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Culture

Promotion du théâtre au Bénin : L’édition 2014 du Fitheb reportée sine die

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De rumeur, l‘annulation de la douzième édition du festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) se précise. Dans ses annales, il n’y aura jamais de traces de l’édition 2014 qui se voulait une édition de la renaissance. Officiellement, on annonce du côté de la direction intérimaire du festival que ce sont les risques liés à la maladie de l’ébolavirus qui en sont les causes. Une couleuvre difficile à avaler pour le grand nombre des observateurs du secteur du quatrième art.

Nommé en février 2014 pour remettre le Festival international de théâtre du Bénin sur les rails et lui donner un envol, le Directeur intérimaire, Ousmane Alédji ne pourra pas réussir le pari d’organiser en 2014, la douzième édition de la biennale. Par une correspondance en date du mercredi 05 novembre dernier, le metteur en scène et écrivain qui dirige actuellement de façon provisoire le festival, a annoncé le report de l’édition 2014.  Dans sa lettre adressée aux compagnies et aux professionnels du théâtre, Ousmane Alédji écrit expressément que «  L’équipe d’organisation du Fitheb, a un mois de la douzième édition, considérant le contexte sanitaire toujours préoccupant en Afrique de l’Ouest, ne saurait faire courir le moindre risque aux artistes et professionnels du spectacle vivant qu’elle a invités… » Dès lors, la maladie liée à l’Ebolavirus a bon dos et devient le prétexte tout trouvé pour reporter sine die Fitheb 2014 prévu pour se tenir du 06 au 14 décembre. Une période retenue après un premier report lié à l’organisation au Sénégal du sommet de la francophonie.

L’effet des tirs croisés?

Il y a des antécédents qui obligent bon nombre de personnes à lire à travers la correspondance du directeur intermédiaire du Fitheb, des intentions cachées. Il y a d’abord l’atmosphère qui régnait au moment de la désignation du Directeur intérimaire Ousmane Alédji qui fait suite à une cacophonie notée au sein du conseil d’administration du Fitheb que le ministre de la Culture a renvoyé pour nommer une structure provisoire pour accompagner le Directeur intérimaire dans sa tâche. Et beaucoup priaient pour que le Fitheb 2014 ne se tienne jamais. Aussi se souvient-on de la sortie médiatique de Gabin Allognon, actuel Drfm du ministère des finances et promoteur du Festico-Bénin. Ce dernier avait demandé au ministre des finances de ne pas mettre les moyens à la disposition du Fitheb. Gabin Allognon a-t-il été écouté par son patron ? Rien n’est sûr, mais il apparaît que la décision de report du Fitheb 2014, même si cela est dû aux menaces de Ebola, est plus liée à la question du bouclage financier. Nul n’ignore les ambitions de Ousmane Alédji qui aime faire les choses selon les règles de l’art. Il se susurre que le Fitheb intérimaire aurait besoin de 800 millions pour son organisation, alors que l’Etat est prêt à en donner que 150 millions. Une situation qui a tôt fait de saper le moral du Directeur intérimaire qui en est arrivé à cette grave décision. Toutefois, la lettre précise que les choses peuvent être revues si le gouvernement en décidait autrement. On attend donc sa décision.

YPL

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Construction d’une maison de l’artiste pour 2015 : Jusqu’à quel point croire au réalisme du projet ?

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Le Fonds d’aide à la culture annonce une batterie de mesures dont la construction en 2015 d’une « maison de la culture ». Quand on sait que des projets sont en souffrance au niveau de la maison culture, il y a lieu de se poser des questions sur la réalisation des projets en cours.

Le Bénin peine à concrétiser le projet touristique de la Route des Pêches qui est un important projet de développement. Annoncé depuis des années et lancé officiellement il y a quelques mois par le Chef de l’Etat, ce projet important peine à démarrer. Du côté du ministère de la culture, un autre projet relatif à la construction du théâtre national pour accueillir les spectacles, se révèle une utopie, lorsqu’on sait que la projection de la mise en place de cette infrastructure date de plusieurs années. Confié à l’ancien directeur de l’Ensemble artistique national à l’époque, le théâtre national demeure une réalité plus sur les croquis des architectes que sur le plan physique. Le domaine réservé au joyau jouxte la tour administrative située sur la route de l’aéroport, en face du ministère des affaires étrangères.  
Les différents ministres de la Culture qui sont passés à la tête de ce département n’ont pas pu finaliser les projets que déjà, on annonce la construction d’une maison de l’artiste. Il faut louer cette vision de Jean-Michel Abimbola certes. Mais lorsqu’on regarde dans le rétroviseur, l’on est en droit de manifester quelque inquiétude. La concrétisation du projet de construction de la maison de l’artiste en 2015 est donc attendue. Mais lorsqu’il y a eu tant de projets laissés en sursis, s’inquiéter est légitime.

