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Faits Divers

1ère affaire Coups mortels : Acquittement pur et simple pour Dame Gabaki Satou

justice

Le dossier N°060/PG-10 Ministère Public contre dame Gabaki Satou, née vers 1970, ménagère et mère de 10 enfants dont 7 décédés et 3 vivants, est le premier dossier qui a été examiné par la cour à l’occasion de la deuxième session de la cour d’assises au titre de l’année 2017. C’est une affaire de coups mortels. Une infraction prévue et punie par les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code Pénal.

Au terme de l’instruction du dossier à la barre par la cour présidée par Hubert Arsène Dadjo assisté de Gomina S. Abdou Malick et de Banzou Nouhoum Adame et les réquisitions du ministère public assuré par le Procureur général Emmanuel Opita et les plaidoiries de  Huguette Bokpè Gnacadja, avocat de la défense, dame Gabaki Satou a été déclarée non coupable et acquittée purement et simplement. La cour a par ailleurs, ordonné sa mise en liberté immédiate si aucune autre charge n’est retenue contre elle.

Il est à signaler que dame Gabaki Satou a déjà passé onze ans en détention parce que placée sous mandat de dépôt depuis 2006.
 
Résumé des faits

Les faits en cause dans ce premier dossier se sont déroulés dans un village de la commune de Péhunco dans le département de l’Atacora. En effet, le vendredi 19 mai 2006 aux environs de 23h, dame Gabaki Satou s’était rendue chez l’une de ses amies dans le même village non loin de la maison de Bio Boussou Maré Sinnegui pour l’assister dans la préparation du savon.

Le nommé Matchou Koda N’Douro, l’époux à l’amie de Gabaki Satou était assis dans son fauteuil et les observait. Un instant après, Bio Boussou Maré Sinnegui fit son apparition dans la maison de ce dernier et commença par provoquer dame Gabaki Satou.

Cet entretien provocateur ayant pris une tournure de bagarre, le sieur  Matchou Koda N’Douro a été obligé de renvoyer Bio Bio Boussou Maré Sinnegui de sa maison.

Au lieu de rentrer, ce dernier a préféré tendre une embuscade à dame Gabaki Satou. Vers zéro heure, lorsque dame Gabaki Satou est sur son chemin de retour, elle a été surprise de voir Bio Boussou Maré Sinnegui qui l’attendait.

Aussitôt, elle s’est mise à crier au secours. Le nommé Bio Boussou Maré Sinnegui se jeta sur elle et lui administra des paires de gifles.

Dame Gabaki Satou réussit à lui échapper mais Bio Boussou Maré Sinnegui la pourchassa et continua à la gifler quand celle-ci trouva par terre un gourdin dont elle se saisit et assena un coup au front de son agresseur. Bio Boussou Maré Sinnegui succomba sur le champ à la suite de ce coup.

Les débats

Dame Gabaki Satou déposant à la barre, a reconnu les faits qui lui sont reprochés mais la nuance que son intention n’était pas de donner mais qu’elle a voulu se débarrasser d’un agresseur.  Elle a déclaré vouloir se défendre du sieur Bio Boussou Maré Sinnegui. La preuve en est que le coup de gourdin qu’elle a assené est la riposte aux gifles que ce dernier lui a préalablement administrées. Tout en regrettant son acte, elle a sollicité la clémence de la cour, car elle ne savait pas que le coup de gourdin lui serait fatal.

Dans ses réquisitions, le ministère public représenté par le Procureur général Emmanuel Opita, a fait un bref rappel des faits de la cause, avant de revenir sur les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels à la lumière des dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code Pénal. Le ministère public a démontré que l’élément légal, l’élément matériel et l’intention coupable sont réunis par rapport aux faits de l’espèce. Il a fait savoir que la piste de la légitime défense ne peut être évoquée à cause de la disproportion de la riposte, et a suggéré à la défense, la piste de l’excuse de provocation.

Par conséquent l’infraction de coups mortels est constituée. Il a fait observer que l’enquête de moralité est favorable à l’accusée et le rapport d’expertise psychiatrique ne révèle aucune anomalie, ce qui fait qu’elle est accessible à la sanction pénale. C’est au regard de ces observations, que le ministère public a requis 08 ans de travaux forcés pour le crime de coups mortels.

Huguette Bokpè Gnacadja, avocate de la défense, a demandé à la cour à l’entame de sa plaidoirie de considérer les circonstances atténuantes à l’accusée et surtout des constances au dossier, dans le secret de leur délibération. Pour une bonne administration de la justice, elle a évoqué son statut de veuve, donc vulnérable, sa nature frêle sans défense et le caractère violent et provocateur de la victime qui faisait des avances à sa cliente. Et ce caractère violent, provocateur et coureur de jupons de la victime est de notoriété publique dans le village, les dépositions de certains témoins au moment des faits suffisent pour sa religion sur le type d’homme qu’est la victime. Huguette Bokpè Gnacadja, a plaidé la légitime défense absolue contrairement au ministère public, elle a mis en exergue les éléments constitutifs. Car pour elle, sa cliente, n’a pas agi comme une criminelle, elle s’est plutôt défendue contre une agression injustifiée avec préméditation.

