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Société

Célestin Pouya, Chef du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso : «...Une bonne compréhension de votre plaidoyer, et vous avez toutes les chances...»

Celestin-Pouya

La constitutionnalisation des Droits à l’eau et a l’assainissement constitue le cheval de bataille de la société civile béninoise active dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Mais, avant elle sa sœur voisine du Burkina-Faso a réussi le pari. Dans cet entretien, le Chef du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso, Célestin Pouya nous confie les secrets de la réussite de ce combat mené pour la reconnaissance des Droits à l’Eau et à l’Assainissement comme droits fondamentaux.

Quels ont été les temps forts du plaidoyer réussi que vous avez mené pour la prise en compte des droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso en 2015?

C’est effectif. Nous avons réussi à faire inscrire les Droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso exactement le 5 novembre 2015. C’est un processus de longue haleine. Il y a eu dans un premier temps une mobilisation générale de toute la société civile à travers le secrétariat permanent des ONG et associations du Burkina-Faso. Toutes les ONG individuellement faisait le plaidoyer chacun à son niveau. Et après, on s’est retrouvé au sein du SPONG, l’association faîtière pour analyser les engagements et voir comment on peut faire un exercice d’analyse des engagements au niveau national et international. Et, on s’est rendu compte que depuis 2010, le Burkina-Faso avait signé et ratifié la reconnaissance des Droits à l’Eau et à l’Assainissement. Au niveau national, l’Etat s’est engagé au cours du forum national sur le secteur eau et assainissement pour l’approche basée sur les droits. C’est l’ensemble de ces points que nous avons retenu pour bâtir notre argumentaire pour aller faire le plaidoyer. La première étape a été de d’organiser une rencontre d’interpellation avec les ministres de l’eau, celui des affaires sociales, des finances, celui des femmes et du genre, et celui de l’éducation qui ont accepté de nous rencontrer au siège de SPONG. Ensuite, nous avons été à l’Assemblée nationale pour solliciter l’engagement du président de l’Assemblée nationale. Au cours de la 2e phase, nous avons organisé un lobbying et une séance de renforcement des capacités des acteurs ministériels. Parce que, nous nous sommes rendu compte que les gens ne font pas exprès. Ils ne savent pas ce qu’on gagne en constitutionnalisant les Droits à l’Eau et à l’Assainissement.

Selon vous, le secret de la réussite c’est de pouvoir convaincre les autorités politiques de la pertinence de cette constitutionnalisation ?

Oui. Car, parfois au niveau de a société civile, nous préjugeons que les acteurs politiques comprennent les choses comme nous. Ce n’est pas évident. C’est pourquoi nous sommes passé d’un plaidoyer « contre » et agressif à un plaidoyer « avec » qui passe par un renforcement de capacités. Ce travail a permis de sortir les évidences et d’élaborer un argumentaire que nous avons adressé aux autorités et institutions concernées notamment l’Assemblée nationale, le ministère de la justice avec qui nous étions en partenariat, les ministères sectoriels, la présidence et tous les partis politiques qui étaient engagés dans les élections présidentielles. Quand les gens ont une bonne compréhension de votre plaidoyer et que leurs capacités sont renforcées, vous avez la chance de réussir. La preuve est que le parlement nous a demandé si nous pouvons faire une proposition d’article. Et en définitive, c’est notre proposition qui est aujourd’hui retenue dans la constitution.

Le président Kaboré a été favorable à votre plaidoyer et a promis de faire de l’eau et de l’assainissement, une priorité dans son programme de gouvernement. Comment faites-vous le suivi ?

Pour un meilleur suivi, il faut avant tout s’assurer que les engagements pris correspondent aux besoins réels des populations. Si le président prend des engagements qui ne sont pas les préoccupations des populations, vous passez à côté de votre combat,. C’est pourquoi, nous avons assisté les politiques à élaborer des documents de programme en phase avec les attentes des populations. Après l’installation du président Kaboré, dès le 3e mois nous avons mis en place un outil qu’on appelle le « présimètre » avec l’ensemble des OSC chargées du suivi des politiques. Ensemble, nous avons pris les engagements de la campagne électorale, et nous les avons traduits en objectifs et actions à mettre en œuvre. Ensuite, nous sommes allés interroger les citoyens pour demander qu’après 3 mois de gestion du nouveau pouvoir, quel est leur niveau de confiance. Nous étions conscients que seulement trois mois après l’installation, il n’y avait pas d’actions concrètes mais on pouvait mesurer le niveau de confiance. Ce que nous avons fait. Enfin, Il y a eu un débat télévisé ou nous avons invité le président de la République qui était face aux citoyens. Le président n’était pas tout à fait d’accord avec nous parce qu’il n’avait pas encore des résultats a montré mais, l’exercice a permis de mesurer la confiance des citoyens. Il a compris à la fin que c’était un moyen pour lui, de mobiliser les citoyens à le soutenir pour la mise en œuvre des projets et programmes. C’est ce que nous avons appelé le « Rockomètre » à l’instar du Buharimètre au Nigéria ou le Mackymètre au Sénégal. Maintenant, nous attendons la mise en œuvre du programme d’actions du gouvernement pour apprécier. Nous referons le même exercice pour amener le président à venir rendre compte.

