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Société

Du 12 au 15 mai prochain : Les forces syndicales des universités africaines à Abidjan

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La première Assemblée générale de la Confédération estudiantine et scolaire de l’Afrique se déroulera du 12 au 15 mai prochain à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les responsables syndicaux des universités africaines y seront donc en conclave pour réfléchir sur les difficultés du monde estudiantin en Afrique. Si les forces syndicales universitaires du Bénin semblent être prêtes, Le secrétaire général national de la Fédération estudiantine et Scolaire pour l’intégrité au Burkina Faso(Fescibf), Secrétaire à l’Organisation de la Confédération Estudiantine et Scolaire de l’Afrique(CESA) séjourne depuis le 20 Avril 2015 à Abidjan en vue d’une meilleure préparation de ce grand rendez-vous. Parlant de l’Assemblée Générale de la CESA, le Secrétaire à l’Organisation de la CESA a annoncé que tout est fin prêt pour recevoir les différents secrétaires généraux et les présidents des différents pays invités. Plus de 20 pays feront le déplacement à Abidjan du 12 au 15 Mai 2015 pour fêter la victoire et l’unicité du monde scolaire et estudiantin Africain.

A.B

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Abdoul Salam Wane, Directeur des Ressources Humaines de Gorée Institute : Gorée Institute une institution au service de la Paix et pour l’avènement d’une Afrique unie et prospère

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IDDA, Institut pour la Démocratie et le Développement en Afrique à ses débuts, aujourd’hui Gorée Institute. Les dénominations ont peut-être évolué avec le temps, mais la vision et les objectifs stratégiques demeurent eux, intacts. Solidement enraciné dans l’histoire de l’Afrique du Sud alors en pleine lutte pour une société plus juste et équitable, l’Institution plus de vingt ans après sa création, garde l’ambition clairement affichée de contribuer à l’édification d’une Afrique « juste, paisible et prospère ». Installé à Gorée, petite île de la baie de Dakar, au Sénégal, l’Institut mène différentes activités dans les domaines de la démocratisation, des élections, de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix et de la sécurité humaine. Ses maîtres mots sont la paix, et le dialogue. L’institution a tenu encore un fois à l’affirmer à travers une de ses activités phares : la formation. Du 20 au 23 avril dernier, elle a réuni au cours d’un atelier une dizaine de journalistes de différents pays africains : Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, Mali, Burkina Fasso, Togo, Sénégal, Côte d’Ivoire, et bien sûr le Bénin à travers Matin Libre et Radio Tokpa.

Monsieur Wane, Directeur des Ressources Humaines travaille à Gorée Institue depuis 20 ans. Comme il le résume lui-même « J’ai été acheté avec les meubles ». A constater sa spontanéité, son enthousiasme et son esprit d’ouverture, propres d’ailleurs aux autres membres de l’équipe que nous avons eu le plaisir de côtoyer durant ces jours de formation, on ne peut que rêver de travailler dans un cadre aussi naturel et atypique, où l’ambiance intimiste des lieux, vous préserve de la pollution, des bruits et cadences infernales de la ville. Visitée presque guidée de Gorée Institute à travers cette interview.

Monsieur Wane, pouvez-vous nous précisiez les objectifs visés par cet atelier

Vous aurez remarqué que les conflits de façon générale, pour ne pas dire la guerre, n’a rien perdu de son actualité. La nouveauté, c’est que ce sont ses formes, ses acteurs qui ont changé. On est loin peut être des théories classiques de guerre, mais elles sont maintenant « intra-étatiques ».

Et pourquoi avoir spécialement ciblé les journalistes ?

Parce que les médias, c’est quand même les relais de la consommation du citoyen ordinaire et qu’elles façonnent un peu son opinion. Et il est de bon usage que ce soit les journalistes, les hommes de médias qui portent la bonne parole. Qu’ils soient là pour anticiper les conflits. Si anticiper n’est pas possible, comme le disait le professeur Moustapha Gueye (Professeur au Cesti et facilitateur de la formation) au moins en tout cas, contribuer à les éteindre, à briser l’engrenage des conflits. C’est vrai qu’avant d’être journaliste, chez nous, on est d’une ethnie ou d’une autre. Mais il ne faut pas toujours voguer en fonction de ces considérations purement identitaire. Il faudrait évoluer dans un cadre beaucoup plus général, lequel cadre voudrait que la paix soit une manifestation concrète et vécue par la population. Parce qu’on dit que la paix est en amont et en aval du développement. Et comme nous voulons voir nos sociétés vraiment se développer, il nous faut sans ambages aller vers la paix. Et qui mieux que les journalistes pour prêcher la bonne parole !

Autrement dit, cette initiative cadre parfaitement avec les objectifs de l’Institut.

Gorée Institute se positionne pour faciliter entre Africains, des échanges et des partages d’expériences. Nous, dans notre phraséologie on dit que l’Afrique n’est pas encore le propre protagoniste de son devenir. Il ne faudrait pas que nous comptions sur les autres pour voir une nouvelle Afrique surgir. Chacun en ce qui le concerne, chaque force de ce continent, chaque force de cette société doit travailler main dans la main, avec les autres forces existantes et faire qu’elle soit une société digne de tout ce que l’humanité aura conquis au service de la paix, de la citoyenneté. En somme qu’il y ait une vraie décolonisation de l’intérieur de nos Etats minés par les conflits, la mal gouvernance. C’est ce à quoi il faut aller.

Comment a germé l’idée de cette institution qui a aujourd’hui 25 ans ?

L’idée même du projet du Gorée Institute est partie d’une rencontre qui avait accueilli en 1987, à Dakar des responsables de l’Anc qui étaient encore en exil un peu partout sur le continent. Elle émane d’un progressiste libero Sud-Africain conduit par celui-là qui allait être le premier président du conseil d’administration du Gorée. Dakar aura été une des nombreuses conférences qui ont réuni ces deux protagonistes pour réfléchir sur les conditions de l’avènement d’un Afrique du Sud multi raciale, multi partisane et vraiment démocratique. Tout est parti de là. Il fut un temps, où on ne parlait pas encore de l’Union africaine, mais de l’OUA, l’Organisation de l’Unité Africaine. Et la présidence était tournante. Le président du Sénégal de l’époque Abdou Diouf a hérité de la présidence de cette organisation. Au sortie de cette rencontre, comme on était en pleine démocratisation, il a peut-être pensé à héberger un institut africain qui va surfer un peu sur la symbolique de Gorée et qui travaillera à l’émergence de sociétés démocratiques un peu partout en Afrique. Le multipartisme et les élections, ce n’était pas encore ce que nous avons là maintenant. C’est avec parcimonie que l’on organisait les élections çà et là dans les pays africains. D’où cette idée d’accorder à cet institut un privilège, disons des franchises diplomatiques et protocolaires. Lesquelles franchises lui permettent de s’installer au Sénégal, d’avoir un accord de siège et de faire en sorte que tout obstacle qui irait à l’encontre de la matérialisation de cette idée soit écarté. Donc, le Gorée Institute a des origines Sud-Africaines avec des activités partout en Afrique et plus précisément dans la sous-région ouest africaine. Si nous avons un accord de siège, c’est parce que le Gorée Institute a été créé avec le droit public sénégalais. Mais de plus en plus Gorée Institute a des activités un peu partout dans la sous-région. Et ce sera là la continuation de l’idée de Gorée institut. Il intervient un peu partout, au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire. Le Gorée Institute est une idée. Et l’idée n’est pas confinée dans un seul espace. L’idée, c’est dans le temps et dans l’espace. Pour le moment on est au Sénégal. Physiquement on a un siège. Mais d’aucuns diront que Gorée Institute est beaucoup plus connu à l’extérieur qu’au Sénégal.

Il semble que le Bénin bénéficie rarement de vos activités. Est-ce parce que le pays jouit d’une relative stabilité politique et qu’il n’y a pas grande chose à faire dans ce sens?

Non, même dans un pays qui est démocratiquement stable il faut aller à l’école de ce pays pour voir ce qui est fait dans ce pays et qui n’est pas fait dans les autres pays. Parce qu’une idée il faut la faire semer. Mais le Bénin entre dans les projets de Gorée Institute. Par exemple il était prévu que le Gorée Institute puisse à l’occasion des élections législatives, avoir une mission pas strictement d’observation mais de formation des différentes parties prenantes ainsi que l’Etat. Une mission qui ne soit pas confinée à la seule période des élections, mais avant, pendant et après. Ce projet a été agité avec le Pnud Bénin et c’est peut-être la conjoncture du Togo qui a fait qu’il n’a pas été réalisé. Mais il n’empêche, le Bénin c’est vraiment un pays qu’il va falloir visiter, des leçons qu’il va falloir tirer de ce pays, de son état de démocratie, de sa gouvernance, de la succession de tout ce qui est succession pacifique. Les élections, elles peuvent être au final réputées pacifiques mais on n’a forcément des choses à apprendre du Bénin et à montrer à la face de l’Afrique de l’ouest. Il est un autre programme qui devrait s’occuper du cas du Bénin, si l’on peut parler du cas du Bénin. C’est le Programme Alliance. Alliance des initiatives de la paix et de la stabilisation en Afrique, mais plus précisément dans le contexte de stabilité institutionnelle et sécurité humaine. Ce projet a d’abord été expérimenté dans un certain nombre de pays. On s’est rendu compte que ce sont des choses qui sont faisables. En tout cas, on va dire que le Bénin est en ligne de mire de tout ce qui a à faire dans le programme de Gorée institut.

Combien de personnes travaillent au quotidien ici dans ce magnifique cadre ?

Ah ! Nous rentrons de plein pied dans le domaine des ressources humaines. Au siège ici, nous sommes au nombre de 25 personnes. Mais il n’est pas exclu que nous ayons à travers l’Afrique des « asociates program staffer », des associés qui pour la conduite, le déroulé d’une activité particulière, sont contractés pour travailler avec les membres de l’équipe d’ici.

Et ces 25 personnes sont issues de quelle nationalité ?

La plupart de ces personnes sont de nationalité sénégalaise. Mais il faut savoir que le Gorée Institute ne fait pas de discrimination sur la nationalité ni sur la religion. On va dire que là, on n’a pas beaucoup de non sénégalais. Mais il fut un temps où tour à tour nous avons accueilli des Congolais, des Camerounais, des Sud-africains naturellement, puisque le premier Directeur a été un Sud-africain. On a même une Franco sénégalaise. Vous pouvez vous-aussi, du jour au lendemain vous retrouvez au Gorée Institute qui sait.

Ce serait avec plaisir parce que le cadre de travail est fort agréable. Cela doit davantage motiver le personnel, vous ne pensez pas ?

Bien sûr. Mais le plus, c’est aussi surtout pour les pensionnaires, vous qui venez par exemple pour des activités de formation. Vous réunir dans un endroit comme Gorée avec tout ce que Gorée a de symbolique, c’est bien. Cependant, ce n’est pas ça la quintessence de l’implantation. On a fait le pari de l’excellence, de l’autosuffisance, de la coopération. En tout cas même si on ôte la symbolique de Gorée, c’est un endroit approprié pour faire germer les idées et en tirer le meilleur.

Quel message pouvez-vous adresser aux pays qui vivent des moments d’incertitude liés aux élections et aux velléités de changement de constitution de certains chefs d’Etat ?

La goutte d’eau finit par vaincre la rudesse de la roche. Et c’est quoi la roche ici, c’est en fait tout ce qui fait obstacle au développement de l’Afrique. Chaque pas que nous faisons vers ce nouvel horizon devrait être un but que nous portons en avant. Gorée Institute de concert avec les autres organisations nous y arriverons. C’est tous ensemble que nous parviendrons à le faire.

Même s’il y a encore des zones de conflit, il y a de l’espoir ?

Oui, justement c’est ce qui fait qu’il y a encore d’espoir. Le Mali aura passé plus de temps à se faire la guerre que la paix. Cependant, après avoir bien touché le fond on ne peut que remonter. On peut le faire et on n’a pas le choix.   

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Djamila Idrissou Souler

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Déclaration d'Abidjan des ministres des Etats membres de la CEDEAO sur l’éradication de l’apatridie

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Nous, Ministres et représentants des Etats mernbres de la CEDEAO, réunis le 25 février 2015 à Abidjan en Côte d'Ivoire pour la conférence ministérielle régionale sur l'apatridie en Afrique de l'Ouest, organisée par le HCR et la CEDEAO du 23 au 25 février 2015 en collaboration avec des organisrnes des Nations Unies et l'OIM dans le cadre de la campagne mondiale d'éradication de l'apatridie (2014-2024);
Vu le Traité Révisé de la CEDEAO signé  à Cotonou le 24 juillet  1993;
Vu le Protocole A/P5/5/82 portant Code de la Citoyenneté de la communauté signé à Cotonou  le 29 mai 1982;
Vu le mandat du HCR conféré par l'Assemblée générale des Nations unies sur la prévention, réduction de l'apatridie et la  protection des apatrides;
Considérant le fait que des millions de personnes dans le monde, dont des centaines de milliers en Afrique de l'Ouest ne sont reconnus par aucun pays comme leurs ressortissants et sont donc apatrides, ce qui entrave la jouissance de leurs droits fondamentaux;
Reconnaissant que des efforts considérables restent à déployer en vue d'obtenir des données détaillées sur les causes de l'apatridie, les obstacles qui empêchent d'y remédier, ainsi que le nombre et le profil des personnes apatrides dans les pays membres de la CEDEAO;
Conscients du fait que les diverses parties prenantes et les populations concernées n'ont pas été suffisamment sensibilisées aux risques et causes de l'apatridie, ainsi qu'à ses conséquences, ce qui rend difficile la collecte des données et la mise en place de stratégies efficaces;
Prenant en compte la situation et les défis sécuritaires en Afrique de l'Ouest, ainsi que la nécessité de prendre des mesures appropriées, dans le cadre de la lutte contre la criminalité transfrontalière, qui prennent à la fois en compte la lutte contre l'usurpation d'identité et la lutte contre J'apatridie;
Reconnaissant  qu'un  certain  nombre  de  circonstances   débouchent   sur   des   situations d'apatridie  en  Afrique  de  1'Ouest,  et  profondément  préoccupés   par   le   nombre   élevé d'apatrides  dans la région,  pa1111i  lesquels de nombreux  enfants;
Soulignant l'importance des principes d'égalité et de non-discrimination, concernant notamment la transmission de la nationalité au conjoint et à l'enfant;
Constatant que la Charte africaine des droits de 1'Homme et des peuples ne contient expressément aucune disposition sur le droit à la nationalité;
Réaffirmant que le droit à une  nationalité  est  un  droit  fondamental  inscrit  dans  la Déclaration universelle des droits de l'Homrne et dans de nombreux autres instruments internationaux  et régionaux  des droits de l'Homme auxquels nos Etats sont parties, y compris la Charte Africaine des droits et du bien-être de 1'enfant qui dispose que tout enfant a le droit d'acquérir la nationalité de l'Etat sur le territoire duquel il/clic est né(c) si, au moment de sa naissance, il/elle ne peut prétendre à la nationalité d'aucun autre Etat conformément  à ses lois;
Réaffirmant l'importa11cc fonda1nentale du  droit à la liberté de mouvement en Afrique de l'Ouest et notre engagement à mettre en œuvre  les nom1es de la CEDEAO;
Notant    avec satisfaction des adhésions à la Convention de 1954 relative au statut des apatrides et/ou à la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie par sept Etats de l'Afrique de l'Ouest depuis 2011;
Constatant que les défaillances législatives et les conflits de lois, le non-enregistrement des naissances à l'état civil aggravé par Je manque d'autres preuves de l'identité et de la nationalité, les successions d'Etats et l'absence de mesures permettant d'accorder la nationalité aux populations affectées, sont de nature à générer entre autres des cas d'apatridie en Afrique de !'Ouest;
Soulignant que l'histoire de l'Afrique de l'Ouest est marquée par des mouvements de population,  dont des  situations de migration  forcée et migration prolongée;
Constatant que les risques d'apatridie s'accroissent lorsque les populations sont dépourvues de pièces  d'identité et sont dans l'incapacité d'apporter la preuve de leur  rattachement légal à leur pays d'origine, ou d'acquérir la nationalité de leur pays de naissance ou de résidence habituelle;
Rappelant que les Etats me1nbres de la CEDEAO ont adopté, sous les auspices de l'Union Africaine, les recommandations du cadre directeur pour l'Afrique des politiques relatives aux migrations, lesquelles incluent la ratification et le respect des Conventions de 1954 et de 1961 sur les apatrides, et 1'élaboration d'un cadre juridique national pour combattre l'apatridie, particulièrement dans le cas des résidents de longue durée, par la révision de la loi sur la citoyenneté et/ou en octroyant des droits similaires à ceux dont bénéficient les résidents étrangers dans le pays;
Nous réjouissant de la Déclaration de la troisième Conférence des Ministres africains chargés de l'état-civil qui ont réaffirmé l'engagement des Etats à améliorer les systèmes d'enregistrement des faits d'état-civil;
Nous réjouissant aussi des mesures importantes adoptées par certains Etats de l'Afrique de l'Ouest pour réformer leurs lois sur la nationalité et pour résoudre les situations d'apatridie;
Rappelant que la nationalité dans nos Etats confère des droits rattachés à la citoyenneté de la CEDEAO et qu'en conséquence l'absence de nationalité est un sérieux obstacle à l'intégration dans notre région, et nuit à l'atteinte des objectifs de la CEDEAO;
Fortement préoccupés par le fait que les apatrides sont confrontées à des situations humanitaires graves, l'absence de nationalité étant un obstacle à la jouissance des droits prévus dans la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, notamment l'accès à la santé, à l'éducation et à la protection sociale, la liberté de circulation et l'obtention de documents d'identité;
Convaincus que la préservation du droit à la nationalité contribue à la paix et à la sécurité ainsi qu'au développement économique et social dans les pays de la région;
Constatant que les lois et règlements de la CEDEAO ne prévoient pas de régime de protection pour les apatrides et affirmant l'importance de la protection des apatrides;
Louant les efforts déployés par la CEDEAO et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés afin de lutter contre l'apatridie en Afrique de l'Ouest;
Exprimant notre appui à la campagne n1ondiale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés visant à éradiquer l'apatridie d'ici 2024;
Soucieux d'œuvrer à la satisfaction des besoins d'assistance et de protection des apatrides et de rechercher des solutions durables en collaboration avec les pays membres de la CEDEAO en s'attaquant aux causes profondes de l'apatridie, dans le respect du droit international;
Ayant pris en compte les rapports sur les causes et conséquences de l'apatridie, ainsi que les mesures possibles pour prévenir, réduire et résoudre l'apatridie dans la région de la CEDEAO, préparés par les experts et hauts responsables réunis  les 23 et 24 février 2015;
Déclarons cc qui suit:
Sur la prévention de l'apatridie
1.    Nous soulignons l'urgence et l'importance d'obtenir des informations fiables sur le nombre et le profil des apatrides, ainsi que sur les  sources  de  l'apatridie  et  les obstacles à l'acquisition de la nationalité par les apatrides afin d'élaborer des stratégies adaptées pour endiguer ce phénomène.  A cet égard, nous exhortons  les instituts de recherche et les universités à s'y impliquer activement et la communauté
 internationale, en particulier le HCR, à soutenir nos efforts;
2.    Nous nous engageons à prévenir et à réduire l'apatridie, notamment par la révision des cadres normatif et institutionnel liés à la nationalité    afin  d'y  intégrer les garanties appropriées contre l'apatridie, notamment la garantie que chaque enfant acquiert une nationalité dès la naissance et que tous les enfants trouvés obtiennent la nationalité du pays dans lequel ils sont trouvés;
3.    Nous réaffirmons notre engagement à mettre en œuvre les dispositions pertinentes de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et du Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples    relatif aux droits des femmes en Afrique, et à assurer aux femmes et aux hommes des droits  égaux  en matière  d'acquisition,  de changement  et de conservation de leur nationalité,  ainsi que de transmission  de la nationalité  à leurs enfants;
4.    Nous invitons les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à adhérer au plus tôt à la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie, et appelons les Etats membres, avec le soutien du HCR, à réviser leurs législations sur la nationalité et à les rendre conformes à la Convention;

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Conférence ministérielle régionale sur l’Apatridie : L’UNHCR et les Etats de la CEDEAO s’engagent à éradiquer le phénomène

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Du 23 au 25 février dernier, les experts spécialistes des questions de nationalité et les ministres de la justice des 15 pays de la CEDEAO se sont retrouvées à Abidjan en Cote d’Ivoire pour se pencher sur le phénomène de l’apatridie et les réponses appropriées à lui apporter. C’est une initiative du HCR et de la CEDEAO assortie d’une déclaration dite d’Abidjan qui fera date dans l’histoire de la sous-région et du HCR.

Huit (08) ministres de la justice, garantissant les libertés, deux (02) vice-ministres de la justice et 5 chefs de délégation dument mandatés pour agir en lieu et place des ministres de leur pays respectifs. Eux tous ayant été désignés par les chefs d’Etat pour se rendre à Abidjan, représentés leur pays pour  échanger avec leur pairs ouest africains afin de signer une déclaration relative à la lutte contre l’apatridie dans les Etats membres de la communauté. Ainsi peut se résumer la partie protocolaire de la réunion ministérielle régionale du 25 février, initiative qui rentre dans le cadre de la célébration des 60 ans de la convention de 1954 portant sur le statut des apatrides. Pour la circonstance, l’Etat de la Côte d’Ivoire, le HCR et la CEDEAO se sont pliés en quatre pour garantir la solennité de la rencontre. Les experts venus de tous les Etats membres ont travaillé d’arrache-pied, deux (02) jours sur les axes de la thématique de l’apatridie notamment l’identification des apatrides dans les Etats de la sous région, la prévention et la protection des apatrides. Les travaux de ces deux jours ont permis aux membres des délégations des pays de la CEDEAO, assistés des experts du HCR, de préparer la déclaration dite d’Abidjan. « Certes ce n’est qu’une déclaration mais une déclaration d’intension sans équivoque qui est la preuve de la volonté exprimée par les chefs d’Etat dans la mesure où ils ont permis à leur ministre de la justice de venir à Abidjan » a déclaré Gnenema Mamadou Coulibaly, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques de la Côte d’Ivoire. La conférence d’Abidjan ne sera pas une messe de plus. C’est pourquoi, une de ses recommandations fortes est que les Etats membres de la CEDEAO devront, sur la base de cette déclaration, entreprendre de retoucher la convention communautaire sur la nationalité, de soumettre la déclaration d’Abidjan dès le mois de mai 2015 au conseil des ministres de la CEDEAO. C’est le président ivoirien qui se veut un porte flambeau de cette proposition lors de son allocution inaugurant la rencontre des ministres.

Pour Antonio Guterres, haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, « la conférence ministérielle régionale n’est pas une conférence isolée. Elle est incluse dans un agenda pour démontrer le leadership africain et précisément de la sous région ouest africaine  en matière de réponses à l’apatridie ».

Les recommandations compilées dans le document ayant sanctionné les trois (03) jours de travaux sur l’apatridie sont issues de travaux en commissions et en groupes, de plénières, d’exposés, de panels portant sur les sources de l’apatridie, la préventions et la protection des apatrides.

« La campagne 2014 – 2024 lancée par le HCR est un objectif très ambitieux mais un objectif réaliste et la conférence d’Abidjan est très positive » devra dire le haut commissaire aux réfugiés pour clôturer la conférence de presse consacrant la fin des travaux. Comme quoi, il sera plus question  d’y croire et de se battre afin de traduire les recommandations de la déclaration des ministres en actions et en succès.

Cette grande messe de haut niveau a pu mobiliser pour la cause de l’apatridie les plus hautes personnalités de l’Union Africaine, la CEDEAO et du HCR. On a pu y compter la présence du docteur Toga Gayeea MCintosh vice-président de la commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas représentant spécial du secrétaire général l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, de Barbara Hendricks, Ambassadrice de bonne volonté honoraire à vie du HCR et Soprano de renommée internationale.

