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Produits pétroliers : Le coup de pompe du prix des carburants est-il durable ?

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Les prix des carburants vendus dans les 11 000 stations-service françaises ont reflué la semaine dernière, le gazole atteignant même son plus bas niveau depuis près de quatre ans, selon les données publiées lundi 13 octobre par le ministère de l’écologie et de l’énergie.

Un recul important

Le gazole, carburant le plus vendu en France avec près de 80 % des volumes écoulés, valait en moyenne 1,2776 euro le litre vendredi 10 octobre, soit 1,10 centime de moins en une semaine. Il retrouve son plus bas niveau depuis le 7 janvier 2011. Sur un plein de 60 litres, l’automobiliste fera une économie de 3,50 euros par rapport à la mi-juillet. Deuxième carburant le plus vendu, l’essence sans plomb 95 a cédé 0,30 centime pour atteindre 1,4887 euro le litre. Quant au litre de sans-plomb 98, il s’affichait lui à 1,5503 euro.

Pourquoi cette baisse ?

Elle s’explique par la chute des cours du pétrole brut. Le Brent de la mer du Nord a perdu plus de 22 % depuis son pic de la mi-juin 2014. Il est tombé à 88 dollars, mardi matin, en Asie. La chute pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines. La demande de pétrole progresse en effet moins vite en raison du ralentissement économique en Europe et dans certains pays émergents comme la Chine. Or la production, elle, ne faiblit pas au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui pompait 31 millions de barils par jour en septembre, alors qu’elle progresse en Russie et surtout aux États-Unis (pétrole de schiste). Face à cette surabondance, les marchés restent indifférents aux tensions au Moyen-Orient, notamment à la guerre contre Etat islamique en Syrie et en Irak.

La baisse va-t-elle se poursuivre ?

De nombreux analystes des marchés pétroliers estiment que les prix du brut n’ont pas encore atteint leur point bas, même s’ils devraient remonter à l’approche de l’hiver. Ou dans l’hypothèse d’une réduction de la production de l’OPEP, dont les 12 membres se réunissent à Vienne le 27 novembre. « Cela installe pour le consommateur une situation de prix bas pour un certain temps », a déclaré un porte-parole de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), lundi, à l’Agence France-Presse. Pour la suite, les scénarios sont plus incertains. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a de nouveau abaissé, mardi, ses prévisions de croissance de la demande mondiale. Elle table désormais sur une hausse de 700 000 barils par jour de la demande planétaire en 2014, à 92,4 millions de barils par jour (mbj), soit 200 000 barils de moins que l’estimation précédente de 92,6 mbj. Pour 2015, la consommation est également abaissée de 93,8 millions de barils à 93,5 millions. Elle augmentera cependant de 1,1 million par rapport à cette année.

Pourquoi la baisse n’est pas plus forte ?
Les carburants sont des produits raffinés dont les prix ne sont pas exactement corrélés aux cours du brut, qui n’entre que pour un tiers dans les prix à la pompe. Ces prix sont influencés par la situation des raffineries et la demande saisonnière plus ou moins forte, mais le raffinage, le transport et la distribution ne comptent que pour 10 % du prix final. En outre, les pétroliers écoulent des stocks qu’ils ont parfois achetés longtemps à l’avance. Enfin, il y a un effet baisse de l’euro : la chute de la devise européenne renchérit les achats d’or noir libellés en dollars, indique l’UFIP. Ainsi la baisse réelle du prix de l’essence est moins accentuée pour les prix en euros par rapport à la baisse des prix du baril en dollars. Mais ce sont surtout par les taxes prélevées par l’Etat qui pèsent : la TVA de 19,6 % et la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), un impôt dont le montant est fixe et dont le produit n’est donc pas soumis à la fluctuation des prix à la pompe. C’est, de loin, de la première composante du prix des carburants automobiles : elles constituaient 56 % du prix du litre d’essence et 49 % du prix du litre de gazole en 2013. Ces taxes vont augmenter, comme le prévoit le projet de loi de finances pour 2015 qui est examiné, depuis mardi, par l’Assemblée nationale (environ 4 centimes pour le gazole). Ce qui gommera en partie l’effet de la baisse des cours du brut.

le monde.fr

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