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Politique

Procès de François Compaoré : Vers une extradition manquée

François-CompaorE

Les autorités politiques et judiciaires du Burkina-Faso ont formulé à l’endroit des autorités françaises de même ordre l’extradition  de François Compaoré vers son pays envers qui il a renoncé de s’y reconnaître en renonçant à la nationalité pour devenir ivoirien.  Sera-t-il extradé vers le Burkina-Faso pour être jugé complice actif d’incitation à l’assassinat  du journaliste Norbert Zongo ? Ce cas de figure n’est pas nouveau. François Compaoré peut s’adosser sur la complexité du  dossier judicaire (I)  tout en espérant que lui soit appliquée la jurisprudence Talon (II).

I. La complexité du dossier judiciaire

Les faits de procédure. Une demande d’extradition de François Compaoré  a été formulée par les autorités politiques et judiciaires à leurs homologues de la France, pays où réside actuellement M. François Compaoré en tant qu’ivoirien. En effet, il a  déjà raturé  sur son certificat de nationalité, la mention burkinabè. Ouagadougou a fait la demande afin d’entendre le désormais ivoirien François Compaoré   dans l’affaire de l'assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo, intervenu en 1998.  L’affaire est confiée à la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris qui a jusqu’au 13 juin pour se prononcer sur l’affaire qui lui a été soumise.

L’affaire « Norbert Zongo » a une double  dimension judiciaire. D’abord au niveau des juridictions communautaires, elle a connu un jugement de forme. En effet, un arrêt  de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples en  2014,  a reproché à l’Etat du Burkina-Faso  d’avoir manqué  de diligence  dans l’investigation judicaire concernant l’affaire Norbert Zongo tué en 1998 avec trois de ses compagnons. Le droit ce n’est pas de l’émotion encore moins la conquête de l’opinion publique. Ce sont les diligences qui accouchent de  la vraisemblance à défaut de la vérité absolue. Me AntaGuissé [avocate de l’Etat Burkinabè] aura beau défendre que l’arrêt en question vise à   relancer l’action publique, elle restera peu audible. Une défaite en droit international n’augure pas souvent de perspectives heureuses.

Au niveau interne, le Burkina Faso a transmis lundi  30 octobre 2017  à la justice française une demande d'extradition de François Compaoré en vertu de la convention  en matière de coopération judiciaire qui  lie les deux pays depuis avril 1961. En vertu de cette  convention, Ouagadougou  a réclamé  son extradition sans l’avoir mis en examen. Dès lors la régularité du mandat d’arrêt international  pose  de problèmes de légalité.

Une victoire tout de même. Il s’agit de la sédentarisation de fait de François Compaoré en France qui ne peut plus  quitter le territoire français et a  l’obligation de se présenter  au commissariat de son quartier tous les 15 jours, l’obligation de répondre aux convocations de la chambre de contrôle et la confiscation et la mise sous scellé de ses quatre passeports dont trois diplomatiques. Le quatrième, le civil,  n’étant plus valable du fait qu’il désormais allergique malgré lui  à la nationalité burkinabè.

En devenant par les avatars de la vie, subitement et instantanément ivoirien, François Compaoré  ne  saurait se faire l’illusion d’acquérir une immunité diplomatique pour des faits qui n’ont rien à voir avec une  éventuelle représentation de l’Etat Ivoirien en  France. La complexité du dossier judiciaire réside en ce qu’il dispose d’une résidence en France et a réussi à quitter le Burkina-Faso. C’est dans l’espoir de bénéficier de la jurisprudence  Talon qu’il a beaucoup pouffé de rire  à l’audience du  mercredi 28 mars 2018.

II. La jurisprudence Talon

Les avocats  de François Compaoré  sont sur la même longueur d’onde que les avocats de l’homme d’affaires Patrice Talon soupçonné  dans une affaire de tentative d’empoisonnement dans un passé récent dans son pays. Comme François Compaoré, il dispose d’une résidence en France. C’est quoi la jurisprudence Talon  attachée à  la Chambre d’instruction de la Cour de Paris ?

La cour d'appel de Paris a rendu, mercredi 4 décembre 2013, un avis défavorable à l'extradition à Cotonou  de  l'homme d'affaires Patrice Talon soupçonné dans son pays d'avoir organisé   en 2012, une tentative d’empoisonnement   pour éliminer le président Thomas Boni Yayi. On se souviendra  encore comment le verbe haut, Me William Bourdon déclarait : « En France, on n'extrade pas quand la demande d'extradition n'est que le masque d'une persécution politique».

En France, l’homme d’affaire Patrice Talon a été placé sous contrôle judiciaire.   Des proches du président, dont son médecin personnel, sa nièce et gouvernante et un ancien ministre avaient été arrêtés en octobre 2012. D'après Cotonou, les déclarations de ces complices présumés confondent Patrice Talon et son complice Olivier Boko, lui aussi réclamé par le Bénin, comme commanditaires de cette tentative avortée d'empoisonnement. Mais les suspects ont bénéficié, en mai 2013, d'un non-lieu général du juge d'instruction, confirmé par la cour d'appel de Cotonou.

Le parquet général de Paris s’était prononcé,  contre l’extradition en estimant que les conditions d'une justice équitable dans ce pays d'Afrique de l'Ouest n'étaient pas réunies. Le parquet général avait aussi relevé que la peine de mort n'avait pas disparu au Bénin, même si elle n'est plus appliquée. C’est sur cet aspect que très probablement la jurisprudence de la chambre d’accusation pourrait être  constante malgré les efforts de précipitation du gouvernement burkinabè  à introduire  en procédure d’urgence l’étude d’une loi modifiant l’organisation judiciaire, le code pénal et le code de procédure pénale. La France généralement est accrochée aux principes du droit qu’aux gymnastiques de tropicalisation du droit.

En somme, François Compaoré alias le petit Président bénéficiera, toutes choses égales par ailleurs, de la jurisprudence Talon.

Tauyé de Saint Herbert HOUNGNIBO
Droit international et Institutions Diplomatiques.
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Renouveau de l’Afrique : La science pour remplacer la politique !

next-einstein-forum

Le 26 mars à Kigali, au Rwanda, un forum de scientifiques s’est ouvert. Il prend le nom de Next Einstein Forum. Il s’agit d’une rencontre biannuelle qui a pour but d’offrir aux jeunes scientifiques africains une plate forme d’échange. Ces moments de prise de conscience scientifiques  sont rares en Afrique. Cela mérite qu’on s’y attarde. En Afrique, singulièrement en Afrique francophone, la science est reléguée au second rang comme si une nationpeut se développer sans la recherche scientifique et technologique. Pour dominer un peuple, il suffit d’analyser son rapport avec  la science et la technologie en scrutant son budget général. Quand Dieu demanda à l’homme de dominer la terre, c’est à la science  il faisait allusion. Dominer la terre, c’est faire du savoir scientifique un pouvoir pour prévoir (1) afin  de lutter contre l’infra-humanité(II)

I.    La science, un pouvoir pour prévoir.  

La recherche scientifique occupe quelle place dans les politiques publiques des Etats de l’Afrique ? Très peu de place. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les lignes affectées à la recherche scientifique. Et pourtant, la plupart des budgets d’Afrique ne sont pas respectueux du rôle de la science et de son importance dans le budget général de l’Etat.  Le budget est le reflet de la politique et de l’ambition de l’Etat.  La place congrue affectée à la science prouve une fois encore que les politiques d’Afrique n’ont pas appréhendé les enjeux de demain. La science, elle est application, imitation et recherche. Le projet scientifique consiste à élever la connaissance de l’homme pour lui permettre d’utiliser son imagination afin d’améliorer sa condition.. Autrement dit  celui qui ne respecte pas la science est  vulnérable. La méconnaissance par exemple de  l’utilité des arbres et des brise-vents a  occasionné bien d’inondations  et de vents violents dans plusieurs pays  du tiers-monde. Diriger ce n’est pas seulementprévoir, c’est anticiper mais avec la science.
Il est nécessaire de faire remarquer que la   science, ouvre la porte vers de nombreuses applications intéressantes pourlutter contre les maux qui tuent l’Afrique en terme de santé, d’énergie, et d’alimentation.  La science est la solution. Et pour preuve, ce ne sont pas les sommets assortis de ballet diplomatique qui ont fait reculer le  paludisme, sida, tuberculose, Ebola. La solution est scientifique. Il est souvent consternant qu’à la survenance  des maux qui minent l’Afrique le premier réflexe des politiques sans vision est de faire appel à la communauté internationale.  Et pourtant des efforts sont faits çà et là pour donner une chance à l’Afrique de prendre ses responsabilités pour lutter contre l’infra-humanité.