L’apatridie en Afrique de l’Ouest

Un espace communautaire, 16 pays, 3 langues officielles et au moins 750.000 apatrides ne disposant d’aucun document d’identité et ne pouvant donc rapporter la preuve de leur nationalité. C’est ce que présente la CEDEAO du point de vue nationalité. Ces personnes ne peuvent pas accéder à la terre, se faire établir des actes de naissance et autres documents de nationalité, voyager, se marier, aller à l’école, ouvrir un compte bancaire, bénéficier de crédit. Elles sont livrées aux tracasseries de toute sorte et ne vivent que du fait de la solidarité et du bon vouloir du voisinage. Une vie de sans droit, une inexistence permanente, sans droit de vivre normalement. Plusieurs raisons expliquent que des personnes humaines finissent apatrides ou soient des apatrides. Les apatrides sont un poids social, économique et politique que l’espace communautaire ne peut continuer de trainer. C’est pourquoi, réunis à Abidjan du 23 ou 25 février dernier pour se pencher sur la question, les ministres des 15 pays de la CEDEAO se sont engagés par une déclaration forte dite d’Abidjan et qui est la manifestation de leur volonté de travailler aux côtés du HCR pour éradiquer d’ici 2024, l’apatridie.

Benin, Côte d’Ivoire et Sénégal, les exemples à suivre dans la sous région.

En décembre 2011, le Bénin est devenu membre de la Communauté des Etats parties aux conventions de 1954 sur le statut des apatrides et de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. Se faisant, le Bénin a pris des engagements dont la relecture de son code de nationalité et son harmonisation avec les instruments internationaux de protection des apatrides, l’identification des apatrides sur son territoire et enfin, organiser des études pour déterminer les autres causes et surtout les sources spéciales d’apatridie sur son territoire. Depuis, le Bénin a fait beaucoup d’efforts dont notamment l’organisation par le bureau national du HCR des missions d’identification et de sensibilisation relatives à l’apatridie notamment à Karimama et Malanville, Kourou Koualou et dans la région ouest de Savalou frontalière au Togo. De même, le Bénin est le premier pays en Afrique à avoir adopter un plan d’actions d’éradication de l’apatridie, un plan d’actions qui s’inspire du plan global du haut commissaire pour l’éradication de l’apatridie ce qui vaut au Bénin d’être classé 3ème pays le plus engagé au monde pour l’éradication de l’apatridie. Ces performances du Bénin ont été régulièrement citées en exemple et le haut commissaire lors de son allocution à exhorter les Etats membres de la CEDEAO à adopter eux aussi un plan d’actions et surtout à l’exécuter.
La Côte d’Ivoire, seul pays de la CEDEAO à fournir les statistiques fiables relativement à l’apatridie a été citée elle aussi en exemple. Si le pays de Allassane Ouattara  n’a pas encore adopté de plan d’actions contre l’apatridie, il est cependant, le spécialiste sous régional  de recherches de solutions durables aux apatrides et de leur identification. A ce jour, les apatrides sont estimés à près d’un million pour la sous région ouest africaine avec 700.000 pour la Côte d’Ivoire seule. C’est donc une évidence que les statistiques vont exploser si tous les 15 Etats de la CEDEAO fournissent données précises en comptabilisant les apatrides in situ, les apatrides in jures et les personnes à risque d’apatridie dans un environnement de négligence et de mauvaise gestion des archives de l’état civil et de laxisme dans l’enregistrement de naissance, de personnes victimes de conflits des lois de nationalité des différents pays, des personnes abandonnées par les Etats dans les zones frontalières, etc . Enfin la Côte d’Ivoire a su se saisir de l’opportunité de la conférence régionale ministérielle qu’elle accueillait pour marquer un autre point fort par une exceptionnelle mesure coercitive de lutte contre l’apatridie et d’identification des apatrides. Ainsi, le 24 février 2015, soit au deuxième jour de la conférence, suite à la circulaire du même jour signée du ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité rappelant le décret n°62-64 du 20 février 1962 qui exige la présentation de la carte nationale d’identité (CNI) pour l’accomplissement des actes de la vie civile, le préfet Diakité Sidiki du département d’Abidjan, le directeur général adjoint de l’administration du territoire et le directeur général de l’Office national d’identification ont rencontré des représentants des organismes publics et privés le mercredi 25 février 2015 au District d’Abidjan-Plateau. Il était question pour eux, de sensibiliser ces organismes sur les dispositions à prendre pour la mise en application de cette circulaire. Cette nouvelle initiative forte et contraignante a été évoquée par le vice-président de la CEDEAO qui a invité les autres pays à prendre eux aussi des mesures visant à lutter efficacement contre l’apatridie.

Quant au Sénégal, il a le code de nationalité le plus complet, qui tienne le plus compte des dispositions internationales en matière d’apatridie.  Le tout nouveau code de nationalité du Sénégal est parfaitement harmonisé avec les conventions de 1954 et de 1961. Seule insuffisance détectée à ce jour, il ne règle pas la situation de nationalité des « talibés ».

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Lancement du rapport annuel 2014-2015 Amnesty international : La communauté internationale exhortée à protéger les civils

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Réponse scandaleuse et inopérante de la communauté internationale aux atrocités commises par des Etats et des groupes armés et souligne la nécessité d’un changement de méthode pour garantir la protection dans les conflits armés, une réponse à la menace des groupes armés et une mise en garde contre les lois antiterroristes draconiennes qui menace la liberté d’expression, c’est le thème du rapport annuel 2014-2015 d’Amnesty international qui a été lancé au chant d’oiseau de Cotonou, ce mercredi, 25 février 2015. Document de 493 pages, ledit rapport fait état  de la situation des droits humains dans 160 pays dans le monde dont 23 pays africains. Selon le président d’Amnesty international Wilfried Goudou, l’année 2014 a été marquée par plusieurs conflits auxquels les dirigeants de ce monde n’ont pas pu y faire face, faisant ainsi des milliers de civils blessés, tués ou contraints de fuir leur pays sans trouver refuge.

A cet effet, il a affirmé que les principaux acteurs de la communauté internationale doivent cesser de faire semblant qu’ils ne peuvent rien faire puisqu’ils ont les moyens et le pouvoir de mettre fin aux souffrances de millions de personnes dans le monde. En effet, fondées il y a de cela 70 ans pour que les atrocités de la de deuxième guerre ne se reproduisent plus, de violences massives se font aujourd’hui. Ainsi présentant le rapport annuel, le directeur par intérim d’Amnesty international Bénin, Epiphane Dossou a souligné que le cocktail détonant de conflits, de répression et d’impunité accentue progressivement l’instabilité dans une grande partie de l’Afrique occidentale et centrale. «Les Etats ne doivent pas empêcher les citoyens de s’exprimer ni les journalistes de faire leur travail. Le cas des manifestants pacifiques abattus au Burkina-Faso ou celui des journalistes emprisonnés en Gambie illustre clairement ce qui se produit  lorsque la liberté d’expression n’est pas protégée», a-t-il dit.

Les politiques répressives, la pauvreté, les inégalités, la marginalisation et l’exclusion constituent un terreau fertile pour les conflits aussi bien que la montée en puissance de groupes armés radicaux et de la prolifération constante des armes légères. Aussi, en 2014 plusieurs pays de l’Union africaine (Ua) se sont mobilisés en réclamant l’immunité pour les chefs d’Etats en exercice accusés d’infractions au regard du droit international. «Ce rejet de la Cour pénale internationale par l’Ua est susceptible de se poursuivre en 2015. Or une condition fondamentale à la paix, la sécurité et la justice est qu’ils cessent leurs actions concertée contre la Cpi», a-t-il mentionné. Il a aussi signalé que le retard de l’organisation des élections législatives, du projet de révision de la constitution et de la répression de la liberté d’expression au Bénin constituent des atteintes aux droits humains.

Aziz BADAROU

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Niamey au Niger : 9 morts, nouvelles manifestations anti-Charlie Hebdo

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Au Niger, les manifestations contre la dernière édition du journal "Charlie Hebdo" ont atteint un niveau de violence sans précédent. Au total, neuf personnes ont péri dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Les manifestations se poursuivent ce dimanche.

Le Niger ne compte pas décolérer face à la nouvelle Une du journal Charlie Hebdo qui a caricaturé le prophète. Les musulmans sont descendus dans les rues scandant des slogans hostiles au journal et à la France. Malgré les neuf morts qui sont à déplorer, vendredi et samedi, les gens sont encore descendus dans les rues, ce dimanche 18 janvier 2015, pour manifester.

Déjà vendredi 16 janvier 2015, à Zinder, la deuxième ville du Niger, outre le Centre culturel français de la ville nigérienne qui a été incendié, trois églises ont aussi été saccagées par les manifestants. La manifestation a dégénéré et fait quatre morts, notamment trois civils et un gendarme.

Ce samedi 17 janvier 2015, les manifestants sont encore descendus dans les rues, scandant des slogans hostiles à Charlie Hebdo et à la France. Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes près de la grande mosquée de Niamey, où se déroulaient les émeutes. Il y eu une violente riposte des forces de l’ordre face aux protestataires qui ont largué des pierre contre la police.

Dans la soirée de ce samedi, le Président nigérien Mahamadou Issoufou a effectué une sortie télévisée pour annoncer le morts de cinq autres personnes. L’ambassade de France à Niamey a demandé à ses ressortissants d’éviter toute sortie, alors que le Quai d’Orsay a appelé les Français présents au Niger à renforcer la vigilance. De son côté, le Président nigérien a annoncé l’ouverture d’une enquête, et promis de punir les auteurs de violences.

afrik.com

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David Vincent : « Les journalistes de Charlie Hebdo ne sont pas des martyrs de la liberté d’expression »

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Depuis ce midi (mercredi 7 janvier), on ne parle plus que de cela : vers 11h30, trois hommes armés ont froidement assassiné onze personnes, dont deux policiers.

Cet acte avait été méticuleusement préparé. Les auteurs savaient qui ils visaient et pourquoi. Les victimes sont plusieurs caricaturistes, et autres contributeurs, du journal Charlie Hebdo. Ce journal d’extrême gauche est notamment connu pour ses prises de position anti-religieuses. Si le christianisme est sa première cible, depuis quelques temps, les auteurs avaient aussi commencé à s’attaquer à l’islam, ce qui, comme ils ont pu le constater, est nettement plus dangereux. Leur dernier dessin était celui-là :

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Visiblement, la provocation de trop.

Cette tuerie a profondément choqué l’opinion publique et a immédiatement déclenché une vive émotion, aussi bien au niveau national qu’international. Spontanément, de nombreux rassemblements ont eu lieu, les communiqués de presse se sont multipliés et les réseaux sociaux sont saturés par cette affaire, chacun voulant manifester son soutien aux victimes. Le nouveau slogan à la mode étant « Je suis Charlie».
Pourtant, je ne vous cache pas que j’ai ressenti un certain malaise face à tout cela. Le drame suscite toujours une réaction émotionnelle qui occulte bien souvent notre faculté rationnelle. Ce n’est donc pas forcément le meilleur moment pour publier cet article et c’est pour cela que j’ai quelque peu hésité à le rédiger. Néanmoins, je m’y suis finalement décidé car je pense, qu’au-delà de ce fait divers tragique, des questions plus importantes peuvent être soulevées et c’est sur celles-ci que j’aimerais revenir. Deux points seront abordés : La valeur des vies humaines et la liberté d’expression.

