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Tchif : l’insolent talent, « Une toile est chère parce que l’artiste est cher »

tchif

Tchif notre atypique manager, a grandi au sein d’une famille nombreuse. Ceux qui ont vécu l’expérience savent combien est souvent grande l’envie de se distinguer, de se faire remarquer chez le membre de la fratrie qui a parfois la sensation d’être isolé ou mal compris. Ils comprendront également comment le besoin d’être original ou juste d’être le meilleur pour mieux capter l’intérêt, l’admiration ou simplement l’attention des géniteurs, devient nécessaire à combler. Je suis bien tenté d’affirmer que Francis Nicaise Tchiakpè alias Tchif, n’est pas devenu artiste par l’effet du hasard. Son père, réputé avocat béninois, décédé en mars 1998, a offert au Bénin une descendance de 58 enfants. Et si, parmi cette belle brigade il n’existait pas d’artiste, il aurait évidemment bien fallu l’inventer ! Tchif sera celui-là. Un artiste au talent bien affirmé, bien reconnu et une personnalité qui ne laisse pas indifférent. Si son coup de pinceau peut lui valoir tous les honneurs, son « coup de langue » peut lui coûter aussi parfois des incompréhensions de la part de son entourage pour ne pas dire de l’antipathie. Oui, une langue bien acérée que celle de notre « invité », acérée mais sans venin pour autant. Un « parler » pas toujours délicat ou dans les normes du politiquement correct, mais somme toute, sincère et dont l’innocence (non que l’homme soit un saint) vient atténuer la rudesse et la nervosité ! Vous n’aimez pas son langage ? Eh bien, tant pis pour vous ! Et puis d’ailleurs, il s’en bat le pinceau !

C’est à l’Hôtel El-Dorado, ou du moins ce qui reste de ce vestige des temps glorieux de nombreux jeunes béninois des années 1990, que se mènera l’entretien. Il me reçoit donc dans son atelier pas trop loin de la mer, et je préfère ne pas vous décrire la tenue qu’il portait ce soir-là, le provocateur ! En même temps, c’est lui qui me reçoit, il a le droit de faire « comme chez lui ». Oui, c’est ça ! Bref, notre causerie durera à peine 20 minutes son emploi du temps étant très serré ; ce soir-là justement, il doit prendre l’avion destination Paris d’abord, ensuite Genève, et le Brésil pour différentes expositions.

L’occasion de cette causerie m’a permis, de mieux comprendre ce grand enfant qui fait mine d’être solide et « émotionnellement indépendant », alors que tout son art ne repose que sur cette émotivité et je dirais cette envie surtout de nous révéler sa fragilité et sa quête de l’humain. Une quête de l’humain qui se confond à une autre plus intime celle-là : la quête de l’amour et de la reconnaissance paternelles. En réalité, cette désinvolture non feinte, cache tout de même une rage sourde. Oui, la peinture peut nourrir son homme et faire de vous un citoyen respectable et digne. Elle peut vous élever au rang de grand ambassadeur de votre pays. Et c’est un cri du coeur. Oh ! comme il aurait été magnifique que papa Pascal Tognisse Tchiakpé fut encore là pour voir cette vérité se manifester sous ses yeux à travers les oeuvres de son fils !

Par Djamila Idrissou Souler, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


 

Tchiff ! Entamons si tu veux bien, notre discussion en parlant un peu de la famille. Ton père c’est connu a eu pas moins de 58 enfants. Comment toi tu as baigné dans cette atmosphère familiale ?

Peut-être que c’est ça qui m’a aidé à devenir artiste. Ce n’est pas pour attirer l’attention de mon père que je suis devenu artiste. Pour attirer l’attention de mon père, je travaillais surtout dans les matières scolaires. Mais quand au début je disais à mon père que je voulais devenir peintre, il m’encourageait et m’achetait les boites d’aquarium. C’est quand ma décision a été prise d’en faire réellement mon métier, qu’il ne l’a pas bien vu jusqu’à sa mort. Il n’a pas beaucoup aimé. (Sur un air évasif) C’est ça qui m’a mis dans les rangs de ses enfants presque déshérités. Mais aujourd’hui, on dit que les morts entendent, je ne sais pas si…

Donc, tu lui en veux ?

