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Société

Atelier régional Alcao pour la lutte contre les produits stupéfiants : La promotion des échanges entre pays côtier au cœur des travaux

alcao

Les experts de cinq pays de l’Afrique de l’Ouest qui ont en partage l’Océan Atlantique séjournent à Cotonou depuis hier dans le cadre de l’atelier régional consacré à l’échange d’informations dans le but de mener avec plus d’efficacité la lutte contre les produits stupéfiants.

C’est le Colonel Bruno Manin, attaché de sécurité intérieure près  l’ambassade de France au Bénin qui a planté le décor. Pour lui, il est important que les pays riverains à savoir la Côte-d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria se serrent les coudes dans la lutte contre ce fléau, car, dira-t-il, « aucun pays n’est capable de lutter tout seul contre les produits stupéfiants ». A l’en croire, il ne suffit pas que les forces de sécurité intérieure travaillent en concertation pour venir à bout de ce phénomène. Il faut nécessairement que leurs stratégies soient couplées avec celles de la coopération régionale. Ce séminaire vise donc à promouvoir l’échange de renseignements c’est-à-dire la réception et la transmission rapide de l’information afin de mettre les trafiquants hors d’état de nuire.

Même objectif recherché du côté du directeur général adjoint de la police nationale, le Gl Nazaire Hounnonkpè. « Si l’ambassade de France a voulu nous embarquer ensemble, c’est pour que nous tissions une toile d’araignée afin que les criminels ne puissent plus contourner le dispositif de sécurité », a-t-il souligné. Le numéro 2 de la police nationale a tenu à rappeler aux experts que c’est la consommation de la drogue qui constitue le socle des problèmes d’insécurité. « Vous constituez un maillon très important dans la mise en œuvre du mécanisme de paix », a-t-il martelé avant de déplorer la lourdeur des procédures administratives qui font que bien souvent les délinquants ont une longueur d’avance sur les forces de sécurité chargées de les traquer. C’est pour cela qu’avant le début des travaux, il a lancé cet appel : « au cours de ce séminaire de 48h, il vous appartiendra de créer la voie de contournement des procédures administratives contraignantes afin que les trafiquants de tous ordres soient facilement rattrapés dans leur course ».

Il n’en fallait pas plus pour que le Commandant Jacques-Olivier Jamet, expert technique, conseiller du directeur général de la police nationale et coordonnateur régional du Fonds de solidarité prioritaire pour l’Appui à la lutte contre le trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest (Fsp Alcao) lance officiellement les travaux prévus pour s’achever ce jour.

M.N

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Préservation et gestion durable des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest : Le Fonds pour l’environnement mondial outille ses points focaux

environnement

Il est organisé par le Fonds pour l’environnement mondial, un atelier au profit des pays de la circonscription côtière Ouest Africaine. Cet atelier permettra au fonds de mieux outiller ses points focaux à travers des échanges d’expériences afin d’apporter une réponse appropriée aux différents problèmes environnementaux qui se posent à l’Afrique.

L’objectif de l’atelier de la circonscription Ouest-Africaine du fonds pour l’environnement mondial est d’informer plus amplement les participants, les points focaux des politiques et procédures du Fonds pour l’Environnement Mondial et de partager avec le personnel du secrétariat du fonds et des agences, les questions prioritaires, les leçons apprises et les expériences capitalisées dans les domaines de développement et de mise en œuvre de projets et programmes. Il sera question de débattre au cours des trois jours, des sujets relatifs à la biodiversité, aux changements climatiques, à la dégradation des sols, à la désertification, aux eaux internationales, aux produits chimiques, aux déchets et à la gestion durable des forêts. Les différents débats devront permettre, à terme, de mutualiser les expériences, de prendre des mesures appropriées pour contrer les menaces pour la vie sur terre et surtout de prendre de bonnes résolutions pour une utilisation rationnelle des ressources en raison de la vulnérabilité  des écosystèmes des pays de l’Afrique de l’Ouest.  Pendant trois jours donc, les participants venus des pays tels que la Côte d’ivoire, le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Nigéria, la Sierra Léone, le Togo et le Bénin vont confronter leurs idées sur la base des expériences vécues pour en dégager des solutions appropriées pour faire convenablement face aux défis environnementaux qui se posent à l’Afrique.

William Ernest Ehlers, ambassadeur du fonds pour l’environnement mondial, s’est dit heureux de la tenue de la réunion de la circonscription côtière Ouest-Africaine, car cette occasion permettra aux points focaux du Fem de faire un partage d’expériences qui les renforcera dans l’accomplissement de leur mission sur le terrain.

Le ministre de l’Environnement Théophile Worou a témoigné la reconnaissance du Bénin à la Présidente directrice générale du Fem pour le choix porté sur le Bénin pour abriter pour la deuxième fois, la réunion de la circonscription côtière Ouest-Africaine, cela témoigne de la vitalité de la coopération entre le Bénin et cette institution qui est le principal mécanisme de financement des projets et programmes visant à améliorer l’état environnemental de la planète en soutenant les initiatives de développement durable. Pour le ministre de l’Environnement, les échanges d’expériences pour les pays de l’Afrique de l’Ouest constituent un facteur d’enrichissement commun et il est urgent qu’à la veille de la tenue de la Cop 21 sur les changements climatiques, que les pays africains mettent en synergie leurs efforts et regardent dans la même direction. C’est par des mots de remerciement à l’endroit du fonds pour les efforts consentis en vue de la préservation et de la gestion durable des ressources naturelles dans les pays ouest africains que le ministre de l’Environnement Théophile Worou a procédé à l’ouverture des travaux de l’atelier élargi de la circonscription côtière Ouest-Africaine du fonds pour l’environnement mondial.
 
Max CODJO

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Protection et gestion des éléphants d’Afrique : Les états membres de la CITES réfléchissent sur la problématique

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Une réunion de la coalition pour les éléphants d’Afrique se tient à Cotonou. Il s’agira pendant 72 heures de faire le point sur la situation de la protection des éléphants d’Afrique sur le continent. Les travaux de cette réunion de grande importance pour la survie des éléphants ont été ouverts par le ministre de l’environnement Théophile Worou.

Evaluer les efforts de préservation, de gestion et de conservation des éléphants d’Afrique et réfléchir pour proposer de nouvelles mesures à mettre en œuvre pour une meilleure protection des éléphants d’Afrique. Tel est l’objectif de la réunion de la coalition pour les éléphants réunit pour soixante douze heures les délégués de plusieurs pays africains de l’aire de répartition de l’éléphant .d’Afrique. Il s’agira plus concrètement pour les participants de réfléchir pour trouver les propositions et mécanismes nécessaires pour barrer la route au braconnage et autres pratiques qui menacent dangereusement la population des éléphants d’Afrique. Parce qu’il faut à tout prix sauver les éléphants pour ne pas les voir disparaître. Les 26 Etats se réunissent donc à Cotonou, au Bénin, afin de discuter d’une stratégie coordonnée pour atteindre le but de la Coalition qui est de protéger et sauvegarder les éléphants.

