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Intégration économique africaine : La preuve par neuf de la puissance du privé

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Bonne nouvelle pour les panafricanistes de tous bords que le rapport de Boston Consulting Group (BCG) qui jette un regard rassurant sur l’avenir économique du continent africain  vu sous l’angle de ce qu’on ne développe pas un pays mais un pays se développe. Ce rapport rendu public le 04 avril 2018 a des raisons d’arracher quelque sourire aux éditorialistes africains  par l’autorité de ses chiffres et les domaines qui donnent de l’espérance. L’étude montre que les périodes de 2006-2007 et 2015-2016, ont connu un rebond d’investissements directs  qui viennent de plusieurs pays africains. Ainsi on est passé de  3,7 milliards de dollars à 10 milliards de dollars. Ces chiffres prouvent une fois encore que l’avenir de l’intégration passe par le privé (I) qui n’attend qu’un pragmatisme flamboyant de la diplomatie économique(II).

I. L’avenir de l’intégration africaine  par le privé

Loin des discours souvent ennuyeux de politiques à double langage, le privé sur le continent s’effraie un chemin pour réaliser l’impossible. Le rapport publié le 4 avril 2018  par  Boston Consulting Group (BCG) est un document décisif qui devrait éclairer les politiques de ce qu’ils sont en retard sur l’attente des acteurs économiques du continent. Tenez ! Au cours des périodes 2006-2007 et 2015-2016, l’étude nous informe que : « La moyenne annuelle des exportations intra-africaines a augmenté de 41 milliards de dollars à 65 milliards de dollars par an. Le nombre annuel moyen de touristes africains (Africains voyageant en Afrique) est, quant à lui, passé de 19 millions à 30 millions ». Le potentiel est là. Les opérateurs économiques africains travaillent sans bruits. Le bruit ne fait pas du bien. C’est le message essentiel. C’est-à-dire que les acteurs de l’économie africaine croient en l’Afrique et travaillent pour sans qu’ils aient besoin de négocier d’hypothétiques décrets de complaisance. La cerise sur le gâteau c’est que le rapport en question met en lettres feu les plus grandes entreprises du continent en pointant le curseur sur les champs géographiques d’activité. C’est ainsi par exemple que les 30 plus grandes entreprises africaines ont actuellement des activités dans 16 pays africains, contre une moyenne de seulement 8 pays en 2008. On faisant une projection, toutes choses égales par ailleurs on peut estimer que chacune des grandes entreprises élargit ses tentacules dans un autre pays africain chaque année. Les compagnies aériennes ne sont pas du reste. On cite conformément à la loi de l’offre et de la demande, Ethiopian Airways qui dessert  36 pays du continent en 2016 contre 24 en 2006,  Royal Air Maroc quant à lui atterrit à  30  aéroports africains  contre 15 en  2006.  Pas d’intégration africaine sans les finances. Les banques ne sont pas du reste. C’est le Maroc qui retient le plus d’attention avec trois banques qui ont été le ferment des exportations du royaume chérifien vers l’Afrique de l’Ouest.  Si Bolloré a quelques difficultés dans le domaine du rail en Afrique de l’Ouest ; il reste un acteur majeur qui a favorisé le commerce intra-africain. Il n’est pas le  seul. A lui, il convient d’ajouter d’autres géants très sérieux dans la logistique et le transport comme    Maersk,  Barloworld et Imperial Logistics International. BCG  évoque des chiffres à lire avec des lunettes : Ils (Maersk,  Barloworld, Boloré et Imperial Logistics International ) ont contribué à accroître de  120% les chiffres  du commerce intra-africain, qui est passé 30 à 64 milliards de dollars.  BCG a fait une statistique qui devrait faire réfléchir les Ministres de l’Uemoa.  Les pionniers panafricains de l’intégration économique sont répartis comme suit : Afrique du Sud (32 entreprises), le Maroc (10), le Kenya (6), le Nigeria (6), l’Egypte (4), Côte d’Ivoire (2) Maurice (2), Tanzanie (2), Tunisie (2).

II. La diplomatie économique flamboyante

Comment accompagner l’essor du privé en mettant la diplomatie au service du rayonnement économique et financier des entreprises privées africaines ? La problématique est saisissante et donne une nouvelle tournure à ce qu’il convient d’appeler la diplomatie économique flamboyante de l’Afrique. Ce qu’on attend des diplomates c’est moins d’ajuster leurs cravates autour de longues discussions interminables et de cocktail dinatoire que de produire des notes verbales d’utilité économique. Les défis du continent sont immenses. Tout le monde en est conscient. Mais personne ne veut poser de pas décisifs. Le privé indique le chemin. Il convient de l’accompagner. Au-lieu de détruire le privé par un harcèlement fiscal, il convient d’adopter une politique économique  et financière qui promeut l’initiative privée. Par exemple, il faut sortir des petits jeux de déstabilisation des concurrents  pour engager les vrais débats.

A titre d’illustration, le rapport du BCG montre  que , la distance moyenne entre les villes africaines qui abritent une population supérieure à 4 millions d’habitants est de 4100 km, contre 1300 en Europe, 2200 en Amérique du Nord, 3400 en Amérique du Sud, et 3700 en Asie de l’Est. Pire, le coût moyen d’expédition et de distribution de biens en Afrique est égal à 320% de leur valeur, contre 200% en Amérique du Sud et 140% en Asie de l’Est et en Amérique du Nord. Ainsi, expédier une voiture de Paris vers  Lagos coûte moins cher qu'entre Accra et Lagos. En plus, c’est que  la majeure partie de l'Europe s'est regroupée en un seul marché commun. Pendant ce temps, l'Afrique compte 16 zones commerciales, soit beaucoup plus que l'Amérique du Sud (6) et l'Asie de l'Est (1). C’est sur ces  problèmes qu’on souhaiterait plus d’attentions et de réflexions pratiques de ceux qui ont la charge  de conduire la  diplomatie qu’on souhaite économiquement flamboyante.

TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES

Dernière modification lejeudi, 12 avril 2018 04:36
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