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Culture

Ousmane Alédji à propos des dernières touches pour le Fitheb « Nous avons concocté une programmation très attractive aux différents lieux retenus pour la circonstance »

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A quatre jours du démarrage de la douzième édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), Ousmane Alédji a rencontré la presse ce mercredi 03 décembre 2014. Le point des préparatifs de cette édition qui démarre le 6 décembre prochain, était à l’ordre du jour de l’ultime rencontre avec les médias.
Présentation de la programmation définitive avec les dates et les lieux de prestation des compagnies ; rappel des villes qui accueillent Fitheb 2014 que sont les trois communes à statut particulier…Tels sont les grands ensembles autour desquels s’est focalisée la rencontre de ce mercredi 03 décembre entre la direction par intérim du Fitheb et les médias. Levant un coin de voile sur la cruciale question du budget de cette édition et de sa gestion, Ousmane Alédji  a fait savoir que 195 millions de francs sont prévus avec une contribution de 150 millions de la part de l’Etat béninois. « …le Fitheb y apporte 40 millions. Le reste provient de partenaires privés ». Selon le Directeur par intérim du Fitheb 2014, l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) qui a annoncé son soutien, n’a pas encore annoncé le montant de sa contribution.
Il est mis en place des « outils nécessaires pour ne ni organiser un festival à crédit, ni laisser des gaps » dira Ousmane Alédji qui a sûrement encore en souvenir, la gestion passée des hommes qui ont présidé aux destinées de la biennale par le passé.

Des participations revues à la baisse

Des pays ont refusé à leurs compagnies de se rendre en Afrique de l’Ouest a fait savoir au cours de la rencontre, le Directeur par intérim du Fitheb qui a annoncé que de la quarantaine de spectacles invités, seulement la moitié figure dans la programmation définitive. Pour ce qui est de la vingtaine de compagnies étrangères  participantes, ce nombre réduit n’enlèvera rien à la qualité de la fête a fait savoir le Directeur. « Nous avons concocté une programmation très attractive au différents lieux retenus pour la circonstance » dira-t-il.
L’occasion a été propice pour Ousmane Alédji d’inviter le public auquel s’intéresse le festival à sortir massivement. Car, il est prévu dans le cadre du festival, des spectacles déambulatoires, de rue et des spectacles en salles. Il suffira au public de débourser juste 1.000 francs Cfa pour participer aux spectacles en salles.

Des kits de lavages de mains disponibles

La hantise des maladies hémorragiques qui menacent l’Afrique de l’Ouest, est prise au sérieux à en croire Ousmane Alédji qui promet que des kits automatiques de lavage de mains au savon seront installés sur les différents lieux de représentation, pour permettre à tous de respecter au moins cette règle d’hygiène.

YPL

Les différents lieux de spectacles

A Cotonou :
Le village du festival installé à la Place Lénine à Akpakpa.
Le siège de la biennale (ex Cine Vog)
L’Institut français
Le centre culturel Artisttik Africa (Agla),
Blackstage (Akpakpa)
Esplanade du Stade de l’amitié.

A Porto-Novo :
Maison Internationale de la Culture (MIC)

Parakou :
Annexe de l’Institut français
Pour les spectacles Off,
Espace Mayton (Abomey-Calavi) et Espace Ancrage (Parakou).

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A quelques heures du démarrage du Fitheb : Le siège de l’institution fait sa toilette

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Coup de pinceau par-ci, nettoyage par-là. Le siège de la direction du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) fait sa toilette.

Pas de doute que le Fitheb 2014 aura lieu. Actuellement, l’heure est au nettoyage du siège. En effet, considéré comme une vitrine en ce sens qu’il verra défiler les festivaliers d’ici et d’ailleurs, l’ex-cinéma Vog devenu entretemps le Centre d’accueil des spectacles vivants (Casvi) se met au propre. Un tour devant le bâtiment situé sur l’avenue Steinmetz et le constat est plus que frappant. La devanture du siège du Fitheb change de physionomie avec l’ajout de quelques détails dont une lumière qui attire l’attention. Cela ne pouvait en être autrement, tant les gens ont croisé les doigts pour que se tienne cette édition de la relance pour une biennale qui aura souffert de la gestion faite par ses anciens dirigeants. Tout se met donc progressivement en place pour que la fête du théâtre soit une réalité.

YPL

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Après le Sima à Dakar : L’artiste Adjima à la conquête du Mali

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Une semaine après son retour du Sénégal où il a participé au Salon international de la musique africaine (Sima), Adjima est remonté sur la capitale malienne ce lundi 1er décembre. A quelques heures de son départ, l’artiste qui a à son compteur trois albums audio, a échangé avec la presse.

