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Ecole de Jacqueville d’Abidjan : Quel avenir pour le renseignement régional ?

Emmanuel-Macron-et-Alassane-Ouattara

Renseignement ! Voilà un mot qui soulève des fantasmes et défie la raison. Et pourtant, le renseignement est l’un des investissements les plus rentables de l’Etat. Michel Rocard, dans le Figaro du 7 mars 2008  ne croyait pas si bien dire. Le renseignement est  l’une des fonctions fondamentales de la sécurité nationale de tout État de droit et constitue une condition nécessaire à la prospérité du pays.  Des siècles avant lui, Napoléon l’a bien perçu : «  celui qui a l’information a le pouvoir ».  Le renseignement est donc  un élément fondamental pour  la préparation des décisions des autorités nationales en matière de politique extérieure, de défense, de sécurité intérieure, sans compter l’économie, l’énergie, les ressources stratégiques, les sciences et les technologies, et ce en toute autonomie de décision. Abidjan  se propose d’être   le nouveau Thibet de connaissances efficaces dans la science et l’art du renseignement et de l’intervention rapide contre le terrorisme. C’est ainsi que la cité balnéaire de Jacqueville abritera  cette année-ci, l’Ecole Régionale des Renseignements Généraux et des Forces d’Intervention. L’annonce  a été faite par le Président de la République de France, Emmanuel Macron, le 30 novembre 2017 à Abidjan.  Une nouvelle ère s’ouvre pour les renseignements généraux en Afrique de l’Ouest (I) pour donner un bel avenir à la sécurité régionale (II)

I. Une nouvelle ère des renseignements généraux

Le monde s’est métamorphosé.  Il est complexe. Pour s’en convaincre  il suffit  d’ouvrir les pages régions des services publics d’information pour s’en convaincre. Meurtres, attentats, trafics transfrontaliers, complots ! Bref il y a de quoi s’interroger aussi bien sur la traversée des frontières que sur les organisations criminelles de toutes sortes. L’information, ce n’est pas que le pouvoir, c’est la vie. L’accélération foudroyante de la circulation de l’information  mérite de donner au renseignement de nouvelles fonctions stratégiques à savoir la  dissuasion, la protection, la prévention,  l’intervention  la connaissance, et l’anticipation. L’offensive diplomatique de Macron ouvre une nouvelle ère pour le renseignement régional.

Emmanuel Macron  a remis  le renseignement sur le devant de la scène régionale. Il n’a  pas tort.  Sans la connaissance, on est dans la main des autres.  Le renseignement, ce n’est pas la lecture  les matins d’histoires tordues ou médiatiquement croustillantes.  Le renseignement, il est à la fois  un art et une science. Les défis sécuritaires de l’Afrique de l’Ouest   exigent une coopération, une formation continue et suivie pour le renseignement. La question est de savoir si  l’école en question  a des objectifs pédagogiques actualisés sur le renseignement humain et technologique.

Les gouvernements doivent veiller à ce que les officiers qui y entrent ne soient pas des retraités imminents. A quoi sert de former des hommes et des femmes proches de l’espérance de vie et finalement inutiles ? A rien. La tendance actuelle en Afrique est que la formation des officiers pour le renseignement et les interventions  emprunte des critères non rationnels.  L’école régionale de Jacqueville gagnerait à  rendre ses pensionnaires aptes à lire, écrire et parler trois langues à savoir le Français, L’Anglais et l’arabe.  La langue est essentielle pour l’éclosion du renseignement lequel est un ferment pour la sécurité régionale.

II. La sécurité régionale.

L’initiative de Macron  ne manque pas d’arrière-pensée protectionniste.  Le choix d’Abidjan n’est pas un fruit du hasard.  La Côte d’Ivoire  a été secouée par quelques vagues d’attentats terroristes. Le pays d’Alassane Ouattara   compte plusieurs ivoiriens d’origine française. Les investissements français en Côte d’Ivoire sont lourds. Et ce depuis l’époque coloniale.  Face aux attaques répétées de la zone des trois frontières (Mali, Burkina Faso, Niger), il était temps de déployer une force militaire. Ce n’est pas assez il faut de la prospective. Voilà pourquoi l’idée de préparer l’avenir et  de le maitriser  est excellente. La  démarche de création de l’Ecole régionale des Renseignements et des Interventions à Abidjan est soutenable.  Le coût des travaux donne bien une idée  du sérieux de l’investissement. : 20,2 milliards F Cfa.

Les défis de cette école sont nombreux. On peut bien retenir trois essentiellement.  

Premièrement, il s’agira de d’imprégner les auditeurs du nouvel ordre international marqué par des litiges conflictuels  qui n’en finissent pas, du combat par  l’information soutenue par des technologies nouvelles,  le fondamentalisme religieux et les querelles ethniques,  les techniques nouvelles des enlèvements des enfants et des  personnes, la  prolifération transfrontalière des armes, l’immigration clandestine à la hauteur, des trafics en tous genres de plus en plus insaisissables ;  

Deuxièmement, Il faudra relever le défi  la compétence organisationnel  du renseignement humain.  La crédibilité des services que les impétrants auront à organiser  reposera sur la technicité, l’expérience, la passion et la disponibilité de ceux et celles qui seront recrutés pour y servir. C’est là un sacerdoce. C’est la noblesse du renseignement. Ceux qui y vont  par attrait à « l’argent qu’on ne justifie pas », sont des facteurs d’échec du renseignement.  Faire le renseignement, c’est aussi détecter les meilleurs analystes d’informations.   L’analyse  de la profusion d’informations  ne peut être le fait que de spécialistes dûment formés. Ce défi fait corps aux  fondamentaux du renseignement, tels le recoupement systématique et la traçabilité des sources. C’est un défi majeur ;

Troisièmement,   il faut impérativement relever le défi de faire des produits de cette école de diplomates chevronnés du renseignement. En effet,  tous les pays de la région ouest-africaine   sont aujourd’hui, confrontés aux mêmes menaces du terrorisme. D’où  la coopération  régionale entre les  services  du renseignement. La diplomatie peut beaucoup de choses si elle est conduite par des gens qui l’aiment.

Tauyé de Saint Herbert HOUNGNIBO
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques
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Dernière modification lemardi, 27 février 2018 05:12
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