Avec tout ce travail et le dispositif et outils mis en place, est-ce que vous avez l’assurance que la situation va changer ?

Nous n’avons pas de garantie mais il y a des évidences. Il a promis de faire de l’eau et de l’assainissement, des priorités dans ses actions et il y a des résultats. Déjà, il y a la création d’un ministère exclusivement dédié à l’eau et à l’assanissement. Egalement, le secteur de l’eau et de l’assainissement figure bel et bien parmi l’agenda de développement du Burkina-Faso pour la période post-2015. On vient aussi de valider le document de politique nationale pour le développement économique et social dans lequel, il est clairement inscrit que l’eau et l’assainissement constitue un secteur prioritaire au Burkina-Faso. Après trois mois de gestion, le président a aussi lancé, un programme d’urgence en matière d’eau et d’assainissement pour améliorer la situation des populations. Il nous reste à continuer le suivi avec le parlement pour que les objectifs soient atteints. Il n’y a pas de garantie mais il y a des évidences qui montrent que nous sommes sur la bonne voie.

Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

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2ème assise de la Coopération décentralisée franco-béninoise : Défis et enjeux au cœur des travaux

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Les assises de la coopération décentralisée entre la France et le Bénin se sont déroulées du vendredi 04 au samedi O5 novembre 2016 au Palais des Congrès de Cotonou. Placée sous le haut parrainage du gouvernement béninois à travers le ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale, Barnabé Dassigli, ces deuxièmes assises étaient l’occasion pour les différents acteurs du monde de la décentralisation ainsi que les partenaires techniques et financiers de faire le bilan et de jeter les bases perspectives. Les cadres du ministère de la décentralisation, les maires des 77 communes du Bénin ou leurs représentants ainsi que leurs homologues ont pris part activement à ces travaux qui ont duré deux jours. Quatre différents thèmes ont été débattus lors de ces assises. Il s’agit essentiellement de : « Défis et enjeux de la coopération décentralisées. Bilan, succès, préoccupations, avenir » ; « Travailler ensemble pour des services de proximité plus efficaces » ; « Coopérer afin de mieux gérer les ressources » ; « Impliquer les acteurs économiques et les populations dans le développement territorial ».

A.B

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Elaboration du Schéma de développement de l’espace régional (Sder) : Les acteurs impliqués harmonisent leurs expériences à Cotonou

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Les acteurs du développement spatial de la sous-région Ouest-africaine sont en conclave à Bénin Royal hôtel de Cotonou depuis hier, lundi, 07 novembre 2016 pour poursuivre les réflexions sur l’élaboration du Schéma de développement de l’espace régional (Sder) de l’Uemoa. Cette assise prévue pour se tenir du 07 au 09 novembre 2016 permettra aux participants de faire le bilan diagnostic et de propositions d’orientations stratégiques du Sder. Les travaux du présent atelier ont été officiellement lancés par le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané.

Trois jours durant, les points focaux de l’Uemoa au sein des ministères en charge de l’Aménagement du territoire, les membres du comité scientifique du Sder, du Conseil des Collectivités territoriales de l’Uemoa et des associations des sociétés civiles harmoniseront leurs expériences et connaissances dans l’optique de la réalisation de la Phase 2 du processus d’élaboration du Sder. Il sera donc question d’échanger sur les esquisses du bilan diagnostic provisoire et de susciter les réflexions sur le futur de l’espace Uemoa à l’horizon 2040. Ceci, à travers une analyse stratégique basée sur cinq différents pôles tels que les changements climatiques et environnement ; les dynamiques démographiques et urbaines ; les infrastructures de développement ; les espaces et services productifs ; les espaces, ressources naturelles et cadre institutionnel. Ainsi, quatre ateliers participatifs seront organisés au cours de cette rencontre de Cotonou. Dans son mot introductif, le représentant du Président de la Commission de l’Uemoa, YaoviKouhoude s’est réjoui des efforts consentis en faveur d’une perspective régionale et continentale basée sur une cohésion économique et sociale, une compétitivité plus grande et plus équilibrée des territoires. A l’en croire, le document devra servir de référence aux politiques nationales pour la mise en valeur des potentialités économiques locales et l’amélioration du cadre de vie des populations. Après avoir évoqué quelques progrès réalisés par le Bénin en matière d’aménagement territorial notamment la mise en œuvre de l’Agenda spatial, il a invité les participants à cerner les potentiels les tendances lourdes et inerties dans la sous-région. Quant au ministre du cadre de vie, José Didier Tonato, il a fait savoir la nécessité d’une vision pour un véritablement aménagement du territoire communautaire. L’autorité ministérielle a, pour finir, souhaité qu’à l’issue des échanges, le Sder sera enfin une réalité au service du développement spatial. Procédant à l’ouverture des travaux, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané a confié que l’Aménagement du territoire communautaire est susceptible de conforter la cohérence de territoires et des sociétés, d’atténuer les disparités les plus criantes et de promouvoir les axes et pôles de développement. Il a, par ailleurs, rassuré du soutien du gouvernement béninois dans l’aboutissement du processus d’élaboration et de la mise en œuvre du Sder.