« Je m’en voudrais de ne pas tirer un grand coup de chapeau à Eric Gbêha, le vice-président du Bureau export de la musique africaine » L’artiste est reconnaissant et le fait savoir. Car, l’histoire du voyage de Adjima a commencé avec le Festival  Africa Fête itinérant organisé il y a quelques mois à Cotonou. Sur les 18 artistes béninois ayant participé à cette fête de la musique africaine, c’est seul Adjima qui a été retenu pour représenter le Bénin au Salon international de la musique africaine (Sima) tenu à Dakar. Le jeune artiste s’est donc rendu à Dakar grâce à quelques soutiens dont le ministre Barthélémy Kassa qui a pris en charge les huit billets de voyage du groupe de Adjima. Emmanuel Kombiéni que l’artiste remercie également, a donné à la délégation de quoi vivre à Dakar. Au Sima,  « tout a été bien…j’ai été bien accueilli » dit tout satisfait l’artiste qui juste après une balance a impressionné les festivaliers. Parti pour prester au cours d’un seul spectacle, il a, au finish, donné trois autres concerts. Tant, les gens étaient unanimes pour reconnaître les talents de son orchestre et apprécier sa musique.

Et, l’invitation pour la « rivière aux crocodiles »

Aujourd’hui mercredi 03 décembre, Adjima est  l’artiste invité de l’émission Tounkagouna. Un showcase conçu et  animé par le maestro Boncana Maïga. L’émission dont la diffusion commence le 02 janvier 2015, tournera  sur l’ensemble du réseau Tv5 Monde pendant six mois. « C’est dès mon premier jour à Dakar que Boncana Maïga m’a remarqué » confie Adjima qui est à Bamako depuis lundi dernier avec ses musiciens et danseurs. En dehors de l’émission, l’artiste va évoluer dans un spectacle. « Quand nous restons confinés chez nous, on a tendance à croire que c’est pour nous seulement que nous faisons notre musique » fait savoir Adjima qui ne s’attendait pas à ce que son œuvre reçoive l’assentiment des gens d’ailleurs. « Des chinois qui m’ont enregistré sur Cctv ont même apprécié ma musique » dit-il fièrement,  l’artiste pour qui ce voyage sur le Mali est l’un des fruits du Sima où expériences, amitiés, collaborations et opportunités étaient au rendez-vous. Une nouvelle aventure commence alors pour l’artiste.

Y.P.L.

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Finale de la 5ème édition du festival Ségan : Belfrida Fossou de l’Atlantique -Littoral enlève le trophée

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(Pari gagné pour le promoteur Prosper Bohoun)
Après plusieurs semaines de détection à travers les douze départements du Bénin, un talent de la danse a réussi à se révéler. A l’honneur, une des douze finalistes du festival concours des rythmes d’origine béninoise, Ségan, qui a confirmé son savoir-faire. La finale vient boucler la boucle de la 5ème édition de l’événement qui a eu pour cadre, la place des martyrs, ce samedi 29 novembre 2014.

Belfrida Fossou (14,64 pts, Atlantique-Littoral), c’est le nom de la championne du concours national de danse pour la valorisation des rythmes d’origine du Bénin dénommé Ségan, édition 2014. Les rideaux sont tombés sur la 5ème édition, samedi dernier, devant un parterre de professionnels de la danse et des autorités en charge de la culture. La gagnante a été suivie de Carène Vidjennagni (14,58) et de Davy Aligbé (14,56) respectivement 2ème et 3ème parmi les douze finalistes qui ont mesuré leur talent à la phase finale. Au menu, six rythmes à savoir le ‘’Eyô’’, le ‘’Akonhoun’’, le ‘’Kouloumbou’’, le ‘’Akpoka’’, le ‘’Dikontri’’ et le ‘’Sinsinnou’’, du Mono-Couffo, ont été exécutés à tour de rôle par chacun des douze candidats à l’occasion de cette soirée de célébration de la diversité artistique.

Une moto de marque ‘’Dream’’ de couleur cendre, un ordinateur portatif et un trophée ; un ordinateur portatif ; un écran plasma. Ce sont les lots respectivement remportés par la lauréate et ses deux dauphins. Les neuf autres finalistes ont aussi été gratifiés d’importants lots dont des smartphones. A en croire le promoteur du festival, qui a été soutenu par le ministre de la culture, la prochaine édition du festival ‘’Ségan’’, la 6ème édition de son existence, sera consacrée à d’autres défis encore plus grands. Il s’agira de faire élargir l’éventail du projet avec d’autres concours tel que celui organisé cette année entre plusieurs humoristes dont les cinq meilleurs ont été primés.

