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Crise de cybercriminalité entre le Bénin et le Togo : Un manquement au devoir diplomatique bilatéral

Aurelien-Agenonci-et-robert-dussey

Depuis quelques jours, les nouveaux médias des deux pays font état d’une rocambolesque affaire de vindicte populaire au sujet de jeunes gens soupçonnés de cybercriminalité  à travers l’accoutrement : pantalon jean descendu au niveau des fesses avec un ordinateur portatif. De quoi parle-t-on ? De cybercriminalité. A titre de définition, la cybercriminalité est un concept  qui pourrait rassembler  plusieurs infractions ayant pour cadre un espace virtuel tel qu'un réseau informatique, au moyen d'outils informatiques.

Le  terme est longtemps attaché  à  l’arnaque des Nigérians.  Mais de nos jours, avec l’internet le phénomène s’est perfectionné.

Au Bénin, la rumeur se fait fantaisiste et les réseaux sociaux multiplient les images de très faible authenticité de scènes macabres d’individus soupçonnés de cybercriminalité et  calcinés par le feu de population en colère. A Cotonou, il se dit que les victimes du tribunal de la vindicte populaire des  feux  seraient de nationalité béninoise. Le démenti formel du Directeur Général de la Police Républicaine du Bénin, sur une télévision de la place ce dimanche 08 avril 2018 ne saurait occulter un manquement au devoir diplomatique bilatéral (1)des deux (02) pays qui aurait pu par l’entremise des ministres des affaires étrangères dégonfler la crise  en temps réel (2)

1. Un manquement au devoir diplomatique bilatéral

Voilà bientôt plus d’une semaine que la rumeur s’enfle, que les nouvelles plates-formes de communication font état de choses graves sur les droits humains dans le Togo voisin. Que cela soit avéré ou non, il y a comme une obligation non assumée  d’informer les béninois de ce qui se passe au Togo. Ce n’est pas le rôle d’un policier fut-il républicain comme le Directeur Général de la  Police Républicaine du Bénin. C’est le travail du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération. Encore qu’il s’agit d’informer et d’apaiser les populations, en fait les mêmes de part et d’autre des frontières artificielles.  Les reproches sont aussi valables pour le Togo et sa diplomatie. Ni le Bénin ni le Togo n’ont  pris la mesure de la rumeur sur les droits humains. Et pourtant, les deux pays  appartiennent au Conseil de l’Entente, à l’Uemoa, à la Cedeao. C’est une faute. Et pour cause. Le texte capital  qui régit les appréhensions se rapportant aux devoirs diplomatiques  reste   la Convention de Vienne de 1961.

On ne dira jamais assez, la  fonction principale  de l’agent diplomatique est de représenter l’État qui l’accrédite. Il est le porte-parole de son gouvernement. Il doit aussi protéger dans l’État accréditaire les intérêts de l’État accréditant et ceux des ressortissants de cet État sur le territoire étranger en exerçant ce qu’on appelle la protection diplomatique. Son devoir consiste donc à négocier avec l’État accréditaire et à informer l’État accréditant sur la situation économique, politique et sociale de l’État accréditaire et sur l’opinion de ce dernier quant aux principaux problèmes internationaux. On parle de diplomate adhoc ou spécial. Comme on peut le constater, le devoir d’information  a été mis en berne. Ce qui fait qu’aucun son diplomatique officiel n’a été enregistré.  Et pourtant c’est un devoir.   Cette situation mérite bien d’être dégonflée aux moyens de mesures diplomatique. La diplomatie est la solution aux crisses inutiles et artificielles.

II. Dégonfler la crise en  temps réel.

Avant d’être un problème diplomatique, la crise de vindicte populaire liée à la traque de présumés cybercrimels venant du Bénin est un problème de droits humains. De ce fait, il appartient à la justice du pays sur le territoire duquel, il y a eu de tels actes supposés d’ouvrir les enquêtes diligentes. Dans le cas d’espèce, il appartient aux services compétents du TOGO d’apporter les informations fiables en la matière. Ne pas le faire de façon officielle, c’est manquer au devoir. Il eût fallu communiquer en temps réel pour ne pas faire le lit aux spécialistes des querelles et des fantasmes préjudiciables à la quiétude des populations du Bénin et du Togo.

Les missions diplomatiques se doivent de produire les informations fiables pour permettre aux ministres des affaires étrangères, de se concerter rapidement pour un point de presse conjoint dont le but est de clarifier, noter et apaiser. Ce ne sont pas des policiers qui vont faire le travail diplomatique.  Le mécanisme d’alerte précoce des crises est déjà l’orange. Il suffit de parcourir les articles et commentaires des groupes sociaux présents sur le net pour s’apercevoir des conséquences de la négligence diplomatiques. Les violences commencent par les mots et peuvent être contenus par les mots. En absence de mots, les maux s’expriment par des comportements  désobligeants. C’est pourquoi, un déplacement du Ministre des Affaires Etrangères du Bénin au Togo est nécessaire. Un point de presse conjoint entre les Ministres des Affaires Etrangères des deux pays, entourés des responsables de sécurité des deux Nations, est un début remarquable d’apaisement. Il n’est pas tard pour bien faire.


TAUYE DE SAINT HERBERT HOUNGNIBO.
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES
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Dernière modification lemardi, 10 avril 2018 04:47
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