Albérique HOUNDJO (Br Borgou-Alibori)

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Concours de plaidoiries édition 2017 : Les finalistes dans la catégorie junior connus

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Les candidats ayant passé le cap de la sélection pour le compte du concours de plaidoiries éditions 2017 sont connus. Odile Atadé et quatre autres sont qualifiés pour la phase finale qui se tiendra le 11 août prochain. La phase de sélection s'est tenue vendredi 28 juillet dernier au Palais de la justice de Cotonou.

C'est Jostte Atadé qui est désignée meilleure candidate au terme de la phase de sélection du concours de plaidoiries catégorie junior, édition 2017. Elle est suivie respectivement de Hélène Kounakè, Aun Rokas Amoussouvi, Damien Falana, Pacôme Koundé, Hugo Koukpolou, Gracia Adjagba, Thibaut Amadji, Narcisse Atoun, Sévérin Houmbié, Diane Ayikpon et Richard Adékou. Les 5 premiers sont qualifiés pour participer à la phase finale qui se tiendra le 11 août prochain. Deux sujets ont fait l'objet de plaidoirie par chacun des candidats devant le jury dirigé par Aubert Akakpo. Le premier est intitulé « la justice humaine peut-elle être juste? » et le second, « Tout se paie-t-il ici-bas ? Sur le premier sujet, si Gracia Adjagba et Thibaut Amadji ont approuvé l'idée de la justesse de la justice humaine. Damien Falana, Hélène Kounakè, HugoKoukpolou, Josette Atadé, NarcisseAtoun, Richard Adékou, et Séverin Houmbié ne l'entendent pas de cette oreille. Ainsi, pour Gracia Adjagba, la justice est incarnée par des êtres suprêmes et repose sur des professionnels de droit. Et n'est pas professionnel qui veut, mais qui peut et qui a été oint depuis les entrailles. Il rend la justice à l'image du ciel,laisse-t-elle entendre. Et selon Thibaut Amadji, il peut exister dans la cité, des juges vertueux qui rendent justice. Faux rétorque Damien Falana, car à l'en croire, ce qui est considéré comme juste aujourd'hui peut ne plus l'être demain. Il n'e veut pour preuve que la thèse de la terre qui tourne avancée par Galilée, contredite, puis reconfirmée plus tard. Et à Hélène Kounakè de renchérir que « l'homme est faillible et les praticiens du droit sont des hommes faillibles, donc les praticiens du droit sont faillibles ». Et pour Hugo Koukpolou la justice humaine est accidentelle et fait beaucoup de victimes, car fait-il savoir, « Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de la cour vous rendront blancs ou noirs ». Il a été épaulé dans son argumentaire par Josette Atadé pour qui la justice humaine est corrompue. Et à Narcisse Atoun d’affirmer dans la même perspective que la justice humaine se base sur des lois, mais des lois qui évoluent d'un contexte à un autre. La justice humaine n'inspire pas confiance et si on a recours à elle c'est parce qu'il n'y a pas d'autres alternatives a révélé Séverin Houmbié, pour sa part. Et à Richard Adékou de conclure que seul Dieu est juste.

Tout se paie –t-il ici-bas ?

A l'interrogation « Tout se paie-t-il ici-bas? », RokasAmoussouvi répond par la négative. A l'en croire, accepter l'idée que tout se paie ici-bas, induit que l'on paie nécessairement pour le mal que l'on a fait et que chaque être humain est nécessairement sanctionné de son vivant pour le mal qu'il a fait. Cela est utopique et irréaliste, clame-t-il. Si tout se paie ici-bas, fait-i savoir, l'enfer pourtant reconnu par chrétiens et musulmans n'existerait pas. Le criminel qui n'a pas été retrouvé et sanctionné, a-t-il payé? S'interroge-t-il, le juge qui condamne à mort un innocent mourra-t-il assassiné? poursuit-il. Les assassins de John Kennedy ont-ils payé ? Secret d'État, Peter Bota a-t-il payé ? Processus de paix, ironise-t-il. Et à Diane Ayikpon de répliquer qu'à toute peine est dû un salaire. Pacôme lui conclura pour la soutenir que c'est ici-bas que l'on obtient ce que l'on mérite et non après la mort et que l'au-delà c'est ici et maintenant.

Thomas AZANMASSO

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Concours de plaidoiries édition 2017 : Clarisse Hounzali et trois autres avocats sélectionnés

droit

En prélude à la semaine du jeune avocat qui se déroulera du 07 au 12 août 2017,  l’Union des jeunes avocats  du Bénin (Ujab), a organisé un concours  de plaidoiries dénommé « Les joutes oratoires du jeune barreau ». La phase de sélection de la catégorie sénior a eu lieu hier jeudi 27 juillet 2017 au Palais de justice de Cotonou. Il en  résulte la sélection de Clarisse Hounzali et de trois autres avocats.

