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Sciences et Santé

Hypertension artérielle : Vaincre un tueur silencieux

Ulrich-Gbatcho

Un adulte sur deux qui consulte en médecine générale est hypertendu. C’est dire toute l’importance de cette pathologie pour le médecin. L’hypertension artérielle (Hta) constitue pour beaucoup de spécialistes, un pôle d’intérêt essentiel. Les plus jeunes ne sont pas pour autant épargnés. Avec l’alimentation trop riche en graisses, en sel, et la sédentarité, de plus en plus de sujets jeunes vont devenir hypertendus. L’Hta peut être évitée mais elle est encore trop fréquente et pose un véritable problème de santé publique par sa prévalence et ses complications. Ceci, non seulement dans les pays industrialisés,mais aussi dans les Pays en développement comme le Bénin. Au Bénin, le quart de la population adulte est concerné.Seulement, le hic, c’est que l’Hta s’accompagne moins souvent de symptômes. Le décor est planté. Bienvenue chers lecteurs du quotidien Matin Libre dans l’univers du «tueur silencieux». Le Docteur Ulrich Gbatcho, médecin généraliste nous y conduit.

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

Pour comprendre ce qu’est l’Hypertension artérielle, il faut d’abord savoir ce qu’est la tension ou la pression artérielle. La Pression artérielle (Pa) correspond à la force exercée par le sang contre les parois des artères, un peu comme la pression de l’eau dans la tuyauterie d’une maison. Cette pression est exprimée par deux valeurs (ex : 120/80 millimètres de mercure - mm Hg). La valeur la plus élevée correspond à la pression lorsque le cœur bat (systole) alors que la valeur la plus basse correspond à celle où le cœur se repose entre deux battements (diastole). Chez un même individu, la pression artérielle fluctue d’un moment à l’autre au cours de la journée. L’Hta est définie de façon consensuelle par une Pa systolique ≥ 140 mmHg et/ou une Pa diastolique ≥ 90 mmHg, mesurées au cabinet médical et confirmées au minimum par 2 mesures par consultation, au cours de 3 consultations successives, sur une période de 3 à 6 mois. En cas de PA ≥ 180/110 mmHg, il est recommandé de confirmer l’Hta par 2 mesures par consultation, au cours de 2 consultations rapprochées. Au-delà de ces valeurs, le risque de complications cardiovasculaires augmente progressivement.Elle touche environ 20% de la population mondiale. Au Bénin, en 2O15 plus de 30% de sujets adultes sont concernés.Contrairement à la majorité des autres problèmes de santé, l’Hta s’accompagne moins souvent de symptômes. Contrairement à la majorité des autres problèmes de santé, l’Hta s’accompagne moins souvent de symptômes. Elle est une maladie sournoise qu’on nomme souvent le «tueur silencieux».C’est pourquoi, il est important de voir régulièrement votre médecin.Le neurologue consacre une grande part de ses activités aux conséquences neurologiques encore trop souvent dramatiques de l’Hta. L’endocrinologue aussi juge la nécessité de la normalisation des chiffres tensionnels chez le patient diabétique. Néphrologue, ophtalmologue, aussi bien que nutritionniste sont aussi concernés par la prise en charge de l’hypertension artérielle. On note des cas particuliers chez la femme enceinte, le sujet âgé, et le sujet diabétique.Hypertension et grossesse ne font pas bon ménage notamment au troisième trimestre de la grossesse car elle est dangereuse pour la femme enceinte ainsi que pour son bébé. On parle d’Hta chez la femme enceinte lorsque la Tension artérielle (Ta) est supérieure ou égale à 130/80 mm Hg. Sur un autre plan, l’Hta systolique isolée est plus fréquente chez le sujet âgé où l’on assiste à une élévation de la pression artérielle systolique sans élévation de la tension diastolique (PAS ≥ 140 et PAD < 90). La grande fréquence de cette forme d’Hta chez le sujet âgé fait que l’on a longtemps considéré à tort qu’elle ne nécessitait pas de traitement.  Par ailleurs, près de la moitié des diabétiques présente une Hta avec complications artérielles, rénales ou cardiaques. 80% des diabétiques qui reçoivent un traitement contre l’Hta sont mal contrôlés. En cas de diabète, l’objectif tensionnel est plus bas.

Quels sont les causes et signes de l’Hta ?