En 2016 se tiendront deux réunions importantes de la Convention sur le commerce International des espèces de faune et de flore menacés d’extinction (CITES). Il s’agit de la 66ème réunion du comité permanent et la 17ème Conférence des parties. Au cours de ces deux rencontres, l’éléphant africain sera l’un des points centraux à l’ordre du jour, les solutions et propositions de Cotonou pour la protection de l’éléphant doivent être défendues pour être prises en compte dans les décisions qui découleront  de ces deux sommets qui auront un impact direct sur l’avenir de cette espèce.

Théophile Kakpo, directeur général des forêts,  ressources naturelles et forestières du Bénin, dans son mot de bienvenue, a remercié la fondation Franz Weber pour les différents efforts consentis en faveur de la prévention des éléphants d’Afrique et surtout l’organisation de nombreux évènements en faveur des éléphants. Aussi a-t-il rassuré les participants du soutien de sa direction pour toutes les actions qui visent à protéger l’éléphant qui sont objets de convoitise à cause de son ivoire.

Vera Weber, présidente de la fondation Franz Weber, dira après les remerciements à l’endroit du ministre de l’environnement et son équipe pour l’accompagnement dans l’organisation de la réunion, que l’éléphant « miracle d’intelligence et monstre de la matière » sera au cœur des préoccupations pendants les trois jours de la réunion. Car, c’est une espèce qui a été sauvé in extrémis de la disparition grâce à l’interdiction du commerce de l’ivoire par la Conférence des Parties de la CITES. Il est urgent d’agir pour sauver les éléphants car, des milliers d’éléphants tombent sous les balles et des flèches empoisonnées des braconniers. La protection de l’éléphant ne doit souffrir d’aucune ambiguïté et doit se mener sans complaisance à l’égard de toutes les filiales du commerce de l’ivoire, c’est la seule façon d’éviter la disparition de l’éléphant.

Le président de la coalition pour les éléphants d’Afrique, Benoît Domba a salué la présence des délégués des pays membres, ce qui témoigne pour lui, de l’engagement de ces derniers pour la cause de l’éléphant. La réunion de Cotonou est l’occasion de proposer des solutions pour la conservation et la sauvegarde des éléphants, c’est pourquoi, les différents Etats doivent unir leurs forces pour envoyer des messages forts aux prédateurs des éléphants.

Procédant à l’ouverture des travaux de la réunion, le ministre béninois de l’environnement, Théophile Worou, s’est réjoui de la tenue d’une rencontre de ce genre avec pour thème principal, l’éléphant. Pour lui, nul doute que l’éléphant est une espèce victime d’assauts répétés des braconniers pour son ivoire, très prisée par l’Asie et les nombreux abattages d’éléphants constituent une menace grave de disparition. La rencontre de Cotonou doit permettre aux états de trouver les solutions qui s’imposent pour mener avec efficacité la lutte contre la criminalité environnementale. Il n’a pas manqué de solliciter le soutien de la communauté internationale pour que cette lutte donne des résultats positifs et a rappelé que le Bénin joue bien sa partition dans la protection et la conservation des éléphants à travers la signature de plusieurs protocoles qui visent la protection de l’éléphant. Il a pour finir souhaité une synergie d’actions entre tous les pays notamment les 26 pays de l’aire d’éléphants pour une meilleure protection de la population d’éléphants.

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Célébration des 70 ans de l’Onu : Des avancées notables, de nouvelles perspectives pour l’atteinte des Odd

onu

Instituée le 24 octobre 1945, l’Organisation des Nations Unies (Onu) a célébré à travers le monde entier, son 70ème anniversaire. Tout comme dans les autres pays membres, les activités commémoratives de cette célébration ont eu lieu au Bénin du jeudi 22 au samedi 24 octobre 2015. C’était en présence des membres du corps diplomatique, et de plusieurs acteurs de la société civile et autres autorités politico administratives.

Cette célébration a démarré par un déjeuner de presse organisé dans les locaux de Novotel hôtel. Occasion pour le Coordonnateur résident du Système des nations unies et représentante résidente du Pnud et ses collègues d’évaluer les efforts consentis au Bénin. Pour cet exercice bilan avec les professionnels des médias, plusieurs points ont été abordés surtout en matière de lutte pour la croissance et la réduction de la pauvreté notamment dans les domaines de la paix, la sécurité, la santé, l’agriculture, le développement et les droits de l’homme. Tour à tour, chacun des représentants résidents des différentes agences a présenté à la presse, un bilan succinct  de sa mission au Bénin.  En face des journalistes et autres invités, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations unies et représentante résident du Pnud, Rosine Sori Coulibaly ; le représentant résident de la Fao, Dr Tiémoko Yo, la représentante de l’Oms, Dr Triphonie Nkurunziza ; la directrice de l’Onusida au Bénin, Marie-Margarète Molnar ; le représentant du Programme alimentaire mondial, Housainou Taal, le représentant adjoint du Pnud, Gilbert Poumangue ; la représentante de l’Unicef, Dr Anne Vincent et le représentant de l’Unfpa, Dr Koudaogo Ouédraogo.

Les manifestations officielles

Au cours de la 2ème journée de la célébration déroulée à l’hôtel Azalai le vendredi 23 octobre 2015, une forte délégation du gouvernement béninois était aux côtés de l’équipe pays du système des nations unies. Après un documentaire projeté aux invités sur les progrès et succès, secteur par secteur du Système des Nations unies, une plate-forme pour accéder au fonctionnement de l’Undaf a été présentée. Pour les ministres d’Etat Géro Amoussouga et Saliou Akadiri, respectivement chargés des Omd et Odd puis des Affaires Etrangères, la poursuite des efforts pour l’atteinte des objectifs du développement durable devra être une priorité dans le programme des Nations Unies. La principale information à retenir est que le gouvernement à attribué un vaste domaine situé sur le boulevard de la Marina pour abriter le siège du Système des nations unies au Bénin.

Il faut souligner qu’à l’occasion de la célébration des 70 ans de l’Onu, un concours a été organisé au profit des professionnels des média béninois. A l’arrivée, quatre de la presse audiovisuelle et écrite ont été primés.

Le fonctionnement de l’Onu au Bénin en bref

Le système des Nations unies contribue de façon harmonisée au développement du Bénin en se basant sur le Plan cadre des Nations unies pour l’assistance au développement (Undaf). Actuellement, cet accord cadre couvre la période 2014-2018 constituant le Programme du Système des Nations unies au Bénin. Ilest structuré autour de plusieurs axes de coopération tels que: la croissance inclusive, la sécurité alimentaire, l’éducation de base, la santé, la gouvernance, la protection contre la vulnérabilité sociale, l’environnement, la gestion des catastrophes et changements climatiques, etc.

Loth HOUSSOU

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Discours du Directeur Général de la FAO en prélude aux manifestations entrant dans le cadre de la Jma 2015.

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Briser les chaînes de la pauvreté rurale une fois pour toutes

Le 16 octobre, Journée mondiale de l’alimentation, le monde aura beaucoup à célébrer. En tant que communauté mondiale, nous avons fait de réels progrès dans la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde au cours des dernières décennies. La plupart des pays suivis par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – 72 sur 129 – ont atteint la cible des Objectifs du Millénaire pour le développement consistant à réduire de moitié la prévalence de la sous-alimentation dans leurs populations à l’horizon 2015. Parallèlement, la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les régions en développement a aussi considérablement baissé – de 43% en 1990 à 17% cette année.

Mais les progrès ont été inégaux. Sur le plan mondial, environ 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim chronique. Et près d’un milliard de personnes restent pris au piège de la pauvreté extrême.

Ainsi, malgré des progrès importants, nous sommes toujours confrontés au problème de la faim et de la pauvreté – même en période d’abondance. Certes, la croissance économique, en particulier dans l’agriculture, a été essentielle pour faire baisser les taux de pauvreté et de la faim. Mais cela ne suffit pas, parce que trop souvent, cette croissance n’est pas inclusive.

Conscients de ce fait, de nombreux pays en développement ont mis en place des mesures de protection sociale – offrant régulièrement aux populations un soutien financier ou en nature, ou l’accès aux programmes d’entraide – étant convaincus que ce sont les premières actions nécessaires pour lutter contre la pauvreté et la faim.

Maintes études ont montré que les programmes de protection sociale ont réussi à réduire la faim et la pauvreté. Par exemple, en 2013 seulement, ces mesures ont permis à quelque 150 millions de personnes de sortir de l’extrême pauvreté.

Ce qui pourrait surprendre, c’est que ces programmes font plus que simplement pallier l’insuffisance des recettes. Ils ne sont pas une aumône permettant aux gens de faire du surplace. Ils sont un coup de main qui peut leur ouvrir une voie rapide vers l’autosuffisance.

La plupart des pauvres et des affamés du monde sont des familles rurales dont le repas quotidien et les moyens de subsistance dépendent de l’agriculture. Pour ces petits exploitants familiaux et travailleurs ruraux, c’est souvent une question de survie dans l’instant présent. Ils n’ont d’autre choix que des approches à faible risque-faible rendement en matière de génération de revenus, peu d’investissement dans l’éducation et la santé de leurs enfants et sont souvent contraints à adopter des stratégies d’adaptation négatives telles que la vente de leurs pauvres biens, la mise au travail des enfants, ou la réduction de la consommation alimentaire pour réduire les dépenses. Ils sont pris au piège du mode de survie. La pauvreté et la faim deviennent intergénérationnelles – et apparemment un phénomène inéluctable.

Il ne doit pas en être ainsi.

Nous savons aujourd’hui que des transferts d’argent aux ménages pauvres, ne serait-ce que de petites sommes, peuvent, lorsqu’ils sont réguliers et prévisibles, servir d’assurance contre ces risques qui ont tendance à les dissuader de poursuivre des activités plus rentables ou qui les conduisent à adopter des stratégies négatives de réduction du risque. La protection sociale permet aux ménages pauvres et vulnérables de faire des prévisions à long terme, leur offrant l’espoir et la capacité de planifier pour l’avenir.

Et loin de créer une relation de dépendance, les preuves montrent que la protection sociale augmente à la fois les activités agricoles et non agricoles, renforçant les moyens de subsistance et améliorant les revenus. La protection sociale favorise également davantage d’investissements dans l’éducation et la santé des enfants et réduit le travail des enfants. La protection sociale augmente le pouvoir d’achat des pauvres qui peuvent consommer des biens et services produits surtout au niveau local, créant ainsi une spirale d’expansion économique locale. Les programmes de protection sociale sont aussi un moyen pour les collectivités d’avoir plus d’infrastructures et autres ressources – par exemple, des systèmes d’irrigation construits dans le cadre des activités argent contre travail.

La plupart des pauvres et des affamés du monde vivant toujours dans les zones rurales et dépendant toujours de l’agriculture, l’idée de jumeler la protection sociale avec les programmes de développement agricole est indiscutable. C’est pourquoi la FAO a choisi Protection sociale et agriculture : briser le cycle de la pauvreté comme thème de la Journée mondiale de l’alimentation cette année.

Mais une chose est de savoir quoi faire, le faire réellement en est une autre. Pour briser les chaînes séculaires de la pauvreté rurale une fois pour toutes, le monde a besoin d’agir avec plus d’urgence – et de façon plus décisive.

L’engagement politique, un financement adéquat, des partenariats et des actions complémentaires dans le domaine de la santé et l’éducation seront des éléments clés de la transformation de cette vision en réalité concrète. Les cadres de politique et de planification pour le développement rural, la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la nutrition doivent promouvoir le rôle conjoint de l’agriculture et de la protection sociale dans la lutte contre la pauvreté et la faim, avec un spectre plus large d’interventions, notamment en matière de santé et d’éducation.

En joignant nos efforts, en utilisant les connaissances et les outils à notre disposition – sans nous ruiner –, nous pouvons éradiquer la faim chronique d’ici à 2030. Et alors, ce serait vraiment une bonne raison de célébrer.

* Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

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Participation du Dg/Anpe au programme IVLP aux Usa : Maixent Djeigo s’engage à renforcer le dispositif des Bpc

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(Développer l’esprit d’entreprise par l’implémentation de Junior achievement)
Le Directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi, Didier Maixent Djeigo a participé du 14 septembre au 2 octobre 2015 au Programme de Leadership des Visiteurs Internationaux (International Visitors Leadership Program : Ivlp) aux Etats-Unis. Ceci sur invitation du Département d’Etat des Etats-Unis d’Amérique. Le thème de la présente édition de l’Ivlp est « le Développement des affaires pour les entrepreneurs ».

Initié et administré depuis 1940 par l’Institute of International Education (IIE), l’Ivlp vise à instaurer une compréhension mutuelle entre les Etats-Unis et d’autres nations grâce à des visites professionnelles aux Etats-Unis soigneusement préparées pour des dirigeants étrangers d’aujourd’hui et de demain. Ces visites reflètent les intérêts professionnels des visiteurs et appuient les objectifs de la politique extérieure du gouvernement des Etats-Unis.  