Clarisse Hounzali est désignée première de la phase de sélection du concours de plaidoiries édition 2017, par le jury constitué à cet effet et dirigé par Eudoxie Akakpo. Suivent respectivement Valentin Akoha, Carlos Agossou, Elie Dovonou Timothée Yabit et Jeffrey Gouhizoun.  Deux sujets étaient au choix des candidats. Le premier est intitulé : « Le mal peut-il être nécessaire ? » et le second : « Doit-on croire en la chance ?». A la première interrogation, Valentin Akoha, Timothée Yabit, Elie Dovonou, et  Jeffrey Gouhizoun ont répondu par l’affirmative. A en croire leurs plaidoiries, le mal est nécessaire, en ce sens qu’il permet d’accéder au bonheur. Et on ne reconnaît la valeur du bonheur que quand on a vécu la douleur que procurent la souffrance et donc le mal. Et entre deux mots, conseillent-ils, il  faut choisir le moindre mal. « C’est un erreur de raisonnement » rétorquera Carlos Agossou, pour qui, admettre que le mal est nécessaire, signifie  que l’on doit s’en accommoder, c’est admettre que toutes les souffrances de la vie sont inévitables. Or clame-t-il, le mal est une chose négative et évitable. Si le mal était nécessaire, l’homme n’aurait pas passé toute sa vie à le combattre,  fait remarquer Carlos Agossou. Les choses sont biens faites à l’origine et le mal n’est qu’un incident, conclura-il. Il rêve donc de débarrasser le monde du mal dont il regorge. Statuant sur le second sujet, Clarisse Hounzali invite à croire en la chance. Mais prévient-elle, croire en la chance n’empêche pas l’effort. Il faut travailler de sorte à attirer la chance vers soi, conseille-t-elle. La chance c’est la mentalité, c’est la positivité dans l’esprit, dans la réflexion reconnaîtra-elle pour finir. Au terme de la sélection, le Président de l’Ujad, Raoul Placide Houngbédji, a exprimé toute sa reconnaissance aux membres du jury, ainsi qu’à tous les participants faits de d’avocats et autres curieux.

Il est à signaler que La phase finale du concours aura lieu le 10 août prochain. Plusieurs autres activités meubleront la semaine du jeune avocat, au nombre desquelles, des séances de défense et d’assistance gratuite au profit des citoyens. Toutes les personnes ayant des soucis  en droit  peuvent donc se rendre dans les tribunaux de Cotonou, de Porto-Novo et de  Ouidah les 9 et 10 août, pour bénéficier des consultations gratuites d’avocats. Il en est de même des prisonniers en flagrant délit. Le point d’orage des manifestations sera la soirée de gala et de distinction des lauréats et autres personnes identifiées qui se tiendra le samedi 12 août 2017. La phase de sélection junior est prévue pour ce jour.

Thomas AZANMASSO

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ORTB : Une majorité écrasante tourne la page du Sg/Syntrab

medias

(Bernard Bonou et 2 ses adjoints destitués, Hermine Akpona hissée)
Bernard Bonou n’est plus le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’Ortb. Il a été destitué par le bureau executif national (Ben), avec deux de ses deux adjoints, Nouroudine Safara et Geoffroy Da Sougni. En effet, suivant le procès verbal de la rencontre extraordinaire du Bureau directeur national, Bdn, il est reproché au Sg/Syntrab et ses adjoints, une «  gestion délétère, solitaire et opaque du Syntrab, le défaut de communication et de concertation, le manque d’information au sein du Ben et entre le Ben et ses secrétaires de sections, la prise de décisions contre les intérêts des travailleurs, le boycott de l’atelier de revue à mi-parcours du Pta de l’Ortb et le défaut de compte-rendu de l’organisation de la fête du travail et de l’appui de certains sponsors ». Les membres du bureau national et les secrétaires de sections dénoncent également la fameuse affaire de 1 million 500 000 indûment perçus par les deux premiers Secrétaires généraux du Syndicat et pour laquelle des ordres de recette ont été émis par l’Agent comptable de l’Office. Les signataires de la motion de destitution déplorent par ailleurs, les relations dépourvues de dialogue et de procédés constructifs entre le Sg du Syntrab et la direction générale ; des relations qui ne seraient pas favorables à la négociation pour la satisfaction des revendications du personnel, ainsi que la crise de confiance entre le Sg et les membres de son bureau . Ainsi, les membres du Bureau directeur national ont dans une motion, exigé la destitution de monsieur Bernard Bonou et ses deux adjoints, Nouroudine Safara et Geoffroy Da Sougni. Réunis le mardi 25 juillet 2017, dans la salle de formation située à l’étage de la direction des ressources humaines de l’Ortb, le Ben a mis sa menace à exécution, en procédant à la destitution du Sg Bernard Bonou et de ses adjoints conformément aux dispositions des articles 48 et 49 des statuts du Syntrab. Au terme la rencontre, la secrétaire administrative du Ben, Hermine Akpona, a été mandatée pour gérer les affaires courantes du Ben et convoquer dans un délai de 45 jours, un conseil syndical qui procédera au  remplacement des trois Sg destitués. Le Ben a, par la même occasion demandé à la commission de contrôle des finances du Syntrab, de transmettre au nouveau responsable du Syntrab, son rapport de vérification sur la gestion comptable, financière et matérielle du Sg sorti, Bernard Bonou dans les cinq jours francs qui suivent la motion. Il faut signaler tout de même qu’ils étaient 20 signataires de la motion sur les 27 membres. Et pour le vote, sur les 25 qui ont répondu présent, 22 ont opté pour la destitution et 3 se sont abstenus.