Loth HOUSSOU 

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Les Cœurs d’or 2014 : Des artistes engagés

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La  quatrième édition du projet de collecte de vivres et autres pour le compte des personnes démunies se tiendra le dimanche 07 décembre prochain. A l’occasion, comme par le passé, des artistes et musiciens sont associés dans le cadre d’un concert pour la bonne cause.

Une seule clé pour suivre les prestations des différents artistes qui ont accepté offrir leur voix pour donner de l’amour aux personnes défavorisées et en situation difficile. Il s’agira pour le public de venir avec des vivres ou divers produits (vêtements, pâtes alimentaires, sacs de riz, jouets). Des vivres et autres dons qui seront ensuite distribués aux familles, enfants abandonnés et prisonniers. A l’occasion, une chanson « Donnons un peu de vivres » a  été enregistrée.
Quatre rubriques forment le projet « Les Cœurs d’or ». Il y a d’abord une phase d’investigation. Une enquête qui permet de recenser des centres afin de cibler la destination des produits et vivres collectés. La phase de la pré-collecte, le concert que des artistes acceptent de donner sans aucun cachet et l’ultime phase du projet qui consiste à distribuer aux centres détectés par une commission, les vivres récoltés et enregistrés.

Nobles objectifs…

C’est depuis trois ans que le projet « Les Cœurs d’or » est mis en œuvre. Une initiative de l’artiste béninoise Enagnon Ahamada alias Miss Espoir. « Les Cœurs d’or » à en croire le comité d’organisation permet de nourrir près de 300 enfants tous les mois de décembre. Le rendez-vous est donc pris pour le dimanche 07 décembre prochain au Hall des arts de Cotonou pour vivre ce spectacle qui vise le bien-être social. Pour cette édition, des artistes étrangers et de la diaspora ont donné leur accord pour être de la partie.

YPL

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5ème édition du festival Ségan : Douze finalistes en lice pour le grand trophée de demain

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Après la phase départementale organisée du 08 au 30 août,  la 5ème édition du festival de valorisation des danses traditionnelles du Bénin, Ségan, connaîtra son épilogue ce samedi 29 novembre 2014. Ce sera à l’issue de la soirée qui mettra aux prises les douze (12) finalistes de la compétition marquée cette année, par l’installation du ‘’Village Ségan’’  à la Place des Martyrs.

‘’Dikontri’’ de l’Atacora-Donga, ‘’Sinsinnou’’ du Borgou-Alibori, ‘’Akpoka’’ du Mono-Couffo, ‘’Akonhoun’’ des Zou-Collines, ‘’Eyô’’ de l’Atlantique et du Littoral et ‘’Kouloumbou’’ de l’Ouémé-Plateau. Ce sont les six rythmes des douze départements du Bénin sur lesquels les douze finalistes démontreront leur talent à tour de rôle. Ce sera demain samedi 29 novembre devant un jury. Les artistes finalistes iront ainsi à la quête du trophée de la 5ème édition du festival Ségan. Eux, ce sont Vidjennagni Carène Dotou, Houénou Christian, Maissouna Nassirou, N’da N’Kouei Sébastien,  Aligbé Davy, Fossou Belfrieda, Malènou Marc, Gbaguidi Richard, Sabi Dakara Saoudatou, Moya Yérima Aziz, Sèkpo K. Bertille et Djossouvi Codjo Athanase qui mesureront leur savoir-faire à cette fatidique finale.
Mercredi 26 novembre dernier, les véritables couleurs de cette édition ont été annoncées à travers le lancement officiel du ‘’Village Ségan’’. Occasion au cours de laquelle autorités, artistes, danseurs professionnels conviés pour la circonstance, ont été sidérés par la spéciale touche apportée à l’organisation cette année par le promoteur du festival Prosper Bohoun. Il a rappelé les objectifs spécifiques qui justifient l’initiative de cet événement qui veut se faire une place de choix au nombre des grands festivals organisés au Bénin, voire en Afrique. Sous la houlette du président du comité d’organisation, les invités et spectateurs mobilisés, se sont régalés hier sous les admirables prestations des groupes de danse invités dont ‘’Les Super Anges Whendo na boua’’ et  ‘’Les As du Bénin’’.
Un concours d’humour est prévu pour ce jour, vendredi avant la grande finale prévue de samedi, autour d’une soirée de gala.

Loth HOUSSOU

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Entretien avec Patrick Ruffino : « Je suis fier de mes sœurs » confie l’artiste

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Le bassiste Patrick Ruffino est actuellement en séjour au Bénin, son pays. Entre lancement de son nouveau, concert à l’Institut français du Bénin et au Blackstage et les nombreuses interviews télé et radios, l’artiste a pu nous consacrer un bout de temps. Une plage horaire mise à profit dans le coquet Vip du cinquième étage du Bénin Royal Hôtel de Cotonou.
A travers notre entretien à bâtons rompus, Patrick s’est prononcé sur Satô et Sê, ses deux derniers bijoux, le sort de son groupe Fâ et de ses projets personnels.

C’est le samedi 08 novembre dernier que le bassiste, devenu chanteur depuis quelques années, a présenté son nouvel album à Cotonou. « Sê » est le nom de ce bijou préféré par le promoteur Gilles Gbaguidi, obligeant du coup Patrick Ruffino à réserver l’album « Satô » qu’il pensait mettre sur le marché. En attendant l’année prochaine où ce livre sonore sera officiellement disponible, Patrick en a donné un avant-goût au cours de son concert du samedi 16 novembre à l’Institut français du Bénin. Pour l’artiste, « Satô » qui va reprendre deux morceaux du projet « Kadjèhoun », « Orêmi Ofê » et le titre éponyme « Kadjêhoun » est en effet un disque de recherche très sélect fait de recherches que le public occidental aura du plaisir à déguster.

« Sê », une réalisation live orchestrée en deux jours

Beaucoup de réalisations sont à mettre à l’actif du bassiste-chanteur Patrick Ruffino qui signe sa troisième œuvre en solo. C’est avec fierté qu’il parle des projets collectifs au sein desquels il a évolué tout au long de sa carrière qui a commencé depuis plus d’une vingtaine d’années. Il évoque pêle-mêle Projet République, sahel et bien d’autres. Patrick s’apprêtait à mettre sur le marché « Satô » du nom d’un tam-tam funéraire du sud-Bénin quand le promoteur Gilles Gbaguidi a eu un coup de cœur pour « Sê » entièrement réalisé en live en moins de trois jours dans le studio de l’artiste en France.

Quid de son groupe « Fâ » ?

Patrick Ruffino au cours de la rencontre, s’est prononcé sur  le groupe « Fâ » qu’il a fondé en 1997  en compagnie de Gabin Assouramou son cousin, de Kamarou Dègbogbahoun  et de Joselito Alapini entre autres artistes. Occasion pour lui de revenir sur les différentes formations au sein desquelles il a mené sa carrière. Patrick aura mis à contribution son leadership dans la constitution de groupes comme 4 sur 4 devenu 3 sur 4, Cyclone Bcc (Bénin-Congo-Cameroun), Vertige, Sahel et Fâ. Etant initiateur de ce dernier groupe, il fallait que Patrick fasse un choix clair. Conseillé par le grand Lokua Kanza et autres sommités de la musique africaine, l’artiste Patrick Ruffino a dû opter pour rester dans l’Hexagone, mettant ainsi en veilleuse le groupe Fâ qui aura en quelques temps glané quelques reconnaissances musicales au Bénin. Assurant être toujours en contact avec Gabin Assouramou un des grands percussionnistes et batteurs béninois, Patrick Ruffino n’écarte pas la possibilité de faire des projets en commun avec les anciens membres de Fâ avec qui il jure avoir partagé de très forts moments. « Il n’y a pas de guéguerre entre nous » a affirmé le « mâle » de la fratrie artistique des Ruffino.

Un possible topo avec Fafa, Raïssa et d’autres…

« Je suis fier de mes sœurs » confie Patrick, le frère des non moins artistes Fafa et Raïssa Ruffino. Ces deux sœurs inscrivent aussi leur nom dans les annales de la musique béninois depuis un temps et le frère n’écarte pas la possibilité d’une réalisation avec ses cadettes. D’ailleurs, il intervient en tant que réalisateur et arrangeurs sur les morceaux de Fafa. Le single « Assoutché honton » a été une communion des talents du frère et de la sœur Ruffino. « Il faut que la sauce prenne » a dit Patrick Ruffino qui a beaucoup d’autres projets en tête. Il a déjà calé un topo avec une artiste camerounaise. En collaboration avec Faso Ouattara du Burkina, Patrick est sur une initiative. Sans oublier qu’il envisage une très prochaine initiative avec le groupe Simpson. En attendant, il continue d’être co-arrangeur sur les albums du bénino-togolais King Mensah.