M.M

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En prélude à son concert du 25 décembre : Pélagie la Vibreuse communie avec les usagers du marché Dantokpa

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L’artiste chanteuse Pélagie Boton de son nom de scène Pélagie la Vibreuse organise un géant concert le jeudi 25 décembre 2014. Elle a rendu une visite surprise à ses « mamans » du marché Dantokpa pour leur faire part de son projet, et les inviter à participer à la fête.

Offrir un concert aux enfants béninois ainsi qu’à leurs géniteurs. Le cadeau que l’artiste Pélagie la Vibreuse réserve à la population béninoise dans le cadre de la fête de Noël 2015 est de taille. C’est un concert 100% live qui est prévu pour les égayer. Un géant spectacle qui aura lieu sur le grand terrain de football. Ce concert qui intervient une année jour pour jour après le lancement du dernier album de l’artiste, est une occasion de communion avec tout le peuple béninois. Les femmes sont surtout visées par Pélagie la Vibreuse, et c’est ce qui explique sa descente au sein du plus grand marché de l’Afrique de l’Ouest. A la mi-journée de ce jeudi 06 novembre en effet, l’artiste entourée de son staff managérial et de ses danseurs habillés aux couleurs de Es La Hora, sa maison de production, a sillonné la plupart des grandes artères du marché. La démarche s’inscrit dans un but simple. Aller à la rencontre des usagers de Dantokpa et confirmer la tenue effective du spectacle. Partout où elles sont passées, l’artiste et sa suite ont été interpellées par les usagers qui ont reconnu l’artiste. La visite a été ponctuée par quelques arrêts chez des commerçantes qui ont déjà reçu leur invitation pour ce géant spectacle du 25 décembre. A chaque arrêt, Pélagie la Vibreuse a expliqué à ses hôtes l’objet de sa visite. L’artiste a offert aux personnes visitées, porte-clés, tee-shirts et calendriers griffés et annonçant le spectacle. Les commerçantes de pagnes, bijoux et les couturiers installés au marché Dantokpa ont en retour, offert des présents à l’artiste. « La femme est le sel de la terre et il est bien de venir auprès de nos mamans pour recueillir leurs conseils et bénédictions » a fait savoir Pélagie la Vibreuse qui invite d’ailleurs tout le monde à participer à cette fête qu’elle donne le jour de Noël.

YPL

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Sortie du best of de Zeynab : Un avant-goût du quatrième album de l’artiste

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Depuis quelques jours les mélomanes béninois et d’ailleurs savourent les morceaux de l’artiste béninoise Zeynab. C’est à travers une compilation des différentes chansons contenues sur les albums de l’artiste. Ce best of qui retrace la carrière de la fille de Sakété, annonce le quatrième album de sa carrière.

Zeynab laisse revisiter sa riche carrière d’une dizaine d’années. Elle met à la disposition de ses fans un best of des trois albums de sa riche carrière musicale qui a commencé depuis quelques années. De « Intori » à « Olukêmi » en passant  par « D’un endroit à un autre », les meilleures chansons des albums de Zeynab sont offertes au public pour le replonger dans les souvenirs de cette carrière qui promet encore des merveilles. Douze années de musique sont ainsi retracées à travers ce best of désormais disponible dans les endroits habituels où sont distribuées les œuvres de l’artiste. Le Rythm and blues, le Bolodjo la « Juju music  et le High life chantés en français, en anglais, en fon, en goun, en mina, en yoruba, en nagot, constituent la panoplie de surprises que propose Zeynab sur ce best of .

Deux singles en bonus    
 
Le best of que propose Zeynab n’est pas fait seulement des morceaux de ses trois premières signatures. Sur le disque, figurent deux titres : « Tes je t’aime » et « sweet combine ». Sur le premier morceau, Zeynab chante les problèmes de couple, tandis que le deuxième single est un hommage à Gnonnas Pedro, artiste décédé il y a dix ans. Ces deux morceaux qui sont d’ailleurs en promotion sur les stations de radiodiffusion et de télévision, ne sont pas les seuls que l’artiste a déjà au frigo. Zeynab est actuellement en train de réaliser des clips de plusieurs autres singles. C’est le signe que l’artiste est en pleine préparation de son quatrième album qui sera lancé d’ici à là.