Thomas AZANMASSO

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Visite technique automobile au Bénin : Les tarifs officiellement revus à la hausse

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Depuis hier, mercredi 26 juillet 2017, de nouveaux tarifs de la visite technique automobile sont entrés officiellement en vigueur. De sources bien introduites, les coûts desdites visites techniques ont été revus à la hausse. Désormais, les véhicules poids léger dont la visite technique était fixée à 12 00O f Cfa, paieront 15 000 f Cfa, dont 11 000 f Cfa pour le reçu Cnsr (Centre national de sécurité routière), 2 000 f Cfa pour le Trésor, et 2 000 f Cfa pour l’achat de timbre. Les véhicules taxi doivent, de leur côté, s’acquitter d’un montant de 8 500 francs Cfa pour leur visite technique. Pour ces derniers, le reçu Cnsr est fixé à 5 500 f Cfa, les frais de trésor font 1 000 f Cfa, tandis que les frais de timbre sont aussi fixés à 2 000 francs Cfa. Quant aux véhicules poids lourds, ils devront à présent payer un montant de 19 000 f Cfa répartis comme suit : 13 000f Cfa pour le reçu Cnsr, 4 000 f Cfa pour le Trésor et 2 000 f Cfa pour les frais de timbre.Les propriétaires des véhicules, tant du poids lourd que du poids léger ou même de taxi, payeront désormais des frais nettement en hausse comparativement à ceux en vigueur jusque-là. Cela a été d’ailleurs annoncé, selon nos sources, par un communiqué radio diffusé signé du Directeur général du Centre national de sécurité routière. Une mesure appréciée diversement par les populations même si certains laissent comprendre que cela  permettra d’engranger davantage de ressources pour la conduite des activités de ce centre. Quelles sont les raisons motivant cette revue à la hausse des tarifs de la visite technique ? Toutes nos tentatives pour joindre le Directeur général du Cnsr, afin de mieux cerner les véritables mobiles de la mesure sont restées vaines. Les sources contactées au sein de la structure n’ont pas voulu se prononcer. Même si beaucoup pensent qu’en raison de la morosité économique actuelle, la mesure est inopportune, il serait préférable que les autorités concernées montent au créneau pour expliquer et situer davantage l’opinion publique. Affaire à suivre !!!

Aziz BADAROU

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Nicéphore SOGLO au sujet de la Route de l’Esclave en Côte d’Ivoire : « Le président ivoirien a mis les moyens nécessaires…. »

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L’ancien Président de la République du Bénin, Nicéphore Dieudonné SOGLO est revenu au bercail, en provenance de la Côte d’Ivoire. Invité par son frère et ami, le Président de la République de Côte d’Ivoire Alassane Dramane OUATARA, pour co-parrainer la cérémonie de la route de l’Esclave, l’ancien Président Nicéphore Dieudonné SOGLO a accordé à la presse une interview. Il évoque l’exemple du Bénin qui sous sa gouvernance en 1990, 1992 et 1994 qui a été le premier à faire valoir ce douloureux passé qui continue d’inspirer les autres pays de la sous-région. Nicéphore Dieudonné SOGLO annonce qu’il va s’investir davantage dans la modernisation de la Route de l’Esclave du Bénin laissé dans un état vétuste.

Vous avez récemment été invité par les autorités de Côte d’Ivoire à un grand événement, le Lancement de la Route de l’Esclave. Avez-vous pu honorer cet engagement ?

Oui, j’ai assisté en Côte d’Ivoire, au lancement par les autorités, de la Route de l’Esclave. C’est une campagne d’information de dimension planétaire, qui permet de réfléchir aux voies et moyens pouvant alors aider les peuples noirs naguère opprimés comme les indiens d’Amérique, les aborigènes d’Australie et de relever avec le soutien de tous les peuples du monde le défis de développement

C’est quoi la Route de l’Esclave, monsieur le président ?

La Route de l’esclave c’est ce commerce abominable, la plus longue déportation de l’histoire humaine qui a duré 4 siècles et qui s’est déroulé entre l’Europe, l’Afrique, l’Amérique et aussi le Moyen-Orient. Cette monstrueuse hémorragie a vidé notre continent de 100.000.000 d’hommes de femmes et d’enfants et cela faisait suite au génocide des indiens d’Amérique dénoncé par le dominicain Las Casas et Alexis de Tocqueville. Les rescapés de ce génocide vivent désormais dans des réserves indiennes sorte de zoos humains.

Tout a commencé en 1991 à Port-au-Prince en Haïti, avec la première réunion internationale d’experts. Au cours de cette réunion, le témoin a été passé à notre pays qui a géré cet important projet jusqu’à son inscription effective au programme Ordinaire de l’UNESCO et sa prise en charge par l’Organisation Internationale. Nous devons ici, rendre un hommage particulier à l’ancien Directeur Général de l’UNESCO, Monsieur Federico MAYOR qui a su apprécier à sa juste valeur, l’enjeu d’un tel projet, en l’intégrant dans ses programmes. Car c’est la 29ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO qui a adopté le Programme la Route de l’Esclave pour :

a-    Briser le silence sur ce crime contre l’humanité ;
b-    Mobiliser les communautés scientifique, culturelle, artistique, la jeunesse et la société civile contre l’oubli ;
c-     Promouvoir les valeurs de tolérance, de respect et d’appréciation de l’égale dignité de tous les êtres humains.
La conférence de lancement a eu lieu le 1er Septembre 1994 à Ouidah (Bénin).
 
