TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

Couverture linkedln

A+ A A-

Adoption de la charte de Lomé sur la sécurité maritime : Faure Gnassingbé gagne une bataille contre la piraterie

faure-gnassingbe

Le sommet de Lomé sur la sécurité et la sureté maritimes et le développement en Afrique a abouti à l’adoption d’une Charte. C’est un accord contraignant qui devrait permettre d’endiguer la piraterie sur les côtes du continent noir.

La capitale togolaise a été du 10 au 15 octobre dernier le lieu de travaux intenses et fructueux. Plusieurs Etats sous l’égide de l’Union africaine (Ua) ont réfléchi à de nouvelles stratégies pour assurer la sécurité sur les côtes africaines. La Charte de Lomé qui a sanctionné cette rencontre internationale reste unique au monde, les initiatives précédentes ayant toutes produit des textes  moins audacieux.  En s’accordant au Togo autour de cette charte, les Chefs d’Etat et de gouvernement africains ont matérialisé leur volonté de protéger les espaces marins contre tous les fléaux pour en faire un véritable levier de leur essor économique. Outre le nombre de délégations signataires à ce jour, une trentaine, ce qui reste un succès, ce qu’il faut retenir est l’union qui s’est exprimée autour de l’objectif commun : vaincre la délinquance qui sévit sur les mers et les océans et saisir les opportunités qu’offrent ces espaces. Selon une source proche de l’organisation du sommet, le document va s’intégrer à la Stratégie africaine intégrée pour les mers et pour les océans à l'horizon 2050.

La Charte de Lomé, un document révolutionnaire

C’est un document de 56 articles répartis en 7 chapitres. Il  a pour objectif de mettre en œuvre toutes les mesures visant à assurer l’exploitation durable des ressources marines et l’optimisation des opportunités de développement des secteurs liés à la mer. La conférence des Chefs d’Etat de l’Ua compte prévenir et réprimer la criminalité nationale et transnationale mais aussi protéger l’environnement en général et l’environnement marin dans l’espace des Etats côtiers et insulaires. La Charte exige des Etats  une promotion de l’économie maritime, l’économie bleue, florissante et durable. Elle reste également l’outil majeur qui renforce la coopération dans la sensibilisation au domaine maritime. La prévention par l’alerte précoce et la lutte contre la piraterie, les vols à main armée à l’encontre des navires et la lutte contre les trafics illicites de tous genres, la pollution des mers et la criminalité transfrontalière figurent aussi dans les grandes lignes de ce document. Les Etats africains ont par ailleurs décidé d'harmoniser leur lutte à travers un renforcement des coordinations sous régionales pour la surveillance des côtés. La Charte de Lomé  oblige les Etats à poursuivre leurs efforts en créant des emplois productifs qui peuvent réduire la précarité et éliminer l’extrême pauvreté. Les Etats s’engagent eux-mêmes à continuer la sensibilisation aux questions maritimes afin de «créer les meilleures conditions de vie et de renforcer la cohésion sociale par la mise en œuvre d’une politique juste, inclusive et équitable visant à résoudre les problèmes socioéconomiques ». Le document oblige par ailleurs les Etats côtiers à codifier et à promouvoir la pêche artisanale par la formation des acteurs du secteur. Ces derniers peuvent aussi  être inclus dans le développement d’une chaîne de transformation des produits halieutiques qui seront commercialisés aux plans national et international. Dans la lutte contre l’insécurité, les Etats sont invités à développer leurs actions en mer et à assurer la protection de leurs espaces maritimes, notamment par la professionnalisation de leurs forces navales. Les Etats devront également assurer des patrouilles de surveillance et de reconnaissance maritime dans les zones de mouillage.

La Charte entrera en vigueur aux termes de son article 50, dès qu’il est déposé le quinzième (15è) instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion.

Pourquoi le sommet de Lomé ?

Il faut noter que l’Afrique a près de 30.725 km de côtes et est entouré de 18,72% des eaux du monde alors que l’Europe qui domine le transport maritime, ne dispose que de 5,3% de ces eaux. Sur les 54 pays que compte l'Afrique, 38 sont des Etats côtiers ou insulaires. 90% environ des importations et exportations du continent transitent par la mer et un nombre important des corridors commerciaux maritimes les plus stratégiques se trouvent dans l'espace maritime africain et une bonne partie des communications s’opèrent par des réseaux sous-marins. Les immenses ressources naturelles et potentialités économiques que renferme la zone maritime africaine constituent un levier essentiel pour le développement d’une économie bleue dans toutes ses dimensions.  Seulement, cet espace vital tend à devenir un lieu de prédilection des activités criminelles : la piraterie, la pêche illicite, les vols à mains armées, les trafics en tous genres notamment de drogues, d’armes et d’êtres humains etc. Véritables sources d’insécurité, ces fléaux occasionnent également de manques à gagner pour le continent.  Il fallait donc organiser la rencontre de Lomé pour sécuriser l’économie du continent. Le sommet de Lomé, faut-il le souligner, s’est tenu après celui de Yaoundé en 2013 et la rencontre de l’Ua d’Addis-Abeba en janvier 2014  qui a permis l’adoption  de la Stratégie intégrée pour  les mers et les océans horizon 2050 ( Stratégie AIM  2050). Mais aussi la réunion de Seychelles  tenue en  2015.

Lomé, la capitale africaine

 Le sommet de Lomé était fait d’activités parallèles ou « side events » ayant mobilisé deux milliers d’acteurs d’horizons divers et de profils différents pendant les cinq (5) jours précédant la session extraordinaire des Chefs d’Etat. Elles se sont déroulées sous deux formats : les tables rondes et le Village des partenaires.  Au total, ce sont 238 experts qui auront ainsi dialogué avec les participants. Ce sont quarante-trois (43) pays qui ont participé à la session extraordinaire de l’UA ; une mobilisation importante pour un sommet thématique. Parmi eux, dix-huit (18) Chefs d’Etat étaient présents. Il  s’agit entre autres de Uhuru Kenyatta (Kenya), Idriss Déby Itno (Tchad), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal), Denis Sassou Nguesso (Congo), Ismaël Omar Guelleh (Djibouti), José Mario Vaz (Guinée Bissau), Alpha Condé (Guinée), Patrice Talon (Bénin) et de John Dramani Mahama (Ghana).

Une victoire pour la diplomatie togolaise

La Charte de Lomé devient une référence en matière de sécurité maritime et de développement par l’économie bleue sur le continent. Un véritable succès.  Le Togo est sous le feu des projecteurs. Lomé fait un retour triomphal sur la scène internationale. Dans les années 1970 et 1980, la capitale togolaise a accueilli les assises des ACP avec de différents accords. Des textes aujourd’hui encore cités comme des modèles de coopération Nord-Sud. Le Togo qui n’a plus accueilli de rendez-vous continental d’envergure depuis juillet 2000 se replace sur la carte des grandes nations organisatrices de rencontres internationales car disposant des infrastructures de qualité. Et pourtant, rien n’était gagné d’avance. Les débats lors du huis-clos des Chefs d’Etat confirment la complexité de la mission brillamment  relevée par la diplomatie togolaise, avec en tête le président Faure Gnassingbé. Ce dernier a d’ailleurs souligné lors de son discours à l’ouverture du sommet que « les enjeux ne sont pas seulement africains, ils concernent également les partenaires stratégiques et la communauté internationale dans son ensemble ». Lomé devrait accueillir dans les prochains mois d’autres rendez-vous. Le plus important révélé est le sommet Afrique-Israël en 2017.

M.M

Dernière modification lelundi, 31 octobre 2016 05:05
Connectez-vous pour commenter
Retour en haut

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !