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Société

Cop 23 à Bonn : Des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris

COP-23-Bonn

La conférence (COP23, du 06 au 17 novembre) a lieu cette année dans un contexte marqué par de nombreux phénomènes climatiques extrêmes parmi lesquels des ouragans dévastateurs, des incendies, des inondations, des sécheresses, une perte de glace, avec des effets sur l’agriculture qui menacent la sécurité alimentaire. A Bonn, les gouvernements et les acteurs non-étatiques doivent prendre des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

A l’ouverture de la Cop 23, la Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques, Patricia Espinosa, a donné l’alerte et indiqué le chemin pour l’atteinte des objectifs : « De concert avec l’Agenda du Développement durable, nous connaissons le chemin que nous devons emprunter pour faire face au changement climatique et au développement durable. », a-t-elle déclaré. Patricia Espinosa, a donné un aperçu du travail qui incombera aux gouvernements à Bonn - principalement d'avancer sur les règles d'application de l'Accord de Paris - phase technique - en temps et en heure, et de renforcer les méthodes et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Toute chose devant permettre de réaliser l’ambition principale de l’Accord de Paris puisse être atteinte, à savoir maintenir l'élévation de la température mondiale bien en dessous des objectifs de l’Accord de deux degrés Celsius et de mener des efforts encore plus poussés pour limiter cette augmentation à 1,5 degré Celsius.La Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques a souligné l’urgence d’enregistrer des progrès immédiats. « Nous devons aussi progresser pour concrétiser les engagements prévus pour 2020. À cet égard la finance et les promesses d’atténuation sont essentiels, » a-t-elle ajouté.

Faire preuve d’ambitions à la hausse pour l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris

Selon une nouvelle étude de l’Onu, les gouvernements et les acteurs non-étatiques devraientfaire preuve d’ambitions à la hausse afin de garantir que les objectifs de l’Accord de Paris puissent encore être atteints. Ainsi, La huitième édition du rapport annuel de l’Onu sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, publié en amont de la Conférence de l’Onu sur les changements climatiques à Bonn, révèle que les engagements pris par les pays au niveau national ne représentent qu’un tiers des réductions d’émissions nécessaires à l’horizon 2030 pour respecter les objectifs relatifs à la lutte contre les changements climatiques. Les mesures prises par le secteur privé et les mesures à l’échelle infranationales ne se multiplient pas à un rythme qui permettrait de combler cet écart inquiétant. L’Accord de Paris vise certes à limiter le réchauffement climatique en-deçà des 2°C, mais un objectif encore plus ambitieux de 1,5°C est également suggéré. Atteindre ces objectifs réduirait la probabilité de sérieuses conséquences climatiques nocives pour la santé des êtres humains, pour les moyens de subsistance et les économies du monde entier.Dans l’état actuel des choses, une mise en œuvre complète des contributions prévues déterminées au niveau national conditionnelles et inconditionnelles entraînerait très probablement une augmentation des températures d’au moins 3°C à l’horizon 2100 – « inconditionnelles » signifie que les gouvernements seront tenus de prendre des engagements bien plus importants lorsque ceux-ci seront révisés en 2020.Dans le cas de figure où les Etats-Unis donneraient suite à leur intention déclarée de quitter l’Accord de Paris en 2020, prévient le rapport, le scénario pourrait se révéler encore plus sombre.Cependant, le rapport présente des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2 grâce à des mesures d’atténuation en développement rapide basées sur des modèles existants dans les domaines de l’agriculture, des bâtiments, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et des transports.

Des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2

D’après le rapport, des mesures fortes pour la réduction des forceurs climatiques tels que les hydrofluorocarbones, par le biais de l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, et à d’autres polluants à courte durée de vie comme le carbone noir, pourraient aussi grandement contribuer à réduire les émissions de CO2.Les émissions de CO2 ont été stables en 2014, en partie grâce à la transition vers des sources d’énergies renouvelables, notamment en Chine et en Inde. Cela a suscité l’espoir que le pic des émissions ait été atteint et allait désormais suivre une trajectoire à la baisse à l’horizon 2020. Cependant, le rapport révèle que d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, continuent à augmenter et que l’accélération de la croissance économique mondiale pourraient être responsables d’une hausse des émissions de CO2. Le rapport démontre que les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris déboucheraient sur des émissions à hauteur de 11 à 13,5 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (Gt éq-CO2) en 2030, c’est-à-dire au-dessus du niveau nécessaire pour maintenir le monde sur la voie la moins coûteuse et pour atteindre l’objectif des 2°C de hausse des températures. Une gigatonne est l’équivalent d’environ une année d’émissions produites par le secteur des transports dans l’Union Européenne (dont l’aviation).

Investir dans les technologies est la clé du succès

Afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, les gouvernements (y compris en revoyant leurs engagements à la hausse), le secteur privé, les villes et les autres parties prenantes doivent absolument poursuivre les mesures initiées qui déboucheront sur des réductions d’émissions rapides et profondes. Le rapport détaille différentes façons pour y parvenir, particulièrement dans le domaine de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport. Les investissements dans les technologies spécifiques à ces secteurs – d’un coût inférieur à 100 dollars par tonne de CO2 évitée, et souvent beaucoup moindre – pourrait contribuer à éviter jusqu’à 36 Gt éq-CO2 par an à l’horizon 2030.Une grande partie du potentiel de l’ensemble des secteurs découle de l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne, des appareils électroménagers efficaces, des voitures particulières efficaces, du boisement et de l'arrêt de la déforestation. Si l’industrie se concentrait uniquement sur les actions recommandées dans ces domaines – dont les coûts sont modestes ou même négatifs – les émissions pourraient être réduites jusqu'à 22 Gt éq-CO2 en 2030.À elles seules, ces réductions mettraient le monde sur la bonne voie pour atteindre l’objectif des 2°C et ouvriraient la possibilité d'atteindre la cible ambitieuse de 1,5°C.