La Côte d’Ivoire est donc en train de dupliquer le projet béninois ?

Nous le constatons avec joie, mais aussi avec gravité car c’est le premier point de la feuille de route adopté en 2006 à Maputo par les anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique sous le haut patronage de Nelson MANDELA car du Cap Blanc au Cap Gardafui, l’Afrique au sud du Sahara fut enserrée dans un réseau de forts, de prisons terrestres et maritimes qui préfiguraient les camps de déportation et d’extermination de la seconde guerre mondiale en Europe. Et il faut offrir une sépulture aux âmes de ceux dont les corps ont été enterrés dans les deux Amériques et les Caraïbes comme l’a fait l’empereur d’Ethiopie.
 
Vous avez trouvé un intérêt à ce projet que vous avez réalisé à l’occasion de votre passage à la tête de l’Etat béninois ? Avez-vous convaincu les autorités ivoiriennes à dupliquer cela ?

J’ai eu beaucoup de chances avec Monsieur BANDAMAN, le très dynamique et efficace Ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire et son comité scientifique. Le Président Alassane Dramane OUATARA a tout naturellement mis à sa disposition, les ressources nécessaires et tout cela se déroulait sous l’œil vigilent de la grande historienne Madame Henriette DIABATE, la Grande Chancelière de Côte d’Ivoire. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour un éclatant succès. Et le Vice-Président Daniel Kablan DUNCAN a célébré cette messe en présence d’une grande partie de la diaspora noire d’Amérique dont le grand footballeur Lillian THURAM. Et d’autres sommités d’intellectuel d’Afrique tel que Elikia M’BOKOLO

Vous voulez dire que vous avez pris part à une cérémonie  particulière ?

Mais Oui ! Jamais de ma vie, je n’ai vécu en moi ce que j’ai vécu en une semaine en Côte d’Ivoire. C’est une prise de conscience et, pour moi, j’ai le sentiment qu’on a semé et que ça a commencé par germer de partout. Pour la nouvelle génération, ce qui est le plus important, c’est que nous ne faisons pas ça pour promouvoir les scientifiques mais nous voulons promouvoir les valeurs de tolérance dans plusieurs domaines, dont le domaine religieux. Quand je suis passé sur la chaine de télévision ivoirienne, j’ai dit que j’ai des parrains qui ont pour nom, Aimé Césaire, le Pape Jean Paul II, qui m’a encouragé, alors qu’il y avait de l’opposition entre les religions de notre pays, à aller de l’avant. La cérémonie à laquelle j’ai pris part est extraordinaire, phénoménale. C’est la preuve que les pays africains sont sur la voix de la Renaissance parce qu’ils ont pris conscience des maux sur lesquels il faut miser pour démarrer une nation. Il faut avoir la mémoire, l’énergie, la révolution verte, la communication ainsi que toutes les Techniques de l’information et de la communication. Ce que j’ai vécu était vraiment phénoménal.

En tant que pionnier de ce projet, pensez-vous que le gouvernement ivoirien a bien mis sur pied ce projet ?

Vous me donnez l’occasion de rendre un hommage particulier au ministre de la culture, Monsieur BANDAMAN, qui a fait un travail extraordinaire. Je l’avais vu lors d’une réunion à Abidjan des Maires de l’Afrique francophones et je lui ai rappelé que le chemin de la renaissance passe par le devoir de mémoire, ce qui a été rappelé par le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. Le président ivoirien a mis les moyens nécessaires à la disposition du ministère pour que cette idée devienne une réalité. Il a été mis sur pied un comité scientifique de très grande valeur. La Côte d’Ivoire nous rend fier d’être africain.

C’est ce qui explique que vous vous replongiez, depuis votre retour, dans la mission confiée par votre maitre à penser ?

Le Congo Brazzaville m’a aussi envoyé à plusieurs reprises des personnes ressources à qui j’ai donné des idées pour des projets. Il faut aussi aller vers tous les gouvernements et surtout en Afrique orientale, là où les noirs ont été déportés. C’est ce que nous devons faire. Le suivi que nous devons faire, c’est qu’il faut que les gens se remettent les priorités en tête. On ne fait pas n’importe quoi quand on est à la tête d’un Etat. Il faut lui donner des priorités. Celles que nous avons fixées à Maputo restent valables jusqu’à présent. Il s’agit du devoir de mémoire, l’énergie sans quoi il ne peut avoir le développement, la révolution verte, la communication, le travail à la jeunesse car, beaucoup meurent et sont jetés dans la méditerranée. Quand il y avait le génocide des aborigènes en Australie, on ne voyait pas le désordre épouvantable que c’était. Il y a aussi eu d’autres génocides mais, ce que nous voyons actuellement sous nos yeux est un début de génocide. Nous voyons des milliers de jeunes qui quittent leur pays à cause de la misère avec près de 2.000 morts dans la méditerranée, tous les ans. Il est temps que les chefs d’Etat d’Afrique noire fassent le voyage en Pétouza pour trouver les vraies solutions à ce problème.

Vous revenez de la Côte d’Ivoire pour le lancement de ce projet mais dans votre pays, celui que vous avez lancé est en ruine, monsieur le président ?.

Nous avons en effet un devoir de suivi sinon les mânes de nos ancêtres vont nous maudire. Vous ne pouvez pas vous développer si vous oubliez ceux qui vous ont précédé.Je vais m’impliquer une nouvelle fois dans cette douloureuse histoire. Je vais rencontrer un certain nombre d’ambassades, d’organisations, réveiller la  conscience des compatriotes parce qu’ils ne peuvent pas oublier les morts. Comme le disent les grands poètes, les morts ne sont pas morts. Ils sont présents dans notre vie de tous les jours et ça nous donne une nouvelle force pour continuer ce combat. Beaucoup ne sont plus de ce monde. Mais si  nous sommes là, je pense que tant que tu n’as pas fini la mission que Dieu t’a confiée il te reste du travail à faire et je ne pense pas baisser les bras.

Comment avez-vu Abidjan durant votre séjour ?

Le pays est sorti d’une guerre civile dévastatrice. La Côte d’Ivoire a eu la chance d’avoir comme président celui qui a été le vice-président du Fonds monétaire international. Il y a mis son savoir-faire, son carnet d’adresse et son amour pour la patrie. C’est vrai que tout est à refaire. Il faut faire revenir tous les enfants d’Afrique pour qu’on puisse, ensemble, rebâtir notre continent.

Pour vous qui plaidez chaque fois pour une confédération en Afrique de l’ouest. En avez-vous parlé avec le President Ouattara ?

Il ne s’agit pas seulement de le dire ici. J’en ai parlé longuement avec le président de la Banque africaine de développement, un homme remarquable qui a aussi été l’un des plus grands ministres de l’agriculture au Nigéria. Le problème que nous avons, nous le connaissons, c’est la jeunesse. Quand on prend un pays comme les Etats Unis, la plus grande puissance du monde, on peut tirer exemple de ce qu’ils ont fait. Si vous sortez la Californie qui est le 8ème Etat le plus puissant du monde, le Texas, 12ème Etat plus puissant du monde, ils ont trouvé utile d’être dans une fédération de 502 hectares qui a une seule monnaie. Or, ici, nous avons dans la Cedeao, le Nigéria avec deux cent millions d’habitants. Le reste des populations est d’à peu près cent à cent cinquante millions d’habitants. Nous avons la taille et c’est la bancarisation qui est notre mal. Il faut comme les autres pays, avoir une seule monnaie. On en a parlé. C’est des affaires qui se traitent doucement et nous devons avoir une monnaie d’ici trois à cinq ans. On ne peut pas être indépendant si on n’a pas une dignité monétaire et aussi une armée fédérale. Il nous faut des armées capables de défendre nos frontières terrestres, surtout vers le nord où des pays financent BokoHaram. Il faut une véritable armée pour dire à ces gens qu’il faut arrêter leur pratique contre notre ensemble. Il faut défendre non seulement nos frontières terrestres, mais aussi maritimes. Car les gens viennent piller chaque jour nos richesses. Il faut avoir une armée capable de défendre ces frontières, même aériennes. Ce n’est que la Cedeao qui nous permettra d’avoir ces résultats comme la Sadec en Afrique australe et la Fédération de l’Afrique orientale permet de l’avoir même en Afrique centrale.
 
 Propos recueillis pour Matin Libre par Mike MAHOUNA

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Première édition de la fête nationale des cotonculteurs : L’Aic célèbre les meilleurs producteurs de coton à Parakou

agriculture

174 producteurs de coton et 5 coopératives villageoises, ont été célébrés samedi 22 juillet 2017, dans la commune de Parakou par les responsables de l’Association interprofessionnelle de Coton (Aic). C’était en présence du ministre de l’Intérieur Sacca Lafia, représentant du Chef de l’Etat ; et de ses collègues de la santé, de l’agriculture et du commerce.

Cinq tracteurs, 25 tricycles motorisés à remorque, des tableaux d’honneur et 150 motos hommes et dames ont été distribués aux 179 lauréats de la première édition de la fête nationale des cotonculteurs. Une fête qui vise à célébrer la production record de 451.209 tonnes de la campagne dernière 2016-2017 et par la même occasion doper le moral aux producteurs de la campagne 2017-2018 en cours.

Suivant des critères bien définis, l’Aic a distingué les cinq meilleures coopératives dans les départements ayant dépassé 5.000 tonnes, les 5 meilleurs producteurs sur le plan national dont au moins une femme et les 6 producteurs ayant les meilleurs rendements dont au moins une femme. Au plan communal, les trois meilleurs producteurs ont été aussi gratifiés.

Pour Mathieu Adjovi, le président de l’Aic, la fête nationale du cotonculteur vise à célébrer les productrices et producteurs de coton du Bénin pour les efforts qu’ils ne cessent de consentir pour augmenter au fil des années la production cotonnière. Au maire de Parakou et le préfet du Borgou de saluer l’initiative. A en croire le ministre de l’Agriculture, Delphin Koudandé, un montant global de 77,170 milliards FCfa a été versé aux cotonculteurs. Cette somme permettra de booster l’économie et de  mettre ces bénéficiaiers à l’abri de la pauvreté. Delphin Koudandé n’a pas manqué de souligner l’importance de la filière coton dans l’économie béninoise. Dans la même veine, le ministre Sacca Lafia représentant le Chef de l’Etat, a rappelé que la filière coton est le socle du développement agricole du Bénin. Avec l’Aic, le coton engage ainsi sa renaissance qui va permettre au Bénin de devenir compétitif en Afrique de l’Ouest.

Albérique HOUNDJO
(Br Borgou-Alibori)

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Nouvelles offres chez Canal+ : A+ Sport et 6 autres chaines garantissent des moments palpitants

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Canal +  renforce ses liens avec ses abonnés. Ce grand acteur de la télévision payante en Afrique a fait de nouvelles offres au public. A+ Sport, une nouvelle chaine sera disponible dès ce jour. 6 autres chaines ont connu une petite révolution  sur les bouquets Canal +. Le Directeur général de Canal + Bénin, Adrien Bourreau a révélé ce chamboulement à la faveur d’une conférence de presse hier jeudi 20 juillet 2017 à Cotonou.

Le 21 juillet 2017 sera une date historique à Canal +. Les bouquets de ce groupe  connaîtront un vrai bouleversement pour le bonheur des populations. A+ Sport, la nouvelle  chaine du groupe est disponible sur la formule Evasion dès ce jour. Face aux médias hier, le Dg Adrien Bourreau a montré qu’il s’agit d’une chaine 100% Sport que Canal + propose à ses abonnés. « A+ Sport a pour ambition, a-t-il martelé, de réunir tous les fans de sport autour d’une grande diversité de programmes sportifs». Selon lui, A+ Sport reste une sélection de grandes compétitions de football européennes et africaines, cyclisme, basket-ball et d’autres évènements sportifs africains. La chaine qui sera faite de directs, de magazines et des rétrospectives présentera en effet le championnat d’Afrique des Nations de la Caf Total 2018, la Coupe de la Confédération  de la Caf Total, la Can Total U20 et U17.  Les  téléspectateurs découvriront également des matchs de la Mtn ligue 1 ivoirienne, une grande affiche par journée de l’Uefa Europa League, les championnats belge et écossais ainsi que des matchs des championnats de France de Ligue 1 Conforama et national. La Basketball champions league et le Fiba Afrobasket seront également des grands moments de télévision à vivre. Les jeunes talents européens et africains étaleront tout leur savoir-faire sur A+ Sport. Mais le grand évènement à suivre sur la nouvelle chaine dès aujourd’hui, ce sont les Jeux de la Francophonie à Abidjan. Canal + diffusera toutes les compétitions sportives de cette rencontre mondiale du 21 au 30 juillet 2017.

Encore du plaisir à la Télé…

Le Directeur général Adrien Bourreau a aussi fait d’autres belles annonces ce jeudi. En effet, 6 chaines  jusque-là accessibles seulement aux abonnés de la formule Tout Canal pourront être désormais suivies sur la formule Evasion +. Il s’agit de Tiji qui offre de programmes de jeunesse, Nat Geo Wild très appréciée par les amoureux du monde sauvage, Ciné +Star qui relaie le cinéma international. On note également  Ciné + Frisson qui diffuse des programmes pour les amateurs de films explosifs, 13ème Rue qui fait découvrir des investigations inédites et des séries  policières mais aussi NBA Tv qui donne droit à toutes les rencontres de la saison régulière du basket américain. Désormais la formule Evasion + coûte 20 000 F Cfa.

Encore des privilèges pour les abonnés de la Formule Tout Canal

A tout Seigneur, tout honneur. Canal + accorde encore des avantages à ses gros clients. Les abonnés de la formule Tout Canal bénéficient dorénavant d’un pack Vip leur donnant accès à la meilleure offre de télévision et au meilleur service qu’ils méritent. Ils bénéficient de 18 chaines exclusives. Dans les boutiques Canal +, un accueil digne de privilégié leur est réservé. Un réseau de techniciens et d’experts est également mis à leur disposition pour l’installation de Mycanal. Ces abonnés Vip ont trois accès simultanés à Mycanal. Et l’Iroko + leur est offert. Ils seront enfin des invités privilégiés de CanalOlympia. Le décodeur Canal+, faut-il le préciser,  est vendu à 10 000 F Cfa au lieu de 15 000 F Cfa dès la formule Evasion +. La «Semaine généreuse» continue aussi de célébrer la fidélité des abonnés.                        

