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Vente d’eau ensachée à Cotonou et environs : “Pure water“ souille plutôt l’organisme !

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L’industrie de production et de vente d’eau ensachée communément appelée “Pure water“ est en pleine expansion à Cotonou. Tellement rentable et n’exigeant guère un local ou encore un fonds de commerce, le commerce de cette eau draine du monde. Ainsi, “Pure water“ est commercialisé dans tous les coins de rue, dans les mains, hors de tout contrôle sanitaire et de règlementation. Le plus inquiétant est que les conditions d’ensachement et la qualité de cette eau font de “Pure water“, une souillure pour l’organisme humain, l’exposant généralement à de graves maladies diarrhéiques.

“Pure water est une eau que moi je prends souvent et chaque fois que je finis de manger. Que ce soit en déplacement ou non, c’est l’eau que je prends ». Cette affirmation de Moudachirou Boukari rencontré au marché Dantokpa démontre simplement combien “Pure water“ est consommée à Cotonou avec tous les risques y afférents. Si se désaltérer reste un besoin que nous ressentons à tout moment de la journée, le satisfaire nous expose parfois à de graves maladies diarrhéiques.  Inutile de faire le tour de la ville pour comprendre que le produit qui se distribue le plus facilement à Cotonou est cette eau ensachée. A longueur de journée, des motocyclettes à quatre (4) roues défilent et déversant sur le marché, ces sacs d’eau dont on ne connait toujours pas la provenance ni les conditions d’ensachement. « Lorsque les conditions d’ensachement de l’eau ne sont pas réunies, il y a des micro-organismes qui sont stockés dans ces sachets. Et lorsqu’ils trouvent des conditions favorables au développement de ces germes à travers l’ensoleillement, ces micro-organismes se multiplient », a clarifié l’ingénieur Adandédji, spécialisé en éco-hydrologie. Des micro-organismes engendrent des maladies diarrhéiques, le choléra, sans oublier le développement de petits virus et des verres, poursuivit-il. La mauvaise qualité de l’eau peut également occasionner les mêmes affections. Voilà donc autant de risques auxquels s’exposent quotidiennement les pauvres populations de Cotonou qui, pourtant semblent conscients du danger. Si pour Agondanou Gildas, il n’est pas rare de s’offrir de l’eau qui sent mauvais, Abekè Gbadamassi reconnait avoir acheté parfois de “Pure water“ ayant un goût salé et qui pourrait être qualifiée de tout sauf d’eau potable. Selon les confidences de cette dernière, beaucoup de commerçants véreux préfèrent utiliser une eau autre que celle du robinet. L’autre indice défavorable est relatif au conditionnement de l’eau. « Le sachet étant produit à base du pétrole, son contact avec de l’eau est nocif pour la santé.  Ce qui paraît davantage dangereux, c’est lorsque ce contact dure des jours et pire lorsque l’eau ensachée est mise dans la chaleur. Il y a ce qu’on appelle le phénomène d’osmose et les risques de cancer. Ils sont à ce niveau élevés »,a expliqué le nutritionniste Soumonla Arouna. Le rythme irrégulier de congélation de l’eau reste aussi inquiétant. « Le fait de rafraîchir l’eau et de l’exposer par la suite à la chaleur et de la refroidir constitue un danger, puisque le sachet est soumis à des températures irrégulières. Ce qui avance sa désagrégation rapide. Et lorsque le sachet se désagrège, le poison qu’il contient est directement transféré à l’eau qui est par la suite consommée »,fit-il savoir.

La police sanitaire limitée, les grossistes  tuent à petits coups…

Nous sommes ici à Akpakpa-Sènadé dans la firme de production de Pure water d’El hadji Alimi.  Le grossiste nous confie n’avoir jamais reçu la visite de la police sanitaire. Cependant, la plupart des unités de production visitées à Aidjèdo et sikècodji reconnaissent avoir reçu, il y a des mois, quelques descentes d’inspections de la police sanitaire. Existant en nombre très réduit sur le territoire national, cette unité spécialisée de la police n’arrive pas à accomplir convenablement la mission qui est la sienne. Une situation profitable aux grossistes qui font leurs affaires sans recourir à une structure compétente pour faire certifier la qualité de l’eau commercialisée encore moins la qualité du sachet qui la conserve. Cependant un vaste programme de formation et d’accompagnement de ces unités était annoncé pour qu’à terme, elles aient des capacités qui leur permettent de faire l’auto-surveillance sur les systèmes.» Mais depuis, aucune mouche n’a bourdonné autour de l’initiative. Pendant ce temps, la propagation des micro-organismes se poursuit. Car il suffit juste, pour être grossiste, de se constituer un capital pour la commande des sachets et de la machine à coudre pour remplir l’essentiel des critères pour ce commerce en gros. De sources concordantes, la machine est à 75 000Fcfa et les sachets sont achetés au Nigeria et acheminés vers le Bénin. Ce qui justifie le fait qu’on retrouve sur les sachets d’eau, diverses indications. Chacun des sachets vendus porte un petit orifice par lequel l’eau entre. Une fois rempli, on coud le bout du sachet avec la machine commandée et l’eau ‘’Pure Water’’ est prête. Ce geste, les mini grossistes le font plusieurs fois dans une journée.

Qui pour défendre les consommateurs ?

Face à la situation, les consommateurs semblent livrés à eux-mêmes puisqu’aucune voix ne se lève pour dénoncer le fait ou encore pour saisir les autorités compétentes et faire des propositions concrètes. D’une manière ou d’une autre, le bien-être des populations est bafoué et menacé dans une indifférence totale. Quand bien même certaines unités de fabrication d’eau ‘’Pure Water’’ à Cotonou se conforment aux normes, il faut souligner qu’il est difficile voire impossible de discerner la qualité du mauvais dans ce commerce. D’après un distributeur ambulant, ces firmes ne présentent pas de signes particuliers permettant de les différencier des autres.  « Dans chacun de ces centres de fabrication, il y a une chambre de production interdite d’accès. C’est comme un laboratoire et pour y accéder, il faut être en blanc, porter des gants, un peu comme le font les laborantins », a-t-il fait savoir. L’intérieur dudit laboratoire n’a rien d’extraordinaire. Mais qu’est-ce qu’on y trouve ? « Il y a plusieurs robinets reliés à un puits. Dans le puits, il y a un aspirateur qui remonte l’eau jusqu’au niveau des robinets. L’eau du puits est désinfectée avec de l’eau de javel. A l’intérieur de chaque robinet, il y a trois filtres par lesquels l’eau remontée passe. Tout le dispositif depuis l’aspiration jusqu’au traitement au niveau des robinets est installé par les plombiers. Ce sont des tuyaux qu’ils insèrent dans le puits et qui sert à canaliser l’eau jusque dans les robinets respectifs », a déclaré ce dernier. Devant chaque robinet, il y a un laborantin muni d’une machine. Après l’avoir remplie d’eau, il coud le sachet à l’aide de la machine et le met de côté. Un autre ouvrier se charge d’ensacher l’eau par lots. Cependant, les risques sanitaires étant élevés, il importe que l’association des consommateurs sorte le bec de l’eau pour interpeller les autorités et structures compétentes afin que des mesures subséquentes et immédiates soient prises pour le bien-être de tous.

Aziz BADAROU

Dernière modification lejeudi, 05 janvier 2017 05:44
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