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Félix PEA au sujet du marché international de la musique : «Le Bénin a beaucoup de potentiels…»

Felix-PEA

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à Matin Libre, vendredi 25 mai 2018,  l’ancien programmateur de Trace Urban et Trace Africa est amené à confronter le marché africain de la musique à son admission sur le marché mondial du showbiz. Après quelques explications sur sa gestion de la playlist de Trace Tv en tant que programmateur, Félix PEA souligne que le Bénin à une grande chance et une place à se faire sur l’échiquier mondial de la musique. Suivez-le.

Matin Libre : Félix PEA, vous êtes un ancien programmateur de Trace Urban et vous avez fait un tour au Bénin. Dites-nous, comment se passe le séjour ?

Félix PEA :J’ai été très bien reçu au Bénin.J’ai été très bien pris en charge par Blue Diamond que je remercie au passage. J’ai eu des rencontres très intéressantes et j’ai vu que les Béninois sont très investis. Il y a pas mal  de choses au Bénin. J’ai rencontré des artistes qui en valaient vraiment le détour. C’est vrai qu’on a mis beaucoup d’artistes béninois en avant. Mais, il faut qu’ils persévèrent. Quand ils ont des titres qui sont entrés sur Trace, il ne faut pas qu’ils disent c’est terminé, il faut qu’ils continuent par travailler et à se structurer pour pouvoir continuer et surtout, avoir une certaine longévité en tant qu’artiste que ce soit au Bénin ou à l’international.

Vous êtes quand même un ancien programmateur de Trace Urban et chef projet Trace Africa. Dites-nous, tous les morceaux de ces nombreux artistes qui viennent vers vous de par le monde sont-ils tous acceptés et programmés systématiquement ou bien comment ça se passe ?

Je ne travaille plus à Trace Africa. J’étais ancien programmateur mais ça a changé. Néanmoins, en ce qui concerne la sélection sur Trace, on reçoit des centaines de clips par semaine. Je crois qu’on doit souvent tourner autour de cinq cent à sept cent titres par semaine. Et puisqu’il n’y a pas beaucoup de place dans la playlist de Trace Africa et Urban, nous procédons évidemment à la sélection. Ce qu’il faut retenir est que Trace Africa est une télévision à vocation commerciale. Donc, le plus gros critère de sélection, c’est le succès d’un titre. Si un titre a le succès, Trace ne peut pas passer à côtéde ça, elle sera obligée de le jouer. Ou alors, nous, en tant que programmateur, on sent qu’un titre a du potentiel, bien avant qu’il ne soit diffusé, on va le jouer, on va mettre un accent dessus. Et c’est ça qui va faire le succès d’un titre ou pas, parce qu’il y a toujours un travail de promotion et de mise en avant qui se fait derrière.Ce qui est important aussi, c’est de s’organiser et de structurer son équipe et son projet pour que cela puisse prendre forme et prospérer.

Mais recevoir un nombre si impressionnant de morceaux par semaine et faire le tri, la tâche n’a pas été forcément facile ?

C’est vrai que c’est un gros boulot. Mais les projets qui sont de prime abord rejetés, sont ceux qui sont certainement mauvais. Ce sont souvent des clips qui ne sont pas mixés ou étalonnés. Ce sont des gens qui se sont improvisés réalisateurs ou chanteurs.

On comprend que l’à peu près n’est pas admis sur Trace. Mais c’est ce qu’on compte beaucoup par ici au Bénin. Est-ce que vous pensez que le Bénin ou plutôt les artistes béninois ont cette chance d’avoir une place de choix sur cette plateforme ?

Bien sûr, je pense qu’on a déjà mis en  avant plein d’artistes béninois. Je pense à Fanicko, Dibi Dobo, Sessimè, le groupe Ardiess, etc. Le Bénin a beaucoup de potentiel. Après tout, c’est l’équipe qui va gérer ces artistes qui fera la différence pour la longévité des créateurs.Il faut de la stratégie artistique et musicale et savoir enchaîner de bons titres.

Aujourd’hui, vous n’exercez plus chez Trace. Vous avez votre propre espace, parlez-nous en ?

En effet, à la sortie de Trace, j’ai fait quelques missions dans quelques entreprises. Après, j’ai senti le besoin d’avoir une structure et c’est comme ça que j’ai monté une structure qu’on appelle ‘’Agence d’artistes & répertoire’’.Aujourd’hui, je mets à disposition pas mal de choses à savoir : la distribution et puis en termes de stratégie, j’essaie d’aider les artistes.A  côté de cela, je travaille avec beaucoup de grandes maisons de production. Le principe de cette structure, c’est de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que les artistes puissent avancer.C’est un vrai travail d’accompagnement d’artistes.

Cette structure est créée, il y a combien de temps ?