Kiri Kanta, Franck Alain, Sergent Markus, Elodie Tchibozo, Loïc Martin, Max Lolo, Jean-Richard Codjia et Moïse Maté sont des noms qui sont ressortis au cours de la rencontre avec Patrick Ruffino qui a déjà travaillé avec ses grands noms de la musique béninoise. Celui qui voue une admiration franche pour Sagbohan Danialou, l’orchestre Poly-Rythmo, GG Vickey, Gnonnas Pedro et les autres sommités de la musique béninoise et africaine, a été enchanté par la forte présence de ses compatriotes béninois à son concert du 15 novembre à l’Institut français. Patrick Ruffino se réjouit de la combativité dans nombre de domaines, de la jeunesse béninoise qu’il encourage à aller de l’avant.

Yves-Patrick LOKO

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Sylvain Treuil, Directeur de l'Institut Français du Bénin : Un management novateur au service de la culture

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Elle trône majestueuse et plus belle que jamais. C’est qu’elle refuse de vieillir la grande dame ! A cinquante ans et des poussières, l’institution située en plein cœur de la grouillante capitale économique béninoise, s’impose comme une actrice incontournable de la promotion artistique et culturelle au Bénin. Une institution  et un gage de crédibilité pour les artistes qui y exposent leurs talents et se soumettent à la critique d’un public de plus en plus diversifié et exigeant.
Un espace de création, de diffusion, d’évasion, un carrefour de rencontres, d’échanges et de partage de savoirs, l’Institut Français du Bénin est tout cela et bien plus encore pour ses nombreux visiteurs. Sa jeunesse et sa modernité, il la doit aux différents managers qui se sont succédés à sa tête et qui ont chacun à leur tour et chacun avec son style, su le réinventer, l’adapter aux différentes époques qu’il a traversé avec panache. Une vingtaine de personnes travaillent activement pour tenir la médiathèque, l’auditorium, les différentes salles de spectacles, le grand parc ouvert, les salles de cours, etc. Sylvain Treuil est le chef d’orchestre de cette équipe au service de la coopération bilatérale et du rayonnement de la diplomatie culturelle de la France.
Né à Madagascar de parents coopérants, Monsieur Treuil n’a pas voulu rompre les attaches avec ce continent qu’il affectionne. Cet enseignant, gestionnaire de projets culturels, et passionné de cinéma a décidé de servir son pays à partir de l’Afrique et cela fait au moins vingt ans que ça dure. Il connaît bien l’Afrique centrale, il a fait les pays comme le Cameroun et l’Algérie. Mais, le Bénin, demeure pour lui une destination de choix. Comme il l’affirme : « Le Bénin est un pays très agréable, calme, il n’y a pas de violence, les Béninois sont très accueillants, il y a une très grande richesse culturelle ». Mais que de clichés je lui rétorque alors ! Oui, peut-être mais des clichés qui sont vrais, riposte Monsieur Treuil.
Il est au poste depuis septembre 2012 et travaille, comme il le souligne lui-même, « à remettre en marche l’Institut » et à davantage «  pousser la création béninoise et soutenir les artistes ». Sa priorité à terme est d’accroitre la coopération culturelle afin de mieux soutenir et accompagner les opérateurs culturels locaux.

Nous sommes ici dans un cadre qui respire la propreté et la fraîcheur. Ça a l’air sans doute banal et évident mais la propreté, est-elle une de vos priorités ?

C’est effectivement une priorité. Quand je suis venu à l’Institut en septembre 2012, je n’ai pas trouvé un institut qui faisait preuve de modernité, j’ai trouvé plutôt un Institut désuet qui avait vieilli, dont les différents directeurs n’avaient pas suffisamment pris soin à mon sens….


Ces anciens directeurs ne seront pas contents !

Oui ils ne seront peut-être pas trop contents mais vous savez le climat est assez difficile donc s’il y a un manque d’entretien ça se dégrade assez vite. C’est un travail en permanence. C’est un peu l’image de la France, donc il faut être moderne, avoir des bâtiments agréables à vivre où les gens sont contents de venir. En arrivant la première chose que j’ai faite était d’inspecter les toilettes publiques pour voir l’état dans lequel elles étaient. Et c’était justement dans un état catastrophique. Donc, cela a fait partie de mes premiers travaux. C’est une nécessité, un impératif d’avoir des bâtiments qui répondent aux normes de propreté, de visibilité, qui soient fonctionnels pour tout le monde.


Vraiment pour tout le monde ? On se dit justement et peut-être à tort que l’Ifb est un lieu paS trop élitiste et plus encore, un espace réservé au « Yovos » comme on dit chez nous.

