TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

MTN COUVERTURE 4G BILLBOARD 970x250-px-01

A+ A A-

Economie

Révolutionner la banque commerciale au Bénin par le digital : « Sans une action décisive, les banques risquent d'être coincées avec une distribution coûteuse et inflexible »

economie

Bonjour M. Chaffa, les lecteurs vous attendent aujourd’hui pour finir la série d’interventions sur le modèle économique. Mais apparemment, vous allez nous entretenir sur un autre sujet.

- Mr Chaffa : Effectivement, nous avons été beaucoup sollicité pour intervenir sur la nécessité pour le secteur bancaire de se numériser, les opportunités de cette aventure et les dispositions techniques qu’il doit se préparer à prendre afin de bien manœuvrer ce tournant décisif. Ceci étant , je voudrais présenter mes excuses les plus sincères a tous mes amis et lecteurs et je confirme que nous reviendrons bientôt sur le modèle économique

M. Chaffa, une question bête, pourquoi une banque doit-elle se numériser aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela lui apporte concrètement ?

- Je ne voudrais pas rappeler ici l’importance d’une banque dans la gestion du flux financier dans un pays, et l’énorme impact que cela a sur l’économie. La banque est concue à la base pour servir la société et par conséquent lorsque la société se meut la banque a le devoir de répondre à ses besoins. Aujourdhui un bon banquier n’est pas quelqu’un qui nécessairement sait compter mon argent, le garder au frais, et me le retourner lorsque j’en ai besoin. Un bon banquier, c’ est celui qui peut m’offrir des services qui sont adaptés à ma vie quotidienne qu’elle soit entrepreunariale, sociale ou familiale. Un banquier formidable c’est le banquier qui sait anticiper sur mes besoins, concevoir un produit ou service qui répond spécifiquement à ce besoin en m’offrant une expérience clientèle personnalisée. Prenons un exemple simple, vous passez parfois plus d’une heure dans une queue à la banque juste pour retirer un chèque. Si la banque était sensible à nos réalites, elle devrait pouvoir m’alléger la tâche et me permettre de gagner du temps en me faisant faire cette transaction depuis ma maison sur mon téléphone mobile, ou depuis mon bureau sur mon desktop.  Une bonne banque aujourd’hui  doit pouvoir innover. C’est le minimum qu’un citoyen moderne peut attendre de sa banque que cela soit au Bénin, au Tchad, en Inde ou aux Etats Unis.

Justement Mr Chaffa, vous avez eu plusieurs expériences dans le domaine de l’entreprise et de la technologie en Inde, aux Etats Unis et même d’autres pays africains comme l’Ouganda. Dites-nous un peu comment la banque se transforme  ailleurs et les perspectives qui en sont attendues

La transformation numérique de la banque commerciale a eu lieu jusqu'à présent en deux étapes - mais le plus passionnant et révolutionnaire ne fait que commencer. L'ancien modèle de la banque de détail, comprenant des processus bancaires lourds avec des chaînes numériques pour les transactions, ne fonctionnera plus. En conséquence les banques devront apporter des modifications à l'ensemble de leurs canaux de distribution. Je crois que les principales évolutions sont les suivantes:

•    Les Réseaux de succursales ou d’agences seront radicalement transformés en points de ventes et conseils -ils seront 20 pour cent plus productifs qu'aujourd'hui et leurs coûts seront de 50 pour cent inférieurs.
•    Les chaînes numériques seront conçues pour créer une expérience «wow» pour l'utilisateur, capturant ainsi la totalité des ventes de ces chaînes de potentiel
•    Les centres d'appel vont devenir un canal professionnel rentable dans lequel la technologie de vidéo est de plus en plus utilisée. Il en résulte que 15 pour cent des demandes de service seront typiquement convertis en ventes.
•    Les banques vont gérer ces différents canaux afin que le service du point de vue du client soit sans faille et complet et du point de vue des banques, elles récupèrent   des ventes qui sont au fil du temps en train de disparaître.
•    Sans une action décisive, les banques risquent d'être coincées avec une distribution coûteuse et inflexible. Pour commencer le voyage, la haute direction devrait se pencher sur les paramètres et la gouvernance d'une manière branche moins centralisée et devrait lancer une série de mini-multicanaux transformations à l'intérieur et à travers les différents canaux.

Peut-être que pour mieux comprendre de quoi vous parlez exactement, il faudrait que vous nous donniez un aperçu de la transformation du système de distribution de la banque commerciale

•    1980-2000 – C’était la période, de la numérisation des paiements. En cette période les distributeurs automatiques de billets, des cartes et des paiements en ligne remplacent les paiements sur support papier. Les banques ont cherché à saisir de nouvelles opportunités de réduction de coûts et atteindre des clients qui étaient auparavant exclus du système bancaire traditionnel. Toutes les banques ont terminé cette partie du «voyage».
•    de 2000 à 2010 nous sommes passés a  la numérisation des services bancaires de base. Au cours de la première décennie du 21è siècle, la plupart des clients a commencé à être en mesure d'accéder à leurs banques à distance 24/7 pour l'essentiel des activités à faible valeur ajoutée. C’était plus commode pour les clients et coûteux pour la banque. Cette partie du voyage n’est pas encore complète, mais la plupart des pays occidentaux et asiatiques sont bien avancés sur cette route.
•    de 2010 a 2015 – il a fallu élever le niveau et numériser complètement le secteur bancaire avec une touche humaine. Les banques commencent seulement à fournir l'expérience client ultime, à savoir la numérisation des ventes et service après-vente combinée avec des interactions en face-à-face pour les produits plus complexes. Grâce en partie au développement des services bancaires mobiles, les ventes de produits négociés soit en ligne ou influencés par le marketing en ligne devraient à moyen terme se développer au point où ils représentent environ 60% du chiffe d’affaire total.

