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Dépenses de fin d’année : ‘’Adogbè’’, la tontine qui soulage les ménages

Tontine

Les fêtes de fin d'années donnent lieu à des dépenses extra. Déjà le 25 décembre, chaque père ou mère de foyer fait de son mieux pour offrir une belle fête à sa progéniture. Cela passe par un cadeau, une nouvelle tenue, une nouvelle chaussure puis un repas copieux le 25 décembre. Une semaine après, il faut encore célébrer la Saint-Sylvestre. Même si cette fête concerne beaucoup plus les adultes, les enfants ne sont pas laissés du reste. Tout ceci nécessite des dépenses. Souvent, c'est avec le même salaire qu'il faut faire face à ces deux fêtes dans l'intervalle d'une semaine. Ce qui n'est pas toujours possible si on ne s'y est pas préparé. C'est pour parer aux difficultés financières en cette période de fête que dans beaucoup de ménages à Cotonou et environ, l'idée de faire une tontine d'un genre particulier appelée ''Adogbè'' a germé. Littéralement traduit, '' Adogbè'' signifie en langue fon ''tontine du ventre''. Le principe est simple. Il faut déposer chaque semaine chez le tontinier (une ou un groupe de personnes) une somme modique. Ça varie de 200f jusqu'à 10.000f ou plus selon la capacité de chaque adhérent. Mais à la fin (en décembre), au lieu que vous retiriez l'argent déposé, il est converti en vivres. Souvent un ou des sacs de riz, de la volaille, de l'huile et de l'argent.

Si à mi-décembre à Cotonou et environ, on aperçoit des gens, en taxi, à moto ou à pied avec un ou plusieurs sacs de riz, de la volaille, des bidons d'huile et autres, dans la plupart des cas, il s'agit de personnes qui viennent d'entrer en possession des fruits de la tontine ''Adogbè''. Le phénomène a pris tellement d'ampleur que dans les coins de rue, dans les Von et agglomérations, il y a toujours un tontinier de ce type.A Cocotomey, village de l'arrondissement de Godomey dans la commune d'Abomey-Calavi fourmille ce type de tontine. L'association ''Dieu existe'' au quartier Tokpa en est une.

''Dieu existe'', une association de femmes qui s'adonne à la tontine ''Adogbè''

L'association ''Dieu existe'' est un groupement de 5 femmes au foyer. Depuis deux ans, elles se sont lancées dans cette aventure. Dimanche 18 décembre dernier, l'association a convié tous les adhérents, à jour de leur cotisation, à venir retirer leurs vivres. « Nous aussi, nous étions dans des tontines ''Adogbè''. Mais en fin d'année, au moment de rentrer en possession de ce pourquoi nous avons cotisé pendant une année, il y a toujours des problèmes. Soit tu ne reçois pas totalement tout, soit la qualité fait défaut. C'est alors que l'idée nous est venue de faire notre propre ''Adogbè'' », a laissé entendre Denise Manondé, présidente de l'association ''Dieu existe''. « Nous avons alors fait la publicité autour de nous et la 1ère année, nous avons vendu environ 200 cartes. Les gens n'y croyaient pas. Ils étaient dubitatifs. Mais grâce à Dieu, tout s'est bien passé. Ceux qui nous ont fait confiance sont rentrés chez eux avec des produits de qualité en plus un bonus que d'autres ne donnent pas ailleurs. Ils ont alors fait la publicité autour d'eux et cette année, il y a eu plus de monde », a renchéri Pelagie Ahossi, la secrétaire de l'association.

Ainsi de 200 adhérents au départ, le chiffre a presque doublé cette année. Près de 400 cartes d'adhésion ont été vendues. « Chez nous, il y a trois sortes de tontine ''Adogbè''. 350F par semaine donne droit en fin d'année à un sac de 5kg de riz parfumé, deux poules, un litre d'huile d'arachide plus 10.000FCFA. 150F par semaine donne droit à un carton de 24 boissons en cannette, bière ou sucrerie selon la volonté de la personne. Nous faisons aussi pour ceux qui le veulent, des amuse-gueule et de la liqueur. Là, il faut donner 200F par semaine pendant un an. Bien entendu, il y en a qui donnent deux, trois, cinq fois et même plus le montant. Leur lot est alors multiplié par le nombre de fois. Ce qui veut dire que là où celui qui a donné 350F par semaine rentre avec 1sac de riz, deux poules, un litre d'huile et 10.000F, celui qui a donné 700F par semaine pendant un an, rentre avec 4 poules, 2sacs de riz de 5kg, 2litres d'huile et 20.000F, et vice versa », a précisé Grâce Ayosso, la trésorière.

Difficultés rencontrées

Comme tout œuvre humaine, les femmes de l'association ''Dieu existe'' rencontrent des difficultés. Elles sont liées au non-respect des engagements des adhérents. « Il arrive qu'en cours de chemin, les gens n'arrivent plus à être à jour de leur cotisation. Soit c'est quelqu'un qui avait pris l'engagement de payer deux, trois fois le montant qui est essoufflé, soit quelqu'un qui sait qu'il n'est pas à jour, attend le moment du partage pour venir réclamer son argent. Souvent ça se passe bien si les gens sont de bonne foi. Mais si tel n'est pas le cas, le différend est porté à la brigade de la localité car nous avons un règlement qui stipule que si un adhérent n'arrive pas à honorer son engagement, en fin d'année ce qu'il a cotisé est divisé par trois. Il prend les 2/3 et l'association les 1/3 qui restent. Et tout adhérent prend connaissance avec ce règlement avant de s'engager », précise la trésorière adjointe Akodékoun Henriette.

Des bénéficiaires s'expriment

Léonie Tossou

« J'ai souscrit à la tontine ''Adogbè'' pour aider ma famille en période de fête afin que mes enfants trouvent à manger. C'est la deuxième fois que je fais ça avec l'association ''Dieu existe'' et j'ai toujours récupéré tout ce qui était convenu. Ailleurs, ce n'est souvent pas le cas. C'est une bonne chose et pour l'année prochaine, je leur suggère de penser aussi aux ustensiles de cuisine, des glacières, afin tout ce dont une femme a besoin au foyer ».

Valerie Ahouandjinou

« La tontine ''Adogbè'' nous soulage en cette période de fête de fin d'année. Ce n'est pas toujours évident de sortir l'argent de sa poche pour faire face aux dépenses de Noël et de la Saint-Sylvestre. Même si on doit le faire, ce n'est plus pour acheter des vivres. Et c'est en cela que c'est un soulagement. Ici, rien n'a manqué. L'association a tenu sa promesse. Mais pour les années à venir, si elle peut nous gratifier d'un peu de macaroni, de bouillon ou autre chose, ce ne serait pas mauvais. L'essentiel est qu'elles ne fassent pas trop de bénéfice sur nous, qu'elle trouve les moyens pour nous attirer davantage. Je leur souhaite du succès dans cette entreprise ».

Bertrand HOUANHO

Dernière modification lejeudi, 22 décembre 2016 05:57
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