Durant trois semaines de travail, les participants ont  abordé différents sujets avec des experts et des chercheurs  à savoir : l’organisation administrative des Etats-Unis, le rôle de l’Etat fédéral et les relations de l’exécutif avec les Etats fédérés créant chacun en son sein un éco système favorable au développement local et à la promotion de l’entreprise d’une part et d’autre part l’importance de l’entrepreneuriat représenté par le poids et les moyens de la SBD (Smol Business Administration), l’appui aux startup et aux PME,  les centres de développement des entreprises, l’entrepreneuriat féminin, le financement des entreprises,  les incubateurs et accélérateurs, le leadership et le volontariat.

Les échanges et débats qui suivaient chaque exposé ont permis aux uns et aux autres  de toucher du doigt l’efficacité du secteur des affaires dans la création d’emploi et dans la réduction de la pauvreté dans le monde, de comprendre comment  le respect des normes  juridiques et réglementaires  permettent aux entrepreneurs de prospérer, de savoir les politiques susceptibles de décourager les entrepreneurs, de pouvoir reconnaitre les barrières sociales auxquelles font face les entrepreneurs, notamment les femmes et les autres groupes défavorisés, ainsi que les solutions  pratiques pour surmonter ces restrictions ; et enfin d’être édifiés sur les divers types et modèles d’entreprises. Les différentes communications et exposés se sont déroulés dans les villes de Washington et de Pennsylvanie du 12 au 20 Septembre.

La rencontre a été également marquée par des descentes sur le terrain du 20 au 24 Septembre 2015. Une activité qui s’est déroulée simultanément dans trois villes que sont : Kansas City dans le  Missouri, Cleveland dans l’OHIO et Dallas dans le Texas. Le Bénin a fait partie du groupe qui avait pour destination, la ville de  Kansas City.
  

Découverte d’associations d’entrepreneurs...

Dans leur périple à travers la ville de Kansas City, le Directeur général de l’Anpe et ses collègues ont eu à échanger avec divers regroupements et associations d’entrepreneurs : les femmes de « Américan Business Women’s Associaition (ABWA) ; qui est une association réunissant des femmes d’horizons professionnels différents et qui travaille à les aider à progresser par le leadership, l’éducation, la mise en réseau, le soutien et la reconnaissance nationale. Le Junior Achievement (JA) qui est un organisme chargé de la préparation des étudiants à la vie professionnelle, à l’entrepreneuriat, et à l’éducation financière par des programmes axés sur la pratique. L’expérience des bénévoles aux Etats-Unis a  également été partagé. Sans oublier  les prises de contact avec « the Women’s Business Center  (WBC)» qui développe, consulte et soutient les femmes entrepreneurs, « The Women’s Capital Connection » un réseau local de femmes reconnues comme des investisseurs providentiels. Le groupe a aussi visité un village de Startup de même que la fibre optique de GOOGLE  en expérimentation à Kansa City.  

Partage d’expériences...

La dernière manche du séjour a été les étapes de Portland dans l’Oregon et de la Nouvelle-Orléans dans la Louisiane.  Outre le travail sur  les incubateurs de l’entreprenariat social et la micro entreprise, cette étape a permis aux participants d’apprendre non seulement sur le concept de vente multiniveau ou de vente par réseau mais également de partager les expériences entre pays africains et surtout de mettre sur pied un réseau de partage d’idées sur des projets que chaque participant entend  mettre en œuvre une fois de retour dans son pays d’origine. Ainsi, le Directeur Général de l’Anpe envisage déjà plusieurs initiatives dont trois principales à savoir : renforcer le dispositif des Business Promotion Center (BPC) en créant en leur sein des incubateurs ; développer l’initiative à l’esprit d’entreprise chez les plus jeunes par l’implémentation de Junior Achievement à partir des écoles primaires et améliorer l’accès des femmes et des personnes handicapées aux initiatives de l’Etat.

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Drame de Mina : Les raisons de la bousculade, selon des témoins

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Les raisons de la bousculade de Mina qui a entrainé le décès de plusieurs pèlerins musulmans sont désormais connues. Les survivants au drame ont également commencé depuis la semaine dernière par regagner leurs pays respectifs. Mais le nombre exact de béninois disparus dans ce drame reste toujours inconnu.

Le pèlerinage à la Mecque édition 2015 a été endeuillé par la mort de près d’un millier de pèlerins venus des quatre coins de la planète. Ceci suite à une bousculade  survenue au cours du rituel de la lapidation de Satan, dans la vallée de Mina. Ainsi, plusieurs fidèles musulmans ont péri en terre sainte d’Arabie Saoudite le jeudi, 24 septembre 2015, ce jour où la communauté musulmane célébrait l’Aid El Kabir (Tabaski). Mais les raisons de cette tragédie sont restées durant tout le « Hadj » inconnues de tous. Ainsi, plusieurs sources imputaient la responsabilité du drame au Prince héritier du royaume puis d’autres accusaient les pèlerins africains d’avoir été à l’origine de la bousculade. Les vraies raisons du drame sont désormais connues notamment avec le retour des pèlerins béninois au bercail.

Les vraies raisons du drame de Mina…

Il s’agit d’une organisation bafouée ou avec une certaine légèreté de la part de l’Arabie saoudite. Déjà à sa descente de l’avion à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, El Hadja Isbath Waidi, le cœur meurtri, avait dénoncé le fait sans aucune retenue. Les mêmes raisons ont été également évoquées par El Hadj Djibril Issifou sur la chaine de télévision Canal 3 ce dimanche, 11 octobre 2015. De quoi s’agit-il en réalité ? En effet, le jet de pierre au diable est l’un des rites les plus importants du pèlerinage musulman et cette étape ne se déroule qu’à Mina. De même, ce rite est prévu, selon les prescriptions de l’Islam, pour se tenir au lever du jour. Il fallait donc que plus de 2 millions de pèlerins venus en terre sainte pour l’accomplissement du cinquième pilier de l’Islam se retrouvent tous à cet endroit au même moment pour ce rite. Les pistes étant trop restreintes au regard du nombre des pèlerins, il a été donc constitué plusieurs rangs. Le mal est qu’au niveau de l’organisation en terre saoudienne, on n’a pas pu prendre les mesures qui s’imposent pour éviter un risque de croisement au cours de cette étape. C’est donc une légèreté qui a entrainé le pire. Le drame était donc survenu lorsque ceux du premier rang, après la lapidation du diable, croisaient à leur retour ceux qui y allaient. Etant en rangs serrés, il a fallu juste qu’une seule personne tombe et la bousculade était inévitable. Plusieurs âmes périssaient donc le jour de la grande fête musulmane.

