suggéré. Atteindre ces objectifs réduirait la probabilité de sérieuses conséquences climatiques nocives pour la santé des êtres humains, pour les moyens de subsistance et les économies du monde entier.Dans l’état actuel des choses, une mise en œuvre complète des contributions prévues déterminées au niveau national conditionnelles et inconditionnelles entraînerait très probablement une augmentation des températures d’au moins 3°C à l’horizon 2100 – « inconditionnelles » signifie que les gouvernements seront tenus de prendre des engagements bien plus importants lorsque ceux-ci seront révisés en 2020.Dans le cas de figure où les Etats-Unis donneraient suite à leur intention déclarée de quitter l’Accord de Paris en 2020, prévient le rapport, le scénario pourrait se révéler encore plus sombre.Cependant, le rapport présente des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2 grâce à des mesures d’atténuation en développement rapide basées sur des modèles existants dans les domaines de l’agriculture, des bâtiments, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et des transports.

Des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2

D’après le rapport, des mesures fortes pour la réduction des forceurs climatiques tels que les hydrofluorocarbones, par le biais de l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, et à d’autres polluants à courte durée de vie comme le carbone noir, pourraient aussi grandement contribuer à réduire les émissions de CO2.Les émissions de CO2 ont été stables en 2014, en partie grâce à la transition vers des sources d’énergies renouvelables, notamment en Chine et en Inde. Cela a suscité l’espoir que le pic des émissions ait été atteint et allait désormais suivre une trajectoire à la baisse à l’horizon 2020. Cependant, le rapport révèle que d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, continuent à augmenter et que l’accélération de la croissance économique mondiale pourraient être responsables d’une hausse des émissions de CO2. Le rapport démontre que les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris déboucheraient sur des émissions à hauteur de 11 à 13,5 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (Gt éq-CO2) en 2030, c’est-à-dire au-dessus du niveau nécessaire pour maintenir le monde sur la voie la moins coûteuse et pour atteindre l’objectif des 2°C de hausse des températures. Une gigatonne est l’équivalent d’environ une année d’émissions produites par le secteur des transports dans l’Union Européenne (dont l’aviation).

Investir dans les technologies est la clé du succès

Afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, les gouvernements (y compris en revoyant leurs engagements à la hausse), le secteur privé, les villes et les autres parties prenantes doivent absolument poursuivre les mesures initiées qui déboucheront sur des réductions d’émissions rapides et profondes. Le rapport détaille différentes façons pour y parvenir, particulièrement dans le domaine de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport. Les investissements dans les technologies spécifiques à ces secteurs – d’un coût inférieur à 100 dollars par tonne de CO2 évitée, et souvent beaucoup moindre – pourrait contribuer à éviter jusqu’à 36 Gt éq-CO2 par an à l’horizon 2030.Une grande partie du potentiel de l’ensemble des secteurs découle de l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne, des appareils électroménagers efficaces, des voitures particulières efficaces, du boisement et de l'arrêt de la déforestation. Si l’industrie se concentrait uniquement sur les actions recommandées dans ces domaines – dont les coûts sont modestes ou même négatifs – les émissions pourraient être réduites jusqu'à 22 Gt éq-CO2 en 2030.À elles seules, ces réductions mettraient le monde sur la bonne voie pour atteindre l’objectif des 2°C et ouvriraient la possibilité d'atteindre la cible ambitieuse de 1,5°C.