II.    Vaincre l’infra-humanité

Le renouveau de l’Afrique passe par l’éloge de la science. Plusieurs pays sont dans l’effort mais à travers des individualités.  Il faut s’intéresser à la science. La solution est là. Pour y parvenir, trois actions nous paraissent essentielles. La première est de  démystifier les sciences à la maternelle et au secondaire. La deuxième, réhabiliter la recherche scientifique. La troisième, faire de la conquête  de la science, une priorité politique.

La démystification de la science passe par la réforme de la pédagogie d’enseignement des Mathématiques, des Sciences Physiques, Chimiques et Techniques et des Sciences de la Vie et de la terre. Les enseignants de ces matières font du mystère autour de celles-ci, les expliquent très mal et font du coefficient affecté à leurs matières une source de terreur et de découragement des élèves pourtant aptes à cultiver des prédispositions pour les sciences.

La réhabilitation de la recherche scientifique  c’est l’éclosion des scientifiques locaux. Ceux qui sont dans l’effort prouvent déjà que la recherche scientifique  va transformer  la vie des hommes et du continent africain.  Le forumNext Einstein Forum a eu pour ambition de démontrer l’enjeu de l’innovation scientifique et technologique.  D’ailleurs comme le fait remarquer le  Next Einstein Forum, il y a de l’espoir puisque qu’un îlot de lueur s’étend à perte de vue. Le Rwanda pourra construire des ordinateurs quantiques à usage général. À l'aide du télescope Square KilometerArray (SKA), construit dans le désert de Karoo, en Afrique du Sud, une équipe internationale a détecté un signal radio provenant d'une étoile proche suggérant fortement que la vie existe en dehors de notre système solaire ; Une équipe basée au Nigeria a produit de nouvelles semences de riz génétiquement modifiées qui devraient soutenir efficacement une nouvelle révolution verte. Le Nigeria est maintenant en mesure de faire face à ses besoins en riz au cours de la prochaine décennie, ce qui lui fera économiser environ 2 milliards de dollars en importation de riz.

En conclusion, la science est la solution. Elle doit remplacer la politique et les discussions interminables sur les réseaux sociaux.

TAUYE DE SAINT HERBERT.
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Garde à vue du Président Nicolas Sarkozy : La représentation de la fonction présidentielle est-elle en lambeaux ?

Nicolas-Sarkozy

La garde à vue  aménagée du Président Nicolas Sarkozy  pose un double problème judiciaire et politique. En effet, en aménageant la garde à vue de Nicolas Sarkozy, le Procureur de la République  a pris de court le régime de la garde à vue(I)  comme pour sauver la représentation  de la fonction présidentielle. L’image de Nicolas Sarkozy comme un Président constamment  devant les tribunaux n’est pas de nature àfairebondirlesRépublicains (II)

I.    Un régime spécial de garde à vue

En droit français  comme c’est bien le cas, les  conditions restrictives du placement en garde à vue sont consignées à l’article   63 du code de procédure pénale qui consacre  le pouvoir exclusif de l’officier de police judiciaire de prendre une mesure de garde à vue. Cela s’est traduit par : «  seul un officier de police judiciaire peut, d’office ou sur instruction du procureur de la République, placer une personne en garde à vue ». Ces mêmes dispositions reconnaissent au procureur de la République le pouvoir de demander à l’officier de police judiciaire de prendre une telle mesure : les instructions du procureur de la République sont, dans cette hypothèse, transcrites en procédure.

Ce  pouvoir conféré par la loi de juin 2011 confie au Procureur de la République   la mise en mouvement de l’action publique et la direction de la police judiciaire. Le Placement de la garde à vue n’est pas systématique. La  loi prévoit que l’officier de police judiciaire ne peut prendre une décision de placement en garde à vue que si les conditions cumulatives  sont remplies à savoir  l’existence de raisons plausibles de soupçonner que la personne a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement. La question judiciaire qui se pose  est de savoir si la garde à vue de Nicolas Sarkozy a permis  d’empêcher qu’il ne modifie les preuves ou indices matériels ; empêcher qu’il ne fasse pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ou leurs proches, d’empêcher que Sarkozy ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ou complices ? Les motifs  de la garde à vue sont sans doute en corrélation avec la décision du juge d’instruction. En effet, Nicolas Sarkozy a été mis en examen par le juge d'instruction Serge Tournairedans le cadre de l'affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle.2007. L'ancien chef de l'État devra répondre des chefs de "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement fonds publics libyens". Placé sous contrôle judiciaire, le Président Nicolas Sarkozy ne peut pas  rencontrer les autres personnalités mises en examen dans ce dossier, ni de se rendre en Lybie . La garde à vue n’était pas la solution appropriée en ce sens  que la fantaisie de nuit entrecoupée prouve qu’il y a un brin de spectacle judiciaire comme on peut bien le constater avec la sortie médiatique de l’intéressé qui jouait au Héraut sur TF1 sans être un héros car on ne reçoit pas en grande pompe Khadafi à l’Elysée et coopérer avec lui en lui dépêchant la Première Dame de l’époque pour finir par s’exclamer , « Ce Monsieur n’est pas fréquentable ». La garde à vue entrecoupée de nuit à domicile de Nicolas Sarkozy reste  une monstruosité judiciaire qui cherche un vernis de justification dans la Circulaire du 23 mai 2011 relative à l’application des dispositions relatives à la garde à vue de la loi n° 2011-392 du 14 avril 2011 . Cette circulaire tout en faisant l’éloge de liberté n’en donne pas un pouvoir fantaisiste au Procureur de la République.


II.    Une humiliation préjudiciable aux Républicains

La garde à vue aménagée de Nicolas Sarkozy n’est ni une bonne nouvelle ni un nouvel élan de rebondissement politique pour la famille politique du Président. Car Nicolas Sarkozy est un habitué des affaires. C'est la troisième fois que l'ancien Président est mis en examen, après l'affaire des écoutes illégales en 2014 et celle de Bygmalion en 2016. Ce dossier libyen est un labyrinthe. Pourra-t-il s’en sortir ?