Aziz BADAROU

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Prix Jeunesse Francophonie : Tiburce Chaffa sacré 2ème, catégorie ‘‘Appui à l’entreprenariat’’

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Les Prix Jeunesse de la Francophonie 35<35, premiers Prix Jeunesse de l’espace francophone récompensant des personnalités-jeunes francophones en dessous de 35 ans qui ont fait des réalisations exceptionnelles au cours de l’année, ont connu leur apothéose,  samedi 29 octobre 2016, à la somptueuse salle du Palais des Congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.

Sélectionnés parmi plus de 200 candidatures en provenance de vingt-six pays, ces 35 jeunes finalistes font partie de ceux dont les réalisations ont été les plus marquantes et qui devraient bénéficier de visibilité tant dans l’espace francophone que partout ailleurs dans le monde. Le Benin était représenté par quatre candidats, dont Tiburce Chaffa qui a décroché le deuxième prix dans la catégorie “Appui à l’entreprenariat”. Dans une interview, le récipiendaire livre ses impressions.

M. Tiburce Chaffa, deuxième prix dans la catégorie “Appui à l’entreprenariat”. Quels sentiments vous animent?

Pour être honnête, je n’ai pas dormi toute la nuit après la cérémonie. J’étais convaincu que je méritais la premiere place mais je me souviens très bien que mon interview ne s’était pas trop bien passé. J’avais fait un total break down et donc je m’étais préparé à ce que cela affecte les résultats; donc je comprends, j’assume. Un ancien professeur à moi, aujourd'hui à la Banque Mondiale, m’a écrit sur Facebook :” Tiburce, c'est louable de viser le sommet, mais cela ne l'est pas moins de savourer les victoires du moment.” C’est la formule que j’ai décidé d’adopter.

Vous aviez annoncé votre arrivée à Abidjan sur vos profils Facebook et Twitter. Comment Abidjan vous a -t-elle accueilli et traité?

Mon partenaire principal Gorou Adama, un coach Corporate de renom, avait deja établi un calendrier chargé et nous en étions tous enthousiastes mais malheureusement nous n’avons pas pu organiser nos différentes activités avec la Chambre de Commerce de la Cote d’Ivoire et CoLab mais ce n’est que partie remise. Nous avons tout de même eu le temps de discuter de nos ambitions communes pour les entrepreneurs ivoiriens, mais surtout africains de l’UEMOA. Nous prévoyons des activités très bientôt.  

Ensuite, nous avons pu participer au TedX Abidjan qui avait aligné de remarquables speakers  venus de partout dans le monde. La ville est très belle, et est entrain un peu trop de s’occidentaliser comme Johannesburg. Ca me fait réfléchir.

Vous êtes désormais une personnalité-jeune dans la catégorie Appui à l’entreprenariat. Vous pensez que les entrepreneurs vont changer l’Afrique ou le Benin ?

Oui, l’entrepreneur peut changer le Bénin. Un jeune qui sort d’université, crée une entreprise et qui emploie 5 personnes de façon décente et durable, aide plus l’Afrique qu’un intellectuel sorti de la Sorbonne et qui a pillé en toute impunité depuis les indépendances les finances publiques, prenant en otage l’avenir de millions de jeunes et de femmes. La situation économique de nos pays est le résultat des decisions politiques que nos dirigeants ont pris ou ont manqué de prendre. Nous avons une élite qui est constamment au service de ses propres intérêts et incapable de résoudre des problèmes de base comme servir de l’eau potable aux populations. Nous avons  besoin de personnes qui résolvent nos problèmes. Entre un politicien et un entrepreneur, aujourd’hui, je dirais que l’entrepreneur a plus de chance de faire bouger les choses. L’approche est différente, le besoin de résultats est plus brûlant d’un côté que de l’autre. En même temps, je ne fais pas d’opposition entre l’intellectuel et l’entrepreneur. Je pense que les deux se complètent. et la beauté de cette generation, c’est que vous pouvez avoir les deux profils en un. Il existe beaucoup d’exemples qui ont d’ailleurs réussi en Afrique.

Mais il faut des conditions préalables bien remplies pour que l’entrepreneur réussisse

Beaucoup de gens pointent du doigt souvent le manque de soutien de nos gouvernements pour expliquer l’échec de nos entrepreneurs. La réalité, c’est que la réussite d’un entrepreneur commence et termine par lui même. Le manque d’education entrepreneuriale, les mauvaises pratiques de gestion, et les aptitudes de l’entrepreneur représentent 70% des causes d’échecs. L’ accès au financement est une cause externe et minime.

Cependant, nos gouvernants ne jouent pas très bien leur rôle. Demander aux jeunes d’entreprendre sans créer les conditions favorables pour la création et la croissance des entreprises, c’est plus qu’hypocrite. C’est complètement irresponsable.

Dans notre pays, il existe quand même des d’accompagnements à l’entrepreneuriat. L’état joue son rôle. Peut-Être que le problème se trouve au niveau des jeunes ?

Il y a définitivement un problème quelque part, mais vous allez un peu trop vite en besogne en estimant qu’il se trouve du coté des jeunes. Lorsque vous mettez à la tête d’une structure qui veut accompagner les jeunes et mieux des entrepreneurs, quelqu’un qui ne partage pas leurs réalités, ne connait pas leurs difficultés, je me demande sur quoi voulez vous qu’il se base pour proposer des actions pertinentes. Vous ne pouvez pas choisir cet individu juste parce qu’il est jeune. Il doit être lui-même compétent en la matière . Nous avons un réel problème de vision et de gouvernance. Ceux qui nous dirigent en général n’ont pas la solution ou décident de faire ce qui remplit leurs poches au lieu de sauver la jeunesse de la précarité.

Vous pensez que le nouveau gouvernement peut mieux faire?

S’il s’entoure des cadres par affinité personnelle et politique au lieu de miser sur les compétences, nous aurons la même galère. C’est pour cela que le limogeage de l’ancien conseilleur du Ministre Bio-Tchané me peine profondément. Nous avions de belles perspectives sur comment faire décoller les PTE/PME. Au moins, ce jeune est credible et compétent. Il était le gage pour nous, que de choses sérieuses allaient se faire. Hélas!


Radio Waka Waka dans un récent article, pronostique sur votre avenir avec soit une percée entrepreneuriale dans la sous-region ou une montée politique. Dites nous ce que vous mijotez, M Chaffa?

Je ne peux pas parler de l’avenir, je ne suis pas Dieu. Ce que je sais, c’est que l’Afrique a besoin de nous tous. Si le destin m’appelle, je répondrai.

Vous avez un mot de fin pour les jeunes?

Le pouvoir est dans vos mains. Utilisez le pour changer vos vies et notre pays. Prenez votre vie en main.

Merci

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Conseil d’Administration de l’Unesco : Boni Yayi désormais membre titulaire

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Le Bénin vient d’être à nouveau honoré sur le plan mondial. En effet, l’ancien Chef d’Etat béninois Thomas Boni Yayi a été invité à siéger désormais au Conseil d’Administration de l’Institut de l’Unesco pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL), à Hambourg, en Allemagne, en qualité de membre titulaire. L’annonce a été faite le 07 octobre 2016, par la Directrice Générale de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la Culture (UNESCO), Irina Bokova. Boni Yayi qui a marqué son accord va occuper ce poste jusqu’au 31 décembre 2019.

Dans ses nouvelles fonctions, l’ancien Chef d’Etat béninois aura, entre autres choses, à déterminer et approuver la politique générale de l’Institut ainsi que la nature de ses activités sur une période de deux ans établie dans le cadre de la Conférence générale, examiner le programme de l’UIL en vue de prendre les mesures appropriées pour les futurs développements souhaités, etc. Le bilan de Boni Yayi dans le secteur de l’éducation et les qualités de leadership de même que son engagement pour la paix sur le continent africain en 10 ans de gestion du pouvoir d’Etat ont milité en sa faveur. « Qui ouvre une école ferme une prison ». Pendant 10 ans, Boni Yayi a traduit cette pensée de Victor Hugo dans les faits par ses efforts pour rendre les écoles accessibles et gratuites à tous les enfants et ainsi leur permettre d’apprendre à lire et à écrire. Constructions d’infrastructures scolaires, recrutement et formation des enseignants, amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, les résultats des actions de l’ancien président sont éloquents et parlent d’elles-mêmes. L’éducation était au cœur de l’action publique de l’ancien Président de la République. Pour lui, «les enfants doivent aller à l’école, y rester et y apprendre». Depuis 1960, c’est la première fois qu’un Chef d’Etat a réussi à complètement changer le visage de l’éducation au Bénin. Quoi de plus normal qu’aujourd’hui, l’Unesco s’en souvienne.C’est alors l’occasion e revenir sur ce qui a été fait et pour lesquels Boni Yayi a l’estime de l’Unesco.

Education pour tous

L’éducation doit être accessible à tous les enfants. Du fait de la gratuité de l’enseignement décrétée par le Président de la République sortant, plus d’un million d’enfants ont eu la chance d’être scolarisés, sur l’ensemble du territoire national. Cesenfants, frappés d’analphabétisme, ont été sauvés.

Le système éducatif représentait 30 % du budget national. La gratuité des enseignements maternel et primaire (filles comme garçons) et la gratuité de l’enseignement secondaire pour les filles uniquement (de 6ème jusqu’en 3ème avec la volonté d’étendre la mesure jusqu’en terminale) étaient une réalité. Sans oublier la gratuité de l’enseignement supérieur pour la première inscription à l’université alors que les étudiants payaient 15.000 F CFA avant cette mesure. Le Bénin était le seul pays du continent à prendre une telle mesure.

