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Faire passer le Taux de Prévalence Contraceptive de 8% à 20 % en 2018 : Tpc encore à 12%, Le gouvernement à la barre !

alassane-seidou

Le Taux de prévalence contraceptive (Tpc) du Bénin oscille toujours entre 12 et 12, 5% alors que le gouvernement béninois a pris l’engagement, à la Conférence d’Addis Abéba en Ethiopie en Novembre 2013, de faire à 20% à l’horizon 2018. A quelques mois seulement de l’échéance, les gouvernants béninois semblent perdre de vue l’urgence en n’adoptant toujours pas les mesures qui s’imposent notamment la politique d’exemption du paiement direct des services de la Planification familiale, l’augmentation significative du budget alloué à l’achat des produits contraceptifs…
 
Le Bénin est-il toujours dans la dynamique de réussir un coup de maître en matière de planification familiale en atteignant la barrière des 20% de taux de prévalence contraceptive en 2018 ?S’il est presque difficile de répondre par l’affirmatif, il faut déplorer le fait qu’uen engagement pris à la face du monde soit encore loin d’être respecté étant donné que seulement 12,5% des femmes béninoises adoptent aujourd’hui les méthodes modernes de contraception. L’adoption de la politique d’exemption du paiement direct des services de la Planification familiale qui, devrait permettre d’atteindre facilement le but avec de nouvelles acceptantes, traine toujours. « Il faut que la politique d’exemption du paiement direct des services de la Planification familiale soit adoptée et rendue opérationnelle dans l’immédiat. Cette politique va permettre d’augmenter le nombre de personnes qui demandent à se mettre sous méthodes contraceptives. Pour atteindre les 20% de Tpc, le plan national budgétisé pour le repositionnement de la planification familiale 2014-2018 a clairement établi qu’il faudrait mettre sous méthodes contraceptives modernes  570 000 femmes de 15 à 49 ans d’ici à fin 2018 », a alerté le chef de file de la section Bénin de l’Alliance Droits et Santé,  Nourou Adjibadé. De même, les besoins non satisfaits étant de l’ordre de 31% aujourd’hui, une synergie d’actions entre le gouvernement et les organisations de la société civile s’impose pour relever ce défi. « Imaginez lorsque ces besoins non satisfaits  soient t mêmes satisfaits à 10%, ajoutés au 12%, cela fait déjà 22% », fait observer Nourou Adjibadé, Directeur exécutif de Ceradis-Ong. A l’en croire, l’adoption de cette politique permettrait même d’aller au-delà du taux de 20% en peu de temps étant donné que la demande n’a cessé de s’accroître. «Avec l’opérationnalisation de la politique d’exemption de paiement, on serait en train de satisfaire ces besoins non satisfaits puisque dans cette catégorie de femmes de 15 à 49 ans,  il y en a qui ont entre 15 et 24 ans qui vont bénéficier gratuitement de ces produits contraceptifs. Donc cela va augmenter le nombre de personnes sous méthodes contraceptives et dans ce cas, l’objectif sera atteint. Un grand pas a été fait déjà puisque la politique est déjà élaborée et il faut simplement que la politique qu’elle soit adoptée soit par décret soit par arrêté interministériel. Peu importe, il faut juste que la politique soit adoptée. Pour créer aussi les conditions favorables à la mise en œuvre de cette politique, il faut que la loi sur la santé de la reproduction soit accompagnée de décrets d’application. Les avant-projets de décrets sont déjà élaborés avec l’appui du ministère de la justice et il faut que le ministère de la santé assure son acheminement vers le Conseil des ministres en vue de leur adoption par décret  en Conseil des ministres » a-t-il recommandé.

Des efforts insignifiants : le défi demeure…

Pour Dr Gaston Ahounou, Chef service Planification familiale à la Dsme/Ministère de la santé, des progrès ont été réalisés quand bien même cela parait encore insuffisant. Ceci, surtout que l’échéance est pour bientôt. « On peut dire qu’il y a eu de progrès parce que lors de la visite des bailleurs clés  du Partenariat de Ouagadougou en juin dernier, le Bénin a enregistré un taux de progrès qui, d’après les calculs, tourne autour de 4%. C’est exactement comme dans presque tous les pays voisins. Mais il est bien vrai, que pour que nous pussions évoluer plus vite, il faut que ce taux soit beaucoup plus élevé. Pour moi, lorsqu’on parle de révolution contraceptive, c’est qu’il faut atteindre au moins un taux qui oscille entre 60% et 80%  de prévalence contraceptive.O or nous sommes encore autour de 12,5% voire  17% maximum. On est loin des 60%. Encore que les autres pays voisins nous dépassent. Le Niger tourne autour de 22% ainsi que le Sénégal alors qu’on était au même taux il y a quelques années », a déclaré Dr Gaston Ahounou. Si ce faible taux de prévalence contraceptive est lié à certaines pesanteurs socio-culturelles du Bénin, il a également déploré le fait qu’il y ait parmi les cadres béninois à des niveaux qu’on ne saurait soupçonner, des détracteurs de la Planification familiale. Et ceci, malgré son importance sur la santé de la femme, sur l’économie nationale. Certes, les efforts consentis pour lever les contraintes d’ordre religieux ne sont pas négligeables mais le défi est loin d’être relevé. De toute façon, le gouvernement béninois se doit d’honorer cet engagement pris à la face du monde.

Aziz BADAROU

Dernière modification lejeudi, 07 décembre 2017 05:17
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