Le nombre exact de béninois disparus toujours inconnus

La coordination nationale du Hadj 2015 serait-elle en train de se dérober à sa mission ? En effet, pendant que plusieurs pays mettaient une ligne verte à la disposition des parents des pèlerins pour plus d’informations, le Bénin n’est visiblement pas allé au-delà des premières estimations quant au nombre de décès et de disparus. Même si l’on peut comprendre que les conditions de décès ne permettent pas de savoir avec exactitude l’identité des disparus, il serait bien qu’avec le convoyage retour des pèlerins, les chiffres exacts soient encore rendus officiellement publics pour ce qui est du Bénin.

Aziz BADAROU

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Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc : « Je suis optimiste pour la fin de la défécation à l’air libre »

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Rencontré au cours de la 4ième Conférence africaine sur l’assainissement de Dakar, le Directeur  exécutif du Conseil de concertation pour l'assainissement et l’approvisionnement en eau (Wsscc), Chris Williams, nous a accordé un entretien sur l’avenir de l’assainissement en Afrique. Revenant sur l’importance de l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS) et les résultats intéressants qu’elle permet d’obtenir dans les pays ou le programme du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) est mis en œuvre, il insiste dans cet entretien sur l’utilisation efficace des fonds publics et la nécessité d’inclure l’hygiène menstruelle dans le combat contre la défécation à l’air libre en Afrique.

Plusieurs pays  ne seront  pas au rendez-vous des OMD dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Selon vous, quelles sont les raisons de ce retard qu’accuse l’Afrique dans un secteur aussi important qu’est l’assainissement ?

L'assainissement est l'un des objectifs malchanceux puisque dans plusieurs pays, il n’a pas été atteint. La question est de savoir  pourquoi  plusieurs pays n’ont pas réussi à réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l'assainissement de base et à l'hygiène. Je pense que la raison principale de cet échec est qu’il n'y a pas eu d'investissements publics importants en matière d'assainissement. Aussi, le type d'investissement que nous avons eu a été inefficace. Il y a eu donc deux problèmes: l’investissement et son utilisation. Alors, concernant l’investissement, il y a des chiffres qui nous interpellent par rapport aux engagements pris à la précédente conférence sur l'assainissement. Maintenant,  nous sommes ici à nouveau pour une autre rencontre sur l'assainissement en Afrique, avec le privilège d'être au Sénégal.
Il est à souhaiter que la mauvaise utilisation des ressources ne se reproduise plus. Parce que je pense que cela a été un énorme problème et beaucoup d'efforts ont été déployés à l'échelle mondiale ainsi qu’en Afrique et dans les différents pays pour ensemble tenter d’orienter les financements dans l'assainissement. Ceci continue d’être un défi. Je pense qu'il y a des façons d’accroître les investissements publics. Le deuxième problème est l'utilisation des fonds. L’assainissement dans le monde rural est un domaine où il y a un grand besoin d’identification du problème. Plusieurs gouvernements et ONG pensent bien construire des toilettes pour les populations. Ils essayent d’appliquer l'approche par subvention directe dans l'assainissement mais cela se révèle inefficace puisque les gens ne  changent pas de comportements. Les gens ne comprennent pas l'importance de l'assainissement. Ils ne font pas le lien entre l'assainissement et leur santé,  l'hygiène et leur dignité. Et, je pense que cette approche regorge des dispositions pour améliorer l'assainissement au niveau des villages. De même, la subvention du gouvernement est très coûteuse et peu  de personnes peuvent seulement en bénéficier si le pays entier exprime la nécessité ou le besoin d’une amélioration de la situation de l’assainissement. Nous savons bien que les ressources du gouvernement ne sont pas trop efficaces parce qu'elles n’atteignent pas  souvent certaines populations.  Ce qui pose la question de la discrimination. Parce qu’il se trouve toujours des personnes qui n’ont pas reçu la subvention. Deuxièmement, les gens sont très disposés à faire des investissements dans le monde de l'assainissement en particulier pour mettre fin à la pratique de la défécation à l’air libre. C’est un investissement communautaire et le changement que le programme GSF avec certains gouvernements en Afrique nous permet de constater est que ces gouvernements ne donnent plus des subventions directes, et ils se rendent compte que la meilleure façon de bien gérer les fonds, l'investissement public, est de promouvoir les campagnes de sensibilisation d'assainissement et d'hygiène sur les lieux de travail et dans les villages. Puis partout où ils sont en mesure de sensibiliser les gens en mettant en exergue la relation entre l’assainissement et la santé de façon à réduire la transmission des maladies. Cela généralement  se fait dans chaque ménage et surtout dans les communautés pratiquant  la défécation à l’air libre. Cette campagne a été efficace dans plus de neuf (9) pays où nous travaillons, plus de sept millions (7 000 000) de personnes ont adopté cette approche et nous nous attendons à plus de vingt millions (20.000.000) de personnes dans les deux prochaines années. Donc, c’est une approche qui marche et la plupart des gouvernements se rendent maintenant compte que c’est  le moyen le plus efficace pour parvenir à une fin de défécation à l’air libre pour atteindre le résultat attendu. Donc, avec ce changement, il faut penser à comment utiliser les fonds publics pour des subventions directes qui auront un impact sur très peu de gens et une  approche communautaire (CLTS) qui affecte  des millions de personnes. Ainsi, c’est le changement de politique que nous voyons auprès de 30 gouvernements. Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre. Maintenant, je viens d’expliquer la différence dans l’utilisation des fonds publics et comment ils doivent être utilisés efficacement. Je pense que la plupart des pays sont intéressés à changer la façon dont ils utilisent les ressources publiques limitées. Mais là encore, il y a un besoin d’investissements publics et un changement de cap doit intervenir. Pour cela, nous devons inviter les premiers ministres, les cabinets ministériels et parlementaires à prioriser  les investissements dans l'assainissement, afin qu'il y ait plus de ressources pour la sensibilisation des communautés pour l’éradication de la défécation  à l’air libre.

A vous écouter et tenant compte des résultats obtenus dans certains pays comme bien Madagascar; le Bénin, le Togo et d'autres pays. À votre avis, est-ce que l’ATPC est la solution d’avenir pour le combat efficace contre la défécation à l’air libre n Afrique ?  

