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Choix du « Port of Antwerp international SA » pour gérer le Port de Cotonou : La réplique musclée des syndicats de la plateforme d’ici vendredi

Syndicats-PAC

Le gouvernement de la Rupture aura fort à faire et devra affronter une fronde sociale sans précédent pour faire passer sa réforme relative à l’option d’un délégataire pour la gestion du Port autonome de Cotonou. A l’issue d’une importante séance de concertation hier, mardi, 26 décembre 2017, les secrétaires généraux des syndicats des travailleurs du Port autonome de Cotonou (Syntrapec), de la Sobemap, de la Cobenam, du Cncb et du ministre des infrastructures et des transports ont annoncé une réplique musclée au gouvernement d’ici la fin de la semaine. Il s’agit, selon ces derniers, d’une action de paralysie totale de toute la plateforme portuaire de Cotonou en vue de faire échec à cette réforme dont la dangerosité a pourtant été déjà prouvée… Le pire reste à craindre.

«… nous ne voulons pas agir sans qu’il n’y ait d’impact. Nous ne sommes pas du tout d’accord avec le gouvernement… Nous sommes en train de vouloir paralyser toute la plateforme. Il ne s’agit pas d’un silence de notre part, nous sommes en train de travailler pour donner la réplique d’ici la fin de la semaine. D’ici la fin de la semaine au plus tard, le peuple aura les échos », a confié Urbain Kanlinsoun, secrétaire général du Syntrapac joint en pleine séance de concertation avec les responsables syndicaux de la plateforme portuaire. A en croire ces derniers, la réplique sera bien à la hauteur de la provocation du Président de la République, Patrice Talon et son gouvernement. Voilà qui annonce des heures chaudes au gouvernement de la Rupture qui ne tient qu’à confier la gestion du poumon de l’économie nationale à un privé. Faut-il le rappeler, alors que la menace syndicale d’engager le bras de fer plane toujours, le gouvernement de la Rupture s’entête et crée, par arrêté N°048/MIT/SGM/CTJ/SA/056SGG17 du 12 décembre 2017, le Comité chargé de conduire les négociations avec la société « Port of Antwerp international SA » (PAI) en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du Port autonome de Cotonou. Le Chef de l’Etat venait ainsi de démontré sa fermeté et détermination à ne point fléchir face à la menace des partenaires sociaux de la plateforme portuaire de faire échec, par tous les moyens légaux, à cette réforme. Mais la réplique est désormais inévitable et les conséquences risquent d’être fortement préjudiciables à l’économie nationale. Si l’article 2 dudit arrêté précise la composition du Comité de négociations, l’article 3 en expose la mission qui sera de mener les négociations avec la société « Port of Antwerp international SA », filiale du Port d’Anvers, en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du Port autonome de Cotonou. Le comité est donc chargé de discuter et fixer, ensemble avec la société « Port of Antwerp international SA », les termes et les conditions du Mandat de gestion devant lier cette dernière à la partie béninoise ; rendre compte des résultats des négociations en Conseil des ministres et accomplir toutes autres formalités visant l’atteinte des objectifs de cette mission. Une décision du gouvernement qui vient crisper davantage le climat social au Port de Cotonou. Peu importe que le gouvernement change de langage en parlant désormais de délégataire au lieu de mandataire, les travailleurs se disent déterminés à ne pas laisser la Rupture étendre sa politique de “tout privatiser“ à la plateforme portuaire.

Et pourtant….

L’atelier de réflexion à l’intention des acteurs portuaires sur le dossier de recrutement d’un mandataire pour la gestion du Port autonome de Cotonou qui s’est déroulé du 10 au 12 août 2017 à Bohicon a exposé tous les risques liés à cette option du gouvernement. Dans sa communication sur les forces et faiblesses des différents modèles de gestion portuaire, le Prof Khalil Ibrahim Diallo, expert maritime avait démontré que le recours à un mandataire ou un délégataire pour la gestion du Port entrainera des problèmes sémantiques et conceptuels, des problèmes juridiques (Ohada et législation nationale), le risque de bicéphalisme dans la gouvernance du Port de Cotonou, le problème de souveraineté pour l’Etat, le rapport coût et efficacité et la dévalorisation de l’expertise nationale en matière de gestion d’une plateforme portuaire. « …le recours à un mandataire ou délégataire pour la gestion du Port serait inédit, dangereux et n’est point recommandable. Le recours à l’affermage n’est pas aussi recommandable et n’est pas adapté à l’activité portuaire », a rappelé le Sg/Syntrapac. Mais le gouvernement semble encore loin de cerner les inconvénients de cette option. Après avoir violé le protocole d’accord signé après les premiers mouvements de grève, le gouvernement de la Rupture semble plus que jamais dressé contre lui, les partenaires sociaux de la plateforme portuaire. Affaire à suivre !!!!


Aziz BADAROU

Dernière modification lejeudi, 28 décembre 2017 06:14
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