L’autre disposition saluée par la communauté internationale dans la gouvernance de l’ancien Chef de l’Etat est le recrutement de 10.000 enseignants  pour réduire le déficit d’enseignants dans nos écoles. Dans le même temps, l’urgence consistait à former ces enseignants recrutés. C’est ainsi que l’ancien régime avait initié la formation continue (20.000 enseignants formés par an) et la formation initiale (1.200 enseignants formés par an). Le contenu pédagogique faisait l’objet de débat au niveau du conseil national de l’éducation.
Dans le cadre des cantines scolaires, 500.000 élèves sont nourris : 2350 cantines scolaires ont été créées entre 2006 et 2015 contre 813 en 2006.

Le Projet «Ecole pour tous» pour 45 milliards de F Cfa supervisé par la Banque Mondiale, l’Unicef et d’autres bailleurs de fonds a été mis en œuvre. Sans oublier le Programme «Un élève, un toit, une classe, une cantine et un maître» pour le compte de l’enseignement primaire, un projet de développement de l’éducation à la base soutenu par la BID.

Infrastructures et personnel

Dans l’enseignement maternel et primaire, les réalisations portent, entre autres, sur la construction et l’équipement de salles de classe. 12.978 salles de classe construites et équipées entre 2006 et 2015 (En 2006, le Bénin comptait 6752 écoles primaires publiques). Le Gouvernement du Président Boni YAYI a doublé le nombre d’écoles construites, un record, depuis l’indépendance, soit un taux d’accroissement de près de 92%.

Toujours en 2006, le Bénin disposait de 15.324 salles de classe en bon état. En 2015, il comptait 28.054 salles de classe en bon état, soit un taux de progression de 83%.

Au titre de l’amélioration des conditions de travail des enseignants, 21 logements leur ont été construits entre 2006 et 2015 à Ifangni, Ouèssè, Ouaké, Malanville, Nikki, Boukoumbé, Tchaourou…

Soixante dix huit (78) bureaux de circonscription scolaire ont été construits sur les 85 existants dans plusieurs communes du Bénin.

Six (06) Ecoles Normales d’Instituteurs (ENI) ont été construites et équipées avec des salles de cours, cantines, dortoirs et résidences pour les membres de l’administration à Porto-Novo, Allada, Dogbo, Abomey, Djougou et Kandi. Avant son départ, le gouvernement sortant avait recruté, de manière transparente, 12.500 enseignants pour combler le gap d’enseignants. Les résultats ont été proclamés par le Conseil National de l’Education (CNE).

Autres mesures exceptionnelles

D’autres efforts ont été consentis par le Gouvernement sortant au profit de l’école béninoise. Transferts des ressources aux communes, prise en charge des droits d’écolage suite à la gratuité, introduction des langues nationales dans le système éducatif formel, formation initiale des enseignants, formation continue des enseignants, distribution des kits scolaires aux élèves des zones défavorisées, mise en place des intrants pédagogiques au profit des élèves (depuis 2006, les élèves des écoles maternelles et primaires publiques et privées reçoivent gratuitement des manuels de français et de mathématiquement, chaque année dans toutes les communes), amélioration des conditions de vie des enseignants de la maternelle et du primaire (différents avantages ont été accordés aux enseignants de la maternelle et du primaire depuis 2006 (primes, indemnités, visite médicale gratuite dans toutes les communes : cette action ne prend pas en compte les salaires et accessoires accordées aux enseignants).

Tous ces efforts déployés au profit de l’enseignement maternel et primaire, avec le renforcement du personnel enseignant, a triplé la masse salariale, ces 10 dernières années, passant de 135 milliards de F Cfa en 2006 à 343,0 milliards de F Cfa en 2015.

En réalité, l’ancien régime à travailler dans une dynamique nouvelle pourpromouvoir l’équité et l’égalité des chances à tous les enfants béninois. Cette initiative a permis non seulement l’accélération des progrès vers l’atteinte de l’OMD N°2 qui est d’assurer une éducation primaire pour tous mais aussi de promouvoir le droit à l’éducation pour tous les enfants.

Au Bénin, en 2012, selon l’Unicef, grâce aux actions du Gouvernement, 9 garçons sur 10 et 8 filles sur 10 scolarisables vont à l’école. De même, 7 garçons sur 10 et 6 filles sur 10 achèvent le cycle primaire. Certes des progrès restent encore à faire pour relever le niveau du système éducatif béninois. Mais l’ancien Gouvernement peut être fier du devoir accompli. Car, les progrès accomplis ces dernières années par notre pays dans le secteur de l’éducation sont positifs et ont permis d’accroître considérablement le nombre d’enfants, de jeunes et d’adultes bénéficiant de leur droit à l’éducation.
Ce sont donc tous ces efforts patents qui ont motivé la décision de l’UNESCO.

Communiqué de Presse

Par lettre référencée DG/1/16/7253 en date du 07 Octobre 2016, Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO, a invité Monsieur Boni Yayi, ancien Président de la République du Bénin, à siéger au Conseil d’Administration de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie à Hambourg en Allemagne en qualité de membre titulaire.