Non, nous espérons ne pas l’être. Le bâtiment est ouvert. Il y a régulièrement des spectacles gratuits et évidemment tout le monde est invité à venir. Laissez-moi vous dire que 95% de notre public est béninois. Les instituts français n’ont pas été créés dans le monde pour satisfaire à la demande des « yovos ». Nous sommes d’abord là pour les Béninois et si ce préjugé perdure il faut lutter contre.

On apprend que la France a fermé quelques établissements culturels dans le monde. Dites-nous pourquoi et comment vous justifiez le maintien en service de ceux de l’Afrique de l’ouest, notamment ?

La  carte du monde, l’évolution de la politique française fait qu’il y a un déplacement vers les pays émergents, comme l’Inde, la Chine, le Brésil, la Russie par exemple, où on a des créations d’Instituts ou d’Alliances françaises. Donc forcément si on crée quelque part, il faut fermer ailleurs. Vous connaissez la crise économique que vivent l’Europe et la France, notamment. On a des restrictions budgétaires donc il faut équilibrer, faire en fonction des intérêts géopolitiques de la France et pour accompagner les pays émergents qui sont dans un développement accru. Pourquoi il y a toujours des Instituts en Afrique de l’ouest, hé bien pourquoi pas ?

Certains pays sont-ils plus intéressants que d’autres ?

Non pas particulièrement.


Est-ce que c’est en fonction de la politique extérieure de la France dans chaque pays, que l’Institut prend de l’importance ?

Si on prend le Bénin, c’est un pays qui fait à peu près dix millions d’habitants et vous avez un Institut qui est très important. Le Nigéria a cent vingt millions d’habitants et l’Institut est beaucoup plus petit. Pareil, si vous prenez l’exemple du Togo ou du Niger. C’est lié à l’histoire. Il n’y a pas vraiment de raison particulière à ce qu’un centre soit plus gros d’un pays à l’autre. On peut avoir un petit pays avec un grand centre et un grand pays avec un petit centre. Pour la petite histoire, le Centre de Cotonou devait être créé à Porto-Novo au départ, il y avait une négociation, une demande pour que cela soit fait à Porto-Novo et l’histoire a voulu que cela soit placé à Cotonou qui était une ville en développement. En 1963, le terrain où se trouve aujourd’hui l’Institut était en friche, il y avait beaucoup de choses qui n’étaient pas encore construites sur toute cette partie jusqu’à l’aéroport. Donc, c’est peut-être la taille du terrain dont avait bénéficié la France entre l’Ambassade et l’Institut qui a impliqué une construction importante. Après, c’est lié aux différents directeurs et conseillers de coopération qui ont parcouru cette période et qui se sont sans doute battu pour avoir un grand théâtre de verdure, une paillotte, tout cela n’existait pas au départ. Ce n’est pas la France qui décide, ce sont les Directeurs qui sont sur place et qui essaient de forcer les choses pour avoir plus de crédits, plus d’équipements.


L’Institut Français a une annexe à Parakou. Vous pourriez décider d’en avoir une autre dans une autre grande ville du pays, cela est-il prévu ?

Non, ce n’est pas prévu. Au contraire ce qui a été décidé c’est de fermer toutes les annexes dans le monde. C’est d’ailleurs le cas dans beaucoup de pays africains. Parakou est certainement une des dernières annexes encore opérationnelle en Afrique. C’est une exception on va dire.

Tout est fait pour rendre la France belle et attrayante en même temps qu’il devient de plus en plus difficile de pouvoir contempler sa beauté de plus près (sourire).

Je ne vous suis pas sur ce plan là parce que ce n’est pas les chiffres que l’on a. le nombre de visas délivrés est en augmentation. Je sais que les chiffres sont en forte progression. La France est dans une période où justement, la politique des visas est plus ouverte que par le passé. Et quand on dit plus ouverte, c’est pour voyager. Ça ne veut pas dire que les gens qui demandent le visa veulent nécessairement s’installer en France. Il y a beaucoup de fausses impressions à ce sujet, mais il faut voir la réalité des chiffres. Pour les Béninois, les chiffres dépassent les 10.000 par an. Le consulat de France pourra certainement mieux répondre à vos questions que moi (sourire).


L’Institut offre au Bénin, une belle vitrine de promotion aux artistes béninois particulièrement. Est-ce qu’ils bénéficient d’un soutien institutionnel de votre part pour une meilleure visibilité en France et des possibilités d’échanges avec leurs homologues ?