Oui, c’est la solution. L’ATPC (ou le CLTS)  est la solution de l'assainissement au niveau rural. L’APTC est l'approche, mais comment la rendre fonctionnelle et efficace? Telle est la question. L’enjeu, c’est comment utiliser la méthode de l’ATPC et l'appliquer à la gestion des centaines de ménages dans un pays. Là est la question. A Madagascar, les acteurs ont trouvé la solution de contextualiser et de l’adapter  pour atteindre de centaines de ménages en trois ans et demi. Il y a soixante-dix mille villages dans le pays et dans les trois dernières années et demi, ils ont pu mettre fin à la défécation à l’air libre dans vingt mille villages. Donc la question est de savoir comment  sont-ils arrivés à le faire?  Chaque pays peut avoir  une méthodologie différente, mais cela nécessite de travailler directement avec le gouvernement central pour obtenir un peu de soutien du président,  du premier ministre ou des parlementaires. Le deuxième point est de développer une approche au niveau de la communauté. Une approche qui rassemble et sensibilise l'ensemble de la communauté et, un troisième point est de travailler avec les autorités gouvernementales locales pour faire en sorte que les autorités gouvernementales locales facilitent la discussion d’un village à l'autre de sorte que les approches et les bonnes pratiques dans un village puissent rapidement atteindre un autre village. Le quatrième point  est l’après ATPC lorsqu’un quartier ou un village est déclaré exempt de la défécation a l’air libre. Ainsi,  il faut faire en sorte d’obtenir l’attention et le soutien des parlementaires, des autorités gouvernementales et locales afin qu'ils deviennent sensibles aux services importants et qu’ils deviennent même la priorité des priorités. Un cinquième point résulte des leçons tirées de l’expérience de Madagascar qui est le suivi. Habituellement, une communauté peut être déclarée exempte de la défécation à l’air libre, mais elle doit poursuivre la pratique de changement de comportement au fil du temps pour que le résultat soit durable. Ainsi, la méthodologie utilisée prend en compte les autorités locales gouvernementales et des leaders naturels, les gens qui sortiront des villages qui sont devenus champions de l'assainissement et de l'hygiène locale.

Pour finir cette interview, est-ce que selon vous le CLTS ou l’ATPC est l’unique solution ou il faut ajouter quelque chose, de sorte que nous ayons  un accès de tous à l'assainissement dans toute l'Afrique d’ici 2030?

Lorsque nous parlons de la défécation à l’air libre, nous parlons de l'assainissement, de l'hygiène dans le pays entier. Nous ne pouvons pas nous limiter aux ménages, nous pqrlons des écoles, de la planification de la santé, des centres de formation, des petites villes comme des grandes villes, ce sont donc des nécessités qui ne sont pas limitées à l’ATPC. En plus de l’ATPC, il doit y avoir un engagement institutionnel pour les écoles, les parents, les associations d'enseignants avec les organisations internationales qui d'abord nous soutiennent avec les gouvernements. C’est donc la preuve qu’il faut une sensibilisation au niveau local. Donc, cela nécessite des approches différentes qu’il faut  élaborer en plus de l’ATPC. Dans le cas de la planification de la santé, il s’avère indispensable pour les ministères de la santé de se concentrer sur la qualité de l'assainissement et de l'hygiène en milieu rural. Souvent, la planification mondiale de la santé ne prend pas suffisamment en compte les installations de l'hygiène de l'eau et l’hygiène sanitaire de base. Donc, il y a des risques en matière de santé sexuelle et reproductive mais aussi la santé infantile et maternelle. C’est très important pour les institutions de santé. Dans les centres de formation et dans les villes aussi, nous ne devons pas seulement être préoccupés par l'accès à l'assainissement et l'hygiène, mais nous devons nous demander où vont les déchets? Quelle est la stratégie de gestion des déchets? Comment la ville gère-t-elle l’élimination des déchets ? Quelle est la gestion efficace des produits des déchets? Donc, je pense que ce sont des domaines où l’ATPC seule ne pourrait être utilisée et cela peut ralentir le processus. Mais, il faut une combinaison avec d’autres approches pour atteindre tous ces domaines et toutes les populations. En outre, je pense que l’ATPC est adaptable, elle n’est pas statique et la méthodologie s’améliore avec le temps. Une forme d’amélioration est d'être beaucoup plus sensible aux besoins des hommes et des femmes et en particulier des adolescentes. Les adolescentes peuvent être confrontées à divers défis de l’assainissement et l'hygiène pendant la période de grossesse, des menstruations où elles ont besoin de l’eau potable et de l’hygiène.

Elles ont besoin de bons dispositifs d'hygiène d’une importance directe pour leur sécurité. Cela leur permet de gérer le processus de la menstruation chaque mois à l'école où elles vont travailler mais aussi à la maison. Donc, je pense que l'accent doit être mis sur l'identification de l'hygiène dans son sens global pour inclure l'hygiène menstruelle. Nous y travaillons en étroite collaboration non seulement avec un programme favorisant l’ATPC mais aussi des programmes qui sont en partenariat avec les femmes des Nations Unies qui travaillent en Afrique de l'ouest y compris le Cameroun, le Niger, et le Sénégal. J’espère que le ministre du Niger et celui du Sénégal qui participent à la conférence africaine sur l’assainissement mis à part les délégués avec lesquels nous échangeons vont nous écouter. D'abord, nous allons commencer à aborder le problème en brisant les tabous puis parler des moyens sûrs pour la gestion de la menstruation des femmes, ensuite une gestion saine des produits d'hygiène. Ensuite, nous espérons que les expériences que nous promouvons avec des femmes des Nations Unies, avec l’UNFPA avec le gouvernement du Sénégal, avec de nombreuses organisations de femmes dans ces pays, nous permettront à nouveau de faire des innovations, de faire des expériences et de rassembler autour de cette approche qu’est l’ATPC ou le CLTS, des hommes et des femmes.

Propos recueillis par A.T. (Coll)

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Un président engagé : Un soutien important pour un pays SDAL en 2019

Hery-Rajaonarimampianina

Faire de Madagascar, un pays Sans Défécation à l’Air Libre (SDAL) d’ici 2019. C’est l’engagement pris par le président de la République….. après avoir été déclenché. Un engagement devenu la vision nationale pour tout un secteur qui, aujourd’hui, a gagné en visibilité.   En effet, eu égard aux résultats et acquis enregistrés, c’est tout le pays qui ambitionne désormais de devenir « un pays modèle avec un accès universel pour l’Eau Potable et  l’Assainissement, et l’adoption des règles d’Hygiène par toute la population pour une meilleure santé et un développement durable ». Cette vision devra se traduire selon les chiffres du Ministère en charge de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène par le passage à un taux de population vivant dans un environnement SDAL de 99%. Une vision trop ambitieuse pour un pays où tous les secteurs sont prioritaires et où les ressources font défaut. Mais, tous les acteurs sont confiants qu’après la création du ministère et surtout l’année 2015 qui a été déclarée par le président, l’année de l’assainissement, le pays tiendra le pari en 2019. « L’hygiène et l’assainissement figurent parmi les priorités du Programme national de développement. On coordonne et travaille étroitement avec les partenaires au développement et toutes les parties prenantes. Le gouvernement  a montré sa volonté, on a une politique, on y arrivera en 2019 », soutient le ministre en charge de l’hygiène et de l’assainissement, Dr Johanta Ndahimananjara. Au-delà de l’engagement du président et de la volonté du gouvernement, il faudra néanmoins mobiliser plus de ressources pour couvrir toutes les 22 régions du pays. « Le gouvernement fait des efforts pour mobiliser des ressources internes mais ce n’est pas suffisant », argue le directeur de l’assainissement, Andrianaritsifa Ravaloson. Un défi bien réel car la part du budget consacrée à l’assainissement d’un montant de 12 millions de dollar est encore faible. Et pour beaucoup d’observateurs, l’Etat devra faire beaucoup de réformes pour améliorer la gouvernance du pays afin de mobiliser plus de ressources internes et encourager les partenaires à investir.  Mais, en attendant, l’engagement du Président de faire de son pays, un pays sans défécation à l’air libre d’ici 2019 reste une force et un appel à l’action pour tous les acteurs et les populations. « La lutte continue, on a des acteurs proactifs. On peut le faire. Le souci c’est de pérenniser les acquis de cette approche en marche », se défend Andrianaritsifa Ravaloson. Ainsi, l’approche CLTS « made in Madagascar » a de beaux jours devant elle et avec elle, c’est tout le développement de l’île qui est impacté pour le bien-être des Malgaches. Un bel exemple à suivre.

