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COP 23 : Convertir les paroles en actes

Patricia-Espinosa

Deux ans après l’accord de Paris, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 23), qui se déroule à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre, sous la présidence des îles Fidji, n’est pas une simple conférence de transition. Elle doit à la fois régler les modalités techniques de l’accord et être une véritable rampe de lancement pour permettre au monde de se placer sur une trajectoire qui limitera le réchauffement climatique à 2°C. Un objectif difficilement atteignable dans un contexte de plus en plus préoccupant.

Le chemin a déjà été très long depuis le lancement de la convention-cadre climatau Sommet de la Terre en 1992. Le nouvel élan donné avec l’Accord de Paris(lors de la COP 21 en 2015), doit maintenant se transformer en actes à la hauteur des attentes. L’accord, déjà mis en application par 169 pays sur 195, fixe le cadre général d’efforts à réaliser ainsi que les objectifs à atteindre (ne pas dépasser 2° voire 1,5° d’augmentation de la température globale terrestre à la fin du siècle). Il est basé sur des engagements volontaires des Etats. Mais le compte n’y est pas, la somme des initiatives (INVS) actuelle nous amène à plus de 3° d’ici à 2100.

Face à cela, la mission de la COP 23 est très technique car elle doit mettre en place les outils de l’accord qui doivent être finalisés pour 2018. Mais elle doit surtout, au vu de la situation actuelle, relever l’engagement comme le niveau d’ambition des Etats et des acteurs non étatiques, pour rejoindre d’urgence la trajectoire qui nous mènera collectivement à 2° maximum de réchauffement. Une course contre la montre dans une période où la dynamique s’essouffle, où les Etats-Unis se désengagent (l’un des deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec la Chine) alors que de plus en plus d’indicateurs témoignent de manière alarmante des impacts des changements climatiques.

Des indicateurs dans le rouge

Le jour de l'ouverture de la Cop23, en préambule au lancement des travaux de la conférence, PetteriTaalas, le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), déclare, sur la base de nombreux rapports provenant d’organismes scientifiques et d’agences des Nations unies : « Les trois dernières années ont toutes été des records de température et font partie des années les plus chaudes. Cela fait partie d'une tendance au réchauffement à long terme. Nous avons été témoins de conditions météorologiques exceptionnelles, une augmentation de 46 % du nombre d’évènements météorologiques extrêmes depuis 2000, notamment des températures atteignant 50°C en Asie, des ouragans records dans les Caraïbes et l'Atlantique atteignant l'Irlande, des inondations dévastatrices provoquées par la mousson et des sécheresses incessantes en Afrique de l'Est… Beaucoup de ces événements - et des études scientifiques détaillées détermineront exactement combien - portent le signe révélateur du changement climatique causé par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre provenant des activités humaines. » Et 'ajouter : « Les indicateurs à long terme du changement climatique tels que l'augmentation des concentrations de dioxyde de carbone, l'élévation du niveau de la mer et l'acidification des océans se poursuivent sans relâche. »

Les événements extrêmes affectent la sécurité alimentaire de millions de personnes, en particulier les plus vulnérables. Un examen de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a montré que dans les pays en développement, l'agriculture (cultures, élevage, pêche, aquaculture et foresterie) représentait 26 % de tous les dommages et pertes associés aux tempêtes et inondations de moyenne et grande ampleur.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque global de maladies liées à la chaleur ou de décès a augmenté régulièrement depuis 1980, avec environ 30 % de la population mondiale vivant maintenant dans des conditions climatiques qui produisent des vagues de chaleur extrêmes prolongées. Entre 2000 et 2016, le nombre de personnes vulnérables exposées aux vagues de chaleur a augmenté d'environ 125 millions.

rfi.fr

Discours d’ouverture de Patricia Espinosa Se/ONU Changements Climatiques / 06 nov, 2017

Vingt-troisième session de la Conférence des Parties (COP 23),
Treizième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des
Parties au Protocole de Kyoto (CMP 13) et deuxième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l'Accord de Paris (CMA 1.2)Bonn, 6 novembre 2017
 Allocution d’ouverture
Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de l’ONU Changements Climatiques
 
Son Excellence M. Frank Bainimarama,
Son Excellence M. SalaheddineMezouar,
Son Excellence Mme Barbara Hendricks,
Honorable Maire de Bonn,
Président du GIEC,
Secrétaire général de l’OMM,
Honorables invités,
Distingués délégués,
Chers amis,
Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à Bonn et Bienvenue à la Conférence de cette année sur le Changement climatique.
Laissez-moi commencer en remerciant notre président de la COP22, M. SalaheddineMezouar, du Maroc. Merci pour votre leadership et d’avoir mis vos compétences au service du processus.
Votre contribution revêt une importance particulière car vous avez relevé le défi de présider la première Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l'Accord de Paris deux semaines tout juste après son entrée en vigueur.
Laissez-moi également remercier les gouvernements allemand, de l'État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville de Bonn, et spécialement les habitants de cette région pour leur soutien exemplaire grâce auquel nous avons pu organiser cette conférence ici, sur ce site historique et magnifique.
Je vous suis également très reconnaissante du soutien constant dont vous avez témoigné à l’égard du Secrétariat de l’ONU Changements Climatiques.
Je tiens aussi à remercier mon équipe, le Secrétariat, pour les efforts déployés afin de préparer conférence.
Dernier point, mais non des moindres, je remercie notre président entrant de la COP, le premier ministre fidjien, Frank Bainimarama et son équipe, pour leur enthousiasme et leur dévouement afin de relever ce défi majeur.
Je veux ici féliciter l’esprit de coopération dont les Fidji et l’Allemagne ont fait preuve pour faire de cette conférence une réalité. Cela prouve, en effet, que les nations peuvent travailler ensemble pour accomplir de grandes choses.
 
Mesdames et Messieurs…
Il y a 25 ans, les gouvernements se sont rassemblés au Sommet de la Terre de Rio dans ce même esprit.
Ils ont démarré avec cette idée: qu'il était impératif que le monde change la manière dont il traitait son environnement.
Et de cette simple idée, notre Convention a été adoptée et un mouvement est né.
Un mouvement qui, il y a deux ans, a donné naissance à l’Accord de Paris.
Aujourd’hui, en un temps record, 169 pays l’ont ratifié, permettant que nous passions de l’ère de l’espoir …à celle de la mise en œuvre.
Et de concert avec l’Agenda du Développement durable, nous connaissons chemin que nous devons emprunter pour faire face au changement climatique et au développement durable.
 
Oui, c’est un parcours inachevé.
C’est la 23ème COP, mais jamais nous ne nous sommes réunis avec un tel sentiment d’urgence ; comme vient de le dire M. le Premier ministre, tout comme l’a également exprimé le président de la COP22, ainsi que ces merveilleux enfants et leur magnifique chanson qui nous l’ont rappelé.
Des millions de personnes dans le monde ont souffert – et continuent de subir les affres – d’événements climatiques extrêmes.
Nous leur exprimons notre commisération, ainsi qu’à leur famille et nous compatissons à leur souffrance.
Mais le fait est que ce n’est qu’un début – et cela augure de ce qui nous attend.
Comme l’a rapporté l'Organisation météorologique mondiale (OMM) il y a quelques jours, 2017 sera vraisemblablement l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées.
Et les indicateurs de suivi et d’évaluation sur le long terme des concentrations de dioxyde de carbone, de l’élévation du niveau de la mer et de l’acidification des océans, parmi d’autres phénomènes perturbateurs, se poursuivront si nous n’agissons pas.
L’ONU Environnement a averti que nous sommes confrontés aux mêmes défis en ce qui concerne les niveaux des émissions mondiales: les engagements nationaux ne contribuent qu’à hauteur d’un tiers de la réduction des émissions dont nous avons besoin d’ici 2030 pour atteindre les objectifs climatiques.
 
Le message ne peut pas être plus clair. Nous n’avons plus le luxe du temps. Nous devons agir maintenant.
Alors on commence à partir de là – ici et maintenant.
Nous devons atteindre des buts bien spécifiques ici, à Bonn.
Nous espérons que ces négociations seront l’échelon supplémentaire, essentiel, qui nous permettra de concrétiser l’Accord de Paris, d’avancer sur ses règles d’application et d’en atteindre ses objectifs.
Nous devons aussi progresser pour concrétiser les engagements prévus pour 2020. A cet égard la finance et les promesses d’atténuation sont essentielles.
 
Par ailleurs, nous nous réjouissons de l’enthousiasme des acteurs non-étatiques: environ 10.000 personnes sont ici pour débattre et trouver des solutions pratiques qui s’appliqueront à nos vies.
Être le témoin, pour la première fois dans l’histoire, de troupes en ordre de bataille pour un accord multilatéral, est réellement exaltant.
 
Chers amis ; j’ai souligné l’importance de nos missions, l’urgence avec laquelle nous devons les mener à bien et la détermination croissante de chacun d’entre vous dont nous avons besoin.
Mettons-nous en marche.
Achevons notre ouvrage.
Agissons avec une ambition toujours renouvelée.
Et tenons, non seulement la promesse de Paris, mais également la promesse d’espoir et cet engagement envers l’Humanité pris il y a 25 ans au Sommet de Rio.

Merci.

Dernière modification lemercredi, 08 novembre 2017 04:24
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