Nous nous occupons du Bénin, mais effectivement via l’Institut Français de Paris, il y a des appels à projets et les artistes béninois peuvent participer pour faire des résidences de création, des échanges artistiques. Dans ce cadre, il y a des artistes béninois qui partent régulièrement en France pour échanger, pour créer. L’Ifb mobilise ses crédits sur le Bénin, parce que nous n’avons pas l’envergure financière pour aider des artistes à faire des représentations ou des concerts en France. Mais dès qu’on peut, on joue un rôle de facilitateur de contact plutôt. Il y a de nombreux jeunes que nous essayons de promouvoir ici depuis deux ans. On essaie de faire au moins trois ou quatre jeunes artistes chaque année. On a déjà exposé Benjamin Deguenon, Marius Dansou, Rémy Samuz, et ces artistes-là ont bénéficié en partie, de cette visibilité qu’ils ont eue depuis leur exposition pour des projets en France.

Que pensez-vous de la floraison d’espaces culturels privés au Bénin et travaillez-vous avec eux ou êtes-vous plutôt en concurrence?

Ah non !! Pas du tout. Nous ne sommes pas dans cet esprit-là. Au contraire, on cherche à développer des partenariats avec des opérateurs culturels locaux pour faire des activités hors les murs. C’est notre démarche. On n’y arrive pas toujours mais ici, nous sommes plutôt dans un esprit d’ouverture.


Comment se fait la programmation des activités et la sélection des artistes ?

Elle se fait tout simplement entre le Directeur de l’Institut et le Responsable de la programmation. Elle se fait par trimestre et se base sur des spectacles que nous avons vus personnellement et que nous décidons d’intégrer. Nous étudions aussi des dossiers avec des vidéos qu’on nous envoie. En ce qui concerne le théâtre par exemple, pour toutes les pièces béninoises, africaines ou françaises en résidence au Bénin, j’ai demandé maintenant avant toute programmation de voir un bout de la pièce en audition. C’est un filtre que je m’impose pour essayer d’améliorer la qualité de la programmation du Centre. Pour le reste, ce sont des troupes que je vois lors de mes vacances quand je vais sur des festivals, j’essaie de voir un maximum de pièces ou de concerts. Nous avons aussi des grands noms de la musique africaine que nous essayons d’inviter régulièrement, comme Victor Démé, Danialou, Vieux Farka Touré, Habib Koité, Angélique Kidjo. Justement nous avons Lionel Loueké qui vient bientôt pour la première fois au Bénin avec son groupe américain. Là, nous sommes en novembre mais je peux vous dire que tout est déjà bouclé jusqu’en mars 2015. Et je peux vous annoncer que nous aurons l’humoriste ivoirien Digbeu cravate, six ou sept spectacles de contes, le groupe Teriba qui revient dans un nouveau format, un nouveau concert, un nouveau show totalement différent des anciens, pour ne citer que ça.

Justement, quelques noms reviennent assez souvent et on a l’impression que certains artistes sont comme les « chouchous » de l’Institut français plus que d’autres.

J’essaie de casser ça. C’est vrai que quand on regarde la programmation ces dix dernières années, on voit régulièrement les mêmes noms… Mais vous savez comment ça se passe au Bénin ?

Non, dites-moi

C’est qu’il n’y a pas suffisamment de lieux de diffusion à Cotonou, donc forcément les artistes se tournent vers le Centre. Par facilité, par nécessité, les artistes se tournent vers le Centre pour se produire.  Après, on essaie de faire le choix d’appuyer plutôt les musiciens qui évoluent d’un concert à un autre et offrent quelque chose de différent à chaque fois. On ne joue pas le même concert tous les deux ans avec les mêmes chansons. C’est le but, même si on n’y arrive pas tous les jours.

L’entretien et le fonctionnement de cet outil ne doit pas être une mince affaire. Nous parlions de la crise économique. Cela a-t-il une quelconque répercussion sur le budget qui vous est alloué ?

Le budget est important de l’ordre de 500 mille et 1 million d’euros ; ça dépend des années. On est plutôt dans une santé financière qui est correcte mais c’est vrai que c’est parfois compliqué parce que la dotation de fonctionnement de l’Etat français est disons, en stagnation. Il faut donc pouvoir trouver des ressources complémentaires.


Et où les trouvez-vous ces ressources ?

Le fait d’être passé de Centre culturel français à Institut français a ouvert les missions que le Centre n’avait pas. A l’époque les Directeurs ne s’occupaient que de la diffusion culturelle, maintenant c’est totalement différent puisque les Directeurs doivent s’occuper de la coopération culturelle, de la coopération universitaire, du département de langue française, du service Campus France qui aide les étudiants désireux de poursuivre leurs études en France. Nous avons un ensemble de services qui est bien au-delà de ce que faisait le Centre Culturel. C’est bien pour cela que ça va au-delà du changement de nom, c’est vraiment un changement de mission. Cela nous permet d’avoir des revenus supplémentaires, à travers les cours de français, les certifications, les diplômes de français etc.

La crise n’a-t-elle pas entrainé une baisse au niveau de la programmation ?

Oui, si vous regardez le niveau de la programmation ces dix dernières années. Mais depuis deux ans, j’ai augmenté le budget de diffusion culturelle de 50% à l’Institut. Mon prédécesseur n’avait pas un budget suffisant parce qu’il ne faisait pas d’autofinancement. Plus on dégage de ressources complémentaires, plus on peut développer le budget de la culture, parce que ça coûte mais ça ne rapporte presque rien, en termes financiers.

Si la culture coute aussi chère pour un pays comme la France, alors on imagine aisément les difficultés des pays africains et du Bénin particulièrement !

La culture c’est important et on ne peut pas mettre ça de côté. Pour n’importe quel pays africain avoir des festivals qui soient connus internationalement c’est important. La culture est une richesse, un atout pour le Bénin, il faut la faire valoir !


Un bon manager répond à quelles qualités selon vous ?

Un bon manager est à l’écoute de ces agents, il est source d’initiatives, sait mettre des priorités en fonction des demandes des agents et de la politique qu’il doit mener.


Que retenons-nous ?

J’aimerais pour finir dire qu’il faut que ceux qui ont encore des préjugés sur l’Institut viennent nous voir pour les casser. L’Institut est avant tout un institut pour les Béninois et au service des Béninois.

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Par Djamila Idrissou Souler (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )

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Sima 2014 : Adjima a valablement représenté le Bénin

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Adjima, le porte flambeau de la musique septentrionale du Bénin a séjourné pendant quelques jours  à Dakar,  dans le cadre  du salon international  de la musique africaine  (Sima).

Les sénégalais et autres tourneurs et professionnels de la musique qui ont fait le déplacement sur Dakar pour la deuxième édition du Salon international de la musique africaine (Sima), ont eu le plaisir de découvrir ce talent béninois qui les a conquis musicalement. Au cours de ce séjour musical à Dakar, le jeune musicien Adjima et son orchestre ont démontré à la face de l’Afrique, qu’on peut compter avec et sur eux pour l’essor de la musique béninoise et africaine. A l’occasion des spectacles donnés, Adjima a su convaincre les oreilles averties venues écouter sa musique. D’ailleurs, juste après avoir posé ses valises sur le sol sénégalais, Adjima a su convaincre par son talent le maestro Boncana Maïga et les professionnels présents au Salon. Comme quoi, une nouvelle ère  est en train de s’ouvrir au jeune artiste Adjima. Ce mardi 25 novembre dans la soirée, l’artiste a rejoint le Bénin où il a été accueilli par les siens à l’aéroport Bernardin Cardinal Gantin.

(Source extérieure)

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Installation du conseil d’administration du Fitheb : Les regards tournés vers le ministère des finances

fitheb

Le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) vit, on le sait déjà, une situation d’exception. Actuellement dirigé par un Directeur provisoire, il n’a pas non plus un Conseil d’administration digne du nom. Et, c’est un Comité provisoire de supervision (Cps-Fitheb) qui en fait office. Tout est fin prêt cependant pour que le Conseil d’administration soit installé.

Vers l’installation des membres du Conseil d’administration du Fitheb. Indépendamment de l’organisation de l’édition de la renaissance de la biennale, les membres du Conseil seront installés sous peu. Représentants désignés ou élus comme les promoteurs, et acteurs du quatrième art, ils sont désignés presque dans leur ensemble. L’un des derniers membres à désigner est en effet, le représentant du Ministère en charge des finances. On se rappelle que dans le Conseil dissout et que présidait Justin Ekpélikpézé, c’est Gabin Allognon, ex-Directeur des ressources financières et matérielles qui représentait l’ « argentier national ». Maintenant qu’à la faveur du dernier Conseil des ministres, Gabin Allognon a été remplacé à son poste, c’est un autre cadre du Ministère que Komi Koutché devra proposer pour siéger au sein de l’instance dirigeante du plus grand festival de théâtre d’Afrique. Les regards sont ainsi tournés vers le Ministère des finances qui donnera sous peu le nom de son représentant. Ce dernier constituera aux côtés des personnes élues ou nommées, le CA/Fitheb qui doit se mettre au travail, juste après la prochaine édition du festival.

YPL

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