Alain TOSSONON (Coll)

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Lutte contre la défécation à l’air libre à Madagascar : Un chemin vers le développement

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Depuis 2010, Madagascar, l’un des pays pauvres d’Afrique s’est engagé avec le soutien du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) à combattre la défécation à  l’air libre. Mais, en quelques années, ce pays a enregistré très rapidement des résultats probants faisant de lui, un pays phare en matière de mise en œuvre de l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS). Aujourd’hui, avec l’engagement de son président Hery Rajaonarimampianina « déclenché », Madagascar ambitionne de devenir un pays Sans Défécation à l’Air Libre (SDAL) d’ici 2019. Un mouvement en marche devenu désormais un cas d’école.

Nous sommes à Vakinankaratra, une région située au sud de Madagascar. Après plusieurs kilomètres de route sablonneuse, on découvre le village Ampangabe-sud. En empruntant le sentier qui nous mène vers ce village, c’est une odeur de merde qui nous accueille et nous assaille. Un peu partout autour des habitations, on retrouve çà et là, de nombreux tas de matières fécales. Aussitôt, une fois à l’intérieur du village, surpris de notre visite, les habitants quittent peu à peu leurs maisons construites en terre de barre pour nous rejoindre.

En effet, dans ce village aux 20 habitations, 3 à 7 familles y vivent. On retrouve en dehors de nombreux enfants, des femmes avec plusieurs d’entre elles ayant au dos des enfants. Les quelques rares hommes que nous rencontrons sont d’un âge avancé. Difficile de trouver des jeunes bras valides qui ont abandonné le village à la recherche d’emploi. Car, dans ce petit village où les infrastructures sont rares ou inexistants, aucune activité économique ne s’y mène. La principale activité reste l’agriculture. Et en cette période de l’année, les trois repas par jour sont bien un rêve. Le seul repas de la journée est constitué de patate douce. Tout le village consomme de l’eau de pluie et seulement 2 latrines existent. Fréquemment, les communautés tombent malades de diarrhée, vomissements, ou toux… Pour ces populations, il n’y a pas d’argent pour construire les latrines. Et pour l’heure, on pratique la défécation à l’air libre, ont-ils avoué tous, surtout les enfants.

Plus loin, après plusieurs kilomètres de route, nous voici dans un autre Fokontany appelé Andoufarihy.  Ici, au seuil du village comprenant 39 maisons, la propreté est assez remarquable. La cour et les alentours des maisons sont propres. Les enfants aussi qui viennent à notre rencontre le sont autant. Plus question de demander aux communautés si elles pratiquent la défécation à l’air libre. Les latrines sont bien visibles à proximité des habitations. Egalement, dans la cour de chaque maison, on découvre des dispositifs de lave-mains de fabrication locale : des bidons percés contenant de l’eau.

«Auparavant, il y avait très peu de latrines, aujourd’hui nous avons 28 latrines, toutes couvertes », raconte Zilyarimanana Razananirina, membre du comité d’hygiène et d’assainissement du village. « On n’avait pas aussi de lavoirs, mais chaque habitation a son lavoir actuellement », ajoute-elle. « Dans ce village, nous avons fini avec la pratique de la défécation à l’air libre et il n’y a plus de merde partout dans le village », nous rapporte-t-elle avec beaucoup de sourire.

Ce changement de leur village en matière de défécation à l’air libre, elle soutient qu’elles le doivent à l’ONG  Miarintsoa avec l’appui de la commune qui est venue leur « ouvrir les yeux » sur cette pratique honteuse. « Cette fois-ci, nous avons été emballés contrairement aux autres fois où la sensibilisation n’a pas marché », souligne-t-elle. « Nous avons même pris des briques destinées à la construction de nos maisons pour les latrines et aujourd’hui, nous sommes fiers de cela ».

C’est une nouvelle approche qui a fait ses preuves, renchérit le chef du village de Fokontany dans la commune de Morarano, Norbert Rakotomalola. « Nous savions ce que c’est que la propreté mais ce n’était pas très clair. Mais quand nous sommes venus avec l’ONG Miarintsoa, il y a eu la mise en place du comité qui a beaucoup travaillé pour avoir les résultats que nous avons ». Et d’ajouter: «Cette fois-ci, nous avons été convaincu et le message est passé partout».

Pour le technicien local, Rasamimanana, inventeur du modèle local de latrine, les avantages de cette approche sont nombreux et les coûts de réalisation sont faibles. Car, il suffit seulement de 75.000 Ariary soit environ 25 dollars en moyenne pour se faire sa propre latrine avec les matériaux définitifs locaux et cela en une semaine. Avec ce modèle de latrine, réagit-il, «  la senteur a disparu dans le village. Il n’y a plus d’odeur dans les toilettes. On peut même passer 1 heure dans la toilette. Ce qui n’était pas possible avec les anciennes latrines ».

Dans ce village dont les habitants ont été tous « déclenchés », le message fort selon eux a été de leur dire qu’ils consomment leur propre merde. Inadmissible et inacceptable aux yeux de ces communautés qui ont alors décidé contrairement aux habitants du premier village, d’abandonner la pratique de la défécation à l’air libre. Les acquis de l’adoption d’une telle approche par le village sont visibles et nombreux. « Depuis que nous nous sommes engagés dans ce processus, l’air est pur dans notre village et nous ne notons plus de maux de ventre chez nos enfants régulièrement comme auparavant », témoigne dame Aimée âgée de 45 ans. Et de poursuivre, « même si le cyclone venait à tout détruire au cours de son passage, nous allons en reconstruire ».