S’il s’en sort souvent soit pour prescription soit au bénéfice du doute, il n’en demeure pas moins qu’il reste dans l’opinion , l’homme des affaires. Il est donc un problème politique pour son parti et pour la République.  S’il n’a plus d’avenir politique imminent, il doit de toute évidence admettre d’avoir consumé la représentation politique de la fonction présidentielle. De Gaulle ne se sentirait pas si l’aise dans sa tombe. La fonction présidentielle a cessé d’être sacrée pour devenir un vecteur des affaires compromettantes. Les chefs d’accusation à démonter sont des arguments de campagne contre lui et son parti. Il  s’agit de "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement fonds publics libyens". Il s’agira de prouver la contrefaçon de plusieurs documents et témoignages de proches de Mouammar Kadhafi révélés par le site Mediapart en 2012 qui courent à plonger Nicolas Sarkozy comme quoi sa campagne électorale en 2007 a été financée  à hauteur de 50 millions d'euros par le guide libyen.  Le juge Serge Tournaire a rejeté la demande du Président Nicolas Sarkozy d’être témoin assisté. C’est-à -dire ni témoin ni mis en examen. Et c’est là où se situe la difficulté essentielle. En somme, la garde à vue de Nicolas Sarkozy est une humiliation personnelle  qui donne un choc à la représentation de la fonction de Président de la République. Ce qui est de la matière pour ses adversaires.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Anciens ministres des affaires étrangères de la Francophonie : Jean marie Ehouzou élu président

Jean-Marie-Ehouzou

Au terme d'un colloque sur le vivre ensemble, organisé à l'hôtel Ibis de Lomé, ce mardi 20 mars 2018, à l'occasion de la quinzaine de la Francophonie, les participants viennent de mettre en place un Réseau des anciens Ministres en charge de la Francophonie. Notre compatriote, Jean Marie Ehouzou, ancien ministre des affaires étrangères du Bénin, vient d'être porté à la tête dudit réseau qui aura pour mission la promotion du vivre ensemble. Le directeur du Bureau Régional pour l'Afrique de l'Ouest de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Dr Éric Adja s'est réjoui de la création de ce réseau.

Dans le cadre de l'édition 2018 de la Quinzaine de la Francophonie, un Colloque international intitulé : « La Francophonie, notre trait d’union pour agir : la contribution de l’OIF au vivre ensemble en Afrique et dans l’espace francophone », a réuni ce 20 mars à l’Hôtel Ibis de Lomé (Togo) une cinquantaine de participants dont des anciens ministres de la Francophonie, les acteurs institutionnels et de la société civile. Ils ont échangé sur la contribution de l’OIF au vivre ensemble dans l’espace francophone.

C'est Dr Éric Adja, Directeur Régional de la francophonie pour l'Afrique de l'ouest qui  a procédé au lancement du colloque en présence de Franck Missite, directeur de cabinet du ministre de la culture et de la communication du Togo, de l'ancien Président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Me Robert DOSSOU, de l'ancien ministre des affaires étrangères du Bénin, Jean Marie Ehouzou qui appelé à une  réflexion des anciens ministres des affaires étrangères de l'espace francophone.

Selon Dr Éric Adja, la mobilisation de ces hauts cadres ne se limite pas seulement aux ministres en fonction en charge de la Francophonie, mais s'inscrit dans une perspective de co-construction, des anciens titulaires de ces portefeuilles ministériels en vue de créer un espace de réflexion entre les anciens ministres en charge de la Francophonie pour mieux appréhender les impacts des actions de l’OIF sur le vivre ensemble dans l’espace francophone et, à l’aune du passé, porter un regard prospectif sur les défis liés à la construction de l’Etat de droit et d’un espace francophone exempt de toute violence. En situant le contexte dans lequel s’inscrit l’organisation dudit Colloque international, Éric Adja  a salué la mobilisation autour de l'initiative qui réunit le Togo, le Mali, Tchad, le Burkina Faso, le Bénin et le Sénégal.

Les participants au colloque de Lomé ont, au terme des travaux, mis en place un Réseau des anciens Ministres en charge de la Francophonie, pour la promotion du vivre ensemble.

Trois questions au ministre Jean-Marie Ehouzou

Désigné par ses paires pour conduire le réseau des anciens ministres des affaires étrangères en charge de la Francophonie, l'ancien ministre béninois Jean-Marie Ehouzou explique à la presse les objectifs dudit réseau et ses priorités. Il appelle à une mobilisation autour du travail que fait la secrétaire générale à la tête de l'Organisation de la francophonie.

Monsieur le Ministre Ehouzou, pourquoi un réseau des anciens ministres des affaires étrangères pour l'OIF?

Ehouzou : Il s'agit d'une initiative qui a été mise sur pieds sous l'égide du bureau régional de l'OIF à Lomé. Elle consiste à regrouper les anciennes personnalités, les anciens ministres ayant eu des contacts fréquents avec l'organisation. C'est pour que ce patrimoine ne soit pas oublié. Parce que ce sont des personnalités qui ont une grande expérience de part leur contacts fréquents avec l'organisation lorsqu'ils étaient en fonction. L'organisation peut avoir encore besoin de ces personnalités et ces personnalités acceptent de mettre leurs expériences à la disposition de cette importante organisation qui célèbrera dans deux ans, ses 50ans d'existence et les 20ans de la déclaration de Bamako. Une déclaration importante qui est le socle même du développement de la démocratie sur le continent. La déclaration de Bamako a été prise au lendemain de l'ouverture démocratique sur le continent. Et, c'était une déclaration mémorable.

A l'ouverture du colloque vous demandez au directeur régional de l'Afrique, docteur Eric Adja, de notifier à madame Michaëlle Jean de vous laisser agir. Que vouliez-vous dire par là ?

En fait,  c'est de nous permettre de regrouper les personnalités auxquelles j'ai tantôt fait allusion pour que ces personnalités agissent dans l'intérêt supérieur de la francophone. Rapprocher les différentes populations des objectifs de la francophonie. Le vivre ensemble constitue l'un des leitmotivs de la francophonie aujourd'hui et c'est devenu une manière de créer la paix.  Quand vous voulez vivre ensemble, il faudrait que vous partagez les mêmes points de vue,  que vous élaboriez un dialogue fécond entre vous, que vous échangiez vos points de vue sur différentes questions. C'est vraiment vivre en harmonie. On a terminé ce colloque en disant bien vivre.

Quelles sont les priorités du réseau que vous présidez?

C'est d'abord de structurer ce réseau. Remettre le rapport général à madame la secrétaire générale Michaëlle Jean, avec comme point de mire la célébration des différentes dates importantes qui sont la déclaration de Bamako et l'anniversaire, les 50 ans de l'organisation, OIF.

Ce réseau intervient à la veille de la campagne pour la réélection de madame Michaëlle Jean; le réseau va-t-il croiser les bras face à cet enjeu?

Non. Le réseau ne peut pas croiser les bras face à cette importante échéance. Le réseau estime que le travail que fait madame Michaëlle Jean est un travail important. Elle tisse comme on l'a dit, des nœuds importants aux nœuds qui ont été tissés par le président Abdou Diouf. Je pense que ce qu'elle fait aujourd'hui est vraiment appréciable.

Vous voulez dire que l'Afrique va accompagner madame Michaëlle Jean à rempiler?

Ce sont les chefs d'État qui décideront. Mais ce serait très bien de l'accompagner. Le travail qu'elle fait aujourd'hui sur le continent à la tête de cette organisation d'une manière générale mérite d'être récompensé. Et quand quelqu'un travaille bien, une équipe qui a bien gagné, on ne la  recompose pas. On  l'encourage à continuer. C'est une équipe qui gagne. Elle anime avec beaucoup de prestance cette équipe

Qui-est-ce que les populations vont tirer de ce réseau?

Pour l'instant,  ce que les populations peuvent en tirer, est qu'il y aura une vulgarisation des  différents textes importants de la francophonie. La francophonie est une organisation qui défend les intérêts de la langue française dans les organisations internationales.

M.M

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Relations Bénin-Nigéria : L’option de la Rupture, le handicap

Talon-et-Buhari

Les relations entre le Bénin et son grand voisin de l’Est, même si elles ne sont pas conflictuelles, ne sont pas les meilleures au monde. Pour un pays qui partage environ 773 Km de frontière avec son géant voisin, un marché de plus de 200 millions de consommateurs, le Bénin ne profite pas pleinement des  retombées de sa proximité avec le Nigéria. La preuve, les transporteurs et commerçants qui exportent leurs produits sur le marché nigérian rencontrent tant de tracasseries de la part des agents de police et de la douane nigériane à l’aller comme au retour. Il arrive même que des Béninois commerçants soient tabassés, menottés et jetés au fond d’une voiture de patrouille nigériane parce que accusés à tort d’être un membre de Boko Haram. Lors d’un atelier organisé, lundi 19 mars dernier, par l’Alliance Borderless à la frontière Sèmè-Kraké, on a entendu des témoignages poignants.

A y voir de plus près, cette collaboration de plus en plus difficile entreles agents en uniforme du Nigéria et les rares commerçants béninois qui vont sur le marché nigérian est la résultante d’une politique béninoise en inadéquation avec celle nigériane. C’est donc un problème de politique au sommet des deux Etats frères qui gagneraient tant  à collaborer. L’agent le moins gradé des nombreux hommes en uniforme, (la douane, la police, le service de l’immigration, le service de mise en quarantaine) du Nigéria est investi de la mission d’empêcher, par tous les moyens, l’accès au marché nigérian de produits non fabriqués dans l’espace Cedeao. Cette politique, qui date de la période du président Obasanjo, est perçue par Buhari comme la seule issue à la crise que traverse actuellement le naira. Le Bénin étant un pays consommateur, ne produit pas ce qu’il mange ni ce qu’il porte, on voit bien comment il serait difficile aux opérateurs économiques d’accéder facilement au marché nigérian. Les hommes en uniforme du Nigérian ont témoigné que des opérateurs économiques du Bénin reconditionnent les produits importés des pays d’Europe pour faire croire qu’ils sont faits au Bénin et que cela, pour eux, est inacceptable.

Il y a quelques années, le Président Obasanjo, dans une adresse aux opérateurs économiques, au Palais des Congrès de Cotonou, exhortait les Béninois à rompre les liens séculaires d’une inacceptable aliénation. Il les a invités à valoriser les productions ‘’made in Bénin’’, à consommer béninois, à cesser de singer leurs anciens maîtres, à redevenir eux-mêmes. Pour dire que, même habillés à l’africaine, on ne devrait pas moins veiller à porter le choix sur des tissus du cru, c’est-à-dire des tissus fabriqués au Bénin et en Afrique. Cette politique depuis Obasanjo n’avait pas reçu l’adhésion qu’il fallait de la part des dirigeants béninois. Puis vint le gouvernement du Nouveau départ qui a promis la Rupture. On s’attendait que sur ce chantier sur lequel les gouvernements précédents ont échoué, Patrice Talon allait changer la donne.

La désillusion

Investi le 06 avril 2016, il a fallu quatre mois pour le nouveau président béninois, août 2016, pour une première visite au Nigéria dans le cadre de la coopération bilatérale. Même si en son temps, la raison évoquée était l’état de santé du président Buhari, on n’a pas senti Patrice Talon impatient de rencontrer son homologue. Ce qu’il a fini par faire le 02 août 2016. Mais dans quel style ? On a vu un président en costume sur mesure à côté d’un Buhari en tenue traditionnelle ‘’Agbada’’. Un style vestimentaire qu’avaient déjà adopté ses prédécesseurs. Le Président nigérian qui prône le « Made in local » peut voir dans cette posture du président béninois un frein à sa politique. Puis depuis août 2016, plus aucune rencontre en les deux hommes d’Etat. Pendant ce temps, que de visites de Patrice Talon en France. Tant la volonté du président béninois de rencontrer Emmanuel Macron s’est fait sentir dans la politique  étrangère du Bénin. Il a même passé tout une semaine en France sans rencontrer son homologue français avant d’y arriver le 05 mars dernier. Si le Chef de l’Etat béninois éprouvait le même intérêt pour le Nigéria et pour sa politique d’écoulement sur son marché des produits uniquement ‘’Made in Bénin’’, cela n’allait-il pas apporter plus de devise que l’aide au développement promis par Macron ? De plus, les agents en uniforme du Nigéria chargés de traquer les commerçants indélicats béninois verraient dans ces visites  à leur président la preuve d’une collaboration fructueuse entre les deux Etats et cesseraient de matraquer autant les commerçants Béninois.

B.H

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Réélection de Vladimir Poutine en Russie : Pourquoi les Russes ont choisi un Président sans résultats ?

Vladimir-Poutine

La présidentielle  de la Réussie est connue depuis ce dimanche 18 décembre 2018.  L’inédit n’a pas  été au rendez-vous. Vladimir Poutine, ancien officier du KGB a été reconduit à la tête du pays pour un quatrième mandat par ceux qui se sont déplacés  pour accomplir leur devoir civique. Le taux de participation n’émeut guère le candidat Vladimir Poutine qui se satisfait  d’avoir le ticket d’exercer sa fonction de Président de la Réussie. On est en droit de s’interroger sur le vote des Russes qui ont choisir un Président sans résultats à l’interne (I) mais se présente comme le facteur limitant de l’expansion occidentale (II)

I.    Une économie en récession

Vladimir Poutine en votant ce dimanche 18 mars 2018 a quelque chose comme un pincement au cœur quant à la situation économique catastrophique de son pays : « Je suis sûr du programme que je propose au pays". Trop de certitude depuis  plus d’une décennie et pourtant rien ne bouge de façon sensible.  Le système de santé est chancelant. Près de 20 millions de Russes vivent sous le seuil de pauvreté. En novembre dernier, le Premier Ministre Dimitri Medvedev n’a pas fait la langue de bois à la télévision russe : « La pauvreté est l'un des problèmes les plus criants de notre économie actuelle, qui constitue le résultat du développement insuffisant de l'économie». La situation de grande pauvreté de la Russie  a conduit le Président Poutine à prendre quelques mesures dont l’impact n’est pas encore mesurable. Par exemple, la politique familiale qui est une exhortation aux jeunes à faire beaucoup d’enfants. En effet, depuis la chute de l’URSS, la situation démographique de la Russie n’est pas reluisante. La population actuelle est plus que vieille.

La Russie  a connu les effets de l’effondrement du cours du pétrole en 2015 et 2016. Aussi faudra-t-il ajouter les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne. Si la Banque Centrale de la Russie lance des signaux d’apaisement, il n’en demeure pas moins que l’économie russe est toujours tenue en respect par des freins liés à la structuration de ses compartiments. La Banque mondiale pour corroborer les appréhensions sur l’économie de la Russie a affirmé  que « l'économie russe avait retrouvé une croissance modeste cette année, mais  a souligné que le taux de pauvreté restait élevé ».Le taux de pauvreté actuel  est à 14,4%. Il est élevé au point où dans un rapport,Andras Horvai, responsable de la Russie pour la Banque mondiale a projeté que  la part de personnes vulnérables, qui pourraient tomber dans la pauvreté, est en hausse. « Le nombre de Russes considérés comme en position de sécurité économique, c'est-à-dire à l'abri de tomber dans la pauvreté, représente désormais moins de la moitié de la population ». Tel est le regard de la Banque mondiale. Si la situation économique du pays est préoccupante, sa place à l’international conforte les russes de ce qu’ils ont un Président fort pour une scène internationale désormais disciplinée.

II.    Poutine, facteur limitan de l’expansion occidentale

Malgré sa politique autoritaire, Poutine reste un Président fort à l’international. Poutine se veut l’avant-garde de la stabilisation des pays. D’abord chez lui, en Russie, il est perçu comme celui qui tient à l’intégrité territoriale. Le contexte et l’idéologie jouent pour beaucoup et  pour toujours. Arrivé au pouvoir au moment de la seconde guerre de Tchétchénie, Vladimir Poutine  est le symbole  de l’osmose entre  la direction politique et le  commandement militaire. Il a sa vision et sa méthode d’action, pas si loin du KGB. Son discours ne souffre d’aucune ambigüité. Il faut enrayer les révolutions de couleurs aussi bien en Géorgie qu’en Ukraine,Tchétchénie, Daghestan, Tadjikistan, Transnistrie.

A l’extérieur de la Russie, c’est en Syrie que Moscou  reprend droit de cité dans le concert des Nations. Il y a de quoi redonner aux Russes,  une fierté. On l’aperçoit d’ailleurs sur les affiches de sa campagne : «  Un  président fort pour un pays fort"

La Russie est de retour. La chute de l’URSS par un vent de démocratie aura été un cauchemar que  Poutine tente de déconstruire. En tout cas, la Russie n’est plus la Nation autrefois banalisée. Elle compte ! Bien sûr que oui. Le droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies est constamment exercé. La Russie se présente de plus en plus  au monde comme le rempart contre l’expansion occidentale. L’actualité récente de la tentative d’assassinat  de l’ex espion russe en Grande-Bretagne est un élément de campagne et de réconfort pour le Président russe qui l’utilise à fond pour émouvoir son peuple de sa notoriété internationale. Il aura réussi sa communication internationale face à Pavel Groudinine, Vladimir Jirinovski, Ksenia Sobtchak, Grigori Iavlinski, Boris Titov. Vladimir Poutine vient de triompher …et après ?

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques
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Grève des enseignants au Bénin et en Guinée : Talon et Condé au pied du mur

Patrice-Talon-et-Alpha-Conde

Au Bénin comme en Guinée, la parole et la signature, on les traîne comme boulets quand il s’agit de négocier avec les partenaires sociaux. La grève déclenchée le 6 février dernier par l’intersyndicale de l’éducation de la Guinée a une cause lointaine. C’est un vieil accord de 2016 qui n’est pas respecté ; lequel accord consistant à augmenter  l’indice salarial des enseignants à hauteur de 40%. Ce qui a été précédé par un recensement biométrique fructueux en détection d’un nombre important de fonctionnaires. Comme Conakry, Cotonou aussi a procédé à la vérification des enseignants reversés. Sauf  qu’au Bénin en dehors de la défalcation pour cause de grève de liberté syndicale, les enseignants ont ouvert  le projet de société du candidat Talon en 2016 et ont lu ceci : < Faire adopter les statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire, du secondaire et de la formation technique et professionnelle>>. Dans tous les cas, A Conakry comme à Cotonou  la question de la grève dans l’Education  est préoccupante (I) et nécessite une thérapie de choc qui ne creuse pas profondément  le déficit budgétaire (II).

I. La grève en Guinée et au Bénin

La principale revendication en Guinée est salariale. Au Bénin, la principale revendication est l’adoption de statuts particuliers des enseignants du primaire et du secondaire. L’objectif final reste le même aussi bien en Guinée qu’au Bénin. Tout finira par finir sur l’indice salarial.  La grève dans le secteur de l’Education est un frein à l’instruction régulière des apprenants. Et pourtant, c’est l’avenir qui se joue là. Un pays qui néglige l’Education a toutes les chances de disparaître ou d’être annexé. En effet,  c’est l’Education qui façonne l’être de demain et la Nation future. On doit y prendre soin mais alors grands soins. Pour y parvenir, il y a les infrastructures, les apprenants, les enseignants et les programmes de formation. De mémoire d’historien, on n’a jamais vu une Nation d’ignorants prospérer en quelque matière. Les sages sans sagesse diront qu’on n’a pas besoin d’aller à l’école pour être riche ou gagner sa vie. Cette vérité était effective à l’âge de la pierre taillée. Aujourd’hui, les défis du développement et de la mondialisation font que l’Education doit être une priorité.

Ce que réclament  les Enseignants en Guinée et au Bénin c’est un traitement salarial qui découlerait de leur statut. Il est important de faire le débat. Une fois pour toutes. Le salaire des enseignants  est minable aussi bien en Guinée qu’au Bénin. Ce sont des salaires qui distancent  très peu  honorablement le Salaire minimum interprofessionnel garanti qui est de 40.000f Fcfa .   

Les problèmes de formation sont récurrents d’année en année.  Les moyens pédagogiques  sont inexistants. Des laboratoires introuvables. Là où il y en a , on ne trouve que des microscopes bons pour les musées d’histoire de sciences d’observations.  Les problèmes sont nombreux et immenses. Aucun gouvernement en Guinée comme au Bénin ne peut résoudre tous les problèmes de l’Education. D’où la nécessité d’ouvrir des négociations et engager un parcours participatif de gestion du problème de l’Education à travers une directive commune. Il reste à savoir si les solutions parcellaires sont durables. D’où l’inquiétude légitime des ministres en charge des finances en ce qui concerne le déficit budgétaire.

II. Le déficit budgétaire en question.

Comment satisfaire les enseignants tout de suite et ne pas courir le risque de creuser le déficit budgétaire ? C’est la  difficulté principale. En Guinée, la solution est trouvée. Le Président Condé opte pour une augmentation de 40% des salaires des enseignants. Ce peut être un paradoxe puisque l’Etat guinéen  avait pourtant dit qu’il ne pouvait pas  respecter cet accord et payer tous les  fonctionnaires ? Le Ministre du Budget, la mine grave, le regard en l’air s’interroge sur l’acrobatie à faire pour trouver dans  les caisses de l’État 550 milliards de francs guinéens, soit 50 millions d’euros. M. Mohamed Lamine Doumbouya, le ministre du Budget de la Guinée pense aller faire  des coupes dans les budgets des différents secteurs, de la présidence jusqu'à tous les départements ministériels. L’imagination toujours fertile,  le Ministre du Budget de la Guinée explore les subventions accordées aux secteurs de l’électricité et des hydrocarbures.  

La solution est-elle la bonne ? Place aux experts en Economie. Nous n’en sommes pas un. Ce qui est certain, il s’agit d’un problème budgétaire sérieux. On imagine déjà du côté de Cotonou, la perplexité de l’équation pour le Ministre en Charge du Budget. Toujours est-il qu’une difficulté est une lumière. Une difficulté insurmontable est un soleil. Paul Valery ouvre ainsi la voie à la réflexion budgétaire. Mais les contraintes sont aussi d’ordre communautaire pour le Bénin, membre de l’UEMOA et les clauses  des engagements pris  avec la  Banque Mondiale et le  Fonds monétaire international pour la Guinée. Cela amène à faire des restrictions drastiques. On peut explorer quelques pistes comme  la  réaffectation des  crédits budgétaires et une réduction sensible des salaires politiques.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques
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Coup d’Etat constitutionnel en Chine : Xi Jinping arrache un mandat unique à vie

Xi-Jinping

C’est fait. Le Palais du peuple à Pékin a commis l’inédit monarchique au résultathallucinant : deux voix contre, trois abstentions et un vote invalidé sur les 2 964 députés présents. Le verdict des urnes est clair. Les amendements à la constitution sont adoptés. En conséquence, le verrou de la limitation de mandats est sauté.  Le dimanche 11 mars entre dans l’histoire du Parti Communiste Chinois (PCC) qui par l’entremise des délégués a confié à Xi Jinping, un mandat unique à vie. Ce coup de force constitutionnel cache à peine un enjeu générationnel (I) et une réponse à une menace internationale (II)

I.    Un enjeu générationnel

Ceux qui sont à la manœuvre au sein du Parti Communiste Chinois sont d’une génération. La  plupart des élites sexagénaires de l’actuelle Chine ont connu  des expériences qui  les ont marquées aussi bien dans le corps que dans l’esprit.  C’est la génération des fils de révolutionnaires, les  nés « Rouges » comme on le dit. Ils sont implacables sur leur droit divin à guider la Chine. Rien ne saurait les dérouter. C’est le reflet de leur éducation. Ils ont fait le chemin, le parcours au sein du parti tout en cumulant cela avec leurs études.  On ne saurait occulter  comme le souligne si bien Jean-Louis Rocca,Professeur à Sciences Po, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI)que les souffrances de la Révolution culturelle, puis les troubles des années 1970 et 1980 ont rendu cette génération assez peu sensible aux sirènes du désordre politique. Pour la génération de Xi Jinping,  la modernisation de la Chine passe par la création d’une élite moderne, rationnelle et  autoritaire.   L’ouverture occidentale est une menace permanente pour la Chine.

Pour les cadres du parti, ce qui se joue actuellement en Chine, c’est son avenir qui passe par la maîtrise de l’Education. Les vents réformateurs qui soufflent ne sont pas de nature à rassurer la génération des « enfants rouges ». Ils sont donc arrivés à la conclusion que la loyauté  au parti et à la Nation est compromise  avec ceux qui se proposent de leur succéder. On le sent déjà dans les programmes des universités. Xi Jinping est  sans état d’âme. Il n’est pas conseillé d’étudier les valeurs occidentales dans les universités chinoises. Ce pendant, les étudiants Chinois  peuvent aller étudier aux Etats-Unis l’économie, le droit, la finance ou le management mais pour faire des affaires au profit du Parti et de la Nation. La ligne est dure, très dure, elle est celle de la génération Xi.  Pour conquérir et renforcer le pouvoir, Xi a fait appel à la vieille recette de la lutte contre la corruption. On le sait, très bien, un pouvoir en quête de légitimité populaire brandit toujours la lutte anticorruption pour éliminer des adversaires gênants et se présenter comme garant de l’intérêt national.  Cela s’appelle, nettoyer le parti  pour converger vers l’assaut final.  En fin tacticien, il a réussi à faire  destituer, M. Sun Zhengcai. C’était en juillet 2017. M. Sun Zhengcai  fut le patron  de la  province autonome de Chongqing qui avait remplacé cinq ans plutôt  M. Bo Xilai actuellement  derrière les barreaux pour corruption aggravée. Le motif laisse souvent sourire les spécialistes de la Chine : «  abandon des  objectifs du parti et mépris de  la discipline et des règles du parti ». La génération des enfants rouges a perçu vite la montée en puissance de jeunes brillants aux carnets d’adresses impressionnants et non rassurants. Ils ont donc décidé de rester aussi longtemps pour ne pas occidentaliser la Chine.

II.    Une réponse à une menace internationale

XI Jinping  est sourd aux  des critiques occidentales de démocratie. Pour lui et sa génération, le mandat unique à vie vise à rendre la gloire à la Chine.  Xi Jinping  voudrait bien rendre la Chine quasi-indispensable dans le monde. Cette ambition, ce projet, le bureau politique du parti l’a approuvé.  Rien ne saurait empêcher cette ambition d’être un rempart  à la « tigritude » américaine. La Chine est donc prête …même au prix de la révision constitutionnelle ! Dans un monde instable et dangereux, fait de stratagèmes commerciaux pour déstabiliser la Chine, le comitécentral apporte des réponses politiques énergiques. Il ne peut donc y avoir de déstabilisation de l’intérieur. Le message est clair. Le rappel à l’ordre sans faille. La dictature est la règle. Elle est  porteuse de fierté et de gloire pour la Chine. C’est bien le message. Il semble être entendu au-delà de la Chine.

A  64 ans, le président de la République populaire  de Chine  a concentré le pouvoir  comme aucun de ses prédécesseurs ne l'avait fait depuis l'ère cataclysmique de Mao (1949-76). Il tient à mener une politique  ambitieuse. Xi Jinping a pris directement sous ses ordres la direction de plusieurs groupes de travail consacrés à la sécurité nationale et cyberespace, économie et finances. Il y a des signes qui ne trompent pas. Le pouvoir est ultra centralisé.

Quand la concentration est excessive, elle cache une ambition de démesure. D’ailleurs, les méthodes par lesquelles Xi Jinping est parvenu à écarter des concurrents n’augurent rien de bon. Par exemple, il  a remis en cause le binôme politique appartenant à la sixième génération et programmé pour lui succédercomme Sun Zhengcai, ex-secrétaire du parti de Chongqing et plus jeune membre du bureau politique, arrêté pour corruption et expulsé du parti. Ce peut être une habileté à la Chinoise. Mais cela reste une chinoiserie.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Restitution des biens culturels de la colonisation de l’Afrique : Pour une convention de prêt des œuvres et objets d’art déportés

Patrice Talon et Emmanuel Macron

Le projet   restitution des biens culturels donnés ou pillés pendant la colonisation refait surface. Le lundi 05 mars 2018, à l’occasion de la visite de travail du Président béninois, Patrice Talon  avec son homologue français, Emmanuel Macron  à l’Elysée, le dossier  a refait surface. Loin de la coupe aux lèvres, la restitution du patrimoine culturel déporté  bute à un rideau de fer juridique (I) et ouvre la voie à  une perspective de convention de prêt des œuvres et objets d’art déportés (II).

I. Un rideau de fer juridique

Novembre 2017 aura été un mois mélancolique pour les conservateurs du patrimoine culturel en France. En effet, à Ouagadougou, au Burkina-Faso le Président Emmanuel Macron a formulé dans l’excitation du l’art oratoire la promesse de restituer définitivement à l’Afrique, les œuvres d’art pillés pendant la colonisation de la France. Cette promesse démagogique  commence à montrer ses limites. La preuve en est que M. Emmanuel Macron   se donne encore le temps de la réflexion à travers un binôme d’exploration  composé de  M.M .Bénédicte Savoy et FelwineSarr  pour étudier la restitution  des œuvres d’art actuellement en France aux pays africains notamment, le Bénin qui  le plus actif dans la restitution.  Pour l’instant, il ne s’agit que de la France. Car, les œuvres d’art pillés et déportés pendant la colonisation se retrouvent dans tous les pays colonisateurs comme l’Espagne, le Portugal, la Grande Bretagne, l’Allemane, l’Italie, Les Etats-Unis…  Le binôme de réflexion a une mission particulière : «  Examiner les conditions dans lesquelles ces œuvres pourront être rapatriées puis protégées dans leurs pays d'origine ». Ce binôme  a la lourde responsabilité  de donner l’esquisse de la situation réelle du patrimoine culturel et de faire des propositions pratiques non préjudiciables au patrimoine culturel mondial. Le binôme, on espère, va s’imprégner des travaux de recherche des professeurs d’art précolonial du golfe de Guinée.

La question préjudicielle est la suivante : « Qui a perdu son œuvre d’art ou en est privé ? »   Cette interrogation ouvre la voie à un contentieux  juridique, politique et diplomatique.

Juridiquement, la soustraction frauduleuse de la chose appartenant à autrui est qualifiée de vol. Il n’en faut pas plus pour relancer  le débat de la restitution.

On ne restitue que ce qui ne vous appartient pas.  Les avocats de la  France sont à la défensive. Le patrimoine national de la France  est protégé ;  il est inaliénable et imprescriptible. Le principe d’inaliénabilité en la matière, voudrait signifier   que  la personne publique n’est pas propriétaire du patrimoine national, mais simplement gardienne ; elle ne peut donc pas vendre ces biens ni les troquer.  Toutefois, l'inaliénabilité n'empêche pas les personnes publiques de vendre leur bien : il suffit qu'elle les déclasse pour les faire entrer dans le domaine privé.

L’imprescriptibilité est fonction de l'affectation. Ainsi, une personne privée ne peut s'approprier un bien du domaine public par sa seule utilisation prolongée. Elle ne peut en acquérir aucun droit. Du point de vue juridique, l’opération de restitution devra passer par trois étapes. Premièrement, Il faudra procéder au déclassement  de ces œuvres et objets d’arts qui ont été préalablement inscrits sur les listes des collections nationales. Deuxièment, il faudra engager d’abord le débat législatif afférent ; Troisièmement, faudra-t-il  s’assurer du vote d’une loi pour donner une âme au projet de restitution en ce qui concerne la France.

Sur le plan de politique intérieure, on imagine bien le tollé que constituerait en France, la restitution qui serait considérée comme un blâme pour les explorateurs et conquérants français. L’opinion serait-elle favorable à la perte de  ce qui est considéré des siècles durant comme appartenant de facto au patrimoine de la France ?  Cela se paie cache dans les urnes. Toutefois, Emmanuel Macron  a ouvert une brèche diplomatique en confiant au Président béninois ceci : «« Je me suis engagé afin que d'ici cinq ans les conditions soient réunies pour que des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique(…)  Je souhaite aussi que nous puissions travailler dès à présent avec vous, cher président Talon, sur une plus grande circulation des œuvres entre nos deux pays. ». La phase diplomatique  est amorcée avec la circulation des œuvres entre la France et le Bénin. On voit bien la langue de bois du Président de France. Parlons peu et bien. Macron est coincé. Et l’histoire en la matière le défie. C’est le cas des manuscrits coréens.
En 2010, Le Président Nicolas Sarkozy de France  s’est engagé à restituer l’ensemble des manuscrits  à la Corée. Pour contourner la loi, Nicolas Sarkozy  a fait un  prêt à long terme à la Corée. Les manuscrits sont restitués à la Corée sous la forme d’un prêt de cinq ans renouvelables. Qui peut croire que ces manuels restitués  temporairement à la Corée vont retourner à la France ?  Cela  s’appelle, croire au Père Noël. Dans un monde interculturel dynamique, ne faudrait-il pas envisager une convention de prêt des œuvres d’art  et objets déportés pendant la colonisation ?

II. Une perspective de convention de pret des œuvres et objets d’art deportes.

On ne  préjuge pas de la capacité de la conservation des œuvres et objets d’art en Afrique, une fois que le travail scientifique rigoureux aurait localisé  et identifié les sites de provenance.  L’origine des œuvres une fois cernée, il reste à être pragmatique en procédant à une convention de prêt. Et pour cause, la coopération interculturelle est un ferment de rapprochement des cultures. En dehors du doute légitime relatif à la conservation du patrimoine dans les territoires du Golfe de Guinée, il convient d’escalader le rideau de fer juridique de l’inaliénabilité et de l’imprescriptibilité en procédant à une entente des Etats sur le partage des revenus liés au musée de conservation. La mise en œuvre de cette convention pourrait bien inclure la collaboration entre les conservateurs  de l’Etat prêteur et de l’Etat emprunteur. Ainsi les Etats d’Afrique devront s’engager à mettre à   disposition de l’ex puissance coloniale  qui pend la qualité d’Etat Emprunteur les œuvres et les objets d’art clairement identifiés.  Les ex puissances coloniales peuvent continuer  à s’engager pour  les frais de protection des œuvres, les  risques  de  vol, de perte ou de détérioration.

Voilà pourquoi, la solution de la convention de prêt est meilleure d’autant plus que la destruction récente de Tombouctou par des terroristes  montre une fois encore que le retour non maîtrisable des œuvres d’art ressemblerait bien au soleil des indépendances  des années 60. Plus que jamais, c’est la voix de Aimé Césaire qu’il faudra écouter : Et je vous le demande : la Martinique est-elle prête à payer ce prix-là ? ».  Dans cette perspective, les syndicalistes du retour des œuvres et objets d’art peuvent –ils rassurer l’humanité de leur conservation et de leur protection contre les incendies?  Bien sûr que non ! La coopération est meilleure jusqu’au moment où le fruit mûr à la cime de l’arbre tombe.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
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Demande de rétrocession des biens culturels du Bénin en France : Macron tourne Talon en bourrique

Patrice-Talon-et-Emmanuel-Macron

(Décryptage de la rencontre entre les deux présidents)
La rétrocession voulue par Talon des œuvres d’art « pillées » par la France et qui font le bonheur du musée de quai Branly n’est pas pour demain. C’est du moins ce qu’il faut retenir de la rencontre entre le président béninois Patrice Talon et son homologue français Emmanuel Macron, lundi 05 mars 2018 à Paris. L’enthousiasme du chef de l’Etat, exprimé par une volonté ferme dès son avènement au pouvoir de faire revenir dans le patrimoine béninois, les œuvres d’arts pillées pendant la période de la colonisation, vient d’essuyer un refus stratégique. Sur le sujet, on a vu deux hommes d’Etat pas très à l’aise. D’abord Emmanuel Macron qui, contrairement à la déclaration de Ouagadougou, fait  une rebuffade. « Je me suis engagé afin que d'ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique, a rappelé le chef de l'Etat français. « Je souhaite aussi que nous puissions travailler dès à présent avec vous, cher président Talon, sur une plus grande circulation des œuvres entre nos deux pays ». Lui qui, pourtant, lors de sa tournée africaine, avait dit qu’il était disposé à rendre aux pays africains leurs patrimoines qui séjournent dans les musées français. On peut comprendre qu’Emmanuel Macron était dans l’euphorie d’une visite en Afrique. Une fois chez lui, on lui a sans doute faire savoir comment une telle initiative était presque impossible, la loi française ne permettant pas ce type de restitution de manière définitive. Que faire ? Voilà qu’il avait promis la rétrocession. Il fallait trouver des arguments, se réfugier derrière lesdits arguments. D’où l’idée de la mise sur pied de la Commission Sarr qui, dit-il, doit étudier la problématique et faire des propositions concrètes d’ici novembre. Toute une année pour faire des propositions et Macron se donne 5ans pour faire des restitutions temporaires si les conditions sont réunies. D’autres arguments tels que l’état des musées sur le continent, qui ne permettrait pas une bonne conservation des pièces. Le risque de vol, d’attaque, de trafic de tout genre viendront appuyer la thèse de l’impossibilité de consentir à cette demande de restitution des biens culturels du Bénin. S’il pouvait seulement dire devant micros et caméras que c’est impossible !