L’ancien Président Boni Yayi a marqué son accord et a remercié Madame la Directrice Générale d’avoir honoré à travers sa personne, son pays le Bénin et l’Afrique.

Fait à Cotonou, le 23 Octobre 2016
Le Secrétariat de Monsieur Boni Yayi, Ancien Président du Bénin

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11ème Forum national des associations et fondations de France : Le monde associatif en conclave à Paris ce jour

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La 11è édition du Forum national des associations et fondations de France est prévue pour se tenir ce jour, mercredi, 19 octobre 2016 au Palais des Congrès de Paris. Conçu comme un lieu de réflexion, le Forum National des Associations et Fondations permet aux acteurs du secteur associatif d’échanger, de s’informer et de se former aussi bien sur des problématiques de financement, de gestion, de développement, de communication que de transition digitale. Au cours de ce rendez-vous annuel des dirigeants et responsables du secteur associatif, le Président de l’Ong Social Pact, Kiki Hountin Delano (photo) exposera devant plus de soixante (60) partenaires et exposants, deux-cent (200) experts du secteur et près de 5000 visiteurs, les prouesses réalisées avec le Programme d’assistance et de suivi des filles vierges dénommé ‘’Trophées Vierges’’ ou Royaume international des vierges. Un programme initié, selon le promoteur, pour de féliciter, encourager et accompagner les filles qui optent pour la virginité jusqu’au mariage. L’Objectif principal étant donc d’impacter le monde à travers les valeurs et amener les populations des nations  en l’occurrence africaines, à comprendre qu’il n’y pas de paix ni de développement sans la culture des valeurs. « Et depuis 2007, date à laquelle s’est déroulée la première édition, nous sommes passés de 08 Filles à près de 1700 filles décorées et membres du Royaume International des Vierges » fit savoir Kiki Delano. Pour lui, avec ce concept, le Benin pouvait sauver ses filles de la débauche, des grossesses non désirées et se distinguer dans le monde comme une nation exemplaire. Ce rendez-vous annuel de formation, d'information et d'échanges sera marqué de plusieurs conférences, communications et ateliers pratiques sur plusieurs thématiques : Comment faire d’une menace une opportunité dans le secteur associatif, solidarité et numérique, la cybercriminalité en milieu associatif, la gestion d’actifs face aux taux négatifs etc…

Aziz BADAROU

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23ème anniversaire de l’Ohada : Un regain de vitalité s’annonce pour l’institution

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L’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) a célébré, mardi 17 octobre 2016, ses 23 ans d’existence. La cérémonie commémorative s’est déroulée à la salle Béhanzin de l’hôtel Azalaï. Placé sous le thème « Journée de réflexion à l’occasion du 23ème anniversaire de l’Ohada »,  la fête a réuni les responsables à divers niveaux du secteur judiciaire et des opérateurs économiques. C’était une occasion pour les responsables de l’institution de présenter à l’assistance le bilan des activités menées depuis que l’espace a été créé. A en croire le  président du conseil des ministres en exercice, Pierre Mabiala, l’institution a encore de beaux jours devant elle. Puisque, souligne-t-il, elle aura fortement influencé les systèmes économiques africains de par ses actions, du moins, ceux des 16 Etats de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale qu’elle couvre depuis le 17 Octobre 1993, date de sa création.  «en effet, après avoir fait un diagnostic mettant en évidence le caractère préjudiciable à leur économie, de la trop grande diversité, parfois de la désuétude de leur législation face au défi du monde nouveau qu’impose la mondialisation, les pères fondateurs de l’Ohada ont, par le traité de Port Louis, mis en route un processus d’intégration juridique et judiciaire de nos Etats en matière du droit des affaires », rappelle le secrétaire permanent de l’institution, Dorothé Cossi Sossa, pour situer le cadre de création de l’organisation qui fait aujourd’hui la fierté de l’Afrique. L’ambition était de créer un environnement de sécurité juridique et judiciaire tant aux opérateurs économiques des Etats africains qu’aux investisseurs étrangers. A ce jour, même s’il reste des défis à relever, le bilan laisse déjà des tâches d’huile dans les annales du secteur économique africain. « Au cours des 23 années écoulées, le chemin parcouru peut être estimé assez encourageant », mentionne le secrétaire permanent de l’institution. Pour le président du conseil des ministres en exercice, l’idéal selon lequel, il fallait faire du continent africain une destination de confiance et la nouvelle frontière de la croissance économique pour les investisseurs, n’a pas manqué d’être atteint.

Teddy GANDIGBE  

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11ème Forum national des associations et fondations de France : Les prouesses du Royaume des vierges exposées à Paris

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L’Ong Social Pact sera représentée à la 11è édition du Forum national des associations et fondations de France prévue pour se tenir mercredi, 19 octobre 2016 au Palais des Congrès de Paris. Conçu comme un lieu de réflexion, le Forum National des Associations et Fondations permet aux acteurs du secteur associatif d’échanger, de s’informer et de se former aussi bien sur des problématiques de financement, de gestion, de développement, de communication que de transition digitale. Au cours de ce rendez-vous annuel des dirigeants et responsables du secteur associatif, le Président de l’Ong Social Pact, Kiki Hountin Delano exposera devant plus de soixante (60) partenaires et exposants, deux-cent (200) experts du secteur et près de 5000 visiteurs, les prouesses réalisées avec le Programme d’assistance et de suivi des filles vierges dénommé ‘’Trophées Vierges’’ ou Royaume international des vierges. Un programme initié, selon le promoteur, pour  féliciter, encourager et accompagner les filles qui optent pour la virginité jusqu’au mariage. L’Objectif principal étant donc d’impacter le monde à travers les valeurs et amener les populations des nations  en l’occurrence africaines, à comprendre qu’il n’y pas de paix ni de développement sans la culture des valeurs. « Et depuis 2007, date à laquelle s’est déroulée la première édition, nous sommes passés de 08 Filles à près de 1700 filles décorées et membres du Royaume International des Vierges », fit savoir Kiki Delano. Pour lui, avec ce concept, le Benin pouvait sauver ses filles de la débauche, des grossesses non désirées et se distinguer dans le monde comme une nation exemplaire. Ce rendez-vous annuel de formation, d'information et d'échanges sera marqué de plusieurs conférences, communications et ateliers pratiques sur plusieurs thématiques : Comment faire d’une menace une opportunité dans le secteur associatif, solidarité et numérique, la cybercriminalité en milieu associatif, la gestion d’actifs face aux taux négatifs etc…

Aziz BADAROU

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Le Maire de Cotonou membre du bureau de l’AIMF : Le leadership de Léhady Soglo reconnu par ses pairs

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Léhady Vinagnon Soglo au bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). En effet, c’est grâce à son leadership, ses longues années d’expériences en matière de la gouvernance locale qu’il a été choisi par ses pairs pour faire partie de ce cercle des décideurs de l’espace francophone aux cotés des Maires de plusieurs grandes métropoles telles que Paris, Beyrouth, Bordeaux, Genève, Montréal, Dakar, Libreville, Brazzaville, etc. Cette consécration est intervenue au cours de la 36ème Assemblée Générale de l’Association tenue du 28 au 30 septembre 2016 à Beyrouth au Liban, Ce qui offre d’énormes opportunités non seulement pour la ville de Cotonou mais aussi pour tout le Bénin. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a pesé de tout son poids pour décrocher des financements en faveur des neuf communes de l’UCOZ (Union des Communes du Zou). Il s’agit du Projet de renforcement des structures éducatives dans les neuf communes du Zou. Un projet qui consiste à doter les écoles de chacune de ces communes de nouvelles salles de classes. Le second projet concerne la construction, la programmation et la mise en service du premier centre culturel de rencontre en Afrique. Il vise entre autres la réhabilitation d’un des palais royaux d’Abomey, la construction dans l’enceinte dudit palais  de nouveaux bâtiments nécessaires pour le développement d’une activité d’animation culturelle artistique et touristique.

Fidèle à sa politique de gestion participative, le Maire s’est fait accompagner du   conseiller municipal de Cotonou Christian Yenoussi à ce grand rendez-vous international qui positionne Cotonou dans le concert des grandes métropoles du monde. En marge de ses tête-à-tête avec ses homologues de Montréal M Denis Coderré et de Paris Mme Anne Hidalgo, le Maire Léhady Soglo a eu une importante séance de travail avec des investisseurs libanais. Au cours de cette rencontre initiée par l’homme d’affaires Libanais Saed Chagoury, l’édile de Cotonou a fait une brillante présentation sur les atouts économiques et touristiques de sa ville. Il n’a pas manqué de rassurer ses hôtes de la disponibilité de son Conseil municipal à leur garantir les meilleures conditions pour investir à Cotonou.

L’autre temps fort du séjour de l’autorité municipale de Cotonou à Beyrouth est sa participation à l’Assemblée générale annuelle de l’Association Internationale des Villes pour le Devoir de Mémoire et le Développement (AIVDMD) dont il est le président. Le Maire Léhady Vinagnon Soglo a également eu des échanges fructueux avec son homologue de Beyrouth M. Jamal Itani et le Consul du Bénin au Liban.

Notons que cette 36ème Assemblée générale est placée sous le thème : « Construire la Ville du Vivre Ensemble ». Trois journées de travail qui ont permis aux élus locaux des villes participantes d’échanger sur les solutions à développer pour favoriser le vivre ensemble, encourager le dialogue des cultures et apaiser les relations entre les communautés.

M.M

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Constitutionnalisez le droit à l’eau : Vous avez le soutien de la communauté internationale

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Depuis les années 1960, la planète a commencé par faire face à une crise sans précédent en ce qui concerne la disponibilité de l’eau propre . Cette crise de l’eau s’exprime aujourd’hui sous deux formes : l’épuisement massif des bassins hydrologiques et la contamination sans cesse croissante dont sont l’objet les ressources en eau, qu’elles soient souterraines ou de surface.

