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Cop 23 à Bonn : Des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris

COP-23-Bonn

La conférence (COP23, du 06 au 17 novembre) a lieu cette année dans un contexte marqué par de nombreux phénomènes climatiques extrêmes parmi lesquels des ouragans dévastateurs, des incendies, des inondations, des sécheresses, une perte de glace, avec des effets sur l’agriculture qui menacent la sécurité alimentaire. A Bonn, les gouvernements et les acteurs non-étatiques doivent prendre des mesures urgentes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

A l’ouverture de la Cop 23, la Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques, Patricia Espinosa, a donné l’alerte et indiqué le chemin pour l’atteinte des objectifs : « De concert avec l’Agenda du Développement durable, nous connaissons le chemin que nous devons emprunter pour faire face au changement climatique et au développement durable. », a-t-elle déclaré. Patricia Espinosa, a donné un aperçu du travail qui incombera aux gouvernements à Bonn - principalement d'avancer sur les règles d'application de l'Accord de Paris - phase technique - en temps et en heure, et de renforcer les méthodes et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Toute chose devant permettre de réaliser l’ambition principale de l’Accord de Paris puisse être atteinte, à savoir maintenir l'élévation de la température mondiale bien en dessous des objectifs de l’Accord de deux degrés Celsius et de mener des efforts encore plus poussés pour limiter cette augmentation à 1,5 degré Celsius.La Secrétaire exécutive de l’Onu Changements Climatiques a souligné l’urgence d’enregistrer des progrès immédiats. « Nous devons aussi progresser pour concrétiser les engagements prévus pour 2020. À cet égard la finance et les promesses d’atténuation sont essentiels, » a-t-elle ajouté.

Faire preuve d’ambitions à la hausse pour l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris

Selon une nouvelle étude de l’Onu, les gouvernements et les acteurs non-étatiques devraientfaire preuve d’ambitions à la hausse afin de garantir que les objectifs de l’Accord de Paris puissent encore être atteints. Ainsi, La huitième édition du rapport annuel de l’Onu sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, publié en amont de la Conférence de l’Onu sur les changements climatiques à Bonn, révèle que les engagements pris par les pays au niveau national ne représentent qu’un tiers des réductions d’émissions nécessaires à l’horizon 2030 pour respecter les objectifs relatifs à la lutte contre les changements climatiques. Les mesures prises par le secteur privé et les mesures à l’échelle infranationales ne se multiplient pas à un rythme qui permettrait de combler cet écart inquiétant. L’Accord de Paris vise certes à limiter le réchauffement climatique en-deçà des 2°C, mais un objectif encore plus ambitieux de 1,5°C est également suggéré. Atteindre ces objectifs réduirait la probabilité de sérieuses conséquences climatiques nocives pour la santé des êtres humains, pour les moyens de subsistance et les économies du monde entier.Dans l’état actuel des choses, une mise en œuvre complète des contributions prévues déterminées au niveau national conditionnelles et inconditionnelles entraînerait très probablement une augmentation des températures d’au moins 3°C à l’horizon 2100 – « inconditionnelles » signifie que les gouvernements seront tenus de prendre des engagements bien plus importants lorsque ceux-ci seront révisés en 2020.Dans le cas de figure où les Etats-Unis donneraient suite à leur intention déclarée de quitter l’Accord de Paris en 2020, prévient le rapport, le scénario pourrait se révéler encore plus sombre.Cependant, le rapport présente des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2 grâce à des mesures d’atténuation en développement rapide basées sur des modèles existants dans les domaines de l’agriculture, des bâtiments, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et des transports.

Des solutions pratiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2

D’après le rapport, des mesures fortes pour la réduction des forceurs climatiques tels que les hydrofluorocarbones, par le biais de l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, et à d’autres polluants à courte durée de vie comme le carbone noir, pourraient aussi grandement contribuer à réduire les émissions de CO2.Les émissions de CO2 ont été stables en 2014, en partie grâce à la transition vers des sources d’énergies renouvelables, notamment en Chine et en Inde. Cela a suscité l’espoir que le pic des émissions ait été atteint et allait désormais suivre une trajectoire à la baisse à l’horizon 2020. Cependant, le rapport révèle que d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, continuent à augmenter et que l’accélération de la croissance économique mondiale pourraient être responsables d’une hausse des émissions de CO2. Le rapport démontre que les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris déboucheraient sur des émissions à hauteur de 11 à 13,5 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (Gt éq-CO2) en 2030, c’est-à-dire au-dessus du niveau nécessaire pour maintenir le monde sur la voie la moins coûteuse et pour atteindre l’objectif des 2°C de hausse des températures. Une gigatonne est l’équivalent d’environ une année d’émissions produites par le secteur des transports dans l’Union Européenne (dont l’aviation).

Investir dans les technologies est la clé du succès

Afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, les gouvernements (y compris en revoyant leurs engagements à la hausse), le secteur privé, les villes et les autres parties prenantes doivent absolument poursuivre les mesures initiées qui déboucheront sur des réductions d’émissions rapides et profondes. Le rapport détaille différentes façons pour y parvenir, particulièrement dans le domaine de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport. Les investissements dans les technologies spécifiques à ces secteurs – d’un coût inférieur à 100 dollars par tonne de CO2 évitée, et souvent beaucoup moindre – pourrait contribuer à éviter jusqu’à 36 Gt éq-CO2 par an à l’horizon 2030.Une grande partie du potentiel de l’ensemble des secteurs découle de l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne, des appareils électroménagers efficaces, des voitures particulières efficaces, du boisement et de l'arrêt de la déforestation. Si l’industrie se concentrait uniquement sur les actions recommandées dans ces domaines – dont les coûts sont modestes ou même négatifs – les émissions pourraient être réduites jusqu'à 22 Gt éq-CO2 en 2030.À elles seules, ces réductions mettraient le monde sur la bonne voie pour atteindre l’objectif des 2°C et ouvriraient la possibilité d'atteindre la cible ambitieuse de 1,5°C.

Mesures non étatique et autres initiatives

Les mesures promises par des organismes non étatiques et infranationaux (tels que les villes et le secteur privé) pourraient réduire l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de 2030 de quelques Gt éq-CO2, ceci même en tenant compte du chevauchement avec les contributions déterminées au niveau national. Par exemple, les 100 sociétés cotées en bourse responsables des émissions les plus importantes au monde représentent environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui révèle une énorme marge de manœuvre pour aspirer à un niveau d’ambition accru. L'amendement de Kigali au Protocole de Montréal vise à éliminer l'utilisation et la production d'hydrofluorocarbones – des produits chimiques principalement utilisés dans la climatisation, la réfrigération et la mousse isolante. Même s’il était mis en œuvre avec succès, il interviendrait trop tard pour avoir une influence sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions en 2030, mais il pourrait cependant contribuer de manière significative à atteindre les objectifs relatifs à la hausse des températures sur le plus long terme.D’ici le milieu du siècle, la réduction des polluants climatiques à courte durée de vie, tels que le carbone noir et le méthane, pourrait réduire les impacts basés sur l'absorption de chaleur cumulative et aider à maintenir une trajectoire stable et plus basse des températures en accord avec les objectifs à long terme de l’Accord de Paris.En outre, alors que le G20 est collectivement sur la bonne voie pour respecter ses engagements relatifs au climat pris à Cancún pour l’année 2020, ils ne sont pas suffisamment ambitieux pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, avertit le rapport. Bien que l’année 2020 approche à grands pas, les pays du G20 peuvent encore conduire des mesures qui mèneront à des réductions d’émissions à court terme et ouvriront la voie à d’autres changements au cours de la prochaine décennie, souligne-t-il. Ainsi, ne pas ouvrir de nouvelles centrales électriques alimentées au charbon et accélérer la suppression progressive des centrales existantes – en veillant à la bonne gestion des problèmes tels que l’emploi, les intérêts des investisseurs et la stabilité du réseau – serait d’une grande aide. On estime à 6 683 le nombre de centrales au charbon exploitées dans le monde, d’une capacité combinée de 1 964 GW. Si ces centrales étaient exploitées jusqu’au terme de leur durée de vie et n’étaient pas réaménagées avec le captage et le stockage du carbone, elles émettraient 190 Gt de CO2 accumulées.Au début de l’année 2017, 273 GW supplémentaires des capacités de production d'électricité à partir du charbon étaient en construction et 570 GW en pré-construction, pouvait-on lire dans le rapport. Ces nouvelles centrales pourraient générer des émissions cumulées supplémentaires d'environ 150 Gt de CO2. Dix pays constituent environ 85 % de l'ensemble du pipeline de charbon : la Chine, l’Inde, la Turquie, l’Indonésie, le Vietnam, le Japon, l’Égypte, le Bangladesh, le Pakistan et la République de Corée.Le rapport examine également l’élimination du CO2 de l'atmosphère grâce au boisement, reboisement, à la gestion des forêts, la restauration des terres dégradées et l’amélioration des stocks de carbone dans les sols – comme autant de solutions pour la prises de mesures favorisant une réduction des émissions.

Thomas AZANMASSO

Dernière modification lejeudi, 14 décembre 2017 05:03
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