Le plus souvent, il n’y a aucun signe particulier. Néanmoins, il existe des signes non spécifiques: maux de tête, difficultés de concentration, vertiges, douleur dans la poitrine, essoufflements, troubles visuels(flou visuel, sensation de papillons volant devant les yeux), bourdonnements d’oreilles, saignement de nez, fatigue.Dans la plupart des cas, on ne retrouve aucune cause à l’hypertension, on parle d’Hta essentielle ou primaire qui représente 95% des cas. Une cause peut être retrouvée dans seulement 5% des cas (dont certains sur lesquels on ne peut pas agir). On parlera dans ce cas d’Hta secondaire dont la cause pouvant être : une maladie des reins, une hyperactivité des glandes surrénales ou d’autres troubles endocriniens, la grossesse chez certaines femmes, certains médicaments. Aussi, plus on vieillit, plus la pression artérielle augmente, car nos artères ont tendance à se rigidifier avec l’âge. Plus les artères sont rigides, plus la tension est élevée. L’Hta atteint plus d’hommes que de femmes. Chez les femmes, l’hypertension peut se développer à trois moments-clés : lors de la prise de la première pilule contraceptive(ce n’est pas chez toutes les femmes)-, lors de la grossesse, et à l’occasion de la ménopause.Si l’un de vos parents est hypertendu, le risque de le devenir à votre tour est multiplié par deux. La prédisposition génétique joue un rôle important dans le développement de la maladie : 30% de la variabilité interindividuelle de la pression artérielle est due à l’hérédité. Il est donc impérieux que les individus ayant des géniteurs hypertendus se fassent suivre par un médecin.Prendre du poids est souvent accompagné d'une élévation de la pression artérielle qui peut mener à une véritable hypertension. L'obésité abdominale est présente chez plus d'un hypertendu sur deux en particulier avant l'âge de 50 ans. Perdre quelques kilos peut contribuer à faire redescendre les chiffres de pression artérielle à un niveau normal. Toutefois, certains facteurs renforcent l’Hta.L’association de ceux-ci entre eux ne fait qu’augmenter la gravité de la maladie.On a le manque d’activité physique. En effet,le mode de vie sédentaire joue un rôle important dans l’élévation de la pression artérielle.Chez les patients sédentaires le risque de développer une Hta est de 20-25%.Sauf contre-indication particulière, il est recommandé à tous les hypertendus de bouger. La pratique d’un sport peut entraîner une diminution des chiffres de Pa, à condition que l’activité physique soit pratiquée de façon régulière et en dehors de toute compétition.Le sel est aussi un facteur important. L’Oms recommande des apports inférieurs à 6 g de sel par jour.  La pression artérielle ne s’élève pratiquement pas au cours de la vie dans les populations à faible consommation sodée (2 g/24 h de chlorure de Na). Elle s’élève par contre dans celles ayant une forte consommation sodée. Chaque gramme de sel consommé en dehors de la normale entraîne une élévation des chiffres tensionnels très considérable pour les patients hypertendus. Elle constitue un motif de consultation très fréquent à cause de l’inconfort qu’elle entraîne : tachycardie, dyspnée, céphalée, vertige, épistaxis voire Avc pour ne citer que cela.La majeure partie du sel (70 %) absorbé est «cachée» dans des mets aussi divers que le pain, les fromages, les surgelés, les conserves, la charcuterie, les soupes. L’excès de sel ne provient donc pas forcément de la cuisine ou de la salière posée sur la table.Comme autres facteurs, nous avons le tabac. Il produit des substances qui abîment les artères et favorisent le dépôt de graisse dans ceux-ci.Continuer à fumer lorsque l’on est hypertendu multiplie fortement le risque d’accident cardiovasculaire;l’alcool : sa consommation excessive fait monter les chiffres de la pression artérielle et peut même rendre inefficaces certains médicaments antihypertenseurs; l’isolement social : un mode de vie précaire lié aux difficultés de la vie contribue à un renfermement sur soi. Ses conséquences négatives sur l’hygiène de vie renforcent l’hypertension; le stress;la colère;le mauvais sommeil;le déni de la maladie; sont à prendre en considération s’agissant toujours des facteurs.

Qu’en est-il donc des conséquences ?

Il est impératif de traiter l’hypertension, car elle favorise les accidents cardio et cérébrovasculaires. Elle contribue aussi au développement de maladies graves, sources de handicap.L’hypertension artérielle est la première cause de l’accident vasculaire cérébral. L’obstruction d’une artère cérébrale par une plaque d’athérome peut être fatale ou laisser de graves séquelles, comme l’hémiplégie. L’hypertension peut aussi être responsable de collections de sang dans le cerveau, avec d’importantes séquelles handicapantes. Elle a une responsabilité directe dans 40 % des Avc.L’infarctus du myocarde, l’artérite des membres inférieurs, l’insuffisance cardiaque, l’angine de poitrine, la maladie d’Alzheimer, l’insuffisance rénale, les troubles visuels, sont aussi des conséquences.

Un appel à l’endroit de nos lecteurs ?

L’Hta est une maladie au long cours. Il s’agit d’un état définitif que le patient doit gérer tout au long de son existence. Elle est source de lourdes conséquences aussi bien pour l’individu malade que pour la collectivité. Le dépistage précoce et l’éducation sont à la base de la prise en charge de cette pathologie. Ils permettent de prévenir et de retarder les complications tardives.Une grande majorité de la population ignore qu’elle est hypertendue, alors qu’il suffit de faire mesurer sa pression artérielle pour s’en rendre compte. C’est pourquoi la pression artérielle doit être régulièrement contrôlée. Je finirai par ces dix conseils clés. Il revient à chaque individu de surveillerson poids,réduirela consommationdu sel (visible ou caché), arrêter le tabac, pratiquer une activité physique régulière et adaptée (une activité physique régulière, adaptée àvotre état clinique, d’au moins 30 minutes, environ 3 fois par semaine), modérer la consommation d’alcool, manger équilibré (une alimentation riche en légumes, en fruits, et pauvre en graisses saturées), apprendre à gérer son stress ou sa colère, respecter une observance correcte du traitement prescrit, veiller à une bonne qualité de sommeil,et participer au suivi de son hypertension.

