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Société

Fin de la 33ème réunion annuelle du Rpca/Sahel et Afrique de l’Ouest : D’importantes recommandations pour vaincre la faim et la malnutrition

securite-alimentaire

(La Gambie accueille la 34ème réunion, du 3 au 5 décembre 2018)
La 33ème réunion annuelle du Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (Rpca) en Afrique de l’ouest et dans la zone Sahel a pris fin hier, mercredi à Golden Tulip hôtel à Cotonou. Ouvertes lundi 4 décembre, à la faveur de la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, ces assises d’experts de haut niveau ont été clôturées par le représentant du gouvernement béninois, Me Rufino d’Almeida, Directeur de cabinet du ministère du Développement et président local du comité d’organisation. C’était en présence du Président du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest (Csao), François-Xavier de Donnea ; du ministre de l’Agriculture du Mali, ministre coordonnateur du Cilss, Dr Nango Dembélé ; du porte-parole « Agir » de la société civile et du secteur privé, Djibo Bagna ; du représentant du président de la Commission de la Cedeao et de l’Uemoa puis du représentant des Partenaires techniques et financiers. Pour le représentant du gouvernement béninois, au regard de la qualité des travaux faits d’’échanges et de contributions enrichissants, le  Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), ne s’est pas trompé en organisant cette rencontre. Tout en exprimant la reconnaissance du gouvernement et de son chef aux participants, Me Rufino d’Almeida a souhaité que les recommandations servent de sources d’inspiration aux différents gouvernements dans l’élaboration de politiques publiques. Le président du Csao va ensuite exprimer sa gratitude au gouvernement du Bénin pour les facilités dont les  participants ont bénéficié durant le séjour. Après Cotonou, les regards sont désormais tournés vers la Gambie pour l’édition 2018 de la réunion, prévue du 3 au 5 décembre.

Il faut souligner que la réunion de Cotonou a été sanctionnée par d’importantes recommandations contenues dans un relevé des conclusions, lu par le Directeur de l’Agriculture/Uemoa, SeyniHamadou.  Voici l’intégralité dudit relevé des conclusions.

Relevé des conclusions de la 33ème réunion annuelle du Rpca

1- Accueillie par la République du Bénin et sous le haut patronage des Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, la 33e réunion annuelle du Réseau a réuni près de 300 participants, représentants de gouvernements sahéliens et ouest-africains, parlementaires et élus locaux, organisations intergouvernementales (OIG), de la société civile et du secteur privé, partenaires techniques et financiers, médias, etc. Elle a examiné les résultats de la campagne agropastorale 2017-18 et analysé la situation alimentaire et nutritionnelle. Les participants ont eu l’occasion de débattre et d’échanger leurs expériences sur les approches innovantes et territoriales de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ils ont également fait le point sur la mise en œuvre, les enseignements et les bonnes pratiques de l’Alliance globale pour la résilience (AGIR), la deuxième évaluation externe de la Charte pour la prévention et la gestion des crises alimentaires (Charte PREGEC) et la mise en œuvre de la stratégie de communication du RPCA.
 

2- La campagne agropastorale a été mitigée, marquée notamment par une fin de saison pluvieuse difficile, lourde de conséquences pour les cultures, le fourrage et les disponibilités en eau pour le bétail. La production céréalière globale est estimée à 68.3 millions de tonnes, supérieure de 4 % à celle de la dernière campagne et de 13 % à la moyenne quinquennale. Cependant, des baisses sensibles sont observées dans plusieurs pays par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, notamment au Cabo Verde ; la situation critique dans ce pays mérite une attention particulière. L’alimentation du bétail est préoccupante en Mauritanie, au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, où une soudure pastorale précoce et très difficile est attendue.

3- Au regard de la situation alimentaire et nutritionnelle, 5.2 millions de personnes sont en besoin d’assistance alimentaire. Ce chiffre pourrait atteindre 9.6 millions de personnes d’ici la soudure en juin-août 2018, si des mesures appropriées ne sont pas prises, en particulier pour faire face à la crise pastorale qui se profile. Même si la situation s’est relativement améliorée dans le bassin du lac Tchad, l’urgence alimentaire y prévaut toujours. La prévalence de la malnutrition aigüe globale dépasse le seuil d’urgence de 15% dans certaines régions de la Mauritanie, du Mali, du Tchad et du nord-est du Nigéria. La situation pourrait s’aggraver du fait de l’inflation et de ses conséquences sur l’accès alimentaire ; en particulier au Ghana, au Libéria et Nigéria dont les monnaies ont été dépréciées.

4- Dans ce contexte, les membres du Réseau recommandent :
  1) le maintien de la veille et de l’effort d’assistance alimentaire et nutritionnelle aux populations affectées dans la zone du bassin du lac Tchad, y compris des actions structurantes de réhabilitation ;
  2) l’organisation, au plus tard en février 2018, d’une concertation régionale sur la soudure pastorale et agropastorale afin d’évaluer l’ampleur de la crise pastorale et de définir des plans de réponse appropriés, y compris l’accélération de la mise en œuvre de la composante ‘aliment-bétail’ de la réserve régionale de sécurité alimentaire et la préparation du départ anticipé des animaux pour la transhumance transfrontalière ;
  3) l’accélération de la vulgarisation des instruments d’évaluation des ressources pastorales et le renforcement des indicateurs de vulnérabilité pastorale dans les analyses du Cadre harmonisé ;
   4) l’investissement des gouvernements dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des plans de réponse ;
   5) le renforcement des mesures de prévention et de gestion des maladies ravageuses des plantes, en particulier la chenille légionnaire. Au regard de la situation alimentaire et nutritionnelle critique au Cabo Verde (Cap-Vert), le Réseau appelle la communauté internationale à soutenir les efforts déployés par le pays dans la mise en œuvre de son plan de réponse.

5- Les participants recommandent aux gouvernements et à leurs partenaires de soutenir la mise en œuvre d’une gouvernance locale inclusive de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, fondée sur le dialogue et l’initiative des acteurs locaux, ruraux comme urbains. Ils soulignent l’importance d’une approche territoriale de l’économie alimentaire afin d’en optimiser les potentiels en termes de croissance et d’emplois. L’économie alimentaire pèse au moins 260 milliards de dollars, soit 39 % du PIB régional et fait vivre 82 millions de personnes, soit 66 % des emplois directs. Les membres du Réseau invitent les États et leurs OIG, à investir dans la durée, dans des politiques volontaristes de développement et de renforcement des chaînes de valeur agro-alimentaires, en particulier les segments faibles ou manquants de la transformation agro-alimentaire et de la distribution. Ils insistent sur la nécessité de positionner l’économie alimentaire au cœur des stratégies nationales, régionales et internationales de création d’emplois, en particulier l’emploi des jeunes et des femmes ; y compris dans les initiatives de stabilisation et de développement du Sahel.

6- La deuxième évaluation de la Charte PREGEC est sur le point de livrer ses conclusions. Tout en soulignant l’importance de la revue externe, les membres du Réseau insistent sur la nécessité d’une meilleure prise en compte du genre et d’un renforcement des mécanismes de suivi-évaluation et d’interpellation. Ils se félicitent de l’état de mise en œuvre de la stratégie de communication du RPCA, notamment le prochain lancement de la plateforme d’information interactive sur les analyses du Cadre harmonisé, la cartographie des interventions et les bonnes pratiques de sécurité alimentaire, nutritionnelle et de résilience.