Mesures non étatique et autres initiatives

Les mesures promises par des organismes non étatiques et infranationaux (tels que les villes et le secteur privé) pourraient réduire l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de 2030 de quelques Gt éq-CO2, ceci même en tenant compte du chevauchement avec les contributions déterminées au niveau national. Par exemple, les 100 sociétés cotées en bourse responsables des émissions les plus importantes au monde représentent environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui révèle une énorme marge de manœuvre pour aspirer à un niveau d’ambition accru. L'amendement de Kigali au Protocole de Montréal vise à éliminer l'utilisation et la production d'hydrofluorocarbones – des produits chimiques principalement utilisés dans la climatisation, la réfrigération et la mousse isolante. Même s’il était mis en œuvre avec succès, il interviendrait trop tard pour avoir une influence sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions en 2030, mais il pourrait cependant contribuer de manière significative à atteindre les objectifs relatifs à la hausse des températures sur le plus long terme.D’ici le milieu du siècle, la réduction des polluants climatiques à courte durée de vie, tels que le carbone noir et le méthane, pourrait réduire les impacts basés sur l'absorption de chaleur cumulative et aider à maintenir une trajectoire stable et plus basse des températures en accord avec les objectifs à long terme de l’Accord de Paris.En outre, alors que le G20 est collectivement sur la bonne voie pour respecter ses engagements relatifs au climat pris à Cancún pour l’année 2020, ils ne sont pas suffisamment ambitieux pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, avertit le rapport. Bien que l’année 2020 approche à grands pas, les pays du G20 peuvent encore conduire des mesures qui mèneront à des réductions d’émissions à court terme et ouvriront la voie à d’autres changements au cours de la prochaine décennie, souligne-t-il. Ainsi, ne pas ouvrir de nouvelles centrales électriques alimentées au charbon et accélérer la suppression progressive des centrales existantes – en veillant à la bonne gestion des problèmes tels que l’emploi, les intérêts des investisseurs et la stabilité du réseau – serait d’une grande aide. On estime à 6 683 le nombre de centrales au charbon exploitées dans le monde, d’une capacité combinée de 1 964 GW. Si ces centrales étaient exploitées jusqu’au terme de leur durée de vie et n’étaient pas réaménagées avec le captage et le stockage du carbone, elles émettraient 190 Gt de CO2 accumulées.Au début de l’année 2017, 273 GW supplémentaires des capacités de production d'électricité à partir du charbon étaient en construction et 570 GW en pré-construction, pouvait-on lire dans le rapport. Ces nouvelles centrales pourraient générer des émissions cumulées supplémentaires d'environ 150 Gt de CO2. Dix pays constituent environ 85 % de l'ensemble du pipeline de charbon : la Chine, l’Inde, la Turquie, l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Égypte, le Bangladesh, le Pakistan et la République de Corée.Le rapport examine également l’élimination du CO2 de l'atmosphère grâce au boisement, reboisement, à la gestion des forêts, la restauration des terres dégradées et l’amélioration des stocks de carbone dans les sols – comme autant de solutions pour la prises de mesures favorisant une réduction des émissions.

Thomas AZANMASSO

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Sommet climat : L'absence de Trump et la volonté de leadership de Macron

Emmanuel-Macron

Ce mardi 12 décembre, une nouvelle réunion de chefs d'Etats et de gouvernements se tient à Paris pour consolider l'accord sur le climat conclu il y a deux ans. L'objectif numéro un est de trouver les moyens de financer les mesures appropriées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. La tâche sera d'autant plus ardue qu'il faut désormais compter sans les Etats-Unis qui ont annoncé en juin dernier leur retrait de l'accord. Mais ce sommet est aussi l’occasion pour le chef de l’Etat français de s’ériger en leader de la lutte contre le changement climatique.

Il n’y aura donc, ce mardi, pas de délégation officielle américaine. Mais les participants tentent aujourd'hui de minimiser l'impact de ce retrait du deuxième pays pollueur de la planète, derrière la Chine. Il y a deux ans, pour sceller l'accord de Paris sur le climat, l'américain Obama et son homologue chinois Xi Jinping faisaient l'événement en s'engageant comme jamais auparavant, en faveur de cette cause.
Néanmoins, Donald Trump ne fait pas l'unanimité chez lui et la participation des acteurs américains reste capitale. Et pas seulement les artistes comme Di Caprio, ou Schwarzenegger également ancien gouverneur de Californie, mais aussi les milliardaires philanthropes, tels Bill Gates et Michael Bloomberg, ancien maire de New York.

Ils viennent tous à Paris avec les responsables des villes américaines et des Etats plus convaincus que jamais de l'urgence de la situation. Ils mettront leur poids dans la balance, aux côtés des grands investisseurs prêts à annoncer leur retrait -non pas de l'accord sur le climat- mais des filières polluantes que sont le charbon et les hydrocarbures.
Reste l'espoir qu'un jour, les présidents américains viennent de nouveau figurer parmi les dirigeants impliqués dans ce combat. En attendant, l'accord a été conçu pour survivre à cette absence.

Test de crédibilité pour le président français

Et si cette absence est un coup dur, c’est aussi une opportunité pour le chef de l'Etat français. Emmanuel Macron s'est immédiatement positionné en nouveau leader de la défense de planète.

Dans une vidéo, Emmanuel Macron a répondu à Donald Trump en invitant tous les chercheurs ou scientifiques américains désireux de travailler sur le climat à venir en France et en lançant un slogan en anglais : « Make our planet great again ».

Une opération de communication qu'il a prolongée en annonçant la réunion d'un sommet sur le climat à Paris. Un sommet pour parler du financement. Le nerf de la guerre. Car Emmanuel Macron affiche sa volonté d'agir concrètement.

