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Lutte contre le FCfa : Kèmi Séba et le panafricanisme

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Né Stellio Gilles Robert CAPO CHICHI le 9 Décembre 1981 à Strasbourg, Kemi Seba est un activiste politique Français d’origine Béninoise qui s’est donné pour cause la lutte contre l’impérialisme. Chez Kemi Séba, le militantisme ne date pas d’aujourd’hui. Mais c’est le 28 Mai 2006 qu’il a vraiment fait parler de lui lorsqu’il avait effectué une descente à Paris Rue des Rosiers où se trouvent de nombreux commerçants Juifs. Ce jour-là, Kemi Seba accompagné d’autres membres de la TRIBU KA s’était rendu dans le quartier Juif avec la ferme volonté d’en découdre avec le Betar, un mouvement de jeunesse juif radical sioniste et la Ligue de défense juive avec lesquels des échanges vifs avaient eu lieu sur le net un peu plus tôt. La provocation est une arme qu’il utilise souvent, comme l’atteste son dernier fait d’armes le 19 Août dernier lors d’un rassemblement à Dakar où il a brûlé publiquement un billet de 5.000 FCFA afin de se faire entendre dans sa lutte contre le franc CFA, son nouveau cheval de bataille. Après quelques jours en garde à vue, il a été acquitté par un tribunal de Dakar le 29 Août, puis expulsé le 6 Septembre vers la France par le gouvernement Sénégalais qui considère qu’il était une menace pour l’ordre public. Son geste, applaudi par certains et condamné par d’autres a eu le mérite de faire parler de cette monnaie utilisée par les pays de la Zone Franc mais frappée en France. Doté d’une capacité d’orateur, acquise au sein de Nation of Islam qu’il a fréquenté à ses débuts, Kemi Séba se montre volontaire polémiste dans ses déclarations. Dites lui qu’il tient des propos racistes, il vous rétorquera qu’être antisioniste ne fait pas de soi un antisémite argumentant que dans ce cas tous les anticommunistes seraient de facto antirusses.Habitué à être traîné devant les tribunaux, il n’hésite pas à clamer, un brin provocateur que les procès sont ses meilleurs meetings et c’est la preuve qu’il s’attaque au système. Depuis ses débuts, Kémi Séba a fait du chemin. Il anime aujourd’hui des conférences, des talk show et est auteur de nombreux ouvrages dont Supra Négritudes son premier essai et Black Nihilism dont il a offert un exemplaire à l’ancien président Iranien Ahmadinejad lors de leur rencontre. Quand on l’écoute on découvre qu’il a une grande connaissance en ce qui concerne l’histoire des luttes des résistants Noirs. Très courageux avec une audace dialectique évidente, son message reçoit un écho favorable auprès d’une partie de la jeunesse africaine pour qui il représente le miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, parce qu’elle retrouve dans ses discours une affirmation et une revalorisation d’une identité noire. Lui-même, prônant à ses débuts, le kémitisme qui est un courant qui cherche à faire connaître et renaître la philosophie des anciens Egyptiens ou kémites, en tant qu’héritage culturel de l’Afrique, d’où l’appellation KEMI SEBA.

Mais Kémi Séba n’a pas que des partisans. Si la justesse de sa lutte n’est pas remise en cause, certains n’épousent pas ses méthodes. Son dernier coup d’éclat à Dakar par exemple n’a pas reçu l’assentiment de tout le monde en Afrique. Pour ses pourfendeurs l’argent est sacré et certains fondamentaux ne sauraient être bafoués sur l’autel d’une lutte, fut-elle panafricaniste. A ce niveau, il convient de souligner que la stigmatisation systématique à laquelle s’adonnent ses partisans à l’encontre de ceux qui ne sont pas d’accord avec ce moyen de lutte qui est de brûler de l’argent est contre-productive. Aussi, par le passé, certaines de ses prises de positions avaient dérouté une partie de ses partisans qui n’avaient pas compris son rapprochement avec les polémistes d’extrême droite Dieudonné et Alain Soral. De même lors de l’affaire Ilan Halimi, du nom de ce jeune juif mort des suites des sévices que lui ont fait subis Le gang des barbares de Youssouf Fofana, Kémi Séba avait tenu des propos ambigus refusant de condamner ce geste abject et ignoble. Côté justice, il a été condamné en France pour diffusion de propos antisémites et négationnistes, n’hésitant pas à reprendre les propos négationnistes du sulfureux Jean-Marie Le Pen sur la Shoah. Quand on évoque sa violence, il aime rappeler que jusque-là il n’a été condamné que pour des délits d’opinion et non pour des faits de violence. N’étant pas à une contradiction près, celui qui avait pointé la responsabilité du coran et de la bible dans l’esclavagisme s’est depuis converti à l’islam. Son radicalisme poussé à l’extrême l’avait amené à ne prendre dans ses mouvements que des Noirs, même si depuis quelques années comme il le dit lui-même il a abandonné le prisme limité de frustrations de l’afrocentricité pour s’élever vers le prisme plus universel et plus rationnel du panafricanisme. De fait, il a délaissé depuis peu ses prises de position les plus radicales sur la suprématie des Noirs et s’adresse désormais à l’ensemble des déshérités et des opprimés.

Le panafricanisme étant une doctrine qui tend à développer l’unité et la solidarité africaine, d’aucuns aimeraient que la lutte de Kémi Séba soit plus orientée contre les dictateurs Africains. L’argument avancé est que même si nous arrachons nos droits après de hautes luttes contre l’impérialisme, la situation des peuples africains ne changerait pas si nous continuons à avoir à la tête de nos pays des chefs d’état corrompus qui oppriment les populations et s’accaparent nos richesses qu’ils dilapident avec leurs clans. L’on ne saurait donner tort à ceux qui veulent que sa lutte soit dirigée beaucoup plus contre les apparatchiks qui nous gouvernent quand on assiste à ces drames de migrants qui, fuyant la misère chez eux, perdent la vie en voulant traverser coûte que coûte la méditerranée pour rejoindre l’Europe. Le système qu’il dit combattre n’est pas seulement en occident, mais il y a aussi le même système chez nous ici, sous sa forme la plus dangereuse et nuisible.

En dehors de ces déclarations à l’emporte-pièce notamment à ses débuts et de certains errements dus à sa fougue de jeunesse à l’époque, Kémi Séba, quoi qu’on dise compte aujourd’hui quand on parle du panafricanisme. Qu’on l’aime ou pas, il a le don de faire bouger les choses. Ce qu’il peut apporter de nos jours à la jeunesse africaine est son courage et cette combativité qu’il démontre dans ses luttes. On en a besoin pour nous combattre les dérives qu’on observe sous les tropiques.

MM

Dernière modification levendredi, 22 septembre 2017 04:41
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