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Réformes dans le secteur de la santé au Bénin : Dr Louis Koukpemedji décrypte la réorganisation de la Dpmed

Louis-Koukpemedji

La réorganisation de la Direction de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (DPMED) est l’une des propositions faites par  la Commission techniques des réformes et approuvées par le Gouvernement de la Rupture. C’est la réforme que passe à la radiographie, Dr Louis Koukpemedji, Président du Siphab dans ce deuxième numéro de notre série de publications sur les réformes annoncées dans le secteur de la santé. Lisez plutôt

Radiographie des propositions de la commission des reformes du secteur de la santé : Fiche N°2

Nous avions entrepris depuis quelques jours une série de publications sur les propositions faites par la commission technique de réforme du secteur de la santé. L’objectif est d’apporter notre pierre à la conduite de cette réforme afin qu’elle se fasse dans les normes requises à la grande satisfaction des acteurs et surtout des usagers du secteur de la santé.

La fiche N°2 de ce vendredi 22 septembre va porter sur la réorganisation du ministère de la santé et surtout de la direction de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (DPMED).

Selon les propositions de la commission, le ministère de la santé comprendra désormais trois (03)  directions centrales, cinq (05) directions techniques, des organismes sous tutelle et des organismes rattachés.

En maintenant la direction en charge de la pharmacie et du médicament rattachée au secrétariat général, dans la réorganisation du ministère de la santé, la commission des reformes a raté une belle occasion de réformer le secteur pharmaceutique. C’est une grosse insuffisance qui risque de porter  préjudices à toute  la réforme s’il rien n’est fait pour corriger le tir.

Ne dit-on pas souvent qu’ « il n’y a pas de système de santé sans programme et il n’y a pas de programme sans médicament » ? Le médicament est un intrant stratégique pour le système de santé puisqu’il est essentiel dans le traitement des malades. Mais pour que le médicament joue efficacement son rôle, il doit être de bonne qualité.

La production locale de médicaments est très faible en Afrique. En dehors de l’Algérie, la Tunisie et de certains pays anglophones, la plupart des pays africains sont dépendants de l’importation de médicaments. À titre d’exemple, les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) importent 98% de médicaments pour leurs besoins. La situation est similaire au Bénin. Le risque d’exposition des populations aux médicaments falsifiés et/ou sous-standards est considérable. Dans ce contexte, il est impérieux pour chaque pays de disposer d’une autorité nationale de régulation du secteur pharmaceutique, un secteur qui peut  parfois masquer de gros enjeux insoupçonnables.

La mission  de cette autorité est de réguler toute la chaîne d’assurance qualité du médicament, notamment la fabrication, le transport, le stockage, la distribution, la dispensation, le contrôle qualité, l’inspection et la surveillance du marché. C’est une mission qui nécessite beaucoup de moyens en termes de personnel qualifié, compétent et en nombre suffisant, d’infrastructures adéquates et de ressources financières et matérielles. Mais le plus préoccupant reste et demeure le statut juridique de cette autorité. Pour l’efficacité et l’efficience dans l’accomplissement de sa mission, l’OMS recommande que cette structure soit une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. C’est le cas actuellement dans beaucoup de pays au monde et même en Afrique avec la  NAFDAC (National Agency for Food and Drug Administration and Control) au Nigeria, la FDA (Food and Drug Authority) au Ghana et au Rwanda.

En 2018, l’Union Africaine  disposera, à l’instar de l’Europe, de son agence de médicament. C’est un projet piloté par le NEPAD et l’Algérie et la Tunisie se sont déjà porté candidats pour abriter le siège.

L’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) et l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) sont en train de conduire conjointement un projet de création de l’Agence régionale de Médicament. C’est dire l’importance de cette agence et son enjeu pour le secteur pharmaceutique. Certains pays de la sous-région ont compris et se positionnent déjà. C’est le cas de la Côte d’ivoire qui, le  25 juillet 2017, a voté une loi qui prévoit la transformation de son actuelle direction de la pharmacie et du médicament en Autorité Ivoirienne de Règlementation Pharmaceutique (AIRP) qui n’est rien d’autre qu’une agence de médicament. La même démarche est en cours au Burkina-Faso. Voilà le contexte actuel du secteur pharmaceutique au niveau continental et sous régional.

Au Bénin, c’est la direction de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (DPMED) qui  a en charge la régulation du secteur pharmaceutique.

Il n’est pas nécessaire de s’étendre sur la situation actuelle de cette direction. Les acteurs et les observateurs avertis savent que son état n’honore pas notre pays.

Il est quand-même assez surprenant que la commission des reformes, après avoir fait un très bon diagnostic de la situation, ait pu passer à côté de la plaque au niveau de la thérapie en maintenant, dans ses propositions, la DPMED sous forme d’une direction rattachée au secrétariat général du ministère de la santé.

Nous proposons donc au Président de la république et son Gouvernement de transformer la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Explorations Diagnostiques en une Agence Nationale de Médicament et de veiller à ce que cette réforme produise des effets conséquents. Sans cela, il y a des risques que la réforme ne produise pas les résultats escomptés.
C’est notre contribution au projet de réforme du secteur de la santé.

Dr KOUKPEMEDJI Dèhoumon Louis.
Pharmacien d’officine, Président du SIPHAB.
Jeudi, 21 Septembre 2017  

Dernière modification lelundi, 25 septembre 2017 10:28
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