Cyrience KOUGNANDE

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Visite du chantier de l'hôpital de Zone Allada : Alassane Séidou rassuré de la livraison dans le délai

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Le ministre de la santé, Alassane Séidou a effectué une descente sur le chantier de construction de l’hôpital de zone d’Allada pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux. Ceci, six mois après le lancement des travaux. La visite de l’autorité ministérielle était conduite par la partie japonaise en charge des travaux.L'entreprise est à 20% du taux de réalisation physique, ce qui n'est visiblement pas du goût de l'autorité. « Il reste du chemin à faire, et ils viennent de nous dire qu'ils sont dans le temps, que le timing sera respecté», a fait savoir Alassane Séidou. L'entreprise a encore neuf (9) mois de travaux pour livrer le chantier, 9 mois pour doter la zone sanitaire de la ville salésienne d'un hôpital qui répond aux standards internationaux. Quant aux autorités, elles ont promis jouer leur partition pour le respect du délai contractuel. Le ministre de la santé a également confié que l'entreprise a énuméré un certain nombre de problèmes qui pourraient retarder l'évolution des travaux, notamment celui lié à la société béninoise d'énergie électrique. L'entreprise souhaite avoir tout le nécessaire au plus tard en juin. Alassane Séidou a rassuré que ce qui doit être, le sera dans les délais prévus. « Ce joyau est destiné aux communautés à la base, elles sont les premières bénéficiaires et nous sommes tenus de les accompagner. Je crois que le 15 novembre nous allons fêter ici, c'est vraiment le souhait de la population qui attend impatiemment », s'est réjoui Barnabé Dassigli. Notons que la réception du chantier est prévue pour le 15 novembre 2017.

A.B

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Mesures préventives contre le paludisme au Bénin : 100.000 moustiquaires gratuitement distribuées aux écoliers

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La campagne de distribution gratuite de 100.000 moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action a été officiellement lancée vendredi, 10 février 2017 dans la Commune d’Abomey-Calavi. Cette campagne qui est prévue pour couvrir plus de 1.500 écoles primaires publiques devra permettre de prévenir le paludisme au Bénin.

Procédant au lancement de la campagne de distribution, le ministre de la santé, Alassane Séidou a estimé que cette infection réduit le rendement scolaire et engendre de ce fait, une situation peu favorable au développement humain."Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle qu’un écolier atteint d’accès palustre simple est dans l’incapacité de travailler ou d’étudier pendant au moins trois jours", a renchéri le ministre béninois de la santé, Alassane Seidou. Et de poursuivre : "il est alors très important de domicilier désormais la lutte contre le paludisme dans les écoles, car les conséquences qu’engendre le paludisme sont énormes et pourront hypothéquer la vie de toute la nation si des mesures préventives courageuses et adéquates ne sont pas prises." Pour la directrice adjointe de cabinet du ministère de l’Enseignement maternel et primaire, Alice Mingninou, le paludisme fait partie des problèmes de santé publique et de développement majeurs auxquels sont confrontés les pays tropicaux, et reste la première cause de mortalité infantile au Bénin.Ainsi, sur le plan scolaire, elle a estimé que les infections palustres et les crises de paludisme à répétition ont un effet négatif significatif sur les performances scolaires et demeurent encore l’une des principales causes d’absentéisme à l’école."Cette campagne de distribution gratuite de 100.000 moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action dans plus de 1.500 écoles béninoises, permettra de prémunir les écolières et écoliers du Bénin, des affres du paludisme et de ses effets connexes", laisse-t-elle entendre.

Aziz BADAROU

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Financement plus accru dans le secteur de la santé : Les acteurs en définissent les mécanismes

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De nombreuses études prouvent qu’il ne peut y avoir de réduction de la pauvreté et une croissance économique durable sans un investissement qualitatif dans le secteur de la santé. Pour parvenir à un financement efficace et efficient du système sanitaire au Bénin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les acteurs étatiques, les Partenaires Techniques et Financiers et la société civile se sont réunis autour d’un dialogue national pour réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. C’était le vendredi 10 février 2017 à Azalaï Hôtel à Cotonou.

Seize ans après les engagements d’Abuja, le Bénin à l’instar de plusieurs pays de l’Afrique peine encore à honorer l’objectif de transfert de 15% de son budget au secteur de la santé. En dépit des nombreux efforts consentis par les gouvernements successifs permettant au pays de revendiquer 88,3% de couverture sanitaire, ce taux de transfert oscille entre 7 et 8%. Le plus pic est intervenu en 2009, soit de 9,55%. Il s’agit donc pour le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et sa représentation au Bénin, le Conseil National de Coordination et d’Orientation (CNCO) d’amener tous les acteurs du secteur public (ministères sectoriels) et autres secteurs à échanger et déterminer de meilleurs mécanismes pour une augmentation du financement national de la santé au Bénin. Une grande messe sanitaire donc qui a rassemblé les représentants du ministère de la santé ; du ministère des finances et du parlement ; les organisations de la société civile ; le secteur privé et les partenaires bilatéraux et multilatéraux.

En souhaitant la bienvenue aux participants, le ministre de la santé, Alassane Séidou, a souligné que la rencontre intervient à un moment où le Bénin et son gouvernement sont résolument engagés dans l’atteinte de l’objectif de développement durable 3 à savoir « Promouvoir la santé pour tous et à tous les âges ». L’atteinte de cet objectif selon lui, nécessite la mobilisation des ressources domestiques. C’est déjà dans cette optique que le ministère de la santé s’est doté entre autres, du document de stratégie nationale de financement et celui du mécanisme de financement innovant. Aussi souhaite-t-il que les travaux du dialogue national, après le forum de plaidoyer à l’endroit de la représentation nationale intervenu en octobre 2016, aboutissent à une feuille de route dont l’exécution permettra d’augmenter de manière substantielle le financement national de la santé au Bénin.

