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Macron à Dakar : Une tournée diplomatique de tisserand sans fil

Emmanuel-Macron-et-Macky-Sall

Du 02 au 03 février 2018, Dakar, la capitale du Sénégal a accueilli  le Président de la France, Emmanuel Macron dans le cadre de la conférence de la reconstitution des ressources du Partenariat Mondial pour l’Education (Pme). Comme des pintades toujours attirées par des grains de mil,  les ONGs et les politiques invités à Dakar se réjouissent de la contributionfinancière  annoncée par EmmanuelMacron, occultant les problématiquesessentielles de la nouvelle philosophie de l’Education en Afrique en général et en Afrique au Sud du Sahara en particulier. Le tisserand de l’Education en Afrique, Emmanuel Macron a une idée claire de ce qu’il entend faire de l’Education en Afrique. Il ne s’en cache pas : « Face au risque de l’obscurantisme, du fondamentalisme, de la guerre, de voir des filles enlevées de l’espace public, la seule  réponse à toutes ces régressions, c’est l’éducation ». Ce but spécifique de l’aide française à l’éducation en Afrique est une contribution tout aussi belle pour une poubelle (I) qu’une thérapie superficielle aux défis de la pédagogie prospective (II).

I.    Une contribution tout aussi belle qu’une poubelle

En France, quand on cherche à savoir ce qu’est l’Education, c’est d’abord vers Victor Hugo on se tourne avec déférence : « L’école est un sanctuaire autant que la chapelle. L’alphabet que l’enfant avec le doigt épèle, contient sous chaque lettre une vertu. Le cœur  s’éclaire doucement à cette humble lueur. Donc au petit enfant donnez le petit livre » et plus loin, visionnaire jamais égalé, Victor Hugo achève : « le germe a droit d’éclore et qui ne pense pas ne vit pas. ». La recommandation d’actualité s’énonce : « Songeons-y bien l’école en or  change le cuivre ; tandis que l’ignorance en plomb transforme l’or ».

Le but de l’éducation ce n’est pas de dresser les gens contre gens. C’est d’accroître la probabilité que le cœur puisse s’éclairer  doucement à  la lueur. Tel n’est pas le cas du but de la contribution française à l’éducation au Sahel. La nouvelle éducation n’a pas pour but de combattre le fondamentalisme mais de le transformer en amour.  Il n’y a pas de vertu de la haine. Face à la haine, il faut opposer l’amour. Il faut changer de paradigme. Le petit livre d’Hugo qu’on donnera à l’enfant doit être conçu autrement. En terme clair, il s’agit des programmes d’éducation.  Qui veut–on éduquer ? Sur quoi ? Quand ? Comment ? Où et Pourquoi ?  Ce sont les grandes questions qui devraient structurer la nouvelle philosophie de l’Education en Afrique ?  Tout programme d’éducation qui serait conçu en dehors des philosophes africains de l’Education est voué à l’échec ! En effet, il ne s’agit pas de se soumettre à la vision des donateurs qui poursuivent, on s’entend bien  un objectif particulier. Il s’agit de façonner  l’esprit  de l’âme. Mais dans quels sens ? C’est une affaire des médecins de l’esprit de l’âme. On ne développera pas l’Afrique. L’Afrique se développera. Car à s’y méprendre on finira par rater le but principal de l’Education.

Pas de texte sans contexte, on comprend bien l’état d’âme du Président de France. C’est bien le Sahel avec près de Cinq ans de langage militaire. Exaspéré, Emmanuel Macron  tranche : «la lutte contre le djihadisme et la radicalisation se joue aussi sur les bancs de l’école ». La radicalisation, le djihadisme, c’est tout un programme qu’il faut déconstruire patiemment et méthodiquement à partir des écoles prédisposées pour cette perte de l’âme.  Il faut agir sur les programmes d’enseignement et sur l’environnement éducatif africain. Ce qui induit qu’il faut mettre à la disposition du jeune tisserand Président, du fil. Ce fil c’est bien la  thérapie de la pédagogie prospective.

II.    Les défis de la pédagogie prospective

Concevoir des  programmes, former des enseignants  et repenser l’architecture des infrastructures  scolaires et universitaires. Le défi est triple. Ce défi mérite d’être débattu d’abord avant la mobilisationde  l’argent.  De quoi avons-nous besoin ? Ce sont des programmes culturellement aptes à affronter le défi de la mondialisation tout en préservant la civilisation et la culture. Tout programme mondial de l’éducation qui ne pourra pas préserver  la culture et la civilisation  des pays pauvres porte déjà en lui-même les germes de son implosion. Voilà pourquoi, il importe de faire recours aux fondamentaux de la culture. La solidarité et l’amour sont des vertus transversales. Sans ces deux piliers, tout sera vain.

La pédagogie prospective est d’abord  de la pédagogie tout court avant  d‘être  de la pédagogie centrée sur  l’avenir des étudiants et des élèves. A ce titre, elle est art et science de l’éducation, de l’enseignement et de l’apprentissage. Eduquer, Enseigner, Apprendre. Les écoles et  universités ne doivent pas renoncer à la fonction éducative.  Venus d’horizons divers, de milieux culturels diversifiés, les apprenants doivent  soumettre leur cœur à la lueur. Ce n’est pas possible sans l’environnement. Celui-ci est  à   aseptiser, exorciser et purifier par l’exemple. De façon pratique, il faut sensibiliser par tous les moyens les intellectuels de nos communautés sur les lueurs de l’éducation, notamment celle des filles. Une femme éduquée c’est une chance pour l’humanité. Bourguiba  l’a compris très tôt.  

On doit se rendre à l’évidence, qu’il n’y a pas d’éducation sans éducateur. A ce sujet, la formation des enseignants est une grande préoccupation. Les instituteurs notamment. La formation des instituteurs sur la pédagogie est le défi majeur.  La gestion des effectifs  implique une nouvelle définition des infrastructures scolaires et universitaires.  L’architecture de l’école de 2018 ne peut pas  continuer à être celle de 1900 parce que le contenu va avec le contenant, les défis d’éclosion du savoir nécessitent l’usage de nouveaux outils de compréhension comme les ordinateurs, les exercices en ateliers, les projections, et les expériences diverses. Posons avec humilité, la  problématique vraie de l’éducation avant de chercher d’éventuelles solutions. En l’absence de cet exercice les solutions importées s’avérerontinadaptées, déboussolées et désorientées.

Pour mémoire, depuis sa création en 2002, le PME s’est donné pour ambition de collecter plus de 3,1 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) pour la période 2018-2020 afin d’aider 67 pays en développement à financer leurs programmes d’éducation et à diminuer  le nombre d’enfants non scolarisés, estimé à 264 millions dans  le monde entier. Ce n’est pas peu.

En somme, le volontarisme du Président Emmanuel Macron est manifeste. Cependant, il manque au tisserand Macron du fil. Ce fil là, c’est le programme africain de l’éducation dont il convient de discuter l’essence avec les vrais acteurs qui ne sont pas toujours les politiques.

TAUYE DE SAINT HERBRT
EDITORIALISTE
EXPERT EN DROIT INTERNATIONAL ET INSTITUTIONS DIPLOMATIQUES

Dernière modification lemardi, 06 février 2018 05:03
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