La valeur des vies humaines
La mort est un drame

Tout d’abord rappelons que d’un point de vue chrétien, la perte d’une vie humaine, même celle de notre ennemi, est toujours un drame. Par la bouche du prophète Ezéchiel (chapitre 33 verset 11), l’Eternel déclare : « Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. »
Ainsi, même dans un cadre judiciaire, je suis par principe opposé à la peine de mort et je prône au contraire la justice restaurative (une invention mennonite dont j’aurai l’occasion de reparler). A plus forte raison, je suis donc opposé à toute forme de violence contre les êtres humains et je condamne, bien évidemment, avec la plus grande fermeté ces assassinats.
Toutes les vies ne se valent pas
Pour autant, je ne peux pas m’empêcher de constater une certaine injustice dans le traitement médiatique des morts. On rappelle, avec justesse, que c’est l’attentat le plus meurtrier en France depuis 1835, on en fait la une des journaux et on présente cela comme un drame national … pour au final onze morts. Onze morts de trop dira-t-on, oui je suis bien d’accord, mais en même temps qu’est-ce que onze morts à côté des milliers, des dizaines de milliers de victimes qui meurent actuellement dans l’indifférence la plus générale en Afrique, au Moyen Orient ou ailleurs ?
Je m’étais fait la même réflexion au moment de l’exécution d’un otage français par un groupe terroriste lié à l’Etat Islamique. Si la mort d’un être humain est toujours un drame, je ne peux pas m’empêcher de penser à la disproportion qui existe dans le traitement médiatique de cette affaire. Pendant plusieurs jours, on n’a parlé que de cela, alors que dans le même temps, l’Etat Islamique a exécuté plusieurs centaines de membres d’une même tribu (sunnite) sans que personne ne s’en soucie, en dehors de quelques spécialistes.
En dépit des belles déclarations théoriques, il faut bien constater que, dans la réalité, toutes les vies humaines n’ont pas la même importance.

La liberté d’expression
Une valeur fondamentale et un héritage à défendre

Le deuxième point qui me dérange est celui de la liberté l’expression. La liberté d’expression est certainement une des valeurs phares de notre République. Elle a été acquise au prix d’une lutte sanglante et doit être défendue. En France, la liberté d’expression est indissociable des philosophes des Lumières. Si en tant que chrétien je suis en désaccord avec leurs positions métaphysiques, en tant que chrétien j’approuve aussi leur combat pour la liberté sous toutes ses formes. Ne cachons pas les choses. Celui-ci a été en grande partie menée contre l’Eglise (et la monarchie, mais ce n’est pas mon sujet).
En effet, depuis plus de mille ans, l’Eglise s’était liée au pouvoir politique pour constituer un système religieux oppressif qui n’a pas hésité à mettre à mort les dissidents. Quand je dis « l’Eglise », je ne vise pas uniquement l’Eglise catholique, car les protestants, lorsqu’ils ont eu le pouvoir, n’ont pas fait mieux. Et d’une manière générale, tout en étant profondément croyant, je pense que lorsqu’une religion, quelle qu’elle soit, a eu le pouvoir, elle l’a toujours mal utilisé. Imposer des opinions religieuses par la force est certainement une des plus grandes erreurs de l’humanité. Au contraire, la foi authentique s’acquiert par une conviction personnelle et intérieure. En ce sens, le combat des philosophes des Lumières a été extrêmement profitable pour les croyants eux-mêmes.
Oui, il faut pouvoir discuter et débattre de tout. Oui, on peut critiquer intellectuellement les dogmes, les personnages et les textes d’une religion et je suis convaincu que le débat intellectuel, mené en toute honnêteté, est toujours profitable.

Du bon usage de la liberté d’expression

Mais justement, Charlie Hebdo n’est pas dans ce débat intellectuel. Charb n’était pas Voltaire et Cabu n’était pas Diderot. Charlie Hebdo c’est la vulgarité, la grossièreté, l’obscénité, le mauvais goût, la provocation gratuite, « bête et méchante ». Tout le contraire de la vraie liberté d’expression. Charlie Hebdo, c’est la liberté d’expression dévoyée, détournée et mal utilisée.

Censure et responsabilité personnelle

Que l’on soit bien d’accord. Je n’appelle à aucune forme de censure, ni de limite de la liberté d’expression par des voies étatiques. Je pense que les lois coercitives et liberticides ne sont pas une solution, aux problèmes en général, et à ce problème en particulier. Au contraire, il me semble que la solution passe avant tout par une auto-responsabilisation. En effet, le droit à la liberté d’expression ne peut être pleinement profitable que s’il est utilisé à bon escient, avec sagesse. Critiquer oui, mais à condition que cette critique soit réfléchie et intelligente.

La réplique du sage

Enfin, j’aimerais terminer en précisant un dernier point. A titre personnel, je ne suis pas choqué par les caricatures quelles qu’elles soient, y compris celles qui peuvent viser Dieu, qui est pourtant pour moi, en tant que chrétien, la personne la plus importante. Je pense en effet que ceux qui s’attaquent à Dieu et à la religion sont bien plus à plaindre que moi.
Toutefois, je comprends que des croyants, quelle que soit leur religion, puissent être choqués. Néanmoins, j’aimerais leur dire que dans ce cas, la meilleure chose à faire est tout simplement d’ignorer ces moqueries. Cela ne sert à rien de rentrer dans la polémique car celle-ci n’entrainera que du ressentiment et de la colère, et toutes ces émotions conduiront très vite la violence.
« Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. » Epître aux Romains 12:17

Conclusion

Pour conclure, je dirai que si la perte d’une vie humaine est toujours regrettable, je trouve en revanche que les réactions vis-à-vis de ce drame sont complètement disproportionnées au regard des autres tragédies qui se déroulent actuellement dans le monde.

Par ailleurs, quitte à choquer, je refuse de considérer ces caricaturistes comme des « martyrs de la liberté d’expression ». Non, les journalistes de Charlie Hebdo ne sont pas des martyrs de la liberté d’expression, juste des provocateurs imbéciles tombés sur plus bête qu’eux.

David Vincent

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Mali : Le président Kéita promet une université internationale à Tombouctou

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« Pour marquer dans du marbre mon ambition pour le Mali et matérialiser le rêve que je nourris pour sa jeunesse, j’ai décidé de lui offrir l’Université internationale de Tombouctou » déclaré Ibrahim Boubacar Keïta au cours de ses traditionnels voeux à la Nation.