Zeynab, dans le giron de Boss Playa ?

De source proche de l’artiste Zeynab, on apprend que la production de ses œuvres par Syic Productions et récemment  par Fékéma Prod, relève du passé et Zeynab est désormais résolument tournée vers le marché international. Le nouveau label qui va gérer la carrière de Zeynab Boss Playa. Les derniers clips et singles réalisés sont les ultimes que réalise sur le plan national, Zeynab Abibou de son vrai nom. La carrière de l’artiste s’en va donc prendre une autre tournure avec Boss Playa , une structure créée en 1998 par de jeunes Africains soucieux de proposer des productions audiovisuelles et discographiques aux normes internationales. Elle est spécialisée dans la production et la distribution d’œuvres discographiques.

En attendant de rentrer dans le giron de sa nouvelle maison de production,  l’artiste est allée à la rencontre, ses derniers jours, de ses fans de Bohicon, Abomey et Parakou. L’ambassadrice nationale de l'Unicef a aussi un calendrier chargé pour ce mois de novembre.

YPL

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Ensemble artistique national : La section « théâtre », déjà du plomb dans l’aile ?

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Comédiens absents à l’appel, démarches de la direction de l’ensemble artistique national (Dean) sujettes à caution…Le casting pour la constitution du théâtre national a donné son verdict, mais les biches se font toujours désirer à la rivière.
« L’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé ». Cette célèbre phrase souvent usitée en Côte d’Ivoire, peut résumer la situation qui prévaut au sein de la section théâtre qui a été mise sur pied pour la toute première fois dans l’histoire de l’ensemble artistique national. Après un appel à candidatures avec des conditions critiquées par nombre d’acteurs du quatrième art, les dossiers ont été déposés par les personnes désireuses de faire partie de la section. Le casting a permis donc de recruter outre dans la catégorie des metteurs en scène et des régisseurs, dix comédiens. Il y a en réalité dans ce lot des visages connus et qui ont fait leurs preuves sur le terrain, mais aussi des personnes qu’on ne connaissait pas du tout. C’est là où le bât blesse étant donné les critères de sélection qui ont privilégié le système de quotas comme on le constate dans les concours de recrutements de l’Etat.
Après le recrutement a-t-on appris de sources introduites auprès de la direction de l’ensemble artistique national (Dean), il est désormais impossible pour les responsables de l’ensemble de regrouper toute la troupe. Une situation qui n’est pas de nature à faire grandir cette nouvelle section de l’ensemble.

La première création en sursis

Recrutés, les nouveaux éléments de la section « théâtre » de l’ensemble artistique national ont eu comme première mission de créer un spectacle inaugural. Lorsqu’on sait que c’est une icône de la mise en scène au Bénin qui est aux commandes au sein de la section, on n’a aucun doute que cela passera comme une lettre à la poste. Mais quel résultat peut-on obtenir sans la présence de tous ? Les artistes pourront-ils être à la hauteur lorsqu’on sait que de bons et de moins bons ont été recrutés ? Les questions se posent et sont renforcées par les informations faisant état des moyens faibles mis à disposition. « Pourquoi n’avoir pas étudié tous les contours et paramètres avant de créer la section ? » s’est désolé un comédien qui appelle la direction de l’ensemble artistique national à parer au plus pressé. Ceci pour permettre à la nouvelle section de prendre véritablement son envol et de ne pas être un projet mort-né.

Mike  MAHOUNA

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« Sin tata » : Fanny annonce son deuxième album

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Il se joue désormais sur toutes les radios et bénéficie de nombreuses attentions. C’est le single de la jeune étoile montante de la musique béninoise, Fanny Sènan. Un avant-goût de ce que sera le deuxième album de l’artiste.

Il y a quelques mois, c’est avec le morceau « Vanité » que nous proposait la jeune artiste Fanny Sènan qui revient encore à la charge. La jumelle qui a conquis le cœur du public béninois avec la sortie de son tout premier cri, propose depuis quelques jours « Sin tata ». Un single qui traite d’un sujet de société. Sinon d’un sujet de couple où la jeune épouse prévient son mari. « No contribution, no drink » disent les anglais pour résumer la situation décrite dans ce nouveau single de Fanny Sènan qui tourne actuellement en boucle sur les stations de radiodiffusion. Et même si cela est quelque peu illégal, les réseaux sociaux et surtout les fora whatsapp contribuent largement à la diffusion de ce morceau exécuté sur une sonorité rumba. A en croire l’artiste, c’est les pas du deuxième album qui sont en train d’être ainsi posés afin que le public ait le produit entre les mains d’ici le mois de décembre, ou au plus tard en février de l’année prochaine.    

Une voix de cabaret qui s’impose

Amphanie Hounguia a commencé par rouler tôt ses bosses dans l’arène musicale béninoise. Née à Cotonou il y a plus d’un quart de siècle, Fanny originaire  de la commune de Houéyogbé dans le département du Mono a déjà reçu le prix du meilleur clip au Bénin Golden Awards 2012, quelques mois après la sortie de son premier album. Revenue de maternité depuis quelques temps, Fanny Sènan a  annoncé son retour sur scène avec le single « vanité »  que vient compléter le nouveau « sin tata ». D’autres compositions sont également en cours chez l’artiste qui n’écarte pas un featuring avec un artiste étranger. On se rappelle qu’elle a évolué sur un duo très apprécié par les mélomanes, avec l’artiste togolais Omar B.
Fanny a commencé la musique d’abord par les chorales. Les orchestres  ont été également un tremplin pour l’artiste qui est devenue entretemps un rat de studio, tant elle était sollicitée pour poser en tant que choriste sur des morceaux d’autres artistes. Un travail fouillé, bâti sur des années de sacrifice qui ont abouti à la sortie en 2011 de son tout premier album. L’artiste qui continue de s’investir dans la formation pratique des rythmes comme le « noudjihou » le zouk, le Slow et bien d’autres rythmes. Pour son deuxième album, Fanny envisage de faire du tradi-moderne, en s’appuyant sur les rythmes de son terroir et du riche patrimoine musical béninois.

 Yves-Patrick LOKO

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Gestion et protection des droits d’auteurs : Le Bubedra à l’heure des différents changements

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La gestion et la protection des droits d’auteurs et droits voisins, permettent aux créateurs d’œuvres de l’esprit de vivre de leur métier. Seulement, des difficultés entravent la bonne protection des œuvres, au nombre desquelles la piraterie. Un fléau que veut contrer la Cedeao avec l’instauration d’un timbre communautaire.

Bientôt des timbres hologrammes communs à toute la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Du côté du Bureau béninois des droits d’auteurs, l’avènement de cet outil révolutionnaire est très attendu. Et pour cause. En vertu des accords de réciprocité existants entre les bureaux de droits d’auteurs et droits voisins, la gestion des droits des artistes et autres créateurs d’œuvres de l’esprit devrait être une réalité communautaire et permettre aux bureaux nationaux de protéger les œuvres d’artistes étrangers. La libre circulation des biens et des personnes dans la sous-région ouest africaine est d’ailleurs une motivation pour la création future d’un timbre à utiliser par les œuvres phonographiques dans tout l’espace de la Cedeao. Encore quelques jours et la révolution serait une réalité du côté des pays de la Cedeao pour une meilleure gestion des droits des artistes de cet environnement. Le timbre communautaire sera donc un facteur d’intégration qui aura pour avantage de circuler les œuvres et d’assurer une plus forte rétrocession de droits aux artistes.

L’heure des réformes au Bubedra


Dans l’attente de l’élargissement de sa cagnotte pour permettre de soulager les artistes béninois, l’actuelle direction du Bureau béninois des droits d’auteurs est à pied d’œuvres pour diversifier ses revenus. C’est dans cette optique que des démarches sont entreprises depuis quelques temps pour négocier avec la douane béninoise, la perception de droits au profit du Bubedra dans le cadre de l’importation des cartes mémoires et clés usb. Actuellement, c’est avec la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) que le Bubedra est en train de prendre langue en vue de convaincre la faîtière de la nécessité pour les importateurs de payer une quote-part au Bubedra, du fait que les supports importés par eux, sont utilisés pour la circulation des œuvres des artistes. Les responsables du Bubedra croisent les doigts afin que les différentes négociations aboutissent.

Y-P. L.

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Georgiana Viou : La Masterchef béninoise !