7- Les membres du RPCA saluent la pertinence de la mutuelle panafricaine de gestion des risques (African Risk Capacity - ARC) en tant qu’outil permettant aux États de faire face à certains chocs liés aux aléas climatiques. Ils insistent sur la nécessité d’assurer une meilleure cohérence et complémentarité de cet instrument avec ceux développés dans la région par le Réseau. À cet effet, ils encouragent le renforcement de la coopération entre l'ARC et le Réseau. Les membres du Réseau soulignent par ailleurs la nécessité d’engager la réflexion sur la recherche de synergies des systèmes d’alerte précoce, y compris celles relatives à la sécurité.

8- Cinq années après le lancement de l’Alliance globale pour la résilience (AGIR), des efforts d’investissement dans la mise en œuvre des « Priorités résilience pays » (PRP-AGIR) sont perceptibles. Par ailleurs, l’impulsion de l’Alliance a positivement influencé l’intégration de la dimension résilience dans la formulation de nouvelles politiques. Enfin, un travail de capitalisation de bonnes pratiques de résilience est en cours afin de faciliter l’apprentissage mutuel. Tout en saluant ces acquis, les parties prenantes insistent sur l’urgence d’accélérer la mise en place des instruments de suivi-évaluation de la table de résultats de l’Alliance.

9-Le 5e anniversaire d'AGIR intervient dans un contexte particulier de questionnements quant à la place réelle des enjeux alimentaires, nutritionnels et de résilience dans les priorités des États, de leurs OIG et de leurs partenaires. La cristallisation autour des défis migratoires et sécuritaires, ainsi que la multiplication d’initiatives non coordonnées et non alignées, constituent autant de risques pour la réalisation de l’ambition « Faim zéro » à l’horizon 2035 dont s’est dotée la région. Les parties prenantes de l’Alliance réaffirment l’urgence de replacer les enjeux alimentaires et nutritionnels et les enjeux d'emplois au cœur des agendas de développement. Ils rappellent à ce sujet que les problématiques alimentaires constituent un pan central des réponses aux défis sécuritaires et migratoires. Ils recommandent la désignation par la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS, d’un leader politique de haut rang « Champion de la cause alimentaire et nutritionnelle » afin d’assurer, avec le soutien du Président du CSAO et du Groupe des organisations de la société civile et du secteur privé, l’indispensable lobbying en faveur de cette cause. En ligne avec la déclaration de Milan en 2015, les membres du Réseau exhortent, une fois de plus, l’ensemble des parties prenantes à mieux coordonner leurs interventions et à les aligner sur les priorités de la région. À ce sujet, ils appellent les États et leurs OIG à assumer pleinement leurs missions régaliennes de garant de la coordination et de l’alignement à travers la mise en place de cadres appropriés de dialogue. Ce devoir de responsabilité passe également par la mise en place de mécanismes opérationnels de redevabilité des résultats pour assurer l’efficacité des nombreux politiques et programmes dont regorge la région.

10- Les membres du Réseau conviennent que la 34e réunion annuelle aura lieu les 3-5 décembre 2018 à Banjul, en Gambie.

Cotonou, le 6 décembre 2017
Les participants à la 33e réunion annuelle du RPCA

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Conférence sur Pastoralisme et stabilité en Afrique : Evaluer le PASSHA en terme d’approche Spc

PASSHA

Plusieurs acteurs venus de certains pays de l’Afrique se penchent depuis hier mercredi 6 décembre 2017, à Cotonou, sur les résultats en terme de développement d’outils et de méthodes opérationnelles du Projet d’appui au pastoralisme et à la stabilité dans le Sahel et la corne de l’Afrique (PASSHA). C’est à la faveur d’une rencontre intitulée « conférence sur l’approche opérationnelle de la sensibilité et la prévention des conflits (Spc) en zone pastorale », qui se tient à Azalaï hôtel, et ce jusqu’au 8 décembre.  

C’est depuis 2016 que le PASSHA (Pastoralisme and Stability In the Sahel and Horn of Africa) soutient le “Projet régional d'appui à la résilience des modes de vie pastoraux dans la corne de l'Afrique" (RPLRP) et le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), dans leur compréhension et prise en compte des aspects de sensibilité et de prévention des conflits. Après bientôt deux ans, le PASSHA a atteint son premier objectif de court terme qui était de développer une approche opérationnelle : une boîte à outils permettant d’assurer qu’une intervention, c’est-à-dire un projet ou un programme en zone pastorale sahélienne prenne en compte la sensibilité et la prévention des conflits et renforce la stabilité voire la cohésion sociale durant ses phases de planification, d’exécution et d’évaluation. En effet, la boîte à outils a été développée de manière progressive en concertation avec les équipes qui ont été formées de novembre 2016 à octobre 2017 à son utilisation. Aussi, le  PASSHA a-t-il largement initié des outils institutionnels d’analyse de risque de conflit (évaluation, gestion et communication) à travers des études et des appuis techniques spécifiques.   Au cours de la conférence, il s’agit entre autres, de présenter les documents principaux de l’approche opérationnelle Spc, à savoir la liste de vérification, le guide pratique général, les guides techniques en cours de réalisationet de voir comment ils intègrent l’analyse des aspects environnementaux, économiques et sociaux. La finalité de tout ceci est que les partenaires techniques et financiers puissent s’approprier ces outils développés et les soutenir, en vue d’une 2ème phase du projet. Une 2ème phase indispensable pour le reste du processus. Et c’est ce que semble affirmer  dans son mot de bienvenue à l’ouverture des travaux, le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr DjiméAdoum : « Comme vous le savez, l’œuvre n’est pas achevée. C’est un travail de longue haleine qui, pour résister à l’épreuve du temps, doit pouvoir s’adapter au contexte mouvant et évolutif que nous vivons. Nous savons pouvoir compter sur les uns et les autres, les pays et les partenaires, pour poursuivre cette œuvre commune ». Le pastoralisme est l’une des activités économiques les plus développées au Sahel, et de loin la plus importante en bordure du Sahara. On estime à 20 millions le nombre de personnes vivant du pastoralisme au Sahel. Cependant, cette activité est confrontée à des risques de crise et de conflits cycliques. Et pour les surmonter, le ministre béninois en charge de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui a insisté sur les partenariats, la promotion des bonnes pratiques en matière de conflits en zone pastorale. « Nous serons très attentifs aux conclusions de vos travaux qui nous permettront de disposer d’outils consensuels, appropriés et pertinents en matière de prévention de crises liés au pastoralisme », a-t-il lancé pour finir, aux participants. D’un montant de 1 250 000 Usd dollars, le PASSHA a été lancée après la signature, le 29 janvier 2016 de la convention de financement CILSS/Banque mondiale. De durée un an (2016-2017), il couvre les pays comme le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Kénya, le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Ouganda, le Sénégal et le Tchad. Il faut signaler que le PASSHA est mis en œuvre par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), dans la région sahélienne en appui au PRAPS, et par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), dans la corne de l’Afrique (Ethiopie, le Kenya et l’Ouganda), en appui au RPLRP.  
 