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Carnet noir : Le Colonel Hervé Nato Kérékou inhumé samedi prochain

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Décédé lundi, 10 juillet 2017 au Cnhu de Cotonou, le colonel Hervé Aimé Nato Kérékou sera conduit à sa dernière demeure samedi, 22 juillet 2017 à Natitingou. Agé de 49 ans, le fils de l’ancien Président de la République, Mathieu Kérékou, sera inhumé dans l’intimité familiale après une messe d’enterrement et d’enlèvement de deuil à la Cathédrale de Natitingou. Selon le programme des obsèques, le retrait du corps se fera ce jeudi, 20 juillet 2017, accompagné d’une messe corps présent au domicile du défunt. Avant le départ pour Natitingou, une messe corps présent est également prévue à l’Eglise St Michel de Cotonou, vendredi. Le disparu laisse derrière lui, deux enfants Arielle et Mathieu-Junior. Après avoir servi à plusieurs postes de responsabilités au sein de la grande muette et surtoutau sein du service de renseignement de la garde républicaine, le Colonel Hervé Kérékou a déposé le tablier de la vie des suites d’une maladie.

A.B

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Enquêtes journalistiques sur la Mafia foncière et l’impact de l’urbanisation incontrôlée : Maryse Assogbadjo et Christian Hounnongbé divulguent leurs résultats

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Les enquêtes journalistiques dans le cadre du projet ‘’Pour des médias plus professionnels au Bénin’’,  financé par Osiwa et réalisé par la Maison de Médias continuent de livrer leurs résultats. Les derniers en date sont présentés par Maryse Assogbadjo et Christian Hounnongbé. C’était hier mercredi 19 juillet 2017, à la Maison des Médias de Cotonou.

 ‘’Foncier à Abomey-Calavi : La mafia plombe les opérations de lotissement’’ pour Maryse Assogbadjo et ‘’Urbanisation incontrôlée dans le sud Bénin : Menaces sur les terres agricoles’’ pour Christian Hounnongbé, se sont les sujets de grande préoccupation ayant fait l’objet d’enquête et dont les résultats ont été publiés hier. Si pour Christian Hounnongbé, la question foncière représente un enjeu politique, économique social et culturel majeur, il n’en demeure pas moins que la sécurité foncière est incontournable pour permettre aux agriculteurs, éleveurs pêcheurs et exploitants forestiers, d’investir en toute confiance. Et selon les propos de Maryse Assogabadjo, le lotissement est un vaste réseau alimenté par les différents acteurs impliqués. A l’en croire, à Abomey-Calavi, les acquéreurs vivent sous la hantise permanente des litiges domaniaux.

La question foncière à Abomey-Calavi

Dans ses propos, Maryse Assogabadjo dénonce des « manœuvres astucieuses »  dans le déroulement du lotissement à Abomey-Calavi, faisant vivre un chemin de croix aux acquéreurs de parcelle devant la justice. La conférencière fait constater que dans la commune d’Abomey-Calavi, les lotissements sont des nids de corruption, un crime contre la commune et contre le pays, où les acteurs à divers niveaux constituent des bourreaux pour les acquéreurs. Ainsi, à l’en croire, plus de 1500 acquéreurs de parcelles à Calavi n’ont pas retrouvé leurs parcelles dans le répertoire de l’état des lieux. A cela s’ajoute le morcellement et la vente des voies 40 dans la commune avec des réserves administratives introuvables dans certains arrondissements et des aires de jeu morcelées et vendues à Godomey. Tous les acquéreurs de parcelle ne jouissent pas de leur droit de propriété à Abomey-Calalvi en toute quiétude, sans crainte d’être spolié, laissera-t-elle entendre. La machine de l’escroquerie est notamment mise en marche par les héritiers de certaines collectivités, prêts à revendre la même parcelle à plusieurs reprises et le titre foncier, garant du droit absolu de propriété fait désormais l’objet de contestations, a expliqué Maryse Assogabadjo. S’acquérir une parcelle à Abomey-Calavi, c’est s’acheter parfois un procès en justice va-t-elle signifier. A Abomey-Calavi, fait-elle savoir, 75% des dossiers pendant devant la  justice sont des affaires domaniales.

Menaces de l’urbanisation incontrôlée sur les terres agricoles

L’urbanisation incontrôlée dans le sud du Bénin et ses menaces sur les terres agricoles étaient également au menu des échanges. Ainsi, les résultats de l’enquête réalisée par Christian Hounnongbé révèlent, l’érection de citées au détriment des activités agricoles, avec une poussée démographique galopante, doublée de spéculation foncière. L’orateur identifie la poussée démographique comme la principale cause du phénomène. Selon ses investigations, la population béninoise a été multipliée par 5 en 50 ans, passant de 2 106 000 à 10 008 749 habitants. Le taux d’urbanisation a presque triplé en 50 ans, fait-il remarquer, et d’ici à 2020, plus de la moitié des Béninois vivra en ville, constatera-il. Ainsi, les quatre départements à façade maritime, abritent 37% de la population sur 5% de la superficie totale du pays avec une densité de 588,29 au Km2. Christian Hounnongbé dénonce par ailleurs, la méconnaissance des textes liés au foncier, le manque de sécurisation des Schémas directeurs d’aménagement de certaines communes, l’absence de mécanisme intégrant la préservation des milieux agricoles et pastoraux, le non-respect des outils de planification par les autorités locales…

Thomas AZANMASSO

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