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Au sujet de la place ‘’Dan Koli’’ à Savalou : Un fétiche déclaré inefficace qui satisfait encore

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(Un site touristique à valoriser sans arrière-pensée)
Parmi les divinités les plus puissantes au Bénin, berceau du vodoun, le ‘’Dan Koli’’ qui se trouve dans la commune de Savalou sur la terre des Soha en est une, dont la renommée dépasse les frontières. Un tour dans son temple pour sa découverte.    

Tous les jours que Dieu fait, le fétiche dont le nom retentit de très loin dans la commune de Savalou, le ‘’Dan Koli’’, continue de voir se précipiter à sa porte et défiler dans sa maison, des croyants, des étrangers et toute personne désireuse de bénéficier de quelque  grâce ou merveille. Samedi 11 novembre dernier au environ de 14 heures, notre équipe a fait un tour sur la place et le constat est simple. Hommes et femmes portant sur eux toute sorte d’objets destinés au sacrifice divers passent en file indienne et à tour de rôle devant le fétiche. Chacun, à sa manière formule avec ardeur ses prières et présente ses doléances selon les difficultés ou les préoccupations qui l’amènent. Tout ceci en compagnie de tierces personnes qui se chargent de les orienter. Sur place, des guides circonstanciels qui se ménagent pour indiquer aux visiteurs les principes à respecter en vue de bénéficier de l’entièreté de la grâce recherchée et éviter tout déboire en cas d’offense à la divinité. « Ce fétiche que vous voyez existe depuis le temps de nos ancêtres. Nous-même, nous sommes venus voir cela.   Et selon ce qui nous a été raconté par nos pères et que  nous transmettons aussi à nos enfants, cette divinité que vous voyez n’a ni prêtre, ni de prêtresse. Elle a même refusé et est resté depuis lors autonome.  Et c’est d’ailleurs pourquoi elle est venue s’installer au bord de la voie et c’est une de ses particularités. Ce qui fait que nous autres, que vous voyez ici, ne sommes que des auxiliaires qui servent d’interface entre les visiteurs et la divinité, bien qu’ayant quelques connaissances de ces principes que nous ont légués nos parents. Mais c’est un fétiche très puissant qui au départ s’est installé de lui-même sous forme de termitière avec un arbre à côté dans lequel il réside. Il ne fait que des merveilles et n’est pas sélectif. Il ne distingue pas les étrangers des autochtones. Il subvient au besoin de tout le monde sans distinction. Si tu viens lui présenter tes doléances et que tu lui fais des promesses, il suffit d’honorer tes engagements après avoir eu gain de cause et le compte est réglé » témoigne Georges Toli un des auxiliaires rencontrés sur les lieux qui a accepté volontiers se confier à notre micro. Le fétiche se présente sous deux formes, le mâle et la femelle et leurs enfants dont les jumeaux et le Lègba, gardien du temple qui les abrite.

Des sacrilèges qui ont payé cher…

Entre temps le fétiche a reçu quelques visiteurs encombrants. Des évangélistes qui, au nom de Jésus, ont mis feu dans sa maison. « Vous allez constater que l’arbre dont je vous parle n’est plus assez visible ainsi que la termitière. Ce sont des gens des églises révélées qui, une nuit ont pris par ici et ont banalisé le sacré puis à l’aide de liquide inflammable ont mis feu à cet endroit. Cela remonte bientôt à une dizaine d’années en arrière. Le temps que nous soyons alertés pour nous rendre sur les lieux, le rideau de flamme a déjà consumé une importante partie de l’espace. Ce qui a fait partir les feuillages de l’arbre qui abrite la divinité. Mais elle n’a pas manqué de manifester sa colère à l’endroit des commanditaires d’un tel sacrilège. Vous-même vous imaginez la conséquence, la mort. Mais la divinité est toujours présente ainsi que le tronc de l’arbre qui l’abrite et continue de faire ses merveilles », fait savoir Georges Toli. Donc contrairement à ce que l’opinion traine, ‘‘Dan Koli’’ existe toujours et reste efficace.

Quand les patrimoines culturels ne sont pas protégés…

Ce fétiche à l’image de la porte sacré ‘’Akaba Idénan’’ à Kétou doit être protégé et rangé parmi les patrimoines touristiques. Puisque au-delà de son caractère de fétiche qui fait des merveilles, c’est un patrimoine qui, de par son nom seul, attire les expatriés. « De nombreux blancs font un tour par ici juste pour voir ce qu’on appelle ‘’Dan Koli’’ parce que les gens racontent plein de choses sur lui, ce qui fait que son nom générique sonne comme une richesse patrimoniale », laisse entendre Georges Toli. Mais tant que le fétiche reste et demeure dans l’état ou il se trouve actuellement, s’il reçoit régulièrement des visiteurs iconoclastes comme ces évangélistes d’entant, son nom et lui-même restent en proie à la disparition.

Teddy GANDIGBE

Dernière modification lemercredi, 15 novembre 2017 04:28
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