Non pas du tout. Parce que de toutes les façons quand j’ai commencé par vouloir respecter mon choix, il n’était plus là. Il est parti en 1998. Moi j’avais commencé par la caricature dans les années 90. C’était une façon de m’exprimer, parce que je sais que j’ai quelque chose à dire.

Et maman ?

Ma mère elle est morte en 99. Le jour j’exposais à rue mademoiselle à Paris. Je voyageais le 02 Juin pour une exposition à Paris quand ma mère a rendu l’âme le matin.

Tu fais comme si tout ça ne te touche pas, est-ce que ce n’est pas une façade ?

Je fais partie des enfants presque déshérités.

Cela doit être douloureux pour toi, n’est-ce pas ?

Oui ben, c’est cette douleur que j’exprime dans mon art. Quand les gens me voient en apparence ils pensent que je suis quelqu’un d’insensible ou un fou Mais, ce n’est qu’une carapace, je ne suis évidemment pas du tout fou. Franchement je suis conscient. C’est un jeu en fait. Oui parce que je m’amuse. Je me moque des gens quand ils disent ça. Quand vous voulez voir un fou, moi je vous montre que je suis un fou. C’est ce que tu demandes qu’on te donne.

tchif-dessineQuand tu peins, tu es dans quel état ?

Quand je peins, je ne suis plus la même personne. C’est là où je rentre dans ma folie personnelle. Quand je peins, je suis dans un autre monde.

Quelle est ta source d’inspiration ?

L’inspiration c’est quand tu travailles sur un thème donné l’inspiration vient à la seconde près. J’ai pas du tout le souci de l’inspiration. J’ai un thème bien défini qui est un thème intarissable. Le thème c’est l’être humain. C’est un thème purement philosophique. Donc mes angoisses du quotidien m’amènent à chercher et à répondre à des questionnements que les situations du monde me posent. Ce qui nous arrive tout le temps dans notre vie. La misère par exemple et c’est universel. Ce qui arrive est qu’on te dit que quand tu te lèves chaque matin il y a le complot du diable contre toi. Un peu pour nous dire que chaque jour de notre vie, il y a une difficulté à surmonter. Et toute cette ambiance de vie, toute cette manière de voir le monde, toute cette façon que l’homme utilise pour s’affirmer dans la société, pour être pour ou contre les autres, toute cette manière m’amène à créer. Donc je suis en inspiration perpétuelle.

Combien de toiles déjà doit-on à ton inspiration et ton coup de pinceau ?

Il y en a trop ! Je ne peux pas compter le nombre de toiles que j’ai fait dans ma vie.

Elles sont toutes rangées où ?

C’est vendu. Je vide.

Si je dis que l’artiste Tchiff fait partie de ceux qui au Bénin, vivent de leur art je suis dans le vrai ?

Je vis de mon art. Quand tu fais quelque chose auquel tu crois, tu vis de ça. L’art c’est un métier. Et puis, une oeuvre d’art c’est quelque chose d’important pour beaucoup de personnes dans le monde. C’est quelque chose qui se vend.
Il me vient à l’esprit, une parodie de comédiens qui caricaturent certains peintres qui vendent leurs toiles à des centaines de milliers d’Euros, avec en représentation des natures mortes totalement… banales, si je peux me permettre.
Pourquoi vous donnez de la valeur au Diamant ou à l’Or, écoutez ça ne veut rien dire. Ça dépend de la valeur que tu donnes à une chose. Le Diamant c’est dans le sous-sol, c’est comme le caillou mais ils ont donné une valeur à ça. Sinon le Diamant ou l’Or en eux-mêmes n’ont aucune valeur si on ne leur apporte pas une valeur originelle.

Tout le monde peut se dire peintre ! (Rires) Si je prends un papier blanc et que je mets du rouge ici, puis du jaune là, je peux considérer ça comme une oeuvre d’art qui mériterait d’être exposée ça à la Galerie Valois, par exemple ?

Tu peux exposer ça n’importe où, si ce que tu dis est logique. Parce que c’est une démarche. Un artiste s’exprime. Ce n’est pas l’effort qu’on fait en chargeant une toile qui compte.

Dans quelle catégorie de peintres peut-on te situer ?