Baptisée UNI-T, l’Université internationale de Tombouctou sera, selon le chef de l’Etat, « érigé sur les sables mythiques de la Cité mystérieuse, dans le voisinage immédiat des 333 saints Promettant à ses concitoyens « un joyau architectural », IBK voit dans ce projet « le remède contre l’obscurantisme, l’endroit où les étudiants du monde entier, dans un univers multilingue, viendront recevoir ce que nous sommes et donner ce qu’ils sont. »

Ville-musée regorgeant de centaines de milliers de manuscrits anciens, Tombouctou a abrité, à son apogée au XVème siècle, une université et près de 185 écoles coraniques qui dispensaient diverses matières (théologie droit, astrologie etc.) à plus de 25 000 apprenants de tous âges et de tous horizons, rappelle l’Agence de Presse Africaine.

Sélection : agence ecofin

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Mogho Naba : Le Chef des Mossi et chef spirituel du Burkina

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Le Mogho Naba est un souverain très respecté. Il est le gardien des coutumes, le chef suprême de l'administration, de l'armée et de la justice de l’empire. Il est assisté dans la gestion du pouvoir par un conseil dont les membres sont : Le Tansoba, deuxième personnalité de l'empire, chef de la guerre ne résidant pas à Ouagadougou. Il devra mourir sur le champ de bataille en cas de défaite ; Le Ouidi Naba, chef de la cavalerie ; Le Goungha Naba, chef de l'infanterie ; Le Baloum Naba, l'intendant et porte-parole de l'empereur. Son ancêtre était un neveu de la famille du Mogho Naba, Le Larlé Naba, chef des tombes royales, Le Kamsonghin Naba, chef des eunuques, Le Dapoya Naba, chef de la sécurité du Mogho Naba. A sa mort, c’est en principe son premier fils (le Nabikeega=fils aîné) qui lui succède s’il le mérite.

Le Mogho Naba est le descendant de la princesse Yennenga, mère du peuple Mossi, il est de la longue lignée des Ouédraogo fondateurs du Royaume Mossi. La liste des Mogho Naba de Ouagadougou, ainsi que le temps de règne sont récité chaque matin à l'arrivée de ce dernier.

L’actuel roi des Mossi, le Naba Baongon, est sur le trône depuis le 21 décembre 1982. Son véritable nom à l’état civil n’est jamais révélé au grand public et il est d’ailleurs formellement interdit de le prononcer. Nous avons eu l’honneur de le rencontrer durant notre séjour. Le palais du roi appelé Panghin, s’étend sur une superficie d’environ 15 hectares et est situé à Ouagadougou dans le quartier Bilbalogho. Ce fut une audience assez courte d’une dizaine de minutes, qui nous a toutefois édifiés. A cette audience, le roi était richement vêtu de sa tenue traditionnelle Faso Dafani et entouré, comme il est de coutume, de quelques enfants appelés Songda (serviteurs) et de son neveu qui a servi d’interprète pour l’occasion. Ce n’est pas que le Mogho Naba ne comprend pas le Français, mais il n’est pas admis qu’il s’exprime dans une autre langue que le Mooré. Des confidences faites par notre contact, nous retiendrons que le présent roi des Mossi incarne aujourd’hui et plus encore depuis les événements d’Octobre 2014, une grande autorité morale, un grand sage que l’on vient consulter pour toutes décisions importantes liées à la vie de la Nation. La cour du Mogho Naba a vu défiler au cours de la crise, des ténors de la vie politique Burkinabé avec en tête l’ancien président Blaise Compaoré, pour des conseils. L’opinion publique confère au Palais du Mogho Naba, pratiquement les mêmes attributions qu’une Ambassade, ce qu’on pourrait qualifier d’enclave diplomatique.

Le Mogho Naba : un « poète sportif »

On nous dit également que le Mogho Naba est un poète, à ses heures perdues. A défaut d’avoir pu les lire pour apprécier, nous avons juste eu la possibilité d’entrevoir de loin, les cadres accrochés au mur et qui contiennent ses écrits imprimés. Le Mogho Naba actuel fut par ailleurs, un grand footballeur. Ne pouvant plus exprimer toute l’étendue de son talent sportif sur le terrain, il se contente aujourd’hui de collectionner des ballons, des maillots, et autres accessoires lui permettant d’être toujours en connexion avec sa passion. Tous ces objets en plus de certains vestiges de la colonisation, sont réunis dans un musée qui jouxte le palais. Il parait que de grands joueurs comme Samuel Etoo, Didier Drogba, pour ne citer qu’eux, ne manquent pas de venir le visiter pour dédicacer leurs maillots.

D.I.S
Envoyée spéciale au Burkina-Faso

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A la découverte d’un média burkinabé : Radio OMEGA, «l’information en temps réel»

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En moins de trois années, elle a réussi à s’imposer dans l’univers médiatique Burkinabé comme la radio incontournable en matière d’infos « fraiches » et de proximité ! Radio Omega est  la coqueluche. Elle se targue même d’être la première sur « l’info africaine » démystifiant ainsi RFI sur le territoire du Faso. Radio Oméga, s’est faite véritablement remarquée par sa couverture des mouvements insurrectionnels d’octobre 2014, par sa livraison d’informations à chaud et à la minute près, grâce à des correspondants essaimés dans tout le pays. La jeune station tisse également son réseau de correspondants en Afrique dans les pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, le Nigeria et le Bénin.

Son slogan illustre bien les ambitions et la vision de son promoteur qui n’est rien d’autre que le correspondant de Rfi au Burkina Faso, Alpha Barry : « Radio OMEGA, l’info en temps réel ». Des jingles percutants, des voix toniques, une équipe de jeunes dirigée de « voix de maître » par Jean Paul Badoum. Cet ancien journaliste de la RTB, de la radio municipale de Ouagadougou et de Fréquence Espoir notamment, cumule une vingtaine d’années d’expériences dans le métier qu’il met avec grand enthousiasme au service d’un personnel fort d’une dizaine d’animateurs et de journalistes. Jean Claude Badoum est fier quand il proclame « Tout commence par l’info et tout finit par l’info ». Radio Oméga est sur 103.9 à Ouaga et 104.7 à Bobo Dioulasso et vous pouvez également écouter cette radio en ligne sur www.omegafm.net.  

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D.I.S
Envoyée spéciale au Burkina-Faso

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