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Carburants « qualité africaine » : Quand les négociants Suisses empoisonnent les africains avec des carburants toxiques

Aurelle-Christelle-Gnidehoue

La publication du rapport « Dirty Diesel » par l’ONG Public Eye (ancienne Déclaration de Berne) déchaîne les passions et anime actuellement les débats sur le Web et les réseaux sociaux.

En effet, publié le jeudi 15 Septembre dernier, ce rapport critique  révèle comment les négociants Suisses tels que Oryx, Trafigura, Vitol ou encore Addax exportent du pétrole brut d’excellente qualité  de l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe et en retour  raffinent et vendent  aux pays africains des carburants hautement toxiques. Ces carburants dits de « qualité africaine », délibérément fabriqués dans la zone ARA (Rotterdam-Amsterdam- Anvers) à partir d’un mélange de divers  produits semi-finis et pétro – chimiques contiennent 378 fois plus de soufre qu’en Europe, du benzène, des aromatiques et des polycycliques à des niveaux interdits par les normes européennes.

Huit pays africains dont le Bénin, constituent le marché privilégié d’écoulement de ces produits en raison de leurs réglementations jugées très faibles par rapport aux standards internationaux.Ces carburants seraient ainsi invendables en Europe mais rencontrent leurs consommateursen Afrique de l’Ouest. Malheureusement, ces consommateurs ignorent tout de la mort qui leur est servie dans les stations services et des conséquences dramatiques de ces produits sur leur santé et leur cadre de vie.

Des risques sanitaires et environnementaux élevés

Les conséquences de la pratique nauséabonde de ces négociants Suisses sont désastreuses aussi bien sur la santé des populations urbaines que sur leur environnement. Ces carburants toxiques occasionnent l’augmentation de la pollution atmosphérique dans les villes et compromettent la santé de millions d’Africains. D’ici 2030, si aucune politique contraignante n'est mise en œuvre pourréglementer la qualité des carburants vendus dans ces pays, plus de 30 000 urbains seront victimes de mort prématurée. Considérant les prévisions démographiques de l’ONU qui estime à 1,2 milliardsle nombre de personnes qui habiteront les villes africaines à l’horizon 2050, ce sont alors des millions de personnes qui seront durablement exposées à la pollution atmosphérique et à divers problèmes respiratoires voire de peaux.

L’urgence de prendre des mesures pour protéger la santé des populations et l’environnement

Face à la gravité des faits révélés par le rapport« Dirty Diesel » qui rappelons le est le résultat de trois années d’étude et les conséquences avérées de la vente de carburants toxiques sur la santé des populations et la qualité de l’environnement,  il urge que les dirigeants africains renforcent les législations de leurs pays pour préserver la santé de leurs concitoyens et la qualité de l’environnement à l’heure actuelle où le développement durable est un enjeu mondial face à au réchauffement climatique. En intégrant des lois sur  l’obligation pour les entreprises  nationales et internationales de publier annuellement les informations relatives à leurs performances sociétales, environnementales et économiques dans leurs codes du commerce et de l’environnement, les dirigeants africains peuvent ainsi inciter les entreprises à respecter les droits Humains de même que l’environnement dans la conduite quotidienne de leurs activités. Ils définiront ainsi un cadre juridique opérationnel pour contraindre ces entreprises à insérer le concept de « Responsabilité Sociétale et Environnementale »  dans leur business model. Ceci favorisera par exemple la création d’emplois verts grâce à la gestion durable et au recyclage des déchets, la valorisation des énergies renouvelables, le développement socio-économique des régions dans lesquelles les entreprises sont implantées. Cette mesure permettra  également de faire des économies d’énergie, de faire progresser la place des femmes dans la société, de lutter contre la corruption, d’instaurer le dialogue social permanent avec  les parties prenantes, de promouvoir l’éthique et la bonne gouvernance des affaires.

Les gouvernements africains peuvent de même encourager la philanthropie d’entreprise en mettant en place un mécanisme de déduction des impôts au service des entreprises qui financent les activités des associations, fondations et organisations non gouvernementales. Cette mesure s’inscrira dans une dynamique de contribution à la lutte contre la pauvreté, à l’éducation et la formation des jeunes, à l’amélioration des conditions de vie des couches les plus défavorisées, à la préservation de l’environnement.

Un accent particulier doit être également mis sur le contrôle systématique et régulier de la qualité des produits qui rentrent sur les territoires nationaux afin de minimiser les risques sanitaires et environnementaux. A termes, ce sont de nouveaux métiers tels que les spécialistes en QHSE (Qualité-Hygiène-Sécurité-Environnement) qui seront développés pour accompagner aussi bien les entreprises que les gouvernements dans leurs efforts de mise en  conformité des produits selon les standards internationaux.

Étant un des pays concernés par cette affaire qu’on pourrait à juste titre nommé « Carburantgate », le Bénin à travers son gouvernement peut mettre en œuvre ces mesures sus détaillées pour préserver la santé de ses citoyens et sauvegarder son environnement.

Les pays africains doiventarrêter d’être la poubelle des multinationales qui respectent les droits Humains et l’environnement dans les pays européens et américains mais qui une fois en Afrique se comportent comme des monstres impitoyables. Seuls les gouvernants ont ce pouvoir de dissuasion légale. Il est donc temps d’agir.


Aurelle Christelle Gnidehoue
Consultante en Communication RSE

Dernière modification levendredi, 23 septembre 2016 05:42
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