J.B

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Existence d’un présumé marché d’esclaves près de Tripoli : Les clarifications de l’ambassade de Libye au Bénin

Esclavage-Lybie

Les autorités libyennes ne comptent pas croire au contenu du documentaire diffusé par la télévision américaine Cnn sur le présumé marché d’esclaves  entretenu près de Tripoli sans se poser des questions. L’ambassade de Libye près le Bénin a réagi le mardi 05 décembre 2017 à la faveur d’une conférence de presse à Cotonou. « Le documentaire dont il est question  ne reflète ni la position  officielle de l’Etat libyen ni celle de son peuple. Les Libyens sont très fâchés contre cet enregistrement qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de leur société et rejette en bloc la traite des noirs et l’esclavage», a déclaré le Chargé d’Affaires Busheha Busheha. Il sera davantage précis: «La Libye affirme qu’elle n’est pas responsable de l’existence de migrants clandestins qui sont détenus par les bandes armées et les organisations  terroristes disséminées un peu partout dans le désert qui cherchent à attirer les pauvres migrants en leur promettant de l’argent et du voyage en Europe». Selon lui, le gouvernement libyen vérifiera les informations contenues dans le documentaire et « prendra des sanctions sévères». Il indiquera que « la Libye condamne l’appel à l’attaque et l’état de siège des ambassades libyennes en Afrique et rappelle que ses ambassades jouissent de l’immunité diplomatique». Pour Busheha Busheha, la Libye est victime des problèmes liés à l’immigration ; immigration qui reste pour l’Etat libyen un fardeau  en termes de perte en nourriture, en médicaments et autres dans les camps d’hébergement. «Nous sommes surpris par les réactions au moment où rien ne prouve la véracité du contenu de cet enregistrement, dans la mesure où par le passé, plusieurs enregistrements retentissants ont été réalisés à de différentes occasions et il s’est avéré que les allégations n’étaient pas fondées. Les conséquences de ces allégations étaient désastreuses et ont même conduit à l’intervention militaire», a-t-il déploré. Et de rappeler : « La Libye a une histoire particulière et séculaire dans les relations avec l’Afrique car elle fut le pionnier en matière de défense des intérêts de l’Afrique. Les Africains vivant en Libye depuis des décennies n’ont jamais connu de pareilles difficultés hormis quelques incidents isolés qui sont courants dans tous les pays du monde y compris les pays développés. Ils travaillent en toute liberté dans les marchés, les boutiques et mènent tranquillement  leurs activités artisanales». Il a par ailleurs qualifié de «rumeurs» les histoires racontées par certains migrants sur la Libye à leur retour dans leur pays. « Le migrant invente des histoires pour convaincre la presse et échapper aux sanctions qui l’attendent», a-t-il martelé. A en croire Busheha Busheha, « la Libye est un pays de transit et non un pays de provenance des migrants». « Il revient, a-t-il conclu, aux pays d’où proviennent les migrants de garantir une vie meilleure à leurs citoyens et de renforcer la démocratie dans leur pays pour éviter à leurs citoyens de quitter leurs pays à la recherche d’une vie meilleure et de la démocratie chez les autres… La question  de l’immigration ne saurait être gérée par la seule Libye».

A.S

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Défis alimentaires et nutritionnels dans la région Sahel et Afrique de l’ouest : Des résolutions concrètes attendues aux assises de Cotonou

Csao-Ocde

« Les approches innovantes et territoriales de sécurité alimentaire et nutritionnelle ».  C’est autour de ce thème que s’est ouvert l’édition 2017 de la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, ce lundi 4 décembre au Golden Tulip hôtel de Cotonou. Plus de 300  participants, représentants de gouvernement, Partenaires techniques et financiers, représentants d’organisations paysannes et de la société civile prennent part à cette rencontre annuelle organisée par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) et le Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest (Csao/Ocde).

Placée sous le patronage de la Cedeao et de l’Uemoa, la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’ouest, se tient au même moment que la 33ème réunion annuelle du Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (Rpca). Elle permettra aux participants de faire le point sur la situation alimentaire et nutrionnelle, le bilan des plans nationaux de réponse, formuler des recommandations sur la base desquelles des décisions efficaces seront prises. Pour le représentant des Ptf, Philippe Thomas, à la cérémonie d’ouverture, l’on ne doit perdre de vue que les contextes ont changé, les défis aussi. Mais il va falloir s’adapter.  « S’adapter, c’est avant tout regarder en face les défis et être capables de faire un bilan sans concession de nos insuffisances et nos échecs et d’exploiter les réels succès », a-t-il laissé entendre.  Parlant de contexte et de défis, Philippe Thomasa peint un tableau pas reluisant : « Après plus d'une décennie de déclin constant, la faim augmente pour la première fois affectant, dans le monde, 815 millions de personnes en 2016. Plus que jamais sont observés de grands mouvements de populations mues par le besoin de fuir leur situation précaire et l’espoir de trouver ailleurs un avenir meilleur. L'Afrique est le continent le plus affecté : trois des quatre crises alimentaires majeures de 2017 sont en Afrique. Plus de 62 millions d'Africains ont besoin d'une aide alimentaire pour survivre. Plusieurs centaines de millions de personnes restent chroniquement sous-alimentées ». Et il poursuit : «  En Afrique, en 2016, le retard de croissance, la malnutrition chronique (stunting en anglais) était estimé à 31 % soit environ  59  millions d'enfants de moins de 5 ans (….) L'Afrique est même le seul continent du monde où numériquement le nombre d'enfants ayant un retard de croissance a augmenté. Et l'Afrique de l'Ouest, à elleseule, représente la moitié de cette augmentation.  Toujours selon Philippe Thomas de l’Union européenne, « en 2016, dans la région, il y avait 4 millions d'enfants en retard de croissance de plus qu'en 2000.  4 millions de plus de la jeunesse africaine, dont l’avenir est menacé par cette crise nutritionnelle affectant notamment leurs capacités cognitives (…) dans le Sahel, chaque année, plus de 3 millions d'enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère risquent de mourir s’ils ne reçoivent pas d’urgence un traitement approprié ».

La situation vue par le dispositif du Pregec

A la suite du représentant de l’Union européenne, le ministre de l’Agriculture du Mali et ministre Coordonnateur du Cilss, Dr Nango Dembélé a exposé les résultats prévisionnels du dispositif de prévention et de gestion des crises (Pregec) quant aux productions agricoles 2017-18 et la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel ainsi qu’en Afrique de l’Ouest.  Il ressort de ces travaux, que sur le plan agricole, en dépit des excédents de productions qui pourraient se dégager aussi bien pour les cultures vivrières que les cultures de rente et industrielles, il y a le Cap Vert qui traverse une sécheresse ayant affecté les capacités productives des populations les plus démunies. A cela vient s’ajouter l’apparition de la chenille légionnaire dont la présence a été signalée dans la plupart des pays. « La grande capacité d’adaptation de l’espèce et surtout sa nuisibilité pour les cultures constituent une menace sérieuse pour nos productions agricoles futures », alerte Dr Dembélé.   Dans la même veine, il signale que sur le plan pastoral, la région serait en passe de connaître des conditions d’alimentation et d’abreuvement du bétail, très difficiles, en raison de la baisse drastique des productions fourragères enregistrées dans la zone pastorale du Sahel et particulièrement en Mauritanie où des départs massifs des éleveurs transhumants en direction des zones d’accueil du Sénégal et du Mali sont enregistrés. « S’agissant de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région, les analyses nationales avec le Cadre Harmonisé, notre outil commun, révèlent que plus 5,2 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire et humanitaire immédiate. Cette situation est liée en grande partie à l’insécurité civile qui sévit dans la région du Lac au Tchad, le Nord-Est du Nigeria, l’Est du Niger, au Nord et au Centre du Mali et dans la boucle du Liptako-Gourma où on dénombre près de 2,8 millions de personnes déplacées et réfugiées », précise le ministre coordinateur du Cilss.  