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Manager à l’affiche de ce  vendredi  sent bon les épices, l’oignon cébette, la coriandre, l’ail, le piment, bref, vous allez avoir faim en me lisant ! Et tant mieux. Régalez-vous au propre comme au figuré avec notre chef cuisinier, Georgiana Viou ! Ah mais pour une fois que c’est une femme qui est à l’affiche, il a fallu que ce soit dans le domaine de la cuisine. Stop les clichés. Je vous arrête tout de suite ! Oui j’aurais pu vous choisir un chef cuisinier béninois d’un des grands restaurants de la place. Seulement que je n’en connais pas qui aient fait parler du Bénin culinaire sur une grande chaîne de télévision française, qui depuis a fait le tour de plusieurs pays européens pour partager sa passion avec des milliers de gens, a ouvert sa petite entreprise à Marseille et donne des cours de cuisine à des petits et des grands dans ce pays. Bon, si vous en connaissez, n’hésitez pas, faites-moi signe et puis on en reparle !
Georgiana Viou est une jeune béninoise qui réside en France depuis 15 ans et qui est arrivée à la 13eme place de la première édition de ce sélectif et rigoureux concours de cuisinier amateur, Masterchef. Georgiana a quitté le Bénin en 1999 pour aller étudier les langues en France à l’université de la Sorbonne.  Quelques années plus tard, elle intègre une agence de communication où elle est coordinatrice d’évènements. Il y a neuf ans, elle  a posé ses valises   dans la ville phocéenne, où elle réside avec ses trois enfants et exerce son métier avec tout le dynamisme, la créativité et la simplicité qui lui ont valu la sympathie des membres du jury du concours. Toute cette énergie au service de l’art culinaire n’est pas venue ex-nihilo pourrait-on dire. En effet, la cuisine est une passion qui vit en elle depuis  qu’elle est toute jeune et qu’elle a su nourrir et cultiver aux côtés de sa mère. Disons qu’elle fera ses premières armes dans le restaurant de sa mère, La Case lumineuse à Cotonou dans les années 1990. Elle se souvient qu’à l’université elle régalait ses amis avec des petits plats. A l’époque, rien de bien élaboré et sophistiqué mais on note que l’amour du métier, l’envie de faire plaisir et de partager étaient déjà bien présents et ne cherchaient certainement que des occasions propices de s’exprimer davantage. Son emploi du temps bien rempli de jeune entrepreneur ne lui laisse pas toujours le temps de s’échapper de ses fourneaux afin de revenir au pays se ressourcer. Et quand c’est le cas, comme en ce moment, c’est souvent le lieu d’un marathon qui lui donne à peine le temps de souffler, partagée qu’elle est entre les rendez-vous professionnels et les visites à la famille et aux amis. Votre Quotidien a voulu saisir l’occasion de son court séjour au pays, en cette fin du mois d’octobre pour s’entretenir avec elle sur ses projets et sa nouvelle vie de chef cuisinier. Tout cela s’est fait dans une ambiance conviviale et autour d’un délicieux plat de tartare de bar. Bonne lecture, bon appétit !

Entretien réalisé par Djamila IDRISSOU SOULER

De l’eau a coulé sous les ponts depuis Masterchef en 2010. Qu’avez-vous fait depuis?

Hé bien beaucoup de belles choses se sont passées depuis et en grande partie grâce à cette belle expérience avec Masterchef. J’ai ouvert un atelier que j’ai tout simplement appelé L’Atelier de Georgiana ». C’est un atelier de cours de cuisine et de pâtisserie qui existait déjà et que j’ai racheté. J’y ai apporté ma touche personnelle en y ajoutant le principe de la dégustation le midi où les gens peuvent venir manger. Il y a un îlot central où se déroulent les cours qui se transforme en table d’hôtes les midis. Tout le monde mange autour de la même table. Moi je me réserve juste un espace pour dresser les assiettes, derrière j’ai les plaques où je cuisine. Et comme ça a commencé à avoir beaucoup de succès, j’ai mis une deuxième table dans le fond de la pièce, une grande table pour garder l’esprit de la table d’hôte. Les gens viennent à deux, trois quatre ou même tout seul. Et tout ça crée une ambiance bien conviviale, d’ailleurs assez unique à Marseille. C’est ouvert tous les midis du lundi au vendredi.


Vous employez combien de personnes pour faire marcher l’affaire ?


C’est une petite entreprise. Nous sommes trois : au début juste moi et mon plongeur. Et depuis la rentrée, j’ai une jeune dame que je forme pour le moment et qui s’occupe de la vente à emporter. Parce que nous avons également une clientèle assez différente de celle qui vient les midis. Il s’agit en fait de ceux qui préfèrent commander et manger hors du restaurant.


Précisons donc que tout cela se passe à Marseille où vous vivez depuis 9 ans et où apparemment vous êtes plus connue qu’au Bénin. Mais dites-nous un peu ce que vous réussissez à apporter d’original pour ne pas dire de « Béninois » à ce décor méditerranéen?