François Hollande avait arraché un engagement de la communauté internationale sur des objectifs. Emmanuel Macron ambitionne d'obtenir des avancées tangibles en mobilisant des bailleurs publics et privés, américains notamment. De ce point de vue, l'étape du sommet de Paris est un test de crédibilité pour le chef de l'Etat.

rfi.fr

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Journée des Droits de l’Homme : Déclaration de la Haute Représentante de l’Union européenne

Federica-Mogherini

A l’occasion de l’édition 2017 de la Journée des droits de l’Homme célébrée dans le monde le 10 décembre de chaque année, la Haute Représentante, Mme Federica Mogherini, a fait une déclaration au nom de l’Union européenne. Lire cette déclaration publiée ici en intégralité.

En 1948, après la Seconde Guerre mondiale dévastatrice, qui a entraîné de douloureuses divisions en Europe et l’occupation de nombreux pays européens, la communauté internationale s’est attachée à définir, promouvoir et protéger les droits de l’homme. La Déclaration universelle des droits de l’homme que nous célébrons le 10 décembre a consacré ces principes communs et a eu une profonde influence sur la marche en avant du monde. Néanmoins, près de soixante-dix ans plus tard, ces engagements sont loin d’être pleinement respectés partout dans le monde et nous sommes conscients que tous les États doivent redoubler d’efforts à cet égard. La Déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée d’un commun accord par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 et, cette année, la Journée des droits de l’homme marque le lancement d’une campagne d’un an pour en célébrer le 70e anniversaire en 2018. Alors que nous nous apprêtons à commémorer cet anniversaire, non seulement les droits et les libertés sont toujours mis à mal, mais l’espace dévolu à la société civile continue de se réduire dans de nombreux pays du monde. Dès le tout début de l’Union européenne, nous avons fait de la protection des droits de l’homme le fondement non seulement de nos politiques intérieures et extérieures communes, mais aussi de notre Union. Nous considérons tous les droits de l’homme comme universels, indivisibles et interdépendants, sans établir de distinction entre les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. L’UE continuera de réaffirmer sa volonté de protéger et de promouvoir l’universalité des droits de l’homme chaque fois qu’ils sont bafoués ou remis en cause, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. L’Union européenne demeurera aux côtés de ceux qui défendent les droits de l’homme chaque jour, les défenseurs des droits de l’homme devant faire face à des pressions et à des menaces croissantes dans de nombreux pays à travers le monde. Non seulement nous leur rendons hommage, mais nous soutenons activement leur action et continuerons à le faire. Le plein respect de tous les droits de l’homme est une condition préalable à la mise en place de toute société démocratique et résiliente, au développement durable, à la sécurité et à la paix à long terme. L’UE restera également le plus fervent partisan du système multilatéral en tant que pilier de la promotion et de la protection des droits de l’homme, allant des Nations unies à la Cour pénale internationale, en passant par des institutions régionales telles que le Conseil de l’Europe. Il est de notre responsabilité commune de garantir l’efficacité de ces institutions et les normes les plus strictes en matière d’intégrité. Aujourd’hui, l’Union européenne et ses États membres se joignent aux Nations unies et à de nombreuses autres enceintes pour appeler les États et les citoyens à défendre les droits de l’homme à l’occasion de la Journée des droits de l’homme 2017. Les États membres de l’UE, les institutions européennes, le représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, M. StavrosLambrinidis, et les délégations de l’UE célèbrent tous la Journée des droits de l’homme. Nous continuerons de défendre les droits de l’homme et tous ceux qui se battent pour les défendre.

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La Maison du paysan : Une approche innovante et territoriale qui marche au Niger

Saley-Mahamadou

A la faveur des travaux de la 33ème réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (Rpca) et de la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’ouest qui ont eu lieu du 4 au 8 décembre 2017 à Cotonou, les débats ont également porté sur Les approches innovantes et territoriales en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. Occasion a été ainsi donnée à des pays comme le Niger, le Burkina Faso, le Mali de partager avec les participants, leurs expériences réussies en matière d’approches territoriales de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour le cas du Niger, en lieu et place du Dr Ali Bety, Haut-Commissaire  à l’initiative 3 N (les Nigériens nourrissent les Nigériens), (Hc3n), c’est son Conseiller technique et Directeur du département Mobilisation sociales et renforcement des capacités, Saley Mahamadou qui a brillamment présenté cette expérience pratique de ce pays frontalier avec le Bénin. Lire l’interview pour en savoir davantage sur cette innovation que des instances sous régionales s’apprêtent à faire dupliquer dans la sous-région.

Dans la présentation faite, vous avez parlé de quelque chose de très concret qui s’appelle La maison du paysan. Ça existe depuis quand et il y en a combien au Niger ?