Je suis un artiste purement abstrait. Et mon travail, c’est un travail purement philosophique et j’ai une logique dans ce que je fais. Je ne mets pas que la peinture sur la toile. Je ne fais pas des gribouillages. Tout a une signification pour moi. Ça dépend de la façon dont tu vois ton art. Une oeuvre d’art, c’est avant tout quelque chose d’esthétique qui t’attire. C’est comme une femme que tu vois qui est jolie et qui t’attire d’abord. C’est le fond qui est important après. Maintenant en tant qu’artiste, tu sais ce que tu fais. L’art c’est une oeuvre d’esprit. L’art nous apporte quelque chose.

A qui ?

A tout le monde.

Quand tu crées, tu penses à l’autre, ou il n’y a que toi et tes envies qui comptent à ce moment-là ?

Tu ne peux pas penser à l’autre. Parce que l’autre dont tu parles c’est des milliards de personne. Mais la seule personne que tu connais et que tu ne connais même presque pas c’est toi. Donc on ne peut pas nier l’avantage de l’art dans le monde. L’art ne se limite pas seulement à un tableau. Le tableau ce n’est que le résultat d’une création.

En fait, il s’agit d’une jouissance personnelle, purement égocentrique. La création permet à l’artiste de se vider de son votre stress de son désespoir…

Non, ce n’est pas une affaire de plaisir. Non quand tu dis ça c’est un peu considérer l’art comme un métier vain où on s’amuse, on fait ce qu’on veut. Et voilà ce sont des artistes, c’est des fous. Mais déjà si tu fais quelque chose qui ne te fait plaisir ça ne sert à rien. Le métier de journaliste que tu fais, tu peux le vendre à Tokpa. Si tu n’as pas une passion pour ce que tu fais autant mieux ne pas le faire.

J’aime bien comment tu défends ton métier

Ce n’est pas que je défends mon métier. Ça fait 25 ans que je baigne dedans. Et j’en connais les rouages. Arrêtez de dire que l’art c’est (il s’énerve à peine) Finalement, je vais finir par traiter les gens de sourds ! Parce que l’art en réalité, c’est une manière de vivre dans toutes les catégories de la société. Que ce soit dans la religion ou dans le travail au quotidien on a besoin de l’art. La chemise que tu as porté c’est un créateur qui l’a dessiné. Quand tu vas prier la vierge Marie, c’est une sculpture de Léonard de Vinci. Ce sont ceux-là qui ont créé les vitraux pour les Eglises, c’est des oeuvres d’art.

Alors parlant des anciens, en quel grand peintre te reconnais-tu ?

Ancien dans quel sens ? Un ancien ne veut pas dire qu’il est talentueux.

En effet, pas forcément, mais si on évoque par exemple, les Picasso, les Van Gogh ?

Les Picasso c’est des grands maitres. Ce sont des gens qui ont commencé les choses il y a des années. C’est les premiers contemporains

Un peu plus proche de nous, il y a les Ludovic Fadairo, les Charly d’Almeida qui sont un peu tes aînés ?

Aîné dans quel sens ? Non, on ne peut pas parler d’aîné dans ce sens-là. L’aîné ce n’est pas au niveau de l’âge, c’est au niveau de la création. Ça ne veut rien dire. Commencé avant moi pourquoi ? Moi j’ai commencé depuis le ventre de ma mère. C’est une question de travail et d’inspiration c’est tout. Non, il n’y a pas d’aîné. Aîné dans quel sens ? Dans le travail artistique de Tchif ? Putain ! Depuis 25 ans que je fais ce boulot ? Franchement je jette l’humilité.

On te connait pour ça, tu assumes ?

Je suis à Smith Sunday à Washington, je suis à Afro Brésil de Sao Paulo au Brésil l’un des plus grands musées au monde. Je suis dans les musées en Hollande, je suis au musée de Ouidah. Mais mon oeuvre va rester toute une existence, toute une vie. Mais arrêtez de dire des conneries comme ça. Qu’est-ce que ça veut dire ça ? Il n’y a pas d’âge dans l’art, il n’y a pas d’ancienneté, il n’y a que le talent.

Qu’est-ce qui se passe, pourquoi quand on te compare …

On ne me compare à personne, mon travail est personnel.