M. Chaffa, dans la suite de cette discussion, nous allons discuter de ce qui est impliqué dans la troisième partie du voyage numérique, et vous devez nous dire la façon dont une banque peut se transformer.

Prenez le système de La distribution par exemple

J’estime que la banque commerciale  typique d'ici 2016 devrait avoir subi un changement radical dans son mix de distribution et aura les caractéristiques clés suivantes:

• Moins de branches, entièrement numériques avec une touche personnelle

Le seul processus «un seul clic» permettra aux clients d'obtenir des informations clés, commander des produits clés et de les payer avec leur carte multifonction smartphone et sur iPad. En conséquence 99% des transactions et des demandes de service seront traités numériquement, ainsi que la majorité des clients potentiels. Lorsque les clients veulent parler à quelqu'un à la banque, ils vont interagir par téléphone ou VC, et la banque fera le lien avec les clients haut de gamme à la maison. Le Réseau des agences branches sera plus adapté aux besoins du client qu'à l'heure actuelle, avec une gamme de différents formats de branche en fonction des profils et besoins des clients dans chaque emplacement (tout de même  sans pilote entièrement automatisée pour les points de service complets). Les changements, qui permettront de créer un profil de distribution radicalement différente, pourraient libérer de 30-50 pour cent des coûts et d'augmenter les ventes jusqu'à 20 pour cent.

• Plus adaptés aux besoins individuels

Les produits et services offerts par les banques seront adaptés, la fourniture de services multiples à valeur ajoutée à ses clients avec des campagnes de marketing ciblées en fonction de données CRM riches. Ces initiatives vont augmenter des pistes de haute qualité et la conversion de prospects en nouveaux clients. Les banques devront multiplier leurs  marques en ligne de façon unique  afin d'attirer différents sous-segments de clientèle et vont se différencier entre eux sur les prix et le service. Plusieurs banques poursuivent déjà cette stratégie: aux Pays-Bas, par exemple, dans le sillage de sa stratégie d'étiquettes multiples sur différents secteurs, la part des produits d'épargne sur le marché de SNS Bank a augmenté de 7% à 10% en trois ans.

• Processus de plus en plus complexes

Un nombre croissant de canaux et de différentes plates-formes de distribution numérique (par exemple, Apple et Android) vont créer d'énormes complexités du processus, en particulier compte tenu de la façon dont les clients utilisent de plus en plus de multiples canaux, tout en attendant que le processus soit transparent.

• Amélioration de la rentabilité (pour ceux qui comprennent l’enjeu)

Les ratios financiers de la banque seront beaucoup plus attrayants que ce qu'ils sont aujourd'hui. Il devrait être possible de réduire les coûts de structure de 20-40%, principalement en raison de coûts de distribution et de changements dans la composition de distribution qui permettent de réduire les opérations et les coûts indirects. L'accroissement des investissements sera nécessaire dans les nouvelles technologies, dont les coûts peuvent être compensés par des économies sur les systèmes existants. Le développement du chiffre d'affaires de la  banque commerciale  dans  l'avenir est plus incertain et dépendra principalement sur le comportement concurrentiel.

L'ampleur de la transformation imminente devient claire lorsque l'on compare l'avenir de cette banque commerciale avec le profil de la banque commerciale moyenne aujourd'hui. La transformation exigera une réduction substantielle des coûts de la branche, une rationalisation des processus de bout en bout et dans la plupart des cas, la construction de nombreux composants numériques sont toujours portées disparues. Ne pas le faire, je crois, n’est tout simplement pas une option étant donné la gamme de nouveaux concurrents, les acteurs non-bancaires notamment, qui entrent sur le marché.

NB : Lisez dans notre prochaine parution la suite de cette interview, sur le présent thème.  Rendez-vous  mardi prochain.

En savoir plus...

Dossier Pvi/Ng : Les avocats de Bénin control Sa appellent le gouvernement à la sagesse

benin-control

Bénin Control Sa a invité le gouvernement béninois à suspendre la nouvelle procédure d’adjudication en cours dans le dossier Programme de vérification des importations/Nouvelle génération (Pvi/Ng). A la faveur d’une conférence de presse animée vendredi 07 novembre 2014 à Cotonou, Mes Charles Badou et Elie Vlavonou Kponou, membres du collège des avocats de ladite société, ont appelé les dirigeants à éviter la catastrophe aux finances publiques.

Dans le dossier Pvi/Ng, le gouvernement joue avec le feu et risque d’entrainer des conséquences fâcheuses pour les Finances publiques selon les avocats de Bénin Control Sa. Alors que ledit dossier est pendant devant la Cour commune de justice et d’arbitrage (Ccja) de l’Ohada, l’Exécutif a décidé en octobre dernier en Conseil des ministres d’ouvrir une autre procédure d’adjudication. A en croire Mes Charles Badou et Elie Vlavonou-Kponou, avocats de Bénin Control Sa jusque-là exécutant du Pvi/ Ng, l’Etat fait actuellement des choix dangereux. A les entendre, la Ccja est saisie pour connaître d’une première sentence qui oblige l’Etat à rétablir Bénin control Sa dans ses droits ou sera contraint de payer 129 milliards F Cfa qui pourraient être assortis d’astreintes comminatoires. « En attendant la décision de la Ccja, on veut inviter le gouvernement à ne signer aucun contrat portant sur le Pvi/Ng. Nous voulons l’appeler à laisser les choses en l’état… Nous l’appelons à la sagesse», a déclaré Me Charles Badou. Selon lui, «la conférence de presse citoyenne» donnée ce vendredi a pour objectif de donner l’alerte afin d’éviter le désastre aux caisses publiques. Il a par ailleurs souligné que Bénin control Sa peut recouvrer les 129 milliards de dédommagements au cas où la Ccja confirmera la sentence arbitrale. Mieux, Me Elie Vlavonou-Kponou a laissé entendre qu’au cas où la Ccja infirmera la sentence, Bénin Control Sa pourra bien reprendre la procédure en retournant en arbitrage.