Mesures non étatique et autres initiatives

Les mesures promises par des organismes non étatiques et infranationaux (tels que les villes et le secteur privé) pourraient réduire l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de 2030 de quelques Gt éq-CO2, ceci même en tenant compte du chevauchement avec les contributions déterminées au niveau national. Par exemple, les 100 sociétés cotées en bourse responsables des émissions les plus importantes au monde représentent environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui révèle une énorme marge de manœuvre pour aspirer à un niveau d’ambition accru. L'amendement de Kigali au Protocole de Montréal vise à éliminer l'utilisation et la production d'hydrofluorocarbones – des produits chimiques principalement utilisés dans la climatisation, la réfrigération et la mousse isolante. Même s’il était mis en œuvre avec succès, il interviendrait trop tard pour avoir une influence sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions en 2030, mais il pourrait cependant contribuer de manière significative à atteindre les objectifs relatifs à la hausse des températures sur le plus long terme.D’ici le milieu du siècle, la réduction des polluants climatiques à courte durée de vie, tels que le carbone noir et le méthane, pourrait réduire les impacts basés sur l'absorption de chaleur cumulative et aider à maintenir une trajectoire stable et plus basse des températures en accord avec les objectifs à long terme de l’Accord de Paris.En outre, alors que le G20 est collectivement sur la bonne voie pour respecter ses engagements relatifs au climat pris à Cancún pour l’année 2020, ils ne sont pas suffisamment ambitieux pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, avertit le rapport. Bien que l’année 2020 approche à grands pas, les pays du G20 peuvent encore conduire des mesures qui mèneront à des réductions d’émissions à court terme et ouvriront la voie à d’autres changements au cours de la prochaine décennie, souligne-t-il. Ainsi, ne pas ouvrir de nouvelles centrales électriques alimentées au charbon et accélérer la suppression progressive des centrales existantes – en veillant à la bonne gestion des problèmes tels que l’emploi, les intérêts des investisseurs et la stabilité du réseau – serait d’une grande aide. On estime à 6 683 le nombre de centrales au charbon exploitées dans le monde, d’une capacité combinée de 1 964 GW. Si ces centrales étaient exploitées jusqu’au terme de leur durée de vie et n’étaient pas réaménagées avec le captage et le stockage du carbone, elles émettraient 190 Gt de CO2 accumulées.Au début de l’année 2017, 273 GW supplémentaires des capacités de production d'électricité à partir du charbon étaient en construction et 570 GW en pré-construction, pouvait-on lire dans le rapport. Ces nouvelles centrales pourraient générer des émissions cumulées supplémentaires d'environ 150 Gt de CO2. Dix pays constituent environ 85 % de l'ensemble du pipeline de charbon : la Chine, l’Inde, la Turquie, l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Égypte, le Bangladesh, le Pakistan et la République de Corée.Le rapport examine également l’élimination du CO2 de l'atmosphère grâce au boisement, reboisement, à la gestion des forêts, la restauration des terres dégradées et l’amélioration des stocks de carbone dans les sols – comme autant de solutions pour la prises de mesures favorisant une réduction des émissions.

Thomas AZANMASSO

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Sommet climat : L'absence de Trump et la volonté de leadership de Macron

Emmanuel-Macron

Ce mardi 12 décembre, une nouvelle réunion de chefs d'Etats et de gouvernements se tient à Paris pour consolider l'accord sur le climat conclu il y a deux ans. L'objectif numéro un est de trouver les moyens de financer les mesures appropriées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. La tâche sera d'autant plus ardue qu'il faut désormais compter sans les Etats-Unis qui ont annoncé en juin dernier leur retrait de l'accord. Mais ce sommet est aussi l’occasion pour le chef de l’Etat français de s’ériger en leader de la lutte contre le changement climatique.

Il n’y aura donc, ce mardi, pas de délégation officielle américaine. Mais les participants tentent aujourd'hui de minimiser l'impact de ce retrait du deuxième pays pollueur de la planète, derrière la Chine. Il y a deux ans, pour sceller l'accord de Paris sur le climat, l'américain Obama et son homologue chinois Xi Jinping faisaient l'événement en s'engageant comme jamais auparavant, en faveur de cette cause.
Néanmoins, Donald Trump ne fait pas l'unanimité chez lui et la participation des acteurs américains reste capitale. Et pas seulement les artistes comme Di Caprio, ou Schwarzenegger également ancien gouverneur de Californie, mais aussi les milliardaires philanthropes, tels Bill Gates et Michael Bloomberg, ancien maire de New York.

Ils viennent tous à Paris avec les responsables des villes américaines et des Etats plus convaincus que jamais de l'urgence de la situation. Ils mettront leur poids dans la balance, aux côtés des grands investisseurs prêts à annoncer leur retrait -non pas de l'accord sur le climat- mais des filières polluantes que sont le charbon et les hydrocarbures.
Reste l'espoir qu'un jour, les présidents américains viennent de nouveau figurer parmi les dirigeants impliqués dans ce combat. En attendant, l'accord a été conçu pour survivre à cette absence.

Test de crédibilité pour le président français

Et si cette absence est un coup dur, c’est aussi une opportunité pour le chef de l'Etat français. Emmanuel Macron s'est immédiatement positionné en nouveau leader de la défense de planète.

Dans une vidéo, Emmanuel Macron a répondu à Donald Trump en invitant tous les chercheurs ou scientifiques américains désireux de travailler sur le climat à venir en France et en lançant un slogan en anglais : « Make our planet great again ».

Une opération de communication qu'il a prolongée en annonçant la réunion d'un sommet sur le climat à Paris. Un sommet pour parler du financement. Le nerf de la guerre. Car Emmanuel Macron affiche sa volonté d'agir concrètement.

François Hollande avait arraché un engagement de la communauté internationale sur des objectifs. Emmanuel Macron ambitionne d'obtenir des avancées tangibles en mobilisant des bailleurs publics et privés, américains notamment. De ce point de vue, l'étape du sommet de Paris est un test de crédibilité pour le chef de l'Etat.

rfi.fr

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Journée des Droits de l’Homme : Déclaration de la Haute Représentante de l’Union européenne

Federica-Mogherini

A l’occasion de l’édition 2017 de la Journée des droits de l’Homme célébrée dans le monde le 10 décembre de chaque année, la Haute Représentante, Mme Federica Mogherini, a fait une déclaration au nom de l’Union européenne. Lire cette déclaration publiée ici en intégralité.