Ce que j’apporte c’est le fait que je cuisine avec mes origines béninoises, dans la mesure où moi je travaille beaucoup sur les marinades comme font nos mamans.  Donc une viande avant de la cuisiner je dois la mariner correctement avec du gingembre, de l’ail,  du poivre, etc. Il m’arrive de préparer des plats typiquement béninois comme  le « Amiwo » poulet par exemple que je mets au menu et qui passe très bien. Et récemment pour un évènement, j’ai même fait du « Kpétè », mais un peu transformé. C’est-à-dire que j’ai utilisé de la viande de cochon et le sang de cochon pour faire le civet mais à la différence d’ici plutôt que de le manger avec une polenta, j’ai fait un œuf mollet (œuf mi cuit) et une émulsion de pommes de terre. Mais le « kpétè » il y en avait vraiment beaucoup et bien assaisonné. L’œuf et la pomme de terre ont adouci légèrement. J’ai appelé ça L’œuf au sang. C’était, il faut le dire dans le cadre d’un évènement autour du monde baroque donc ça a bien passé ;  les gens ont trouvé ça fabuleux. Voilà et de plus en plus maintenant j’ai envie de mettre mes origines dans la cuisine que je fais à Marseille.

 
Comment tout cela s’est enchaîné. Les études de langues, le job dans une agence de communication et puis le changement de trajectoire pour vous retrouver aujourd’hui dans le monde de la cuisine.


En fait la cuisine m’a rattrapée. Dans l’agence de communication, très vite, dès le début j’ai dit à mon patron moi, mon truc c’est la cuisine. J’ai des enfants, j’ai des charges, il fallait bien pouvoir subvenir aux besoins de la famille. Donc c’était un travail, on va dire plutôt « alimentaire ». Je suis tombée sur un bon patron qui a compris. Au bout de trois ans, j’ai vraiment décidé de me lancer en cuisine et je suis partie. J’avais envie de rentrer au pays, parce que je pensais sincèrement m’installer ici. Je suis donc venue faire un peu de prospection et voir comment je pourrais m’établir. Mais c’est que dans la foulée, mes amies en France, qui se sont dit que je n’avais pas de boulot et que j’avais donc du temps libre ont entendu parler de ce concours et c’est comme ça qu’elles m’ont inscrite à Masterchef. Alors quand moi je suis retournée à Marseille après quelques allers-retours, j’avais du courrier qui m’attendait. Mon mari me dit : tu dois te présenter à une émission de cuisine avec un plat ! Voilà l’histoire. C’est comme ça que je me suis retrouvée à ce concours sur TF1. Hé bien j’y suis allée et à ma grande surprise j’ai été prise, j’ai gravi tous les échelons, jusqu’à la 13ème place. Nous étions quelques milliers au tout début pour les grandes sélections et ils en ont retenu 100 pour entrer dans la grande cuisine, après ils en ont gardé 20 finalistes et ensuite ils ont écumé jusqu’à la finale.


Nous au pays, nous avons pu suivre tout ça sur la chaîne TF1 et nous étions fiers parce que vous étiez la seule béninoise du lot.


C’est vrai, les candidats venaient de tous les horizons et c’est vrai aussi qu’il y a beaucoup de Béninois qui cuisinent en France et qui cuisinent très bien d’ailleurs. Mais je suis restée la seule béninoise à avoir participé à cette émission à ce jour.

Dites-nous comment vous avez réussi à vous distinguer?


Disons que j’ai toujours été passionnée de cuisine, parce que j’ai baigné dedans. Comme vous le savez, ma mère avait un restaurant, La Case lumineuse. Et quand je suis allé en France je me suis naturellement intéressée à la cuisine française, par rapport aux enfants, par rapport au mari que j’avais. Mais bon je n’étais pas une grande cuisinière en tant que tel. Et c’est vrai que pour cette émission, je stressais un peu et je me suis demandée dans quoi je m’embarquais. Je me sentais complètement comme un outsider. Les autres candidats parlaient de leurs émotions d’enfance, de la soupe de leur grand-mère. Moi ma grand-mère elle me faisait de la pâte avec du gombo. Quand pendant l’émission, on nous remettait les ingrédients pour faire nos plats, moi je ne retrouvais rien de ce que je connaissais pour  faire des plats qui rappelaient mes émotions d’enfance (éclats de rires). Je crois que j’y suis allée au feeling en fin de compte. Avant d’aller à Masterchef,  j’avais déjà envie en tout cas de faire de la cuisine mon métier. Peut-être pas à un niveau très élevé, étoilé etc. parce qu’étant mère de famille, je ne pouvais plus me permettre de m’absenter pendant un an pour aller suivre une formation à l’école et donc par la force des choses que je me suis « auto-formée ». Je peux dire que je fais, ce que je dis souvent, une cuisine de maman toute simple mais qui a du goût et je m’attèle à ça depuis quatre ans. J’avance tout doucement mais sûrement.