Reconnaissant les efforts du gouvernement du Bénin pour améliorer le système de santé, notamment en matière d’optimisation des ressources disponibles et l’identification de mécanisme de financements innovants, le directeur exécutif du Fonds Mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Mark Dybul, a appelé à une meilleure implication de tous les secteurs. Ce qui, pour lui, devrait permettre de « réunir tous les moyens humains et financiers nécessaires et élaborer une stratégie solide et durable ».

Investir dans le capital humain

Dans son intervention le chef de file des Partenaires techniques et financiers en santé, Marie Heuts du Bureau diplomatique de l’Ambassade de Belgique, a félicité le Bénin pour l’organisation du dialogue national qui intervient à un moment opportun. « Alors qu’un vent de réformes souffle sur le Bénin, il vient confirmer l’engagement des autorités à faire de la santé des populations et de la protection sociale, une priorité nationale, telle que traduite dans le troisième pilier du Programme d’Action du Gouvernement (PAG), et en particulier sous le projet phare de l’Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) », a-t-elle déclaré. Pour elle, l’investissement dans le secteur de la santé est une condition, un indicateur et le résultat d’un développement durable qu’il soit économique ou social. Car, affirme-t-elle, « le capital humain constitue l’atout le plus précieux de toute société et une condition préalable au développement industriel, technologique et économique ». C’est pourquoi, s’alignant sur les résultats de la Revue à mi-parcours du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) finalisé en avril 2016, Marie Heuts a invité le Bénin à relever les défis de sous-financement du secteur, de la lourdeur des procédures et de la répartition non-équitable des ressources par rapport aux différents niveaux du système de santé.

Elle sera rassurée par le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané qui a expliqué que le Programme d’Action du Gouvernement lancé tout récemment a fait des conditions de vie des populations, y compris la santé, l’un des trois piliers sur lequel il repose. Cela est d’autant plus nécessaire, souligne-t-il, que des populations en bonne santé contribuent à renforcer la productivité. Pour lui, si le Bénin a enregistré d’importantes avancées au cours des deux dernières décennies, beaucoup de défis tels que la mortalité infantile et maternelle, l’inégalité de l’accès géographique aux soins de santé, l’absence d’assurance maladie, etc., continuent de plomber ces efforts. Toutefois, rassure-t-il, le gouvernement y apporte déjà une réponse, dont entre autres, l’Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) qui « au-delà l’assurance santé universelle vise à promouvoir la formation, le crédit et l’assurance crédit ». Alors, l’actuel défi est de trouver les moyens pour mettre en œuvre l’ARCH. Et c’est en cela que les assises du dialogue national devraient proposer des pistes possibles, critiques et pertinentes de réalisation des ambitions du gouvernement en matière de santé.

Communications et panels : de riches débats

Quatre communications ont été présentées aux participants lors de la rencontre. La première portant sur le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) a permis non seulement à chacun d’eux d’avoir une meilleure idée sur les prévisions du gouvernement pour les cinq prochaines années, mais surtout ses ambitions pour le secteur de la santé à travers la stratégie nationale de financement de la santé. Il en ressort que les défis qui se posent au secteur de la santé se trouvent à trois niveaux à savoir, la réorganisation du système de santé ; l’accès universel au système de santé et une meilleure qualité de soins. Pour y remédier, le PAG a prévue plusieurs actions dont la mise en place de l’Agence de gestion des soins de santé primaire ; l’Agence de la médecine hospitalière et l’Agence du contrôle de qualité des soins ; etc. La deuxième communication a porté sur  l’ARCH. L’objectif visé selon le communicateur est de parvenir à une couverture sanitaire globale avec une assurance santé universelle efficace et efficiente. Le contenu de la Stratégie nationale de financement de la santé a été exposé aux participants dans la troisième communication tandis que la quatrième s’est penchée sur la situation fiscale actuelle et future et son rapport avec le financement efficace de la santé. De cette dernière présentation, il ressort que de nouvelles taxes seront créées pour servir de leviers au besoin de financement accru de la santé. Entre autres, il y a la taxe d’embarquement (transport aérien), la taxe sur les téléphones portables et la taxe d’assise pour les véhicules.

A la suite des communications, trois panels ont permis aux participants de discuter et d’analyser les différents goulots d’étranglement qui empêchent la mise en place d’un système sanitaire performant pour ensuite proposer les cadres de collaboration bénéfique entre le ministère de la santé, le ministère du plan et du développement, le secteur privé et la société civile en vue de la mobilisation et de la gestion optimale des ressources internes afin de financer efficacement le secteur de la santé au Bénin.