Il faut rappeler qu’en janvier 2011, Bénin Control Sa dont l’homme d’affaires Patrice Talon est l’actionnaire majoritaire avait été désigné par le gouvernement pour l’exécution du Pvi/Ng. La société faisait la vérification avant embarquement des biens importés au Bénin, pour le compte de l’Administration des douanes. Mais ce contrat avait été unilatéralement suspendu par le gouvernement en mai 2012. Et Bénin Control Sa et ses avocats ont choisi de se plaindre devant la Ccja de l’Ohada.

Allégresse SASSE

En savoir plus...

Invité sur l’émission « Zone Franche » : Is Dine Bouraïma se satisfait du classement Doing Business 2015 et parle de l’Apiex

dg-gufe

Un jeune trio sur les écrans de la télévision Canal 3 Bénin ce dimanche 09 novembre 2014. D’un côté les journalistes André Dossa et Landry Salanon. De l’autre, le jeune Direcetur général du Guichet unique de formalisation des entreprises (Gufe). Is Dine Bouraïma a présenté la structure qu’il dirige depuis 2007, les réalisations et les perspectives du Gufe. La récente amélioration du rang du Bénin dans le classement Doing Business 2015 a focalisé l’attention de l’invité de Canal 3 qui s’est réjoui du rôle joué par sa structure dans cette évolution.

Depuis quelques temps, on peut créer sa société en moins de 8 heures à coût réduit et avec moins de tracas. Sur le plateau de Canal 3, ce dimanche 09 novembre, le Directeur général du Guichet unique de formalisation des entreprises (Gufe) a rappelé cette révolution à l’actif de la structure qu’il dirige. Dans la présentation du Gufe, on retient des propos de Is Dine Bouraïma que cet organisme de l’Etat est placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du commerce et que son rôle est de contribuer à la facilitation des procédures pour la création d’entreprises au Bénin. C’est justement, la mise en oeuvre de plusieurs réformes, dont la réduction du délai et des coûts de création d’entreprise, qui ont valu au Gufe d’engranger 56 points selon les critères du classement Doing Business. La conséquence directe de cette performance a naturellement été le bond effectué par le Bénin dans le dernier classement 2015 de Doing Business. Du 167ème rang en 2014 en effet, le Bénin est classé 151ème par la Banque mondiale dans le Rapport Doing Business 2015. C’est un bond qualitatif de 16 places dû à la célérité observée dans la création d’entreprise au Bénin. Le Directeur général du Gufe a situé la création du Centre de formalités des entreprises (Cfe) de la Ccib en 1997 et le présente comme l’ancêtre du Gufe. C’est en 2007 qu’une évaluation aboutie en 2009 sous l’impulsion du premier compact du Mca a préconisé l’autonomie organisationnelle du Cfe qui, grâce à un décret a abouti en 2012 à la mise en place du Gufe. Sept antennes départementales contribuent à la visibilité du Gufe dont le Directeur général n’écarte pas la possibilité de création de points focaux et l’organisation périodique de journées foraines pour rapprocher la structure des créateurs d’entreprises. Car, Is Dine Bouraïma nourrit de grandes ambitions pour le Gufe qui entend oeuvrer à l’harmonisation des coûts de création des entreprises sur toute l’étendue du territoire national.

Vers la mise en place de l’Apiex

A l’occasion de sa sortie médiatique sur Canal 3 Bénin, le Directeur général du Gufe a levé un coin de voile sur une autre mutation qui vise sa direction. Il s’agit de la mise en synergie de différentes structures dont l’Agence béninoise de promotion des échanges commerciaux (Abepec) et le Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi) pour une fusion qui donnera l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (Apiex). Is Dine Bouraïma qui s’est déjà rendu dans certains pays de la sous-région pour des échanges d’expériences, sait comment se gère une agence pareille dont se dotera bientôt le Bénin. Sans être péremptoire et dans un style empreint d’humilité, Is Dine Bouraïma dira à ses vis-à-vis qu’il est bien intéressé et capable de conduire la future structure si les autorités compétentes lui en confiaient la gestion.
La politique agricole, les récents événements au Burkina Faso sont quelques autres préoccupations abordées par le Directeur général du Gufe qui encourage les jeunes à entreprendre et opter pour l’auto-emploi.

Yves-Patrick LOKO

En savoir plus...

Lutte contre la corruption et renforcement du partenariat public/privé : Le ministre Koutché assoit deux commissions

koutche

Plus de crainte à avoir pour les éventuels litiges qui pourraient naître des suites de redressements effectués par la Direction générale des impôts et des domaines (Dgid). La commission des impôts s’en charge désormais, et tout contribuable qui ne serait pas d’accord avec les conclusions des redressements à lui faits, peut se porter devant cette commission. Il en est de même pour les conflits liés à la fixation des valeurs qui seraient dans les actes soumis à la formalité de l’enregistrement. Lorsque l’administration exerce son pouvoir pour corriger les montants qui seraient dans ces actes qui doivent servir de base pour le calcul du droit d’enregistrement, le contribuable qui ne serait pas d’accord pourrait également porter le contentieux devant la commission de conciliation en matière de formalité d’enregistrement. Les deux commissions ont été installées dans leurs fonctions respectives, vendredi 31 octobre 2014, au ministère des Finances par l’Argentier national, Komi Koutché. Dans ces deux commissions, l’une de 11 membres et l’autre de 10 membres, l’administration et le secteur privé sont représentés de façon paritaire. Pour être plus précis, chacune des commissions est constituée de représentants du ministère des Finances, de la Dgid, de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib), du Patronat, de la Chambre d’agriculture et des différents Ordres professionnels (Ordre des experts comptables, des géomètres, etc.)  et pourra siéger selon la nature du dossier. Pour le ministre Komi Koutché, avec ces deux commissions, le Bénin renforce ainsi son dispositf de lutte contre la corruption et son approche de partenariat public-privé (Ppp), toutes choses qui militeraient en faveur de l’obtention du second compact du Millennium challenge account.

Mike MAHOUNA

En savoir plus...

Planification stratégique d’entreprise : Différence entre Business Plan et Business Model

management

Une étude récente a prouvé que tous les chefs d’entreprise qui prospèrent sont tous d’une manière ou d’une autre engagés dans une sorte de planification d'entreprise. Que cela soit à l’étape de l'identification de la nouvelle stratégie de marketing ou la planification d'une campagne de fidélisation de la clientèle, les stratégies d'affaires doivent être orientées autour du plan d'affaires et du modèle économique pour obtenir un niveau de succès global assez satisfaisant.
La réelle question n’est donc plus la nécessité de faire de la planification. Le plus gros challenge pour les chefs d’entreprises Africains, est d’utiliser les outils appropriés pour définir une stratégie innovante qui conquiert le marché de manière révolutionnaire ou redéfinir leurs secteurs d’activités.
Le plan d’affaires et le modelles économique restent deux outils importants dans la planification stratégique d’une entreprise. Seulement, beaucoup de chefs d’entreprise, de managers, d’entrepreneurs et même d’étudiants de nos écoles de commerce font la confusion de ces deux outils.
Nous sommes allés vers M. Chaffa, Conseiller en stratégie d’innovation et de solutions digitales, afin qu’il revienne sur cette nuance et apporte un éclairage sur ces deux notions que les acteurs clés de monde de l’entreprise doivent maîtriser parfaitement pour rédiger leurs business plans avant d’aller voir des financeurs.

Bonjour M. Chaffa, l’article de la semaine passée a porté sur l’innovation du modèle économique. Certains de vos lecteurs se demandaient si vous parliez du plan d’affaires  communément appellé “business plan”. Dites-nous, est-ce que le business model (modele économique est different du business plan (plan d’affaires)?
 
Premièrement, je voudrais remercier Matin Libre de m’offrir cette plateforme unique pour m’exprimer sur des sujets pour lesquels les journaux de la place n’accordent presque aucune importance parce que généralement c’est la politique qui nourrit le journalisme au Benin. Donc merci à vous d’apporter de l’innovation et je voudrais vous dire que vous n’avez pas droit à l’échec car les jeunes béninois d’ici et d’ailleurs vous observent de très près.
 
Pour revenir à votre question, oui il existe bien une différence claire et nette entre le modèle économique et le plan d’affaires.
 
Le modèle économique est le mécanisme par lequel la société génère ses profits alors que le plan d'affaires est un document présentant la stratégie de l'entreprise et la performance financière prévue pour les années à venir. Comme vous pouvez le voir, le modèle économique est au centre du plan d'affaires.
 
Le modèle économique décrit comment la société est positionnée dans la chaîne de valeur de son secteur, et comment il organise ses relations avec ses fournisseurs, clients et partenaires afin de générer des profits. Le plan d'affaires traduit ce positionnement dans une déclinaison concrète, opérationnelle et chiffrée du business model. Il prend la forme d’un document formel de présentation de la stratégie de l’entreprise, de la vision du dirigeant, de comment sera implémenté le business model, de sa situation financière future (bilan prévisionnel) et de l’activité (compte de résultat prévisionnel) de l’entreprise.
Dans l’ordre, l’entrepreneur commence un travail de réflexion, de diagnostic et de synthèse pour concevoir un business model. Ensuite, il planchera sur son business plan qui viendra valider le business model grâce à des hypothèses et des données chiffrées.
 
En quoi est-il vraiment utile de se pencher sur un modèle économique. On peut bien faire un business plan et lancer le produit …?
 
Je remarque que beaucoup de chefs d’entreprises et entrepreneurs minimisent l’importance du modèle économique et se focalisent plus sur le plan d’affaires. Le modèle économique est la piece centrale du plan d’affaires. Par consequent , vouloir élaborer le plan d’affaires sans le modèle économique c’est comme si on voudrait construire une maison sans la fondation
 
Pour le chef d’entreprise ou le manager, le business model vous aidera à :

•    Clarifier votre offre, le besoin et la problématique auxquelles la proposition de valeur répond
•    Connaître votre segment de marché et de clientèle
•    Prendre conscience de votre facteur différentiant et innovant par rapport à l’existant sur le marché
•    Mettre en évidence les générateurs de revenus et la rentabilité résultante
•    Se préparer à bien communiquer sur votre projet : une présentation claire et synthétique sans détails techniques

Pour vos partenaires: investisseurs, banquiers, fournisseurs, prescripteurs :

•    Fournir des éléments pour comprendre l’enjeu du projet : vendre quoi, à qui, comment…
•    Apporter une vision globale du projet orientée sur l’utilité
•    Donner une lecture immédiate de la valeur ajoutée
 
M. Chaffa, existe t-il des exemples de modèle économique courants que vous pouvez énoncer ici et éclairer un peu nos lecteurs?
 
