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Grève des enseignants au Bénin et en Guinée : Talon et Condé au pied du mur

Patrice-Talon-et-Alpha-Conde

Au Bénin comme en Guinée, la parole et la signature, on les traîne comme boulets quand il s’agit de négocier avec les partenaires sociaux. La grève déclenchée le 6 février dernier par l’intersyndicale de l’éducation de la Guinée a une cause lointaine. C’est un vieil accord de 2016 qui n’est pas respecté ; lequel accord consistant à augmenter  l’indice salarial des enseignants à hauteur de 40%. Ce qui a été précédé par un recensement biométrique fructueux en détection d’un nombre important de fonctionnaires. Comme Conakry, Cotonou aussi a procédé à la vérification des enseignants reversés. Sauf  qu’au Bénin en dehors de la défalcation pour cause de grève de liberté syndicale, les enseignants ont ouvert  le projet de société du candidat Talon en 2016 et ont lu ceci : < Faire adopter les statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire, du secondaire et de la formation technique et professionnelle>>. Dans tous les cas, A Conakry comme à Cotonou  la question de la grève dans l’Education  est préoccupante (I) et nécessite une thérapie de choc qui ne creuse pas profondément  le déficit budgétaire (II).

I. La grève en Guinée et au Bénin

La principale revendication en Guinée est salariale. Au Bénin, la principale revendication est l’adoption de statuts particuliers des enseignants du primaire et du secondaire. L’objectif final reste le même aussi bien en Guinée qu’au Bénin. Tout finira par finir sur l’indice salarial.  La grève dans le secteur de l’Education est un frein à l’instruction régulière des apprenants. Et pourtant, c’est l’avenir qui se joue là. Un pays qui néglige l’Education a toutes les chances de disparaître ou d’être annexé. En effet,  c’est l’Education qui façonne l’être de demain et la Nation future. On doit y prendre soin mais alors grands soins. Pour y parvenir, il y a les infrastructures, les apprenants, les enseignants et les programmes de formation. De mémoire d’historien, on n’a jamais vu une Nation d’ignorants prospérer en quelque matière. Les sages sans sagesse diront qu’on n’a pas besoin d’aller à l’école pour être riche ou gagner sa vie. Cette vérité était effective à l’âge de la pierre taillée. Aujourd’hui, les défis du développement et de la mondialisation font que l’Education doit être une priorité.

Ce que réclament  les Enseignants en Guinée et au Bénin c’est un traitement salarial qui découlerait de leur statut. Il est important de faire le débat. Une fois pour toutes. Le salaire des enseignants  est minable aussi bien en Guinée qu’au Bénin. Ce sont des salaires qui distancent  très peu  honorablement le Salaire minimum interprofessionnel garanti qui est de 40.000f Fcfa .   

Les problèmes de formation sont récurrents d’année en année.  Les moyens pédagogiques  sont inexistants. Des laboratoires introuvables. Là où il y en a , on ne trouve que des microscopes bons pour les musées d’histoire de sciences d’observations.  Les problèmes sont nombreux et immenses. Aucun gouvernement en Guinée comme au Bénin ne peut résoudre tous les problèmes de l’Education. D’où la nécessité d’ouvrir des négociations et engager un parcours participatif de gestion du problème de l’Education à travers une directive commune. Il reste à savoir si les solutions parcellaires sont durables. D’où l’inquiétude légitime des ministres en charge des finances en ce qui concerne le déficit budgétaire.

II. Le déficit budgétaire en question.

Comment satisfaire les enseignants tout de suite et ne pas courir le risque de creuser le déficit budgétaire ? C’est la  difficulté principale. En Guinée, la solution est trouvée. Le Président Condé opte pour une augmentation de 40% des salaires des enseignants. Ce peut être un paradoxe puisque l’Etat guinéen  avait pourtant dit qu’il ne pouvait pas  respecter cet accord et payer tous les  fonctionnaires ? Le Ministre du Budget, la mine grave, le regard en l’air s’interroge sur l’acrobatie à faire pour trouver dans  les caisses de l’État 550 milliards de francs guinéens, soit 50 millions d’euros. M. Mohamed Lamine Doumbouya, le ministre du Budget de la Guinée pense aller faire  des coupes dans les budgets des différents secteurs, de la présidence jusqu'à tous les départements ministériels. L’imagination toujours fertile,  le Ministre du Budget de la Guinée explore les subventions accordées aux secteurs de l’électricité et des hydrocarbures.  

La solution est-elle la bonne ? Place aux experts en Economie. Nous n’en sommes pas un. Ce qui est certain, il s’agit d’un problème budgétaire sérieux. On imagine déjà du côté de Cotonou, la perplexité de l’équation pour le Ministre en Charge du Budget. Toujours est-il qu’une difficulté est une lumière. Une difficulté insurmontable est un soleil. Paul Valery ouvre ainsi la voie à la réflexion budgétaire. Mais les contraintes sont aussi d’ordre communautaire pour le Bénin, membre de l’UEMOA et les clauses  des engagements pris  avec la  Banque Mondiale et le  Fonds monétaire international pour la Guinée. Cela amène à faire des restrictions drastiques. On peut explorer quelques pistes comme  la  réaffectation des  crédits budgétaires et une réduction sensible des salaires politiques.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques
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Dernière modification lelundi, 19 mars 2018 04:12
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