TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

Banniere web 728x90px-01

A+ A A-

La photographie : Entre disparition et adaptation face aux menaces

photographie

Considérée comme mémoire voire souvenir, la photo garde toujours sa place lors des évènements, quelle que soit sa nature. Cependant, il se trouve que les photographes sont désormais de moins en moins sollicités pour des prises de photos lors des manifestations diverses. Conséquence, des ateliers ferment et les acteurs abandonnent le métier. Pourquoi cet état de chose ? Enquête...

17h 38 minutes. La plage Erevan de Cotonou accueille ce samedi 21 avril 2018, un effectif non négligeable. Certaines personnes se regroupent sous des paillotes érigées le long de la berge et festoient, en compagnie de musique, micros,  glacières de mets et cartons de boissons en canette, par endroit. Un peu plus loin, des visiteurs concentrent leur énergie sur les vagues de la mer et contemplent ainsi l’air de cet environnement vivifiant. Malgré la pluie qui menace, d’autres s’affairent pour se prendre en photo et filmer les siens, à l’aide des Smartphones. Ils n’ont visiblement pas besoin de photographes qu’ils soient amateurs ou professionnels, pour les aider à garder un souvenir du moment qu’ils passent, comme le fait savoir Timothée Azon, jeune étudiant  venu pour une rencontre des membres d’un groupe whatsapp. « Comme vous le constatez, nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir ici, pour commémorer les deux ans d’anniversaire de notre groupe de détente sur whatsapp. A voir les dépenses que nous avons faites en cotisant pour acheter à manger et à boire, on n’a plus besoin d’un photographe ou d’un cameraman, pour nous faire des photos. Avec nos portables, on va faire les photos et  les développer au laboratoire si nous le voulons », affirme-t-il, d’un ton souriant. D'autres auréolent les photos prises avec Smartphone au détriment de celles faites par les photographes avec leur appareil photo, à cause de la netteté et de l'archivage, comme l'explique  Elodie Kponnou, étudiante en droit venue à la plage en compagnie de son tourtereau. Pour elle, les photos faites avec un Smartphone sont plus claires et posées que celles des photographes et peuvent être archivées sur un support numérique, pendant des années, alors que celles imprimées sur des papiers par ces photographes finissent par se fatiguer.

Du coté des photographes dont le métier est menacé de disparition, le manque à gagner que leur crée le téléphone portable est considérable. « Avec l’avènement des Smartphones, on ne trouve plus rien. Entre temps, nous étions souvent sollicités sur des parcs de vente de véhicules d’occasion, pour faire des prises de vue à des véhicules. Aujourd’hui, ce trou est fermé. C’est rarement qu’on nous sollicite désormais pour venir travailler lors des cérémonies. Les seules choses que les utilisateurs des Smartphones nous ont laissés faire pour l’instant sont les photos d’identité et de passeport. C’est essentiellement ça qui fait qu’on garde encore le titre de photographe. Personnellement, j’ai fermé mon studio après 6 ans, car je n’arrivais plus à honorer mes engagements, vis-à-vis du propriétaire du lieu. Je mène actuellement d’autres activités pour pallier la situation », confie Edouard Adambadji, photographe rencontré à Ekpè.

Nécessité de s'adapter  

En dehors de la reconversion professionnelle, d’autres palliatifs existent et peuvent aider ces désœuvrés à gagner leur vie, tout en exerçant le métier qu’ils ont appris. C’est ce que fait comprendre Honoré Constant Dègbo, photographe professionnel, formateur et promoteur d’un laboratoire de développement de photos à Akpaka Dandji.  « J’ai aussi été un amateur du domaine pendant 15 ans, avant de devenir professionnel lorsque j’ai senti le déclin du métier, à cause des téléphones portables. Je ne me plains plus trop, après que j’ai actualisé mes connaissances. Je suis à nouveau sollicité sur des lieux de manifestations, car je fais désormais un travail de professionnel. Mes frères qui se disent photographes doivent faire des cours de recyclage et de remise à niveau, aux fins de se mettre au pas.  Avec le développement de la science, il ne suffit plus à quelqu’un de maitriser un appareil photo ‘’kodak’’ obsolète, et de se dire photographe. Désormais, j’utilise par exemple des appareils comme ‘’Canon’’ dernière génération, pour travailler. Les amateurs font une pause à 300f ou 400f alors que moi, je fais une pause de trois clichés à 2.000f. La différence est que nous pouvons mettre sur la photo une marque et un décor, choisis par le client. Une réalisation faite sur place et ce, en version numérique et papier, contrairement à un amateur qui manque d’outils de travail et  qui n’offre que la version papier, sans esthétique. Ils le font ainsi car malheureusement, beaucoup parmi eux ne maitrisent guère l’outil informatique à cause de leur niveau d’étude et de ce fait, sont incapables de se faire former, dans des centres de formation spécialisés. Les gens font désormais plus confiance aux professionnels. J’ai compris la difficulté de mes frères et j’ai fait des prêts, pour ouvrir un centre de formation professionnelle et de remise à niveau, mais je n’ai enregistré qu’un seul ancien du domaine. Les autres sont venus fraichement de collèges. Ils préfèrent rester dans leur amateurisme. Pour tout dire, les Smartphones sont venus revaloriser le métier de photographe car, un professionnel gagne désormais bien sa vie, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans », laisse-t-il entendre. La photographie, aussi vielle qu’elle soit comme profession  fait donc aujourd’hui face à une révolution qu’imposent les nouvelles technologies, surtout avec l’avènement des Smartphones. Pour continuer  d’exister et gagner son pain, la professionnalisation et l’adaptation des acteurs s’imposent car, rien n'est statique, tout évolue et tout change.

 Janvier Gbedo (Stag)

Dernière modification lejeudi, 26 avril 2018 05:20
Connectez-vous pour commenter
Retour en haut

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !