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Attentat de Ouagadougou : Peut-on vaincre la fatalité du terrorisme au Sahel ?

Attentats-Ouagadougou

Les annales du terrorisme s’enrichissent d’exploits funestes comme cette attaque du vendredi 02 mars 2018 à Ouagadougou  contre la symbolique institutionnelle militaire représentée  par l’Etat –Major des Armées  du Faso et l’institution diplomatique incarnée par  l’ambassade de la France. Le bilan officiel des services de sécurité du Ministère de l’intérieur du Faso fait état de  huit (08) assaillants tués dans l’assaut et de huit (08) victimes parmi les effectifs de l’armée dont le bâtiment de l’état-major a été attaqué. Cette rentrée des classes des attaques terroristes dans la zone des frontières (Burkina-Faso, Niger, Mali, Mauritanie, Tchad), est revendiquée par le groupe djihadiste GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly (ex-Ansar Eddine). Cet affront  est un défi à la force conjointe du G5 du Sahel comme si elle serait du mamba vert sans venin en gestation (I) alors qu’elle peut bien contribuer à  vaincre la fatalité du terrorisme (II) dans le Sahel à condition que le G5 du Sahel ouvre  l’angle  de la coopération internationale

I La force du  G5 du Sahel comme du mambavert sans vénin

Les attaques terroristes au Sahel tendent à devenir des faits divers. Cette troisième attaque à Ouagadougou n’est pas ordinaire en ce que les cibles visées, l’ambassade de France au Burkina-Faso et l’état-major constituent des symboles institutionnels. La population civile, une fois encore est victime.   Cet acte a un visage, celui du  groupe djihadiste Gsim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) qui a revendiqué, vingt-quatre heures  après l’attentat de Ouagadougou. Le mouvement terroriste du Touareg malien Iyad Ag Ghaly (ex-Ansar Eddine) n’est pas à sa première signature terroriste.  Il a déjà fait savoir  être à l’origine, le 23 février2018, de l’assaut  dans le nord du Mali qui a été fatal à deux(02)  militaires français de l’opération Barkhane.  L’historique des attaques devrait revigorer la force  militaire  en gestation.

15 janvier 2016 : Plusieurs établissements du centre-ville  comme l’hôtel Splendid ont été attaqué par des djihadistes.  On a enregistré plus de trente (30) morts. L’attaque a été revendiquée par Al-Qaida au Maghreb islamique.

13 août 2017 : L’’avenue principale  Kwame-Nkrumah de Ouagadougou a été le théâtre via un café d’une cosmétique du mal d’un commando  qui a tué 19 personnes.

Au registre des attaques non revendiquées, on peut évoquer quelques dates :

25 janvier 2018 : 26 civils maliens et burkinabè dont des femmes et des enfants, ont perdu la vie  une autre attaque alors que leur voiture, en  provenance du Burkina Faso, allait au  marché de Boni, dans le centre du Mali ;

27 janvier 2018 : le camp militaire de Soumpi, situé dans  la région de Tombouctou au  nord du Mali, a été attaqué par des hommes armés  en cagoules  faisant 14 morts chez les soldats maliens ;

28 janvier 2018 :  4 soldats maliens ont été tués lors d’une attaque par un kamikaze dans le nord-est du pays

Comme on peut le constater, la force  conjointe du G5 au Sahel en gestation est aux prises avec un terrorisme rampant qui dispose de moyens militaires,  de camps d’entraînements anonymes et de complicités au cœur des systèmes conventionnels de défense.

Le système d’alerte précoce a –t-il fonctionné ? On n’est bien tenté de se poser des questions sur la fonctionnalité des services de renseignement humain aussi bien français que burkinabè qui ont semblé ne pas réajuster le dispositif de riposte à la rumeur.  Les derniers  évènements montrent une fois encore que la force conjointe au Sahel doit naître comme le mamba vert avec un venin mortel. La peur du mamba vert est le commencement de la sagesse dans la forêt. Depuis 2014, année de création de la force par cinq États : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, plus rien. On bavarde beaucoup, on agit peu. Pendant ce temps, les « fous d’Allah » s’organisent, se font financer par des trafics divers et variés, et transforment la zone des frontières en terre d’accueil des terroristes anxieux de la Syrie, de la Somalie et de la Lybie. Le temps presse de sortir les muscles contre les  « fous » en opérationnalisant les intentions accouchées sur du papier glacé. La force conjointe du G5 va-t-elle  s’enrichir des expériences  de l’opération antidjihadistePagnali (“le tonnerre” en peul) ou  de l’opération   Hawbi (“vache noire”) ?