En effet, le pompage excessif des eaux souterraines à l’échelle mondiale a plus que doublé entre 1960 et 2000 et constitue la cause d’environ 25% de la hausse du niveau des mers . Selon une étude de la Banque Mondiale, la demande en eau d’ici à 2030 dépassera l’offre de plus de 40% . Parallèlement, les hommes continuent de polluer l’eau et l’on estime que dans les pays du Sud, plus de 90% des eaux usées et 70% des eaux usées industrielles sont déversées dans les eaux de surface sans aucun traitement. Chaque jour, c’est 2 millions de tonnes d’eaux usées qui sont déversées dans les eaux du monde, soit le poids d’environ 6,8 milliards d’êtres humains. La quantité d’eau usée produite annuellement est six fois supérieure à la quantité d’eau contenue dans toutes les rivières du monde . Or aujourd’hui déjà, plus d’un milliard de personnes souffrent d’un manque d’accès durable à l’eau potable et deux milliards et demi n’ont pas un accès approprié à des installations d’hygiène et d’assainissement . Cette situation ne peut pas laisser indifférente la communauté internationale même si les lobbies constituées par les sociétés privées de commercialisation d’eau semblent tout faire pour que le statu quo soit durablement maintenu.

Face à cet état des lieux alarmant concernant l’eau et consciente de la nécessité de ce précieux liquide pour la vie, la santé et la dignité humaine , la communauté internationale a jugé utile de clarifier et de compléter les principaux textes relatifs aux droits de l’homme avec de nouveaux instruments juridiques précisant le droit à l’eau. C’est ainsi qu’en janvier 2003, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (Comité DESC) de l’ONU a jugé nécessaire de sortir l’Observation générale n°15 pour clarifier et préciser la place de ce droit de l’homme dans le dispositif international sur les droits de l’homme. Au plan politique, à travers deux résolutions adoptées en 2010 par  l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la communauté internationale décide de reconnaitre le droit à l’eau. Les Nations unies ont par ailleurs nommé un rapporteur spécial chargé de suivre les efforts des pays concernant la mise en œuvre de ce droit.

Pour internaliser la dynamique internationale en faveur du droit à l’eau, le Bénin a pris en 2010, la loi 2010-44 du 24 novembre 2010 portant gestion de l’eau qui affirme à son article 6 que chaque citoyen béninois a le droit de disposer de l’eau pour ses besoins et les exigences élémentaires de sa vie et de sa dignité. La formulation ne précise pas le contenu que la loi donne à ce droit à l’eau. S’agit-il d’un droit de disposer de l’eau potable pour les besoins de consommation ? Parle-t-on de l’eau pour l’hygiène corporelle ? Doit-on y voir le besoin d’eau pour la petite agriculture puisque pour plusieurs béninois, les exigences élémentaires de la vie passent par la réalisation d’activités agricoles ? S’agit-il de disposer d’eau pour les besoins d’irrigation lorsque l’on voit que le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies inclut les ouvrages d’irrigation  dans les « biens indispensables à la survie de la population » et qu’il faut protéger en cas de conflits armés conformément aux prescriptions du droit international humanitaire ?

Nous voulons ici circonscrire le droit à l’eau à celui de disposer d’eau potable pour les besoins d’alimentation et d’hygiène corporelle car selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ce sont ceux qui affectent le plus, la personne humaine dans sa santé et sa dignité . C’est d’ailleurs cette compréhension que véhiculent les instruments internationaux notamment l’Observation générale n°15 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Le contenu du droit à l’eau retenu par le Comité et approuvé par plusieurs experts tourne autour de quatre points que sont : la disponibilité, la qualité et l’accessibilité.

Mais comme évoqué plus haut, s’il est vrai que le Bénin aborde la question du droit à l’eau dans une loi qui soit dit en passant est plutôt consacrée à la gestion des ressources en eau, les formulations laconiques ne permettent pas de mesurer le contenu de ce droit, ce qui peut en limiter la mise en œuvre. Il y a lieu aujourd’hui d’inscrire le droit à l’eau, reconnu comme un droit de l’homme, dans la constitution au même titre que le droit à un environnement sain, le droit à l’éducation, le droit au développement, et de prendre des mesures législatives appropriées pour donner un contenu, fut-il béninois, à ce droit.

La situation au plan mondial est alarmante mais le Bénin dispose encore de réserves d’eau qui lui permettent d’assurer le droit à l’eau à ses citoyens. Une volonté politique exprimée de manière forte à travers la constitution permettra au pays de bénéficier de l’accompagnement de la communauté internationale tel que recommandé par l’Observation générale n°15 du Comité DESC. Une révision constitutionnelle n’intervient pas tous les jours et il est à espérer que notre pays saisisse cette belle occasion pour se mettre dans le peloton de tête en matière de promotion des droits de l’homme en Afrique à l’instar des pays comme l’Afrique du Sud ou le Burkina Faso qui ont déjà constitutionnalisé le droit à l’eau.

Sègla LIHOUSSOU, Juriste,
Expert Décentralisation et Eau à l’ANCB

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