Elle est très récente cette structure. Elle n’a même pas encore deux mois. J’ai eu la chance d’être au carrefour de l’ensemble des musiques de l’Afrique francophone. C’est fort et très encourageant. Nous allons voir ce que l’avenir nous réserve.

Vu cette courte durée, on ne peut pas parler en termes de statistique. Cependant, vous avez déjà enregistré un nombre important de projets ?

Oui, j’ai déjà des artistes dans mon écurie qui ont un réel potentiel. C’est vrai que pour la suite, je ne sais vraiment pas comment ça va se passer. Mais, je mets tout en œuvre pour qu’ils aient de bons projets et de financement pour pouvoir évoluer dans leur carrière.Il y a des choses qui se mettent en place pour pouvoir amener un certain nombre de faeturing, de bons réalisateurs. Parce que le but, c’est de les faire grandir avant qu’ils ne puissent signer où que ce soit. Je ferai en sorte que la signature de ces artistes soit plus rentable.Quand un artiste est encore en développement et signe trop tôt, cela n’apporte par grande chose. Alors que s’il mûrit un peu, il signe de contrats solides dans de bonnes conditions. Puisque, ce qu’il ne faut pas négliger aussi, c’est le côté juridique, administratif, et comptable qui est très important dans cette entreprise. C’est ça qui va faire que l’artiste pourra  avancer.

Pourquoi avoir quitté Trace, est-ce à cause des malentendus ?

Non, ce n’est pas des mésententes, mais c’est plutôt la vision différente des choses. Quand on travaille dans une structure et pour une structure, c’est clair qu’il faut avoir la même vision pour avancer ensemble et se serrer les coudes. Mais, quand on n’a plus le même goût ou les mêmes visions de l’industrie, je crois que ça ne sert plus à rien d’être ensemble. Ce qui a surtout causé mon départ de Trace, est que nous n’avons plus la même vision et aussi le goût du challenge à mon niveau est un tout petit peu parti. Aussi, j’avais d’autres ambitions pour le succès de la musique africaine.

Êtes-vous donc convaincuque le Bénin à une industrie musicale capable de relever le défi, pour le bout de temps que vous y avez passé?

Au délà de ce que le Bénin a du potentiel pour évoluer, je crois qu’il y a aussi de l’envie. Et je pense que c’est ce qui fait la différence. Je parle souvent d’organisation et de structure, je pense que c’est entrain de se faire. Il y a beaucoup de choses qui me font dire que le Bénin à un réel potentiel, notamment Blue Diamond qui fait pas mal de choses ici au Bénin, ne serait-ce que par le Cash & Arts qui est une très belle initiative.

Votre avis par rapport à l’artiste Fanicko ?

Fanicko, au delà d’être un artiste, c’est un ami. C’est un talentueux chanteur qui a de très belles chansons. Je ne le dis pas parce que je suis au Bénin, mais c’est réel. Il y a lui et il y a aussi Queen Fumi qui arrivent. Ce sont deux signatures de Blue Diamond que j’apprécie beaucoup. Moi, je crois en eux. Fanicko, c’est un artiste dans lequel je mets beaucoup d’espoir.

L’autre virage de  cet entretien, c’est le coin privé de la personnalité. Quand on voit Félix PEA, on est tenté de lui attribuer une multitude de nationalités, indonésienne, chinoise, chilienne etc. Les lecteurs veulent être situés.

Je suis Chinois de Cambodge. Je suis né en France. En fait, mes quatre grands parents sont chinois. A cause de la guerre, ils sont allés au Cambodge. Donc, mes parents sont nés là. Puis plus tard,  la guerre les a obligés à trouver refuge en France où j’ai vu le jour.

Pour avoir été un grand programmateur, l’homme a certainement beaucoup d’admirateurs et d’admiratrices dont-il profite ?

Pas du tout, je n’ai qu’une seule femme que j’aime d’ailleurs. Après, je ne suis pas non plus de nature à être un coureur de jupons. C’est vrai que j’ai été pas mal courtisé mais je ne vois pas ailleurs. Ce n’est pas mon genre. J’ai un profond respect pour les femmes. Je suis fidèle et je les respecte beaucoup. Et je ne convoite ni la femme de quelqu’un ni d’autres femmes que la mienne. Le truc est que je ne suis pas encore marié.

Et lorsqu’on l’invite à table en bon chinois ?

Moi je mange un peu de tout. Tout ce qu’on peut me proposer qui soit agréable à manger, je prends. Je mange tant de nourritures française, chinoise qu’africaine. Je mange tout ce qu’il y a de meilleur dans le monde. Je ne suis pas compliqué. Je mange de tout, je bois de tout sauf les sodas parce que, ce n’est pas bon pour la ligne.Quand je fais la fête, j’aime prendre un peu de champagne.

Réalisé par Teddy GANDIGBE

Dernière modification lejeudi, 31 mai 2018 05:07
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