Le rêve de Talon ainsi brisé

En faisant en juillet 2016, la demande de restitution des biens culturels auprès des autorités françaises, Patrice Talon voulait donner un regain d’intérêt au tourisme qui, dans bien de pays comme le Rwanda, constitue une importante source de revenus. C’est, sans doute, ce qui l’a conduit à confier la gestion du Parc de Pendjari à une société sud-africaine. En ce moment, Patrice Talon n’était pas dans une logique d’aviser après son premier mandat de 5ans. Il voulait surtout faire vite pour que l’impact soit visible. Cette rencontre devrait donc intervenir plus tôt pour qu’il ait l’opportunité d’exprimer sa vision sur le tourisme au président français. Cela n’a pas été possible. Le timing a donc joué contre le projet. Secundo, devant Macron, Patrice Talon a fait preuve de beaucoup de compromis. Là où Macron assumait sa rebuffade par la mise en place d’une commission, la visite au Bénin du directeur du musée de quai Branly pour voir dans quelle condition envisager la circulation de certains œuvres d’art, le chef de l’Etat béninois avait du mal  à assumer le statut du président d’un pays, ancien colonie, qui réclame la rétrocession de ses biens emportés sans son consentement. « notre démarche de négociation, de coopération afin que ces biens qui ont été les témoins d’une histoire entre deux peuples, ces biens qui concernent aussi bien l’histoire de la France que celle du Bénin, même s’ils (bégaiement) nous appartenaient et comptent nous appartenir, l’idéal pour la France et le Bénin, deux pays amis qui coopèrent, le Bénin qui bénéficie de l’appui de la France pour son développement, ce contexte, cet état d’esprit nous (bégaiement sur bégaiement) », puis il finit par dire, « nous met dans une dynamique de négociation qui va au-delà de ce que nous tenons absolument à obtenir telle ou telle chose ». Il ne s’arrête pas là. « Ces biens qui sont ici et qui matérialisent les relations historiques entre les peuples du Dahomey, les royaumes du Golf de Guinée entre temps et la France ne nous donne pas, ne nous met pas dans un sentiment de conflit et de revendication absolue parce que nous sommes conscients que c’est parce que le monde a ainsi évolué que ces patrimoines se sont retrouvés ici et qu’ils relèvent également de l’histoire de la France ». On peut se demander où est passé le Patrice Talon rassurant qui connait tout, qui a réponse à tout. Devant Macron, le chef de l’Etat se rend subitement compte que si ces œuvres sont en France, c’est qu’il y a une raison à cela et qu’elles font également partie de l’histoire de la France. Pire, Patrice Talon envisage même que le Bénin puisse partager ce patrimoine avec la France, un partenaire au développement. « Nous avons pu constater que la France continue d’être notre partenaire privilégié pour notre programme de développement » Patrice Talon qui a donné l’impression d’avoir de l’aversion pour la France, au regard de son discours face à Lionel Zinsou, en arrive aujourd’hui à faire, à la limite, l’éloge de cette même France. Que c’était difficile de trouver les mots justes pour ne pas mettre en mal, par sa demande, l’ego des français et de leur président.

Des accords oui, mais…

Plusieurs millions d’euro ont été annoncés comme le fruit de cette rencontre entre Talon et Macron. 175 millions d’euro comme garantie de la Banque publique d’investissement (Bpi) pour la construction du centre hospitalier et universitaire d’Abomey-Calavi, 58 millions d’euro pour accompagner le projet de ville durable et la signature d’une déclaration d’intention avec l’Afd pour un montant de 43 millions d’euro afin de réaménager la cité lacustre de Ganvié. Des cinq secteurs prioritaires qui méritent l’accompagnement de la France, les trois cités plus haut feront objet de financement. Mais à la condition que ce soient les agences et entreprises françaises comme l’Afd qui exécutent le marché. Aucune intention de financement n’a été annoncée pour les deux autres secteurs que sont la formation et l’éducation, de même que l’offre culturelle. Mais seulement des promesses d’accompagnement. Ceux qui annoncent que des millions d’euro sont donnés par la France pour soutenir le Pag devraient lire dans les déclarations de Macron l’esprit des accords de financement. En plus de l’intention à l’acte, beaucoup de choses peuvent se passer.

Talon dans la posture de l’élève devant son Maître

Patrice Talon qui a toujours voulu faire les choses en gentleman en se démarquer de son prédécesseur tant le style vestimentaire que dans le discours, a failli une deuxième fois à l’Elysée. Après sa bourde devant François Hollande en avril 2016, quelques trois semaines après son investiture, où il présentait le Bénin comme « un désert de compétences », le chef de l’Etat béninois se fait cette fois-ci « petit » devant Emmanuel Macron. Patrice Talon n’a pu contenir ses émotions quand il a réussi à rencontrer homologue français. Et il l’a dit : « Vous imaginez dans quel état je suis ? Un bonheur à la limite de l’extase ». Au-delà au aides accordées au Bénin par la France et des fleurs à lui jetées par Emmanuel Macron qui dit approuver ses réformes engagées, le président Béninois s’est senti honoré par celui qu’il avait rencontré en vain lors de sa visite qualifiée de fiasco ; visite qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives au pays. Mais pour ce fait, Patrice Talon avait-il besoin de se lâcher autant ? Ce qui aura retenu aussi l’attention, c’est le discours de l’hôte de la France quand il devrait revendiquer les œuvres d’art du Bénin à lui « volées » et gardées dans les grands musées français. Là, le chef de l’Etat béninois a perdu son Latin. Le choix des mots lui était difficile comme un élève intimidé par son maître. Patrice Talon n’était pas dans la posture d’un président de la République qui discute d’égal à égal. Beaucoup d’observateurs ont même confié via les réseaux sociaux qu’il a manqué de convaincre et d’être ferme. Ce qui a permis au « maître » de le dominer et de lui imposer un agenda sur 5ans même s’il a semblé le rassurer de certaines diligences à faire dans les prochaines semaines et mois.  Le Compétiteur né a été tout simplement méconnaissable dans cette posture, surtout pour lui qui a comparé son ancien challenger à la présidentielle, Lionel Zinsou à « un premier ministre français » ou à un gouverneur.

Talon : le contraste d’une lutte « impartiale » contre la corruption

« Vous savez à mon âge et pour le parcours qui a été le mien au Bénin, il ne serait pas sincère de dire que je n’ai aucune responsabilité dans l’état dans lequel se trouve le Bénin. Il faut le dire, la responsabilité est partagée par malheureusement, beaucoup d’entre nous dont moi-même. Et l’Etat dans lequel se trouve le pays, d’inégalités remarquables, une minorité s’accapare un peu trop des maigres ressources du pays, la mauvaise gouvernance (…) autant de choses qui ont pu profiter à une minorité dont moi-même ». A bien analyser ces propos du président béninois devant les autorités françaises et les caméras du monde, on peut s’interroger sur la pertinence de la lutte que mène Patrice Talon contre la corruption et la mal gouvernance dans son pays. Non seulement Patrice Talon s’accuse, mais aussi se culpabilise dans sa déclaration qui ne relève pas de l’exclusivité. Lorsqu’on reconnaît qu’on a profité de la situation alors qu’on traque uniquement les coauteurs, et ce de l’écurie qui vous a permis d’être ce que vous êtes aujourd’hui, comment peut-on qualifier cela ? Patrice Talon dans la logique « accusé mais pas coupable » ? Pourquoi estime-t-il que c’est maintenant qu’il a tous les pouvoirs concentrés dans ses mains qu’il va frapper ses « complices » ? Où était Patrice Talon et ses soutiens et quelle était leur réaction, entre 2012 et 2016, quand  son prédécesseur remettait en cause le trop de bénéfices que lui généraient le coton et le Pvi-Ng (Programme de vérification des importations-Nouvelle génération), toutes choses qu’il a rétablies dès son élection ?  « Être dans les fonctions actuelles, avoir cette opportunité pour réparer, et m’abstenir de le faire, ce serait louper une occasion de rentrer dans l’histoire (…) », a laissé entendre le chef de l’Etat devant son homologue français. Patrice Talon, lui et lui seul peut ne doit louper l’occasion de mener la lutte anticorruption mais ses prédécesseurs, oui ! Cela pourrait facilement laisser croire que seuls les intérêts de Patrice de Patrice Talon comptent. Après lui qui a proprement profité de l’inégale répartition des maigres ressources du pays, plus personne d’autre ne doit en profiter. Après moi, c’est fini. Patrice Talon ni plus ni moins dans la politique que d’aucuns pourraient qualifier de la terre brûlée. Ce qui apporte d’ailleurs de l’eau au moulin de ceux qui doutent de l’impartialité de cette lutte contre la corruption et la mal gouvernance déclenchée sous la Rupture.

Worou BORO 

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