En 1948, après la Seconde Guerre mondiale dévastatrice, qui a entraîné de douloureuses divisions en Europe et l’occupation de nombreux pays européens, la communauté internationale s’est attachée à définir, promouvoir et protéger les droits de l’homme. La Déclaration universelle des droits de l’homme que nous célébrons le 10 décembre a consacré ces principes communs et a eu une profonde influence sur la marche en avant du monde. Néanmoins, près de soixante-dix ans plus tard, ces engagements sont loin d’être pleinement respectés partout dans le monde et nous sommes conscients que tous les États doivent redoubler d’efforts à cet égard. La Déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée d’un commun accord par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 et, cette année, la Journée des droits de l’homme marque le lancement d’une campagne d’un an pour en célébrer le 70e anniversaire en 2018. Alors que nous nous apprêtons à commémorer cet anniversaire, non seulement les droits et les libertés sont toujours mis à mal, mais l’espace dévolu à la société civile continue de se réduire dans de nombreux pays du monde. Dès le tout début de l’Union européenne, nous avons fait de la protection des droits de l’homme le fondement non seulement de nos politiques intérieures et extérieures communes, mais aussi de notre Union. Nous considérons tous les droits de l’homme comme universels, indivisibles et interdépendants, sans établir de distinction entre les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. L’UE continuera de réaffirmer sa volonté de protéger et de promouvoir l’universalité des droits de l’homme chaque fois qu’ils sont bafoués ou remis en cause, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. L’Union européenne demeurera aux côtés de ceux qui défendent les droits de l’homme chaque jour, les défenseurs des droits de l’homme devant faire face à des pressions et à des menaces croissantes dans de nombreux pays à travers le monde. Non seulement nous leur rendons hommage, mais nous soutenons activement leur action et continuerons à le faire. Le plein respect de tous les droits de l’homme est une condition préalable à la mise en place de toute société démocratique et résiliente, au développement durable, à la sécurité et à la paix à long terme. L’UE restera également le plus fervent partisan du système multilatéral en tant que pilier de la promotion et de la protection des droits de l’homme, allant des Nations unies à la Cour pénale internationale, en passant par des institutions régionales telles que le Conseil de l’Europe. Il est de notre responsabilité commune de garantir l’efficacité de ces institutions et les normes les plus strictes en matière d’intégrité. Aujourd’hui, l’Union européenne et ses États membres se joignent aux Nations unies et à de nombreuses autres enceintes pour appeler les États et les citoyens à défendre les droits de l’homme à l’occasion de la Journée des droits de l’homme 2017. Les États membres de l’UE, les institutions européennes, le représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, M. StavrosLambrinidis, et les délégations de l’UE célèbrent tous la Journée des droits de l’homme. Nous continuerons de défendre les droits de l’homme et tous ceux qui se battent pour les défendre.

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La Maison du paysan : Une approche innovante et territoriale qui marche au Niger

Saley-Mahamadou

A la faveur des travaux de la 33ème réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (Rpca) et de la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’ouest qui ont eu lieu du 4 au 8 décembre 2017 à Cotonou, les débats ont également porté sur Les approches innovantes et territoriales en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région. Occasion a été ainsi donnée à des pays comme le Niger, le Burkina Faso, le Mali de partager avec les participants, leurs expériences réussies en matière d’approches territoriales de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour le cas du Niger, en lieu et place du Dr Ali Bety, Haut-Commissaire  à l’initiative 3 N (les Nigériens nourrissent les Nigériens), (Hc3n), c’est son Conseiller technique et Directeur du département Mobilisation sociales et renforcement des capacités, Saley Mahamadou qui a brillamment présenté cette expérience pratique de ce pays frontalier avec le Bénin. Lire l’interview pour en savoir davantage sur cette innovation que des instances sous régionales s’apprêtent à faire dupliquer dans la sous-région.

Dans la présentation faite, vous avez parlé de quelque chose de très concret qui s’appelle La maison du paysan. Ça existe depuis quand et il y en a combien au Niger ?

D’abord il faut dire que le programme 3N est un programme que le président de la République a présenté aux Nigériens pour se faire élire mais repris au niveau technique par les cadres nationaux qui en ont fait une stratégie de développement de sécurité alimentaire et du développement agricole durable. Maintenant, la Maison du paysan est une plateforme intégrée de services d’appui à la production parce que quand vous produisez vous avez besoin de beaucoup de services. Généralement, le producteur fait beaucoup de déplacements très éloignés souvent. Il faut aller dans le chef-lieu de sa région pour pouvoir réparer sa charrue, pouvoir acheter des engrais ou s’approvisionner en vivres pour travailler. Donc on a trouvé qu’il faut rapprocher ces services le plus proche possible du producteur. Et c’est ça cette idée de la Maison du paysan qui est une plateforme intégrée sous la responsabilité de la commune et le gouvernement local parce que la commune a l’obligation de rendre des services à sa population y compris les producteurs. Donc l’Etat aide les communes, créent ces structures sous la responsabilité des communes qui doivent les gérer dans l’intérêt de la population de leur commune.

Et cela existe depuis quand ?

L’idée est venue après un constat. On a fait deux années à mettre en œuvre l’initiative 3N et au bilan, on a constaté qu’on a mis énormément de l’argent mais dans les résultats on s’est rendu compte qu’il y a des insuffisances. Et, l’une des causes des insuffisances, c’est parce que les services d’appui à la production ne suivaient pas. Ainsi, après la troisième année de mise en œuvre de l’initiative 3 N, en 2014 avec le Plan d’accélération de mise en œuvre de l’initiative 3 N, on a dit qu’il faut mettre en place une Maison du paysan au niveau de chacune des communes du Niger. Il y a 255 communes, donc 255 Maison du paysan à mettre en place. A l’heure actuelle, nous avons une trentaine de Maison du paysan qui sont complètes parce que ça dépend des zones. Pour les zones pastorales, la Maison du paysan ne doit pas ressembler à celle d’une zone totalement agricole. Donc on a une trentaine où il y a tous les éléments, et vous avez plus de 150 où il y a quelques éléments que nous sommes en train de compléter petit à petit, mais à terme, c’est 255 Maisons du paysan qui sont opérationnelles et régies par un système de gestion consensuelle entre les acteurs locaux et communaux.

Pour l’instant, quels sont les retours que vous avez des paysans ?

Vous savez, ma fonction m’amène à être toujours sur le terrain. Dans tous les cas, là où ces structures sont complètes, les paysans le disent. Ils voient une nette amélioration, parce que s’il faut passer une journée à réparer une houe  alors que tu peux le réparer le matin et retourner dans ton champ, donc ils reconnaissent tout cela. La seule chose est que la Maison du paysan est encore une structure un peu globale. Dans chaque village il y a des kits. La Maison du paysan c’est un kit que l’Etat met à la disposition de la commune mais il doit avoir des kits dans chaque village. Si c’est la nourriture, acheter 2 kilos ou 3 kilos de mil, le paysan doit le trouver dans son village. Maintenant, c’est tout ce fonctionnement que nous sommes en train de travailler pour que la mayonnaise puisse prendre et qu’il y ait une dynamique de développement local, endogène où les gens pourront régler l’essentiel de leurs problèmes.

Et ces kits existent déjà ou bien c’est la prochaine phase ?

On est en train de travailler. Au fur et à mesure qu’on met en place des instances, on les dote, si c’est le magasin, on le dote de vivres et on essaie avec le partenaire technique et financier de le pousser à développer les petites banques céréalières qui peuvent venir se ravitailler au niveau de la commune, qui développe de petites boutiques d’intrants qui peuvent venir au niveau du magasin de la commune. Donc c’est un ensemble de dispositifs et nous sommes en train de vouloir doter l’ensemble de ces Maisons du paysan, de cadres techniques qui peuvent assurer l’encadrement et le contrôle qu’il faut pour le peuple.

Et dans les  maisons qui sont complètes, quels sont les services que le paysan y trouve ?

Généralement vous avez un magasin de vente d’intrants agricoles. Vous avez un autre magasin qui est une centrale pour les vivres (ici, on a des périodes de soudure très difficiles et en début de l’hivernage les gens ont besoin de vivres pour aller vers leur champ travailler, donc il faut rendre disponible des céréales, vous avez une institution de micro finance,  un atelier de réparation du matériel agricole, un bloc administratif, une radio rurale pour l’information… En tout cas tous les services dont un paysan a besoin s’y retrouvent.

Propos recueillis par JB

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Africa Forum 2017 : Lionel Chobli invité du gouvernement de l’Egypte

Lionel-Chobli

L’Africa Forum est une manifestation politique et économique de haut niveau initiée en 2016 par le Maréchal Mohamed Abel-Fatah EL SISSI pour marquer le retour de la nation des Pharaons sur la scène continentale. Elle se tient les 7, 8 et 9 Décembre à Sharm-el-Sheikh dans le Sinaï. Depuis sa prise de pouvoir en effet, le leader égyptien n’a manqué aucune grande occasion continentale, notamment les sommets de l’Union Africaine et ceux des ensembles régionaux. Son postulat est que l’Egypte est afro-arabe et a un grand rôle à jouer sur le continent au plan politique, économique, commercial, culturel et sécuritaire.

Il faut dire qu’au temps de Nasser puis de Sadate, les relations avec des états comme la Guinée d’Ahmed Sékou Touré, la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny et les pays d’Afrique Australe en quête de libération, étaient très denses. Des grandes entreprises égyptiennes comme Arab Contractors dans le BTP ont connu leur heure de gloire au sud du Sahara. L’université Senghor d’Alexandrie a vu défiler de hauts cadres africains. Le football fut aussi un grand outil de découverte et d’appréciation de l’Egypte avec les matchs épiques et les transferts des stars ouest-africaines vers des clubs comme Zamālek ou Al-Ahly, sans compter les épopées des Pharaons d’Egypte lors des CAN.
 
C’est bien décidé à raviver cette flamme, intensifier les liens et relancer les échanges, que le forum de Sharm-el-Sheikh a été initié. Si le Maroc et l’Algérie sont des géants, l’Egypte affirme aussi ses ambitions. Au-delà des tournées récentes du locataire du palais présidentiel du Caire, ce grand événement qui rassemblera des élites politiques (6 chefs d’état dont Alassane Ouattara, Alpha Condé et Paul Kagamé aux idées bien pragmatiques et aux caractères bien trempés et issus de pays à fort potentiel) et économiques (l’afro-capitaliste Tony Elumelu, le compatriote Lionel Zinsou, la femme d’affaires Isabel Dos Santos), se veut un rendez-vous d’affaires centré sur la jeunesse et les investissements, le commerce et le partenariat. AFREXIMBANK, l’outil de financement du commerce continental est le partenaire technique du forum.
 
Le 7 Décembre est consacré à la jeunesse africaine, espoir et bâtisseur du continent à l’horizon 2030. C’est à ce titre que Lionel Chobli, décideur politique à travers sa responsabilité de Chef d’Arrondissement d’Attogon dans la commune d’Allada et acteur économique en tant que chef d’une entreprise de conseils en affaires publiques et investissements (Optimum Consulting InterAfrica) et dirigeant d’une compagnie d’assistance et d’assurance médicale affiliée au multinationales internationales (Benin Medical Assistance) a reçu l’invitation du Dr Sahar NASR, Ministre des Investissements et de la Coopération Internationale d’Egypte, pour participer et discuter des sujets d’actualité et de prospective au cour du sommet.
 
Une reconnaissance sans doute du parcours, des efforts et de la communication digitale très active de celui qui semble moins s’exprimer sur la politique nationale depuis un moment et intensifier les activités locales et internationales. Une bonne dynamique de la jeunesse béninoise après le retour du Dr Folha Mouftaou et de Kwame Senou du Global Entrepreneur Summit organisé par les USA en Inde. Pourvu qu’il en sorte des contacts et initiatives concrètes pour notre tissu économique local.
 
M.M

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Invitée spéciale du Faiej à Lomé : Reckya Madougou parle du management de qualité

Reckya-Madougou

Le management de la qualité comme base de la réussite entrepreneuriale. C’est autour de ce thème que l’ancien Garde des sceaux Reckya Madougou a entretenu, vendredi 24 novembre dernier, les jeunes à Lomé, la capitale du Togo. Invitée spéciale du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (Faiej), Reckya Madougou a été sollicitée pour susciter chez les jeunes le goût de se mettre à leur propre compte à cause de sa longue expérience dans le militantisme pour la promotion de l’entreprenariat. Persuadée qu’elle est que la mise en œuvre des démarches d’excellence stratégique et opérationnelle, notamment le management de qualité, est à la base de la réussite entrepreneuriale, Reckya Madougou a plaidé pour une approche d’amélioration continue visant à accroitre la  compétitivité de l’entreprise afin de délivrer des produits ou des services répondant aux attentes du marché et aux besoins des clients. « La haute couture, la menuiserie, la production de jus de fruit, la technologie... trouvent leur source et leur magie dans une organisation optimisée, un engagement fort du personnel, et des relations de confiance avec les parties prenantes », a laissé entendre l’ancienne ministre. Tout en encourageant les initiatives similaires à celles du Faiej, Reckya Madougou trouve qu’il est indispensable d’œuvrer sans cesse pour la promotion de l’entrepreneuriat à travers des incubateurs de qualité, parce qu’il crée des emplois, suscite l’innovation, stimule la croissance économique, améliore les conditions sociales et contribue à répondre aux défis environnementaux et démographiques. Un discours de motivation qui est bien reçu par l’auditoire composé de jeunes qui n’ont cessé de manifester leur adhésion par des applaudissements nourris.

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Jour 4 de la semaine sur la sécurité alimentaire : Le Bénin partage ses expériences pratiques avec l’Afrique

Dc-Mepd-et-le-ministre-de-agriculture

(Le défi de l’organisation, relevé)
Dans l’agenda de la Semaine du Sahel et de l’Afrique qui se tient depuis lundi 4 décembre à Cotonou, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest a dédié spécialement la4ème journée des travaux, au Bénin. Un événement spécial Bénin qui a permis aux participants de s’imprégner de ce que fait le Bénin sur le plan de lutte contre la malnutrition.  Deux panels constitués de cadres de l’administration, d’élus locaux, de spécialistes, de parents d’élèves et de représentant de la société civile ont été constitués pour partager dans un premier temps, l’expérience pratique du programme des cantines scolaire relancées cette année dans certaines écoles primaires déshéritées. Le second panel a quant à lui mis un accent sur la prise en charge de la malnutrition par les communautés locales au Bénin. Et ce, à travers le projet orienté alimentation, nutrition et santé piloté par le Secrétariat permanent du Conseil de l’alimentation et de la nutrition (Sp/Can).

« Le Csao a vu juste et bien fait de donner aussi l’occasion à notre pays de partager avec vous nos réflexions, nos expériences réussies sur les enjeux alimentaires et nutrionnels notamment les cantines scolaires », a salué d’entrée Me Rufino d’Almeida, président du comité local d’organisation et Directeur du cabinet du ministre d’Etat en charge du Plan et du développement à la cérémonie de clôture de la journée. « Vous avez apprécié l’expérience du Bénin en matière de cantines scolaires,  des participants ont souhaité que l’expérience se pérennise et qu’on agisse sur les parents d’élèves. Croyez-en, nous tiendrons compte de vos observations », a-t-il rassuré. Pour le professeur Rock Mongbo Secrétaire Permanent du Conseil national pour l'alimentation et la nutrition du Bénin, l’état des lieux en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin n’est pas si alarmant. « Il y a espoir parce que les réformes ont été faites et les actions sont en train d’être conduites (…)Prendre conscience de ce qu’on a comme problème c’est la première étape pour surmonter, et c’est ce que nous sommes en train de faire actuellement ». Tout en se réjouissant que le gouvernement ait réussi à relever le défi de l’organisation de ces assises, il conclut« Le séminaire étant terminé, permettez-moi de vous dire que c’est maintenant que le plus dur commence (…)La mise en œuvre des différents enseignements et résolutions. Le plus important et plus difficile, c’est de voir la faim reculer dans nos pays (…) J’ose croire que nous comblerons les attentes de nos populations. La faim zéro, c’est une quête permanente qui doit engager chacun de nous ».
A propos des cantines scolaires et de la situation de la malnutrition au Bénin
A l’ouverture de la journée « Evénement spécial Bénin », le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui a planté le décor des deux panels de discussion. D’abord au sujet des cantines scolaires « qui sont des catalyseurs de développement »,  entre autres objectifs visés par le gouvernement est de lutter contre la malnutrition en apportant l’alimentation nécessaire à la croissance de l’enfant, d’améliorer son accès à l’enseignement primaire et de parvenir surtout à la rétention scolaire chez les filles par la fourniture de repas chaud aux enfants.« Les cantines scolaires fonctionnent comme des systèmes de protection sociale pour aider les ménages et les communautés vulnérables à résister aux crises économiques et autres bouleversements sans mettre en péril leur alimentation et leur sécurité alimentaire », souligne le ministre. Mieux, dira-t-il « Lorsque l’approvisionnement des cantines scolaires est fait à partir de la production agricole locale, les programmes d’alimentation scolaire permettent d’augmenter les revenus des petits agriculteurs et de stimuler les économies rurales ». D’un montant total de 27 milliards FCfa, sur une période de 4 ans, les cantines scolaires visent à servir quotidiennement un repas chaud à plus de 350.000 écoliers à partir de 2017, et rendre opérationnel plus de 1500 cantines scolaires approvisionnées en produits locaux frais et non traités. « L’Etat béninois ambitionne d’accroître le taux des écoles en cantines de 29% à 51% soit plus de la moitié des cantines des écoles seraient couvertes dans les années à venir », renseigne Me Rufino d’Almeida, Directeur du cabinet du ministre du développement.