D’abord il faut dire que le programme 3N est un programme que le président de la République a présenté aux Nigériens pour se faire élire mais repris au niveau technique par les cadres nationaux qui en ont fait une stratégie de développement de sécurité alimentaire et du développement agricole durable. Maintenant, la Maison du paysan est une plateforme intégrée de services d’appui à la production parce que quand vous produisez vous avez besoin de beaucoup de services. Généralement, le producteur fait beaucoup de déplacements très éloignés souvent. Il faut aller dans le chef-lieu de sa région pour pouvoir réparer sa charrue, pouvoir acheter des engrais ou s’approvisionner en vivres pour travailler. Donc on a trouvé qu’il faut rapprocher ces services le plus proche possible du producteur. Et c’est ça cette idée de la Maison du paysan qui est une plateforme intégrée sous la responsabilité de la commune et le gouvernement local parce que la commune a l’obligation de rendre des services à sa population y compris les producteurs. Donc l’Etat aide les communes, créent ces structures sous la responsabilité des communes qui doivent les gérer dans l’intérêt de la population de leur commune.

Et cela existe depuis quand ?

L’idée est venue après un constat. On a fait deux années à mettre en œuvre l’initiative 3N et au bilan, on a constaté qu’on a mis énormément de l’argent mais dans les résultats on s’est rendu compte qu’il y a des insuffisances. Et, l’une des causes des insuffisances, c’est parce que les services d’appui à la production ne suivaient pas. Ainsi, après la troisième année de mise en œuvre de l’initiative 3 N, en 2014 avec le Plan d’accélération de mise en œuvre de l’initiative 3 N, on a dit qu’il faut mettre en place une Maison du paysan au niveau de chacune des communes du Niger. Il y a 255 communes, donc 255 Maison du paysan à mettre en place. A l’heure actuelle, nous avons une trentaine de Maison du paysan qui sont complètes parce que ça dépend des zones. Pour les zones pastorales, la Maison du paysan ne doit pas ressembler à celle d’une zone totalement agricole. Donc on a une trentaine où il y a tous les éléments, et vous avez plus de 150 où il y a quelques éléments que nous sommes en train de compléter petit à petit, mais à terme, c’est 255 Maisons du paysan qui sont opérationnelles et régies par un système de gestion consensuelle entre les acteurs locaux et communaux.

Pour l’instant, quels sont les retours que vous avez des paysans ?

Vous savez, ma fonction m’amène à être toujours sur le terrain. Dans tous les cas, là où ces structures sont complètes, les paysans le disent. Ils voient une nette amélioration, parce que s’il faut passer une journée à réparer une houe  alors que tu peux le réparer le matin et retourner dans ton champ, donc ils reconnaissent tout cela. La seule chose est que la Maison du paysan est encore une structure un peu globale. Dans chaque village il y a des kits. La Maison du paysan c’est un kit que l’Etat met à la disposition de la commune mais il doit avoir des kits dans chaque village. Si c’est la nourriture, acheter 2 kilos ou 3 kilos de mil, le paysan doit le trouver dans son village. Maintenant, c’est tout ce fonctionnement que nous sommes en train de travailler pour que la mayonnaise puisse prendre et qu’il y ait une dynamique de développement local, endogène où les gens pourront régler l’essentiel de leurs problèmes.

Et ces kits existent déjà ou bien c’est la prochaine phase ?

On est en train de travailler. Au fur et à mesure qu’on met en place des instances, on les dote, si c’est le magasin, on le dote de vivres et on essaie avec le partenaire technique et financier de le pousser à développer les petites banques céréalières qui peuvent venir se ravitailler au niveau de la commune, qui développe de petites boutiques d’intrants qui peuvent venir au niveau du magasin de la commune. Donc c’est un ensemble de dispositifs et nous sommes en train de vouloir doter l’ensemble de ces Maisons du paysan, de cadres techniques qui peuvent assurer l’encadrement et le contrôle qu’il faut pour le peuple.

Et dans les  maisons qui sont complètes, quels sont les services que le paysan y trouve ?

Généralement vous avez un magasin de vente d’intrants agricoles. Vous avez un autre magasin qui est une centrale pour les vivres (ici, on a des périodes de soudure très difficiles et en début de l’hivernage les gens ont besoin de vivres pour aller vers leur champ travailler, donc il faut rendre disponible des céréales, vous avez une institution de micro finance,  un atelier de réparation du matériel agricole, un bloc administratif, une radio rurale pour l’information… En tout cas tous les services dont un paysan a besoin s’y retrouvent.

Propos recueillis par JB

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