A l’issue des riches échanges et débats, plusieurs engagements ont été pris par le gouvernement et les partenaires techniques et financiers. Il s’agit entre autres de : augmenter les ressources intérieures pour la santé en vue d’atteindre progressivement l’objectif de 15% ; accélérer la mise en place effective de la couverture sanitaire universelle ; assouplir les procédures de consommation des ressources allouées à la santé ; améliorer la coordination de la plateforme de renforcement du système de santé en vue d’une meilleure allocation et d’une meilleure utilisation des ressources ; assurer la transparence du processus budgétaire ; accélérer le développement du partenariat public-privé, notamment en faveur du secteur de la santé ; accroître la lutte contre la corruption et améliorer la gouvernance, l’efficience, la transparence, la redevabilité et la soutenabilité ; aligner la planification physique et financière sur les priorités du gouvernement ; annoncer chaque année, dans la mesure du possible, leurs engagements financiers en appui au PNDS pour les trois à cinq prochaines années ; limiter l’utilisation de procédures parallèles, des outils de planification et de gestion ; appuyer le gouvernement pour une meilleure répartition des ressources entre les niveaux de la pyramide sanitaire conformément aux recommandations de l’OMS ; etc.

Dans l’optique de traduire ces engagements dans la réalité, une feuille de route sera, selon la déclaration finale lue à la fin des travaux, validée dans les prochains jours.

Décoration du directeur exécutif du Fonds Mondial

La gratitude de l’Etat béninois à Mark Dybul et à son institution

En marge des travaux du dialogue national sur le financement de la santé, le directeur exécutif du Fonds Mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été décoré par l’Etat béninois en le recevant au grade de Commandeur de l’Ordre nationale du Bénin. Il s’agit, selon le ministre de la santé, Alassane Séidou, qui représentait le gouvernement à cette cérémonie, de la reconnaissance de l’Etat, d’une part, des qualités professionnelles, du dévouement et de la détermination de l’homme dans l’accomplissement de ses fonctions. D’autre part, c’est aussi le symbole de la gratitude du Bénin au Fonds Mondial pour son importante contribution à l’amélioration du bien-être des populations béninoises.

Mark Dybul est le Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme depuis janvier 2013.

Depuis plus de 25 ans, il travaille dans les domaines du VIH et de la santé publique, comme clinicien, scientifique, enseignant et administrateur.

Après avoir obtenu son diplôme à la faculté de médecine de Georgetown à Washington D.C., Mark Dybul a rejoint l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, où il a mené des études fondamentales et cliniques sur la virologie, l’immunologie et l’optimisation du traitement du VIH. Il a conduit notamment le premier essai contrôlé randomisé d’un traitement par association antirétroviraux en Afrique. Mark Dybul, est l’un des architectes du Plan d’Urgence du Président des Etats-Unis pour la lutte contre le sida, mieux connu sous son appellation PEPFAR. Après y avoir occupé les fonctions de directeur médical, sous-directeur, directeur adjoint et directeur par intérim, il a pris la tête de l’organisme en 2006 en devenant coordonnateur mondial de la lutte contre le sida pour les États-Unis ayant rang d’ambassadeur au niveau d’un sous-secrétaire d’État. Il a occupé ce poste jusqu’au début de 2009.

Mark Dybul est Professeur à la faculté de médecine de l’Université de Georgetown. Il a rédigé de nombreux articles scientifiques et politiques et s’est vu décerner plusieurs diplômes et distinctions honorifiques.

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Paquet d’interventions à haut impact au niveau communautaire : La phase II officiellement lancée dans six zones sanitaires

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L’Agence des Etats-Unis pour le développement (Usaid) a procédé, mercredi 08 février 2017,dans les locaux de la mairie d’Abomey-Calavi au lancement national de la phase II du Paquet d’interventions à haut impact au niveau communautaire (Pihi-com). Mise en œuvre dans six zones sanitaires, le présent projet est considéré comme une opportunité pour faire reculer la mortalité maternelle, néonatale et infantile au Bénin.

D’un coût global estimé à six millions de dollar US, le Paquet d’interventions à haut impact au niveau communautaire vise à étendre à 2 millions de citoyens béninois supplémentaires, l’accès aux services de santé,la protection des enfants de 0-5ans par moustiquaire imprégnée (utilisation des MIILD), la prise en charge présomptive du paludisme chez les enfants de 0-59 mois (utilisation des Cta et Tdr), la prise en charge de la diarrhée chez les enfants de 0-59 mois (utilisation du SRO nouvelle formule à osmolarité réduite du Zinc), la prise en charge des IRA/de la pneumonie chez les enfants de 0-59 mois (utilisation de l’Amoxicilline), le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aiguë modérée, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois sont autant d’interventions identifiées dans le cadre dudit paquet.

Dans son mot de bienvenu, le 2è adjoint au maire d’Abomey-Calavi, Julien Honfo a témoigné sa gratitude à l’Usaid pour ses multiples efforts en faveur du bien-être des populations des zones sanitaires concernées. Il s’agit des communes de Savalou, Bantè, Zagnanado, Ouinhi, Abomey-Calavi, Comè, Bopa, Grand-Popo, Houeyogbé, Allada, Zè, Toffo, Cotonou 2 et 3. Il a, par ailleurs, rassuré d’un accompagnement de qualité dans la mise en œuvre du projet. Quant au Préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, il s’est réjoui de la coopération fructueuse avec l’Usaid. Toute chose qui augure, selon ses dires, d’un avenir rassurant quant à l’atteinte des Odd dans le secteur de la santé. Tout en se disant convaincu de l’engagement des maires à garantir le caractère inclusif aux interventions, il a invité à l’élaboration des mécanismes de pérennisation puisque l’appui de l’Usaid arrive à terme en 2019. Prenant la parole, le Directeur pays de l’Usaid a rassuré d’une collaboration continue à toutes les phases de la mise en œuvre dans l’optique du partage des meilleures pratiques et d’une meilleure coordination des ressources. Procédant au lancement officiel du projet, le directeur de cabinet a salué la contribution de l’Usaid à la mise en œuvre de la politique nationale de la santé communautaire. Pour finir, il a rassuré de la disponibilité des services du ministère de la santé pour accompagner les Ong dans la mise en œuvre du Pihi.Com.