Une contextualisation de l’approche CLTS, clé du succès

A l’instar de ce deuxième village déclaré Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),  plusieurs villages ont été aussi déclenchés dans le cadre de la mise en œuvre du Fonds d’Appui à l’Assainissement (FAA) de Madagascar. Un programme fondé sur l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS), qui consiste à encourager la communauté à analyser ses propres pratiques en matière d’assainissement en vue de susciter une action collective dont l'objectif est d’éliminer complètement la défécation à l’air libre. Tout en provocant la honte, le dégoût, ou la peur, on parvient progressivement à toucher la sensibilité des communautés pour en retour, les amener à abandonner la mauvaise pratique de la défécation à l’air libre. Introduite dans ce pays en 2010, cette approche qui refuse toute subvention aux ménages est promue par le Wsscc à travers le Fonds Mondial pour l’Assainissement, a fait bonne fortune. Car, 12603 villages sont passés du statut de Open Defecation (OP) à celui de Open Defecation Finish (ODF) impactant ainsi plus de 1 455 513 personnes vivant dans des zones sans défécation et 3 013 064 personnes ont accès aux latrines améliorées.

Si ces résultats probants sont salués de tous faisant ainsi de cette île, un pays phare de l’approche CLTS, tout n’a pas été rose au départ. « Pendant presque une année et demi d’avril 2010 à octobre 2011, il n’y avait presque rien. On avait que très peu de village ODF », nous renseigne le Coordonnateur CLTS, Dr Joëlina Ratefinjanahary. Il a donc fallu du temps aux acteurs de mise en œuvre pour s’approprier cette approche et surtout la contextualiser. « Au début, on a fait du  copie/coller », témoigne le Directeur de l’assainissement et de l’hygiène, Andrianaritsifa Ravaloson. Ainsi, l’un des secrets de ce « mouvement » vers des villages sans défécation à l’air libre a été l’adaptation de cette approche inventée par Kamal Kar au contexte malgache. Un contexte qui a été longtemps marqué par l’approche par subvention aux ménages qui a montré toutes ses limites comme partout ailleurs selon le Directeur de l’assainissement et de l’hygiène. « Depuis les années 1980, Madagascar a prôné des projets de latrinisation qui ont financé des latrines individuelles auprès des ménages, on a eu des problèmes. Mais, cela n’a pas fonctionné en milieu rural », nous confie-t-il. Pour les uns comme pour les autres, la clé de réussite de cette approche à Madagascar a été son adaptation. Et l’une des étapes introduite dans le CLTS originel, est le déclenchement institutionnel.  Une création malgache qui selon Joséa  Ratsirarson, Représentant pays de Medical Care Development International (MCDI), agence d’exécution responsable de l’administration du programme, permet de déclencher aussi à l’image des communautés, les autorités locales et centrales afin d’avoir leur soutien.  « Quand vous avez les autorités avec vous, vous pouvez dormir tranquille », lâche-t-il.  Aujourd’hui que tous les acteurs et autorités locales et centrales dont le président de la République sont déclenchés, le programme a le vent en pourpre. « Ce qui est intéressant dans le CLTS, ce sont les populations elles-mêmes qui commencent à sanctionner ceux qui font la pratique de la défécation à l’air libre. Moi aussi je n’étais pas convaincu au départ mais c’est la solution », signale Jacky Ralaiarivony de l’USAID.
Fruit d’une adhésion collective de l’approche CLTS, un guide a été élaboré par tous les acteurs intervenant dans le secteur pour une harmonisation de toutes les approches utilisées dans le pays. Et, depuis 2012, l’approche a été intégrée dans la stratégie nationale pour la lutte contre la défécation à l’air libre et dans les objectifs principaux du secteur.

Un  coup de pouce à la lutte contre la pauvreté

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. Avec plus de 70% qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et 50% vivant dans l’extrême pauvreté, le profil sanitaire du pays n’est pas non plus reluisant.

En effet, pour ce pays qui n’atteindra pas les OMD sauf la cible relative au VIH/Sida, un rapport publié en 2012 par le Programme eau et assainissement (PEA) de la Banque mondiale a indiqué que l'économie de Madagascar perd 192 milliards d’ariarys malgaches chaque année (USD 208 millions, soit 1,6 % du PIB) en raison des mauvaises conditions de l'assainissement. L'étude révèle également que 12 millions de Malgaches  sur les 22 millions que compte le pays, utilisent des latrines insalubres ou partagées tandis que 6,6 millions n'ont accès à aucune latrine et défèquent à ciel ouvert. Cette situation de manque de latrines et d’assainissement a des incidences sur la santé des populations. Car, les maladies diarrhéiques sont la 2ème cause de mortalité infantile et 51 % des enfants de moins de 5 ans touchés avec 14 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année. De même, pour un pays dont l’économie est en partie assise sur le tourisme, le mauvais assainissement a des conséquences néfastes sur l’économie du pays.  

Les premiers acquis de cet engagement constant pour l’approche CLTS produit de plus en plus des changements attendus pour inverser cette tendance. Dans une étude en cours de réalisation par l’Université de Mahajanga avec l’appui de l’Institut National de Santé Publique et Communautaire portant sur « L’évaluation des effets des promotions de l’élimination de la défécation à l’air libre promue par le Fonds d’Appui à l’Assainissement (FAA) sur les maladies diarrhéiques, dans deux communes du District d’Ambatolampy de la Région Vakinakaratra, partie des hauts plateaux centraux de Madagascar, on note déjà des résultats intéressants.  Car, « près de sept pour cent des enfants de la commune d’intervention ont présenté au moins un épisode de diarrhée au cours de l’année précédant l’enquête (6,9% ; IC95% [4,1% – 10,7%]) alors que cette incidence atteint les 82% ; IC95% [77,6% – 85,8%]  dans la commune « sans intervention ». Des changements observables que confirment le ministre de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, Dr Johanta Ndahimananjara. « On a vraiment une réduction énorme de la morbidité. On enregistre 50 à 60% de réduction des maladies diarrhéiques selon les régions », révèle-t-elle. Un cap qu’elle s’engage ensemble avec le gouvernement malgache à maintenir. Pour y parvenir, elle peut déjà compter sur la volonté politique de son gouvernement qui s’est manifestée depuis six mois, par la création du nouveau ministère en charge de l’eau et de l’assainissement et de l’hygiène. Aujourd’hui, l’assainissement et l’hygiène figurent parmi les priorités du pays. « Je suis confiante, on a une équipe technique qui bouge et les partenaires qui nous soutiennent. Vous avez vu ce que nous faisons dans les villages et les communes. On est entre 46 et 50% de villages déclenchés », conclut-t-elle.

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