La Journée spéciale dédiée au Bénin a pris fin par la visite guidée de stands de produits locaux et la visite touristique offerte aux hôtes sur Porto-Novo, Ouidah.

JB

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Fin de la 33ème réunion annuelle du Rpca/Sahel et Afrique de l’Ouest : D’importantes recommandations pour vaincre la faim et la malnutrition

securite-alimentaire

(La Gambie accueille la 34ème réunion, du 3 au 5 décembre 2018)
La 33ème réunion annuelle du Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (Rpca) en Afrique de l’ouest et dans la zone Sahel a pris fin hier, mercredi à Golden Tulip hôtel à Cotonou. Ouvertes lundi 4 décembre, à la faveur de la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, ces assises d’experts de haut niveau ont été clôturées par le représentant du gouvernement béninois, Me Rufino d’Almeida, Directeur de cabinet du ministère du Développement et président local du comité d’organisation. C’était en présence du Président du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest (Csao), François-Xavier de Donnea ; du ministre de l’Agriculture du Mali, ministre coordonnateur du Cilss, Dr Nango Dembélé ; du porte-parole « Agir » de la société civile et du secteur privé, Djibo Bagna ; du représentant du président de la Commission de la Cedeao et de l’Uemoa puis du représentant des Partenaires techniques et financiers. Pour le représentant du gouvernement béninois, au regard de la qualité des travaux faits d’’échanges et de contributions enrichissants, le  Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), ne s’est pas trompé en organisant cette rencontre. Tout en exprimant la reconnaissance du gouvernement et de son chef aux participants, Me Rufino d’Almeida a souhaité que les recommandations servent de sources d’inspiration aux différents gouvernements dans l’élaboration de politiques publiques. Le président du Csao va ensuite exprimer sa gratitude au gouvernement du Bénin pour les facilités dont les  participants ont bénéficié durant le séjour. Après Cotonou, les regards sont désormais tournés vers la Gambie pour l’édition 2018 de la réunion, prévue du 3 au 5 décembre.

Il faut souligner que la réunion de Cotonou a été sanctionnée par d’importantes recommandations contenues dans un relevé des conclusions, lu par le Directeur de l’Agriculture/Uemoa, SeyniHamadou.  Voici l’intégralité dudit relevé des conclusions.

Relevé des conclusions de la 33ème réunion annuelle du Rpca

1- Accueillie par la République du Bénin et sous le haut patronage des Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, la 33e réunion annuelle du Réseau a réuni près de 300 participants, représentants de gouvernements sahéliens et ouest-africains, parlementaires et élus locaux, organisations intergouvernementales (OIG), de la société civile et du secteur privé, partenaires techniques et financiers, médias, etc. Elle a examiné les résultats de la campagne agropastorale 2017-18 et analysé la situation alimentaire et nutritionnelle. Les participants ont eu l’occasion de débattre et d’échanger leurs expériences sur les approches innovantes et territoriales de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ils ont également fait le point sur la mise en œuvre, les enseignements et les bonnes pratiques de l’Alliance globale pour la résilience (AGIR), la deuxième évaluation externe de la Charte pour la prévention et la gestion des crises alimentaires (Charte PREGEC) et la mise en œuvre de la stratégie de communication du RPCA.
 

2- La campagne agropastorale a été mitigée, marquée notamment par une fin de saison pluvieuse difficile, lourde de conséquences pour les cultures, le fourrage et les disponibilités en eau pour le bétail. La production céréalière globale est estimée à 68.3 millions de tonnes, supérieure de 4 % à celle de la dernière campagne et de 13 % à la moyenne quinquennale. Cependant, des baisses sensibles sont observées dans plusieurs pays par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, notamment au Cabo Verde ; la situation critique dans ce pays mérite une attention particulière. L’alimentation du bétail est préoccupante en Mauritanie, au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad, où une soudure pastorale précoce et très difficile est attendue.

3- Au regard de la situation alimentaire et nutritionnelle, 5.2 millions de personnes sont en besoin d’assistance alimentaire. Ce chiffre pourrait atteindre 9.6 millions de personnes d’ici la soudure en juin-août 2018, si des mesures appropriées ne sont pas prises, en particulier pour faire face à la crise pastorale qui se profile. Même si la situation s’est relativement améliorée dans le bassin du lac Tchad, l’urgence alimentaire y prévaut toujours. La prévalence de la malnutrition aigüe globale dépasse le seuil d’urgence de 15% dans certaines régions de la Mauritanie, du Mali, du Tchad et du nord-est du Nigéria. La situation pourrait s’aggraver du fait de l’inflation et de ses conséquences sur l’accès alimentaire ; en particulier au Ghana, au Libéria et Nigéria dont les monnaies ont été dépréciées.

4- Dans ce contexte, les membres du Réseau recommandent :
  1) le maintien de la veille et de l’effort d’assistance alimentaire et nutritionnelle aux populations affectées dans la zone du bassin du lac Tchad, y compris des actions structurantes de réhabilitation ;
  2) l’organisation, au plus tard en février 2018, d’une concertation régionale sur la soudure pastorale et agropastorale afin d’évaluer l’ampleur de la crise pastorale et de définir des plans de réponse appropriés, y compris l’accélération de la mise en œuvre de la composante ‘aliment-bétail’ de la réserve régionale de sécurité alimentaire et la préparation du départ anticipé des animaux pour la transhumance transfrontalière ;
  3) l’accélération de la vulgarisation des instruments d’évaluation des ressources pastorales et le renforcement des indicateurs de vulnérabilité pastorale dans les analyses du Cadre harmonisé ;
   4) l’investissement des gouvernements dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des plans de réponse ;
   5) le renforcement des mesures de prévention et de gestion des maladies ravageuses des plantes, en particulier la chenille légionnaire. Au regard de la situation alimentaire et nutritionnelle critique au Cabo Verde (Cap-Vert), le Réseau appelle la communauté internationale à soutenir les efforts déployés par le pays dans la mise en œuvre de son plan de réponse.

