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Côte d’Ivoire : Ouattara révise ses principes

Alassane-Ouattara

« Qui  aime sa réputation aime à tenir sa parole : la qualité d'honnête homme impose ce devoir. Il se fait une loi de tenir ce qu'il a promis, dans les choses même les plus légères » (Jean Baptiste Blanchard) Mais un tel caractère d’Homme d’Etat  n’engage pas le Président ivoirien Alassane Ouattara qui n’a pas exclu un troisième mandat au motif que la  stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant ses principes. Le Président de la République de Côte d’Ivoire ce faisant, recule la Côte d’Ivoire dans les temps immoraux de la monarchie (1) et devient une source d’insécurité politique pour la  CEDEAO (2).

1.    Une monarchie qui ne dit pas son nom.

"La nouvelle Constitution m'autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu'à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d'Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes". Ainsi s’est exprimé le Président Alassane Ouattara, le 02 juin 2018. Pendant longtemps, dans ses randonnées de médiateur dans la sous-région ouest -africaine, le Président de la Côte d’Ivoire n’a jamais cessé de marteler qu’il écartait cette possibilité de se présenter à nouveau. Le voilà au galop en brandissant le drapeau de la paix et de la stabilité comme menace et argument.  Un peu comme pour dire à ses compatriotes : « Vous voyez la Côte  d’Ivoire, c’est moi. Sans moi, il n’y aura ni paix ni stabilité !». C’est une menace qui n’a de valeur que dans les monarchies. Le souverain tient sa légitimité de Dieu. Il est le garant de la paix et de la stabilité. Il a droit de vie et de mort sur ses sujets. C’est une conception qui n’est plus d’actualité. Ce qui est d’actualité, c’est la République. Ce qui est d’actualité, c’est le renforcement des institutions au détriment des individus constamment dans l’émotion de la prise d’armes. Ce qui est d’actualité, c’est le renforcement de la justice et de la magistrature. Ce qui est d’actualité c’est le respect du compromis politique. Un Homme d’Etat l’est vraiment quand il arrive à préparer la relève dans la continuité des idées qui elles ne meurent jamais. Ce revirement monarchique des idées et des options, est un recul préjudiciable à l’effort de redressement économique car c’est le politique qui tient l’économie en respect.

En se présentant comme l’indispensable Homme d’Etat dont la Côte d’Ivoire a besoin pour la prochaine décennie, le Président Alassane Ouattara sait de quoi il a peur mais sans s’en rendre compte ouvre une brèche d’instabilité politique régionale.

2.    Une source d’insécurité politique régionale.

La Côte d’Ivoire est considérée comme la grande sœur après le grand-frère de la CEDEAO, le Nigéria. Lorsque la  Grande Sœur se comporte mal, c’est qu’il n’y a plus autre chose à espérer chez ses petits frères et petites sœurs.
Le stratagème de maintien au pouvoir par le jeu des manipulations de constitution est un exercice très connu et pratiqué dans les pays où le Chef de l’Etat est dans l’illusion de son indispensabilité.  C’est tout de même facile, de remettre à chaque fois le compteur constitutionnel à zéro. Pourquoi les gens recourent à la violence ? Ils recourent à la violence parce qu’ils sont convaincus d’avoir un destin bloqué. En effet, tout système politique sans alternance génère de réseaux solides de corruption tentaculaire.

L’alternance est pour la Démocratie, ce qu’est l’oxygène est pour la vie. L’alternance est indispensable  pour la démocratie.

Par les petits jeux de révision constitutionnelle, c’est l’insécurité qui s’installe dans la région. Les velléités de maintien à vie au pouvoir ne manquent pas dans les jeunes Etats de l’Afrique au Sud du Sahara.  Comme un effet de contagion, la décision (provisoire ou définitive) du Président Ouattara fera des émules. Ce n’est le Président Togolais, Faure Gnassingbé qui bouderait un tel plaisir de citer son homologue ivoirien en exemple. Pendant ce temps, les oppositions aux régimes « monarchiques » se préparent à la riposte.

Toutefois, il convient que force reste au droit notamment au droit communautaire. Et c’est à juste titre qu’il convient  de rappeler opportunément le protocole   sur la démocratie et  la bonne gouvernance, additionnel au  protocole relatif au mécanisme de préventions, de gestion, de règlement des conflits,  de maintien de la paix et de la sécurité.

 Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

Dernière modification lemardi, 05 juin 2018 05:01
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