Aziz BADAROU

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Lutte contre les faux médicaments : L’Usaid dote le Lncq d’équipements de détection

USAID

Le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments (Lncq) vient d’être équipé de la chaine de chromatographie liquide de haute performance. La cérémonie de remise officielle de ce joyau offert par l’Usaid s’est déroulée hier, mercredi 8 février 2017,  dans les locaux du laboratoire national. Un don qui vient renforcer la lutte contre les faux médicaments au Bénin.

Dans le but d’accompagner le Bénin en vue d’une  lutte efficace contre les faux médicaments, l’Agence des Etats-Unis pour le développement (Usaid),  à travers le Pmi, a mis à la  disposition du Lncq des équipements de détection des médicaments contrefaits à savoir une chaine de chromatographie liquide à haute performance (Clhp). Selon Dr Jacob Bonou, responsable du service de microbiologie/physio chimique, cet équipement sert à faire l’identification des molécules et à contrôler la qualité des médicaments. Pour Parfait Adjakidjè, directeur du laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments, le laboratoire c’est d’abord les équipements et des ressources humaines de qualité. Ceci pour signifier l’importance dudit équipement pour le laboratoire. A sa suite, le représentant de l’Usaid, Jonathan Richter affirme que le Bénin est considéré comme le deuxième plus grand point d’entrée des médicaments contrefaits sur le continent. « La lutte contre les faux médicaments est un combat que nous devons mener tous ensemble » a- t-il ajouté.  L’un des plus grand défis  dans la lutte contre les faux médicaments est le caractère multisectoriel de la réponse à apporter. Pour y arriver l’Usaid envisage focaliser tous ses efforts sur d’autres secteurs et institutions en établissant une alliance avec elles. Il s’agira, selon Jonathan Richter, de forger un solide partenariat avec d’autres ministères, à savoir le ministère de l’Intérieur à travers la police nationale, le ministère de la Justice et le ministère de la Décentralisation qui a la tutelle des marchés locaux, le fond Mondial, et d’autres groupes tels que l’Ordre national des pharmaciens du Benin. Pour le Directeur de cabinet Lucien Dissou, représentant le ministre de la santé, des mesures subséquentes seront prises pour renforcer davantage le contrôle des produits pharmaceutiques aux frontières nationales.

Thérèse Wohndéna GNITONA   (Stag)

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Sortie de l’aile Toukourou au sujet de la décision de la Cour Suprême : Dr Koukpemedji invite le doyen Adébo à réexaminer son combat

Louis-Koukpemedji

La fin de la crise qui secoue le sous-secteur pharmaceutique n’est pas pour demain. Après que la Cour suprême ait déclaré irrecevable la requête en annulation de l’arrêté ministériel ayant servi de base légale à l’organisation des élections ordinales du 27 décembre 2014, le camp MoutiatouToukourou pense que la Cour n’est pas allée au fond des requêtes pour dire le droit. Ceci à la faveur d’une sortie médiatique le 26 janvier dernier. Une sortie que condamne à travers une lettre ouverte,le président du Syndicat indépendant des pharmaciens (Siphab), Dr Louis Koukpemedji. Ce dernier condamne surtout la position, la réaction du Doyen Falilou Adébo, Dg Gapob pour qui, la crise serait née de la violation des textes par l’ancien régime. Tout en se disant admiratif, dans la forme, du militantisme, de l’engagement et de la combattivité du doyen, le jeune pharmacien déplore par contre une posture qui ne contribue qu’à entretenir les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la profession. « Votre militantisme et votre doyenneté notamment vos 25 ans passés au Conseil de l’ordre font de vous l’une des figures emblématiques de notre profession. Le retour à la paix sera à votre honneur. L’histoire devra-t-il vous retenir comme homme de sagesse, de paix, de sacrifice et de progrès ? Ou plutôt comme celui qui aura fait perdurer la division dans la profession ? » S’inquiète Dr Louis Koukpemedji. Et de marteler ouvertement ensuite : « Que les conflits naissent au sein d’une famille professionnelle n’est pas ce qui est à condamner. Ce qui est plutôt condamnable c’est le fait de continuer à les alimenter. Je présume qu’au départ, chaque partie s’est engagé de bonne foi dans un débat d’intellectuels qui a malheureusement tourné en conflit con-fratricide. Nous ne gagnerons rien dans le pouvoir pour le pouvoir.» Fort de cela, il a invité le doyen Falilou Adébo au réexamen du fond de son combat afin qu’ensemble tous les pharmaciens prennent conscience de la situation pour limiter les dégâts. Pour Dr Koukpemedji, le fléchissement de la position du doyen Adébo contribuera énormément au règlement du conflit qui a trop duré dans le sous-secteur de la pharmacie au Bénin. « Il s’agit à l’étape actuelle de faire preuve d’humilité pour votre grandeur personnelle et celle de la profession » conclut-il.

Aziz BADAROU

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Journée mondiale contre le cancer : L'Ong SOS Cancer Bénin et Relax Fitness donnent un cachet spécial

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Le 04 février de chaque année la communauté internationale célèbre la journée mondiale contre le cancer. En prélude à cette  journée l’Ong Sos cancer Bénin en partenariat avec Relax Fitness a organisé une activité autour du thème : les activités sportives et cancer: quel lien.

La vice-présidente madame Jonhson Adeline lors de son allocution a fait la genèse de l'Ong Sos cancer, ses perspectives et ses défis. Pour les conférenciers docteur Freddy Gnangnon et Serpos Dossou respectivement spécialiste en chirurgie oncologique et spécialiste en oncologie radiothérapie, il s'est agi de démontrer l'impact des activités physiques sur la santé des personnes saines c'est à dire non encore atteintes de cancer, sur les personnes déjà atteintes, et sur des personnes survivantes. Il faut donc retenir que les personnes qui vivent en sédentarisation chronique, sont beaucoup plus exposées au cancer que celles qui pratiquent des activités physiques. Il faut également retenir que pour des personnes déjà atteintes du cancer et qui  pratiquent des activités sportives, cela augmente leur chance de survie, et leur garanti un traitement sans difficulté. Le sport est donc très important pour la santé, ont-ils conclu.

Après cette conférence riche en enseignement, les participants ont été invités sur les appareils de dernières générations dont dispose la salle de gym de Relax Fitness pour des séances d'activités sportives intenses suivies d'une séance d'exercice collectif animée par un coach.

Au début de l'activité, les participants ont observé une minute observé une minute de silence en la mémoire de dame Nadine Fassinou épouse Hachémè, précédemment présidente de l'Ong, décédée le mardi 31 Janvier 2017 des suites d'une courte maladie.

M.M

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Après un mois de débrayage : Les médecins en spécialisation suspendent la grève

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En grève depuis près d’un mois, les médecins en spécialité ont finalement suspendu leur mouvement de grève suite à une rencontre fructueuse tenue avec le Chef de l’Etat. Boycottant le travail pour s’indigner contrel’augmentation de 300% de leur frais de spécialisation et exiger l’amélioration du plateau technique des hôpitaux, ces acteurs de la pyramide sanitaire se disent désormais rassurés quant à la satisfaction de leur plateforme revendicative. (Lire la déclaration de suspension de la grève)

DECLARATION DE PRESSE DE L'ASSOCIATION DES MEDECINS EN SPECIALISATIONS*

Le jeudi 2 février 2017, le chef de l'État, son Excellence Monsieur Patrice TALON a reçu en audience au palais de la présidence de la République à cotonou, le bureau de l'Association des médecins à spécialisation. Une séance qui fait suite aux échecs répétés des négociations avec les autorités de tutelle au sujet des revendications, objet de la cessation des activités dans l'espace hospitalier universitaire au Benin. Le Président de la République s'est montré ouvert et compréhensif, et à donner des instructions fermes pour que dans un bref délai, des solutions idoines soient trouvées pour la satisfaction des revendications et pour le bon fonctionnement du système sanitaire béninois. L'Association des médecins en spécialisation prends acte de l'engagement et de la bonne volonté du chef de l'État, son Excellence Monsieur Patrice TALON et prenant le peuple à témoins, décide suite aux recommandations de l'Assemblée générale du vendredi 3 février 2017 de la suspension de la motion de grève du 5 janvier 2017. L'Association des médecins en spécialisation invite en conséquence tous ses membres, à reprendre le chemin de leurs services respectifs dès le lundi 6 février 2017 à 8h. Elle rassure les malades, leurs familles et l'ensemble du peuple béninois, de sa disponibilité à les assister en toute sérénité. Toutefois, l'Association attire l'attention du Président de la République sur le nouvel arrêté rectoral en cours de signature fixant les frais de formation des médecins en spécialisation au Bénin. Le bureau de l'association des Médecins en spécialisation estime que ledit arrêté maintient le caractère exorbitant des coûts de formation pour les médecins nationaux, chose déplorable compte tenu du faible niveau de vie actuel et surtout du manque criard de médecins spécialistes au Benin; et d'autre part aggrave le coût d'accès à la formation de spécialisation pour les médecins des pays membres de la CEMAC et de l'espace hors CEDEAO et même CEDEAO. Ce qui au plan diplomatique ne garantit pas une bonne image du Bénin. Le Bureau des médecins en spécialisation, invite le chef de l'État à tenir grand compte de cette donne pour un règlement de la situation. D'ores et dejà, le Président de la République peut compter sur l'accompagnement du Bureau de l'AMES à mettre à sa disposition toutes les informations utiles y afférentes. Fait à Cotonou le vendredi 3 février 2017, Pour le bureau de l'AMES, le Président. Dr FASSINOU Gilbert.

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Azongogwé ou Pomme étoile : Un fruit à fortes valeurs nutritives

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Enfant, jeune,homme, femme, autorité, le consomme. Le Azongogwé en effet, reste un fruit frisé notamment au Sud Bénin. Depuis peu, il a envahi le marché de vente. On en retrouve partout. Mais, ses valeurs nutritives semblent ne pas être connues des consommateurs. Qu’est-ce donc le Azongogwé? C’est à cette question que répond Fiacre Alladaye, agro-nutritionniste, président de l’Organisation non gouvernementale (Ong) Food  and nutritionalsecurity for all (Fnsa) dans ce numéro de votre page santé.

Nous sommes à Sofra Gbéto, au marché international de Dantopka. Ici, se réunissent les vendeuses du fruit  azongogwé. Dame Constantine dite maman hoonon, se soumet, le sourire large et sans réserve, à nos questions. A l’entendre en langue ‘’Fon’’, la pomme étoile est un fruit très riche. Selon son propos, ses pépins bien séchés, transformés en poudre, et mélangés à certaines feuilles, guérissent plusieurs maladies comme l’hémorroïde. La peau du fruit, poursuit-elle, intervient dans la guérison des maux de ventre, alors que le jus contenu à l’intérieur, purifie le sang. Pour maman hoonon, le jus peut servir de boisson mais, les dirigeants va-t-elle souligner, doivent venir en aide aux producteurs afin qu’ils produisent suffisamment le fruit. Par contre, pour cette autre dame, il serait difficile d’avoir du jus à base du azongogwé. Elle reconnaît toutefois les vertus du pépin. Le pépin, explique-t-elle, une fois séché, est divisé en deux, et on prélève le contenu blanc qui s’y trouve. Ici aussi, l’indifférence des dirigeants sera décriée. Par ailleurs, les Béninois seraient de piètres consommateurs. Aux dires de notre vendeuse, ce sont plutôt les nigérians qui en raffolent. «C’est souvent vers le Nigéria que nous exportons ça », confie-t-elle.

Appellation, description et valeur nutritionnelle du Azongogwé

Connue sous les noms locaux Azongogwé, Azonbobwé, Azonbébé, Azonvivo, Azonvovwé, Azonbébi(en langues Fon, Yorouba, Nago, Aïzoet Goun), au Sud du Bénin;Garbé,Tokè (en langue Dendi et Bariba) dans le Nord du Bénin; et African star apple en Anglais, la pomme étoile d’Afrique est le fruit de l’arbre Chrysophyllumalbidum. C’est un fruit tropical de forme ovoïde et de couleur orange allant du vert au jaune à maturité avec trois à cinq pépins. La distance entre les deux bouts du fruit est de six centimètres en moyenne, décrit, d’entrée, Fiacre Alladaye. A l’entendre, une pomme étoile d’Afrique de 100grammes de masse (enveloppe et pulpe sans les pépins) fournit à l’organisme en moyenne 145 kilocalories comme énergie, 3 g de protéine, 5 g de lipides totaux, 4 g de fibres brutes,des sels minéraux (environ 430 mg de potassium, 70 mg de calcium, 30 mg de magnésium, du fer, du zinc, du phosphore, du sodium et du cuivre), ainsi que des vitamines (plus de 100 mg de vitamine C, plus de 10 mg précurseurs de vitamine A et certaines vitamines du groupe B). L’enveloppe de la pomme étoile d’Afrique, précise le nutritionniste, est plus riche que sa pulpe du point de vue nutritionnel.Elle contient la majorité de la teneur en micronutriments à l’exception de la vitamine C qui est plus concentrée dans la pulpe. Mais la consommation de l’enveloppe semble ne pas être appréciée, fait-il observer.

Les bienfaits de la consommation du azongogwé

«La bonne teneur en minéraux, en vitamines et en fibres alimentaires de cette pomme confirme son importance dans la vie cellulaire (fonctionnement du système nerveux et musculaire), dans la régulation de la tension artérielle, dans la régulation du couple acido-basique du corps et des fluides, dans la formation et la solidification des os ainsi que dans la sécrétion  de plusieurs  hormones dans l’organisme humain dont l’insuline», souligne Fiacre Alladaye. Au plan médicinal, de la racine au fruit en passant par la tige, l’écorce et les feuilles, l’arbre Chrysophyllumalbidumest sollicité dans le traitement d’une cinquantaine de maladies. Parlant du fruit, ses pépins (non consommés) séchés, moulus, et mélangés avec l’huile rouge de palme, sont très efficaces contre certaines affections cutanées (abcès, boutons…), indique l’homme.

Mauvaise exploitation et opportunité

Malgré la richesse dont regorge ce fruit, se désole le président de l’Ong Fnsa, sa production ne constitue pas encore une filière au Bénin, faute d’organisation du secteur. Le fruit fait objet de cueillette pendant la période de novembre à mars. Cet état de chose n’assure pas la disponibilité de la matière première. En revanche, en période de cueillette, une très grande quantité du fruit  est destinée à la poubelle. A peine dix à vingt pourcent de la quantité de fruit sont directement consommés. Au Bénin, cette pomme n’est pas du tout transformée ni à l’échelle artisanale, ni industrielle (jus,  sirop, fruit séché …), fait-il savoir. Pourtant selon son propos, la transformation de ce fruit n’exige pas de grandes connaissances en la matière car de nombreux fruits similaires sont transformés et commercialisés. «Il s’agira juste d’un transfert de technologie à adapter aux  exigences du fruit et aux désirs des fidèles consommateurs pour garantir la disponibilité du produit tout au long de l’année. C’est une opportunité d’emploi pour la jeunesse béninoise et celle africaine en général», indique-t-il.La valorisation des ressources naturelles est gage de la bonne santé des populations et du développement de l’Afrique. On ne va pas à l’école du blanc pour devenir blanc comme le dirait l’autre. Un africain doit  consommer africain, conclut le nutritionniste qui va insister  sur la nécessité de bien laver le fruit avant de le consommer.

Cyrience KOUGNANDE

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