Mais toi-même quand tu démarrais, quelles sont les figures qui t’ont inspiré ?

Oui, il y a des figures qui m’ont inspiré. (Il se calme enfin). Fadairo. Oui Ludovic Fadairo, par contre m’a inspiré. Je donne son nom depuis des années partout où je passe. Parce qu’il travaille de la matière. C’est un grand peintre Fadairo. A part ça…

Bon à part Fadairo on ne cite plus de noms?

Il y a qui ? Je sais, ne les cite même pas laisse tomber. Je suis quelqu’un de très égoïste par rapport à mon travail.

Oui on sait déja que tu es arrogant !.

Je suis pourtant un homme très poli.

Est-ce que les toiles de Tchif c’est un peu comme celles que l’on retrouve dans les feux tricolores ? Sinon, qu’est-ce qui fait la différence ? Est-ce la qualité de la toile, les pinceaux?

Là, tu parles du côté technique de la toile et je vais te corriger dans tous les sens du mot. L’art n’est pas réduit à une toile. La toile est juste un support. Et le tableau qu’on a est le résultat d’une création artistique. Donc la technique importe peu. Je peux faire un caca aujourd’hui dans une assiette blanche que je filme et je garde ça comme une oeuvre d’art.

Donc vous, les artistes peintres, vous vous moquez de nous alors ?

Non pas du tout. Parce que vous prenez le côté matériel de l’art. L’art a un corps et une âme. Toi tu regardes le côté corps.

Mais oui !

Mais ce n’est pas ça !

Lorsque l’on considère les prix, dans la rue ça tourne autour de vingt-cinq mille trente mille, ce n’est pas le cas de tes toiles !

Non ! Ce qu’on vend dans l’art c’est les idées. On ne vend pas le support que tu mets sur ton mur. C’est le résultat d’une création que tu vois.

Donc on n’a pas besoin d’avoir les aquarelles les plus chères ?

Pourquoi une toile est chère ? C’est parce que l’artiste est cher.

Il est cher parce qu’il a eu un parcours, il a eu nom qu’il a eu à se faire ?

C’est normal. Un voyage de mille kilomètres commence par un pas. J’ai inventé ma technique. Et elle a évolué. Ecoutez, c’est comme un musicien qui invente sa musique. Tu deviens un artiste au moment tu crées quelque chose.

Au moment où tu crées quelque chose qui n’existait pas encore …

Non, tout a toujours existé. Quand tu ajoutes quelque chose à ce qui existe déjà. Dieu a créé le ciel et la terre. Les ordinateurs, tout ça existait peut être sous d’autre forme. Je ne sais pas si tu comprends. Tout a une logique dans ce monde. Et créer, c’est inventer ou ajouter quelque chose à ce qui existait déjà. Je peux prendre mon téléphone aujourd’hui et dire, ce tableau peins ça en rouge met du blanc. Qui a l’idée ? C’est celui qui a l’idée qui est important. C’est un peu comme tu vois un immeuble. On dit mais quel est l’architecte qui a fait cet immeuble-là ?

Parlons du centre culturel qui porte ton nom, l’Espace Tchif. Il est fermé ou pas, finalement ?

Mon espace est un cadre pour promouvoir la culture béninoise. Je l’ai ouvert en 2007. Je suis en travaux. Et, je le répète : je n’ai pas fermé, c’est ouvert. Je suis en travaux. Je n’ai juste pas eu le temps de gérer les voraces qui ont voulu me piquer des sous comme cela se fait un peu partout en politique où nos présidents, ils volent l’argent. C’est comme ça le Bénin. Tout le monde est au courant.

Qui t’a volé tes sous ?

Moi je ne cite pas de nom mais bon c’est des gens qui ont mal géré le truc. Mais on connait le Bénin, on sait que les ministres volent, les députés volent, on sait même que les présidents volent.

Ah bon ?, Non je ne sais pas

Mais tout le monde est au courant. Pourquoi quand on donne des subventions pour les routes il y a toujours les flaques d’eau. Laissez-moi ces connards là.