Quel message pourriez-vous adresser à des jeunes ayant la passion de la cuisine comme vous, et qui seraient certainement en train de douter de réussir à en faire un métier ?


La cuisine c’est des horaires très lourds. On commence très tôt et on finit très tard. C’est un métier exigeant, difficile, il faut vraiment aimer ça pour le faire. Contrairement parfois à l’image que l’on peut s’en faire, la cuisine ce n’est pas juste on a des ingrédients, on mélange et à la fin on fait un joli dressage. C’est sympa, c’est ma passion j’adore ça mais derrière il y a de la rigueur à avoir. La vie de tous les jours, professionnellement c’est un peu plus compliquée que ça. Moi, ma journée type par exemple, c’est je vais faire mes courses à 7heures du matin. Il y a les cours qu’il faut taper, les recettes à écrire en amont, tout l’administratif dont il faut s’occuper, le site internet, etc. C’est du management, une affaire qu’il faut réussir à faire tourner et pouvoir en vivre. Donc au début moi j’ai commencé seule. On est dans un pays où les charges sont lourdes et si on s’amuse à prendre n’importe qui pour chaque tâche très vite on se retrouve coincée. Il faut donc accepter dans un premier temps de se sacrifier, se retrousser les manches et être au four et au moulin. Et une fois que ça commence à tourner et qu’on arrive à avoir de la trésorerie on peut commencer alors à élargir l’équipe, rajouter des personnes à des postes clés. Il faut donc que la passion soit plus forte que tout. Moi je vis aujourd’hui de ce métier et je ne regrette rien. Je ne le fais pas par passe-temps. La cuisine est un secteur ou a priori on ne devrait pas chômer tant qu’on fait quelque chose de bon et qu’on ne se moque pas du client.


Comment vous projetez-vous dans les quatre prochaines années ?


Dans quatre ans, j’espère que j’aurais un nouvel établissement, un vrai restaurant différent de l’Atelier, toujours à Marseille. Et une fois que ce projet sera bien établi, j’espère pouvoir rentrer à Cotonou pour ouvrir un restaurant ou en tout cas, m’investir dans la formation (même si cela paraît des grands mots) à travers une école de cuisine, dont je ne m’occuperais pas toute seule. L’idée serait de trouver des investissements qu’ils soient publics ou privés et surtout avec les relations que j’ai en France, amener des gens à parrainer ce projet pour être sûr qu’il soit mis en œuvre comme il se doit et que l’on puisse à Cotonou et au Bénin en général, on ait à la fin des cuisines comme il se doit et justement pourquoi pas susciter des vocations.

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Mini bio


 

Georgiana est née le 10 novembre 1976. Elle a fait ses études primaires et secondaires successivement au Collège Montaigne et au Collège de l’Union. Elle entamera des études d’Anglais à l’Université d’Abomey-Calavi avant de partir étudier à la Sorbonne en France en 1999. Elle a travaillé pendant une courte période dans une agence de communication avant que l’aventure Masterchef, concours de cuisine organisé par la chaine de télévision française depuis 2010, ne lui donne définitivement la possibilité d’exprimer totalement sa passion pour la cuisine. Elle vit dans la ville de Marseille depuis 2006 où elle a ouvert son atelier dans lequel elle donne des cours de cuisine.
Toutes les informations sur son atelier sur le site : www.gorgiana.fr

Ma cuisine de Marseille


 

« Ma Cuisine de Marseille », est le premier livre de recettes de cuisine écrit par Georgiana Viou en 2011. Ce livre est l’histoire de rencontres, d’un coup de foudre. Il contient des recettes typiquement marseillaises. Elle l’a écrit à l’issue de quelques recherches et en s’inspirant de produits du terroir.

