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Déguerpissement des vendeurs de friperie à Cotonou : Missèbo Pk3 attend toujours occupants

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(Beaucoup d’agitations en son temps, pour rien  ?)
Plusieurs mois déjà que le gouvernement a contraint les vendeurs de friperie du marché Missèbo à rejoindre le nouveau site aménagé à Pk3 au foyer Synapostel. Reconnu comme l’une des zones à forte production de déchets de la ville de Cotonou, l’emplacement du marché Missèbo et de Gbogbanou devra devenir bientôt un pôle d’attraction pour la modernisation de la capitale économique du Bénin. C’est bien, la vision du gouvernement. Mais jusqu’à hier, jeudi, 10 août 2017, le nouveau site de Pk3 est presque désert et pas du tout animé. Les raisons évoquées çà et là laissent croire à une politique non murie de déguerpissement et de relogement….

Boutiques fermées avec cadenas, des hangars non occupés, d’autres boutiques et magasins encore en chantier, à peine une vingtaine de vendeurs de friperie et divers déjà sur le site, des clients qui débarquent au compte-goutte. Tout ceci dans un silence de cathédrale. C’est le constat fait au foyer Synapostel à Pk3 Akpakpa qui sert de site au nouveau marché de friperie de Missèbo. Si, d’après les affirmations des quelques revendeurs rencontrés sur le site, la plupart des hangars et boutiques sont déjà attribués à des usagers qui auraient même déjà soldé les cautions, il faut souligner que ces derniers ne sont toujours pas occupés à ce jour.
“Missèbo“ résiste-t-il toujours à la délocalisation ?

Est-on tenté de s’interroger, en tout cas. Etant donné que les marchands autrefois déguerpis continuent de mener leur commerce sur l’ancien site comme si de rien n’était. « Beaucoup de vendeurs ne veulent pas rejoindre le nouveau site de peur de perdre leur clientèle. Même s’il y a mévente parce que la plupart des clients sont toujours restés de l’autre côté, je pense que je vends mieux ici et en toute quiétude »,nous a confié une vendeuse sur le site de Pk3. D’après une autre vendeuse qui a pris plus de six boutiques, il faut impérativement contraindre les occupants actuels du marché Missèbo à rejoindre le nouvel emplacement à eux attribué, condition sine qua non pour que les activités prennent vie. Au demeurant, ceux qui étaient disposés à se conformer à cette décision, et qui avaient même commencé par rejoindre le nouveau site à Akpakpa, voyant le grand nombre resté sur place, ont opéré un repli tactique sur l’ancien site.

La politique de délocalisation a-t-elle été suffisamment murie ?

Evoquant les raisons de la réticence des usagers du marché de Missèbo à rejoindre le nouveau site, le Responsable aux relations publiques et à la communication de la Société gestion des marchés autonomes (Sogema), RazackYodoma a estimé que le temps qu’ont duré les travaux d’aménagement du site a permis aux concernés de recourir à d’autres solutions. « C’est vrai qu’ils ont déjà payé et ils ont pris les hangars. C’est ce qui a fait que la nouvelle direction de la Sogema a menacé même de leur retirer les hangars. C’est ce qui a été fait d’ailleurs sur certains emplacements. On leur avait donné un délai de deux semaines pour pouvoir occuper ces emplacements. Ceux qui ne l’ont pas fait se sont vus simplement retirés leur boutique par la Direction générale de la Sogema. Des boutiques qui ont été réattribués aux victimes  des déguerpissements. Les quelques personnes qui animent le site aujourd’hui, c’est surtout ceux qui ont été déguerpis sur les trottoirs» fit-il savoir. Cependant, le site reste aujourd’hui presque désert.

Mais face à cette posture de farouche hostilité et la nécessité de mise en œuvre de la vision du gouvernement d’assainir et de moderniser la ville de Cotonou, les autorités devraient recourir à la force publique pour libérer les lieux. « On devrait le faire depuis mais le gouvernement a dit d’attendre puisque il y a un projet d’aménagement des berges qui devra régler ses problèmes » a déclaré Razack Yodoma pour justifier le calme plat autour de la délocalisation. A cet effet, il convient de s’interroger sur les raisons justifiant le fait que la politique de délocalisation ne soit pas en phase avec les projets d’aménagements du Gouvernement. Pourquoi s’est-on donc précipité pour lancer la chasse aux vendeurs de friperie ? Autant de questions qui montrent combien la mesure n’a pas été suffisamment murie quand bien même elle reste salutaire.  

176 000F pour s’installer et 3000f/m2 chaque mois : ce qui fait fuir les vendeurs ?

« Nous avons estimé le mètre carré (m2) à 3000f cfa et la plupart des hangars là-bas font en moyenne au moins six (06) mètres carré (m2). Et en dehors de cela, nous avons exigé le paiement de la taxe voirie et le paiement aussi d’une caution de trois mois… Effectivement au moment où on a commencé à aménager le site, nous-nous sommes entendus avec les usagers pour que ceux qui avaient déjà des emplacements à la berge, les réels victimes, puissent payer une contribution de 50 mille francs et ceux qui doivent venir d’ailleurs payent une contribution de 100 mille francs » a confirmé le responsable à la communication de la Sogema. D’après une vendeuse rencontrée sur le site, il faut payer la somme de 76 000F à la Sogema et 100 000F dans un compte à la Boa. « Nous payons 10500F le mois en plus, mais on ne nous met pas encore la pression. On nous a dit qu’ils feront le point et nous allons solder les arriérés » a-t-elle laissé entendre. Un coût quand même jugé exorbitant au regard du revenu actuel des ménages au Bénin. Ce n’est point ce que pense la Sogema. « Je ne pense pas que les coûts soient trop élevés. Il y a une étude qui a été menée en 2012 sur l’étude comparative des prix pratiqués au sein des marchés au Bénin, l’étude a prouvé que c’est au sein des marchés gérés par la Sogema, que les prix sont les plus bas.  Mais du moment où la Sogema reste une entreprise commerciale, il a été décidé que des prix conséquents soient désormais appliqués pour faire de bénéfices » a clarifié RazackYodoma. De toute façon, le site de 90.000 m2 aménagé à Akpakpa PK3 attend toujours les occupants.

Aziz BADAROU

Dernière modification lelundi, 14 août 2017 04:29
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