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Pour parricide : Aliou Manou Soumaï écope de 20 ans de réclusion criminelle

justice

Poursuivi pour le chef d’accusation de parricide, Aliou Manou Soumaï a écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Ainsi en a décidé la cour de céans présidée par Moussa Adamou assisté de Arlen Dossa-Avocè et de Marius Ogou, après en avoir délibéré conformément à la loi. Aliou Manou Soumaï doit passer encore 8 ans en détention avant de recouvrer sa liberté, parce que placé sous mandat de dépôt depuis 2006.

Sabiou Sare Guogué et Sabi Yandoko Gado qui sont respectivement poursuivis pour non dénonciation de crime et recel de criminel devraient comparaître avec Aliou Manou Soumaï. La cour a, par un arrêt avant dire droit, procédé à une disjonction de leur cas de celui de Aliou Manou Soumaï après constat de leur absence à la barre, malgré les diligences accomplies par le parquet général pour leur comparution.

Résumé des faits

Aliou Manou, un peulh d’origine nigérienne résidant à Yankpan-Bouyankou, dans la commune de Banikoara, avait confié ses bœufs à son fils Aliou Manou Soumaï pour le pâturage.

Parti pour paître les bœufs de son père, Aliou Manou Soumaï n’est revenu que 16 février 2006, quelques jours plus tard. Etonné de l’attitude de son fils, Aliou Manou a décidé, dans la même nuit d’aller contrôler l’état de ses bœufs accompagné de son fils Aliou Manou Soumai.

En route, Aliou Manou Soumaï a assené des coups de bâton à son père qui a rendu l’âme sur-le-champ avant de revenir seul à la maison.

Etonnée de voir son fils revenir seul, Mama Mariam a interpellé ce dernier pour savoir où se trouvait son père.  C’est alors qu’il a conduit sa mère vers le corps de son père à qui il a donné volontairement la mort.

Mama Mariam, âgée de cinquante ans environ, a envoyé un émissaire informé Sabi Yandoko Gado, imam de leur campement, du décès de son mari. L’imam, à son tour, a porté l’information à Sabibou Sare Guogué, le conseiller du village Bouyankou qui a ordonné l’inhumation du corps sans informer au préalable les unités d’enquête préliminaire de Banikoara de l’affaire.

Aliou Manou Soumai, en fuite, s’était rendu de nuit au domicile d’Oumarou Boukari, mari à sa sœur, à qui Mama Mariam avait confié la garde des bœufs du feu Aliou Manou pour s’emparer de ceux-ci.
Appréhendé par ce dernier, Aliou Manou Soumaï, ligoté, a été conduit au domicile de l’imam Sabi Yandoko Gado et confié à celui-ci. Au petit matin du lendemain, Aliou Manou Soumaï n’y étais plus.

Les débats

L’accusé Aliou Manou Soumaï déposant à la barre, a reconnu avoir porté de coups de bâton à son père. Mais il précise que c’est dans l’intention de défendre son géniteur de l’attaque de la vache qui avait mis bas dont ce dernier gardait le petit. Il n’a jamais voulu donner la mort à son père. Il a varié dans ses déclarations à la barre par rapport aux circonstances de survenue du drame, comparativement à ses déclarations à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.

L’avocat général Léon Pape Parfait Yéhouénou, après un rappel des faits de la cause, a indiqué à la cour que l’accusé Aliou Manou Soumaï, bouvier est poursuivi pour le crime de parricide. Le parricide qui est le fait de donner la mort à ses ascendants en lien direct ou en lien collatéral. Il fait observer que trois conditions sont nécessaires pour la constitution de cette infraction. Il s’agit de l’élément légal, matériel et intentionnel. Pour l’élément légal, il a évoqué les dispositions des articles 295, 299 et 302 du Code Pénal. L’élément matériel est constitué d’actes positifs qui ont atteint le résultat voulu par l’agent pénal, en l’espèce, l’accusé a reconnu avoir porté de coups de bâton à la victime et la mort s’en est suivie, la victime a été identifiée comme son père. Quant à l’élément intentionnel, elle se résume à la volonté ferme de tuer. Une affaire de bœufs oppose l’accusé à son père, qui est pressé de jouir de l’héritage. Les trois conditions étant réunies, l’infraction est constituée. Pour établir l’imputabilité de l’accusé qui emporte sa responsabilité, le représentant du ministère public, s’est basé sur le rapport d’expertise médicale, psychiatrique et psychologique de l’accusé, qui est un sujet sain qui ne souffre d’aucune altération de ses facultés, par conséquent accessible à la sanction pénale. C’est au bénéfice de ces observations et tout en ne trouvant aucune circonstance atténuante à l’accusé, que l’avocat général a requis que la cour déclare l’accusé coupable de parricide et le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.

Me Ahouménou E. Michel, conseil de l’accusé a fait observer que le ministère public demande la perpétuité pour quelqu’un qui n’a personne et qui souffrait d’une démence passagère au moment des faits. Pour lui, si l’expertise médicale, psychiatrique et psychologique avait été réalisée dans les temps voisins de la commission de l’infraction, elle aurait permis de relever cela. Mieux, son client a donné le coup sans intention de tuer son père. La défense a plaidé pour une disqualification des faits de parricide en meurtre parce que le parricide n’est pas constitué à cause de l’absence de l’intention coupable. Il a sollicité la clémence de la cour pour une application bienveillante de la loi à l’égard de son client pour qui, il a demandé qu’il soit condamné au temps déjà passé en détention.

Albérique HOUNDJO
(Br Borgou-Alibori)

Dernière modification lejeudi, 07 juin 2018 05:25
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