Céder à la pression et aux actes d’éclat des terroristes, c’est renoncer à la fonction régalienne de l’Etat. D’où l’impérieuse nécessité de confier à la future force du G5 Sahel la mission d’accompagner la nouvelle philosophie d’éradication du terrorisme en  mettant en déroute les soldats de la mort  qui ont décidé de  multiplier les actes d’anéantissement, en l’occurrence les attentats kamikazes et les attaques aux engins minés.

II.Vaincre la fatalité du terrorisme

Le terrorisme n’est pas une fatalité. On peut et on doit le vaincre par la déconstruction  de son idéologie, par le retour de l’Etat au Sahel et par la coopération internationale axée sur la conférence islamique.

La déconstruction de l’idéologie du terrorisme passe d’abord par l’identification des synagogues de l’endoctrinement et des maîtres de l’enseignement de ces grandes entreprises terroristes.  Pour changer les choses, il faut éviter d’être en dehors des choses. Il faut changer  le « système de la mort » de l’intérieur en y mettant de la vie. C’est un processus lent, délicat mais pas impossible. Il convient d’investir dans le futur à partir du présent. A titre d’illustration,  il est possible d’enclencher des  révolutions d’amour au sein de ces enclaves de non droit par infiltration et par dissidence. Car en définitive, il s’agit d’une guerre de la mort contre la vie. Aucun sacrifice n’est de trop pour promouvoir la vie sur la mort.  Pour que la vie ait un sens, elle doit être organisée à travers un contrat social. C’est pourquoi l’Etat devra renaître au Sahel comme une solution au libertinage organisationnel militaire.

L’Etat, c’est le vivre ensemble dans le cadre d’une société organisée avec un chef. Pour y parvenir, il convient de régler les problèmes ethniques, les antagonismes entre les composantes de la vie comme les éleveurs et les agriculteurs. L’Etat doit fournir les services sociaux de base. La pauvreté est un ferment pour l’endoctrinement. L’Education est la solution. Il faut construire des écoles d’amour. Il faut sensibiliser, convaincre les pères et les mères du Sahel d’envoyer leurs enfants à l’école.  Pour y parvenir, on pourrait  implanter des écoles laïques dans les provinces du Sahel. Les programmes d’enseignement pourraient  être adoptés dans le sens de former des citoyens et non des anarchistes et des fous de religion. La solution est possible. A cœur vaillant, rien d’impossible. C’est un devoir de l’Etat de soustraire de milliers de garçons et de filles  du joug de gourous  de foi douteuse. Le Sahel perd de plus en plus la notion de l’Etat. La coopération internationale est à nouveau sollicitée dans le sens de l’ouverture de ses portefeuilles pour sauver la vie au Sahel.

La coopération internationale doit s’ouvrir à la conférence islamique et à la ligue arabe en vue d’une solution pluraliste concertée contre les déviances au Sahel. Les enjeux économiques et stratégiques doivent intégrer la dimension humaine. Au Sahel, il y a un drame humain qui s’opère sous les yeux de la société internationale. Ne pas y remédier, c’est montrer à la face du monde que le respect des droits de l’Homme est à géométrie variable. Ce qui serait contraire à la déclamation universelle des droits de l’Homme.  Impliquer les conférences islamiques, c’est mettre fin à la confusion entretenue par des groupes de soutien aux musulmans qui sont en réalité de petits cercles de  confusionnistes. L’Islam est une religion de paix et d’Amour. Voilà pourquoi, il appartient aux hauts dignitaires  de l’Islam de rectifier l’usage abusif du nom de l’Islam.

En somme, le terrorisme  n’est pas une fatalité.  C’est une voie sans issue. On peut la vaincre en donnant à la force conjointe du Sahel les moyens de réagir comme un mamba vert contre les actes de ceux qui désespèrent en la vie et refusent de poser leurs problèmes au sein de la République. La Conférence Islamique serait d’un secours inestimable dans le cadre de toute stratégie visant à réinventer la république au Sahel.

Tauyé de Saint Herbert HOUNGNIBO
Editorialiste Expert en Droit International
et Institutions Diplomatiques.

Dernière modification lemardi, 06 mars 2018 06:09
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