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Naturalisation française pour fait héroïque : Au-delà de Mamoudou Gassama !

Emmanuel-Macron-et-Mamadou-Gassama

Un malien sans papiers est célébré pour avoir sauvé un enfant de 4 ans en escaladant un immeuble de quatre (04) étages. Le fait est extraordinaire. On peut bien comprendre l’émotion générale de l’opinion. Après l’euphorie, place à la réflexion prospective. La naturalisation pour fait héroïque (1) ne saurait occulter le fléau  de  l’immigration clandestine (2).  
1. La naturalisation pour fait héroïque

Le 26 mai 2018, une nouvelle page s’ouvre dans la vie du sans papiers  Mamoudou Gassama, un Malien de 22 ans, venu en France clandestinement a été  régularisé  pour avoir posé un acte héroïque de sauvetage d’un enfant de quatre ans. C’est donc un acte à saluer celui de sauver une vie. Une vie est plus importante que tout. L’honneur et l’attention accordés à M. Mamoudou Gassama prouvent que la France est une Nation qui promeut la vie et encourage tous les actes qui concourent à l’humanité, au courage et à l’audace. Le message de l’Elysée ne souffre d’aucune ambiguïté. Il s’agit d’un encouragement à l’amour de la vie. Celui qui sauve une vie est digne d’appartenir à la France. Ce faisant, la France tient à montrer qu’elle est un pays des Droits de l’Homme. Le droit de vivre est un droit sacré. Tout homme qui pose un acte de bravoure est appelé à recevoir les compliments de la République.  C’est un instant exceptionnel de la vie de la République.  De ce point de vue, il est important de souligner le sens pédagogique du Chef de l’Etat de France. C’est en réponse au statut de l’intéressé que le Président de la République a procédé à sa naturalisation. Il est devenu Français. La France, on peut bien le constater, c’est l’immigration choisie. Choisie en ce sens, que M. Mamoudou Gassama  est d’une grande utilité. La preuve en est que le jeune malien pourra intégrer un corps spécialisé, celui des sapeurs pompiers.   Comme quoi, le pays de Macron court après les  cerveaux de touts les domaines . C’est aussi du réalisme. La France voudrait bien accueillir les habiletés qui pourraient l’aider à monter toujours plus haut dans le concert des Nations. Pour Gassama , la peur du policier, c’est fini. C’est fini aussi la précarité du changement fréquent de lieu de refuge. Mais en est-il de même pour les autres migrants vivant dans la clandestinité.

2. Le fléau de l’immigration clandestine

La ruée des jeunes africains au sud du Sahara vers la France est un problème qu’il convient de circonscrire dans un polygone à trois côtés.

Premièrement, les pouvoirs publics de leurs pays  d’origine ont failli dans leur politique d’encadrement de la jeunesse et de la promotion de l’emploi. Si les conditions sont réunies pour l’épanouissement des jeunes, ils ne prendront pas les embarcations pour aller se donner en « esclavage moderne ». C’est donc la faillite des pouvoirs publics de leurs pays d’origine enchaînés dans la corruption sans fin et la gouvernance approximative.
Deuxièmement, l’absence réelle d’infrastructures pour l’éducation nationale.

Troisième, la qualité de la vie en Afrique au Sud du Sahara.

Au regard de tous ces éléments, on peut expliquer l’immigration à tout prix des jeunes africains vers la France. Ce n’est pas exhaustif, les causes ci-dessus énumérées. Il n’en demeure pas moins que l’essentiel est dans ce triangle qui pousse à l’immigration clandestine.

La France mène actuellement une politique globale de répression de l’immigration. La gestion de la crise migration soulève bien des passions. Et pourtant, il s’agit d’une question à régler. Nous sommes  tous des fils d’immigrés si on doit être rigoureux par rapport à l’Histoire. La France a choisi la résolution spectaculaire du fléau. Par exemple, en  janvier 2015, un Malien, encore un Malien,  Lassana Bathily, qui s’était illustré lors de l’attentat du magasin Hyper Cacher à Paris  avait été naturalisé par le président François Hollande. La régularisation par  l’héroïsme !  Et pourtant, il est de notoriété publique que l’orientation du Gouvernement est un choix répressif  en matière d’immigration.

La solution, ce n’est pas d’opérer un tri. C’est de chercher à régler le flux migratoire par la diplomatie économique qui consiste à « discipliner » les pouvoirs publics des pays concernés. Par exemple,  la saisine des biens mal acquis et le suivi des investissements. Ce n’est pas en élevant la nationalité Française comme une fin en soi chez les jeunes africains qu’on montrera de ne pas prendre les embarcations de fortune. Erreur. Il est temps de prendre le mal par la racine.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Droit International et Institutions Diplomatiques.

Dernière modification lejeudi, 31 mai 2018 05:07
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