Georgiana chez vous


 

Georgiana chez vous c’est un ensemble de documentaires qui a été diffusé sur la chaîne Voyage. Elle a permis à « notre Masterchef » de faire un tour d’Europe de la cuisine. De ville en ville, elle s’invite au sein de familles pour leur apprendre à faire des recettes simples et variées. L’objectif est de réussir à prouver que même dans les conditions du quotidien, où il arrive que l’on manque de temps et de moyens, on peut tout de même réussir à faire une cuisine équilibrée et avec des produits locaux.

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Eau, hygiène et assainissement : Alain Tossounon publie un recueil d’articles sur la problématique

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Un recueil d'articles sur le secteur de l'eau, l’hygiène et l'assainissement au Bénin, en Afrique et dans le monde est désormais disponible. C’est une œuvre du journaliste Alain Tossounon qui a été présentée au public, ce mardi 28 octobre à Cotonou.

Alain Tossounon contribue de façon remarquable à la gestion durable de l’eau. Le journaliste se fait aussi l’apôtre de l’hygiène et de l’assainissement. Sa façon à lui de mener ces différentes luttes, c’est de mettre à la disposition des lecteurs du Bénin et d’ailleurs, de la documentation fournie afin qu’ils se fassent leur religion.  Le recueil est une compilation de douze de ses articles d’nvestigations, étalés sur 44 pages. Les productions de presse d’Alain Tossounon portent sur le secteur Wash qui  fait  l’objet de ses préoccupations depuis quelques années. « Recueil de meilleurs articles de presse sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement. 2008-2014 » est le titre de ce document réalisé avec le soutien de divers organismes qui s’occupent de la problématique de l’eau et de l’assainissement au Bénin et en Afrique.
Le journaliste Alain Tossounon est titulaire d’un Master en journalisme et médias. Ancien journaliste de l’hebdomadaire spécialisé dans les questions de décentralisation « Le Municipal », l’auteur a suivi plusieurs stages au Bénin, en Afrique en Europe et en Amérique et a couvert de nombreux de grands événements liés aux questions de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Plusieurs prix enrichissent le palmarès de Alain Tossounon qui est aussi actif dans l’engagement citoyen. L’actuel Président de l’Association des jeunes volontaires pour la paix et le développement au Bénin (Ajvpd) a remporté quelques prix grâce à des articles qui sont repris dans le « Recueil de meilleurs articles de presse sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement. 2008-2014».
A travers cette publication, Alain Tossounon veut montrer l’importance de la spécialisation pour le journaliste. Le lancement a connu la présence de plusieurs confrères,  du Conseiller technique de la ministre de la Santé au partenariat, Dr Edmond Gbèdo et de la Représentante de l’Eaa (Bénin), Coura Ndoye.

Yves-Patrick LOKO

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Passage de l’adolescence à l’âge adulte dans le Nord-Bénin : La flagellation, un rituel séculaire qui perdure dans le temps

flagelation

(Le Dg Soumanou Séibou Toléba impacte l’édition 2014)
Une fois encore, la commune de Ouaké située dans la Donga, a abrité la fête rituelle de la flagellation. C’était ce samedi 25 octobre où le Directeur général de la Sobémap a apporté sa contribution au développement.

La grande manifestation de flagellation organisée chaque année par la population Lokpa a encore tenu ses promesses cette année. Culture séculaire des Lokpa du Bénin et d’ailleurs, la cérémonie de flagellation  a été l’occasion pour l’ancien ministre de la culture Soumanou Séibou Toléba, actuel Directeur général de la Sobémap, d’apporter son assistance à la réussite de cette manifestation. Plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette fête qui a enregistré la présence de  Blaise Tchéchao, Directeur du Fonds d’aide à la culture. Le conseil communal de Ouaké et le représentant du Ministre de la jeunesse des sports et loisirs, qui ont également assisté à la manifestation, ont apprécié l’organisation de ce festival dont la réussite cette année, ne fait l’ombre d’aucun doute.
A l’occasion, le bureau exécutif de l’Ong Gradd du Professeur Soumanou Toléba, à travers son équipe médicale, a soigné et fait des dons de médicaments à des malades atteints d’infections bucco-dentaires. En  janvier 2014 déjà, une mission conjointe des Ong Gradd, de Nomade médical de France, et la fondation Fiogbé avait mené les mêmes opérations en direction des populations d’Abomey-Calavi, de Djanglamè, de Grand-Popo, de Bohicon, d’Abomey, de Zogbodomey, de Ouaké et de Djougou.
Avec cette présence remarquable à la cérémonie de flagellation , édition  2014, Soumanou Toléba a démontré que culture et humanitaire peuvent être associés pour le bonheur des populations.

Mike MAHOUNA

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