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Immigration clandestine en Israël : Partir ailleurs ou Rester en prison à vie

Benjamin-Netanyahu

Tel Aviv  a un agenda de déguerpissement  sans cœur  à l’endroit des migrants sans papiers.  Soit, ils décident de partir, soit ils sont gardés en prison à vie. Ce plan du  Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu  a pour indicateur de performance, le rapatriement  de près de  trente-huit mille (38.000) immigrés en situation irrégulière à fin mars 2018.  Ce message  s’adresse bel et bien à Khartoum et Asmara  d’où proviennent essentiellement les immigrés qui sont Soudanais et Erythréens. Le plan «  Netanyahu » est une expulsion humiliante (I) qui met à rude épreuve la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les  membres de leur famille(II)

I. Une expulsion humiliante.

Combien sont-ils concernés par la situation de l’immigration clandestine en Israël ? Les chiffres annoncés par le service de l’immigration du Ministère de l’Intérieur d’Israël sont inquiétants : 38.000 adultes  et 4. 000 enfants.  En quoi consiste le plan de Netanyahou ? Le plan consiste à proposer aux immigrants clandestins de quitter Israël  pour ailleurs, volontairement  avec une somme de un million sept cent cinquante (1.750.000) francs CFA  ou  se constituer prisonnier jusqu’à se résoudre de quitter le territoire.  Le plan controversé du gouvernement a tout de même quelques exceptions  notables. C’est ainsi que   les mineurs, les femmes et les parents de mineurs ne seront pas concernés par le plan du gouvernement. De même, les personnes victimes de trafic de personne ou d’esclavage  ne sont pas concernées par le rapatriement :« Partir ailleurs, ou Rester en prison à vie ».

La crise migratoire en Israël est le reflet de la pauvreté et de la faillite de la gouvernance  au Soudan et en Erythrée. Venus illégalement en Israël par le Sinai égyptien, les immigrants  sont à la recherche d’une nouvelle terre d’asile, c’est le cas des  réfugiés soudanais, qui ne se sentent plus en sécurité en Egypte depuis la répression de la police égyptienne en 2005 au Caire.  Il  convient  aussi de  mentionner que la construction  de représentations de Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR),   à Jérusalem en 1999 et, en 2007, d’un bureau à Tel-Aviv a  motivé nombre  de  demandeurs d’asile à migrer vers Israël. Mais ce sont surtout des mesures prises par l’Etat israélien, telles que l’octroi de permis de résidence à 600 Soudanais du Darfour et de protections temporaires (parfois couplées au permis de travail) aux Erythréens, Ivoiriens et Congolais (de RDC), qui encouragent ces circulations.  Mais les choses ont changé et l’afflux est devenu insupportable pour Tel-Aviv. La répression de l’économie parallèle de droit de passage et d’actualisation des commerces informels  autorise-t-elle à mettre à rude épreuve les droits de l’Homme ? Le Premier ministre Netanyahou connaît bien le dilemme des migrants. En évitant de préciser les nouveaux points de chute, il est bien conscient  que les personnes en question ne pourraient pas  rentrées dans leurs pays d’origine. C’est le cas des Soudanais et des Erythréens. Le plan d’expulsion  marche bien  semble suggérer les chiffres officiels :   4.012 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté Israël en 2017, dont 3.332 originaires d’Afrique subsaharienne. Ces chiffres ne sauraient  mettre  en sous-main la  mise à rude épreuve de la  convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs.

II. La mise à rude épreuve de la convention internationale  des  travailleurs migrants et les  membres de leur famille

Des  universitaires, des  cadres et des rescapés de la Shoah  ont dénoncé cette politique d’expulsion. Ce jeudi 22 février 2018, des centaines de personnes ont manifesté  devant la prison de Saharonim, à la frontière égyptienne.  Le clou de l’évènement  c’est la solidarité spontanée de 750  migrants  aux personnes mises aux arrêts  dans la mise en exécution  du plan Netanyahou.  Ce qui est en cause c’est l’esprit de  la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les  membres de leur famille. La lettre de la convention est bien peu clémente pour  les  migrants. Et pour cause, aux fins de la convention, les travailleurs migrants et les membres de leur famille dont deux catégories: Premièrement,  les travailleurs migrants et les membres de leur famille considérés comme pourvus de documents ou en situation régulière s'ils sont autorisés à entrer, séjourner et exercer une activité rémunérée dans l'Etat d'emploi conformément à la législation dudit Etat et aux accords internationaux auxquels cet Etat est partie;

Deuxièmement,   les travailleurs migrants et les membres de leur famille  considérés comme dépourvus de documents ou en situation irrégulière qui ne remplissent pas les conditions prévues à  la première catégorie.

Ces derniers existent. Les conditions peuvent être discutées en vue de leur régularisation. Il s’agit certes de politique interne.  Israël ne peut pas contenir tous les réfugiés du monde. Bien sûr que oui. Il peut toutefois, humaniser leur expulsion.  Cela dit, la question de fond demeure. Il faudrait toucher le problème à la racine.  C’est dans le droit international qu’il convient d’aller chercher la solution. On ne peut pas continuer à regarder sans agir  la dictature des Etats voyous. C’est de la responsabilité de la société internationale de créer les conditions de vie décente partout où il y a des hommes, des femmes et des enfants. Car pour explorer la même pensée positiviste que Kelsen, on doit marteler que les normes internationales sont des instruments d’action et non de connaissance. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH)  a-t-il trahi  l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine ? La société  internationale lui a  confié un mandat unique, celui de promouvoir et protéger tous les droits de l’homme.  Nous ajoutons, en lettre de feu, surtout, le droit des travailleurs migrants et celui de leurs familles.  La réflexion de Kofi Annan est toujours d’actualité : «  « Il est temps de se pencher attentivement sur les multiples dimensions de l’enjeu que représentent les migrations, car il concerne aujourd’hui des centaines de millions de personnes et à une incidence sur les pays d’origine, de transit et de destination. Il nous est nécessaire de mieux comprendre les causes des flux internationaux humains et leurs relations complexes avec le développement. » Ce n’est pas impossible.

Tauyé de Saint Herbert
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques

Dernière modification lelundi, 26 février 2018 04:21
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