Un des modèles les plus ancestraux est celui de la production de produits ou services. Déjà, l’homme en se sédentarisant a vécu de sa production (agriculture, élevage…). C’est une création de valeur dans le but de la consommer grâce aux capacités physiques et intellectuelles de l’homme. Au cours du temps, l’industrialisation a consisté à augmenter la production par personne.
Le modèle de la distribution est aussi un modèle ancien et encore classique aujourd’hui. Il consiste en outre à vendre ce qui a été produit (des biens ou des services). C’est celui du commerce, en direct vers le consommateur final, ou en tant qu’intermédiaires (grossiste)
Le modèle low-cost est souvent dérivé du modèle de la distribution, mais pas exclusivement. Citons par exemple : les compagnies aériennes Ryanair et Easyjet ou les chaînes d’hôtels Formule 1, ou encore le modèle de Ikéa. Mixte entre le modèle de distribution et celui du low-cost. Il repose sur le contrôle des coûts à chaque niveau de la chaîne pour des prix inférieurs à ceux de la concurrence. Ikea grandit et fidélise sa clientèle en la sollicitant : le self-service en grande surface avec des clients qui montent eux-mêmes leurs meubles. La vente à domicile est aussi un dérivé à mi chemin entre le modèle de distribution et celui du low-cost avec le très célèbre exemple « Tupperware », depuis copié pour beaucoup de produits.
Le modèle de désintermédiation est aussi dans une logique de réduction de coûts en supprimant les intermédiaires de la chaîne de production ou de distribution. Internet en a permis un fort développement :  agences de voyage en ligne, Amazon, PriceMinsiter, un dépôt-vente internet...
Le modèle de commissionnement ou réintermédiation fait à l’inverse réapparaître des intermédiaires pour produire, vendre, distribuer des services ou des produits d’une autre entreprise. En contrepartie, un pourcentage du chiffres d’affaire est récupéré sous forme de commission. Ce sont par exemple : les agents d’assurances, les sites de ventes privées, les concessionnaires auto, les comparateurs de coûts sur internet, les sites de vente ultra-spécialisés…
Encore, un autre modèle où le revenu est généré grâce à un abonnement donnant accès à un produit ou un service. C’est le cas d’un journal par exemple. En sont issus aussi les opérateurs téléphoniques avec  en plus une facturation de consommation effective. Et encore le e-commerce par abonnement avec de jolis succès
Nous pourrions encore citer le modèle de location, le modèle « Imprimante », et le célèbre Nespresso qui en découle, le financement par la publicité.
Enfin, nous pouvons citer le modèle Freemium, un modèle du web récent, apparu en 2006, qui propose gratuitement un service de base, limité dans le temps, en volume de données ou en fonctionnalités. Les revenus sont générés grâce à la montée en gamme, la levée des limitations. C’est la version Premium. Tels sont les modèles de Viadeo et Linkedin.
 
Avez-vous un dernier conseil de lecture ?
 
Business Model: Nouvelle génération, de Alexandre Osterwalder est un manuel visionnaire et pratique pour les entrepreneurs, les dirigeants, à tout l’écosystème startup et innovation… avec des business model, des représentations graphiques, une méthode par blocs pour décrire n’importe quel modèle économique. Retenons aussi ses moyens pour communiquer sur son business modèle grâce à une description visuelle. Le business model est l’élément clé du business plan pour passer d’une idée ou d’un concept à une entreprise viable dans le temps, pérenne et rentable. Il réclame de pouvoir prendre du recul sur son activité, d’organiser sa réflexion, de structurer ses idées et de s’entourer de personnes qui joueront le rôle de miroir.
 
La semaine prochaine, nous parlerons de “Comment créer un modèle économique innovant”?

En savoir plus...

Rencontre Mefpd-parlementaires vendredi dernier : Les innovations du projet de la loi des finances 2015 saluées

finances

(Le ministre Koutché préoccupé par le respect de la loi organique)
En prélude au vote du projet de loi de finances exercice 2015, une séance de travail a eu lieu entre le gouvernement et le parlement sur l’état de mise en œuvre de la loi organique N°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois des finances dans le projet de la loi des finances pour la gestion 2015.  La rencontre présidée par le ministre des finances, Komi Koutché a eu pour cadre le Novotel Hôtel de Cotonou. C’était vendredi 31 octobre 2014.
Qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition, ils ont répondu massivement à l’invitation du gouvernement à travers l’Argentier national. A cette séance, Komi Koutché et ses invités de marque ont fait le point des innovations introduites dans le projet de loi de finances pour la gestion 2015 en application de la LOLF. Aussi, ont-ils passé en revue les difficultés enregistrées et les perspectives. La rencontre ayant été initiée à quelques jours de la session budgétaire, c’est donc à juste titre que le président de la Commission des finances et des échanges du Parlement, Grégoire Laourou a salué le ministre de l’Economie, des finances et des Programmes de Dénationalisation Komi Koutché pour l’initiative. Pour Grégoire Laourou, avec l’adoption de la loi organique N°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois des finances (Lolf), le Bénin a fait un pas important dans l’élaboration des lois de finances. Le budget de l’Etat est l’expression de la politique du gouvernement, un instrument de dialogue entre la classe politique, a confié le ministre Komi Koutché dans son intervention. Sur les grandes orientations du gouvernement pour le compte du budget 2015, le ministre  a brièvement rappelé les engagements importants qui ont été pris la Communauté internationale au cours de la Table ronde de Paris, pour accompagner le Bénin. Un accent a été donc mis sur l’importance de cette loi organique qui vient renforcer cette orientation budgétaire.

D’importantes innovations

C’est le Directeur général du Budget, Célestin HOSSOU a permis qui a été mandaté pour présenter aux participants, l’état de mise en œuvre de la loi organique N°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois des finances dans le projet de la loi des finances pour la gestion 2015. De ses explications, les parlementaires ont pu comprendre que la nouvelle loi organique relative aux lois de finances qui consacre une gestion budgétaire axée sur les résultats en lieu et place d’une gestion budgétaire axée sur les moyens est riche en innovations. La prise en compte de ces innovations, renforcée par le classement de certains instruments en opération budgétaire et en opération de trésorerie, l’intégration de certains éléments autrefois gérés directement hors cadre budgétaire par le trésor et par les premières retombées de la table ronde de Paris ont permis selon le directeur général de donner un nouveau visage au projet de loi de finances pour la gestion 2015 d’une part et d’autres part de porter son montant à 1.506.638 millions de Fcfa contre 1.127.502 millions de Fcfa en 2014. La présentation de la loi de finances suivant les dispositions des articles 10 et 30 de la LOLF qui font la distinction entre les recettes budgétaires et les ressources de trésorerie, l’introduction du tableau de trésorerie présentant les prévisions de ressources et de charges de trésorerie, la fixation des plafonds d’autorisations d’emplois rémunérés par l’Etat conformément aux dispositions de l’article 48 de la LOLF, la révision du canevas et du contenu du Plan de trésorerie prévisionnel de l’Etat en cohérence avec les impératifs et la saisonnalité des recettes et des dépenses en vue de l’amélioration de la gestion de la trésorerie de l’Etat…sont quelques-unes des innovations introduites dans le projet de loi des finances pour la gestion 2015. Le Directeur du budget a aussi mis en relief les difficultés rencontrées ainsi que les perspectives. Il faut tout simplement retenir que la profondeur et les domaines intéressés par les mutations en perspectives nécessitent une concertation permanente des pouvoirs publics pour une mise en œuvre réussie. La séance du vendredi dernier qui s’est déroulée dans une très bonne ambiance, est un bon signe pour le vote sans difficultés majeures du projet de loi des finances exercice 2015.

M.M.

En savoir plus...

Descente du ministre de l’Economie maritime à la Segub : Ruffin Nansounon salue les performances réalisées au Port

rufin-nansounon

Le ministre de l'Economie maritime et des infrastructures portuaires, Ruffin Orou Nan Nansounon a effectué une descente dans les locaux de la Société d’exploitation du guichet unique du Bénin (Segub), ce mardi, 28 octobre 2014. L’occasion pour le ministre de féliciter le personnel de la société pour sa contribution à la réalisation des nombreuses performances au port de Cotonou.

La Segub est un instrument de facilitation des échanges commerciaux. Grâce à son avènement,  le Port autonome de Cotonou s’est vu décerné la médaille d’or 2013 dans la catégorie « Technologies de l’information » par l’Association internationale des ports (Int’l association of ports and harbors). Ce prix qui récompense l’implantation et les performances du guichet unique dédié au Commerce extérieur a permis d’illustrer la position du Bénin comme étant un acteur de référence. Pour mieux gérer le guichet unique reposant sur une plateforme technologique sécurisée qui gère 24h/24 et 7j/7 les informations dématérialisées de tous les processus métiers du port, la Segub a intégré les systèmes métiers des agences gouvernementales (Douanes/Sydonia). Ce qui a conduit à une plus grande visibilité sur les recettes douanières, une gestion efficace de la chaîne logistique avec une réduction significative des délais de dédouanement des marchandises, un système de paiement facilité et sécurisé (Bordereau de frais unique) pour toutes les formalités du commerce extérieur via des banques sélectionnées et à l’animation d’une communauté d’acteurs du commerce extérieur rassemblée autour d’un outil performant. La descente du ministre Rufin Nansounon au Port lui a permis de s’imprègner des prestations de cette entreprise. Séduit par la qualité du travail, le ministre a félicité le Directeur général de la Segub et ses collaborateurs pour avoir apporté une contribution énorme à la réalisation des  performances au Port autonome de Cotonou depuis la mise en œuvre de la structure. Tout en rappelant que sa visite s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat public-privé dans notre pays, le ministre a rassuré le personnel de la Segub de sa disponibilité et de son soutien pour mener à bien sa mission. Pour le Dg/Segub, Thierry Verdier, ce succès revient en tout premier lieu au Président de la République, Docteur Yayi Boni, qui a su faire preuve d’une vision stratégique et mobiliser les énergies. Il a ensuite rassuré de la détermination de ses collaborateurs pour porter plus haut l’étendard du port autonome de Cotonou.

Aziz BADAROU

En savoir plus...

Doing Business 2015 : Nette amélioration du climat des affaires au Bénin

yayi-boni

Du 167è rang en 2014, le Bénin est classé 151è par la Banque mondiale dans le Rapport Doing Business 2015. Un bon qualitatif de 16 places. La plus forte progression du classement de cette année parmi les 189 pays évalués. Le pays a vraiment frappé puis qu’en 2012, il était 175e sur les 185 évalués. Aujourd’hui sur le plan régional et sous régional, le Bénin est 26è sur 53 pays en Afrique; 5è (sur 17) dans l’espace Ohada; 8ème (sur 15) au sein de la Cedeao et enfin 4ème (sur 8) dans l’Uemoa. Ces performances montrent clarement que le climat des affaires s’est nettement amélioré au Bénin.  C’était bien prévisible que le Bénin progresse de cette manière. En effet, beaucoup d’efforts ont été faits avec une communication intensive. Tout est mis en œuvre pour que la destination Bénin soit davantage plus facile, plus rapide et moins coûteux pour les affaires.
En effet, le Bénin a amélioré les formalités de délivrance du permis de construire à travers l’opérationnalisation du Guichet Unique de délivrance de permis de construire de la Mairie de Cotonou.
Pour la création d’entreprise, le processus  a été simplifié avec pour conséquence directe la réduction des délais et coûts. Le Gouvernement du Dr Yayi Boni qui s’emploie à accelerer le rythme des réformes en cours, Bénin a amélioré le climat des affaires en facilitant la création d’entreprises par l’adoption de textes visant à simplifier le processus de formalisation des entreprises, notamment la suppression de l’obligation de constitution d'un capital social minimum et du recours au notaire lors de la création des Sociétés à Responsabilité Limitée (SARL), la réduction des coûts et durée de formalisation des entreprises.
Des actions ont été aussi menées dans le secteur de l’accès à l’eau, de l’électricité, au téléphone filaire.
A chaque niveau, des avancées sensibles ont été observées.
Par ailleurs, le Gouvernement béninois a procédé au lancement officiel du site Web du GUFE (www.gufebenin.org), le 18 février 2014, en vue d’assurer, entre autres, la publication, en ligne, des extraits du Registre du Commerce et du crédit Mobilier (RCCM), avec pour conséquences la suppression des coûts de publication et la continuité du service.
Il convient, ici, de relever que la publication gratuite, en ligne, des extraits de RCCM est une réalité en République du Bénin depuis le mois d’avril 2013.
Dans le secteur du commerce transfrontalier, des défis ont également été relevés. Entre autres,  la Cessation de l’usage des supports papiers du Bordereau de frais unique (BFU), la réglementation des postes de contrôles routiers sur les corridors au Bénin, etc…
Autant de performances qui ont conforté le Bénin dans le classement Doing business 2015.