5- Les participants recommandent aux gouvernements et à leurs partenaires de soutenir la mise en œuvre d’une gouvernance locale inclusive de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, fondée sur le dialogue et l’initiative des acteurs locaux, ruraux comme urbains. Ils soulignent l’importance d’une approche territoriale de l’économie alimentaire afin d’en optimiser les potentiels en termes de croissance et d’emplois. L’économie alimentaire pèse au moins 260 milliards de dollars, soit 39 % du PIB régional et fait vivre 82 millions de personnes, soit 66 % des emplois directs. Les membres du Réseau invitent les États et leurs OIG, à investir dans la durée, dans des politiques volontaristes de développement et de renforcement des chaînes de valeur agro-alimentaires, en particulier les segments faibles ou manquants de la transformation agro-alimentaire et de la distribution. Ils insistent sur la nécessité de positionner l’économie alimentaire au cœur des stratégies nationales, régionales et internationales de création d’emplois, en particulier l’emploi des jeunes et des femmes ; y compris dans les initiatives de stabilisation et de développement du Sahel.

6- La deuxième évaluation de la Charte PREGEC est sur le point de livrer ses conclusions. Tout en soulignant l’importance de la revue externe, les membres du Réseau insistent sur la nécessité d’une meilleure prise en compte du genre et d’un renforcement des mécanismes de suivi-évaluation et d’interpellation. Ils se félicitent de l’état de mise en œuvre de la stratégie de communication du RPCA, notamment le prochain lancement de la plateforme d’information interactive sur les analyses du Cadre harmonisé, la cartographie des interventions et les bonnes pratiques de sécurité alimentaire, nutritionnelle et de résilience.

7- Les membres du RPCA saluent la pertinence de la mutuelle panafricaine de gestion des risques (African Risk Capacity - ARC) en tant qu’outil permettant aux États de faire face à certains chocs liés aux aléas climatiques. Ils insistent sur la nécessité d’assurer une meilleure cohérence et complémentarité de cet instrument avec ceux développés dans la région par le Réseau. À cet effet, ils encouragent le renforcement de la coopération entre l'ARC et le Réseau. Les membres du Réseau soulignent par ailleurs la nécessité d’engager la réflexion sur la recherche de synergies des systèmes d’alerte précoce, y compris celles relatives à la sécurité.

8- Cinq années après le lancement de l’Alliance globale pour la résilience (AGIR), des efforts d’investissement dans la mise en œuvre des « Priorités résilience pays » (PRP-AGIR) sont perceptibles. Par ailleurs, l’impulsion de l’Alliance a positivement influencé l’intégration de la dimension résilience dans la formulation de nouvelles politiques. Enfin, un travail de capitalisation de bonnes pratiques de résilience est en cours afin de faciliter l’apprentissage mutuel. Tout en saluant ces acquis, les parties prenantes insistent sur l’urgence d’accélérer la mise en place des instruments de suivi-évaluation de la table de résultats de l’Alliance.

9-Le 5e anniversaire d'AGIR intervient dans un contexte particulier de questionnements quant à la place réelle des enjeux alimentaires, nutritionnels et de résilience dans les priorités des États, de leurs OIG et de leurs partenaires. La cristallisation autour des défis migratoires et sécuritaires, ainsi que la multiplication d’initiatives non coordonnées et non alignées, constituent autant de risques pour la réalisation de l’ambition « Faim zéro » à l’horizon 2035 dont s’est dotée la région. Les parties prenantes de l’Alliance réaffirment l’urgence de replacer les enjeux alimentaires et nutritionnels et les enjeux d'emplois au cœur des agendas de développement. Ils rappellent à ce sujet que les problématiques alimentaires constituent un pan central des réponses aux défis sécuritaires et migratoires. Ils recommandent la désignation par la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS, d’un leader politique de haut rang « Champion de la cause alimentaire et nutritionnelle » afin d’assurer, avec le soutien du Président du CSAO et du Groupe des organisations de la société civile et du secteur privé, l’indispensable lobbying en faveur de cette cause. En ligne avec la déclaration de Milan en 2015, les membres du Réseau exhortent, une fois de plus, l’ensemble des parties prenantes à mieux coordonner leurs interventions et à les aligner sur les priorités de la région. À ce sujet, ils appellent les États et leurs OIG à assumer pleinement leurs missions régaliennes de garant de la coordination et de l’alignement à travers la mise en place de cadres appropriés de dialogue. Ce devoir de responsabilité passe également par la mise en place de mécanismes opérationnels de redevabilité des résultats pour assurer l’efficacité des nombreux politiques et programmes dont regorge la région.

10- Les membres du Réseau conviennent que la 34e réunion annuelle aura lieu les 3-5 décembre 2018 à Banjul, en Gambie.

Cotonou, le 6 décembre 2017
Les participants à la 33e réunion annuelle du RPCA

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Conférence sur Pastoralisme et stabilité en Afrique : Evaluer le PASSHA en terme d’approche Spc

PASSHA

Plusieurs acteurs venus de certains pays de l’Afrique se penchent depuis hier mercredi 6 décembre 2017, à Cotonou, sur les résultats en terme de développement d’outils et de méthodes opérationnelles du Projet d’appui au pastoralisme et à la stabilité dans le Sahel et la corne de l’Afrique (PASSHA). C’est à la faveur d’une rencontre intitulée « conférence sur l’approche opérationnelle de la sensibilité et la prévention des conflits (Spc) en zone pastorale », qui se tient à Azalaï hôtel, et ce jusqu’au 8 décembre.  

C’est depuis 2016 que le PASSHA (Pastoralisme and Stability In the Sahel and Horn of Africa) soutient le “Projet régional d'appui à la résilience des modes de vie pastoraux dans la corne de l'Afrique" (RPLRP) et le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), dans leur compréhension et prise en compte des aspects de sensibilité et de prévention des conflits. Après bientôt deux ans, le PASSHA a atteint son premier objectif de court terme qui était de développer une approche opérationnelle : une boîte à outils permettant d’assurer qu’une intervention, c’est-à-dire un projet ou un programme en zone pastorale sahélienne prenne en compte la sensibilité et la prévention des conflits et renforce la stabilité voire la cohésion sociale durant ses phases de planification, d’exécution et d’évaluation. En effet, la boîte à outils a été développée de manière progressive en concertation avec les équipes qui ont été formées de novembre 2016 à octobre 2017 à son utilisation. Aussi, le  PASSHA a-t-il largement initié des outils institutionnels d’analyse de risque de conflit (évaluation, gestion et communication) à travers des études et des appuis techniques spécifiques.   Au cours de la conférence, il s’agit entre autres, de présenter les documents principaux de l’approche opérationnelle Spc, à savoir la liste de vérification, le guide pratique général, les guides techniques en cours de réalisationet de voir comment ils intègrent l’analyse des aspects environnementaux, économiques et sociaux. La finalité de tout ceci est que les partenaires techniques et financiers puissent s’approprier ces outils développés et les soutenir, en vue d’une 2ème phase du projet. Une 2ème phase indispensable pour le reste du processus. Et c’est ce que semble affirmer  dans son mot de bienvenue à l’ouverture des travaux, le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr DjiméAdoum : « Comme vous le savez, l’œuvre n’est pas achevée. C’est un travail de longue haleine qui, pour résister à l’épreuve du temps, doit pouvoir s’adapter au contexte mouvant et évolutif que nous vivons. Nous savons pouvoir compter sur les uns et les autres, les pays et les partenaires, pour poursuivre cette œuvre commune ». Le pastoralisme est l’une des activités économiques les plus développées au Sahel, et de loin la plus importante en bordure du Sahara. On estime à 20 millions le nombre de personnes vivant du pastoralisme au Sahel. Cependant, cette activité est confrontée à des risques de crise et de conflits cycliques. Et pour les surmonter, le ministre béninois en charge de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui a insisté sur les partenariats, la promotion des bonnes pratiques en matière de conflits en zone pastorale. « Nous serons très attentifs aux conclusions de vos travaux qui nous permettront de disposer d’outils consensuels, appropriés et pertinents en matière de prévention de crises liés au pastoralisme », a-t-il lancé pour finir, aux participants. D’un montant de 1 250 000 Usd dollars, le PASSHA a été lancée après la signature, le 29 janvier 2016 de la convention de financement CILSS/Banque mondiale. De durée un an (2016-2017), il couvre les pays comme le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Kénya, le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Ouganda, le Sénégal et le Tchad. Il faut signaler que le PASSHA est mis en œuvre par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), dans la région sahélienne en appui au PRAPS, et par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), dans la corne de l’Afrique (Ethiopie, le Kenya et l’Ouganda), en appui au RPLRP.  
 

J.B

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Existence d’un présumé marché d’esclaves près de Tripoli : Les clarifications de l’ambassade de Libye au Bénin

Esclavage-Lybie

Les autorités libyennes ne comptent pas croire au contenu du documentaire diffusé par la télévision américaine Cnn sur le présumé marché d’esclaves  entretenu près de Tripoli sans se poser des questions. L’ambassade de Libye près le Bénin a réagi le mardi 05 décembre 2017 à la faveur d’une conférence de presse à Cotonou. « Le documentaire dont il est question  ne reflète ni la position  officielle de l’Etat libyen ni celle de son peuple. Les Libyens sont très fâchés contre cet enregistrement qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de leur société et rejette en bloc la traite des noirs et l’esclavage», a déclaré le Chargé d’Affaires Busheha Busheha. Il sera davantage précis: «La Libye affirme qu’elle n’est pas responsable de l’existence de migrants clandestins qui sont détenus par les bandes armées et les organisations  terroristes disséminées un peu partout dans le désert qui cherchent à attirer les pauvres migrants en leur promettant de l’argent et du voyage en Europe». Selon lui, le gouvernement libyen vérifiera les informations contenues dans le documentaire et « prendra des sanctions sévères». Il indiquera que « la Libye condamne l’appel à l’attaque et l’état de siège des ambassades libyennes en Afrique et rappelle que ses ambassades jouissent de l’immunité diplomatique». Pour Busheha Busheha, la Libye est victime des problèmes liés à l’immigration ; immigration qui reste pour l’Etat libyen un fardeau  en termes de perte en nourriture, en médicaments et autres dans les camps d’hébergement. «Nous sommes surpris par les réactions au moment où rien ne prouve la véracité du contenu de cet enregistrement, dans la mesure où par le passé, plusieurs enregistrements retentissants ont été réalisés à de différentes occasions et il s’est avéré que les allégations n’étaient pas fondées. Les conséquences de ces allégations étaient désastreuses et ont même conduit à l’intervention militaire», a-t-il déploré. Et de rappeler : « La Libye a une histoire particulière et séculaire dans les relations avec l’Afrique car elle fut le pionnier en matière de défense des intérêts de l’Afrique. Les Africains vivant en Libye depuis des décennies n’ont jamais connu de pareilles difficultés hormis quelques incidents isolés qui sont courants dans tous les pays du monde y compris les pays développés. Ils travaillent en toute liberté dans les marchés, les boutiques et mènent tranquillement  leurs activités artisanales». Il a par ailleurs qualifié de «rumeurs» les histoires racontées par certains migrants sur la Libye à leur retour dans leur pays. « Le migrant invente des histoires pour convaincre la presse et échapper aux sanctions qui l’attendent», a-t-il martelé. A en croire Busheha Busheha, « la Libye est un pays de transit et non un pays de provenance des migrants». « Il revient, a-t-il conclu, aux pays d’où proviennent les migrants de garantir une vie meilleure à leurs citoyens et de renforcer la démocratie dans leur pays pour éviter à leurs citoyens de quitter leurs pays à la recherche d’une vie meilleure et de la démocratie chez les autres… La question  de l’immigration ne saurait être gérée par la seule Libye».

A.S

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