Quel était le projet à la base, c’était pour concurrencer le CCF ? (moi l’air taquin)

Non, jamais ! Ce n’est pas pour concurrencer le CCF. Comme les gouvernants sont des analphabètes de l’art, et qui ne pensent pas à l’art, qui ne pensent pas au développement, parce que le moteur du développement d’un peuple passe par l’art. Pourquoi l’Afrique est sous développée ? Tout le monde ignore l’essentiel. C’est parce que l’art n’est pas valorisé en Afrique. La création n’est pas valorisée et les gens ne respectent rien. C’est pour ça, moi je ne veux pas être dans un monde où il y a des humains qui ne respectent rien. Il faut que j’apporte ma pierre à l’édifice. C’est pour ça que j’ai créé un centre pour aider les gens, pour aider l’Etat, pour que je n’ai pas honte après.

Tu as eu des subventions ?

Ne parle pas de ça. Vous êtes tous tordus. Laisse, je ne veux même pas parler de sous.

Ce qui est essentiel c’est qu’on sache que l’espace va rouvrir ses portes ?

Mais l’espace est ouvert.

Mais il n’y a pas d’activités ?

Il n’y a pas d’activités ? Moi je fais tout gratuitement pour les gens. A travers l’espace, beaucoup d’artistes sont nés. Pendant sept, huit ans j’ai montré une autre image de la culture béninoise. Est-ce que vous êtes au courant ? Donc ce n’est pas mort. Une création ne meurt jamais. Les oeuvres d’un artiste ne meurent jamais. Je ne fais pas ça pour l’argent. Je le fais pour valoriser la création de mon propre pays. Pour que le Bénin puisse s’émerger. J’ai honte quand je vais ailleurs où personne ne connait le Bénin. Même Yayi Boni on ne le connaît pas partout. Il y a des ministres même dans le monde, on ne les connait pas.

Alors quels sont les projets immédiats ?

Moi je ne dis plus mes projets au Bénin. Mais j’ai trois expositions à venir. Quand ce sera proche je te le dirai.

Tu as combien d’enfants ?

Non ça c’est des choses que je ne dis pas.

Quel genre de sport pratiques-tu ?

Quand ma voiture est en panne et je n’ai pas l’argent de zém, je marche ça aussi c’est du sport.

espace-tchif

Mini Bio


Francis Nicaise Tchiakpe, dit Tchif, est né le 26 avril 1973 à Cotonou au Bénin. Il est caricaturiste pour le journal béninois « La Nation », à 16 ans et à 18, se lance en autodidacte dans la peinture. Ses premières expositions (Galerie l’Atelier en 1995 et GTZ en 1996), suite notamment à un concours du Grand Prix de Dessin d’Art organisé en 1994 à Cotonou par la Galerie Dossart (Franck Dossa) et où il gagne le premier prix, le confortent à poursuivre dans cette voix qu’il sait résolument la sienne. Depuis, notre artiste en a fait du chemin. Celui qui assume le fait de ne plus exposer au Bénin (depuis 10 ans maintenant), voyage beaucoup pour promouvoir ses oeuvres et par voie de conséquence, faire rayonner le « Bénin artistique » à travers ses pérégrinations : France, Allemagne, Belgique, Brésil, Suisse, Pays-Bas, Nigeria, Sénégal, Etats-Unis. Je pense qu’avec cette fougue et cette passion au service de la culture de son pays, quelques-uns de ses pêchés-mignons d’arrogance peuvent lui être pardonnés, même si lui ne plaide pas coupable !

D.I.S

Tchif par Tchif


• « Je ne suis pas médecin pour soigner les gens à l’aide de médicaments, mais en tant qu’artiste, j’essaie de soigner l’homme à travers mes tableaux. Tout a commencé le jour où j’ai vu, en rêve, un lézard qui se transformait en talisman. Le talisman étant un objet à vertus magiques, je le préconise pour guérir les maux de l’humanité. C’est ce qui justifie la présence du lézard dans mes tableaux ».

• « La seule chose qui est africaine dans mon travail, c’est moi. Je ne fais pas d’exotisme. Les symboles que j’utilise, on peut les retrouver partout. La croix représente la souffrance ; le cercle, la continuité de l’homme ; les zigzags, les bonheurs et les difficultés de la vie ».

Par Djamila Idrissou Souler

Dernière modification lelundi, 11 mai 2015 06:14
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