Télécharger le Rapport Doing Business 2015

En savoir plus...

Révolutionner votre industrie : L’innovation du modèle économique

entreprenariat

Avez-vous jamais entendu parler de Nokia 7710? C’était le premier Smartphone qui n’ait jamais existé. A cette époque Nokia était la seule marque de téléphone en vogue et c’était tout fièrement que je m’étais acheté ce téléphone dans les années 2004/2005. Aujourd’hui je me demande pourquoi de grandes entreprises telles que Nokia ou Kodak ont perdu soudainement la cote? Comment des entreprises telles que Newsweek, Air Afrique pourraient-elles échouer? N’ont-elles pas eu d'abondantes ressources de recherche, des cadres de haut niveau et les connaissances approfondies de leurs marchés? Oui, mais elles ont toutes une autre chose en commun. Elles ont toutes raté le moment où elles auraient dû quitter “la voie du succès”  et repenser leurs modèles économiques. Elles ont manqué de faire une innovation radicale, parce qu'elles étaient toutes occupées à gérer les affaires au jour le jour et servir les clients actuels plutôt que d’envisager les possibilités futures. En d'autres termes, le succès d'aujourd'hui peut être l'ennemi de la réussite de demain.

L’innovation et ses mythes

Les cycles d'innovation tournent plus vite  de nos jours dans presque toutes les industries. L’innovation augmente soit la valeur d'un produit ou d'un service pour le client ou elle abaisse leur coût et par conséquent crée un avantage concurrentiel. Apple a par exemple créé une valeur pour le client, jugée élevée, avec ses nouveaux produits innovants. Dell réduit son capital de coût et de travail pour créer d'autres processus. Même si son importance est incontestable, il y a beaucoup d'idées fausses reçues sur l'innovation. Trois mythes sont particulièrement envahissants.

1. L’innovation désigne une ou des idées que personne n’avait jamais eues auparavant
2. Sa réussite exige de grandes ressources
3. Il faut toujours une technologie fascinante pour innover

Heureusement, ces trois mythes sont tous complètement faux.

1.    IBM n’a jamais inventé son ordinateur personnel. Apple n'a pas inventé la technologie MP3. Amazon n'a pas inventé la librairie en ligne
 
2.    Les innovateurs qui réussissent apprennent et s’améliorent alors que les pionniers se font dévorer par les loups. Cisco disposait de très peu de ressources pour les Recherches et pourtant elle a supplanté le plus grand laboratoire d'innovation dans le monde (AT & T Labs)
3.    14 des 25 meilleures entreprises innovantes contemporaines ont misé leur stratégie d’innovation plus sur le modèle économique que sur la technologie. Prenez des entreprises comme Google, Amazon et Ebay. Elles ont de grands algorithmes. Oui, c’est vrai. Mais la clé de leur succès reste “le modèle économique” beaucoup plus que la technologie

La question la plus brulante à cette étape est de savoir ce qu’est un modèle économique et ce qu’est exactement “l’innovation du modèle économique”?

L’innovation du modèle économique

Un modèle économique permet de répondre à quatre questions:
-     qui est votre clientèle cible?
-     qu’est-ce que vous offrez au client ?
-     comment voulez-vous créer la proposition de valeur ?
-     Comment voulez-vous générer des revenus ?
Et une innovation de modèle économique  change au moins deux de ces quatre dimensions.

Dans mes recherches, j’ai rencontré plusieurs systèmes d'innovation créés  au cours des 15 dernières années. Ils ont tous révolutionné un ou plusieurs secteurs d'activités. Par exemple M-Pesa (M pour mobile, Pesa est swahili pour l'argent) est un service de transfert d'argent et de  microfinance basé sur la téléphonie mobile, lancé en 2007 par Safaricom et Vodacom, les plus grands opérateurs de réseau mobile au Kenya et en Tanzanie. Il a depuis été élargi en Afghanistan, Afrique du Sud, Inde et en 2014 en Europe de l’Est et même en Grande-Bretagne. Ebay a changé le monde du commerce. Littéralement 10% de ces innovations de  modèle économique sont nouvelles. Les autres 90% adoptent, raffinent ou combinent ces modèles. Par exemple, les entreprises innovantes appliquent la stratégie de l’imitation créatrice. Elles se posent la question “comment un modèle économique d'une autre industrie peut-il révolutionner notre propre industrie”?  Au total, 5 modèles économiques restent les meilleurs et sont à la base de toutes les innovations de modèle économique: le forfait, le supermarché, location vs achat, l’expérience de vente, le e-commerce et le modèle du “rasoir et de la lame”.

La stratégie du “Rasoir et de la lame”

Penchons-nous une minute sur le modèle du “rasoir et la lame”
Depuis 1904, Gillette a vendu des rasoirs pour presque rien du tout, mais la vente de ses lames à des prix scandaleusement élevés. Nespresso a imité créativement ce modèle de vente: la machine à café revenait extrêmement moins cher mais le prix du café restait très élevé.  Ceci a révolutionné l'industrie du café. Beaucoup d'autres entreprises ont appliqué la stratégie du "rasoir et de la lame". A titre d’exemple, nous pouvons citer iTunes d'Apple, le Kindle d'Amazon.
Si vous êtes toujours en train de me lire, je parie qu’à ce moment, il n’y a qu’une seule pensée qui vous traverse l’esprit: “Maintenant, que dois-je faire pour révolutionner mon secteur d’activités. Comment peux-je innover le modèle économique dans mon entreprise?
Je vous conseille de suivre quatre étapes: L’Initiation, l’idéation, l’intégration et la mise en œuvre.
Pendant l’initiation, vous analysez votre modèle économique actuel. Qui est votre clientèle cible? Qu'est-ce que vous offrez au client? Comment voulez-vous créer la proposition de valeur et comment voulez-vous générer des revenus?
Au cours de l'idéation, vous confrontez ce modèle économique  avec les cinq modèles d’innovation (cites plus haut) et développez de nouveaux modèles selon vos réalités. Posez-vous la question de savoir comment Nespresso aurait géré votre entreprise? Y-a-t-il un lien entre votre produit et le modèle de l'expérience de vente? Défiez votre hypothèse de base et la logique dominante de votre secteur d'activité, mais n’essayez pas de réinventer la roue. Utilisez des analogies et apprenez des autres industries.
Lors de l'intégration, vous devez vérifier la cohérence de votre modèle économique. Ceci est un travail détaillé important lorsque vous examinez les 4 éléments concernant l'ajustement organisationnel.
Enfin, lors de la mise en œuvre, c’est le moment de réveiller la bête. Cependant, dans les cycles itératifs (progressifs), vous devez concevoir premièrement le modèle économique, ensuite vous devez  élaborer un pilote ou un prototype, puis tester le pilote et finalement retourner  à la phase de conception. Il est important d'obtenir des données non seulement qualitatifs et quantitatifs pour affirmer ou d'infirmer vos hypothèses au sujet de votre nouveau modèle économique, mais surtout veillez á ne pas négliger les facteurs intangibles de l'innovation. Généralement, plus de 70% des initiatives de changement échouent  à cause des comportements de mauvaise gestion et de la résistance du personnel ou des parties prenantes. Par conséquent, je vous conseille de garder quelques règles à l’esprit:
-    Il faut éviter de mettre en œuvre plusieurs modèles économiques à la fois.
-    Il faut communiquer clairement sur le nouveau modèle économique et la nécessité d'un changement au sein de votre organisation ou entreprise.
-    N’insistez pas trop sur les indicateurs de performances (KPI) à court terme, car l'innovation a besoin de temps.
-    Il faut obtenir l'engagement de la Direction générale et/ou du Conseil d’administration car sans leur parrainage votre innovation sur le modèle économique est vouée à l'échec
-    Finalement, il vous faut vaincre le syndrome du «personne n’innove ici"
Conclusion:
L'innovation est le facteur clé pour sortir de la dépendance des sentiers battus et rester compétitif dans l'économie d'aujourd'hui. L'innovation n’est pas nécessairement orientée sur les nouvelles technologies, des études excessives de marché ou des idées totalement nouvelles. La plupart du temps, l'innovation consiste à apprendre des autres et à réinventer le modèle de votre entreprise; pas seulement votre technologie. Cela peut être fait dans un processus structuré: l’initiation, l’idéation, l’intégration et la mise en œuvre. Premièrement, vous analysez votre modèle  économique, comparez le avec les 5 meilleurs modèles d'innovation, vérifiez les incohérences et commencer à mettre en œuvre soigneusement. Finalement, gardez à l'esprit les facteurs de succès et les pièges.
Chers amis, Êtes-vous prêt alors à révolutionner votre industrie? Vous pouvez révolutionner le système bancaire, les assurances peuvent mieux faire, les télécoms ont encore beaucoup de profit à réaliser. Pensez grand et soyez différent. Steve Jobs l'a fait. Alors, pourquoi pas vous?

Tiburce Chaffa
Conseiller en Stratégie d’innovation et solutions digitales
Twitter: @iChaffa    Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En savoir plus...

Les raisons des bonnes performances du Bénin

doing-business

16 places. C’est ce qu’a gagné le Bénin dans le classement doing business de cette année. C’était bien prévisible que le Bénin progresse de cette manière. Car beaucoup d’efforts avec une communication intensive ont été menés pour ce faits. Tout est mis en œuvre pour que la destination béninoise soit davantage plus facile, plus rapide et moins coûteux.

Le Bénin a amélioré les formalités de délivrance du permis de construire à travers l’opérationnalisation du Guichet Unique de délivrance de permis de construire de la Mairie de Cotonou.

Pour la création d’entreprise, le processus de création d’entreprise a été simplifié avec pour corollaire la réduction des délais et coûts. Le Gouvernement du Bénin a amélioré le climat des affaires en facilitant la création d’entreprises par l’adoption de textes visant à simplifier le processus de formalisation des entreprises, notamment la suppression de l’obligation de constitution d'un capital social minimum et du recours au notaire lors de la création des Sociétés à Responsabilité Limitée (SARL), la réduction des coûts et durée de formalisation des entreprises.

Des actions ont été aussi menées dans le secteur de l’accès à l’eau, de l’électricité, au téléphone filaire.

A chaque niveau, des avancées sensibles ont été observées.

Par ailleurs, le Gouvernement  béninois a procédé au lancement officiel du site Web du GUFE (www.gufebenin.org), le 18 février 2014, en vue d’assurer, entre autres, la publication, en ligne, des extraits du Registre du Commerce et du crédit Mobilier (RCCM), avec pour conséquences la suppression des coûts de publication et la continuité du service.

Il convient, ici, de relever que la publication gratuite, en ligne, des extraits de RCCM est une réalité en République du Bénin depuis le mois d’avril 2013.

Dans le secteur du commerce transfrontalier, des défis ont également été relevés. Entre autres, on peut citer la Cessation de l’usage des supports papiers du Bordereau de frais unique (BFU), la réglementation des postes de contrôles routiers sur les corridors au Bénin, etc…

Il va de soi qu’avec de telles performances, le Bénin ne puisse pas évoluer dans le classement Doing business.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !