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Annulation du sommet Trump - Kim : Kim Jong-Un piégé et humilié

Donald-Trump-et-KimJong-Un

Donal Trump continue de faire son numéro. Contre toute attente, comme s’il avait visité le plus stratège  de l’Asie, Sun Tzu, le locataire de la maison Blanche, s’illustre par un courrier qui annule le sommet annoncé historique entre Washington et Pyongyang  à Singapour, le 12 juin 2018. Trump  dénonce  la « colère » et « l’hostilité » de la Corée du Nord. Washington  sur un ton menaçant n’exclut pas de faire la guerre. La lettre d’annulation de la rencontre est un piège (1) et une humiliation (2) pour Kim Jong-Un.

1. Comment Kim a été piégé ?

En prélude à cette rencontre historique du 12 juin 2018,  Pyongyang a donné la preuve de sa bonne foi en procédant à la libération de  prisonniers Américains.   

Le président américain  en ce moment avait affirmé que la libération aurait pour effet une stimulation pour la paix entre les pays. Pour mieux comprendre le piège, il est important de connaître l’identité des prisonniers en question. D’abord, Kim Dong-chul est le premier à avoir été arrêté, en octobre 2015. Il est un homme  d’affaires et pasteur évangélique, originaire de Corée du Sud.   Il a été accusé par les autorités nord-coréennes d’espionnage au bénéfice de la Corée du Sud. Les autorités nord-coréennes auraient trouvé sur lui une  clé USB contenant des documents relatifs au nucléaire  nord-coréen. Il a été condamné en avril 2016 à  une peine lourde de dix ans de travaux forcés. Il a aussi confessé ses  activités de renseignement.

Kim Sang-duk et Kim Hak-song, les deux autres hommes libérés sont considérés comme des pro-américains en activité d’espionnage technologique.   Il l n’y a plus aujourd’hui de prisonniers américains en Corée du Nord. L’objectif est donc atteint pour Trump qui connaît bien le point faible de son électorat, le nationalisme médiatique.

Après avoir atteint son objectif politique, Trump prend au dépourvu Kim hier par un courrier  de fermeté. "J'estime qu'il n'est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps" c’est ainsi que Trump  a  formulé l’annulation de la rencontre  avant de dénoncer   "la colère" et "l'hostilité" du régime de Pyongyang.  Ce n’est pas tout. Trump menace Kim  en des termes clairs et fermes : « "Nos sanctions très fortes et la campagne de pression maximale menée continueront comme avant […] Et l'armée américaine se tient prête si nécessaire…"  Le piège est bien tendu et la proie Kim est bien prise. Ce  n’est pas assez, Trump tente d’humilier Kim en le présentant comme un Président faible devant son peuple.

2. Comme Kim a été humilié

Trump joue sur la sensibilité de l’opinion nord-coréenne. En annulant l’historique rencontre manquée, Washington tente d’épingler les lacunes de la diplomatie nord-coréenne qui vend la peau du loup sans l’avoir tué. La libération de prisonniers américains,  le démantèlement d’une base nucléaire, ne sont pas des preuves suffisantes pour Trump.  Le mot d’ordre est clair, il faut dénucléariser tout !  En modifiant le rapport de forces, Trump montre à la Corée du Nord qu’elle une « Nation » qui  est à son talon. Plus qu’une humiliation, c’est une provocation. La provocation est au paroxysme comme par exemple, ce passage du courrier de l’annulation : « "Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et puissant que je prie Dieu que nous n'ayons jamais à en faire usage." Cela s’appelle une mise en garde.  C’est bien une atteinte à l’orgueil du peuple nord-coréen.  Mais , au-delà de la mise en  garde , il s’agit d’une fin de non recevoir pour les demandes de Kim   Jong-un ; lesquelles demandes sont entre autres, la  révision des accords de défense entre les Etats-Unis et la Corée du Sud,  la suppression du "parapluie nucléaire" américain sous lequel se refugient  la Corée du Sud et le Japon, le  retrait des troupes américaines, présentes en nombre impressionnant en Corée du Sud.

John Bolton,  le nouveau conseiller à la sécurité de Trump a comparé la Corée du Nord à la Lybie. Le parallèle est saisissant. Sous  George Bush, Kadhafi avait démantelé son petit  programme nucléaire, a détruit ses stocks d’armes dangereuses, a livré les auteurs de  l’attentat terroriste de Lockerbie de  1986.  La provocation est à son comble  avec la prophétie funéraire   du  vice-président américain Mike Pence  qui projette une  fin de Kim semblable à celle de  Mouammar Kadhafi, tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l'arme atomique.

Kim ne se laissera pas faire aussi facilement. En  revigorant l’axe Pyongyang-Pékin, Kim entend laver l’affront autrement. D’ailleurs, la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères Cheo Son Hui a répliqué  à Mike Pence en des termes violents : "Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain."

Il convient de conclure en s’interrogeant : la péninsule  sera-t-elle le point de départ d’une nouvelle guerre aux conséquences incalculables ?

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Droit international et
Institutions Diplomatiques.

Dernière modification lelundi, 28 mai 2018 05:05
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