Il urge d’agir…

Face à ce constat sombre, beaucoup de propositions ont été faites au cours des travaux de cette première journée essentiellement consacrée à la situation agricole, alimentaire et nutritionnelle dans la région. Pour Marcel de Souza, président de la commission de l’Uemoa, il faut aller au pragmatisme. Des solutions durables, à cout, moyen et long termes doivent être trouvées pour prévenir d’éventuelles crises alimentaires et faire face à la résilience. Si certains participants ont insisté sur la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des Plans de nationaux de réponse dans une approche régionale, d’autres ont évoqué la collecte de données fiables et de qualité pour mieux suivre les produits ainsi que leurs coûts sur le marché. Parvenir à une réelle transformation des produits agricole pour une économie alimentaire, c’est l’autre piste importante préconisée surtout pour employer plus de jeunes et de femmes. « Je le dis parce qu’une étude du Secrétariat du Club qui sera présentée ici nous rappelle que les femmes représentent plus de 70 % des emplois dans le commerce alimentaire, plus de 80 % dans la transformation pour la consommation humaine, près de 90 % dans la restauration. Autrement dit, si nous voulons dynamiser les filières agroalimentaires pour créer plus d’emplois et de croissance, il faut mettre les femmes au cœur des politiques », a martelé François-Xavier  de Donnea,président du Club du Sahel et de l‘Afrique de l’ouest (Csao).

L’on s’est aussi accordé sur le fait que le Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (Rpca), cet outil commun de prévention, vieux de 33 ans doit être dynamisé. Les Ptf doivent également faire l’effort de s’aligner sur les sur politiques nationales ou les plans de réponses des Etats.  Des mécanismes ou réponses qui marchent dans certains pays comme le Burkina Faso ont été partagés aux cours des discussions. Il faut dire qu’au terme de la cérémonie d’ouverture, les officiels ont procédé à la signature du cadre de dialogue permanent au sein de la plateforme Csao. Le ministre d’Etat en charge du Plan et du développement du Bénin, Abdoulaye Bio Tchané qui a procédé à l’ouverture officielle des travaux, a exhorté les participants à créer l’espoir au sein des populations de la région, au terme des réflexions.  Les travaux se poursuivent jusqu’au 8 décembre prochain.

JB

Le Bénin et la sécurité alimentaire

C’est le ministre de l’agriculture Gaston Dossouhoui qui, dans son discours à l’ouverture, a fait l’état des lieux des mécanismes mis en place par le gouvernement « pour assurer de façon durable la souveraineté alimentaire, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et contribuer au développement économique et social des hommes et des femmes du Bénin pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). Il a énuméré entre autres programmes et plans stratégiques. « Le Bénin a fait des avancées dans la lutte contre l’insécurité alimentaire durant ces dernières années. Selon les résultats de l’évaluation conjointe Fao-Fida-Pam sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, édition 2014, le Bénin fait des progrès considérables entre 1990 et 2014 avec la part de la sous-alimentation dans la population totale qui est passée de 28% en 1992 à 7,5% entre 2014 et 2015 ». Cependant, dira-t-elle « malgré ces performances, le Bénin reste classé parmi les nations du monde où le niveau de prévalence de la faim est encore préoccupant ». Et d’ajouter : «  L’analyse de l’insécurité alimentaire de toutes les communes du Bénin par l’étude CRAD en 2013, indique que 30 des 77 communes du Bénin sont en phase d’insécurité  alimentaire critique. Aussi, la situation de malnutrition au Bénin reste-elle préoccupante et se pose avec acuité surtout en milieu rural qu’en milieu urbain ». Le ministre béninois de l’agriculture se dit conscient que beaucoup reste à faire car, « Un enfant sur trois au Bénin continue de souffrir d’un retard de croissance dû à la malnutrition ». Pour Gaston Dossouhoui, ce tableau n’est pas très différent dans beaucoup d’autres pays. Mais le Bénin n’est pas resté les bras croisés. L’option du nouveau programme des cantines scolaires faite par le gouvernement depuis la rentrée 2017-2018 va dans le sens d’inverser les donnes, dira le ministre d’Etat Bio Tchané au nom du président de la République, Patrice Talon.

Quant au ministre de l’agriculture, pour finir, les Etats doivent consacrer plus de ressources aux questions de sécurité alimentaire et de malnutrition dans un contexte marqué par la résurgence des crises sécuritaires et migratoires.  

JB

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Le marché aux esclaves en Libye : Un crime contre l’humanité qui questionne la responsabilité des élites africaines

Victor-Topanou

Ce crime contre l’humanité qui se déroule sous nos yeux nous rappelle brusquement les heures sombres de l’histoire de l’humanité durant lesquelles les Noirs, après les Amérindiens, ont étémarchandisés avec la caution morale de l’Eglise catholique. En effet, c’est la controverse de Valladolid de 1550,organisée par et sous les hospices de l’Eglise catholique sous les pontificats des Papes Paul III et Jules III,qui a officiellement lancé cette marchandisation en concluantque le Noir, à l’opposé de l’Amérindien, n’avait pas d’âme et que dès lors, il pouvait être vendu aux enchères puis transporté loin de chez lui, dans des conditions inhumaines, comme des bêtes de somme pour accomplir les tâches que les hommes dotés d’une âme, ne pouvaient et ne devaient accomplir. Durand toute la période qu’a duré cette traite, le Noir n’avait plus qu’un prix, bien dérisoire, celui fixé par son propriétaire.

Alors que l’on pensait que cette période était définitivement révolue, que la conscience humaine avait considérablement progressé et que la sacralisation, voire la sacralité de la vie humaine, de toute vie humaine, était irréversiblement consacrée, la découverte de ce crime vient rappelerqu’en la matière, rien n’est définitivement acquis et que la veille citoyenne ainsi que le devoir de mémoire doivent être permanents, voire perpétuels. On comprend alors la vague d’indignation légitimeque cette découverte suscite à travers tous les continents. Mais il convient, au-delà de l’indignation et de l’émotion, de s’interroger sur la responsabilité, voire la culpabilitédes élites africaines dans la récurrence pour ne pas dire dans la permanence de ce phénomène.Cette responsabilité-culpabilité se mesure à l’aune de ce que ces élites, essentiellement politiques et secondairement intellectuelles auraient dû faire et qu’elles n’ont pas fait. Il s’agit pour l’essentiel du devoir de mémoire et de la bonne gouvernance.

En ce qui concerne, le devoir de mémoire, il a deux volets, le premier, les espaces de mémoire collective et le second, la transmission aux générations futures de notre héritage. En effet, il est à noter, pour le regretter, que les Africains sont très peu portés sur le travail de mémoire coll ective.Il n’existe pas de journée consacrée à l’esclavage et à son abolition, ni au Bénin ni dans la plupart des pays africains tandis que l’Union Africaine, pour sa part, n’en fait qu’une mention marginale dans ses activités. Alors que dans le même temps,la liste des fêtes légales est truffée de fêtes chrétiennes.Il n’existe pas non plus, ou trop peu,de places de souvenir de cette période difficile de notre histoire. La route des esclaves à Ouidah au Bénin ainsi que la maison des esclaves à l’Ile de Gorée au Sénégal sont dans un état de dégradation avancée pour ne pas dire dans un piteux état, indigne d’un travail de mémoire.Et les meilleurs musées consacrés à l’esclavagesont en Europe et aux Etats-Unis, c’est-à-dire en dehors du continent africain et non en dedans.Ceux, très peu nombreux qui sont sur le continentsont à la limite du ridicule.De même, il n’existe pas, ou trop peu, d’enseignements sur l’esclavage dans le cursus scolaire et universitaire des pays africains. En dehors des départements d’histoire des Universités, l’histoire de l’esclavage n’est enseignée au Bénin, par exemple,que de façon superficielle en classe de quatrième. De sorte que les jeunes cadres africains n’en ont qu’un souvenir trop lointain et à la limite trop approximatif ; trop peu savent à quoi renvoie la controverse de Valladolid par exemple.

En ce qui concerne la bonne gouvernance, elle a également deux volets, le premier la gestion quotidienne de la cité et le second, le développement technologique de nos sociétés. En effet, tout le monde est unanime pour reconnaître que c’est la mauvaise gouvernance des pays africains qui pousse nos concitoyens dans le désespoir au point d’expliquer si ce n’est de justifier leurs aventures ou plutôt leurs mésaventures. Au lieu de prendre nos Etats pour des gâteaux à parts multiples et infinies auxquels il faut absolument accéder pour prendre sa part, les élites politiques gagneraient à les considérer comme des moyens pour améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens. Il est inacceptable que pendant que de jeunes citoyens africainsvont à la recherche de l’eldorado au péril de leur vie, leurs dirigeants soient traînés devant les tribunaux en Europe pour accumulation illicite de biens meubles et immeubles, de corruption et autres. De même, il convient de rappeler que seul le développement technologique détermine les rapports de force entre les Peuples et que malheureusement  le retard technologique que l’Afrique a accusé depuis le XVIe siècle ne cesse de  s’accentuer depuis plus de cinq siècles.  Pendant que nous en sommes encore à  fabriquer nos pirogues à l’identique de ce  que faisaient nos aïeuls du XVIe siècle, les autres sociétés en sont à construire les plus beaux navires, les plus beaux avions et les plus belles voitures. Et alors qu’elles  ont fini de construire leur sol et leur sous-sol et qu’elles ont entamé la construction  de l’espace, la plupart de nos pays n’ont même pas fini de bitumer entièrement une seule ville. Pire, nous sommes encore obligés d’attendre qu’ils viennent avec leurs technologies pour nous aider à extraire nos  richesses du sous-sol.

Seules les élites politiques et intellectuelles peuvent sortir l’Afrique de cette situation ; elles seules détiennent la clé à ses problèmes.C’est elles qui ont depuis, manqué à leurs obligations. C’est pourquoi si l’on peut se satisfaire de vagues d’indignation et de marches de protestation dans les rues de Paris, de Bamako ou d’ailleurs de la part des organisations de la société civile ainsi que des individus ordinaires, l’on est en droit d’attendre plus de nos gouvernants, eux qui ont principalement la charge de nous protéger, de nous sécuriser et de nous prémunir de tels actes. Nous attendons de nos gouvernants dans le court terme, d’une part, qu’ils enclenchent effectivement les procédures de saisine de la Cour Pénale  Internationale et bien d’autres Cours encore et, d’autre part, qu’ils se donnent les moyens politiques, diplomatiques, voire militaires, d’aller chercher par toutes les voies possibles, le reste de nos frères et sœurs restés sur ce vil marché aux esclaves libyen.Il y va de la dignité de l’homme Noir. Macky Sall, Alassane D. Ouattara, Patrice Talon, Paul Kagamé, Jacob Zuma et les autres ont là une occasion de montrer qu’ils ne se préoccupent pas que de la jouissance matérielle, financière et symbolique du pouvoir politique maisqu’ils se préoccupent tout autant sinon plus de la dignité de l’homme Noir. Dans le moyen terme, nous attendons denos élites politiques et intellectuelles, qu’elles améliorent la gouvernance de nos pays et fassent un vrai travail de valorisation de notre mémoire collective. Et dans le long terme, il leur revient de travailler à la réduction de notre retard technologique. Edem Kodjo ne disait-il pas que « la volonté politique a toujours précédé dans l’histoire la réalisation des grandes œuvres politiques, sociales et économiques ?Profitons donc de cette vague d’indignation pour allumer et entretenir, le plus longtemps possible, la flamme de la volonté politique dans nos pays.

Par Topanou Prudent Victor, Maître de conférences de Sciences politiques
Université d’Abomey-Calavi.
Ancien garde des Sceaux du Bénin.

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Sommet Mondial de l'Entrepreneuriat : L’Ambassadeur Lucy Tamlyn échange avec les deux Béninois retenus

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L’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin, Madame Lucy Tamlyn a reçu en son cabinet  les  deux jeunes Béninois retenus dans le cadre du 8ème Sommet Mondial de l’Entrepreneuriat 2017 à Hyderabad en Inde, du 28 au 30 novembre 2017. L’Ambassadeur Tamlyn a tenu à féliciter personnellement M. Kwame Senou et Dr. Fohla Mouftaou pour leurs réalisations et pour l’opportunité qu’ils ont de représenter leur pays à ce sommet organisé conjointement par les États-Unis d'Amérique et la République de l'Inde. Les deux jeunes entrepreneurs reçus par Lucy Tamlyn avant leur départ pour l’Inde.

Le Département d’Etat a sélectionné les deux jeunes Béninois au terme d’un processus hautement compétitif. Ils feront partie des mille cinq cent entrepreneurs et investisseurs sélectionnés de par le monde. M. Kwame Senou est le Fondateur de Kundi Africa Corp. Il s’agit  d’une firme de services professionnels, et il est l’un des dirigeants de la société Harmonies, la plus grande agence de communication en Afrique francophone.  Quant à Folha Mouftaou, il est pédiatre de formation et est co-fondateur de l’entreprise Green Keepers Africa (GKA). C’est la première bio-raffinerie du continent africain, qui transforme la jacinthe d’eau en produits dont les applications sont aussi différentes que les tests de bioremédiation des sols contaminés par les hydrocarbures, qu’elle a commencés à commercialiser en 2016, ou la fabrication de serviettes hygiéniques, le projet qu’elle est actuellement en train de développer.

Le sommet GES 2017 regroupe  des entrepreneurs, des investisseurs, et des acteurs de l'écosystème reflétant une diversité d’âge, de genre, de géographie, d'industrie et d'expertise. Le Sommet créera un environnement qui permettra aux innovateurs d'amener leurs idées au niveau supérieur. Cet événement extraordinaire permettra aux participants d’acquérir des compétences et des relations importantes pour mieux réussir dans leurs entreprises.

Source : Amb/Usa Cotonou

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Esclavage des noirs en Libye : Persistance d'une négrophobie outrageante

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De quelle colère ne devaient point bouillonner les cœurs africanistes à ces lugubres vidéos de vente aux enchères des noirs par des africains en Afrique?

Avec quelle rage Claudy Siar  ne devrait-il pas interpeller les vrais africains face à cette bestialité des plus ignobles ?
"On vend des migrants noirs en Lybie comme esclaves et il n'y a personne qui parle." Alerta t-il.

En effet, la négrophobie congénitale et le mépris historique de l'homme noir - pas entré dans l'histoire, disait Sarkozy à Dakar - sont assez dévalorisants et outrageants à la conscience de l'humanité. Disons-le haut et fort, le "commerce" dont sont victimes les migrants subsahariens, capturés et dépouillés de tout alors que, cherchant à rejoindre le continent européen pour y trouver une vie meilleure et plus sécurisée est un échec planétaire et collectif. L'UE, la France, la Grande Bretagne et les "dirigeants" africains ont tous exprimé leur "ferme réprobation". Une situation ubuesque où les principaux responsables paraissent les plus "attristés".

Les larmes de crocodile des dirigeants africains

"Une situation inadmissible", "il faut que ça cesse"...que n'a-t-on entendu, dans les chancelleries africaines, depuis la diffusion par CNN du reportage montrant, en réel, la traite des noirs subsahariens, des familles et de leurs enfants ? A la mode Trump, on a même eu droit, de Alpha Condé à Mahamadou Issoufou entre autres, à une avalanche de tweets tous plus "attristés" les uns que les autres.

Les dirigeants en place dans l'Afrique subsaharienne, notamment ceux des pays directement concernés par l'exode massif de leurs ressortissants depuis des décennies, peuvent-ils se prévaloir aujourd'hui, juste en même temps que CNN, de l'effet de surprise ? Curieuse  et bien fausse coïncidence !

Qui, sur la terre d'Afrique, ne sait pas le sort terrible attendu par les candidats forcés à l'exil ? Quelle famille sénégalaise, guinéenne, malienne et marocaine ou algérienne ne pourrait raconter la douleur de la perte d'un enfant, d'un père, d'un proche ? Qui n'en parle pas comme d'une banale fatalité ? Et nos dirigeants seuls n'en seraient pas informés ?

On dit qu'il n'est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Les autorités algériennes viennent d'en donner un exemple des plus cyniques. En effet, tout à fait récemment, la marine espagnole a signalé à son homologue, un afflux nouveau de ressortissants algériens atterrissant sur les côtes d'Espagne, dans des embarcations extrêmement précaires et donc, dangereuses pour la vie des passagers.

A cette information, les responsables algériens ont fait savoir en substance qu'ils ne pouvaient en aucun cas s'agir de ressortissants algériens, l'Algérie n'étant pas un pays pauvre d'où les gens veulent partir.

Longtemps, trop longtemps, les dirigeants des pays subsahariens ont fait la sourde oreille. CNN a soulevé le linceul et les a laissés seuls devant leurs immenses responsabilités. Faudra-t-il attendre les naufrages à répétition, les cadavres échoués sur les côtes d'Espagne comme sur celles de la Libye, de la Tunisie et que  CNN se déplace pour que les "autorités" concernées affrontent le problème ?

Depuis combien d'années sont-ils régulièrement alertés ? Combien d'articles, d'émission radio, de débats télévisés ont été consacrés à ce drame sur le continent ? Ils savent parfaitement ce qui attend leurs compatriotes Seuls, la soumission politique, le mensonge et la duplicité avec le néo-colonialisme les conduisent à ces comportements indignes.

Européens, "occident"...premiers responsables

Dans les pays d'Europe, la "réprobation" et "l'indignation" sont également unanimes. Evidemment serait-on tenté de dire. En effet, le président français EmmauelMacron, interrogé, est même allé jusqu'à qualifier ces événements de "crimes contre l'humanité". Mêmes réactions en Grande Bretagne et idem pour l'UE qui s'est fendue, elle aussi, d'un communiqué de condamnation.

Là encore, comment croire une seconde à la sincérité de ces responsables politiques ? Ne se sentiraient-ils pas "responsables" au premier chef, et quoi de plus normal, de la politique "africaine" qu'ils perpétuent depuis les indépendances ?

Un comportement économique de prédation des matières premières 'abord et un "suivi" politique très appuyé des gouvernants susceptibles de servir au mieux leurs intérêts. Jusque et y compris par l'ingérence la plus directe lorsqu'ils le jugent nécessaire et conforme.

N'a-t-on pas vu comment la France est intervenue militairement en Côte d'Ivoire pour faire appliquer les résultats d'élections qu'elle avait jugé, selon elle, gagnées par Ouattara, son candidat, celui du FMI , de la Banque Mondiale et des USA. Exit Gbagbo le gêneur et bienvenue l'ingérence armée.

La France toujours elle, s'est en revanche, beaucoup moins précipitée lorsqu'il s'est agi d'aider le peuple burkinabé à chasser son dictateur. Au contraire même de la volonté populaire, elle a assuré l'exfiltration, vers la Côte d'Ivoire de Ouattara, de celui dont on sait qu'il avait été mandaté pour assassiner  Thomas Sankara. Deux ingérences, deux poids deux mesures, selon les intérêts du moment.

En fait, depuis les indépendances, la France est militairement toujours présente sur le sol africain et y joue le rôle de gendarme de l’impérialisme occidental.

Une politique d'ingérence de tous les instants qui ne peut se mener sans la complicité active de tous les "responsables" et dirigeants interchangeables des pays africains. Pas de françafrique sans de "loyaux" partenaires sur place !

La Libye abîmée et détruite,
les noirs vendus en esclavage,
l'UA impuissante.

Si, de toutes les chancelleries montent les protestations les plus véhémentes, on n'entend nulle part en revanche, en Afrique pas plus qu'en Europe, la moindre idée d'une force multinationale, africaine bien entendu, autorisée à intervenir et mettre un terme au calvaire de tous ces migrants pris au piège.

L'UA ne serait-elle pas en mesure de mettre en place une force capable de rétablir les êtres humains dans leurs droits ? Trop de déliquescence sans doute et trop de soumission aux puissances extérieures.

Les mêmes qui ont commandité la destruction de la Libye, à savoir principalement la France et la Grande Bretagne avec l'aval appuyé des USA d'Obama.

Malgré toutes ses concessions à l'impérialisme économique, Kadhafi n'entrait plus tout à fait dans les plans de ce qu'il est convenu d'appeler "les grandes puissances". Trop imprévisible, trop fantasque...pendant que quelques intellectuels français de service tels Kouchner et BHL, le qualifiaient de "boucher sanguinaire"...que n'a-t-on, en fait, entendu pour justifier que Sarkozy décide de mettre ce pays à feu et à sang ? On imagine aisément que les entreprises comme Total, AREVA, Bouygues...voyaient, et voient toujours, cette destruction d'un très bon œil. Kadhafi mort ou vif !

Ce qui fut fait, son cadavre mutilé livré aux caméras dans une mise en scène des plus sordides.

Aujourd'hui les groupes terroristes quadrillent le pays, l'ont mis en coupe réglée et...le pétrole coule à nouveau, l'anarchie est quasi totale et les noirs sont vendus comme esclaves.

Pourquoi l'UA est-elle impuissante à intervenir en Libye ?

Parce que l'UE considère toujours que sa frontière la plus proche avec l'Afrique est, d'une part, la méditerranée et que d'autre part dans ce dispositif frontalier, la Libye occupe une place particulière. En effet, pour les spécialistes politiques européens, c'est bien la Libye qui, avec le Niger et le Tchad, constitue le principal rempart contre l'immigration massive vers l'Europe et celle-ci ne veut, en l'état, rien changer à la situation.

En l'état, et malgré les comportements affligés des uns et des autres, il y a fort à craindre que la Libye demeure encore longtemps le lieu du chaos politique et de la traite des noirs. Verra-t-on un jour prochain de ces noirs vendus "travailler" sur les chantiers de Total, AREVA..."prêtés" par des sous-traitants, bien sûr.

Les opinions publiques africaines et européennes savent très bien ce qui se joue en Libye, qui bloque et qui défend bec et ongles, contre tous les droits humains les plus élémentaires, ses intérêts particuliers.

Ces opinions publiques, elles, disent : "Stop à la traite des noirs en Libye !"
Ces opinions publiques, elles, disent : l'Union Africaine doit exclure la Libye !

Par Romuald Boko & François Charles.

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Réunion du programme d’alphabétisation (Ramaa II) à Cotonou : Amender et valider des référentiels de compétences

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Des participants venus d’une douzaine de pays francophones sont conviés depuis hier, mardi 14 novembre 2017, au Bénin Royal hôtel de Cotonou à la deuxième phase de la recherche action sur la mesure des apprentissages des bénéficiaires de programme d’alphabétisation (RAMAA II). Les travaux qui sont prévus pour se dérouler durant trois jours permettront de valider les référentiels de compétences harmonisés de la Ramaa II.

Initiative du bureau régional de l'UNESCO Abuja et de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, ce troisième atelier technique sur les référentiels de compétences fait partie de l’une des activités phares de la deuxième phase du RAMAA II. « Valider les référentiels de compétences harmonisés de la RAMAA II ; échanger sur la structure du cadre d’évaluation de la RAMAA II ; discuter des plans d’actions de chaque pays conformément au calendrier des activités de RAMAA II et enfin échanger sur la préparation des rayons ». Ce sont là, les objectifs que vise l’atelier technique sur les référentiels de compétences. Pour la spécialiste des questions éducatives à Abidjan et représentante de la Directrice de l’Unesco,Rokhaya Diawara, le présent atelier reste une occasion de mener des discussions, harmoniser les connaissances et expériences et surtout de planifier des actions sur l’un des plus grands défis de l’Afrique à savoir l’alphabétisation. Pour Siaka Coulibaly, le Coordonnateur résident du système des Nations Unies, « l’enjeu est de taille dans le contexte où, l’alphabétisation des jeunes en l’occurrence, constitue l’une des causes majeures de violence dans le monde ». Occasion pour lui, de réitérer à l’endroit des gouvernements, le plaidoyer des Nations Unies pour une meilleure dotation des ressources humaines, matérielles et financières à la cause de l’alphabétisation. Quant au ministre béninois des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, Mahougnon Kakpo, il a souligné que certains pays africains disposent dans leur politique générale, des stratégies de développement du secteur de l’alphabétisation et de l’éducation en langues nationales. « Mais l’une des entraves essentielles à cette volonté manifeste de nos politiques publiques est sans nul doute, l’analphabétisme sans cesse croissant des jeunes et des adultes hors système scolaire», a déploré l'autorité ministérielle pour reconnaître l’importance de  l'initiative de l'Unesco. Le ministre a, par ailleurs, rassuré de l’engagement du Bénin à jouer toute sa partition, malgré les contraintes budgétaires. Notons que les travaux de l’atelier prennent fin ce jeudi, 16 novembre 2017.

A.B

 

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Bien-être social : La faim dans le monde progresse de nouveau

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Le dernier rapport des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et la nutrition mondiale, alerte sur la progression de la faim dans le monde. Après une régression constante durant plus d'une décennie, la faim dans le monde progresse de nouveau touchant 815 millions de personnes en 2016, soit 11% de la population mondiale. Dans le même temps, de multiples formes de malnutrition menacent la santé de millions de personnes dans le monde.

Selon les conclusions du rapport, 815 millions de personnes souffrent de la faim et des millions d'enfants sont exposés à la malnutrition soit 520 millions en Asie,  243 millions en Afriqueet 42 millions en Amérique latine et Caraïbes. Par ailleurs, la part de la population mondiale souffrant de la faim  est de 11,7% en Asie, 20% en Afrique (en Afrique orientale 33,9%) et  6,6% en Amérique latine et Caraïbes. Le nombre d’enfants âgés de moins de cinq ans souffrant d’un retard de croissance (trop petits pour leur âge) est de 155 millions, le nombre de ceux qui vivent dans des pays touchés à des degrés divers par des conflits: 122 millions. Le nombre d’Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (poids trop faible pour leur taille) est de 52 millions, les adultes obèsesreprésentent 641 millions (13% des adultes de la planète), les Enfants de moins de cinq ans en surpoids, 41 millions et le Nombre de femmes en âge de procréer souffrant d’anémie est 613 millions (environ 33% du total).

La responsabilité  des conflits et des changements climatiques

Le rapport mentionne que sur les 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, 489 millions vivent dans des pays touchés par des conflits. La prévalence de la faim dans les pays touchés par des conflits est supérieure de 1,4 à 4,4 points de pourcentage par rapport aux autres pays. Dans des contextes de conflit, aggravés par des conditions de fragilité institutionnelle et environnementale, la prévalence de la faim est supérieure de 11 à 18 points de pourcentage. Les personnes vivant dans des pays touchés par des crises prolongées sont près de 2,5 fois plus susceptibles d'être sous-alimentées que les personnes vivant sous des cieux plus cléments. L'augmentation - 38 millions de personnes de plus que l'année précédente - est en grande partie due à la prolifération des conflits violents et aux chocs climatiques, lit-on dans l’édition 2017 de L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.Quelque 155 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance (petits pour leur âge), révèle le rapport, alors que 52 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale (poids trop faible pour leur taille). On estime, en outre, que 41 millions d'enfants sont maintenant en surpoids. L'anémie chez les femmes et l'obésité chez les adultes sont également préoccupantes. Ces tendances sont une conséquence non seulement des conflits et du changement climatique, mais aussi des changements profonds des habitudes alimentaires et des ralentissements économiques.Ce rapport est la première évaluation mondiale des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et la nutrition à paraître dans le prolongement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui a fait de l’élimination de la faim et de toutes les formes de malnutrition la principale priorité politique internationale.Il souligne que les conflits - de plus en plus aggravés par le changement climatique - constituent l'un des principaux moteurs de la résurgence de la faim et des différentes formes de malnutrition.

L’alerte des chefs des agences onusiennes

«Au cours de la dernière décennie, les conflits ont considérablement augmenté et sont devenus plus complexes et plus difficiles à résoudre», soulignent dans l’avant-propos du rapport les chefs de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), du Fonds international de développement agricole (Fida), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), du Programme alimentaire mondial (Pam) et de l'Organisation mondiale de la santé (Oms). Ils indiquent que les proportions les plus élevées d'enfants en situation de précarité alimentaire et de malnutrition dans le monde sont maintenant concentrées dans les zones de conflit.«Cela a déclenché des sirènes d'alarme qu’il n’est pas permis d’ignorer: nous n’éliminerons la faim et toutes les formes de malnutrition d'ici à 2030 que si nous nous attaquons à tous les facteurs qui compromettent la sécurité alimentaire et la nutrition. L’édification de sociétés pacifiques et inclusives est une condition nécessaire à cette fin», soulignent-ils. Mais même dans des régions plus pacifiques, les sécheresses ou les inondations provoquées en partie par le phénomène météorologique El Niño, ainsi que le ralentissement économique mondial, ont détérioré la sécurité alimentaire et la nutrition, notent les chefs des agences onusiennes.

Thomas AZANMASSO

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COP 23 : Convertir les paroles en actes

Patricia-Espinosa

Deux ans après l’accord de Paris, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 23), qui se déroule à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre, sous la présidence des îles Fidji, n’est pas une simple conférence de transition. Elle doit à la fois régler les modalités techniques de l’accord et être une véritable rampe de lancement pour permettre au monde de se placer sur une trajectoire qui limitera le réchauffement climatique à 2°C. Un objectif difficilement atteignable dans un contexte de plus en plus préoccupant.

Le chemin a déjà été très long depuis le lancement de la convention-cadre climatau Sommet de la Terre en 1992. Le nouvel élan donné avec l’Accord de Paris(lors de la COP 21 en 2015), doit maintenant se transformer en actes à la hauteur des attentes. L’accord, déjà mis en application par 169 pays sur 195, fixe le cadre général d’efforts à réaliser ainsi que les objectifs à atteindre (ne pas dépasser 2° voire 1,5° d’augmentation de la température globale terrestre à la fin du siècle). Il est basé sur des engagements volontaires des Etats. Mais le compte n’y est pas, la somme des initiatives (INVS) actuelle nous amène à plus de 3° d’ici à 2100.

Face à cela, la mission de la COP 23 est très technique car elle doit mettre en place les outils de l’accord qui doivent être finalisés pour 2018. Mais elle doit surtout, au vu de la situation actuelle, relever l’engagement comme le niveau d’ambition des Etats et des acteurs non étatiques, pour rejoindre d’urgence la trajectoire qui nous mènera collectivement à 2° maximum de réchauffement. Une course contre la montre dans une période où la dynamique s’essouffle, où les Etats-Unis se désengagent (l’un des deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec la Chine) alors que de plus en plus d’indicateurs témoignent de manière alarmante des impacts des changements climatiques.

Des indicateurs dans le rouge

Le jour de l'ouverture de la Cop23, en préambule au lancement des travaux de la conférence, PetteriTaalas, le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), déclare, sur la base de nombreux rapports provenant d’organismes scientifiques et d’agences des Nations unies : « Les trois dernières années ont toutes été des records de température et font partie des années les plus chaudes. Cela fait partie d'une tendance au réchauffement à long terme. Nous avons été témoins de conditions météorologiques exceptionnelles, une augmentation de 46 % du nombre d’évènements météorologiques extrêmes depuis 2000, notamment des températures atteignant 50°C en Asie, des ouragans records dans les Caraïbes et l'Atlantique atteignant l'Irlande, des inondations dévastatrices provoquées par la mousson et des sécheresses incessantes en Afrique de l'Est… Beaucoup de ces événements - et des études scientifiques détaillées détermineront exactement combien - portent le signe révélateur du changement climatique causé par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre provenant des activités humaines. » Et 'ajouter : « Les indicateurs à long terme du changement climatique tels que l'augmentation des concentrations de dioxyde de carbone, l'élévation du niveau de la mer et l'acidification des océans se poursuivent sans relâche. »

Les événements extrêmes affectent la sécurité alimentaire de millions de personnes, en particulier les plus vulnérables. Un examen de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a montré que dans les pays en développement, l'agriculture (cultures, élevage, pêche, aquaculture et foresterie) représentait 26 % de tous les dommages et pertes associés aux tempêtes et inondations de moyenne et grande ampleur.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque global de maladies liées à la chaleur ou de décès a augmenté régulièrement depuis 1980, avec environ 30 % de la population mondiale vivant maintenant dans des conditions climatiques qui produisent des vagues de chaleur extrêmes prolongées. Entre 2000 et 2016, le nombre de personnes vulnérables exposées aux vagues de chaleur a augmenté d'environ 125 millions.

rfi.fr

Discours d’ouverture de Patricia Espinosa Se/ONU Changements Climatiques / 06 nov, 2017

Vingt-troisième session de la Conférence des Parties (COP 23),
Treizième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des
Parties au Protocole de Kyoto (CMP 13) et deuxième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l'Accord de Paris (CMA 1.2)Bonn, 6 novembre 2017
 Allocution d’ouverture
Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de l’ONU Changements Climatiques
 
Son Excellence M. Frank Bainimarama,
Son Excellence M. SalaheddineMezouar,
Son Excellence Mme Barbara Hendricks,
Honorable Maire de Bonn,
Président du GIEC,
Secrétaire général de l’OMM,
Honorables invités,
Distingués délégués,
Chers amis,
Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à Bonn et Bienvenue à la Conférence de cette année sur le Changement climatique.
Laissez-moi commencer en remerciant notre président de la COP22, M. SalaheddineMezouar, du Maroc. Merci pour votre leadership et d’avoir mis vos compétences au service du processus.
Votre contribution revêt une importance particulière car vous avez relevé le défi de présider la première Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l'Accord de Paris deux semaines tout juste après son entrée en vigueur.
Laissez-moi également remercier les gouvernements allemand, de l'État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville de Bonn, et spécialement les habitants de cette région pour leur soutien exemplaire grâce auquel nous avons pu organiser cette conférence ici, sur ce site historique et magnifique.
Je vous suis également très reconnaissante du soutien constant dont vous avez témoigné à l’égard du Secrétariat de l’ONU Changements Climatiques.
Je tiens aussi à remercier mon équipe, le Secrétariat, pour les efforts déployés afin de préparer conférence.
Dernier point, mais non des moindres, je remercie notre président entrant de la COP, le premier ministre fidjien, Frank Bainimarama et son équipe, pour leur enthousiasme et leur dévouement afin de relever ce défi majeur.
Je veux ici féliciter l’esprit de coopération dont les Fidji et l’Allemagne ont fait preuve pour faire de cette conférence une réalité. Cela prouve, en effet, que les nations peuvent travailler ensemble pour accomplir de grandes choses.
 
Mesdames et Messieurs…
Il y a 25 ans, les gouvernements se sont rassemblés au Sommet de la Terre de Rio dans ce même esprit.
Ils ont démarré avec cette idée: qu'il était impératif que le monde change la manière dont il traitait son environnement.
Et de cette simple idée, notre Convention a été adoptée et un mouvement est né.
Un mouvement qui, il y a deux ans, a donné naissance à l’Accord de Paris.
Aujourd’hui, en un temps record, 169 pays l’ont ratifié, permettant que nous passions de l’ère de l’espoir …à celle de la mise en œuvre.
Et de concert avec l’Agenda du Développement durable, nous connaissons chemin que nous devons emprunter pour faire face au changement climatique et au développement durable.
 
Oui, c’est un parcours inachevé.
C’est la 23ème COP, mais jamais nous ne nous sommes réunis avec un tel sentiment d’urgence ; comme vient de le dire M. le Premier ministre, tout comme l’a également exprimé le président de la COP22, ainsi que ces merveilleux enfants et leur magnifique chanson qui nous l’ont rappelé.
Des millions de personnes dans le monde ont souffert – et continuent de subir les affres – d’événements climatiques extrêmes.
Nous leur exprimons notre commisération, ainsi qu’à leur famille et nous compatissons à leur souffrance.
Mais le fait est que ce n’est qu’un début – et cela augure de ce qui nous attend.
Comme l’a rapporté l'Organisation météorologique mondiale (OMM) il y a quelques jours, 2017 sera vraisemblablement l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées.
Et les indicateurs de suivi et d’évaluation sur le long terme des concentrations de dioxyde de carbone, de l’élévation du niveau de la mer et de l’acidification des océans, parmi d’autres phénomènes perturbateurs, se poursuivront si nous n’agissons pas.
L’ONU Environnement a averti que nous sommes confrontés aux mêmes défis en ce qui concerne les niveaux des émissions mondiales: les engagements nationaux ne contribuent qu’à hauteur d’un tiers de la réduction des émissions dont nous avons besoin d’ici 2030 pour atteindre les objectifs climatiques.
 
Le message ne peut pas être plus clair. Nous n’avons plus le luxe du temps. Nous devons agir maintenant.
Alors on commence à partir de là – ici et maintenant.
Nous devons atteindre des buts bien spécifiques ici, à Bonn.
Nous espérons que ces négociations seront l’échelon supplémentaire, essentiel, qui nous permettra de concrétiser l’Accord de Paris, d’avancer sur ses règles d’application et d’en atteindre ses objectifs.
Nous devons aussi progresser pour concrétiser les engagements prévus pour 2020. A cet égard la finance et les promesses d’atténuation sont essentielles.
 
Par ailleurs, nous nous réjouissons de l’enthousiasme des acteurs non-étatiques: environ 10.000 personnes sont ici pour débattre et trouver des solutions pratiques qui s’appliqueront à nos vies.
Être le témoin, pour la première fois dans l’histoire, de troupes en ordre de bataille pour un accord multilatéral, est réellement exaltant.
 
Chers amis ; j’ai souligné l’importance de nos missions, l’urgence avec laquelle nous devons les mener à bien et la détermination croissante de chacun d’entre vous dont nous avons besoin.
Mettons-nous en marche.
Achevons notre ouvrage.
Agissons avec une ambition toujours renouvelée.
Et tenons, non seulement la promesse de Paris, mais également la promesse d’espoir et cet engagement envers l’Humanité pris il y a 25 ans au Sommet de Rio.

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